Chartres_plan_3La cathédrale de Chartres, contrairement aux autres, orientées est/ouest, présente une déviation de 47° par rapport à l’est. Elle se trouve donc en rapport avec le solstice d’été lorsque le soleil se lève à l’apogée d’un cycle annuel.

 

 

 

 

 

 

 

Chartres_symbolique_3Le solstice d’été, où se fête la Saint-Jean avec ses feux, Alban Hefin ou Litha chez les druides, représente l’axe de Vie, celui qui relie de Ciel à la Terre et qui nous renvoie à l’axe qui est en nous, mais aussi le passage, le centre, le cycle, la spirale et l’apogée. C’est une fête de Feu sous sa forme la plus pure qu’est la Lumière. Les temples mégalithiques, comme celui de Stonehenge, étaient alignés sur le lever du soleil de ce jour particulier. La cathédrale est donc en rapport étroit avec le cycle solaire.

 

 

Jacques Bonvin a écrit : « Le message cosmique de Chartres n’est en fait que la démonstration d’une science fort ancienne, qui libère l’énergie magnétique d’un lieu, de telle manière que celle-ci soit capable d’amener l’homme à une haute spiritualité. La puissance de ces endroits sacrés évolue. Elle croît et décroît en fonction des positions planétaires, avec deux points clés dans l’année : le solstice d’hiver et le solstice d’été, moments régulateurs pendant lesquels la polarité de la Terre s’inverse Soumis à ces influences cosmiques, les lieux sacrés ont des courbes d’efficacité différentes, avec des points culminants qui sont généralement marqués dans l’année par des manifestations tombant à date fixe».

Chartres_symbolique_1L’unité de longueur utilisée par les architectes n’est pas celle utilisée habituellement. Elle est de 0,738 mètres, déterminée par rapport à la position planétaire de l’église sur le 48 ème parallèle. Elle est donc en résonnance avec le cosmos.

 

 

 

 

« Trois tables ont porté le Graal : une table ronde, une table carrée et une table rectangulaire. Toutes les trois ont la même surface et leur Nombre est 21 ».

Chartres_77Louis Charpentier nous éclaire sur cette ancienne énigme traditionnelle : il faut lire 2 et 1, non pas 21. Le chœur de Chartres, le centre sacré du tertre, déjà déterminé par l’église de Fulbert, est rectangulaire. La table rectangulaire est un double carré, ou carré barlong, la proportion étant celle des temples égyptiens et grecs.

 

 

 

 

Chartres_16En mètres, les mesures les plus notables de la cathédrale intérieure sont proches des nombres 37, 74, 148. Le chœur a environ 37 mètres de long et 14, 80 m de large, la nef, de même largeur, a environ, 74 mètres de long. La voûte a 37 mètres de haut. Une première hypothèse de travail peut être fondée sur ces dimensions (ou des dimensions très proches).

 

 

 

 

 

 

Chartres_78Par exemple, la nef à une longueur double de celle du chœur, et la longueur totale du vaisseau central, du rond-point du chœur (compris) aux portes, est de 110,76 m. Divisé par trois, cela donne 36,92 m. D’autre part, les piliers du vaisseau central, si l’on fait abstraction des colonnettes qui les cantonnent, ayant un diamètre de 1,60 m, le vide, la largeur vide du chœur est de 14,78 m, ce qui fait, à très peu près, quatre fois 3,69 m. Il semble donc qu’une mesure très proche de 0,369 m ait été employée ou, plus probablement, en ce qui concerne le plan au sol, une longueur double de celle-ci, plus facile à utiliser, 0,738 m, que nous pourrions appeler, faute d’autre terme, la coudée de Chartres.

 

 

 

 

 

Chartres_31Et l’on peut relever en coudées les dimensions suivantes :

Largeur du chœur : 20 coudées, longueur du chœur : 50 coudées, longueur de la nef : 100 coudées, longueur des transepts : 90 coudées, hauteur de la voûte : 50 coudées, épaisseur des piliers : 2 coudées, largeur des tours : 20 coudées, rayon des chapelles rondes de l’abside : 5 coudées, largeur du cadran solaire que tient l’ange : 1 coudée. C’est la cent millième partie du degré du parallèle de Chartres.

 

 

 

 

 

Chartres_alchimieNous avons vu le rapport existant entre Chartres et la géométrie sacrée. Un autre rapport mystérieux est présent, celui qui la lie à l’alchimie. Trois tables ont porté le Graal, trois étapes pour finir le Grand-Œuvre, la transmutation.

La première, l’œuvre au noir, est représentée par la table ronde, le labyrinthe. Il faut dissoudre la matière première, d’ordre physique, psychique ou spirituel.
La deuxième, l’œuvre au blanc, c’est la table carrée, à la croisée du transept. C’est la purification.
La troisième, l’œuvre au rouge, c’est la table rectangulaire, représentée par l’autel, le chœur. C’est la phase de transmutation, le dépassement de sa nature, l’accès à l’universel.

« Chartres, par son architecture, élevait notre esprit » dit Patrick Burensteinas dans le film de Georges Combe sur l’alchimie de Chartres. 
« Nous allons donc quitter la foule et le quotidien pour entrer, lors de notre deuxième étape, dans un lieu plus intemporel, celui d’une cathédrale par exemple, et l’une des plus célèbres : Chartres. Nous sommes encore dans un univers architecturé, structuré, et parcouru de nombreux visiteurs. Mais là, tout est fait pour élever notre esprit et notre sensibilité vers d’autres dimensions du monde : le labyrinthe, les couleurs des vitraux, la musicalité de l’architecture, les mystères des cryptes et des Vierges Noires. Ce lieu chrétien semble résumer et reprendre l’essence même de toutes les religions, qui est de nous faire accéder à une autre perception du monde. Aussi l’alchimiste ne peut s’empêcher d’évoquer ici le texte fondateur de la démarche alchimique, la fameuse et légendaire Table d’Emeraude attribué à Hermès Trismégiste, le dieu égyptien Thot. Il n’y a pas là une lecture abusive de la cathédrale, car au centre d’une autre cathédrale, celle de Sienne en Toscane, on trouve une mosaïque qui représente Hermès Trismégiste, perçu ici comme un annonciateur du Christ. La Table d’Emeraude est un texte d’inspiration mystique et sans doute une émanation des philosophies gnostiques d’Alexandrie. Elle suggère l’origine de l’alchimie occidentale, dont on s’accorde à penser qu’elle est égyptienne. Ainsi sans nous faire un discours ou un cours, le voyage commence-t-il à nous familiariser avec les thèmes et les buts profonds de l’alchimie. »

N’étant pas spécialiste de cet art, je vous en laisse un petit aperçu :

http://www.youtube.com/watch?v=VhjzeOGcRWY


Chartres_42L’Œuvre est aussi racontée sur la façade de l’ancien hôtel des impôts, hôtel d’où partirait le fameux tunnel rejoignant la crypte au dolmen.