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Posté par madame_dulac à 19:03 - Commentaires [47] - Permalien [#]
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05 août 2016

Chapelle Saint-They de Plouhinec

 

Plouhinec 3Entre le petit port de Pors-Poulhan et la plage aux eaux turquoise de Gwendrez la bien nommée (en breton, drez : sable, gwen : blanc), à deux pas du site préhistorique du Menez Drégan, blottie au creux d’un vallon, se tient une petite chapelle dédiée à saint They.

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-They 3Pas de voiture dans ce havre de paix, seul un petit chemin bucolique nous y mène. 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-They 15L’édifice est bordé par le ruisseau qui s’en va rejoindre la mer en glougloutant.

 

Plouhinec 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-They 12Datée du XVIe siècle, remaniée au XVIIe, la chapelle de plan rectangulaire très simple possède un petit clocheton à dôme érigé au sommet du pignon occidental. Une inscription au-dessus de la porte ouest indique probablement le nom du maitre d’œuvre qui refit des travaux et la date : « GVILLAVME 1676 ».

 

Plouhinec Saint-They 13

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-They 4C’est de cet endroit que partait autrefois une procession, tous les premiers dimanche de juillet après les vêpres, jusqu’au phare de Pors-Poulhan où se déroulait la bénédiction de l’océan.

Plouhinec Saint-They 14

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-They 6Au sud de la chapelle, à l’intérieur du placitre, se tient la fontaine de dévotion, dédié elle aussi à saint They.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-They 7Comme la chapelle, la petite construction avec un toit en bâtière et une niche en plein cintre date du XVIe siècle. Elle fut restaurée en 1974.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-They 10La niche abritait une statue du saint que l’on revêtait d’un manteau blanc lors du pardon. Elle fut volée en 1986.

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-They 9L’eau s’écoule de la fontaine dans un bassin rectangulaire puis va se jeter dans le ruisseau qui borde le mur est du placitre. Cette eau, d’après les anciens, avait le pouvoir de guérir les rhumatismes et les mères venaient y plonger leurs enfants en retard pour marcher.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-They 8Bien plus encore, la légende raconte que la fontaine pouvait prévoir l’issue de la maladie d’un petit enfant : si sa robe de baptême, jetée dans le bassin lors du pardon, flottait, il allait guérir. Si elle coulait, il allait mourir.

 

 

 

 

 

 

Saint Guénolé 2Mais qui était ce saint They, fêté le 7 juillet ? On sait peu de choses en vérité. Moine de l’abbaye de Landevennec, disciple de saint Guénolé (celui-là même qui conseilla au roi Gradlon d’abandonner sa fille Dahut lors de l’engloutissement de la ville d’Ys), il aurait vécu au début du VIe siècle, venant probablement de Cornouailles ou du Pays de Galles, fuyant les Saxons. Il est encore vénéré là bas, sous le nom de saint Dey. Une légende se rattache à lui, celle du roi Conomor. 

 

 

 

 

Plouhinec Domnonée 1Ce roi de Domnonée, aussi bien armoricaine que de l’ile bretonne, comte du Poher, ayant vécu au VIe siècle, est appelé dans « La Vie de saint Paul » le roi Marc, ou de son nom complet de Britto-Romain Marcus Quonomorius.  Cet allié du roi de France Childebert a beaucoup fait parler de lui. Assimilé au roi Marc’h de la légende arthurienne, mais aussi à Barbe-Bleue des contes pour enfants, il est parfois porteur d’oreilles de cheval.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-SamsonAu Pays de Galles, il est appelé  Cynmawr (de kon, le chien, et meur, grand), ce qui fait de lui, en plus de ses oreilles, le dépositaire du symbole des psychopompes de l’ancienne religion celte. Mais c’est en Bretagne qu’il traine la plus mauvaise réputation, certainement liée à ses démêlés avec Clotaire lorsqu’il prit parti pour son fils Chramn. Saint Gildas n’apprécia guère, saint Samson non plus, ce qui lui mit la puissante église à dos. Les mauvaises langues terminèrent l’affaire :

 

 

 

 

 

 

 

La légende bretonne du roi Conomor

 

Plouhinec roi Marc 4aLe souverain des deux  Domnonée, Conomor, comte de Poher et prince de Cornouaille, était d’une méchanceté sans borne, cruel et sans aucune pitié. Il avait déjà été marié à quatre jeunes femmes, qu’il avait tuées alors qu’elles étaient enceintes. En effet, Conomor avait peur… Une prédiction lui avait assuré qu’il serait tué par son propre fils. Il prenait alors les devants en tuant ses enfants avant qu’ils ne naissent. Un jour qu’il visitait l’ancienne cité du peuple Vénète, et pour son malheur, il tomba amoureux d’une jolie jeune femme, Tréphine, fille du roi de Bro Ereg, Waroch Ier. Il fit sa demande, mais sa réputation l’avait précédé. La princesse, qui était très pieuse, refusa d’épouser un homme que l’on disait maudit.

 

 

 

 

 

 

 

plouhinec sainte Tréphine 4aConomor lança alors ses troupes contre le royaume de Waroch et Tréphine dut se résoudre à accepter le mariage afin d’épargner son peuple. Elle vécut dans le château de son mari, à Carhaix, priant pour qu’elle échappe à la mort. Conomor partant souvent en guerre, elle réussit à lui  cacher la naissance de son premier fils, qu’elle appela They. Elle put l’envoyer au monastère de Rhuys, chez son père spirituel, Gildas, qui l’éleva. Elle tomba à nouveau enceinte, et cette fois-ci, ne put cacher la fin de sa grossesse à son mari qui revenait d’une nouvelle bataille lointaine. Terrifiée, elle s’enfuit jusqu’à Rhuys où elle accoucha de son deuxième fils, qu’elle appela Trémeur, qui veut dire « grande victoire ».

 

 

 

 

 

 

plouhinec sainte Tréphine 2aConomor, trouvant son château vide, demanda où était sa femme. Quand on lui raconta qu’elle était partie chez les moines afin de prier, il ne l’entendit pas de cette oreille, qu’il avait très pointue dit-on. Il poursuivit sa femme jusqu’au monastère, et là, d’un grand coup d’épée, il la décapita. Soulagé, il repartit chez lui. Gildas, qui déjà faisait des miracles, prit la tête de sa jeune disciple, la remit en place, et la fit revenir à la vie. Elle fut plus tard vénérée comme la sainte patronne des enfants malades.

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-Trémeur 2aLes deux enfants restèrent au monastère de longues années. Ils devinrent moines, vivant de prière et de labeur, sans se douter que Conomor, ayant eu vent de leur existence, était en route pour les tuer. Il arriva au monastère un 8 novembre, entra telle une furie dans l’enceinte monacale, et comme il le fit pour leur mère, les décapita tous les deux. Soulagé, il repartit chez lui. C’est alors que les deux jeunes hommes, prenant leur tête dans leurs bras, prirent le chemin côtier et rejoignirent un bateau amarré sur la plage de Men Maria.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Saint-Trémeur 1They, voulant avoir les mains libres pour hisser la voile, remit sa tête sur son cou. Elle se réajusta parfaitement et le bateau prit le large. Tremeur, voulant imiter son frère, essaya à son tour. Mais le vent, devenu trop fort et levant d’énormes vagues, l’en empêcha. Il garda donc sa tête dans ses bras jusqu’à la fin de leur voyage. Ils abordèrent dans une petite anse du cap Sizun et s’installèrent près de Cleden où ils construisirent leur ermitage.

 

 

 

 

 

 

 

Plouhinec Childebert 1Qu’advint-il de Conomor ? Certains disent qu’il périt écrasé par les pierres de son château qui s’écroula le jour où Tremeur jeta sur ses murailles une poignée de terre. D’autres disent qu’il était monté sur le trône après avoir tué le roi, son propre frère Iona, et épousé sa veuve, qui fut donc la première d’une longue liste d’épouses. Son neveu Judwal, qu’il voulait occire à son tour afin de rester seul maitre à bord, réussit à s’enfuir et après s’être réfugié au monastère de saint Lunaire sur les bords de la Rance, il demanda asile auprès de Childebert, roi des Francs (qui, lui aussi meurtrier, égorgea ses neveux). Bien plus tard, soutenu par saint Samson, il affronta son beau-père dans les monts d’Arrée pour recevoir son héritage. Après deux batailles infructueuses, il réussit à le tuer d’un coup de lance. La prophétie fut réalisée malgré tout…

 

C‘est curieux chez les bretons ce besoin de faire des légendes…  Nous avions les saints sauroctones fondateurs de la Bretagne, nous voilà cette fois avec des céphalophores.

 

http://audierne.info/la-chapelle-st-they/

http://www.argedour.bzh/une-chapelle-en-finistere-st-they-plouhinec/

http://audierne.info/la-chapelle-st-they/

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01 août 2016

La chapelle de Languidou de Plovan

 

Plovan Nerizellec 1Située au milieu de la baie d’Audierne, la commune bigoudène de Plovan, proche de la côte marécageuse et de l’étang de Kergalan, abrita autrefois une communauté galloise venue se réfugier en Bretagne en raison des invasions saxonnes. Peut-être parmi eux un certain Ozvan, ou Boduann, qui donna son nom au village (ploe veut dire paroisse primitive en breton, auquel on ajouta l’hagionyme). 

 

 

 

 

 

Plovan st Gorgon 3La première église fut dédiée à saint Gorgon, un obscur martyr romain du IVe siècle. Si la commune voisine de Belz tient son nom du dieu Belenos, moi je dirais que ce saint ressemble beaucoup à son fils Gargan, de qui un certain Rabelais fit un bon gros géant.

Plovan st Gorgon 1aa

 

 

 

 

 

Gargantua 1Qui fut Gargantua ? En langue celte, gar = pierre, gan = géant, grand, et tua = celui, l’être, l’homme, ce qui donne celui de la pierre géante. Gargan, Avatar du dieu Lug, ou bien  fils de la déesse Belisama et du dieu Belenos, ou bien le Dagda irlandais, en tout cas l'un des 3 aspects du dieu soleil dans sa forme représentant le couchant (le soleil caché, dont le symbole est la grotte). De nombreuses légendes lui attribuent la paternité des monts, des rochers, des grottes, des mégalithes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Anubis 1Le Mont Saint-Michel fut un mont Gargan, le Santuario di Monte Sant'Angelo sul Gargano en Italie lui fut dédié, pour ne parler que des plus célèbres. Et si certains pensent que Gorgon provient de gour, l’homme, et de kon, le chien, ils n’ont pas vraiment tort : l’homme-chien, Anubis, fut l’un des représentants de cet archétype, comme l’archange Mikaël qui lui aussi pèse les âmes.

 

 

 

 

 

 

Languidou 1Proche de Plovan, dominant le petit ruisseau allant se perdre dans l’étang de Kergalan, se trouve la chapelle de Languidou. Là encore un peu de toponymie : lann, en breton, signifie établissement monastique.

 

Languidou 16

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Languidou plan 1Guidou provient de Kido, qui devint Kideau, Quido, Quidou, Guidou, Guido, un saint breton mal connu, qui fut remplacé au XVIIIe siècle par saint Guy. Languidou serait simplement l’ermitage de Guidou. Une autre thèse parle de saint Citiaw, devenu Kijaw, Quijou. Celui là était compagnon de saint Corentin, l’un des 7 saints fondateurs de la Bretagne, tous plus ou moins gallois et sauroctones.

 

 

 

 

 

 

 

 

Languidou 17La chapelle fut peut-être construite au milieu du XIIIe siècle (date encore incertaine), probablement sur les fondations d’un ancien édifice, en bordure d’un ruisseau et à côté d’une fontaine de dévotion dédiée au fameux saint Gorgon.

 

Languidou fontaine 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Languidou 19Deux stèles préchrétiennes de l’âge du Fer encore debout dans le placitre (terrain délimité par un mur, entourant les chapelles et les fontaines bretonnes) attestent de l’ancienneté du lieu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Languidou 6La taille de la chapelle, la qualité des sculptures et la présence d’une grande rosace laissent à penser que Languidou fut bien plus qu’une simple chapelle locale.

 

Languidou 4

 

 

 

 

 

Languidou inscriptions 1Deux chapiteaux portent des inscriptions gravées en latin. La première mentionne le maitre d’œuvre, Auffray Gurrec, et la seconde le chanoine Guillaume (mentionné dans le cartulaire de Quimper dans les  années 1160 mais aussi vers le milieu du XIIIe siècle) et Yves de Revesco, tout deux commanditaires de cette église dédiée à saint Quidou : « Auvredus Gurreu Hoc Opus Fecit » et « Guillemeus canonicus et Yvo de Revesco aedificaverunt istam ecclesiam ».

 

 

 

 

Languidou 13aC’est de l’époque de sa première restauration, vers la fin du XIVe siècle ou début du XVe, que datent la rosace, placée sur le chevet plat typique de l’école de Pont-Croix, et l’oculus de la façade occidentale.

 

Languidou 10

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Languidou 21En 1794, la chapelle fut vendue comme bien national, et fut démantelée afin de fournir des pierres pour la construction d’un un corps de garde utilisé par les douaniers qui surveillaient la côte. La chapelle fut classée Monument Historique en 1908, les ruines furent ensuite consolidées dans les années 1960, d’une façon peu orthodoxe.

 

Languidou 23

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Languidou plan 4bLa chapelle, de plan classique, comportait une nef non voûtée à quatre travées, des bas-côtés, et un chœur à trois travées terminé par un chevet plat. Construite en prasinite (roche métamorphique très résistante) pour les parties les plus anciennes et en granite, elle mesurait 22m de long sur 13m de large.

 

 

 

 

 

 

 

 

Languidou 9Les chapiteaux qui nous restent sont ornés de sculptures géométriques, dont une, très alchimique, est formée du sceau de Salomon (union de deux triangles, masculin et féminin) au centre duquel se trouve une rose à 6 pétales (début du parcours), le tout à l’intérieur d’un cercle, comme une fleur de vie.

 

 

 

 

 

Languidou 14Le chœur comporte encore les élévations de trois arcades en plein cintre, supportées par des piles cantonnées de quatre, six ou huit colonnettes fines et engagées, reposant sur des bases circulaires. Seule l’une d’entre elles est de forme carrée.

 

 

 

 

 

 

Languidou 7Le maître-autel est placé sur deux degrés fut certainement reconstruit à partir d'éléments épars. Deux autres pierres d'autel dans le prolongement des bas-côtés indiquent la présence de cours d'eau souterrains. 

 

Languidou 12

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Languidou 18Sur la façade méridionale, très remaniée, se trouvent les restes d’un ancien portail dont l’emmarchement est une pierre tombale probablement rapportée du placitre qui servit de cimetière pendant des années, celui de l’église de Plovan étant très petit.

 

 

 

 

 

 

http://1fluences.fr/languidou-architecture.php

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_de_Languidou

http://patrimoine-plovan.blogspot.fr/2014/03/un-eclairage-sur-les-origines-de-plovan.html

http://objectif-cap-sizun-polynesie.over-blog.com/article-32431234.html

http://www.hautpaysbigouden.com/carto/pictos/chapelles_voir.php?id=1063&base=othpb3&lang=fr

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26 juillet 2016

l'ile de Saint-Cado

 

Saint-Cado,  historique

 

Belz Etel 1aLe petit fleuve côtier appelé l’Étel creusa jadis une vallée profonde. Aujourd’hui, avec la montée des eaux, la vallée est devenue un aber (mot celtique signifiant estuaire), plus couramment nommé ria, c’est à dire une vallée envahie par la mer à marée montante. La ria d’Étel, Stêr an Intel en breton, forme une petite baie parsemée d’ilots à son embouchure, près de Belz, dont le nom provient du dieu celte Belenos, le brillant.

 

 

 

 

 

 

 

Belz 2aSur la commune de Belz, sur le site de Kerdruellan, fut retrouvé un champ de menhirs d’une soixantaine de pierres, qui font entre 60 cm et 2 m. Des haches de bronze, des bijoux en or, attestent de l’occupation ininterrompue du site depuis fort longtemps.

 

 

 

 

 

 

Belz Etel 2C’est sur l’un des ilots de la baie, selon la légende, que vint s’installer saint Cado au début du VIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Belz st Cado 2aSaint Cado (Cadou, Cadoc, Catuod, Catoc, Cazout, Cadochus, Catuog, Cadfan, Kadvaël ou Kadvoz), serait né en 522  dans le Glywysing, ancien royaume du sud-est du Pays de Galles, fils du roi saint Gwynllyw, et de son épouse sainte Gladys. Le prénom serait issu du mot gallois « cat », le combat (peut-être est-ce l’explication du fait qu’il soit devenu le saint patron des lutteurs).

 

 

 

 

 

 

Belz st cadoc 1Cado, après avoir reçu l’éducation qu’il convenait d’avoir en tant que fils de roi, refusa de suivre ses ancêtres dans une vie guerrière et préféra la vie monastique. Il fonda de nombreux monastères dont l’abbaye de Llancarfan, où son hagiographie fut écrite au XIe siècle (l’abbaye forma saint Brandan, saint Gildas et saint Malo entre autres).

 

 

 

 

 

 

Belz Saint-Cado plan1A la suite des persécutions saxonnes, il vint se réfugier en Bretagne avec nombre de ses confrères et s’installa en ermite sur une petite ile de la rivière d’Étel. Une légende raconte qu’il en chassa tous les serpents (depuis, il n'y a plus un seul serpent dans la région de Beltz, dit-on).

 

 

 

 

 

 

Belz Saint-Cado 8Il se consacra alors à l'évangélisation du pays. Il bâtit un oratoire sur son ile, où les fidèles, de plus en plus nombreux, virent l’écouter. Lassé de voir les frêles embarcations chavirer entre l’ile et le continent, il décida de construire un pont. C’est l’épisode de son miracle le plus connu, que je vais vous conter :

 

 

 

 

 

 

Belz St Cado 1Cado reçut un soir la visite du Diable qui lui proposa de l’aider à bâtir le pont. Se vantant, il lui dit qu’il serait fini avant le lendemain matin. Il ne demandait qu’une petite chose en échange, l’âme de la première créature vivante qui le traverserait. Cado accepta. Le Diable, aidé par sa mère, avait presque terminé l’ouvrage à l’aube. Cado, caché près d’un rocher, envoya un chat sur le pont, et la bête traversa.

 

 

 

 

 

Belz pont lorois 1Le Diable, berné, entra dans une colère noire et voulut détruire son œuvre. Mais il ne put le faire, car le saint l’avait déjà béni… Il hurla à sa mère, qui transportait les dernières pierres, de les jeter dans le courant, ce qu’elle fit. Ce sont aujourd’hui les deux rochers formant l’étranglement de Pont-Lorrois.

 

 

 

 

 

Belz Saint-Cado 1Là, deux versions de l’histoire. La première parle de Cado qui, voulant empêcher le Diable de détruire le pont en se battant avec lui, glissa sur le rocher où son pied laissa une trace. La deuxième raconte que Cado, voyant le Diable en pleine déconfiture, rit tant qu’il perdit l’équilibre et glissa.

 

Belz Saint-Cado 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Belz Saint-Cado 3Quoi qu’il en soit, la marque de son pied sur le rocher s’appelle aujourd’hui la « glissade de saint Cado », et les gens, autrefois, ne passaient pas devant sans s’incliner. La trace fut protégée par une grille et une croix y fut érigée, devenue le calvaire de Pen-er-Pont. Moi je dis… avant d’aller chercher plus loin, se poser devant cette croix.

 

Belz Saint-Cado 4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Belz Pays de Galles

Si c’est pas de la pure énergie de dragon, ça ! Et encore une fois un gallois, saint et sauroctone, maitrise la bête. Pourtant celui là ne fait pas partie des 7 fondateurs de la Bretagne. Ah oui, j’oubliais : le drapeau du Pays de Galles s'appelle le dragon rouge, « Y Ddraig Goch » en gallois. Souvenons-nous d’Uther Pendragon et des fondations de son château ébranlées par le duel du dragon rouge et du dragon blanc.

 

 

 

 

 

 

Belz st-cado-llancarfan 1aAprès cet épisode, Cado partit en Palestine, puis au retour, s’arrêta à Rome où le pape le fit évêque. Il retourna ensuite au Pays de Galles, dans son abbaye de Llancarfan où il mourut en martyr, tué par les saxons. La Bretagne garda son souvenir, et dans les chapelles qui lui sont dédiées, il est invoqué pour guérir les maux d’oreilles, les rhumatismes, les plaies et ulcères, les écrouelles, les furoncles, l’eczéma et autres maladies de la peau.

 

 

 

 

 

Belz Saint-Cado 22L’ermitage de saint Cado devint monastère, « Sancti Catuoedi monasterium », mais, malgré les dons des seigneurs locaux, il n’arriva pas à se suffire à lui-même.  En 1089, le duc de Bretagne Alain IV le met donc sous l’égide des Bénédictins de l'abbaye Sainte-Croix. Le petit monastère devint alors simple prieuré dépendant de Quimperlé. Les moines construisirent une chapelle prieurale dédiée à saint Cado, et aussitôt un pèlerinage se mit en place.

 

 

 

 

 

La chapelle

 

Belz Saint-Cado plan 3a

La chapelle actuelle, mesurant 16m sur 10m, restaurée en 1959, date du XIIe siècle. De plan classique, elle comportait une nef à 3 travées, deux bas-côtés et une abside semi-circulaire en cul de four prolongeant la nef, entourée de deux absidioles qui ont disparu. La sacristie et la chapelle sud furent rajoutées en 1842.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Belz Saint-Cado 18Cette sacristie, vraisemblablement construite sur un ancien bâti, est collée au portail roman méridional du XIIe siècle, en plein cintre, abrité sous un porche moderne.

 

Belz Saint-Cado 19

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Belz Saint-Cado 17Le portail occidental à anse de panier sous une accolade, surmonté d’un oculus, date du XVIe siècle. Les bancs de pierre engagés le long des murs extérieurs servaient au repos des pèlerins.

 

 

 

 

 

 

Belz Saint-Cado 29Le chœur, à charpente apparente, est éclairé par trois fenêtres. Deux d’entre elles, en plein cintre, datant du XIIe siècle, furent occultées et rouvertes lors des travaux de 1959.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Belz Saint-Cado 33Sur la droite on remarque une porte maintenant bouchée. Elle donnait probablement sur un cloître qui n'existe plus.

 

 

 

 

 

 

 

Belz Saint-Cado 34Un escalier en pierre du XVIe siècle monte jusqu’à la tribune. Restaurés en 1954, les panneaux en bois sculpté de style gothique flamboyant datent du XVIème siècle. Si un amateur de géométrie sacrée veut bien se donner la peine…

 

 

 

 

 

 

Je commence le travail descriptif : les motifs sont supportés par 4 colonnes surmontées de 4 trous en forme de larme. Le premier motif, rond, est un quadriskell dextrogyre. Il possède en tout 8 trous dont 4 trous ronds et 4 trous en cœur. Le deuxième, rond, est sénestrogyre et possède 8 trous en forme de larme. Le troisième, rond, sénestrogyre, possède 16 trous, dont 8 trous ronds et 8 trous en forme de larme. Le quatrième, carré, possède une fleur centrale à 4 pétales, et 12 trous en larme, dont 4 gros et 8 petits. A vous les studios.

Belz Saint-Cado 40

Belz Saint-Cado 27La nef est séparée des bas-côtés par des arcades en plein cintre reposant sur des piliers carrés et du chœur par une arcade en plein cintre retombant sur des colonnes engagées, à chapiteaux décorés de feuillages et de crossettes. La plupart des baies en plein cintre l’éclairant, longues et étroites,  furent condamnées.

 

 

 

 

 

 

Belz Saint-Cado 28Dans l’église se trouvent plusieurs statues intéressantes, dont une piéta du XVe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Belz Saint-Cado 26Au mur se trouvaient 4 tableaux devant dater du XVIIe siècle représentant divers épisodes de la vie de saint Cado. Les tableaux ont disparu, mais le texte peint au-dessus est resté :

Anglois de nation, prince de Glamorgan, puis abbé, vient, débarque et réside céans.     

Les jugements de Dieu sans cesse méditant, c'est ainsi, pèlerins, qu'il a vécu céans. 

Aux pirates pervers en ce lieu l'assaillant, il dit : « Je suis sans biens, solitaire, céans ».   

« Oratoire, mon œuvre, adieu, dit-il, pleurant, Belz, t'oublierai-je ? Non ». Il cyngla de céans. 

 

Le lit de saint Cado

 

Belz Saint-Cado 35Dans la chapelle sud se trouve un assemblage de blocs de pierre que l’on appelle le lit de saint Cado. Les pierres de la base sont en petit appareil alors que les pierres du dessus sont bien plus importantes.

 

 

 

 

 

 

Belz Saint-Cado 39La plus grosse pierre, grise, est gravée d’une croix de consécration, laissant imaginer qu’elle servit un jour d’autel.

 

Belz Saint-Cado 38

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Belz Saint-Cado 36Aurait-elle pu servir à autre chose, dressée dans la terre, bien avant toutes ces histoires à dormir debout… à défaut de s’allonger sur le lit de Cado (peut-être même que le monde onirique se rapproche bien plus de la réalité que ce triste monde d’ici-bas) ?

 

 

 

 

 

 

Belz Saint-Cado 37Une deuxième pierre, rouge, prolongée par un « oreiller », est située au-dessus d’un espace vide, où les pèlerins désirant retrouver l’ouïe introduisaient leur tête afin d’appliquer leur oreille sur la pierre du fond. Selon la légende, ils étaient guéris quand ils entendaient le bruit de la mer. Peut-être pourrions-nous même entendre bien plus, partant de l’écoute pour aller dans l’entendement ?

 

 

 

 

 

Le calvaire

 

Belz Saint-Cado 23La chapelle conventuelle était située dans un enclos entouré d’un muret qu’on appelait le « placitre » et dans lequel se trouvait souvent un calvaire.

 

 

 

 

 

 

 

Belz Saint-Cado 25Erigé en 1822 sous l’instigation du curé de Belz, l’abbé Joseph Marec, celui de Saint-Cado possède trois larges escaliers menant sur une plateforme délimitée par 4 piliers carrés surmontés de pinacles ornés de têtes d’anges et de langues de feu en relief.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Belz Saint-Cado 24La croix, érigée au centre de la plateforme, présente d’un côté le Christ, et de l’autre la Vierge Marie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La fontaine Saint-Cado

 

Belz Saint-Cado 10En contrebas de la chapelle, vers l’est, quelques marches d’escalier construites en 2004 conduisent à la fontaine de dévotion dédiée à saint Cado.

 

 

 

 

 

 

 

Belz Saint-Cado 11Erigée au XVIIe siècle, restaurée en 1936, elle est protégée de la mer par un enclos de pierre. En effet, chaque marée montante envahit l’enclos, et l’eau monte jusqu’au bassin.

 

Belz Saint-Cado 12

 

 

 

 

 

 

 

 

Belz Saint-Cado 16Ce petit bassin, carré, se trouve sous un édifice voûté en plein cintre, surmonté d’une croix d’allure celtique plus récente au centre de laquelle est sculptée une crucifixion.

 

Belz Saint-Cado 13

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Belz Saint-Cado 15Au fond de la niche, une statue de saint Cado récente.

Belz Saint-Cado 14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Belz Saint-Cado fontaine 2


L’îlot de Nichtarguér

Belz N 2En face du pont de Saint-Cado, un îlot émerge du fleuve côtier Étel. Minuscule petit bout de terre de 25 mètres de diamètre à marée haute, bande de sable d’une centaine de mètres de long à marée basse, il porte une maison aux volets bleus et au toit d’ardoises roussies par le lichen. L’endroit n’est pas sacré, mais tant de photographes s’y sont penchés qu’elle doit dégager quand même quelque chose…

 

 

 

 

Belz Nichtarguer 1Construite en 1894, aujourd’hui inhabitée, elle était destinée au gardien des parcs ostréicoles voisins qui profitaient de la rencontre des eaux salées de la mer et des eaux douces de l’Étel. Fort de cette histoire, certains pensent que le nom de l’îlot, anciennement appelé Sterguer, provient de la fonction de la maison, c'est-à-dire « an istr er gêr », de istr, les huîtres et gêr  la maison, donc l’îlot de la maison des huitres. D’autres, plus pointus, pour qui « an istr er gêr » se traduit par « les huîtres à la maison », ce qui ne veut absolument rien dire, pensent que le nom provient tout simplement de ster, beau et guer, le fleuve, donc tout simplement l’îlot du beau fleuve.

 

 

 

 

http://www.infobretagne.com/belz.htm

http://chaussepied.over-blog.com/2015/09/ria-d-etel-et-st-cado.html

http://saint.cado.free.fr/chapelle.htm

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07 juillet 2016

L'alignement mégalithique de Lagatjar

 

Camaret plan 1Camaret n’est pas seulement l’endroit où vivait un certain curé bien connu des amateurs de chansons paillardes anticléricales, c’est avant tout un petit port de la mer d’Iroise, situé dans une anse bien protégée entourée de plages somptueuses et de falaises vertigineuses.

 

 

 

 

 

 

 

 

Lagatjar 30Au nord-est, la presqu’ile de Roscanvel avec la pointe des Capucins, au sud-ouest la pointe du Toulinguet et la plage de Pen-Hat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lagatjar 29Sur la pointe du Toulinguet se trouve une succession de remparts. Dès la préhistoire les hommes s’en servirent comme un bastion naturel qu’ils fortifièrent, Vauban en 1695 et Napoléon en 1812 prenant la suite. 

 

 

 

 

 

 

Lagatjar 33Pen-Hat, plage aux eaux transparentes et au sable fin, est très prisée des surfeurs et autres adeptes de glisse et de vitesse : les vagues cassent sur plusieurs endroits et la houle est la plus consistante de Camaret.

 

 

 

 

 

 

Lagatjar 31Plus au sud encore, la pointe de Pen-Hir, imposant promontoire supporté par des falaises de pans de roches à pic hautes de plus de 70 mètres, se termine par les rochers que l’on appelle ici les Tas de Pois.

 

 

 

 

 

 

Entre les deux se trouve l'alignement mégalithique de Lagatjar.

 Lagatjar 27

Lagatjar 1a

Il est écrit dans le dictionnaire de Jean-Baptiste Ogée en 1778 qu’il était composé de 600 menhirs, ce qui fut confirmé en 1835 par Fréminville (je l’aime celui là) dans son livre Antiquités du Finistère.

 

 

 

 

 

Lagatjar 16Entre cette époque et celle de la restauration du site en 1928, et ce malgré son classement aux Monuments Historiques en 1883, beaucoup furent détruits. Il fut une période où ils servirent de zone de camping, et même de terrain de foot.

 

 

 

 

 

 

Lagatjar 32aEn août 1928 les 21 pierres couchées parmi les restantes furent donc relevées. Saint-Pol-Roux, le poète symboliste né à Marseille mais breton de cœur, créateur de la revue « La Pléiade » en 1886, possesseur du manoir de Coecilian (dont on peut encore voir les ruines derrière les pierres levées) en prononça le discours d’inauguration, intitulé «  Menhirs » :

 

 

 

 

Lagatjar 17

« …ces pierres forment pour moi, solitaire de Lagatjar et leur voisin immédiat depuis un quart de siècle, un clavier gigantesque où la touche noire de l’ombre s’exprime en mineur et la touche blanche de la lumière en majeur… »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lagatjar 3Aujourd’hui il ne reste que 87 menhirs et bases de menhirs. Les pierres les plus grandes font environ 3 mètres de hauteur.

 

Lagatjar 8

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Camaret plan 3L’alignement d’un peu plus de 200 mètres forme une ligne qui suit un angle de 37° dont partent à angle droit deux lignes parallèles légèrement courbes, distantes d’environ 77 mètres et d’un angle de 127°, c’est à dire la direction du lever du soleil au solstice d’hiver. Tout ceci délimite une aire quadrangulaire ouverte vers l’ouest, vers le soleil couchant.  

 

 

 

 

 

 

 

 

Lagatjar 25Les dignes ancêtres des constructeurs de cathédrales se sont manifestement servis des orientations solsticiales, voire plus si l’on en croit l’écrivain et historien Georges-Gustave Toudouze qui émit l’hypothèse que les alignements étaient orientés par rapport aux Pléiades.

 

 

 

 

 

 

pleiades 1L’amas stellaire des Pléiades, de couleur bleutée, est situé dans la constellation du Taureau (où se trouvait le point vernal vers 4 000 ans avant notre ère). Les anciens grecs, ayant compté 7 étoiles très brillantes, lui ont donné son nom : les Pléiades,  comme les 7 sœurs, filles du Titan Atlas (la force brute de la terre) et de l’Océanide Pléioné (la force brute de l’eau). La plus lumineuse d’entre elles se nomme Alcyone, puis viennent Astérope, Mérope, Élèctre, Maïa, Taygète et Célaéno.

 

 

 

 

 

 

Pléiades 2aEn octobre, les Pléiades apparaissent à l’est au-dessus de l’horizon, signalant dans tout l'hémisphère nord le début des moissons. L’amas fait partie de l’alignement PAMS, avec les Pléïades, Aldébaran (alpha du Taureau), le Baudrier d’Orion dit les 3 Mages (Alnitak, Alnilham et Mintaka) et Sirius (alpha du Grand Chien).

 

Et notre Saint-Pol-Roux n’a-t-il pas créé une revue nommée « Les Cahiers de la Pléiade » ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Poule 3aMieux encore. La petite constellation prend parfois le nom de poussinière, de couveuse, de poule et ses petits, de troupe de pigeons. En breton on l’appelle Ar Yar, la poule. Or, dans la langue bretonne, lagad veut dire l’œil. Lagatjar, ou lagad-yar, serait alors l’œil de la poule, c'est-à-dire l’endroit où l’on peut voir, viser, les étoiles Pléiades.

 

Ouvrez l'oeil, poulettes et poulets... aux pattes noires, aux plumes blanches et à la crête rouge, et continuez de chanter le rythme du soleil et la rotation de la Terre.

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01 juillet 2016

La baie des Trépassés

 

Trépassés 4aSur la côte de la Cornouaille, protégée au nord par la pointe du Van et au sud par celle du Raz, la baie des Trépassés, au magnifique rivage de sable blanc, nous fait admirer au loin l’archipel de Sein et les rochers de Tévennec. Elle porte un bien triste nom. Pourtant, au départ, elle se nommait tout simplement Boë An Aon, la « baie du ruisseau ».

 

 

 

 

 

 

 

 

Trépassés 5Elle servait d’estuaire à un large fleuve côtier, venant de la région de Bannalec, devenu au fil du temps et des bouleversements géologiques ce petit cours d’eau qui serpente dans la vallée séparant Cléden et Plogoff, qui entretient l’étang de Laoual avant de terminer sa course vers la mer en s’infiltrant sous les dunes de la plage.

 

 

 

 

 

Trépassés 7Depuis toujours, les corps des marins dont les bateaux s’étaient fracassés sur les récifs de la pointe du Raz, pris par les forts courants de marée et les vents dominants, venaient s’échouer sur cette plage, ce qui alimenta les histoires et les contes bretons (raz en breton signifie « courant rapide »). La Bretagne est terre de légende… Boë an Aon se transforma en Boë an Anao, la « baie des âmes en peine », celles des trépassés.

 

 

 

 

 

Trépassés 8Mais au fait, que veut dire trépasser ? Ce n’est pas, comme on pourrait l’imaginer, passer trois fois. L’étymologie nous apprends que le mot provient de l’ancien français « trespasser », de tres, issu du latin trans : au-delà, et du latin vulgaire « passare », dérivé du latin passus, le pas : traverser. Trépasser représente donc l’action de passer de la vie à la mort, avec une notion de changement.

 

 

 

 

 

Trépassés 11Ceux qui voient quand même dans trépasser l’action du nombre trois ne sont pas en faute : le trois, représentant la trinité des origines, est le premier nombre réellement actif. Il commence une expérience, comme par exemple trois jours qui représentent dans les récits symboliques la première séquence du temps ou trois animaux le premier degré de conscience.

 

 

 

 

 

Trépassés 10Nos morts sont simplement dans le commencement d’une nouvelle expérience, trois passages se rapportant à la première étape d’un voyage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les légendes de la baie des Trépassés

 

Ankou 4aPlusieurs légendes se rapportent à notre baie. La première, la plus connue, parle des marins trépassés qui revenaient parmi les vivants, chez leurs proches, tous les 2 novembre (jour de la Commémoration des fidèles défunts, appelé aussi jour des Morts, le lendemain de la Toussaint selon le rite catholique romain). Les bretons allumaient alors de grands feux dans leurs maisons, pour qu’ils puissent venir s’y réchauffer.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ankou 1aLes âmes des trépassés prenaient la forme de feux sur l'océan, ou bien d’êtres qui, par série de sept, surgissaient des vagues en lançant un appel, ou encore d’esprits formant une longue procession jusqu’à la chapelle Saint-They. D’autres étaient transportées dans la grotte de l’Autel, près de la ville de Morgat, huit jours avant de partir pour l’autre monde.

 

 

 

 

 

 

Ankou 3aUne autre légende, plus ancienne, donc moins influencée par le catholicisme, parle des trépassés, attendant silencieusement par les nuits sans lune dans la barque des morts, la Bag Varu, ou Bag an Noz, la barque de la nuit. Si un marin pêcheur la croisait, une voix lui ordonnait de monter à bord pour tenir le gouvernail. Il naviguait alors en direction du soleil couchant, vers les Iles Bienheureuses où il déposait les défunts, puis il retournait à son bateau. Le lendemain matin, le pêcheur avait tout oublié de son périple.

 

 

 

 

 

 

 

Druide 2Et si l’on remonte encore plus loin dans le temps, on trouve une tradition païenne datant de l’époque celtique : les druides, après leur mort, étaient emmenés dans la baie, puis embarqués jusqu’à l’ile de Sein (insula Seidhun, l’ile des Fées) où se trouvaient leurs sépultures.

 

 

 

 

 

 

Velleda 5aRemontons plus avant… L’ile de Senæ accueillait les Gallisenæ, prêtresses vierges gardiennes du feu, dont Pomponius Mela (géographe romain du Ier siècle) fait la description suivante :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Velleda 10a« les prêtresses, vouées à une virginité perpétuelle, sont au nombre de neuf. Elles sont appelées Gallicènes, et on leur attribue le pouvoir singulier de déchaîner les vents et de soulever les mers, de se métamorphoser en tels animaux que bon leur semble, de guérir des maux partout ailleurs regardés comme incurables, de connaître et de prédire l’avenir, faveurs qu’elles n’accordent néanmoins qu’à ceux qui viennent tout exprès dans leur île pour les consulter ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Velleda 2aStrabon (géographe grec du Ier siècle) parle de l’ile comme étant interdite aux hommes. La plus connue d’entre elles se nommait Velléda, à qui Merlin confia le roi Arthur lors de sa mort. Personne ne sut comment il revint à la vie…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vercingétorix 2aMême Vercingétorix serait venu demander conseil à ces prêtresses avant d’aller affronter César.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ys 2aUne autre légende semble puiser ses racines aux temps de la Grande Déesse, celle du roi Gradlon et de la ville de Ker Ys. Bien que fortement christianisée, empreinte des fautes et autres indicibles horreurs imputées aux femmes depuis l’arrivée des hommes au pouvoir, pétrie des bons sentiments des saints contrant les vilaines coutumes païennes, elle contient encore une merveilleuse symbolique : on y retrouve le mythe de la ville engloutie et celui des gardiennes des eaux ou de l’autre monde. Ker Ys aurait pu se situer, d’après certains, dans l’ancienne vallée de la baie des Trépassés.

 

 

 

Gradlon 1a« Il était une fois, au fin fond de la Bretagne, en Cornouaille, un roi bon et beau qui s’appelait Gradlon Meur. On le disait fils ainé du légendaire roi Conan Meriadec et de sainte Darerca, la sœur de saint Patrick. Lors d’un voyage en Irlande, il tomba amoureux de Malgven, reine du Nord, que certains disaient magicienne, d’autres même fée ou sirène. Mariée au vieux roi Harold, elle s’arrangea pour que Gradlon, devenu son amant, le tue en lui faisant boire un poison. Le forfait commis, ils s’enfuirent tous deux montant Morvarc'h, le cheval noir de Malgven qui soufflait du feu par ses naseaux et galopait sur les flots. Pour le malheur du roi, elle mourut en donnant naissance à leur fille, Dahut.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint Guénolé 2Rentré seul chez lui, Gradlon fit construire une magnifique cité côtière, protégée des assauts de la mer par une immense digue, au milieu de laquelle se trouvait une porte de bronze dont il gardait précieusement la clé. Il éleva seul sa fille. Un jour, un saint homme, Guénolé, vint de l’abbaye de Landévennec pour les voir et les convertir à la religion du vrai Dieu. Dahut, devenue une belle jeune fille aux cheveux d’or, ne voulut rien entendre. Elle préféra continuer à mener une vie de luxure et de débauche, au milieu des soieries, des ors et des festins. Le saint homme mit en garde le roi, devenu pieux, l’avertissant que les péchés de sa fille pouvaient précipiter la chute de la ville.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ys 1aMais Gradlon aimait trop Dahut pour la punir. Un soir, elle eut la visite d’un séduisant étranger tout vêtu de rouge. Elle passa la nuit avec lui, et, au matin, il lui demanda la clé de la porte de bronze. Sous le charme, elle la vola à son père et le soir venu la remis au visiteur qui s’empressa d’ouvrir la porte avant de disparaître. Les flots envahirent la ville. Guénolé réussit à s’échapper avec le roi qui montait Morvarc'h, le cheval magique. Ils allaient arriver sur la terre ferme lorsqu’ils entendirent Dahut appeler au secours. Gradlon vit sa fille se débattre dans les vagues mugissantes. Il fit demi tour, l’agrippa et la fit monter sur son cheval. Mais Morvarc'h ne pouvant porter le poids des péchés de Dahut, s’enfonçait dans les flots... Guénolé ordonna de l’abandonner à son sort. Gradlon s’enfuit donc sans sa fille à Quimper qui devint sa nouvelle capitale. »

 

 

Gradlon 3aEn breton moderne, le préfixe ker se rattache à l’idée de ville ou de village, mais il provient du vieux breton caer, qui veut dire forteresse, citadelle. Ys serait issu d’izel, ce qui est en bas, ou sous quelque chose. Ker Ys serait donc la forteresse du bas, ou la forteresse dessous (la mer).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Trépassés 3Légende ? Pourquoi alors existe-il, surplombant au nord la baie des Trépassés, sur le site de Trouguer, les traces d’un ancien camp romain fortifié ? Ces camps en hauteur protégeaient en général une villa en contrebas. Et pourquoi la principale voie romaine traversant le Finistère de Carhaix à Douarnenez se poursuit-elle jusqu’à Trouguer, qu’elle dépasse, finissant sur le sable blanc de la baie des Trépassés ?

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.le-repaire-des-pecheurs.fr/sorties-patrimoine/ville-dys-a-la-recherche-de-la-cite-engloutie

http://www.le-repaire-des-pecheurs.fr/?attachment_id=104http://www.le-repaire-des-pecheurs.fr/?attachment_id=103

http://ternel.kazeo.com/legendes-bretonnes-c27252714

http://www.bagadoo.tm.fr/kemper/villedys.html

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