23 juillet 2012

Saint-Martin-la-Vallée



Semur_en_Brionnais_Saint_Martin_la_Vall_e_2Cette église est placée, comme sa sœur de Saint-Martin-du-Lac, sous le vocable de saint Martin, évêque de Tours au IVe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Martin_la_Vall_e_6Cette paroisse fut antérieure à celle de Semur-en-Brionnais, simple place forte et résidence princière qui dépendait d’elle. C’est en 1274, lors de la fondation de son chapitre, que Semur devint paroisse à son tour. Saint-Martin resta indépendante jusqu’en 1791.


 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Martin_la_Vall_e_4L’église date du XIe siècle. Conservant son aspect primitif, elle se compose d’une nef unique, charpentée, ouvrant sur le chœur par un arc en plein cintre (présentant un appareillage en épi), et d’une abside semi-circulaire voûtée en cul de four.

 

 

 

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Martin_la_Vall_e_11Au sud, la travée du chœur communique avec une petite chapelle supportant le clocher, couverte d’une coupole ronde sur trompes et terminée par une absidiole semi-circulaire. Elle fut sans doute rajoutée au XIVe siècle.

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Martin_la_Vall_e_10L'éclairage de la nef et des absides est assuré par des fenêtres étroites fortement ébrasées vers l'intérieur.
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Semur_en_Brionnais_Saint_Martin_la_Vall_e_12L'église abrite des peintures murales qui s’échelonnent du XIIème au XVIème siècle, en cours de restauration.


 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Martin_la_Vall_e_5Le clocher est composé d’un soubassement ajouré, d’un étage percé de baies géminées encadrées par une double archivolte retombant, au centre, sur deux fines colonnettes à chapiteaux, et d’une flèche à quatre pans recouverte d'ardoises.
Semur_en_Brionnais_Saint_Martin_la_Vall_e_3

 

 

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Martin_la_Vall_e_7A l’extérieur, des modillons (dont un très parlant représentant une tête d'homme à l'envers)ornent le pourtour de l’abside centrale et de l’absidiole. Un bénitier est encasrté dans le mur, à l'endroit où passe une rivière souterraine.


 

 

 

 

 

"Le Brionnais, Eglises romanes" de Liliane Schneiter (1967)

http://semur-en-brionnais.pagesperso-orange.fr/patrimoine/eglises/eglise1.html

http://pjpmartin.pagesperso-orange.fr/site/brionnais.htm

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20 juillet 2012

La chapelle Saint-Prix



Dyo_chapelle_Saint_Prix_1Diocum, devenu Dyo, est une ancienne baronnie du Mâconnais, remontant à l’époque carolingienne. Il reste quelques ruines du château près du vieux bourg. La chapelle de Saint-Prix, une des plus anciennes du canton, est située à la limite des communes de Dyo et de Saint-Symphorien-des-Bois.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dyo_chapelle_Saint_Prix_2D'après une charte du cartulaire de Cluny, la chapelle aurait été fondée au XIe siècle, proche d'une fontaine guérisseuse agissant sur les maladies des yeux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dyo_chapelle_Saint_Prix_7Elle fut dédiée à saint Prix, ou Priest (en latin Priscus), évêque de Clermont au VIIe siècle, fondateur de nombreux monastères en Auvergne, mort assassiné en 674 et placée sous le vocable de la Sainte-Trinité, ce qui semblerait indiquer une origine antérieure au XIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dyo_chapelle_Saint_Prix_3La chapelle de plan trapézoïdal, entourée d’un très ancien cimetière, fut remaniée de nombreuses fois : les encadrements des fenêtres ébrasées et du portail occidental, les baies qui percent le clocher, sont datés du XVe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dyo_chapelle_Saint_Prix_4La nef unique surmontée d’une charpente (refaite en 1980) ouvre sur un chœur à chevet plat voûté d’arêtes.


 

 

 

 

 

Dyo_chapelle_Saint_Prix_5La fontaine Saint-Prix est située en amont de la chapelle. Elle s’écoule dans un petit lavoir. Un gobelet atteste de son utilisation encore actuelle.  
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La chapelle de Dun



Dun_chapelle_plan_1Le nom du site déjà nous ramène loin dans le passé. Dun est un toponyme courant (que nous retrouvons par exemple dans Lugdunum), de racine celte. Il fait référence à une colline, un lieu élevé, résidence des dieux, puis à une enceinte fortifiée, une citadelle.

 

 

 

Dun_Sa_ne_et_Loire_1La chapelle est donc située sur la montagne de Dun, à 708 mètres de hauteur, lieu privilégié qui, si l’on en croit l’étymologie des hameaux alentours et les légendes des faillettes, des sources guérisseuses et autres pierres qui virent, servait de sanctuaire à une assemblée de druides.

 

 

 

 

 

Dun_Sa_ne_et_Loire_10Il y eut tout d’abord la nature généreuse, le peuple des fées, celui des mégalithes, puis l’histoire classique prend le dessus avec l’oppidum des gaulois (Eduens), les invasions successives qui font que l’endroit devient une motte castrale.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dun_Sa_ne_et_Loire_12Les premières églises (comme la chapelle Saint-Jean-et-Saint-Firmin) s’implantent sur les anciens rochers druidiques.
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Dun_Sa_ne_et_Loire_14aQuand je parle d’histoire classique, voilà arriver les conflits du Moyen-âge avec le clergé et le roi Philippe Auguste d’un côté, les comtes de Chalon, de Mâcon et de Beaujeu, pillant les biens de Cluny de l’autre.

 

 

 

 

 

Dun_plan_4La forteresse n’y résista pas, et en 1180 seules les églises furent épargnées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dun_Sa_ne_et_Loire_2La chapelle de Dun fut construite au XIIe siècle sous le vocable de Pierre et Paul.
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Dun_Sa_ne_et_Loire_7Elle perdit sa fonction d’église paroissiale au profit de l’église de Saint-Racho, bâtie en 1703. La foudre l’endommagea en 1762. Laissée à l’abandon, elle tomba peu à peu en ruine.
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Dun_1aEn 1897, juste avant sa reconstruction demandée par le comte de Rambuteau, il ne restait que la croisée du transept, les murs de l’abside et d’une absidiole, la nef unique de l'église ne laissant que des substructions.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dun_Sa_ne_et_Loire_17Les chapiteaux de la croisée du transept, datés de la phase finale de la sculpture romane en Brionnais, nous laissent imaginer ce que fut le site à son apogée, entouré des pierres druidiques, des sources Saint-Jean (guérissant l’épilepsie) et la fontaine Saint-Denis, maintenant taries et perdues.



 

 

 

 

 

 

 

 

Dun_plan_5a


http://www.joannadedun.com/french/accueil.htm

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10 juillet 2012

Mozac, historique



Mozac_plan_4Le village de Mozac, du latin Mauziacum (placé au milieu des eaux), est situé à quelques pas de Riom sur la voie Augustonemetum-Avaricum (Clermont-Bourges). Il se développa au bord des ruisseaux d’Ambène et des Moulins-Blancs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_pierre_a_Au sud du bourg, un ancien temple, peut-être dédié aux Génies Arvernes, fut construit : des pierres de réemploi et un autel en marbre datant du Ier siècle furent découverts. C’est sur cet emplacement qu’au VIIe siècle, selon la tradition, saint Calmin fonda la première abbaye. Une première église fut construite sous le vocable de Saint-Pierre, dont il nous reste quelques vestiges au rez-de-chaussée du clocher-porche.

 

 

 

 

Mozac_Calmin_Austremoine_En 848, Pépin II d'Aquitaine fit transférer reliques de saint Austremoine, premier évêque d’Auvergne au IIIe siècle, de Volvic à Mozac. Les pèlerins affluèrent, les dons aussi. Une deuxième église vit le jour, dont il nous reste la base du clocher-porche et la crypte.

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_crypte_9Placée dès l’origine sous la règle de saint Benoit, l’abbaye, placée sous protection royale, fut rattachée à Cluny en 1095, comme Marsat qui en dépendait. S’ensuivit la construction d’une troisième église, dont seuls subsistent le premier étage du clocher-porche, les bases du transept, la nef centrale et le bas-côté nord, le reste ayant été détruit au XVe siècle par une série de tremblements de terre.

 

 

 

 

 

 

Mozac_22Une inscription latine sur un pilier mentionne le nom d’un chevalier fondateur : Bégo de Lastic. Il semblerait que la construction de l’église romane ait été le fait d’un abbé choisi par Cluny en 1131 : Eustache de Montboissier, descendant de Hugues de Paillers-Montboissier dit le Décousu (fondateur de la Sacra di San Michele), neveu de Hugues II de Semur (abbé de Cluny représenté sur le linteau de l’Hommage) et frère de Pierre le Vénérable (abbé de Cluny successeur de son oncle et ami de saint Bernard).


 

 

 

Mozac_plan_2aLes parties romanes détruites de l’abbaye (dont le grand clocher octogonal) furent restaurées avec de petits moyens par l’abbé Raymond de Marcenat qui fit reconstruire en gothique, avec l’utilisation nouvelle de la pierre de Volvic, le chœur, le transept, le bas-côté sud, le cloître et les bâtiments conventuels.

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_29Il fit également réparer, à la même époque, le prieuré Saint-Priest de Volvic, dépendant de Mozac. Il se servit largement des pierres en réemploi, ce qui permit d’en retrouver quelques-unes. La crypte, comblée par l'effondrement du chœur, fut oubliée. Elle ne sera redécouverte qu’en 1849 par l’architecte Aymon Mallay.

 

 

 

 

 

Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_21Les derniers grands travaux, le remplacement du plafond en bois par une voûte en pierre, furent faits en 1741 par Jean Chalat, maître tailleur de pierre de Riom. A la révolution, après un lent déclin, il ne restait plus que 7 moines qui furent chassés, et l’abbatiale, propriété de la commune, devint paroissiale en 1790 sous le nom de Saint-Austremoine.

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_32aLe cloître fut détruit par les nouveaux propriétaires, ainsi qu’une partie des bâtiments conventuels. En décembre 2007, le conseil municipal racheta l’ensemble de la propriété qui redevint publique.


 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_11http://architecture.relig.free.fr/mozac.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_de_Mozac

http://fr.wikipedia.org/wiki/Calmin

http://www.art-roman.net/mozac/mozac2.htm

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_27

 

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Mozac, la vie de saint Calmin et le trésor de l’abbaye


Mozac_Calmin_1Saint Calmin est de nos jours invoqué pour toutes les maladies de la langue. Difficile de séparer ce qui vient de la légende de la vie réelle de ce personnage. Plusieurs sources nous parlent de Calmin et de Namadie : tout d’abord du XIIe siècle l’hagiographie écrite par les moines de Mozac, puis les informations que nous donne la châsse contenant ses reliques, puis « Histoire de la vie de saint Calmin », écrite en 1646 par Thomas d’Aquin. Ces sources parlent d’un haut personnage, homme de guerre, puis sénateur romain avant de devenir duc d’Aquitaine et comte d’Auvergne, vivant au temps de Justinien (527-565).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_Calmin_16Homme très fortuné, issu d’une grande famille romaine installée à Clermont, Calminius décide de vivre une vie religieuse. Il part dans le Velay en tant qu’ermite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_le_monastier_aRejoint par des cénobites, il fonde un premier monastère, au Monastier-sur-Gazeille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_laguenne_aIl reprend la route et s’installe près de Tulle, où il fonde un deuxième monastère à Laguenne. Il se rend à Rome, afin d’obtenir définitivement la consécration du Monastier. Il passe en revenant par l’abbaye de Lérins, sous la règle de saint Benoit qu’il découvre. L’abbé lui confie une vingtaine de moines, et il se rend à Mozac. C’est la fondation de son troisième et dernier monastère.

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_calmin_3aIl reprend une dernière fois la route pour Rome et obtient du pape une partie du crâne de saint Pierre (maxillaire). Rentrant à Mozac, il s’arrête à Agen d’où il repart avec une portion du bras de saint Caprais. Ces précieuses reliques vont agrémenter l’abbaye de Mozac, ainsi que la renommée de Calmin, considéré comme un saint de son vivant. Il meurt en odeur de sainteté et est enterré dans la crypte. L’église est alors dédiée à saint pierre et saint Caprais.

 

 

 

 

mozac_Calmin_2aPendant ce temps, son épouse Namadie fonde l’abbaye de Marsat pour les moniales. Devenue veuve, elle s’y retire et y meurt vers l’an 700. Leurs reliques sont conservées dans une châsse, fabriquée au XIIe siècle. L’hagiographie de Calmin date de cette période et se base sur des légendes, enjolivées afin de renforcer la renommée de l’abbaye. En réalité, Calmin ne put pas être duc d’Aquitaine, ni comte d’Auvergne, ces deux titres n’existant pas à son époque. Il s’agit plus de titres honorifiques. Quand au monastère de Marsat, Il fut fondé par l’évêque de Clermont, saint Priest, afin de veiller sur les reliques de la Vierge.

 

 

 

Mozac_Calmin_7Quoi qu’il en soit, la châsse contenant leurs ossements fait partie du trésor de l’abbaye. Elle échappa aux destructions de la Révolution grâce à un habitant du village, conseiller municipal, qui la cacha.

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_Calmin_14Datant du XIIe siècle, elle est en bois sur lequel sont fixées 14 plaques de cuivre supportant des émaux champlevés de Limoges. Ses dimensions (0,81 × 0,24 × 0,45 m) en font la plus grande qui soit parvenue jusqu’à nous.

 

 

 

 

 

 

Mozac_Calmin_8Trois des panneaux représentent la fondation des abbayes par Calmin, la mort des époux et la célébration d’une messe par l’abbé Pierre III de Mozac, donateur de la châsse. S’y trouvent aussi représentés une crucifixion, un Christ en gloire, les apôtres, une vierge à l’enfant en majesté et saint Austremoine.


 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_Calmin_10L’abbaye possède justement quelques-unes des reliques d’Austremoine. Elles furent transférées d’Issoire à Volvic, puis à Mozac, qui prit quelquefois le vocable de ce saint. Elles sont contenues dans une châsse en bois peint datant du XVIIe siècle, elle aussi cachée pendant la Révolution. Les peintures représentent les 12 apôtres.


 

 

 

 

Mozac_Calmin_19En même temps que les châsses sont exposés un calice en argent et sa patène, ainsi que d’autres reliquaires de moindre importance.


 

 

 

 

 

 

 

Mozac_Calmin_9

Le musée des tissus de Lyon a fait l’acquisition du suaire d’Austremoine, une soierie datant du VIIIe siècle ayant appartenu à Mozac. Elle est byzantine, et représente deux empereurs chassant le lion de chaque côté d’un arbre de vie.  


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_Calmin_20Dans la chapelle Saint-Austremoine, se tient une statue de saint Antoine représenté avec un cochon. Cette tradition du cochon comme attribut du saint date de la fin du XIVe siècle, Antoine n’ayant dans sa vie jamais eu à faire avec cet animal. Par contre, les Antonins, ordre religieux fondé en Dauphiné en 1095 pour s’occuper des malades atteints du mal des Ardents à Saint-Antoine-l’Abbaye (possédant les reliques du saint) avaient seuls le droit de laisser en liberté leurs cochons, nourris par les habitants. D’où l’amalgame.

 

 

 

 

 

 

 


http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2sse_de_saint_Calmin

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Mozac, l’extérieur



Mozac_plan_3Le plan basilical de l’église romane Saint-Pierre et Saint-Caprais de Mozac en croix latine avec 4 chapelles rayonnantes et déambulatoire, était identique à celui des églises majeures d’Auvergne de la même époque.

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_15Ses dimensions égalaient celle d’Issoire. La présence de ces 4 chapelles indique qu’en dessous courent 4 rivières souterraines, artificielles ou naturelles, servant à relier l’autel aux informations énergétiques de l’eau. Le nombre de chapelles pose un problème : en effet, les églises dédiées à la vierge en possèdent un nombre pair. L’église aurait-elle en secret un rapport avec la Vierge ?

 

 

 

 

Mozac_25Ce qui semblerait confirmé par le linteau en bâtière de la porte du XIIe siècle, reliant le transept sud au cloitre avant d’être murée.

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_28Ce linteau, dit de « l’Hommage », représente la Vierge en majesté, assise sur une cathèdre, tenant l’enfant sur ses genoux. Comme toutes les représentations des vierges noires auvergnates, ses mains sont démesurément longues. L’enfant bénit de sa main droite et tient un livre fermé de sa main gauche.


 

 

 

 

 

 

 

Mozac_26A la droite de la Vierge, saint Pierre et ses clés, saint Austremoine montrant de la main Hugues de Semur, neveu de saint Hugues de Cluny et abbé de Mozac, qui porte hommage. Il est le seul à se tenir penché, prosterné, sans regarder la Vierge. Entre eux, un personnage inconnu.

 

 

 

 

Mozac_25a

A gauche, saint Jean, deux évêques tenant la crosse et un troisième personnage. Pourquoi pas parmi les inconnus saint Caprais et saint Calmin, dont les reliques se trouvent dans l’église en même temps que celles de saint Austremoine ?

 

 

 

 

Mozac_8L’entrée se fait actuellement par un portail ouvert sur le côté nord, réaménagé au XIXe siècle quand l’église devint paroissiale. L’encadrement date de 1802. L’archivolte au-dessus, en arkose, appartenait au portail roman.

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_11Y sont gravés ces vers : « En pénétrant dans cette église, portez votre regard vers les choses d’en haut… »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_13L’intérieur du porche et son portail restent roman. Le tympan présente un dessin d’une descente de croix, d’âge indéterminé.

 

 

 

 

 

 

Mozac_16Sur la gauche s’élève le clocher-porche, dont la base date du IXe siècle. Les pierres utilisées furent empruntées à un édifice gallo-romain. Le premier étage date du XIIe, quand cette tour faisait partie du système de fortification de l’abbaye.

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_7Elle était crénelée et servait de porte d’entrée. Le deuxième étage date du XVe. Raymond de Marcenat fit enlever les créneaux et transforma la tour en clocher quand celui de la croisée des transepts fut détruit.

 

 

 

 

 

Mozac_6La façade nord en arkose et l’appareil alvéolé date du XIIe siècle. Les ajouts en pierre de Volvic sont du XVe.  

 

 

 

 

 

 

Mozac_10En haut à gauche restent les traces d’un essai de reconstitution extérieure par l’architecte Ruprich-Robert au XIXe siècle des anciens niveaux d’élévation, qui nous montre la hauteur réelle de l’église du XIIe.

 

 

 

 

 

Mozac_32Le chevet roman à chapelles rayonnantes fut remplacé par un chevet gothique à trois pans, tenu par trois contreforts peu harmonieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_14Le côté sud, entièrement remanié au XVe siècle, donne sur l’ancien cloitre dont il ne reste plus que deux arcades gothiques, le reste ayant été détruit après la révolution. Les galeries couvertes ont été démolies et l’on ne distingue plus que quelques corbeaux où s’accrochaient les appentis.

    

 

 

 

 

Mozac_18D’autres portes donnent sur le cloitre, portant les écussons d’abbés de Mozac, Duprat et Marcenat.
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Mozac_23La porte ouverte sur la première travée, du XVIe siècle, possède un arc en accolade.
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Mozac_20L’angle sud-est est ouvert par deux arcades sur l’ancienne salle capitulaire, devenue réfectoire puis débarras.
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http://195.220.134.232/numerisation/tires-a-part-www-nb/0000005380084.pdf

http://www.archipicture.free.fr/france/auvergne/puy_dome/mozac.html

« Mozac, l’abbaye royale et l’église des bénédictins » de l’abbé J.Bonnet

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Mozac, l’intérieur



Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_2La nef (50 m de long sur 17m de large avec les bas-côtés) comporte six travées voûtées d’ogives.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_3Le plafond date de 1741. Les arcs reposent sur des culs de lampes ornés de feuilles d’acanthe. Les trous sont des échéa (vases d’argile destinés à améliorer l’acoustique).

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_5Les piliers sont lisses du côté de la nef, ce qui indique plusieurs choses : pas d’arcs doubleaux sous l’ancienne voûte, et ceux qui empruntaient la voie centrale n’avaient pas besoin du message des chapiteaux.

 

 

 

 

 

Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_28Les trois autres côtés ont des colonnes engagées aux chapiteaux posés sur deux tores séparés par une moulure. Les piliers sont reliés par des arcs en plein cintre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_26Côté ouest, une porte gothique fut percée vers 1460 afin de faire communiquer la nef et l’ancien porche devenu clocher.


 

 

 

 

 

Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_31aLes collatéraux sont voûtés d'arêtes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_36Le bas-côté nord n’a pas été restauré et garde ses fenêtres d’origine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_22Le mur du bas-côté sud fut refait au XVe siècle, percé de fenêtres tréflées. Il possède des chapelles latérales dont celle qui conservait les reliques.

 

 

 

 

 

 

Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_15La troisième chapelle, dite de Saint-Pierre, possède une armoire gothique au-dessus de laquelle  une inscription de 1480 donne le nom du fondateur : Dom Guillaume Focaud, sacristain, en l’honneur de saint Sébastien.
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Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_24Le chœur et le transept, réalisés par l’abbé Raymond de Marcenat au XVe siècle, étaient séparés de la nef par un jubé.
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Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_25C’est sur la croisée du transept que l’on retrouve les stalles en chêne sculptées de miséricordes datant de 1410, installées par l’abbé Philibert Archimbaud.

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Mozac, la crypte



Mozac_crypte_9La crypte carolingienne de l’église abbatiale date du début du Xe siècle, ce qui en fait l’une des plus anciennes de l’Auvergne avec celle de la cathédrale de Clermont-Ferrand qui date de 946. 

 

 

 

 

 

 

 

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Elles possèdent d’ailleurs toutes deux à peu près le même plan : une pièce centrale, divisée en trois petites nefs ou niches, entourée d'un mur plein très épais. A cette époque, la vocation d’une crypte est de conserver les reliques des martyrs et des saints, d’où le nom premier de martyrium.

 

 

 

Mozac_crypte_2a_C’est dans la nef centrale que se trouve le puits, prise de terre naturelle. Il harmonisait le lieu en déversant le trop plein des forces cosmiques et telluriques en préservant l’équilibre. Profond de 2 mètres, il a une circonférence de 60 cm.

 

 

 

 

 

Mozac_crypte_8Les murs nord et sud, contenant des remplois gallo-romains, atteignent 2,40 m d’épaisseur.
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Mozac_crypte_9aLes voûtes sont soutenues par des colonnes à chapiteaux feuillus, certainement remplacés au XIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_crypte_4Au XIIe siècle, à l’époque de la reconstruction de l’église romane, un déambulatoire agrémenté de 4 chapelles rayonnantes se rajouta.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_crypte_3La crypte fut utilisée jusqu’au XVe siècle, puis fut comblée après le tremblement de terre qui détruisit le chœur roman, et sa reconstruction en gothique par Raymond de Marcenat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_crypte_2Elle fut partiellement dégagée en 1616, afin d’aménager un caveau funéraire, par un religieux bénédictin originaire de Riom, Dom Richeroy. Oubliée, elle fut redécouverte en 1849 par l’architecte Aymon Mallay, qui, travaillant pour Violet-le-Duc, la déblaya et la restaura.  

 

 

 

 

 

Mozac_chapiteaux_9C’est lors de ces travaux que les deux chapiteaux de l’ancien chœur roman exposés dans la nef seront retrouvés. Les restes du déambulatoire et des 4 chapelles rayonnantes furent retrouvés lors de fouilles faites en 1966.

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09 juillet 2012

L’oppidum de Larina, historique



Larina_1Les falaises de la Louvaresse du plateau de l’Isle Crémieu se distinguent de loin, véritable barrière au-dessus de la plaine du Rhône.
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Larina_plan_1C’est sur le plateau de Larina, dominant Hières-sur-Amby, que nous trouvons les traces d'une occupation humaine dès le Néolithique, vers 3 000 avant notre ère, à l'âge du bronze.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Larina_planLes dépôts cultuels retrouvés prouvent le caractère sacré que les occupants vouaient à l'endroit.
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Larina_21L’oppidum, situé sur un emplacement stratégique au débouché du Val d’Amby, une des rares voies de pénétration du massif, fut fortifié au Bronze Final.
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Larina_19Le peuple celte des Allobroges vint s'y installer au IIIe siècle avant notre ère. L'habitat se développa, avec la construction d'un grand rempart en pierre. Une nécropole de tombes sous lauzes s’implanta sur les vestiges du cimetière précédent.

 

 

 

 

 

Larina_45Les romains prirent possession du site au IIe siècle, et l'on retrouve alors les traces d'un temple dédié à Mercure, dont les pierres servirent aux constructions postérieures.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Larina_8C'est à cette époque que l’exploitation de la carrière de lauzes prit de l’ampleur.
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Larina_23A la fin de l’empire romain, les Burgondes prirent possession du lieu. La plupart des tombes de la nécropole de la Motte datent de cette période.
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Larina_34Au VIe siècle, période mérovingienne, un domaine fortifié s’organisa autour d’une villa seigneuriale, avec ses bâtiments d’exploitations agricoles construits en pierre avec une toiture de lauzes. Une nouvelle nécropole se développa sur la plus haute colline autour d’un mausolée et d’une église en pierre.

 

 

 

 

 

Larina_11C’est au début du VIIIe siècle, avec l’arrivée des Carolingiens que le plateau fut abandonné.
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Larina_20Bien plus tard, la légende raconte qu’une bergère gardant son troupeau sur le plateau tomba de la falaise et fut sauvée par la vierge Marie. C’est la raison pour laquelle une statue fut érigée en son honneur. Mais déjà, Larina n’est-elle pas cette vierge, compagne de Camille l’Amazone, protégée de Diane dans l'Énéide de Virgile ?

 

 

 

 

 

 

 


"Autour d'elle, ses compagnes de prédilection, la vierge Larina, et Tulla, et Tarpéia qui agite une hache de bronze; ce sont des filles d'Italie que la divine Camille s'est choisies pour l'honorer et la servir, dans la paix comme dans la guerre"

Larina_5Nous avons donc sur cette hauteur la présence de Mercure et de Diane, pôles masculin et féminin, ainsi que de la source de Vie, le point de résurgence d’eau. Si le site avait perduré, sans nul doute aurions nous retrouvé Notre-Dame et saint Michel.  

http://fr.wikipedia.org/wiki/Hi%C3%A8res-sur-Amby
http://www.hieressuramby.fr/
http://www.musee-larina-hieres.fr/

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L’oppidum de Larina, description des bâtiments



Les entrepôts agricoles



Larina_17Toute une série de bâtiments furent restaurés. Les murs étaient faits de poteaux de bois dont les vides étaient garnis de torchis (terre séchée et paille).

 

 

 

 

 

Larina_14Les poteaux de bois étaient ancrés dans des fondations faites d’assises de galets, permettant ainsi d’isoler l’ossature de l’humidité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Larina_32Les vestiges montrent que les habitants vivaient en totale autarcie à partir des ressources du plateau (élevage extensif et culture céréalière, chasse, vigne, travail du fer et du bronze).

 

 

 

 

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Par exemple ce bâtiment de 17 m de long  fut construit sur les vestiges des anciennes cabanes en bois. C’était un vaste atelier agricole au sol drainé, dans lequel on retrouvait des réserves et un pressoir à vin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Larina_16La ferme principale, la villa, s’étendait sur 40 m de long et 20 m de large. Avec les annexes (enclos pour animaux, étables, silo à grains, ateliers et remises), elle couvrait près de 1 500 m².

 

 

 

 

 

Larina_36Un bâtiment un peu à l’écart abritait un vaste pressoir à vis verticale. Les blocs de fondation proviennent du temple romain.

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Larina_37Le sol était constitué de tuiles romaines et de briques concassées, mêlées à du mortier de chaux.

 

 

 

 

 

 

 

 



La nécropole de la Motte


Larina_35Cette butte servit à l’installation d’un cimetière, utilisé dès la fin de l’Antiquité jusqu’au début du Moyen-âge.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Larina_28125 tombes furent fouillées. La première nécropole date du VIe siècle et ne comprend que des tombes en pleine terre. La deuxième date des Ve et VIe siècles.

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Larina_29Elles sont orientées est-ouest.
30 31 Sur le côté est de la butte se tient la carrière. Le calcaire, légèrement gréseux, est stratifié en bancs qui peuvent se débiter en dalles de 1 cm à 15 cm d’épaisseur.

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La  deuxième nécropole



Larina_46Près de 400 tombes furent retrouvées sur le site, au point le plus élevé du plateau. La plupart d’entre elles datent de l’époque mérovingienne,  même si quelques-unes renvoient à d’autres traditions plus anciennes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Larina_43Elles sont orientées tête à l’ouest.
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Larina_42Un autel romain et des dalles de l’ancien temple furent retrouvés dans les murs de la chapelle mérovingienne.
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Larina_52Un fragment d’autel est gravé de l’inscription lacunaire suivante : Autel au dieu Mercure, Victor Magniacus Veilaunus, restauré par C. Capitoius Macrinus.

 

 

 

 

 

Larina_plan_3La chapelle fut construite à partir du Ve siècle, et subit plusieurs transformations avant son abandon au VIIIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Larina_48Elle était entourée d’enclos funéraires et de la sacristie. L’emplacement de l’autel se situe sur un croisement de courants telluriques et d’une rivière souterraine. Le chœur fut d’abord constitué  d’une abside semi-circulaire, avant d’être remplacée par un chevet plat.  

 

 

 

 

 

Larina_44Une barrière de chœur, qui fermait à l’origine l’abside, fut avancée dans la nef, créant ainsi un espace privilégié mettant en valeur les tombes des personnages importants.

 

 

 

 

 

 

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Larina_41Le point le plus haut de la nécropole est occupé par un enclos funéraire. C’était une construction carrée d’environ 5 m de côté, avec une porte au nord-est. Il est postérieur à quelques tombes, situées sous les fondations des murs. La tombe centrale est sans doute à l’origine de cette construction funéraire.


 

 

 

 

 

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