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Les reportages (portant uniquement sur des lieux que j'ai pu visiter personnellement) sont basés sur les sites que je trouve sur le net, sur des documents trouvés sur place ou bien sur les livres de ma bibliothèque, et bien sûr, sur mes ressentis personnels. Dans la mesure du possible, tous sont cités. Les photos sont de madame_dulac pour la plupart, et de Remlug quand j'égare les miennes (si si, ça arrive...)

En parlant de mes photos... Elles sont libres de droit pour un usage privé, sous réserve de mention du lien vers le blog. Toute autre utilisation doit faire l'objet d'un accord écrit de ma part.

Sincèrement vôtre,  Madame Dulac.

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Les dossiers sont à la fin de "CATEGORIES", précédés d'un Z, comme par exemple "Z- Vierges noires". Bien vérifier qu'il n'y ait pas "Page suivante" en fin de page. Si oui, cliquez dessus.

 

Voici mes bannières. Merci à Remlug, sans lui, le site n'existerait pas.

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Le musée Frédéric Marès de Barcelone

 

Barcelone Frédéric Marès 3Frédéric Marès nait à Portbou, en Catalogne, en 1893. Sa famille vint s’installer à Barcelone en 1903, et c’est là, à 15 ans, qu’il entra à l’École des beaux-arts de San Jorge. Il entra ensuite à l'École supérieure de design et d'art (comme Gaudi ou Picasso), communément appelé la Llotja, où il apprit la sculpture. Il obtint une bourse de la mairie de Barcelone et voyagea à Paris où il travailla avec des marchands d’art puis il se rendit à Rome. Il obtint une autre bourse d’état et voyagea en Espagne afin de se familiariser avec les œuvres des maitres sculpteurs. Il s’installa ensuite à Barcelone comme professeur à la Llotja tout en sculptant des œuvres pour la ville. Plus tard, il devint directeur d’une école d'art et président de l'Académie royale des beaux-arts de San Jorge. Il prit sa retraite en 1964.

 

 

 

 

 

 

 

Barcelone Frédéric Marès 1Dès son enfance Marès fut pris de collectionnite aigüe. Cela commença à 6 ans avec des images de tablettes de chocolat et ne s’arrêta qu’avec sa mort en 1991. Entre temps, il accumula un nombre impressionnant d’objets, ce qui fit de lui le plus remarquable collectionneur privé catalan du XXe siècle. En 1944, il écrivit dans son testament que Barcelone recevrait son extraordinaire collection à sa mort. En 1946, il s’installe donc face à la cathédrale dans une aile de l’ancien palais des comtes de Barcelone (Palau Rejal Major) qui devint un musée. En 1948, la collection occupait quatre salles, en 1952, trois étages… elle atteignit sa taille définitive en 1970.

 

 

 

Barcelone musée Frederic Marès 118La collection de sculptures englobe l’Antiquité, les périodes Romane et Gothique, la Renaissance, le Baroque et le XIXe siècle.

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Barcelone musée Frederic Marès 149Les étages supérieurs abritent des milliers d’objets de la vie quotidienne du XIXe siècle comme des cannes, des pipes, des jeux de Tarot.

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Barcelone musée Frederic Marès 74On entre par le patio du Verget, havre de paix au milieu du vacarme de la ville. Jusqu’au moment où on apprend qu’ici se tenait le siège du tribunal de l’inquisition.

 

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Le musée Frédéric Marès, les Vierges à l'enfant romanes

Barcelone musée Frederic Marès 119Je vous présente la partie du musée la plus impressionnante : une file ininterrompue de vierges à l’enfant, du XIe au XVIe siècle. Parmi elles, une présomption d’au moins deux vierges noires. Dommage que la provenance ne soit pratiquement jamais indiquée.

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Celle qui ne fait aucun doute, la vierge de l’église Santa Maria de Plandongau, petite commune proche d’Oliola.

 

Plandongau 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5La statue en métal sur âme de bois (surement du plomb) à l’air de sortir du même moule que Notre-Dame de la Victoire de Thuir.

 

 

 

Thuir 4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TaüllND 3Une deuxième me parait posséder nombre d’attributs des vierges noires : la Dame de Taüll, petit village d’une vallée pyrénéenne face au Pic d’Aneto. L’église, du XIe siècle, possédait de magnifiques fresques.

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Taüll AntepandiumAu début du XXe siècle, un groupe de financiers et d’antiquaires étrangers achetèrent la plupart des peintures murales des églises romanes de ces petites vallées des Pyrénées pour les emporter aux États-Unis. Bien qu’il n’y eût pas de lois en Espagne qui interdisaient l’expatriation d’œuvres d’art, le comité des musées racheta les œuvres et les transféra au musée national d’Art de Catalogne à Barcelone. La fresque de l’adoration des mages de l’abside montrant la Vierge en majesté et l’antependium (du mot latin pendeo, pendre, et du préfixe ante,devant. Littéralement : qui pend devant. Un antependum, enlatin liturgique, est un devant d’autel) ont fait partie du voyage.

 

 

 

 

 

La statue, en bois, mesure 60,5 cm par 22cm.

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Barcelone musée Frederic Marès 71Peut-être une troisième, datée du XIIe siècle.

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Peut-être encore celle-ci, du XIIe également.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Celle là n'en est pas une, mais elle est très belle même si ses mains sont manquantes. Elle est datée de la deuxième moitié du XIIe siècle.

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san millan 1aElle vient d’un petit ermitage roman, San Millàn de Puentedura, près de Burgos. Elle avait été transférée dans l’église du village avant d’être vendue à Marès. L'extraordinaire qualité et le style de l'œuvre ont permis de la rapprocher des statues sculptées dans les ateliers d'Ile-de-France dans la seconde moitié du XIIe siècle.

 

 

 

 

San Millàn 1L’église conserve un Christ de la même époque, qui lui aussi devait être vendu et qui eut la vie sauve grâce à un voisin qui accueillit les acheteurs potentiels avec son fusil à la main.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette autre me touche beaucoup, même si elle ne fait pas partie de la famille des vierges noires. Elle proviendrait de Palència.

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Florilège...

 

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Sainte Anne, la Vierge et l'enfant

 

Barcelone musée Frederic Marès 136Autre exposition incroyable, le nombre de statues que l'on appelle "Sainte Génération" qui sont, parait-il, si rares au royaume de France... Il en existe une dans l'église de Polignac en Haute-Loire.

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Le musée Frédéric Marès, florilège d'œuvres

 

10La première partie du musée présente des sculptures antiques. La visite commence par un nombre impressionnant d’ex-voto datant du IVe siècle avant notre ère.

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8Des hommes, des femmes, des androgynes, des chevaux, des objets divers et variés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Barcelone musée Frederic Marès 87On y trouve des représentations de dieux et déesses comme cette Vénus ou cette déesse-mère.

 

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St Hilaire 1Viennent ensuite plusieurs oeuvres du maître de Cabestany (celui-là même qui fit les chapiteaux de Rieux-en-Minervois et le sarcophage de saint Sernin de l’abbaye Saint-Hilaire, dans l’Aude).

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Rieux_Minervois_11Le maître de Cabestany est un sculpteur anonyme de la seconde moitié du XIIe siècle, reconnu après la découverte du tympan de l’église de la petite ville de Cabestany dans les Pyrénées-Orientales en 1930 et le rapprochement de plusieurs œuvres présentant les mêmes caractéristiques, de la Toscane à la Navarre, en passant par le Languedoc et la Catalogne :  des visages triangulaires avec un trou de trépan de chaque côté, des yeux étirés en amande, des mains exagérément grandes aux doigts longs et effilés, beaucoup de plis sur les drapés et un grand nombre de détails où l’on sent l’influence du monde classique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Barcelone musée Frederic Marès 89Le premier bas-relief présenté est considéré comme l'une des œuvres les plus remarquables de l'artiste et de son atelier. Il a été fabriqué dans le deuxième tiers du XIIe siècle. C'est un bloc de marbre réutilisé, comme l'indiquent les restes sculpturaux à l'arrière. La scène représente « La marche sur les eaux », épisode de la vie de Jésus figurant dans les Évangiles, comme le confirme l'inscription de la partie supérieure. Jésus est debout sur les eaux et bénit les apôtres. Pierre pose son pied gauche sur la barque avant d’essayer de rejoindre Jésus pendant qu’André tient une rame. La partie inférieure du bas-relief est occupée par la représentation de la mer avec des vagues et des poissons, réalisés avec un grand sens artistique.

 

 

 

 

 

 

 

 

Barcelone musée Frederic Marès 90Le deuxième bas-relief, provenant de la même porte, représente l'Agnus Dei, un agneau portant une croix.

 

 

 

 

 

 

Barcelone musée Frederic Marès 131Au sous-sol sont mis en scène plusieurs portails romans. Ici,une fenêtre de l’église de San Miguel de Tubilla del Agua, du XIIIe siècle.

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Barcelone musée Frederic Marès 35Ce portail roman de la seconde moitié du XIIIe siècle appartenait à l'une des deux églises du château d'Anzano, à Huesca. Il est composé de quatre archivoltes à gradins décorées. La figure centrale du tympan, connue sous le nom de Vièrge de la Leche, est assise sous un dais soutenu par deux anges. C'est une vièrge en majesté. À gauche, un homme assis, qui pourrait être saint Joseph ou un prophète. A droite, une figure féminine, peut-être une prophétesse ou une sybille.

 

 

 

 

 

Barcelone musée Frederic Marès 130Le Christ juge dans sa mandorle de l’ermitage Nuostra Señora de Rocamador de Palència du XIIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Un linteau en granite représentant la vie d'Adam et Ève. Premier tiers du XIVe siècle, Gallice.

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Nous remontons au premier étage. Ce frontal de sarcophage a probablement été fabriqué dans un atelier romain au IV siècle, sous le mandat de Constantin, premier empereur chrétien, et plus tard exporté en Hispanie. Dans cette frise de marbre sculpté en haut-relief sont disposées des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament. De gauche à droite : la résurrection de Lazare, le sacrifice d'Abraham, le miracle des pains et des poissons, dans lequel Jésus apparaît entre saint Pierre et saint André, Adam et Ève, et enfin l'Adoration des mages. Le sarcophage fut découvert à Layos, dans la province de Tolède, au XVIIe siècle. Plus tard, le frontal a été séparé du sarcophage pour en faire une pierre tombale sur le dos de laquelle furent sculptées les armoiries d'une famille noble.

Barcelone musée Frederic Marès 158Des émaux de Limoges, tous datés des XIIe et XIIIe siècles, comme ces coffre et ces crosses d'éveque.

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Barcelone musée Frederic Marès 116Quelques coffrets reliquaires en albâtre du XIe siècle appelés lipsanothèques (en grec littéralement « armoire à reliques »). Durant la période romane on les mettait à l’intérieur des autels lors de la consécration des églises.

 

 

 

 

 

Barcelone musée Frederic Marès 117Des autels portatifs (tabulas itinerias), constitués en général  d'une pierre consacrée. Celui là, en marbre et bois avec traces de polychromie, date du XIIe siècle et provient de Palència.

 

 

 

 

 

 

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Un polyptique du XVIe siècle provenant de Bruges.

Barcelone musée Frederic Marès 142Daté de 1520, il retrace la vie de la mère de Dieu, et les sept douleurs : la prophétie de Siméon, la fuite en Égypte, la disparition de Jésus au Temple pendant trois jours, la rencontre de Jésus portant sa croix en montant au calvaire, la crucifixion, la descente de la croix et la remise du corps de Jésus à sa mère, l’ensevelissement de Jésus dans le sépulcre.

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Barcelone musée Frederic Marès 123Un magnifique saint Christophe, le porteur du Christ. N'oublions pas qu'il est la représentation symbolique d’un passage. Il est daté du milieu du XIVe siècle, et provient de l'église de San Cristóbal de Entreviñas, commune de la province de Zamora en Castille-et-León.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Barcelone musée Frederic Marès 124Ces dames des XIVe, XVe et XVIe siècles.

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Barcelone musée Frederic Marès 146Accompagnées de ces messieurs, Georges et Michel, des XVe et XVIe siècles.

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19 octobre 2018

La chapelle de Notre-Dame de Baroille

 

PaléolithiqueBaroille est actuellement un petit hameau dépendant du village de Saint-Georges-de-Baroille, situé sur un plateau élevé dominant les gorges de la Loire. L’endroit fut occupé depuis fort longtemps, comme en témoignent des haches de pierre du Paléolithique retrouvées à proximité. Plus tard, un oppidum gaulois fut construit : il en reste quelques traces au lieu-dit Châtellard-de-Chazy, où l’on mit à jour des fortifications en pierre. Des tuiles romaines puis quelques poteries prouvent que le site fut habité en continu depuis ces temps reculés.

 

 

 

Poterie Moyen-âge 2aUne ancienne voie, reliant Mâcon à Clermont, empruntait le pont de Pinay sur la Loire et passait à Baroille. Elle fut utilisée plus tard par les pèlerins de Compostelle se rendant au Puy-en-Velay. Les terres argileuses du plateau, de très bonne qualité (on trouvait de l’agile de différentes couleurs : brun rouge, blanche, ocre), en firent un endroit prisé des potiers : Baroille proviendrait baraille, qui, au Moyen-âge, désignait la vaisselle ordinaire.

 

 

 

 

Saint-Georges de Baroille 1La chapelle de Baroille fut construite au XIIIe siècle. Le clocher et une partie des murs furent remaniés au XVIe. Une pierre de l’ancien autel fut enchâssée dans le mur ouest.

Saint-Georges de Baroille 3

 

 

 

 

 

 

Saint-Georges de Baroille 2Ancienne église communale, elle fut déclassée au XVIIIe siècle par Mgr Camille de Neuville, archevêque de Lyon, au profit de la chapelle Saint-Georges qui dépendait d’elle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Georges de Baroille 6Elle devint patrimoine privé, tomba peu à peu presque en ruine. Rachetée en 1997 par l'Association des Amis de Notre Dame de Baroille, elle fut restaurée.

 

 

Saint-Georges de Baroille 5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vierge de BaroilleCet endroit abritait, depuis le XIIe siècle, la statue d’une vierge noire, Notre-Dame de Baroille. Tous les 8 septembre, jour de la nativité de la Vierge Marie, les pèlerins venaient lui faire leurs dévotions, jusqu’en 1952, date à laquelle le pèlerinage tomba dans l’oubli. La statue fut alors vendue au musée du Louvre, où elle se trouve exposée depuis, dans un caisson en verre du pavillon Richelieu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Baroille 5aLes Amis de Notre Dame de Baroille firent sculpter grossièrement une autre Vierge, et rétablirent la manifestation en 1997.

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Baroille 2

Notre-Dame de Baroille, datée du XIIe siècle, mesure 52 cm de hauteur pour 21 cm de largeur et 16 de profondeur. La proportion est à peu près respectée, comme pour ses grandes sœurs en bois mesurant 70 cm sur une base de 30. Pourquoi toujours les mêmes nombres ?

Peut-être un début d’explication : le 3 représente la trinité, conjonction du 1 et du 2, ce qui produit l’union du ciel et de la terre, l’incarnation de la Vie, la descente de l’énergie primordiale dans la matière. Chez les druides et leurs triades, que l’on retrouvera dans la règle des templiers, ce sont les trois principes fondamentaux (eau, air et feu) d’où découleront les forces créées de l’univers. Ce sont aussi les trois aspects de la matière, les trois principes alchimiques (sel, soufre et mercure), les trois phases du Grand-Œuvre (noir, blanc et rouge). 

Le 7 est un symbole d’accomplissement, de virginité, de perfection et de transcendance. Selon Hippocrate, il dispense vie et mouvement. Il est le nombre de l’homme réalisé. Chez les hébreux, il est le symbole de la totalité humaine, mâle et femelle à la fois, l’androgyne. Chaque période lunaire dure 7 jours, chaque mois lunaire 7x4, 28 jours. 28 = 1+2+3+4+5+6+7. Il est aussi la représentation de la montée de la conscience, qui se fait en 7 étapes. Ce sont les 7 plans de l’existence manifestée, pouvant se rapporter aux 7 centres vitaux (chakras), aux 7 corps de l’humain (physique, éthérique, astral, mental, causal, spirituel et divin). C’est aussi le nombre des arts libéraux qui se divisent en deux degrés : le Trivium et le Quadrivium. Le Trivium (les trois chemins en latin) concerne le « pouvoir de la langue » et se divise en grammaire, dialectique et rhétorique. Le Quadrivium (les quatre chemins) se rapporte au « pouvoir des nombres » et se compose de l'arithmétique, de la musique, de la géométrie et de l’astronomie.

3x7=21, symbole de la maturité, de l’accomplissement, de la plénitude, de la perfection par excellence, de la sagesse divine. La lame 21, c’est le Monde.

 

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Baroille 3aLa statue, polychromée,  a la particularité d’être faite d’un alliage de plomb repoussé.

Extrait du livre de Viollet-le-Duc et Pierrefonds, "Histoire d'un chantier" : « Les ornements à reproduire sont d'abord exécutés en plâtre pour servir de modèles, et ces modèles sont ensuite coulés en fonte de fer pour servir de matrices. L'épaisseur du plomb employé varie de 2 à 3 mm, selon la plus ou moins grande profondeur des ornements et selon la force qu'on veut donner. On étend une feuille de plomb sur le modèle en fonte et, avec des maillets à panne arrondie et des chasses en bois de peuplier, on lui fait prendre par le battage les formes générales du modèle. Le bois tendre de peuplier convient à ce premier travail parce qu'il repousse le plomb sans le maculer d'empreintes à chaque coup comme le ferait un bois dur. On achève l'ouvrage, au contraire, avec des chasses en buis ou en charme qui permettent de marteler le plomb et de le ciseler pour ainsi dire. L'habileté consiste à nourrir les creux avec de la matière prise dans les pleins, de sorte que le plomb repoussé présente partout la même épaisseur, comme avant le travail. »

Le travail sur le vil métal que l’on transforme…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Châteauneuf-les-Bains 6Une autre Vierge Noire est sortie du même moule, celle de Châteauneuf-les-Bains, petite bourgade du Puy-de-Dôme aux eaux thermales connues depuis l’antiquité, située sur les bords de la Sioule. Celle-là fut rapportée des croisades, selon la légende, par le seigneur de Montmorin.

Châteauneuf-les-Bains 4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Colombe 1Les deux statues montrent la Vierge portant une colombe dans la main droite. La colombe, comme chacun le sait, est un symbole de pureté, de beauté. Elle est souvent messager des Dieux, ou illustration du principe féminin. Mais elle représente aussi l’âme, ou le Saint-Esprit descendant. Pour l’instant, l’oiseau est encore dans la main de la Vierge, puis bientôt la magie, l’âme agit.

 

 

 

 

Thuir 8Contrairement à ce que j’ai pu lire sur internet, la Vierge Noire de Thuir, elle aussi en métal, n’est pas faite à partir du même moule.

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Grand oeuvre 2aToutes les caractéristiques des Vierges Noires sont ici présentes. Les couleurs, bleue pour la tunique de la mère, rouge pour sa robe, verte pour la robe de l’enfant et rouge pour sa tunique, auxquelles est ajouté de l’or en garniture. Le bleu, couleur du féminin sacré, vert de la coupe, le graal, taillé dans l’émeraude de Lucifer, contenant le principe vital par excellence, le sang rouge du futur Christ. Le noir de la fonction, le blanc de la peau, le rouge de l’habit, l’or des décorations, nous sommes bien encore une fois dans le Grand Œuvre alchimique.  

 

  

Pour terminer, un petit cadeau de Jacques Bonvin qui, dans son ouvrage sur les Vierges Noires, donne une explication des couleurs : « Le vert est attribué à la Vierge, symbole des eaux primordiales. Le verre de couleur verte ne laisse passer à travers lui que les couleurs allant du jaune au violet, couleurs associées à l'évolution spirituelle. Le verre de couleur rouge ne laisse passer que ses propres radiations rouges et absorbe toutes les autres. Le rouge, attribué au fils, engendre l'énergie, créée la chaleur et la force. Il est la couleur de l'amour total. De leur union dans une Vierge Noire va se dégager une première symbolique. Par la position méditative, la statue de la Vierge capte l'énergie cosmique et tellurique qu'elle inverse et qu'elle envoie (qu'elle émet) par son fils, dont la couleur rouge engendre l'énergie. Le vert sert à neutraliser les forces extérieures et à recevoir uniquement les couleurs spirituelles. Le christ par le rouge ne peut recevoir que son propre rayonnement. Inversement, le fils, parce qu'il est l'énergie, le Verbe, canalise le courant émis par l'homme. La position du fils sur la statue fait qu'il est le catalyseur par qui tout passe. Il retransmet ce qu'il reçoit, par exemple une prière à sa mère, qui, par la puissance de son onde de forme et la puissance magnétique du vert, inverse les polarités et renvoie au fidèle la propre force de la prière transmutée. »

 

https://www.saintgeorgesdebaroille.com/les-amis-de-la-chapelle/

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14 juin 2018

Jaleyrac

Jaleyrac_15En remontant de Mauriac sur la D922 en direction de Clermont, une petite route sur la droite descend sur les pentes escarpées d’un vallon boisé de chênes et de hêtres. Quelques courbes plus loin, nous voici à Jaleyrac, petit bourg de nos campagnes ayant laissé le temps couler sur lui. Sur la place du village, une église romane dans un écrin de verdure et de fleurs toutes portes ouvertes, ce qui devient de plus en plus rare de nos jours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac_8L’endroit fut habité depuis longtemps : des fouilles au hameau de Boissières ont permis de retrouver des artéfacts gallo-romains et le proche village de Bourianes possèderait plusieurs tumuli sur son sol, alignés d’est en ouest (d’après Jean-Baptiste Bouillet dans sa description historique et scientifique de la Haute Auvergne).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac_7L’église est dédiée à saint Martin. On se souvient que Martin fut un pourfendeur de pierres païennes, et que souvent son nom fut attribué au temple ayant remplacé celui de l’ancienne religion détruit.

 

Jaleyrac 23

 

 

 

 

Jaleyrac 11L’église romane Saint-Martin de Jaleyrac fut précédée par un autre bâtiment situé au Pradel (il n’en reste plus rien), à deux kilomètres au nord de Jaleyrac, cité dans la charte de Clovis (la fausse charte dite de Clovis est un polyptique daté du IXe siècle, mentionné en 822, recensant les biens de l'abbaye de Saint-Pierre-le-Vif de Sens, dans l'Yonne).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac 22Elle fut confiée en 1348 au chapitre de Notre-Dame du Port à Clermont par le pape Clément VI. Durant la Révolution elle fut réunie au diocèse de Saint-Flour. En 1855, la foudre s’abattit sur le clocher.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac plan 1a

Saint-Martin, de proportion modeste, fut construite au départ suivant un plan basilical simple.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac 14Deux chapelles ogivales latérales lui furent ajoutées au XVe siècle, lui donnant la forme d'une croix latine à transept peu saillant.

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac 16'La nef voûtée en berceau possède trois travées, un chœur carré surmonté d’une coupole hémisphérique sur laquelle vient se poser le clocher carré dont la flèche est récente et une abside semi-circulaire voûtée en cul de four.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’extérieur

 

Jaleyrac 1Le portail en plein cintre, surmonté d’un cordon torsadé, est orné de colonnettes à chapiteaux simplement sculptés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac 2Les portes en bois sont ornées de pentures en fer, dont certaines sont datées du XIIIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac_3Restaurées au XVIIe siècle, les ferrures changèrent de place : actuellement les plus anciennes, avec le heurtoir au centre, sont en position haute alors qu’ils devraient se trouver au centre du ventail. Les enroulements inférieurs datent probablement de cette époque.

 

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Jaleyrac 10 aLe toit repose sur une corniche saillante bordée d’un cordon torsadé et agrémentée de modillons.

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Le message est clair : il montre le cheminement de l’initié sortant de l’animalité afin de faire son retournement.

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Jaleyrac 10 c

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L’intérieur

 

Jaleyrac 18Saint-Martin possède de remarquables peintures murales du XVe siècle qui furent protégées pendant des années par des badigeons successifs. Elles furent mises à jour et restaurées entre 1977 et 1980. Dans le chœur, le Christ en majesté entouré du symbole des quatre vivants

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac 21et sur la droite, saint Georges terrassant le dragon, entouré du roi et de la reine de Trebizonde (ville de Turquie sur les bords de la mer Noire) et de leur fille, en sont quelques exemples.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dans une niche de l’abside, sur la droite, se tient Notre-Dame de Jaleyrac. Cette statue en pierre polychrome, datée du XVIe sur son arrêté de classement aux monuments historiques en 1960, se rapproche plus dans son iconographie des Vierges romanes du XIIIe siècle. La Vierge, en robe rouge ornée d’un cabochon, drapée d’un manteau vert retenu sur la tête par une couronne à fleurons, tient l’enfant sur ses genoux. Une niche placée à l’arrière du siège lui confère la fonction de reliquaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint Men

Jaleyrac MenasUne des chapelles de l’église est consacrée à saint Men ou Menas, rappelant qu’autrefois avait lieu un pèlerinage fort prisé par les malades atteints d’une sorte de lèpre, maladie que l’on nommait mal de Saint-Men. Au XIIIe siècle, les moines de l’abbaye bénédictine de Mauriac firent construire, sur le plateau des Andêryes dominant Jaleyrac, une léproserie (lieu-dit la Croix des Anders).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac Menas 2

Cet endroit était désigné sous le nom de Maladrerie de Mauriac dans un état officiel dressé sous Louis XIV. Des reliques appartenant à saint Men furent rapportées d’Egypte après les croisades et déposées dans la chapelle. Les guérisons se firent nombreuses. Le culte de saint Men fut transféré à Jaleyrac à la fin du XVIe siècle, après que les guerres de Religion eurent fait fermer les portes de la maladrerie.

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac pont 2Quoi qu’il en soit, les miracles continuèrent à Jaleyrac. Pour obtenir sa guérison, il fallait que le malade, quel que soit son rang social, s’humilie et mendie lui-même l’argent destiné à la messe. Il devait ensuite aller boire à la Font Salade, la fontaine miraculeuse située dans le vallon, près du pont jeté au-dessus du ruisseau de la Gueuse. Ce pont existe encore de nos jours. Curieusement, alors qu’il est d’époque romane, il porte sur les pancartes le nom de « pont romain », bien qu’aucun romain n’ait participé à sa construction.

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac source 2La Font Saint-Men ou Font Salade possède des eaux salines comme son nom l’indique. La source sort d’une roche granitique dans un petit bâtiment voûté ouvert par une seule porte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac source 4A l’intérieur, un bassin est rempli d’une eau à 15°C. Il y a peu encore, les gens atteints d’une maladie de peau et de problèmes de foie allaient s’y abreuver.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac source 1Jean-Baptiste Bouillet, dans sa « Description historique et scientifique de Haute-Auvergne, département du Cantal », en parle en ces termes : « Dans un bois, au confluent de deux ruisseaux qui vont se perdre dans la rivière le Mars, nait, d’une montagne primitive, une source d’eau minérale ferrugineuse froide, assez abondante, qui s’épanche dans un bassin de trois à quatre pieds de long, placé dans un petit bâtiment. Cette source est très fréquentée des gens du pays. Suivant les expériences du docteur Mourguye, un kilogramme d’eau contient un décigramme et demi de carbonate de chaux, un demi-décigramme de proto-sulfate de magnésie, un décigramme d’hydrochlorate de magnésie. Les eaux de la source sont légèrement toniques et purgatives, et conviennent aux malades atteints d'embarras gastrique et intestinal, d’anémie, d'aménorrhée ou de leucorrhée atonique ».

 

Jaleyrac source 3Un ancien pharmacien de Clermont, monsieur Mossier, en avait fait l’analyse : « Chaque litre d'eau contient 25 pouces cubes d'acide carbonique, 31 décigrammes de carbonate de soude, 24 centigrammes de carbonate de chaux, 8 centigrammes de sulfate de chaux, 5 centigrammes de carbonate de magnésie, 4 centigrammes de carbonate de fer, et des proportions minimes de chlorures de sodium et de calcium, d'alumine et de silice».

 

 Mais… Il se dit au pays que la construction de la voie ferrée reliant Aurillac à Bort-les-Orgues a détourné le cours de la source. Pour certaines personnes très âgées, l'eau n'a plus le pouvoir d'antan.

Posté par madame_dulac à 21:31 - - Commentaires [14] - Permalien [#]