Le prieuré de Saint-Romain-le-Puy, historique
Il est dit que la première chapelle fut construite au IV ème siècle sur le neck (piton volcanique) de Saint-Romain par saint Martin de Tours, bien connu pour avoir créé les premiers monastères en Gaule, et pour avoir remplacé les temples païens et les mégalithes par des églises. C’est exactement la même configuration que pour la chapelle de Saint-Michel d’Aiguilhe, au Puy en Velay. D’ailleurs, la même énergie s’en dégage.
Il semblerait donc qu’il y ait eu, dans les temps reculés, un mégalithe posé au sommet de la colline (une pierre percée en forme d’auge, à ouverture circulaire, dont l’avocat Grangeon de Montbrison raconte que l’on y déposait les enfants chétifs pour les faire vivre), transformé en sanctuaire druidique au temps des celtes.
La présence de nombreuses pierres de remploi d’origine gallo-romaine dans la structure même de l’édifice, des trois enceintes du château ainsi que la symbolique des chapiteaux tendent à prouver l’ancienneté du sanctuaire. La chapelle devint vite populaire, et un premier village se construisit à proximité.
En 993, Boschitaleus Miles, le seigneur du lieu, fit ériger la première église et en fit don à l’abbaye d’Ainay. Ainay désigna Aldebertus comme premier prieur, et les premiers bâtiments du monastère se mirent en place ainsi que le château en 1007.
Aldebertus fit agrandir l’église vers l’est. Il mit en place une crypte afin de recevoir les reliques de saint Romain, et pour cela, remplaça l'ancienne abside et les absidioles. Les travaux s’achevèrent en 1017, date à laquelle le nom de Saint-Romain-le-Puy apparut.
En 1173 l’archevêque de Lyon céda les lieux au comte du Forez Guy II. Au XIII ème siècle, la vigne plantée alentours donnait le vin de Nuyts. Le vignoble disparut pendant la guerre de 14, mais en 1997 il fut replanté sur les pentes du pic : le Viognier depuis porte le caractère de son sol basaltique.
La peste noire en 1348, qui ne laissa que trois habitants dans le bourg, puis la guerre de Cent Ans affaiblirent le prieuré.
Au XV ème siècle, le prieur Jacques de Bouthéon fit édifier une chapelle sur le mur nord de la nef ainsi que le portail ouest. C’est grâce à lui et à ses mémoires, réalisées à partir d’anciennes archives en sa possession (comme les actes primitifs de l’église) que nous connaissons mieux l’histoire du sanctuaire.
Les reliques de saint Romain furent probablement détruites par le baron des Adrets et ses troupes calvinistes lors de leur passage en 1562. En 1633, sous Louis XIII, les murailles du château furent détruites par ordonnance de Richelieu. 
Le prieur fut remplacé par un simple chapelain dépendant d’Ainay, les derniers moines furent transférés à Lyon. En 1666, Jacques de Bérulle, archevêque de Lyon et prieur non-résident de Saint-Romain, décida de mettre fin à la communauté. Les bâtiments tombèrent peu à peu en ruine, et ce qui restait du prieuré fut vendu comme bien national en 1789, pendant la révolution.
La famille Jullien de Pommerol, alors propriétaire des lieux, donnèrent l’église à la commune en 1885 sous réserve qu'elle en assure l'entretien. Les premiers travaux furent entrepris, et les peintures murales dégagées en 1887.
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_prieurale_de_Saint-Romain-le-Puy
http://www.mairie-saintromainlepuy.fr/fr/information/14875/histoire
« Le prieuré de Saint-Romain-le-Puy » (Publications de l’université de Saint-Etienne, 1992)
Le prieuré de Saint-Romain-le-Puy, l’extérieur
Pour arriver sur le site, il faut suivre un chemin sinueux qui rejoint l’ancienne carrière de basalte. Son exploitation au XIX ème siècle détruisit une partie des enceintes et des maisons qui couvraient les pentes du pic.
Des anciens bâtiments conventuels et du château, il ne reste que quelques ruines. Le château formait un quadrilatère irrégulier long de 40 mètres et large de 20. Ses murailles avaient trois pieds d’épaisseur. Le cloître avait la forme d’un carré de 20 mètres de côté.
L’église Saint-Romain est posée sur le point le plus haut du pic, un rocher se terminant par une pente abrupte du côté nord, et se prolongeant au sud par une pente plus douce. 
Le mur gouttereau sud de l’église, construit avant 980, présente les vestiges d’une ancienne porte dégagée en 1910. Le croisillon du transept est un vestige du bâtiment initial. 
Sur les murs, des panneaux sculptés du même type que celles qui se trouvent à la basilique de Saint-Martin d'Ainay. Sous le toit est gravée l’inscription « HEC EST ECCLESIA IN HOHORE …MUNDI », « cette église est construite en l’honneur du sauveur du monde ».
La frise présente des symboles empruntés au paganisme, comme les lions affrontés, et la signature d’Aldebertus.
Le chevet à l’est, élevé sur la crypte, date du début du XI ème siècle. Une ancienne porte offrait un accès direct à la crypte.
Le clocher est construit au-dessus de la croisée du transept.
Le portail occidental quand à lui date du XV ème siècle. Il fut réalisé vers 1430 par Jacques de Bouthéon en molasse, matériau friable, et ses décorations gothiques, qui contrastent avec la simplicité du reste de l’église, sont très abimées.
Le prieuré de Saint-Romain-le-Puy, l’église
Sa caractéristique principale, comme à Saint-Michel d’Aiguilhe, est la présence d’une première chapelle englobée dans un édifice plus grand. On peut constater cinq étapes de construction.
- La première connue peut dater des IV ème et V ème siècles. Les fouilles ont mis à jour des vestiges de l’antiquité tardive, des sépultures.
- La deuxième, (gris) voit l’extension du sanctuaire pendant le haut-moyen-âge. Le plan centré triconque de l’église encore modeste en est encore visible.
- La troisième, (noir) au X ème siècle, voit l’ajout d’une nef à l’ouest.
- La quatrième, (hachures) au XI ème siècle, date de l’installation du prieuré. L’ancienne abside est supprimée, laissant place à un chœur plus vaste, surélevé pour laisser place à la crypte.
- La cinquième, (pointillés) au XV ème, met en place des embellissements gothiques, comme la chapelle au nord et le portail.
L’axe de l’abside et de la crypte est décalé vers le nord par rapport à celui de l’ancien sanctuaire. Il ne s’agit pas de donner l’inclinaison de la tête du Christ sur la croix, mais de respecter les lignes d’énergies telluriques du sous-sol.
La nef a une hauteur de 12 mètres sous la voûte. Le sol fut abaissé en 1988 afin de restituer le niveau de circulation roman. La poutre de gloire qui la traverse date du XV ème siècle, et porte les armes de la famille de Bouthéon.
Dans les parties hautes, les murs sont doublés par une arcature aveugle jouant le rôle d’arc de décharge pour les murs soutenant le clocher.
De la première chapelle de plan centré triconque reste les exèdres semi-circulaires (salle de conversation équipée de sièges ou de bancs qui suit le plus souvent un plan semi-circulaire facilitant le contact entre les interlocuteurs), à l’intersection du chevet et de la nef. Voûtées en cul de four, elles ont été tardivement percées d’un oculus.
Celle du Nord donne accès à la crypte.
Le chœur, situé 3 mètres plus haut, est accessible par plusieurs marches. Il est flanqué d’absidioles.
La beauté de l’édifice, outre son architecture complexe, réside dans la présence de fresques datant pour les plus vieilles du X ème siècle.
Sur l’une d’elles, datant du XIII ème, nous trouvons représenté le martyre de saint Romain d’Antioche. L’hagiographie raconte que Romain, diacre de l’Église de Césarée en Syrie, se trouvait à Antioche quand commença la persécution de Dioclétien. Ne pouvant supporter de voir des chrétiens se plier aux normes des décrets impériaux et s’avancer vers les statues des idoles, il les incita fortement à résister.
Conduit devant un juge, il fut torturé, eut la langue coupée et finalement fut étranglé par le bourreau dans sa prison en l’an 303. Avec lui un enfant, saint Barallah ou Barulas, fut pris au hasard dans la foule pour apporter son témoignage. L'enfant dit qu’un seul dieu devait être loué, et, pour cela, il fut battu de verges et décapité.
Une autre fresque du XV ème montre deux saintes, Marie-Madeleine qui tient un flacon de parfum et Catherine d’Alexandrie accompagné de la roue de son supplice.
De part et d’autre du chœur, dans des arcs aveugles, un personnage fait le geste de la bénédiction. Il porte le pallium, bande de laine blanche croisée sur la poitrine. Un autre personnage en buste se trouve au dessus de lui. Il s’agit là probablement d’archevêques de Lyon.
Les 49 chapiteaux soutenant colonnes et arcatures présentent une variété de thèmes et de motifs imprégnés de l’influence méditerranéenne : 
animaux fantastiques, entrelacs, figures symboliques, motifs floraux et feuillages, des têtes de béliers et une seule représentation humaine.
Le prieuré de Saint-Romain-le-Puy, la crypte
Le tracé de la crypte Saint-Jean-sous-Terre reproduit à peu près le plan du chœur de l’église.
Deux escaliers de part et d’autre mènent l’un dans la nef, l’autre à une porte condamnée vers l’extérieur.
Elle comporte cinq arcs, dont deux aveugles.
Ils reposent sur des colonnes dont les chapiteaux sont ornés d’animaux affrontés, des lions, des phénix et des paons, des oiseaux buvant dans le même calice, des fleurs épanouies. 
A l’ouest, la voûte retombe sur deux piliers doublés de colonnes encadrant une niche à laquelle on accède par deux marches : elle devait abriter les reliques de saint Romain.















