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16 février 2007

L'église abbatiale Saint-Germain-des-prés (Paris)

paris_495L'église et le monastère de Saint-Germain des Prés remontent, comme l'église cathédrale de Notre-Dame dans la Cité, et comme l'église collégiale de Saint-Germain-l'Auxerrois sur la rive droite, aux plus anciennes époques de la monarchie mérovingienne, c'est-à-dire à Childebert Ier, un fils de Clovis, et à Ultrogothe, sa femme, qui régnèrent à Paris de 511 à 538.


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L'actuelle abbaye de Saint-Germain-des-Prés a été fondée à l'emplacement de l'ancienne abbaye créée par Childebert dans les années 540. Il souhaitait y abriter la Tunique de Saint Vincent obtenue des arabes lors de la prise de Saragosse en 542. L'abbaye est alors dédiée à la Sainte-Croix et à Saint Vincent. Il y fait venir des moines de l'Abbaye Saint Symphorien d'Autun.
Les historiens considèrent généralement que cette église est la plus ancienne de Paris.




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Elle tient son nom de l'évêque Germain (496-576) qui participa à sa fondation et qui l'administra. Dès 557, Germain, évêque de Paris en fait un lieu de culte et lorsque celui-ci meurt en 576, sa tombe y est déposée et l'église devient un lieu de pélerinage. Elle prendra le nom de Saint-Germain (des Prés) au IXe siècle.

Childebert Ier y fut inhumé et, après lui, l'abbatiale recevra les sépultures des rois mérovingiens de Paris : Childebert Ier en 558, Chilpéric Ier en 584, Frédégonde en 598 et Clotaire II en 628.

Les corps, entourés d'un suaire ou vêtus, furent déposés dans des tombeaux placés dans le chœur des moines, ainsi l'abbaye de Saint-Germain-des-Près, fut, avant l'abbaye de Saint-Denis, la première nécropole royale. Charlemagne lui donne des privilèges et immunités qui la rendent indépendante de autorités civiles et religieuses de Paris.




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En 861, l'abbaye est incendiée par les Vikings, elle fut reconstruite de 990 à 1021 sous la direction de l'abbé Morard. Un Lombard, Guillaume de Volpiano, devient Abbé en 1024. Il réforme le monastère qui suit alors la règle de Saint Benoît. Le nombre de moines s'étant accru, , le choeur est agrandi , il est consacré par le Pape Alexandre III en 1163. Au XIIIème siècle les bâtiments conventuels sont reconstruits.



paris_531L'abbaye demeura longtemps isolée sur le versant méridional du petit Pré aux Clercs ; les hautes murailles élevées autour du couvent en 1239 par Simon, abbé de Saint-Germain, devinrent en 1368 de véritables fortifications par ordre de Charles V, qui, en guerre avec les Anglais, craignait une surprise de leur part contre les faubourgs de Paris ; en même temps fut creusé un petit canal large de huit à onze toises et profond de cinq toises, qui mettait les fossés de l'abbaye en communication avec la Seine. Ce canal, appelé la petite Seine ou la Noue, et qui séparait le petit Pré aux Clercs du grand, comblé vers le milieu du XVIe siècle, devint ensuite la file des Petits-Augustins, puis la rue Bonaparte.

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Une petite agglomération s'est formée peu à peu autour de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, située comme son nom l'indique à l'extérieur de l'agglomération au Moyen Âge, c'est elle qui va former le Quartier Saint Germain des prés. Plus tard elle cède une partie de ses terrains au bord de la Seine (le Pré-aux-Clercs) à l'Université de Paris.


Pendant tout le Moyen-Âge, l'abbaye a été très riche et très puissante. Le monastère devient, avec les siècles, un des grands centres intellectuels européens.


paris_551Pendant l'Ancien Régime (XVI - XVIIIème siècles), l'Abbaye se transforme, elle adopte la règle des Bénédictins de Saint Maur en 1631 et bénéficie d'un renouveau intellectuel. De nouveaux bâtiments sont construits.

L'abbaye est dissoute lors de la révolution française et, en 1791, l'église devient d'abord une église paroissiale puis est convertie en usine de salpêtre. Les anciennes tombes des rois mérovingiens sont dispersées, les statues du portail sont détruires et la bibliothèque disparait dans un incendie en 1794.  Les batiments et annexes de l'Abbaye sont finalement vendus. Les terrains sont lotis par des immeubles d'habitation.
Les bâtiments sont dévastés par le percement de la rue de l'Abbaye en 1800.

paris_568aEn 1803, l'église est rendue au culte et au cours des années qui suivent, elle menace alors de tomber en ruines au point qu'on envisage de la démolir. Les deux tours au niveau du chevet sont détruites. De 1819 à 1823, la nef de l'église est condamnée pour raison de sécurité. Grâce à l'active campagne de sauvegarde menée par Victor Hugo et par le curé de la paroisse, l'église et la palais abbatial, rue de l'Abbaye, sont restaurés au XIXe siècle par l'architecte Goddle alors que le peintre Hyppolite Flandrin couvre la nef de compositions murales.




paris_497A l'extérieur, la vieille église s'annonce par un porche mesquin, construit au XVIIe siècle et surmonté d'une grosse tour carrée ; à son plus haut étage, deux baies cintrées du XIIe siècle, accompagnées de colonnes, s'ouvrent sur chacune de ses quatre faces et laissent échapper les vibrations de ses cloches sonores ; terminée par une haute flèche couverte en ardoises, la tour de Saint-Germain des Prés, avec ses arceaux romans, domine majestueusement cette région de Paris, qui est née et s'est développée sous son ombre. Un souvenir curieux s'y rattache : le 2 novembre 1589, Henri IV, assiégeant Paris, monta au sommet de la tour, accompagné d'un seul religieux, pour examiner la situation de la ville ; il fit ensuite le tour du cloître sans entrer dans l'église, et se retira sans dire un mot.

paris_574L'édifice incorpore des éléments d'époques très différentes. La voûte en ogives de la nef date du XVIIè siècle, le presbytère du XVIIIè et une grande partie de la décoration intérieure du XIXè siècle. Enfin, le charmant square, attenant à l'église, abrite les ruines de la Chapelle de la Vierge

Avec ses 65 mètres de longueur, 21 mètres de largeur, 19 mètres de hauteur, l'église est de petite taille. Si l'architecture abbatiale romane a beaucoup changé d'aspect depuis le XIème siècle, au gré des destructions et des restaurations multiples, il reste néanmoins un grand nombre d'éléments d'origine.




paris_563aLes chapiteaux du choeur à quatre travées présentent des thèmes traditionnels caractéristiques du style roman. Des trois clochers d'origine, subsiste aujourd'hui la massive tour de façade, dit le clocher-porche (construit entre 990 et 1014) qui est l'une des plus anciennes tours de France. C'est au XIIème siècle que l'on donnera à cette tour ses arcades et sa flèche, restaurée au siècle dernier. La façade principale date du XIIème siècle, et l'on discerne encore les souches des deux tours latérales primitives.


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Le déambulatoire conserve également à peu près intacte son architecture romane du XIIème siècle. Il est bordé par cinq chapelles rayonnantes, voûtées d'ogives et consacrées en 1163 par le pape Alexandre III. Les vitraux de la quatrième chapelle sont les seuls à être composés de fragments de verrières du XIIIème siècle.





paris_538_copieLes arcades, construites vers 1163 sur le modèle de Senlis, de Saint-Denis et de Noyon (dont une partie est encore en plein cintre), supportaient autrefois des tribunes (comme à Notre-Dame), supprimées en 1646. Les fûts de marbre sont beaucoup plus anciens et proviennent de l'édifice primitif de Childebert. Ils constituent les plus beaux vestiges mérovingiens de la capitale. Le choeur présente d'admirables les colonnes du triforium. Elles proviennent de la toute première basilique mérovingienne, construite au VIème siècle.


paris_545Au cours de sa dernière restauration, l'église entière, depuis la voûte jusqu'aux murailles, a été peinte de diverses couleurs, sous la direction de l'architecte Baltard ; cette décoration polychrome s'applique même aux colonnes, dont les chapiteaux sont dorés.

http://www.paris-pittoresque.com/monuments/40b.htm

http://www.insecula.com/salle/MS01891.html



paris_543Quelques pieds de colonnes représentent surement des indications quand aux courants telluriques présents sous l'église.


paris_569Un beau bénitier nous accueille sur la gauche en entrant. C'est un gros coquillage, le tridacne.

Plus grand mollusque du monde après le calmar géant, le bénitier ou tridacne géant fait partie de la triste liste des animaux en voie  de disparition. Pêché de manière excessive pour l'intérêt de sa coquille et parce qu'il est comestible, le tridacne est aujourd'hui en danger et fait     l'objet d'une protection internationale.

Ce coquillage énorme dont les valves sont bien connues à l'entrée   des églises et des cathédrales, peut atteindre des dimensions   assez surprenantes.
Le record connu avoisine 1,40 m pour près de 250kg.
Cet   animal jouit d'une mauvaise réputation: la légende dit qu'il pourrait   happer le bras ou la jambe d'un plongeur et ne plus les lâcher... Une   simple observation de la biologie de cet animal montre qu'il est totalement   incapable de faire de mal à quiconque.

tridacneA cela deux raisons :
la première vient du fait que notre géant débonnaire ne   peut se refermer sur une proie éventuelle sans se blesser lui-même   en pinçant la chair de son manteau qui déborde de la coquille,   ce mouvement lui demandant plusieurs minutes.
La deuxième raison vient du fait que le tridacne est végétarien.   Ce régime végétarien qui nous rassure sur les intentions   de l'animal, est assez peu commun. En effet, pour se procurer sa nourriture,   il abrite et "cultive" dans ses tissus vivants, des algues vertes   microscopiques dont il se nourrit. Pour se développer, ces algues ont   besoin de lumière, ce qui explique que le bénitier vive dans les   eaux peu profondes des récifs coralliens du sud-ouest Pacifique.
Comme toutes les autres espèces de bénitiers (il en existe 6),   le tridacne géant vit parmi les coraux des récifs, enfoncé   verticalement, l'ouverture de la coquille dirigée vers le haut.
Lorsqu’il est jeune, l’animal sécrète un byssus, touffe de filaments qui passe par l’ouverture de la coquille et par laquelle il se fixe au fond marin, la charnière dirigée vers le bas. A mesure que la colonie grandit, des coraux, des éponges, des algues la recouvre ou l’entourent, la dissimulant sous leur masse, n’en laissant dépasser que le bord. Les valves légèrement écartées laissent entrevoir le manteau brillamment coloré en vert, en rouge, ou en bleu. Les bords de ce manteau sont hérissés de protubérance enfermant les organes hyalins, sortes de de lentilles qui concentrent la lumière dans les profondeurs des tissus et y favorisent par la photosynthèse, la multiplication d’algues microscopiques. Il est plus beau dans l'eau, non ?

paris_521Quelques photos de chapiteaux expressifs, d'anciennes sculptures.


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16 février 2007

Eglise Saint-Julien-le-pauvre (Paris)

paris_356Au croisement des voies romaines, vers Orléans et vers Lyon puis l'Italie, un sanctuaire occupait le lieu depuis le VIè siècle. Depuis le VIème siècle s'élevait à l'emplacement de l'Eglise actuelle un oratoire bâti sur la route de Saint-Jacques de Compostelle qui eut successivement pour patron Saint-Julien le Martyr, êveque de Brioude, Saint-Julien le Confesseur, êveque du Mans dit le Pauvre et Saint-Julien l'Hospitalier. Ce fut un lieu de sépulture mérovingienne. L'église est offerte à l'état de ruines par le roi Henri premier au chapitre de Notre-Dame en 1045.







paris_358 Détruite par les Normands, une église plus grande fut élevée de 1165 à 1220 par les religieux de Longpont pour les pélerins et les voyageurs sans argent sous le Nom de Saint-Julien le Pauvre, accompagnée d’un hospice.

Les recteurs y sont élus.
















paris_359Du XIIIème au XVIème, l'Eglise est le siège des assemblées de l'université. L'Eglise leur est cependant fermée en 1524 après que les étudiants aient malmené l'Eglise lors d'une réunion agitée. En 1655, l'Eglise devient une chapelle de l'Hôtel-Dieu.














paris_361Fortement endommagée au XVIIème siècle, , où l'on remplaça notamment la façade par celle quel'on voit aujourd'hui, elle sert de grenier à sel et de magasin de fourage pendant la Révolution. Par la suite, Saint-Julien est redevenu une simple chapelle, rattachée au XIXè siècle à l'Hôtel Dieu.










paris_364Aujourd’hui encore, elle a l’allure d’une église de campagne gothique encore marquée par le roman. Ainsi, les gros contreforts  qui soutiennent les absidioles (les petites chapelles rondes derrières le chœur) sont caractéristiques du 12è siècle. Au 17è siècle, l’église était si endommagée quelle fut en partie démolie. Servant de grenier à sel pendant la Révolution, l'église fut affectée en 1889 au culte catholique grec melkite, c'est à dire Eglise catholique de rite byzantin comme en témoigne sa décoration intérieure.











paris_362A l'intérieur, Saint-Julien offre un décor simple, les piliers portent des chapiteaux restaurés, la nef de quatres travées est voutée en charpente et en platre. Le puits que l'on voit à l'extérieur, du VII ème siècle, était jadis installé dans l'eglise. La source située à l’extérieur de l’église Saint Julien le Pauvre était réputée miraculeuse et était vendue au profit de l’église.













paris_363Il faut vraisemblablement mettre la titulature de la chapelle Saint Julien de Saint Bertrand de Comminges en relation avec l'église parisienne. 











Histoire de Saint Julien:

De retour de chasse, le jeune et noble Julien crut un jour surprendre son épouse au lit avec un amant. Dans un accès de fureur, il tua le couple. Horrible méprise : en son absence, sa femme avait accueilli les propres parents de son mari venus voir leur fils et les avait fait coucher, par respect, dans leur propre chambre qui était la plus belle du logis. Nouvel Oedipe tuant sans le savoir ses propres parents, Julien, effaré de son acte fit voeu de pauvreté et d'humilité se retira sur les bords d'une rivière ayant décidé de consacrer le restant de sa vie à faire passer les voyageurs de l'autre côté du fleuve.
Un soir terrible de tempête, un humble pélerin, lépreux, se présenta au passeur et lui demanda, malgre les grands dangers de le faire passer de l'autre côté.
Après quelques hésitations, Julien accepta et invita l'étranger sur sa barque. Au milieu du fleuve, la tête du lépreux se nimba d'une aura lumineuse. Julien reconnut alors Jésus venu relever de ses péchés le malheureux parricide.
L'histoire fut reprise par flaubert : http://fr.wikisource.org/wiki/La_L%C3%A9gende_de_saint_Julien_l%E2%80%99Hospitalier

13 mai 2006

Le robinier du square Viviani

Paris_2009_001Le robinier faux-acacia, ou Robinia pseudoacacia, appelé communément, à tort, "acacia", est une espèce d'arbre de la famille des Fabaceae (Légumineuses de la sous-famille des Viciaceae).
















Paris_2009_004Originaire de la région des Appalaches, à l’est de l’Amérique du Nord, il fut introduit en France par Jean Robin (arboriste des rois Henri III, Henri IV et Louis XIII, directeur du jardin des apothicaires ) qui reçut des graines de son ami John Tradescant the elder.















Paris_2009_007C'est un arbre de basse altitude (au-dessous de 700 m) qui s'est naturalisé dans l'ouest de l'Europe, ne dépassant pas les Pays-Bas au nord, ainsi que dans les zones tempérées des autres continents. Il a été largement planté pour stabiliser les terrains sablonneux ou rocailleux et pour son bois. C'est un arbre pionnier, se cantonnant aux terrains dégradés qu'il enrichit, en fixant l'azote par ses racines, étant une légumineuse.













Paris_2009_002Le square René-Viviani - Montebello est situé au nord et autour de l'église Saint-Julien-le-Pauvre, face à Notre-Dame. Le robinier planté en 1602 par Jean Robin (1550-1629), est réputé être le plus vieil arbre de Paris. Il mesure 15 mètres de haut et 3,50 de circonférence.















Paris_2009_007Sa silhouette fatiguée vous révélera en vous approchant d’un peu plus près une coulée de ciment qui supporte son tronc incliné.
Deux pieds de lierre recouvrent sa vénérable écorce. Certains s’étonneront peut-être de voir du lierre envahir le tronc du robinier, car le lierre est un parasite qui émet des racines suçoirs capables de pénétrer dans les vaisseaux des plantes sur lesquelles il pousse. Mais il ne peut pas, en réalité, traverser son écorce épaisse, à moins qu’il ne se développe sur les rameaux jeunes. C’est pourquoi son évolution est observée avec attention et chaque année, au printemps, ses jeunes pousses sont supprimées. Cette opération s’accompagne du nettoyage de l’arbre et de la suppression du bois mort par les bûcherons de la Ville.

http://www.paris.fr/portail/Parcs/Portal.lut?page=equipment&template=equipment.template.popup&document_equipment_id=2441

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