13 mai 2008
marche à suivre...
Bonjour à tous.
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Sincèrement vôtre...
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Sincerly yours... And if you want the english version, clik here : http://crownedplaces.canalblog.com/
PETITE NOTE EXPLICATIVE
Pour accéder à un lieu particulier, il vous suffit de parcourir sur la gauche, "catégories" et choisir votre destination. Vous pouvez accéder aussi à une région particulière en vous rendant dans la catégorie "A : Liste des articles par région/département".
Pour les dernières études, vous les trouverez également à gauche, en dessous de "catégories", dans "derniers messages".
Voici ma bannière. Merci à Rem qui m'a supportée sur msn pendant qu'il travaillait dessus...
Pour ce qui est de la motivation de telles études, je laisse la parole à Gwelan qui l'a expliqué d'une façon qui m'a beaucoup touchée dans son site sur les niveaux vibratoires:
"Pour la très grande majorité d'entre nous, notre implication dans cette discipline radiesthésique a muri avec la fréquentation de hauts lieux vibratoires. Ils nous ont interpellés, instruits, nourris... Ils ont été l'ingrédient indispensable de nos prises de conscience.
Je ne sais pas ce qui s'est ainsi donné, révélé à nous. Je suppose que chacun y mettra le nom qui convient à ses croyances, mais c'est un quelque chose qui nous a mis en vie, davantage, et parfois même qui nous a révélé à nous-mêmes.
Il y a, entre ce qui se dégage de ces lieux et nous-mêmes, une intimité voire une nouvelle forme d'intelligence qui s'est constituée petit à petit. C'est à cette intimité, cette intelligence là, qu'il me semble intéressant aujourd'hui de faire appel, pour s'efforcer d'entrevoir ce qui est (peut-être) en train de se passer : un phénomène que nous n'aurions pas nécessairement à subir, mais qui est peut-être une grande opportunité de progression sur le plan individuel."
Qu'il en soit remercié...
L'église Notre-Dame-de-l'Assomption d'Espira de Conflent
Le village est cité à la fin du Xème siècle sous la forme villa Asperi (973, 981), puis Aspiranum (1003, 1011). C'est en 1081 qu'un prieuré de chanoines augustins fut fondé par les moines de Serrabone à Espira. Ce prieuré prit rapidement une grande ampleur et eu une influence importante en Conflent. Il fut ramené à l'état séculier au XVème siècle et le prieur devint alors le curé de la paroisse d'Espira.
A l'entrée du village, une fontaine dite "du miracle". Les plus anciens habitants ne se souviennent plus en quoi il consista. Ils ne peuvent que dire que l'eau a toujours été abondante et fraiche...
L'église Notre-Dame-de-l'Assomption, dédiée à la Vierge, est un édifice roman avec une nef unique couverte en berceau brisé sans doubleaux, une abside ornée d'une rangée de dents d'engrenage entre 2 bandeaux qui en font le tour, et des absidioles semi-circulaires.
Les croisillons du transept et l'absidiole méridionale sont d'une époque ultérieure.
Le portail est en pierres de taille avec de minces tailloirs décorés de têtes. Les chapiteaux sont du XIIème siècle. Cette église a été consacré en 1145, sans doute une seconde fois, suite à de travaux. Elle fut restaurée au début du XVIIème siècle avec la construction de chapelles latérales et du porche d'entrée. 
L'absidiole nord semble avoir été supprimée lors de la construction de la sacristie percéé d'un œil de bœuf, au XVIIIème siècle. Le campanile est très récent (1919), il a remplacé un clocher-tour tombé en ruines et abattu en 1909. Un puits reste en place à l'extérieur.
La grille en fer forgé , d'inspiration catalane, présente une tête de dragon. La coutume voulait que les mauvaises âmes, effrayées, ne pourraient ainsi pénetrer dans l'église...
Notre-Dame d'Espira
Le seul élément roman qui subsiste à l'intérieur de l'église est une Vierge reliquaire à l'Enfant, en bois délicatement travaillé.
Son visage est serein, une fine tresse retombant avec grâce sur les plis du vêtement. Sa construction iconographique originale englobe, dans le plissé de la robe, l'ensemble du siège qui n'apparait pas. Elle n'a pas de dos, étant entièrement creuse, de manière à pouvoir y déposer les reliques sacrées.
Une vierge noire étonnante. Bon, encore une fois, la statue n'était pas dans l'église. Elle n'est pas volée, comme beaucoup d'autres, mais simplement en dépot à Perpignan pendant les travaux de restauration entrepris dans l'église.
http://histoireduroussillon.free.fr/Thematiques/Batiments/Histoire/PrieureDEspiraDeConflent.php
http://pagesperso-orange.fr/arizmendi.ruquet/Espira/esp2.htm
12 mai 2008
Eglise Sainte-Marie de Corneilla de Conflent
L'occupation préhistorique est attestée par la découverte, aux grottes d'Embullà, de gisements datant du Paléolithique supérieur et du Paléolithique moyen. A noter aussi deux dolmens, aux lieux-dits el Corbatorat et el serrat d'en Perot, ainsi que des roches à cupules.
Corneilla fut à partir du Xème siècle, et peut-être avant, la résidence préférée des comtes de Cerdagne, qui y firent bâtir un château au XIème siècle (palatium Cornelani, 1047).
Dans son testament de 1094, le comte Guillem Ramon avait prévu de fonder un prieuré de chanoines augustins, ce que réalisa deux ans plus tard son fils, Guillem Jordà, avant de partir en croisade (fondation en 1097). Au cours des siècles suivants, le prieuré, qui détenait bien évidemment la seigneurie du village, eut une importance croissante, acquérant de nombreux biens en Conflent et en Cerdagne. Son déclin commence au XVème siècle, mais jusqu'à la Révolution le prieur restera seigneur de Corneilla.
L'éxistence de l'église, dédiée à la Vierge, est attestée en 1018 (testament de la comtesse de Cerdagne Guisla). Elle devient siège du prieuré et s'agrandit considérablement à partir de 1097, puis dans le dernier quart du XIIème siècle, où la façade et le chevet sont reconstruits.
Au centre de la façade, un portail en marbre rose de Conflent avec son tympan représentant une Vierge en majesté. La Vierge à
l'enfant se trouve dans une mandorle, entourée d'anges. Ce tympan est encadré de
boudins toriques ornés de motifs géométriques reposant sur des
chapiteaux finement sculptés.
Remarquez les sculptures des chapiteaux : d'un coté, au nord, une femme et un homme, au milieu de feuillages; les autres représentent les lions et les griffons.
Au sud, les mêmes personnages, mais avec quelques différences... Ils sont passés par l'initiation.
Le tympan est surmonté d'une petite baie cintrée. Des créneaux couronnent le tout.
Un clocher-tour de la fin du XIème siècle, à base carrée, s'élève sur le flanc sud de cette façade. Il comporte quatre niveaux. Les deux premiers niveaux sont simplement percés de petites baies meurtrières. Le troisième niveau est percé de deux baies cintrées. Enfin, le troisième niveau est percé d'une baie unique mais plus large. On trouve entre les niveaux des frises de petites arcatures.
Le chevet roman est très sobre. Son sommet est orné de petites arcatures. Les principaux éléments décoratifs sont les trois baies ébrasements garnis de colonnettes soutenant des boudins toriques. Une archivolte à redents les surmonte.
"Les trois fenêtres extérieures de l'abside sont décorées d'une abondance de sculptures qui, du nord au sud, offrent un récit itinérant de lions en griffons et d'aigles en végétaux, permettant de transiter depuis les lions de la terre jusqu'aux promesses végétales de l'arbre de la connaissance."
A l'extérieur encore, les vestiges de deux cloîtres successifs.
L'église, malheureusement fermée à mon arrivée, abrite plusieurs vierges : Notre Dame de Corneilla (la Mare de Déu de Cornellà, XIIème siècle, la vierge noire),
une vierge romane, Notre Dame de la Crêche (la Mare de Déu del Pessebre, XIVème siècle), venant de l'abbaye St Michel de Cuxa, et une Vierge romane (XIIIème siècle), de Barcelone. 
http://architecture.relig.free.fr/corneilla.htm
http://jeantosti.com/villages/corconfl.htm
L'église Saint-Saturnin de Boule-d'Amont
Bula d'Amunt fut habité dès le néolithique. Deux mégalithes en sont la preuve : les pierres plantées au Coll de les Arques, et le dolmen de Cementiri dels Moros, avec des croix et des cupules gravées sur la dalle. Il faut attendre le Xème siècle pour que se développe le village. Bula, 942, puis Bula Subirana, 1062, fut incorporé à la vicomté de Vallespir vers 990.
Au XIème siècle, Saint-Michel de Cuxa y possédait un certain nombre d'alleux. A la fin du XIème siècle, les riches propriétaires de Serrabone firent construire une église qu'ils dotèrent d'une communauté de chanoines de Saint-Augustin. Celle-ci se développa au point de nécessiter des agrandissements de l'église consacrée à nouveau en 1151. Au XIIIème siècle, Arnaud de Cortsavi y détenait des droits seigneuriaux, conjointement avec l'abbé de Saint-Michel et le prieur de Serrabonna.
L'église de Saint-Saturnin, citée en 1011, primitivement à nef unique et abside semi-circulaire, possède un chevet de tradition lombarde. Il s'agit d'une reconstruction du début du XIIème siècle. Le chevet fut construit en deux étapes, probablement la partie basse fut-elle construite au début du XIème siècle alors que la partie haute le fut lors de l'établissement des chanoines, vers la fin du siècle.
Le collatéral nord est un ajout du XVIIème siècle. La porte occidentale fut ouverte au XVIIIème siècle, remplaçant l'entrée d'origine située au sud. Les vantaux de la porte sont ornées de remarquables ferrures romanes.
L'église abrite de beaux retables baroques, une statue du saint patron, Saturnin, et une vierge en majesté qui n'est pas mentionnée dans l'inventaire. 
Elle me semble venir du XIIIème, avec son enfant moins travaillé, posé sur son giron. Cela vous rappelle quelque chose ? 
Ses mains ne sont pas démesurées, mais elle possède la majesté de ses soeurs noires, nombreuses dans la région. Serrabonne n'aurait-il pas eu une vierge noire ?
Un peu plus bas dans la vallée, la chapelle romane de Saint-Pons.
L'église Notre-Dame de la Victoire
Thuir, capitale de l'Aspre, est située aux pieds des Pyrénées. Mis à part quelques vestiges gallo-romains, sa trace remonte au Xème siècle : le premier texte connu, de 953, évoque une vente faite par un nommé Eldebrand au monastère de Cuxa. La ville, fortifiée à la fin du XIIIème siècle (une première enceinte appelée aussi "cellera" entourait déjà l'église et un château), eut à subir de nombreux assauts au fil des siècles et fut pillée tantôt par les Français, tantôt par les Espagnols.
L'église sainte Marie de la Victoire de Thuir est un édifice reconstruit sur les bases d'une église romane dédiée initialement à saint Pierre. Elle était inscrite à l'intérieur des deux remparts de la ville. De l'église initiale il reste quelques rares éléments architecturaux, comme une inscription du XIIIe siècle ou les fonds baptismaux de la même époque. La bénédiction de la première pierre eut lieu en 1785 et la consécration définitive sous le vocable de Notre-Dame de la Victoire se fit en 1816.
La nouvelle église a un côté massif, avec un large fronton auquel on accède par des escaliers montant de la place en contrebas.
A l'intérieur, une vaste nef en plein-cintre, soutenue par cinq arcs doubleaux, conduit à un chevet semi-circulaire, comme le sont aussi les absidioles des deux chapelles latérales situées devant le choeur et formant un transept.
La vierge de la Victoire
Cette statue haute de 50 cm datant de la fin du XIIème siècle, est en étain et en plomb moulé. Celle de Châteauneuf-les-Bains, dans le Puy-de-Dôme, sort du même moule.
"Bien que le revêtement métallique soit d'un poids modeste, on peut supposer que nombre d'entre elles ont été fondues. Notre-dame de Châteauneuf peut être comparée aux Vierges de Thuir (Pyrénées-Orientales), Saint-Georges-de-Batailles (Loire) et de Barcelone (Espagne).
Une légende rapporte qu'elle aurait été ramenée d'Orient par un seigneur de Montmorin St Héreme qui avait participé aux Croisades. Cachée durant la Révolution par Mme Foussat, du Got, cette vierge fut exposée en l'église St-Valentin avant d'échouer à la cure, où l'abbé Rance l'a prise pour l'installer en bonne place dans l'église."
Celle-là porte une couronne ornée de crochets et de perles, surmontée d'une sorte de boule, ce qui semble une allusion à son appellation de "Notre-Dame de la Victoire" et à une légende qui nous ramène au temps de Charlemagne.
"Charlemagne, prêt à marcher contre les Sarrasins, se trouvait dans la plaine de Thuir, et il avait placé la statue de la Vierge au milieu de son armée (on remarquera l'anachronisme fréquent dans ce type de légende). L'ennemi se trouve sur les hauteurs de Passa ; il contemple les Francs épuisés par la chaleur et par la soif, désespérés, laissant l'un après l'autre tomber leurs armes. Semblable à Moïse, l'empereur est sur le point d'être abandonné par ses troupes lorsqu'il se décide à invoquer la Vierge et à plonger son épée dans le sable d'un torrent desséché : aussitôt jaillit une source abondante qui redonne des forces aux soldats francs. Une fois désaltérés, ces derniers n'auront aucun mal à chasser l'ennemi au-delà des montagnes. Aussitôt après la bataille, Charles décide de fonder sur le lieu du miracle un monastère qu'on appellera plus tard le Monestir del Camp.
Par la suite, les Sarrasins ayant de nouveau envahi les terres chrétiennes, la statue sera cachée jusqu'à ce qu'un berger à la recherche d'une bête égarée la découvre dans un bois épais, sur l'emplacement de l'actuelle ville de Thuir qui n'existait pas encore. En hommage à cette Vierge miraculeuse, on bâtit une chapelle au milieu du bois, et peu à peu les habitants de l'ancien village de Thuir viendront bâtir leurs maisons auprès de la chapelle, sous la protection de la Vierge."
La Vierge de Thuir était l'objet d'un culte très important, et lors des cérémonies on ne manquait pas de la recouvrir de vêtements et de pierreries: un prêtre élu chaque année avait même pour mission de l'habiller et de la déshabiller. On peut penser que l'ancien manteau de soie de provenance orientale, dont l'église de Thuir a conservé quelques fragments, lui était destiné.
Si j'osais... Bon, allez, j'ose : un moule pour une vierge noire, ce serait alors un... dark moule, bien connu des amateurs de space-opéra. Oups. Aïe. Pas sur la tête.
http://jeantosti.com/villages/thuir.htm
http://www.thuir-roussillon.info/historique/notredame/notredam.htm
http://histoireduroussillon.free.fr/Villages/Histoire/Thuir.php
L'abbatiale d'Arles-sur-Tech
La première mention connue d’Arles concerne l'église Sant-Pere-de-Riuferrer, appelée au IXème siècle Sancti Petri in Arulas. Ce nom d'Arulas, qui a donné Arles, a suscité de multiples interrogations, mais on admet dans l'ensemble qu'il signifie "petits autels" (latin ara = autel), et qu'il pourrait être lié au culte des nymphes (ou autres divinités) pratiqué aux Banys .
L'abbaye bénédictine d'Arles, au cœur du Vallespir, est l'une des plus anciennes abbayes carolingiennes fondée en Catalogne, aux premières heures de la reconquête de Charlemagne (778-780).
A sa fondation par l'abbé espagnol Castellanus, l’abbaye primitive s'installe dans les ruines de thermes romains situés à l'emplacement de l'actuelle Amélie-les-Bains. Au IXème siècle, vers 881, à la suite des terribles incursions normandes, recherchant une plus grande sécurité, les moines transférèrent l'abbaye sur le site actuel, sous la direction de l'abbé Suniefred, membre de la famille comtale du Roussillon.
Cette protection de la famille comtale, puis celle des comtes de Barcelone et des rois d'Aragon qui leur succédèrent, assure privilèges, protections et donations de saintes reliques. De nombreuses donations assurent à Sainte-Marie d'Arles un essor tout particulier, la plaçant aux premiers rangs des abbayes catalanes du moyen-âge.
En 960, l’abbé Arnulfe la dote des reliques des saints Abdon et Sennen, obtenues du pape lui-même, et qui vaudront à Arles le surnom de "ville des Corps Saints". L’église subit un agrandissement du temps de l’abbé Sintillus (980-1001). Puis vint une période de grands travaux qui réalisent quasiment l’édifice actuel, consacré en 1046.
Autour de 1150, l’abbé Raymond 1er consacre 6 églises relevant de Sainte-Marie. Cette dernière est consacrée une deuxième fois en 1157. Dans le dernier quart du XIIème siècle, l’abbé fait construire un mur d’enceinte avec barbacane et tours. En 1260, l’abbé Raymond Deç Bach construit le cloître, à partir du marbre blanc de Céret et de calcaire gris à numulithes de Gérone pour les colonnettes.
A la fin du XIIIème siècle, l’église est agrandie de chapelles gothiques qui donnent sur les collatéraux. Les chapelles du nord sont surmontées au XIVème siècle d’un nouveau toit qui repose sur le mur de la nef centrale au-desus des fenêtres. Ainsi, l’église est privée d’une partie de son éclairage primitif. A la fin du XIVème siècle, les moines de l’abbaye sont sécularisés et vivent de leur bénéfice perdant en même temps l’idéal de Saint Benoit. Comme de nombreuses abbayes, Sainte-Marie connaît une longue et lente agonie.
A la révolution française, les six derniers moines quittent le monastère, et l'abbatiale devint l'église paroissiale du village tandis que ses biens et dépendances sont vendus. Signalons quand même que tous les 30 juillet a lieu la fête patronale, avec pour point d'orgue la procession de la Rodella (roue dans laquelle est entouré un long fil de cire). Cette tradition fut créé au XVème siècle et elle est toujours en vigueur aujourd'hui.
L'église est une construction à trois nefs, de type basilical, qui présente une particularité fort rare : son chevet est tourné non vers l'est, mais vers l'ouest. A l’origine, elle était couverte d’une charpente. Voûtée en berceau brisé au XIIème siècle, elle a été embellie de chapelles latérales aux XIIIème et XIVème siècles. Intérieurement, le mur de façade reçoit trois absides d'un mode architectural carolingien.
Les fresques du XIIème qui ornent l'abside de la chapelle haute présentent un Christ en majesté entouré des 4 évangélistes et au-dessous deux figures d'anges.
Des armoires à reliques sont creusées dans les piliers de la deuxième travée. Elles servaient à garder les reliques de saint Abdon et saint Sennen.
La façade comporte un portail avec un linteau de granit en forme de bâtière, portant l’alpha et l’oméga et les lettres AA. Il appartient peut-être à l’église du XIème siècle.
Le décor sculpté dans le tympan est lui du XIème et représente un Christ en gloire entouré des symboles des évangélistes, ce que l’on appelle les 4 vivants.
Au-dessus, au sommet de la façade, une série d’arcatures
caractéristiques du style lombard du premier art roman, ensemble de dix
grandes baies cintrées dont deux seulement sont à claire-voie. Cet
ensemble est surmonté par un pignon orné d'une galerie d'arcades
aveugles.
La contre–abside de l’église possède une chapelle haute située au-dessus du portail, où l’on accédait par un escalier à double volée. Cette chapelle est dédiée à saint Michel et aux archanges. Elle est décorée de fresques du XIIème siècle.
Les tours de défense du XIème siècle étaient au nombre de 4 : à l’ouest les deux clochers de l’église (un seul subsiste) , à l’ouest les deux tours de défense qui encadrent le parvis.
Le cloître
Le cloître actuel, qui a peut-être succédé à un autre plus ancien, est l’œuvre de l’abbé Ramon Desbac (1261-1303).
C’est un cloître très simple, non voûté, d’esprit gothique par son élégante légèreté.
Il est bâti en marbre blanc de Céret et en pierre de Gérone, qui permet d’élancer de fines colonnes résistantes.
La salle capitulaire s’ouvre sur le cloître par 3 baies gothiques, et servait de lieu d’assemblée à la communauté des moines.
La Sainte Tombe
La Sainte Tombe d'Arles sur Tech est un sarcophage datant du IVème siècle placé dans l'abbaye. Il en existe une dizaine d'autres en France de ce type, mais celui-ci a la particularité de produire en continu une eau pure, censée être miraculeuse. Au dessus on trouve un gisant incrusté dans le mur. C'est celui de Guillaume de Gaucelme, seigneur du Teillet, qui légua sa fortune à l'abbaye à sa mort le 10 avril 1211. Cette sculpture est attribuée à Ramon de Bianya, sculpteur au début du XIVème siècle, qui a signé deux gisants dans le cloître d’Elne.
Le sarcophage est fait de marbre bleu de Céret, taillé et sculpté d'un X entouré d'un cercle signifiant Iesous Chrestos (Jésus Christ). Il mesure 1m 88 à la base et s'évase jusqu'à 1m92 sur 50 centimètres de large au plus mince à 65 au plus large. Il est posé sur deux cales de 40 centimètres de côté.
Tout aurait commencé à une époque indéfinie, alors qu’Arles-sur-Tech était en proie à la fois à la peste, à des catastrophes naturelles et à des animaux féroces appelés "simiots". Ces animaux ont sans doute été représentés de part et d'autre de l'archivolte du portail de l'église abbatiale d'Arles. Ce seraient des singes monstrueux (en catalan simi = singe) qui auraient peuplé aux temps païens les forêts montagneuses des Pyrénées, notamment en Vallespir. Certains prétendent que ce serait des singes-lutins, sortes d'elfes très maléfiques.
Afin d'en finir avec cette série de catastrophes, l'abbé Arnulphe décide de partir pour Rome, et d'y obtenir quelque secours du pape. La suite nous est racontée par Prosper Mérimée (Notes d'un voyage dans le Midi de la France, 1835) :
"Il faut savoir qu'autrefois, je ne saurais dire précisément à quelle époque le territoire d'Arles fut infesté d'une grande quantité de bêtes feroces, lions, dragons, ours, etc., qui mangeaient les bestiaux et les hommes. La peste vint encore ajouter aux maux qui affligeaient la contrée. Un saint homme nommé Arnulphe, résolut d'aller chercher des reliques à Rome pour guérir l'épidémie et chasser les animaux féroces. Pendant longtemps ce fut l'unique remède dans toutes les calamités. Arrivé à Rome, Arnulphe exposa au Saint-père la misère de ses concitoyens et lui présenta sa requête. Le pape, touché de compassion, l'accueillit avec bonté, et lui permit de choisir parmi les reliques conservées à Rome, exceptant toutefois celles de saint Pierre et d’un certain nombre de saints, dont il eût été imprudent de se dessaisir.
Arnulphe était embarrassé pour se décider, après avoir passé tout un jour en prières, il s'endormit et eut un songe dans lequel deux jeunes hommes lui apparurent: « Nous sommes, dirent-ils, Abdon et Sennen, saints tous deux. De notre vivant, nous étions princes. La Perse est notre patrie. Nous avons été martyrisés à Rome, et nos corps sont enterrés en tel lieu ; exhume-les et porte-les dans ton pays, ils feront cesser les maux qui l'affligent. »
Le lendemain, Arnulphe, accompagné d'une grande foule du peuple, et suivi de travailleurs pourvus d'instruments convenables, fit fouiller l'endroit indiqué. On trouva bientôt les corps des deux jeunes gens, parfaitement conservés, reconnaissables pour saints à l'odeur. Il les exhuma en grande pompe, et se disposa à les emporter. Arnulphe était un homme prudent ; il pensa que, pendant le long voyage qu'il avait à faire pour retourner dans son pays, il pouvait trouver bien des gens qui voudraient s'approprier le trésor qu'il portait, car on se faisait peu de scrupule alors de s'emparer, même par force, des reliques de vertus bien constatées.
Pour détourner les soupçons, il mit ses saints dans un tonneau enfermé dans un autre beaucoup plus grand, qu'il remplit d'eau. Dès qu'il fut en mer, les matelots firent un trou au tonneau, croyant qu'il contenait du vin ; mais, s'étant aperçus qu'il n'y avait que de l'eau, ils ne poussèrent pas plus loin leurs recherches. Je passe rapidement sur les événements du voyage, tempêtes apaisées, vents favorables et le reste. Arnulphe, débarque à Reuss avec ses reliques en double futaille, entendit toutes les cloches sonner d'elles-mêmes et se garda bien d'expliquer la cause de la merveille.
Le chemin de Reuss à Arles était alors extrêmement mauvais et praticable seulement pour les mulets. Le tonneau est donc chargé sur un mulet, et le saint homme, avec un guide, se met en route. Dans un sentier dangereux, bordé d'affreux précipices, le muletier, homme grossier et brutal, crut qu'il fallait donner du courage à sa bête et lâche un gros juron. Soudain, le mulet tombe dans le précipice et disparaît. On juge du désespoir d'Arnulphe. Retrouver le mulet était impossible ; retourner à Rome en quête d'autres reliques ne l'était pas moins. Il prit le parti de poursuivre sa route et de rentrer dans sa ville natale. Quelle est sa surprise et sa joie en rentrant à Arles, d'entendre sonner les cloches et de voir, sur la place de l'église, tout le peuple à genoux entourant le mulet et son tonneau qui avait déjà opéré la guérison des pestiférés et fait déguerpir les lions et autres bêtes féroces.
Arnulphe tira d'abord les saints de leur tonneau et quant à l'eau, il la versa bonnement dans un tombeau vide pour s'en débarrasser, où un lépreux, qui vint s'y laver fut guéri dans l'instant. D'autres malades vinrent bientôt constater la vertu de cette eau miraculeuse.
Le mystère est soit-disant résolu par la zététique. Malgré tout, j'ai ressenti une belle énergie. Peut-être la ferveur populaire ?
http://histoireduroussillon.free.fr/Thematiques/Batiments/Histoire/AbbayeSteMarieDArles.php
http://notes.romanes.free.fr/images/catalan66/arles/cadre.htm
http://dieuetcreation.blogs.nouvelobs.com/archive/2008/04/26/eau-miraculeuse-de-la-sainte-tombe.html
11 mai 2008
Le Pont de Céret, dit "Pont du diable"
"Anciennement, dit la légende, Céret ne communiquait avec la rive gauche du Tech qu'au moyen d'une simple passerelle de planches posées sur de gros cailloux. Au moindre orage, les eaux emportaient ce pont rudimentaire." Il fallut un nouveau pont.
Construit entre 1321 et 1341, d'une portée d'arc de 45,45 mètres, 4 mètres de largeur, la distance de sa clef de voûte au niveau des eaux ordinaires est de 22,30 mètres. Il fut à la base de la légende du diable à qui il doit son nom. Ce n'est pas vraiment un lieu sacré, mais le diable n'est pas là pour rien...
La légende du pont du Diable
Nous sommes au XIVème siècle. A cette époque les deux rives du Tech étaient joints par un pont de bois régulièrement emporté par les crues de ce fleuve côtier si imprévisible.
Il vint un jour aux cérétans une idée fort naturelle : faire un pont solide en maçonnerie; mais les rives du Tech étaient fort escarpées, à quelle endroit le construirait-on ? On manda les ingénieurs du pays qui, après une sérieuse inspection des lieux, déclarèrent le projet irréalisable. L'un d'eux pourtant, après bien des hésitations, alléché par la grosse somme offerte, se chargea de l'entreprise et prit l'engagement de l'amener à bonne fin dans un an. Notre ingénieur dressa les plans, tandis que les habitants se mirent en mesure de réunir l'argent promis. Les travaux commencèrent et furent poussés rondement. Bientôt les deux culées se dressèrent au Grau d'Exala. Les charpentiers établissaient l'échafaudage de la voûte. Malheur ! Un gros orage survint qui fit déborder le fleuve de ses rives; les eaux emportèrent culées et échafaudages ! Les cérétans, très contrariés, crièrent après l'ingénieur qui, cependant, n'eu pas de peine à leur faire comprendre qu'il n'y avait pas de sa faute. Pour se remettre à l'ouvrage il demanda 5000 ducats de plus. Il les eut. Six mois après le pont enjambait le Tech avec son grand arc de pierre, en une semaine tout allait être fini. Les cérétans jubilaient et félicitaient l'ingénieur.
Tout à coup on entendit un terrible et long craquement : les claies de l'échafaudage se rompirent, la voûte s'écroula, plus de pont ! La colère des cérétans fut à son comble. Ils accusèrent l'ingénieur d'être l'auteur de tout le mal et lui signifièrent, par la bouche de leurs consuls, qu'il aurait à relever le pont dans un délai de six mois, et cela sans nouvel appel à leurs bourses, ou ils le pendraient haut et court.
Le pauvre ingénieur se remit au travail; ce qu'il sua et trima Dieu seul le sait. Cependant le jour fixé, jour fatal, approchait. La veille tout allait bien, mais de larges nuages se traînaient sur les cimes du Boularic, puis descendirent dans la vallée. Un vent froid, rapide, violent, se précipita et tourna dans la plaine; le tonnerre gronda, les éclairs déchirèrent les nuages : c'est un orage, une tempête, une trombe d'eau ! Le fleuve descendit à grand bruit, se gonfla, gorgea les berges, emporta tout ce qui lui faisait obstacle. Le pont de Cérêt n'était déjà plus ! L'ingénieur désespéré pris la fuite par les sentiers de montagne. Tout à coup une espèce d'homme, grand, maigre, sec, le saisit par le bras.
- "Où vas-tu ?"
- "Que t'importe; laisse-moi passer"
- "Je sais qui tu es et je veux te sauver"
- "Et toi, qui es-tu ?"
- "Que t'importe; laisses moi faire. Ce soir à minuit, le pont sera relevé; seulement je met une condition : tu me livreras le premier vivant qui le traversera."
L'ingénieur tressailli de frayeur; reconstruire le pont en quelques heures ! Le Diable seul était capable d'un pareil effort.
- "Et bien que dis-tu de cela ?"
- "J'accepte", murmura l'ingénieur.
Aussitôt une forte odeur de soufre se répandit dans l'air et l'homme disparut; cet homme c'était bien le diable en personne.
Lui parti, l'ingénieur regagna furtivement sa demeure à la faveur des ténèbres. Là, il se mit à réfléchir sur son aventure. Que faire ? Vers onze heure, alors que tout reposait en silence de la nuit, il sortit de chez lui et se dirigea vers le Tech; il portait sur son dos un sac de toile dont le Diable lui-même n'aurait deviné le contenu. D'ailleurs celui-ci était fort occupé en ce moment. En effet, fidèle à la parole donnée, il travaillait avec ardeur à la reconstruction du pont, entassant les matériaux avec l'habileté d'un maître maçon. Notre ingénieur le vit et se blottit derrière un rocher de la rive. Onze heure et demie ! La voûte maintenant se dessinait sous les pâles rayons de la lune qui venait de monter sur la crête de l'Albère.
Minuit sonne ! Aussitôt notre ingénieur, qui s'était mis au bout du pont, ouvre le sac d'où s'échappe un chat noir dont la queue traîne une casserole en fer. Le Diable pose la dernière pierre, la clef de voûte; il la laisse échapper pour mettre la main sur ce premier passant, qu'il prend pour un chevalier faisant sonner son armure. "Trompé, trahi", s'écria t-il en saisissant le matou ! Et il disparut, laissant le pont inachevé.
Il est resté tel, car tout le savoir des ingénieurs n'a pu réussir à fixer la pierre qui manque.
http://histoireduroussillon.free.fr/Decouvrir/Legendes/PontDeCeret.php
Amélie-les-Bains
Le lieu semble avoir été occupé dès l'âge du fer : des blocs de gneiss découverts étaient gravés de signes de cette époque. On a trouvé aussi au siècle dernier, dans la partie dite Lo Gros Escalador, des plombs gravés qui ont fait couler beaucoup d'encre (ils seraient dédiés à des divinités au nom mystérieux, Kantae Niskae, si l'on en croit la fameuse inscription "KANTAS NISKAS ROGAMOS ET DEPRECAMUS").
Les Romains y construisirent des thermes, les "Aquae Calidae", dont subsistent une salle voûtée et une petite piscine.
Plus tard, au VIIIème siècle, vers 780, fut érigé un monastère dédié à la Vierge (Santa Maria del Vallespir), par un certain Castellan, vraisemblablement au sein même des thermes antiques.
Cependant, les raids Normands au IXème siècle mènent les moines à déplacer leur monastère à Arles-sur-Tech.
Les Bains vont dépendre de l'abbé du monastère transféré à Arles jusqu'en 1237, date à laquelle le seigneur du Roussillon et du Vallespir, Nunyo-Sanche, en fait l'acquisition. Les abbés firent construire une église consacrée à St Quentin (sant Quintí). C'est ainsi que, protégés par des abbés, les bains d'Arles se transformèrent en ville prospère durant le Moyen-age.
L'église romane du XIIème siècle a été démolie vers 1870. L'église actuelle du village date de 1868 pour le début de la construction, mais ne fut consacrée qu'en 1871 sous le nom de Notre Dame de Vie et dédiée elle aussi à saint Quentin. C'est un édifice construit dans un style qui se veut médiéval, avec une étrange tourelle surmontant la façade.
Notre-Dame-de-Vie
La vierge romane, Notre-Dame-de-Vie, est une vierge de majesté du XIIIème siècle qui provient de l'ancienne église. L'enfant est assis sur l'avant bras gauche replié de la vierge, ses pieds reposant sur ses cuisses.
Sa polychromie est traditionnelle, rouge et verte. Ses mains sont démesurées, elle est assise sur une cathèdre, l'enfant parait plus agé. Nul doute, c'est bien une vierge noire.
Il existe d'autres chapelle sur le territoire : la chapelle Saint-Joseph, celle de Saint-Félix (XIème siècle), et un oratoire, celui de la source de la Madone.
http://jeantosti.com/villages/amelie.htm
Wikipédia
http://histoireduroussillon.free.fr/Villages/Histoire/AmelieLesBains.php












