31 août 2011

Notre-Dame de Baffie



Saint_Germain_Laval_Notre_Dame_de_Baffie_17Remplaçant l’ancienne déesse celte, la statue, volée en décembre 1997, possédait bien toutes les caractéristiques des vierges noires. Datant du XIIe siècle, elle était de la même veine que les vierges auvergnates, en majesté, l’enfant sur les genoux.

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Germain_Laval_Notre_Dame_de_Baffie_19Elle était sculptée dans du bois de genévrier, probablement issu de Phénicie. Le voile sculpté autour de son visage devait se déployer en plis concentriques sur son torse et ses bras et se prolonger par une tunique, comme ses sœurs de Vauclair et de Gervazy. Les visages sont graves, celui de l’enfant porte des traits d’adulte.

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Germain_Laval_Notre_Dame_de_Baffie_21C’est au XVIe siècle que l’ancienne statue fut mutilée. Un nouveau corps fut alors refait grossièrement, sur lequel on colla les deux têtes, et que l’on cacha par un vêtement. De Vierge en majesté, elle devint vierge debout. Il nous en reste heureusement une vieille photo.

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Germain_Laval_Notre_Dame_de_Baffie_18Passons aux légendes. Comme beaucoup de Vierges noires, la première parle de saint Louis la rapportant des croisades en 1254 et l’offrant à Guillaume de Baffie. Il me semble qu’il a du trainer derrière lui un plein chariot de statues le pauvre homme.

 La deuxième raconte l’histoire d’un ménétrier (musicien des fêtes de village) qui, voulant chanter devant la Vierge, ne put que jouer de son violon puisqu’il était empli de péchés. La Vierge lui sourit, pencha la tête, et il put de nouveau reprendre sa chanson.

 

 

 

 

 

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La troisième nous fait part de la propension de la statue à revenir sur le lieu qu’elle avait choisi : 3 fois elle fut déménagée, trois fois elle revint seule au bord de l’Aix. La dernière fois, elle posa le genou sur un rocher qui garda sa trace. Cette légende était si ancrée dans l’esprit des gens, qu’après la révolution, quand la statue fut mise dans l’église de Saint-Genis-Laval, on l'attacha avec des chaînes à l'autel sur lequel elle était posée.

Une autre légende raconte dans les « Mystères de la Loire » qu’un dénommé Hugues Baffie, seigneur-brigand, déroba la statue. Les fleurs de lys d’or tombèrent alors petit à petit du manteau de la Vierge, laissant au sol une trace sur le chemin emprunté. Pris de remords, Hugues rendit la statue et lui fit construire la chapelle.

Notre-Dame de Baffie était invoquée pour la bonne santé des enfants, pour les malformations osseuses, surtout des jambes. C’est elle qui, toujours selon la légende, empêcha la peste d'atteindre Saint-Germain-Laval. Elle était protectrice des unions, et aujourd’hui encore, les jeunes mariés lui apportent le bouquet de la mariée en hommage.  

Dernière chose, Notre-Dame de Baffie, au rythme des saisons, porte une robe de soie blanche au printemps et une de velours bleu foncé à l’automne. Je vous laisse le soin d’étudier plus profondément le symbolisme de tout ceci.

 

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24 août 2011

Les variolites


Maguelone_4Les variolites sont des pierres que l’on trouve dans le sud de la France, plus exactement dans le lit de la Durance et sur le lido de Maguelone. Ces pierres, originaires des Hautes-Alpes ou du Queyras, ont été charriées par la rivière jusqu’à la mer, où les courants les ont emportées vers la plage. Elles se sont formées au Jurassique moyen (160 millions d'années), quand les volcans sous-marins rejetèrent des laves basaltiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Variolites_1aAu contact de l’eau, le basalte refroidissant très vite se parsema de petites sphères de quelques millimètres de diamètre constituées essentiellement de minéraux silicatés blanchâtres, des plagioclases, ou vert pâle, des chlorites et des actinotes. Quand les Alpes se soulevèrent (70 millions d'années), ces roches furent sorties de l’eau, soulevées, plissées, et se retrouvèrent dans le Queyras et dans le massif du Chenaillet. L’érosion les transforma en cailloux qui, transportés par les rivières, prirent la forme de galets polis.

 

 

 

 

 

 

Variolites_2aLe nom de variolite provient du fait qu’elles semblent présenter les boutons de la variole. Quand à leur surnom de « pierres à venin », ou « pierres à la Picote », ce sont les bergers qui le leur ont donné. En effet, depuis le néolithique, les variolites semblent avoir eu une réputation de pierres de protection. Les druides de la Gaule méridionale les utilisaient. Plus récemment, les bergers de Provence, du Languedoc ou des Cévennes, gardant les anciennes traditions, les inséraient dans les murs des bergeries, les mettaient au cou des bêtes, ou dans l’abreuvoir.

 

 

 

 

 

Variolites_3aElles les protégeaient de la clavelée (picota en langue d'Oc), du piétin (dermatite des ovins, caprins et bovins, qui peut entraîner la boiterie ou le décollement des sabots), des morsures de serpent, mais aussi des esprits errants de la montagne et des attaques des loups. Les femmes s’en frottaient le ventre pour être fécondes. Les variolites étaient utilisées en application directe, ou parl’eau de trempage que l’on buvait.

Un site où vous retrouverez tout sur les variolites, et bien plus encore : http://www.variolite.fr/

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Le mont Saint-Clair de Sète



S_te_3Le mont Saint-Clair est un endroit chargé d'une énergie tellurique puissante. Culminant à 175m, le mont, vu des alentours, ressemble à une baleine, ce qui fut à l'origine du nom de la ville étendue à ses pieds : Sète, issu du latin cetus et avant du grec kêtos, la baleine.

 

 

 

 

S_te_4Les fouilles archéologiques du bassin de Thau mirent à jour des traces d’habitat datant de l’âge du bronze, sous deux mètres d’eau au large du quartier du Barrou. L’endroit fut habité par les celtes, puis les grecs et les romains. La position du mont, ainsi que sa hauteur, en fit un refuge pour la navigation, et ainsi, l’endroit devint une étape commerciale maritime.

 

 

 

 

S_te_1Au IXe siècle, le mont fait partie de l'abbaye d'Aniane, puis d'Agde. Il devint un poste de veille contre les pirates puis les corsaires, comme le célèbre Barberoussette, pirate du XVIe siècle qui allumait des feux sur le mont pour attirer les bateaux.

 

 

 

S_te_12aLe mont ne fut jamais très peuplé, mis à part quelques pêcheurs travaillant sur l’étang de Thau. Au XIIe siècle, un oratoire dédié à saint Clair fut construit à son sommet. En 1586, le fortin de Montmorencette y fut construit en l’honneur d’Henri  II de Montmorency. Richelieu le fit démolir en 1682. C’est à cette époque qu’un ermite, frère Hilarion, vint s’installer dans les ruines. D’autres moines le suivirent et bientôt un petit monastère s’installa.

 

 

S_te_5Au XIXe siècle, la chapelle fut reconstruite, s’appuyant sur les restes de pans de murs militaires. Elle fut dédiée à Notre-Dame de la Salette le 19 septembre 1866.
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S_te_7La tour de la chapelle pourrait être confondue avec un clocher. C’est en fait un ancien signal géodésique (qui indique une position précise et qui fait partie d'un réseau de triangles avec d'autres sommets géodésiques). Il est surmonté d’une statue de la Vierge. 

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S_te_11A ses côtés existait un sémaphore (du grec sema, signe et phoros, qui porte : poste de guet établi sur la côte, chargé de surveiller les approches maritimes et de signaler par signaux optiques toute activité ennemie) démoli par les Allemands en aout 1944.

 

 

 

 

S_te_aPlusieurs légendes racontent l’histoire sous un autre angle… Comme celle de l’ancien golfe de Thau et de sa ville, dont les habitants, devenus trop fiers, furent punis par Poséidon. Il remonta avec son trident une énorme baleine, qu’il déposa à l’entrée du golfe. La baleine, apercevant le dieu de la Mer, se pétrifia, devenant le mont Saint-Clair. Le golfe devint alors étang.

 

 

 

 

 

 

S_te_cL’histoire médiévale des trois frères de Saint-Martin de Londres (dont l’étymologie dérive du mot celtique lund qui signifie marais) est aussi très jolie. Les trois frères, Guiral, Loup et Clair, étaient amoureux de la même jeune fille. Seuls leurs exploits guerriers devaient les départager. Ils revinrent des croisades couverts d’honneur.

 

 

 

 

S_te_bMais la belle ne put choisir, étant morte la veille. Ils décidèrent alors de vivre en ermites. Ils montèrent chacun sur l'un des trois pics formant un triangle autour de Saint-Martin, et tous les 24 décembre, ils allumèrent des feux à leur sommet pour signaler leur présence. Il y eut trois feux, puis deux, puis un seul, et enfin, plus rien. En leur hommage, les trois pics furent appelés Saint-Guiral, Saint-Loup et Saint-Clair.

 

 

 

S_te_110http://www.ot-sete.fr

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10 août 2011

La basilique San Zeno, historique



V_rone_4Vérone, de par sa position géographique stratégique, existait déjà lors de l’invasion des Etrusques, puis des celtes Cénomans. Elle devint ville romaine en 89 avant notre ère et se développa au carrefour de trois grandes voies : la via Postumia, la via Gallica et la via Claudia Augusta.

 

 

 

 

V_rone_7A la chute de l'empire romain, Vérone passa aux mains des barbares germains au Ve siècle et devint la résidence de la cour du roi ostrogoth Théodoric en 489. Après la brève reconquête par Justinien en 553, les Lombards vainquirent les Romains.

 

 

 

 

 

V_rone_1En 774, Charlemagne vainquit les Lombards et son fils Pépin hérita de la région. En 1226, Vérone tomba sous la domination du Saint-Empire romain germanique, qui céda plus tard la province de Vérone à son vassal, le duc de Bavière.

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Cloitre_17Aux premiers temps de Vérone, c’est le long de la via Gallica qu’une une vaste nécropole païenne se tenait. C’est à cet endroit, en 380, que fut inhumé saint Zénon, huitième évêque de Vérone.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Cloitre_20Selon la légende, la première église fut érigée sur son tombeau par Théodoric, roi des Ostrogoths. C’est au cours du VIe siècle que le bâtiment originel subit des réfections. Certains archéologues considèrent que le sacellum (petite enceinte ronde ou carrée, consacrée à une divinité, et contenant un autel), encore présent dans le cloître, date de cette période.

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Crypte_5En décembre 806, une nouvelle basilique, construite ainsi que le monastère attenant, à l’initiative de l’évêque Ratoldus, fut consacrée en présence du roi Pépin et les reliques du saint y furent transférées le 21 mai 807. L’édifice fut détruit par les Hongrois (les Magyars) en 963 et fut reconstruite selon les règles de l'art roman Vérone par l'empereur Othon Ier et l'évêque Raterius, avec trois nefs, trois absides et une crypte.

 

 

 

V_rone_6Le clocher haut de 72 mètres fut construit vers 1045. Le 3 Janvier 1117, l’église fut endommagée par un tremblement de terre, restaurée et agrandie en 1138. Le travail fut achevé en 1398, par les architectes Jean et Nicolas Ferrara, qui donne à basilique sa physionomie actuelle, avec la construction de l'abside gothique et du plafond en carène de navire.

 

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Crypte_13La tradition veut que Roméo et Juliette se marièrent dans sa crypte à cette époque. En 1870, l'escalier monumental du Cinquecento est remplacé par les actuels escaliers latéraux et par l'accès central à la crypte. Selon la volonté de la République de Venise, le monastère cesse ses activités en 1770 et la basilique devient paroissiale en 1806.

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Cloitre_8http://it.wikipedia.org/wiki/Basilica_di_San_Zeno
http://www.medioevo.org/artemedievale/Pages/Veneto/SanZenoaVerona3.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_32http://www.verona.net/it/monumenti/chiesa_san_zeno.html
http://france-romane.com/Etranger/E_Documentation/Notice_S-Zeno.pdf

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La basilique San Zeno, l’extérieur




Le clocher


V_rone_San_Zeno_29Le clocher, détaché de l’église, fait 72 m de haut. Il fut commencé en 1045 par l’évêque Albéric, restauré en 1120 et surélevé en 1178. De même style que l'église romane, il est divisé en plusieurs étages par des corniches et des arches.

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V_rone_San_Zeno_36Le dernier étage possède des fenêtres à triple meneaux. Il est surmonté d'une flèche conique avec des pinacles à chaque angle. Des pierres de remploi romaines sont encore visibles sur sa façade. Il contient la plus ancienne cloche de Vérone, qui fut fondue en 1149.

 

 

 

 

 

 

La façade

 

V_rone_San_Zeno_39Elle fut élevée par maître Brioloto entre 1217 et 1225. Construite en tuf, elle est divisée en trois composantes verticales, marquant la nef centrale et les deux bas-côtés. Ces trois parties sont délimitées par deux pilastres d’angle se terminant par un chapiteau au niveau du fronton triangulaire. Au niveau du tympan court une galerie peu profonde de 12 arcs jumelés, divisé par de minces colonnettes identiques à celles de la rosace. Le nombre 12, symbolisant les cycles.
Le fronton triangulaire définit la nef et crée un contraste frappant avec la pierre de tuf du reste de la façade de l'église, étant de marbre blanc divisé par sept pilastres de marbre rose.

 

 

Le porche, ou protiro


V_rone_San_Zeno_5Le protiro (du grec prothyron, qui définit un petit édicule architecturé construit devant l'entrée principale d'une église) fut l’œuvre de maitre Niccolò. Il est constitué par une voûte en berceau soutenue par un couple de colonnes (dans certains cas la voûte fait simplement saillie sur la façade de l'église, comme pour San Procolo.

 

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_26Les colonnes du protiro ne s'appuient pas directement sur le sol mais sur des lions, dits « lions stylophores », comme à Trente. Ces lions en marbre, caractéristiques de l'architecture romane lombarde, sont dérivés des lions funéraires romains, gardiens des tombes.

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_42Ce sont des lions apotropaïques (du grec apotropein, détourner) qui conjurent le mauvais sort, visent à détourner les influences maléfiques, éloignent les forces du mal et effrayent l'ennemi. Le lion est aussi symbole de force et de courage, mais il peut aussi représenter l’orgueil et la colère. Force brutale incarnée dans la matière lunaire, mais aussi puissance maitrisée du principe solaire accompli. C’est aussi le symbole de la résurrection.

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_13Le fronton triangulaire de marbre blanc est porté par deux télamons, un homme avec les jambes croisées, et une femme.
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V_rone_San_Zeno_8Il est encadré des saints Jean-Baptiste et Jean l'Evangéliste.
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V_rone_San_Zeno_7Ilporte la main de Dieu bénissant, trois doigts levés pour la connexion cosmique, deux baissés pour le tellurique. L’inscription latine est traduite par « La main droite de Dieu bénit ceux qui viennent le demander ».

 

 

 

 

 

Verone_San_Zeno_porcheIl présente aussi, sur les côtés, les douze mois de l'année avec leurs travaux respectifs, qui reflètent les douze secteurs de la roue de la fortune : c’est la répétition de cycles  qui se succèdent sans cesse.
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V_rone_San_Zeno_41Le tympan figure des scènes historiques de la ville de Vérone, encadrant saint Zenon tenant sa crosse et bénissant, les pieds posés sur un dragon. L’initié, avec sa crosse, maitrise la bête que l’on peut comparer à des pulsions primaires, ou à des forces telluriques, ou à la connaissance, mais certainement pas au mal ou au démon. Les bas-reliefs représentent la vie de saint Zénon, et quelques miracles qu’il accomplit.

 

 


Les bas-reliefs


V_rone_San_Zeno_25Le portail est flanqué de 18 bas-reliefs en marbre datant du XIIe siècle.
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V_rone_San_Zeno_27Sur la gauche,  des scènes bibliques sculptées par maitre Guillaume, et sur la droite, maitre Niccolò représenta des scènes de la vie de Jésus. Plus bas, des épisodes de la vie de Théodoric, comme le duel avec Odoacre et la chasse au chevreuil. 

 

 

 

 

 

 

 

Le portail


V_rone_San_Zeno_Int_rieur_22Les portes de bronze de la basilique, dont chaque battant est décoré de 24 panneaux en relief, furent fabriquées entre le XIe et le XIIIe siècle.
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V_rone_San_Zeno_Int_rieur_24Nous trouvons des scènes du Nouveau et de l’Ancien Testament,

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_43de la vie et des miracles de saint Zenon,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Int_rieur_26des représentations de généreux donateurs comme Mathilde de Canossa et son mari Godefroy, des thèmes musicaux, la représentation de vertus théologales.

               

 

 

 

 

   
La rosace

V_rone_San_Zeno_40C’est une roue de Fortune, comme celle de Trente, où la symbolique est traitée. Cette roue date du début du XIIIe siècle, et fut faite par maitre Brioloto. C’est l'un des premiers exemples en architecture romane d'une rosace.

 

 

 

 

 

 

 

Verone_San_Zeno_rosaceElle est divisée en douze secteurs séparés par des rayons constitués de paires de colonnes qui rejoignent le centre.

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_15Sur le bord extérieur, six personnages, traités en haut-relief, représentent la destinée des humains.

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Rappel d’une citation de Lucien Carny : « Cette ascension de la roue de la fortune, c'est la tentative de reconquête de l'état primordial d'avant la chute. La chute de l'homme, c'est la dualité, l'histoire étant le déroulement de l'incarnation du Verbe Divin initiant l'homme à l'intelligence pour le conduire à la Connaissance. C'est l'obscurcissement, par la bêtise humaine, des  révélations divines conduisant à la perte du Verbe. C'est le passage du Paradis Terrestre qui est le centre de la roue, à la chute, c'est-à-dire aux rayons, jusqu'à la circonférence de la roue. Le temps est l'énorme illusion et la plus belle invitation au  sommeil. »

V_rone_San_Zeno_11Des vers en latin sont gravés au centre : « Moi, Fortune, je décide de la destinée des mortels, j’élève et je précipite, je donne le bonheur et le malheur. Je recouvre ceux qui sont nus et je dépouille ceux qui sont richement habillés. On se moquera de celui qui a mis sa confiance en moi. »

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La basilique San Zeno, l’intérieur



V_rone_San_Zeno_Int_rieur_20L’église, en forme de croix latine, possède une nef, deux bas-côtés, un chœur et un transept.
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V_rone_San_Zeno_Int_rieur_19Les allées sont divisées par une alternance de pilastres en croix et de colonnes à chapiteaux à motifs zoomorphes et corinthiens, appartenant à des bâtiments romains préexistants.

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Int_rieur_15Le plafond voûté en bois date du XIVe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Int_rieur_1Le sanctuaire fut agrandi et surélevé plusieurs fois, entre le IXe et le XIVe siècle. Elle comporte trois niveaux : la crypte, l’église, et le chœur surélevé, accessible par deux escaliers en marbre.

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Int_rieur_16L'abside polygonale gothique, résultat de l'expansion du chœur, fut achevée en 1398.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_45En entrant, sur la gauche, une vasque monolithique en porphyre de 2 mètres de diamètre, d'époque romaine. C’est un labrum lustrale, qui pouvait avoir deux fonctions : ou bien un bassin d'eau consacrée, placé comme un bénitier à l'entrée d'un temple païen, pour contenir l'eau lustrale servant à purifier les mains avant le sacrifice, ou alors un bassin qui s'élevait du plancher à l'extrémité circulaire de la chambre thermale (caldarium). Une légende se rattache à cette vasque, que nous retrouverons dans la vie de saint Zenon.

V_rone_San_Zeno_Int_rieur_21Sur la droite,  un baptistère octogonal en marbre du XIIIe siècle, qui pourrait être un balneum (une sorte de baignoire où l’on se purifiait l’âme par l’eau baptismale), surmonté d’une croix du XIVe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Int_rieur_3Plus loin dans l’église, la  statue polychrome en marbre de Saint Zénon datant du XIIIe siècle. Elle représente le saint, assis sur son trône épiscopal, tenant sa crosse d’où pend un poisson. Son visage est bien de couleur noire, qui confirme son appartenance à la communauté mauritanienne. Elle est appelée par les habitants de Vérone « San Zen che ride », saint Zenon qui rit.
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V_rone_San_Zeno_Int_rieur_6Le triptyque d’Andrea Mantegna, peint entre 1457 et 1459, considéré comme un chef d’œuvre de la renaissance italienne, se trouve dans le chœur. En 1797, l’armée française emmena le retable. La partie haute ne fut restituée qu’en 1815, alors que la partie basse, restée en France (au musée de Tours et au Louvre à Paris), fut copiée par un descendant de Véronèse.

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_46Le sarcophage des saints Lupicin, Lucillus et Crescentianus, tous évêques de Vérone, date du XIIIe siècle. Il sert actuellement de maitre-autel. Y sont représentées des scènes de l’évangile, dont une crucifixion entourée des évangélistes.

 

Les fresques


V_rone_San_Zeno_Int_rieur_17La basilique possède de nombreuses fresques, dont la plus vieille, représentant saint Christophe, date du XIIe siècle.

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_48Nous retrouvons aussi saint Georges et la princesse (qui, entre parenthèses, tient en laisse le dragon que le chevalier terrasse avec sa lance…).

 

 

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Int_rieur_11Il est entouré du baptême du Christ, de la résurrection de Lazare, du transfert des reliques de saint Zenon.

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_51La fresque dite de la « Madone blanche », du XIVe siècle.
Les fresques parfois se chevauchent.

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La basilique San Zeno, la crypte



V_rone_San_Zeno_Crypte_1Un escalier central mène à la crypte.
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V_rone_San_Zeno_Int_rieur_2L’entrée est composée de trois arches surmontées d’une balustrade, où se tiennent 7 sculptures représentant le Christ entouré d’apôtres datant du XIIIe siècle.

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Crypte_3Les arches romanes ont été sculptés en 1225 par Adamino da San Giorgio.
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V_rone_San_Zeno_Crypte_11La crypte est composée de huit allées de cinq travées. 49 colonnes supportent les voûtes soutenant le chœur. A l’époque carolingienne, c’était un simple sanctuaire où l’on conservait les reliques de saint Zenon, déposées là en 921.

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Crypte_15Elle fut agrandie au XIIIe siècle, restaurée aux XIIIe et XVIe siècles, et le corps du saint, portant une robe d’évêque et un masque en argent, est conservé dans un sarcophage de verre posé dans le chœur.


 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Crypte_19Les colonnes centrales semblent plus anciennes que les autres, et datent probablement du Xe siècle. Les chapiteaux sculptés sont plus grossiers, mais portent un symbolisme puissant.

 

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Crypte_21Plusieurs hommes/animaux, comme des singes, ou des béliers, se transforment en humains sur un même chapiteau.
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V_rone_San_Zeno_Crypte_10D’autres chapiteaux montrent des hommes/singes, encore dans l’animalité, nus pour bien montrer que seul le Moi compte.

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Crypte_12Ils ont les pieds posés dans la matière figurée par le tore (le tellurique). Ils sont tournés vers l’extérieur, sont isolés, semblent se tortiller. L’un d’eux commence à lever une main au ciel (le cosmique). 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Crypte_22Plus loin, l’homme/singe, moins bestial, les pieds toujours dans la matière, lève ses deux bras en direction du ciel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Crypte_8Puis il est porté par des plantes, au-dessus du tore, où il tient par la main ses semblables.

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Crypte_16Plus loin encore, un homme et une femme portant de longs cheveux figurant deux serpents, se retournent vers l’intérieur, leurs pieds n’étant plus reliés à la matière, leurs mains levées au ciel accrochées à l’arbre de la connaissance.
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V_rone_San_Zeno_Crypte_17Le dernier chapiteau figure des aigles, animal solaire représentant l’initié, mais la transformation n’est pas complète puisque les ailes sont toujours tournées vers la matière. Il faudra arriver au saint des saints afin de trouver l’illumination.

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Crypte_7Les autres chapiteaux sont de type corinthien, et sont peut-être du réemploi. Les colonnes latérales sont du XIIIe siècle, époque de l’agrandissement de la crypte.

 

 

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Crypte_14Les murs sont décorés de fresques des XIIIe et XIVe siècles, qui parfois se chevauchent.
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V_rone_San_Zeno_Crypte_25Parfois, des pierres de remploi d'époque romaine apparaissent. 

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La basilique San Zeno, l’abbaye




V_rone_San_Zeno_planLe monastère carolingien primitif, situé hors les murs de Vérone, se développa rapidement et devint une grande abbaye bénédictine, dont Dante parla dans sa Divine Comédie.

 

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Cloitre_2L’abbaye, reconstruite au Xe siècle, devint la résidence des empereurs lorsqu’ils venaient à Vérone. Othon Ier, Frédéric Ier Barberousse et Frédéric II y logèrent.

 

 

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_35Il n’en reste qu'une haute tour crénelée en briques, construite entre le XIIe et le XIIIe siècle, et le cloître. Le palais et les bâtiments monastiques furent démantelés durant les guerres napoléoniennes, les pierres servant à d’autres constructions de Vérone. 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Cloitre_5Parmi les ruines sont conservés des pierres tombales ayant appartenu à l’ancienne nécropole.
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V_rone_San_Zeno_abbaye_2L’ancienne entrée du monastère sert encore aujourd’hui aux visiteurs de départ de la visite. La pièce est formée de trois petites nefs, dont les voûtes croisées sont soutenues par deux colonnes.

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_abbayeDans le bâtiment adjacent fut reconstruite récemment l’ancienne bibliothèque de l’abbaye.

 

 

 

 

 

 

Le cloître


V_rone_San_Zeno_Cloitre_15Le cloître actuel, restauré en 1123 et rénové au XIIIe siècle à l'époque du prieur Giuseppe Della Scala (1293-1313), présente au sud des galeries romanes avec des arcades en plein cintre,

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Cloitre_19alors que celles du nord sont gothiques, avec des arcs brisés.

 

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Cloitre_18Les galeries voûtées sont soutenues par des colonnes doubles en marbre rouge de Sant’Ambroggio.

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Cloitre_23Les seules représentations de têtes humaines, comme dans la crypte, rappellent la transformation de l’animal en humain. Cette fois, point de singe, ni de taureau, mais un loup, ou un chien.

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V_rone_San_Zeno_Cloitre_21Et franchement, je pense que Bob Kane et Bill Finger sont passés par Vérone en 1939.

 

 

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Cloitre_3Tout le long des galeries se trouvent des pierres tombales et les tombeaux de plusieurs abbés.
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V_rone_San_Zeno_53Ici, celui de Giuseppe della Scala. Son frère Pietro Ier était alors évêque de Vérone, son père Alberto et ses frères Bartolomeo et Alboino Ier, ainsi que ses neveux Alboino II et Mastino II furent podestats puis seigneurs de Vérone. Belle famille.


 

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Cloitre_20Le cloître possède encore son lavabo, où les moines venaient se laver.

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Cloitre_14Il est soutenu par 4 colonnes à chapiteaux feuillus.
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La vie de saint Zenon (San Zeno)



V_rone_San_Zeno_12Né en Afrique, plus exactement en Mauritanie au début du IVe siècle, il fut formé à l'école de la rhétorique, dont les principaux défenseurs étaient Apulée de Madaure, Tertullien, Cyprien et Lactance. Il quitta son pays natal pour venir à Vérone en 362. 

 

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_43Il y fonda la première église de la ville, et en devint l’évêque. Il combattit l’arianisme, vécut dans l'austérité et la simplicité, et pour ne dépendre de personne, allait lui-même pêcher des poissons pour manger. Il mourut en martyr vers 380, et son culte se répandit dès le Ve siècle. Nombreux sont les miracles qui lui sont attribués.

 

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_Int_rieur_29Par exemple, il guérit la fille d’un magistrat de Vérone, Rezia Gallien, dont la fille était possédée.

 

 

 

 

 

 

 

V_rone_San_Zeno_45Ou bien, il fit un pari avec de diable lors d’une partie de ballon, le ballon étant quand même le sommet d’une montagne. Ayant gagné, il força son rival à transporter sur ses épaules depuis Rome une vasque en porphyre, que l’on retrouve à l’entrée de la basilique.

 

 

 

Verone_San_ZenoD’autres miracles survirent après sa mort : la légende, rapportée par le pape Grégoire Ier (l'un des quatre Pères de l'Église d'Occident, avec saint Ambroise, saint Augustin et saint Jérôme), raconte qu’en 589, lors de la crue dévastatrice de l’Adige, l’eau s'arrêta sur le seuil de l'église où venait de se dérouler le mariage du roi lombard Authari et de la princesse Théodelinde de Bavière.

Il est le patron de la ville de Vérone, des pêcheurs, des enfants qui apprennent à marcher. Il est aussi invoqué contre les inondations.

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