paris_495L'église et le monastère de Saint-Germain des Prés remontent, comme l'église cathédrale de Notre-Dame dans la Cité, et comme l'église collégiale de Saint-Germain-l'Auxerrois sur la rive droite, aux plus anciennes époques de la monarchie mérovingienne, c'est-à-dire à Childebert Ier, un fils de Clovis, et à Ultrogothe, sa femme, qui régnèrent à Paris de 511 à 538.


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L'actuelle abbaye de Saint-Germain-des-Prés a été fondée à l'emplacement de l'ancienne abbaye créée par Childebert dans les années 540. Il souhaitait y abriter la Tunique de Saint Vincent obtenue des arabes lors de la prise de Saragosse en 542. L'abbaye est alors dédiée à la Sainte-Croix et à Saint Vincent. Il y fait venir des moines de l'Abbaye Saint Symphorien d'Autun.
Les historiens considèrent généralement que cette église est la plus ancienne de Paris.




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Elle tient son nom de l'évêque Germain (496-576) qui participa à sa fondation et qui l'administra. Dès 557, Germain, évêque de Paris en fait un lieu de culte et lorsque celui-ci meurt en 576, sa tombe y est déposée et l'église devient un lieu de pélerinage. Elle prendra le nom de Saint-Germain (des Prés) au IXe siècle.

Childebert Ier y fut inhumé et, après lui, l'abbatiale recevra les sépultures des rois mérovingiens de Paris : Childebert Ier en 558, Chilpéric Ier en 584, Frédégonde en 598 et Clotaire II en 628.

Les corps, entourés d'un suaire ou vêtus, furent déposés dans des tombeaux placés dans le chœur des moines, ainsi l'abbaye de Saint-Germain-des-Près, fut, avant l'abbaye de Saint-Denis, la première nécropole royale. Charlemagne lui donne des privilèges et immunités qui la rendent indépendante de autorités civiles et religieuses de Paris.




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En 861, l'abbaye est incendiée par les Vikings, elle fut reconstruite de 990 à 1021 sous la direction de l'abbé Morard. Un Lombard, Guillaume de Volpiano, devient Abbé en 1024. Il réforme le monastère qui suit alors la règle de Saint Benoît. Le nombre de moines s'étant accru, , le choeur est agrandi , il est consacré par le Pape Alexandre III en 1163. Au XIIIème siècle les bâtiments conventuels sont reconstruits.



paris_531L'abbaye demeura longtemps isolée sur le versant méridional du petit Pré aux Clercs ; les hautes murailles élevées autour du couvent en 1239 par Simon, abbé de Saint-Germain, devinrent en 1368 de véritables fortifications par ordre de Charles V, qui, en guerre avec les Anglais, craignait une surprise de leur part contre les faubourgs de Paris ; en même temps fut creusé un petit canal large de huit à onze toises et profond de cinq toises, qui mettait les fossés de l'abbaye en communication avec la Seine. Ce canal, appelé la petite Seine ou la Noue, et qui séparait le petit Pré aux Clercs du grand, comblé vers le milieu du XVIe siècle, devint ensuite la file des Petits-Augustins, puis la rue Bonaparte.

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Une petite agglomération s'est formée peu à peu autour de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, située comme son nom l'indique à l'extérieur de l'agglomération au Moyen Âge, c'est elle qui va former le Quartier Saint Germain des prés. Plus tard elle cède une partie de ses terrains au bord de la Seine (le Pré-aux-Clercs) à l'Université de Paris.


Pendant tout le Moyen-Âge, l'abbaye a été très riche et très puissante. Le monastère devient, avec les siècles, un des grands centres intellectuels européens.


paris_551Pendant l'Ancien Régime (XVI - XVIIIème siècles), l'Abbaye se transforme, elle adopte la règle des Bénédictins de Saint Maur en 1631 et bénéficie d'un renouveau intellectuel. De nouveaux bâtiments sont construits.

L'abbaye est dissoute lors de la révolution française et, en 1791, l'église devient d'abord une église paroissiale puis est convertie en usine de salpêtre. Les anciennes tombes des rois mérovingiens sont dispersées, les statues du portail sont détruires et la bibliothèque disparait dans un incendie en 1794.  Les batiments et annexes de l'Abbaye sont finalement vendus. Les terrains sont lotis par des immeubles d'habitation.
Les bâtiments sont dévastés par le percement de la rue de l'Abbaye en 1800.

paris_568aEn 1803, l'église est rendue au culte et au cours des années qui suivent, elle menace alors de tomber en ruines au point qu'on envisage de la démolir. Les deux tours au niveau du chevet sont détruites. De 1819 à 1823, la nef de l'église est condamnée pour raison de sécurité. Grâce à l'active campagne de sauvegarde menée par Victor Hugo et par le curé de la paroisse, l'église et la palais abbatial, rue de l'Abbaye, sont restaurés au XIXe siècle par l'architecte Goddle alors que le peintre Hyppolite Flandrin couvre la nef de compositions murales.




paris_497A l'extérieur, la vieille église s'annonce par un porche mesquin, construit au XVIIe siècle et surmonté d'une grosse tour carrée ; à son plus haut étage, deux baies cintrées du XIIe siècle, accompagnées de colonnes, s'ouvrent sur chacune de ses quatre faces et laissent échapper les vibrations de ses cloches sonores ; terminée par une haute flèche couverte en ardoises, la tour de Saint-Germain des Prés, avec ses arceaux romans, domine majestueusement cette région de Paris, qui est née et s'est développée sous son ombre. Un souvenir curieux s'y rattache : le 2 novembre 1589, Henri IV, assiégeant Paris, monta au sommet de la tour, accompagné d'un seul religieux, pour examiner la situation de la ville ; il fit ensuite le tour du cloître sans entrer dans l'église, et se retira sans dire un mot.

paris_574L'édifice incorpore des éléments d'époques très différentes. La voûte en ogives de la nef date du XVIIè siècle, le presbytère du XVIIIè et une grande partie de la décoration intérieure du XIXè siècle. Enfin, le charmant square, attenant à l'église, abrite les ruines de la Chapelle de la Vierge

Avec ses 65 mètres de longueur, 21 mètres de largeur, 19 mètres de hauteur, l'église est de petite taille. Si l'architecture abbatiale romane a beaucoup changé d'aspect depuis le XIème siècle, au gré des destructions et des restaurations multiples, il reste néanmoins un grand nombre d'éléments d'origine.




paris_563aLes chapiteaux du choeur à quatre travées présentent des thèmes traditionnels caractéristiques du style roman. Des trois clochers d'origine, subsiste aujourd'hui la massive tour de façade, dit le clocher-porche (construit entre 990 et 1014) qui est l'une des plus anciennes tours de France. C'est au XIIème siècle que l'on donnera à cette tour ses arcades et sa flèche, restaurée au siècle dernier. La façade principale date du XIIème siècle, et l'on discerne encore les souches des deux tours latérales primitives.


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Le déambulatoire conserve également à peu près intacte son architecture romane du XIIème siècle. Il est bordé par cinq chapelles rayonnantes, voûtées d'ogives et consacrées en 1163 par le pape Alexandre III. Les vitraux de la quatrième chapelle sont les seuls à être composés de fragments de verrières du XIIIème siècle.





paris_538_copieLes arcades, construites vers 1163 sur le modèle de Senlis, de Saint-Denis et de Noyon (dont une partie est encore en plein cintre), supportaient autrefois des tribunes (comme à Notre-Dame), supprimées en 1646. Les fûts de marbre sont beaucoup plus anciens et proviennent de l'édifice primitif de Childebert. Ils constituent les plus beaux vestiges mérovingiens de la capitale. Le choeur présente d'admirables les colonnes du triforium. Elles proviennent de la toute première basilique mérovingienne, construite au VIème siècle.


paris_545Au cours de sa dernière restauration, l'église entière, depuis la voûte jusqu'aux murailles, a été peinte de diverses couleurs, sous la direction de l'architecte Baltard ; cette décoration polychrome s'applique même aux colonnes, dont les chapiteaux sont dorés.

http://www.paris-pittoresque.com/monuments/40b.htm

http://www.insecula.com/salle/MS01891.html



paris_543Quelques pieds de colonnes représentent surement des indications quand aux courants telluriques présents sous l'église.


paris_569Un beau bénitier nous accueille sur la gauche en entrant. C'est un gros coquillage, le tridacne.

Plus grand mollusque du monde après le calmar géant, le bénitier ou tridacne géant fait partie de la triste liste des animaux en voie  de disparition. Pêché de manière excessive pour l'intérêt de sa coquille et parce qu'il est comestible, le tridacne est aujourd'hui en danger et fait     l'objet d'une protection internationale.

Ce coquillage énorme dont les valves sont bien connues à l'entrée   des églises et des cathédrales, peut atteindre des dimensions   assez surprenantes.
Le record connu avoisine 1,40 m pour près de 250kg.
Cet   animal jouit d'une mauvaise réputation: la légende dit qu'il pourrait   happer le bras ou la jambe d'un plongeur et ne plus les lâcher... Une   simple observation de la biologie de cet animal montre qu'il est totalement   incapable de faire de mal à quiconque.

tridacneA cela deux raisons :
la première vient du fait que notre géant débonnaire ne   peut se refermer sur une proie éventuelle sans se blesser lui-même   en pinçant la chair de son manteau qui déborde de la coquille,   ce mouvement lui demandant plusieurs minutes.
La deuxième raison vient du fait que le tridacne est végétarien.   Ce régime végétarien qui nous rassure sur les intentions   de l'animal, est assez peu commun. En effet, pour se procurer sa nourriture,   il abrite et "cultive" dans ses tissus vivants, des algues vertes   microscopiques dont il se nourrit. Pour se développer, ces algues ont   besoin de lumière, ce qui explique que le bénitier vive dans les   eaux peu profondes des récifs coralliens du sud-ouest Pacifique.
Comme toutes les autres espèces de bénitiers (il en existe 6),   le tridacne géant vit parmi les coraux des récifs, enfoncé   verticalement, l'ouverture de la coquille dirigée vers le haut.
Lorsqu’il est jeune, l’animal sécrète un byssus, touffe de filaments qui passe par l’ouverture de la coquille et par laquelle il se fixe au fond marin, la charnière dirigée vers le bas. A mesure que la colonie grandit, des coraux, des éponges, des algues la recouvre ou l’entourent, la dissimulant sous leur masse, n’en laissant dépasser que le bord. Les valves légèrement écartées laissent entrevoir le manteau brillamment coloré en vert, en rouge, ou en bleu. Les bords de ce manteau sont hérissés de protubérance enfermant les organes hyalins, sortes de de lentilles qui concentrent la lumière dans les profondeurs des tissus et y favorisent par la photosynthèse, la multiplication d’algues microscopiques. Il est plus beau dans l'eau, non ?

paris_521Quelques photos de chapiteaux expressifs, d'anciennes sculptures.


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