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Les reportages (portant uniquement sur des lieux que j'ai pu visiter personnellement) sont basés sur les sites que je trouve sur le net, sur des documents trouvés sur place ou bien sur les livres de ma bibliothèque, et bien sûr, sur mes ressentis personnels. Dans la mesure du possible, tous sont cités. Les photos sont de madame_dulac pour la plupart, et de Remlug quand j'égare les miennes (si si, ça arrive...)

En parlant de mes photos... Elles sont libres de droit pour un usage privé, sous réserve de mention du lien vers le blog. Toute autre utilisation doit faire l'objet d'un accord écrit de ma part.

Sincèrement vôtre,  Madame Dulac.

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Posté par madame_dulac à 23:52 - Commentaires [48] - Permalien [#]
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Prague (Praha), historique

 

Prague 29Il était une fois… L’histoire de Prague ne peut commencer que par cette phrase, tant le merveilleux côtoie le quotidien dans la capitale de la région historique de Bohème, au croisement des routes commerciales est/ouest et nord/sud qui traversent l'Europe.

 

 

 

 

 

 

Borvo et Damona

Cette région fertile où il fait bon vivre, peuplée depuis le Paléolithique, accueillit l'un des plus importants peuples celtes de l'Âge de Fer, les Boïens (dont le dieu tutélaire, Borvo, dieu guérisseur lié à l’eau, avait comme parèdre Damona, la grande vache, l’équivalent de Boand chez les Irlandais), qui lui donnèrent leur nom.

 

 

 

 

 

Alamans 1Ils furent délogés par les Marcomans, des germains venant du Danube, puis par les Avars, originaires de Mongolie, et ce jusqu’à l’invasion des Slaves, peuple d’Europe Centrale venus du nord de l'Ukraine et du sud de la Biélorussie au VIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

Futhark 2a« Il semble même qu’un temps les Marcomans et les Boïens vécurent ensemble et échangèrent biens et cultures. En outre il est troublant que quand on soulève l’hypothèse qu’une partie du système final des Runes, l’alphabet du Futhark, ait été élaboré par les Marcomans, il soit tentant de s’interroger sur l’apport des Boïens (et peut-être de leurs Oghams) à l’écriture sacrée des Germains. Car il faut avoir à l’esprit que les Boïens, grands voyageurs et artistes, comptèrent à ce titre assez de points de convergence avec les Marcomans, l’un des peuple Germain les plus érudits. »

 

 

 

 

Prague Libuše 2aLa légende des origines de Prague nous parle d’une jeune femme, Libuše, fille du voïvode Krok, successeur de Čech (chef de clan qui donna son nom au peuple tchèque, s’installa avec son peuple au bord de la rivière Vltava (Moldau) au VIIIe siècle, et construisit un premier château-fort, Vyšehrad). Les deux sœurs ainées de Libuše, Kazi et Teta, étaient respectivement herboriste et guérisseuse, prêtresse et magicienne. Libuše, quant à elle, avait le don de prophétie. Etant la plus sage, elle fut choisie par son père pour lui succéder, ce qu’elle fit avec courage et discernement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague Libuše 4aElle rendait la justice non pas sous un chêne, mais sous un tilleul, arbre sacré des Slaves. Elle s’entoura d’une armée d’amazones, menées par son amie Vlasta. Mais la société étant devenue patriarcale, on lui demanda de choisir un mari, afin qu’il puisse s’occuper des affaires militaires et politiques.

 

 

 

 

 

Prague Libuše 3aElle fit alors une prédiction : « vous trouverez mon futur époux labourant avec deux bœufs un champ du village de Stadice. Il se nomme Přemysl Oráč et nos enfants gouverneront ce pays jusqu’à la fin des temps ». Les guerriers le trouvèrent et le ramenèrent. Il épousa la princesse et furent tout deux les ancêtres de la dynastie des Přemyslides.

 

 

 

 

Prague 31Elle eut alors une autre vision : « Je vois une cité dont la gloire monte jusqu’aux étoiles. Je vois un immense château où s’installe ma race… Au plus épais des bois, vous trouverez un homme occupé à tailler le seuil de sa maison. Praha, c’est-à-dire « le seuil », voilà comment vous appellerez le château que vous édifierez en ce lieu. Et de même que tout homme, le serf comme le chef ou le prince, s’incline pour franchir le seuil d’une demeure, de même le monde entier s’inclinera devant cet édifice… ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cosmas 1L'endroit fut trouvé, ce sera la colline de Hradčany où se construira en 870 le château des rois de Bohême, qui deviendra celui des empereurs du Saint-Empire romain germanique, des présidents de la Tchécoslovaquie, puis de la République tchèque. Cette légende de la fondation de Prague est rapportée dans la Chronica Boemorum, livre écrit en 1119 par Cosmas de Prague, ecclésiastique, écrivain, historien et chroniqueur.

 

 

 

 

 

Prague 39Même si l’étymologie de Prague vient probablement de l’ancien slave praga, le gué, alors que práh, le seuil, est issu du tchèque moderne, je discerne bien autre chose dans cette légende. Au niveau historique, nous avons en place l’ancienne religion, l’arrivée du patriarcat et l’invasion des tribus slaves. Au niveau symbolique, nous avons l’ancienne religion, une jeune fille, des bœufs, un arbre sacré. Pas étonnant que Prague fut l’une des rares villes d’Europe centrale à posséder une Vierge Noire.

 

 

 

 

Prague 4Prague se christianisa, puis se développa au fil des siècles : sous le règne du roi chrétien Venceslas (devenu le saint patron de la Bohème et de la Moravie), assassiné en 929 par Boleslav, son frère resté païen, puis au XIVe siècle sous le règne de Charles IV qui fit de la ville sa résidence impériale et la capitale du royaume

 

 

 

 

 

Prague 21( en 1378 Prague compte 40 000 habitants), au XVIe sous le règne de Rodolphe II de Habsbourg (protecteur des arts et des sciences et épris d’ésotérisme), où elle devint le foyer de la vie politique, sociale et culturelle de l’Europe centrale, au XVIIIe, où elle s'embellit de nombreux édifices baroques, au XIXe où elle se modernisa.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 8Prague devint en 1918 la capitale du nouvel état, la République tchécoslovaque. Elle prospéra avant d’entrer dans une période trouble débutant avec l’invasion des troupes allemandes d’Hitler en 1939, continuant avec le joug soviétique avant la Révolution de Velours de 1990. En 2000, Prague fut nommée capitale européenne de la Culture.

 

 

 

 

 

Prague 15

La ville attira de tout temps les musiciens, les scientifiques, les alchimistes, les écrivains et les poètes, bref, les chercheurs et les rêveurs, qui souvent ne font qu’un. On y vit séjourner Rabbi Yehouda Loew ben Betzalel et son golem, John Dee et Edward Kelley, Giuseppe Arcimboldo, Tycho Brahe, Johannes Kepler,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 17Wolfgang Amadeus Mozart, Ludwig van Beethoven, Bedřich Smetana, Antonín Dvořák, Gustav Meyrink, Rainer Maria Rilke, Albert Einstein, Franz Kafka, Miloš Forman, Eva Herzigová ou Adriana Sklenaříková-Karembeu. Pour les deux dernières, c’est juste pour faire plaisir à un ami connaisseur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 13Prague la bien nommée, un seuil, un gué, un passage qui amène vers d’autres mondes, qu’André Breton surnomma la "capitale magique de la vieille Europe", est mystérieuse à bien des égards. Charles IV, lors de son règne, décida de faire de sa capitale l’image terrestre de la Jérusalem céleste. Les anciens cardo et decumanus, les axes solsticiaux en font partie intégrante, et l’axe est/ouest formé par le passage des reliques de saint Venceslas devint la voie royale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 56Charles IV remplaça l’ancien pont Judith dont il reste quelques arches par celui qui porte maintenant son nom, le pont Charles, ou Karluv most, et parsema la voie de symboles alchimiques. La première pierre du pont lui-même fut posée en 1357, le 9e jour du 7e mois, à 5h31, ce qui forme le palindrome 135797531, formé des 5 premiers nombres impairs et considéré propice par les astrologues du roi.

 

 

 

Prague 59aAprès le pont, la voie royale se divise. Une branche part en direction du château, sur la droite, symbole de la voie exotérique, l’autre part sur la gauche, vers le pavillon de l’étoile (pavillon de chasse réalisé au milieu du XVIe siècle en forme d'étoile à six branches, figuration de la conception du cosmos de l’époque), symbole de la voie ésotérique.

 

 

 

 

Prague symbole alchimie 2Dans les signes gravés dans la pierre ou peints sur les façades (enseignes qui, jusqu'au XVIIIe siècle, palliaient l'absence de numérotation des maisons), un œil averti pourra discerner la transposition du bestiaire alchimique, allégorie du processus de fabrication de la pierre philosophale,

 

 

 

 

 

Prague 18débutant à la tour Poudrière,traversant Staré město et son horloge astronomique, et terminant à Malá Strana, le quartier du château, résidence privilégiée de l’aristocratie.

 

Prague 14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 60Et même si la ruelle d’Or est une fable (jamais alchimiste n’y posa ne serait-ce qu’un simple petit creuset), l’endroit dégage une énergie particulière, en oubliant le vilain malappris, le mufle indélicat, le goujat malotru, grossier personnage, rustre malhonnête et fâcheux pignouf que je voue aux Gémonies qui m’y a piqué mon portefeuille.

 

 

 

 

 

Prague 37Non, les alchimistes n’étaient pas si proches du château. Ils ont posé leurs alambics dans le vieux quartier de Josefov. C’est là qu’au XVIe siècle le rabbin Yehuda Loew ben Bezalel, dit le Maharal (acrostiche hébraïque de Morenou HaRav Loew, notre enseignant, le rabbin Loew), ami intime des astronomes Tycho Brahe et Johannes Kepler, fabriqua son golem avec l’argile des rives de la Vltava.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 55Légendes devenues universelles… Au sud du quartier Nové město, au coin de la place Charles (Karlovo náměstí), se dresse un bâtiment gothique qui eut de curieux propriétaires ou locataires. Tout d’abord palais construit pour Nicolas de Troppau, frère illégitime du duc de Bohême Ottokar II Přemyslide, il passa aux mains de son dernier descendant, Venceslas, qui pratiquait les sciences naturelles.

 

 

 

 

Faust 3aSe suivirent Jakub Krucínka, un astrologue dont les fils s’entretuèrent, Edward Kelley l’alchimiste qui l’acheta en 1590, le comte Ferdinand Antonín Mladota de Solopysk, chimiste et métaphysicien, puis son fils Josef Petr, fabriquant d’automates. Tous ces gens contribuèrent à forger la légende du célèbre docteur Faust, qui vendit son âme au diable. D’ailleurs la maison s’appelle maintenant Faustův dům, c’est pas pour rien…

 

 

 

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Prague

http://www.routard.com/guide/prague/1821/histoire.htm

http://www.lkral.fr/index.php/visite-de-prague-en-deux-jours

http://www.czech.cz/fr/66869-prague-et-son-histoire

http://www.geo.fr/photos/reportages-geo/republique-tcheque-prague-une-ville-de-legendes-et-sortileges-156186

https://voirenvrai.nantes.archi.fr/?p=1525

http://thierry.jamard.over-blog.com/page/3

http://thierry.jamard.over-blog.com/2016/10/promenades-dans-prague-du-11-au-18-septembre-2013.html

Posté par madame_dulac à 21:06 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

Le quartier Josefov de Prague

 

Golem 11aPrague accueillit les juifs en des temps reculés, mais c’est aux environs du XIIIe siècle que la communauté, composée des juifs d’occident et des juifs de l’empire byzantin, se retrouva dans un quartier fortifié au cœur de la vieille ville, sur la rive droite de la Vltava.

 

 

 

 

 

Prague 34Replié et protégé derrière les murs, le quartier fut un abri, puis devint un ghetto. La population juive pragoise, tour à tour persécutée et exclue ou tolérée et intégrée, devint bientôt l’une des plus nombreuses d’Europe, jusqu’à sa presque extinction lors de la dernière guerre mondiale, notamment dans le camp de Terezin. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 58Le quartier devint au Moyen-âge le centre névralgique culturel et spirituel de la population juive de Prague. Son nom, Josefov, lui fut donné bien après, lors de sa rénovation au XIXe siècle, en l'honneur de l'empereur Joseph II, le frère de Marie-Antoinette, qui accorda des droits civiques en 1784 aux Juifs de Bohême.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 24Les portes du ghetto (autant protectrices que ségrégationnistes) furent abattues en 1848, moment où, dans un cadre intégrationniste, les Juifs de Prague perdirent leurs privilèges d'autonomie. En 1895, le quartier devenu insalubre fut assaini, et la ville fit raser une grande partie des maisons. Elle épargna heureusement l'hôtel de ville, six synagogues et le vieux cimetière juif.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 27

Etonnant, non ?

 

 

 

 

 

 

Prague 20Deux statues de Josefov : d’un côté le grand rabbin Loew, de style classique, de l’autre un hommage à Franz Kafka, inspiré d’une nouvelle intitulée « Description d’un combat » qui raconte la promenade d’un homme hissé sur les épaules d’un congénère dans la ville de Prague, plus « contemporain ».

Prague 35

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.avantgarde-prague.fr/guide-de-prague/que-voir-a-prague/monuments-principaux/synagogue-vieille-nouvelle/

http://www.linternaute.com/voyage/republique-tcheque/prague/monument/la-synagogue-vieille-nouvelle/

http://www.digital-guide.cz/fr/poi/cite-juive---josefov/la-synagogue-vieille-nouvelle/

http://www.prague.eu/fr/objet/lieux/1635/synagogue-vieille-nouvelle-staronova-synagoga?back=1

http://www.prague.eu/fr/objet/lieux/688/musee-juif-de-prague-vieux-cimetiere-juif-stary-zidovsky-hrbitov

http://benzaken-descendance.centerblog.net/rub-cuisine-de-nos-familles--14.html

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La synagogue Vieille-Nouvelle

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle plan 1Commencée vers 1270 sur les bases d’un monument plus ancien (probablement du XIe siècle), Vieille-Nouvelle est la plus ancienne synagogue d’Europe encore en fonction, l’un des plus vieux bâtiments de Josefov.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Golem 11aElle fut édifiée par les tailleurs de pierre de l’atelier royal qui travaillaient sur le chantier tout proche du couvent de Sainte-Agnès. La légende raconte même que des anges apportèrent, pour ses fondations, quelques pierres du temple de Jérusalem, sous promesse de les rendre dès qu’il serait reconstruit.

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 7

Appelée au départ Nouvelle ou Grande École, afin de la différencier de l’ancienne synagogue de la rue Dušní, on lui attribua le nom de Vieille-Nouvelle au XVIe siècle après l’apparition de synagogues plus récentes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 10

Elle devint le principal centre cultuel du ghetto, abrita plusieurs grands rabbins dont le célèbre Yehuda Loew ben Bezalel, aujourd'hui encore considéré comme l'un des plus grands docteurs de la loi de Moïse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 20

Épargnée lors de la rénovation du quartier au XXe siècle, restaurée en 1967, la synagogue fut déclarée Monument historique en 1995. D’autres travaux de rénovation furent entrepris en 1998.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 2

La synagogue est une construction rectangulaire massive avec un toit en bâtière aux pignons de briques rouges de style gothique tardif.

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 34

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 31

On y accède en descendant 9 marches. Plusieurs explications sont données : en raison du relèvement du niveau du sol depuis le Moyen-âge pour éviter les inondations, mais aussi par principe, les synagogues étant souvent enterrées afin de pouvoir construire avec une grande hauteur sous plafond sans heurter les bâtiments du voisinage, ou par humilité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 1

D’un plan très simple à deux nefs, le bâtiment principal est entouré sur trois côtés par des annexes basses, rajoutées aux XIVe et XVIIIe siècles, vestibule et nefs pour les femmes (Vieille-Nouvelle fut construite selon la coutume du judaïsme orthodoxe avec des espaces séparés pour les hommes et pour les femmes durant les prières).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 23

Ces bâtiments furent reliés à la salle principale par des ouvertures très étroites permettant d’écouter l’office.

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 5

Le vestibule sud est voûté en berceau. Les deux cassettes servaient à rassembler les impôts juifs collectés dans tout le royaume.

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Prague synagogue Vieille-Nouvelle 4

On accède à la salle principale par un porche d’entrée dont le tympan représente un cep de vigne en bas-relief dont les racines puis les grappes de raisin, au nombre de 12, représentent les 12 tribus d’Israël. Le raisin, chez les juifs, symbolise la fertilité et la sagesse.

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 9

L’espace intérieur, séparé en deux hautes nefs, est coiffé d’une voûte d’ogives à 5 branches comportant 6 travées et soutenue par 2 piliers octogonaux ornés de feuillages.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 18

Les 12 étroites fenêtres en ogive correspondent aux 12 tribus d’Israël.

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 14

Les consoles et chapiteaux de pierre sont ornés de reliefs aux motifs végétaux ou prédominent les feuilles de vigne.

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 30

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 22

Les ornements les plus précieux restent le tympan de l’arche sainte et les clés de voûte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 6

Le centre de la salle principale est occupé par une estrade surélevée avec un pupitre pour la lecture de la Torah (bimah), qui est séparée de l’espace alentour par une grille en fer forgé du gothique tardif, fin XVe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 26

Au-dessus, une bannière sur laquelle sont brodés une étoile de David avec le chapeau juif en son centre, entourés du verset 6:4 du Deutéronome, « Shema Israël » (Écoute, Israël, l'Éternel, notre Dieu, l'Éternel est UN). Cette bannière représente le blason de la communauté juive de Prague depuis l'indépendance accordée par Charles IV au XIVe siècle.

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 21

Les rouleaux de la Torah sont conservés dans l’arche sainte (aron haqodesh), dans le mur oriental.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 27

L’un des sièges le long des murs porte encore le nom du célèbre rabbi Loew dont la légende raconte que les restes du golem qu’il créa sont enfermés dans la guenizah du grenier (pièce d’une synagogue où sont conservés les manuscrits et les ouvrages que l’on ne peut jeter car ils contiennent le nom de Dieu). Voir le reportage sur le golem.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 38a

Y sont également déposés des objets de culte, comme les tzitzit - franges au coin des vêtements - ou les loulavim - les 4 végétaux utilisés lors de la fête de Souccot ou Fête des Cabanes : palme de dattier, branche de myrte, branche de saule et cédrat-)

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 35

Est-ce vrai ? Personne en tout cas n'est autorisé à monter dans le grenier, accessible uniquement par une échelle incrustée dans le mur est de la synagogue. Si l’on demande pourquoi, il vous est répondu que le toit pourrait s’effondrer, les poutres étant très anciennes.

Posté par madame_dulac à 21:02 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

La légende du golem

 

Golem 6a

Nous avons rencontré à plusieurs reprises le rabbin Yehuda Loew ben Bezalel, celui qui fabriqua un golem. Un golem, dans la tradition hébraïque, est un une créature humanoïde fabriquée à partir d’eau, de terre et de feu, amenée à la vie grâce à des procédés kabbalistiques, théurgiques et magiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Golem 4a

Le mot golem dans la Bible (Psaume 139:16) est traduit par "matière informe". La mystique hébraïque du IIIème siècle de notre ère donne au mot le sens de sot, en opposition au sage (hakam). Dans le Talmud, Adam, qui est créé par Dieu à partir d’argile rouge, est décrit comme un golem sans âme dans les premières heures de sa vie, avant que ne lui soit insufflé l'esprit de vie (Rouah).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Golem 15a

Un golem fabriqué par un homme dans un acte d’imitation du créateur divin restera une créature imparfaite, muette et sans âme, dénuée de raison, ne sachant distinguer le bien du mal. Les alchimistes d’occident essayèrent eux aussi à travers leur art de façonner un homoncule (du latin homonculus, « petit homme »),

 

 

 

 

 

 

 

Golem 13

les alchimistes ismaéliens un takwin (création artificielle de la vie, qu’elle soit végétale, animale ou humaine),

 

 

 

 

 

 

Mandragore 3a

les magiciens de tout poil d’élever une mandragore (la racine de la plante, après lavage, macération et maturation, devenait un homonculus dangereux mais fidèle à son maître), les moines tibétains de créer un tulpa (entité spirituelle créée par la volonté et forcée à se manifester dans le monde physique),

 

 

 

 

 

 

Frankenstein 1

les fées de donner la vie à un pantin de bois, les savants de fabriquer des monstres grâce à l’électricité, les scientifiques des têtes parlantes, des automates, des robots, pour en arriver au cyborg.

 

 

 

 

 

 

 

Golem 12a

Bref, la création artificielle de la vie occupa et occupe encore bien des gens, qui se soucient peu que leur créature puisse se retourner contre eux, ce qu’elle fait d’ailleurs la plupart du temps. Les hommes, tentés de rivaliser avec Dieu par l’utilisation contre nature de la connaissance, attirent irrémédiablement la Némésis, la juste colère, si l’ambition personnelle ou l’orgueil prennent le pas sur l’équilibre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pinocchio 2

Dans un autre registre, symboliquement, on peut voir dans l’acte de création artificielle le départ d’une vie brute, la matière première, qui doit se transformer, s’épurer, acquérir un esprit en grandissant au travers d’initiations successives, à l’image de Pinocchio, la marionnette inanimée qui prend vie et gagne le droit de devenir un petit garçon au travers de ses épreuves.

 

 

 

 

 

Pierre1a

On passe donc de la matière à l’esprit, certains diraient de la pierre brute à la pierre taillée qui deviendra plus tard une pierre cubique à pointe.

 

 

 

 

 

 

Golem 10a

Comment fabriquer un golem ? Rien de plus simple, j’ai trouvé la recette sur la toile :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Golem 5a

« Il nous faut, pour commencer, de l'argile, ou une terre vierge. Il nous faut aussi de l’eau d'une rivière : 248 mesures d'eau dans un sceau et 365 mesures dans l'autre correspondant aux 613 parties du corps et aux 613 commandements. Ensuite il faut maîtriser la prononciation du Nom Ineffable et ses 231 combinaisons. Une broutille. Puis effectuer une marche circulaire 7 fois autour du golem en récitant 221 fois (certaines sources disent 231) ces combinaisons. Recommencer.

 

 

 

 

 

Golem 7a

Pour donner vie au golem, écrire sur son front le mot hébreu « Emeth » (Aleph, Mem, Tav), autrement dit la vérité. Si le golem devient agressif, effacer rapidement la première lettre, Aleph, de son front. Le mot se lit maintenant « Meth », la mort. Le golem retourne alors en poussière. Une autre version propose de placer dans la bouche du golem un parchemin sur lequel on inscrit l'un des multiples noms de Dieu avec son propre sang, mais je demande à voir. » 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Revenons à notre rabbi Yehuda Loew ben Bezalel, le MaHaRaL (acrostiche de Moreinu HaRav Loew, notre maitre le rabbin Loew) dont je vais vous narrer l’histoire véritable :

Rabbi Loew habitait le quartier juif de Prague. Grâce à sa profonde érudition et à ses grandes qualités humaines, il était devenu celui que l’on appelait le Maharal, considéré comme l'un des plus grands docteurs de la loi de Moïse. Il est vrai que les gens disaient qu’il était issu de la lignée de David… De nombreux élèves venaient l’écouter parler dans la vieille synagogue dont il avait la charge.

En ce temps-là, la communauté juive subissait les attaques sournoises de mauvais chrétiens qui l’accusaient de sacrifier des enfants. Ces extrémistes oubliaient le neuvième commandement qui dit que personne ne doit porter de faux témoignage contre son prochain. C’est moins grave que de tuer ceux qui pensent autrement, mais c’est moche quand même. Rabbi Loew imagina alors la plus belle des parades, créer un golem, un puissant protecteur pour le quartier, un être qui serait redouté de tous, insinuant la peur dans le cœur des détracteurs. Il appela alors son gendre Isaac ben Siméon, un Cohen, et un de ses disciples, le lévite Yakob ben Chaim. La nuit venue, le visage dissimulé sous leurs capuches, ils se rendirent à la lueur de leurs torches sur la rive de la Vltava toute proche.

Là, rabbi Loew demanda à son gendre de se positionner à sa droite, à Yakob à sa gauche, puis il façonna une forme humaine avec l’argile de la rivière. Une fois la statue terminée, il demanda à Isaac de tourner sept fois autour d’elle en prononçant des formules rituelles, évoquant le feu. A son tour Yakob fit de même, évoquant quant à lui l’eau. Rabbi Loew fit de même en ajoutant l’air, ce qui fit, avec la terre argileuse de la créature, que les quatre éléments furent réunis. Rabbi Loew fit alors appel à la magie la plus puissante, celle de l’éther, et écrivit une parole divine, un puissant nom de Dieu, Emeth (la vérité, et je ne mens pas), sur le front du golem. Certains disent qu’il l’écrivit sur un parchemin qu’il mit dans sa bouche. Quoi qu’il en soit, le rabbi insuffla la vie dans la créature qui se mit à son service.

Il rentra chez lui, suivi du golem obéissant. Il lui demanda de veiller sur ses semblables, de prévenir en cas d’attaque, d’effrayer tout intrus et le cas échéant et vu sa force, d’aider madame dans les travaux domestiques, ce qui lui valut une belle frayeur. En effet, un jour qu’elle devait partir rendre visite à une parente, Perel, la femme du rabbi, demanda au golem de puiser de l’eau à l’aide de deux seaux et d’en remplir un tonneau pour la lessive. S’absentant plus longtemps que prévu, elle revint tard et vit que le Golem ne s’était pas arrêté dans sa tâche : la cuisine était totalement inondée. La créature avait de la force, mais pas de raison ni de volonté propre…

Rabbi Loew faisait travailler le golem durant 6 jours, et le laissait se reposer le septième, le jour du Shabbat. Pour cela, il le rendait inerte en effaçant sur son front la première lettre, Aleph. Le mot Meth apparaissait alors, qui veut dire mort. Ou bien il enlevait le parchemin de sa bouche dans la deuxième version. Le temps passa et la créature grandit, non pas en sagesse puisqu’elle en était dépourvue, mais en force et en taille, tout en remplissant son devoir à merveille. Un jour pourtant, le rabbi, la tête prise ailleurs, oublia le soir du Shabbat d’enlever l’Aleph du front du golem et celui-ci, sans recommandations, partit dans la ville où il sema le désordre et la terreur. 

Le Maharal le rattrapa et lui ordonna de rentrer, mais le mal était fait. Le 16 février 1592, il fut convoqué par l’empereur avec son frère, le grand érudit rabbi Sinaï, son beau-frère Isaac Weisel et son gendre rabbi Isaac Cohen. Le bruit courrait que Rodolphe, influencé par les religieux catholiques, voulait expulser les juifs de Bohême… Nul ne sait ce qu’ils se sont dit, mais ce qu’il y a de sûr, c’est qu’une fois le Maharal parti, l’empereur, féru d’alchimie, de magie, d’art et d’essai, promis sa protection à la communauté juive de Prague. Il est fort possible qu’en échange, il ait demandé au rabbi de détruire son golem.

Parce qu’une nuit sans lune, rabbi Loew se rendit avec la créature de nouveau obéissante dans la guenizah située au grenier de sa synagogue. En effet, il ne pouvait la détruire comme le lui avait demandé Rodolphe, le nom sacré de Dieu étant inscrit sur son front. Et puis finalement, personne à part lui ne pouvait savoir que le golem n’avait pas été désintégré, et le garder sous le coude en cas de besoin, c’était faire preuve d’une grande sagesse. Rabbi Loew ne fit qu’effacer encore une fois l’Aleph. Le golem disparut des rues de Prague et l’empereur tint parole : des lois empêchant la persécution des juifs pour de faux motifs furent promulguées.

Voici la véritable histoire du golem de Prague.

Golem 16b

La légende cette fois-ci rapporte que le fils unique du Maharal, Betsalel, aidé de ses trois sœurs, Reichel, Tilla et Reyalino, rendit la vie à la créature. Il parait même (ce ne sont que des ragots, mais enfin…) que quelques allemands, durant la deuxième guerre mondiale, voulurent entrer dans la guenizah pour récupérer le golem : mal leur en prit, jamais ils n’en ressortirent.

 

 

 

 

 

 

 

 

Golem 20a

Certains grincheux insinueront que l’histoire du golem ne parut qu’en 1847 dans un recueil édité chez Wolf Pascheles, et que nulle trace écrite n’existe avant cette date, que la rénovation du grenier de la synagogue en 1883 n’indiqua nulle présence insolite, que le réalisateur d’un film tourné sur place pour la télévision en 1984 n’y vit rien d’étonnant non plus et que la plupart des gens considèrent ce conte comme pure fiction, comme l’écrivit l'écrivain autrichien Gustav Meyrink en 1915.

 

 

 

 

 

 

Golem 9a

Ce sont bien des grincheux… Ceux qui savent affirment que l’histoire est tout à fait authentique, et que le golem, obéissant à son dernier maitre, est allé se cacher dans le cimetière du quartier Žižkov.

 

 

 

 

 

 

 

http://www.kabbale.eu/l-exorcisme-par-les-rabbi-la-magie-et-le-golem/

http://www.kabbale.org/index.htm

http://www.paranormal-encyclopedie.com/wiki/Articles/Golem

http://institut-symbiosis.com/2010/08/les-capitales-mystiques-prague/

http://www.prague.eu/fr/objets/lieux/181?frm.categoryListing=181

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La synagogue Pinkas

 

Prague synagogue Pinkas 9

On entre dans le cimetière de Josefov en passant par la synagogue Pinkas dont la construction remonte à la fin du XVe siècle, entre 1479 et 1535.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas plan 1

La légende affirme que le rabbin Pinkas qui la fit ériger sur l’emplacement d’un sanctuaire du XIe siècle, trouva l’argent nécessaire dans le cadavre d’un singe qui atterrit dans son jardin. La bête appartenait à un orpailleur. Imitant son maitre qui vérifiait l'authenticité des pièces en les mordant, elle les avalait…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 7

L’endroit était alors un lieu de prière privé.

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 1

Le bâtiment fut agrandi dans un style gothique tardif par Aaron Meshullam Zalman Horowitz. Après la seconde guerre mondiale, la synagogue fut transformée en mémorial pour les victimes des nazis : les murs furent recouverts de leurs noms.

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 3

Elle fut fermée au public en 1968 lorsque la nappe phréatique, remontant le long des murs, fragilisa le bâtiment. Des travaux d’isolation furent entrepris.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 4

Des fouilles archéologiques permirent en 1950 de découvrir dans le sous-sol des pièces voûtées ainsi qu’un puits et un bain rituel utilisé pour l'ablution nécessaire aux rites de pureté dans le judaïsme (mikveh).

 

Prague synagogue Pinkas 6

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 2

Le régime communiste s’arrangea pour que les travaux s’arrêtent, et effaça les noms sur les murs. Ils reprirent en 1990, et en 1992, les noms des 77 297 victimes juives de Bohême et de Moravie furent réécrits sur les murs.

Prague synagogue Pinkas 5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 8

Une plaque commémorative en souvenir d’Horowitz et de son épouse est incrustée sans le mur du vestibule.

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