Palais_Saint_Pierre_1En 1829, dans "l'Histoire de Lyon, depuis sa fondation jusqu'à nos jours", Pierre Clerjon parle d'un premier oratoire, une petite recluserie, construite à l'emplacement de l’actuel palais Saint-Pierre à la fin du IIIe siècle. Il fut bâti par un certain Albert ou Aldebert, gouverneur de Lugdunum sous le règne de Septime Sévère, nouvellement converti au christianisme.

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_16Il y consacra à Dieu ses deux filles, Radegonde et Aldegonde, qui fondèrent le premier monastère, le « Monasterium sancti Petri puellarum ». Il fut détruit au Ve siècle lors des invasions barbares, puis reconstruit au VIe sous l'impulsion de Godegisel, roi Burgonde. La règle bénédictine fut adoptée au VIIe siècle, et saint Ennemond donna l'impulsion à l'abbaye en lui prodiguant des largesses.


 

 

 

 

 

 

saint_ennemond_2Ennemond est né à Lyon aux environs de l'an 620, dans une famille gallo-romaine, sous le règne de Clovis II. Son père était préfet des Gaules. Il devint évêque de Lyon en 645. Il évangélisa la région de Saint-Chamond dont l'église renferme encore une de ses reliques. Victime d'un complot en 657 à Châlon, son corps fut ramené à Lyon dans l'église Saint-Nizier.  Il a donné son nom par dérivation linguistique à Saint-Chamond dans la Loire. On raconte que c'est Ennemond qui, le premier, imagina d'appeler les fidèles à l'office en faisant sonner les cloches des églises. De même, au moment où sa dépouille fut ramenée à Lyon, toutes les églises se seraient mises à sonner sur son passage.

 




Palais_Saint_Pierre_5Quelques textes retrouvés nous parlent d'une première restauration faite par l'évêque Leidrade vers l'an 800 après les invasions sarrasines. De l’église carolingienne nous reste certaines parties du parement extérieur du mur nord de la nef.

 

 

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_8A cette époque, l’abbaye prit le nom de Saint-Pierre-les-Nonnains et devint le plus riche établissement religieux de la ville, relevant directement du Vatican. Une autre restauration complète fut faite en 1173 à l'initiative de l'abbesse Rolinde.

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_de_Lyon_plan_4L’église romane Saint-Pierre, conventuelle, date de cette époque. L’église Saint-Saturnin, paroissiale, fut construite juste à côté d'elle : ses revenus seront perçus par les moniales.


 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_17Quelques parties romanes de l’église Saint-Pierre nous sont parvenues : le clocher-porche et les murs nord et sud de la nef.
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Palais_Saint_Pierre_18La voûte du porche en plein cintre est entourée de deux archivoltes reposant sur deux colonnes à chapiteaux et sur deux pilastres carrés. Voûte et archivoltes sont formées de pierres claires et sombres alternées.

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_20Les chapiteaux externes présentent des fleurs à cinq pétales, les chapiteaux des colonnes internes s’ornent de têtes humaines et animales : des lions, solaires, et des figures rondes, lunaires. Peut-être aussi des rongeurs, pattes posées sur une bordure.
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Palais_Saint_Pierre_6La grande niche, qui semble avoir servi d'entrée à la tribune au XVIIe siècle correspond à l'une des fenêtres qui éclairaient autrefois la nef.

 

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_11Les deux chapelles situées de part et d'autre de l'entrée du chœur forment les bras du transept. L'une était dédiée à sainte Marguerite, l'autre à saint Benoit, fondateur de l'ordre auquel appartiennent les religieuses.
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Palais_Saint_Pierre_14Celle là servit d'oratoire à l'abbesse, et sur l'autel, chaque matin, étaient exposées les reliques de saint Ennemond. Les autres chapelles seront ajoutées ultérieurement et transformées au XIXe siècle en bas-côtés.

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Palais_Saint_Pierre_de_Lyon_planbSur le plan scénographique de Lyon de 1550, on remarque dans le cloitre un puits et un arbre. Ces deux symboles, comme nous le verrons à Saint-Jean, sont issus des anciennes pratiques druidiques, et se rapportent aux énergies telluriques et cosmiques.


 

 

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_10C'est au XVIIe siècle qu’Anne de Chaulnes décida la reconstruction de l’abbaye. Elle fit appel à François Royers de la Valfrenière pour mener à bien ce projet. L'édifice se présentait comme un imposant palais de style romain, s'étirant sur tout un long côté de la place des Terreaux.


 

 

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_de_Lyon_plan_10A partir de ce moment, l'église étant devenue paroissiale, les religieuses assistèrent à l'office depuis une vaste tribune recouvrant une grande partie de la nef. En 1679 fut construit le grand escalier du nouveau couvent, directement relié à la tribune par un passage qui fut retrouvé et restauré en 1997.
En 1744, l'architecte Antoine Derégando transféra la tribune à l'autre extrémité de l'église, dans le chœur qu'il agrandit de 3 travées vers l'est. Il refit la voûte, construisit un nouveau clocher, élargit les fenêtres et vint plaquer sur les anciens murs le décor d'arcs et de pilastres.


 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_de_Lyon_plan_7Pendant la révolution, Saint-Saturnin fut détruite et Saint-Pierre devint fabrique de salpêtre avant d'être rendue au culte en 1803. Des travaux exécutés en 1822 supprimèrent la tribune et créèrent l'actuel décor du chœur. En 1907, au moment de la séparation de l'église et de l'état, Saint-Pierre fut désaffectée.

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_de_Lyon_plan_5La ville de Lyon l'attribua au musée des Beaux-arts, et le 10 juin 1934, Edouard Herriot inaugura la première présentation de la collection de sculptures.



 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_de_Lyon_plan_8Il est de notoriété publique à Lyon que l’abbaye eut une période sentant le soufre. Elle recevait les filles issues de la haute noblesse : pour être admises, elles devaient fournir la preuve d'au moins quatre générations de noblesse paternelle. Dotée richement en terres et autres revenus, l’abbaye, à partir du XVIe siècle vit ses mœurs changer. La discipline se relâcha, les moniales vivaient souvent dans des maisons privées alentours, où elles menaient grand train.

 

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_de_Lyon_LouisLors d’une visite royale à Lyon en 1503, Louis XII et la reine Anne de Bretagne reçurent des plaintes de Monseigneur d’Amboise, archevêque de Lyon. Les moniales (particulièrement Françoise d’Albon et Alice de Theizé) accusées de débauche, furent alors sommées de reprendre une vie de clôture dans l’abbaye et de respecter la règle de Saint Benoît. Refusant cette réforme, les moniales, soutenues par leurs puissantes familles, se rebellèrent et firent appel au pape pour défendre leurs droits.

 

 

 

 

 

 

chien_noir_Malgré cela, en 1516 fut décidé de les expulser de l’abbaye, ce dont se chargea l’archevêque François II de Rohan. De nouvelles filles arrivèrent, certes moins nobles, mais plus obéissantes. C’est alors que survint un épisode mal connu : l’abbaye fut le théatre de phénomènes inquiétants, poltergeists et autres possessions. Il se disait que le fantôme d’Alice de Theizé, qui était morte d'une maladie honteuse, était revenu pour se venger, et que le diable l’accompagnait sous la forme d’un chien noir aux yeux verts. Un exorcisme fut pratiqué en 1527 par l’aumônier du roi, Adrien de Montalembert, sur la religieuse Antoinette de Grôlée. Mais Alice, affublée du titre de "fille charmante, mais peu canonique", continua ses apparitions jusqu’aux guerres de religion, lorsque les protestants du baron des Adrets vinrent détruire les bâtiments en 1562.

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_de_Lyon_plan_2a

A Clocher-porche
B Chapelles
C Tribune
D Passage du grand escalier à la tribune
E Chœur
F Clocher

Palais_Saint_Pierre_de_Lyon_plan_d

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_des_beaux-arts_de_Lyon
http://www.mba-lyon.fr/mba/
http://www.france-secret.com/lyon_art5.htm