Abbaye Saint-André-le-Bas, historique

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Les origines de l'abbaye Saint-André-le-Bas remontent au milieu du VIème siècle. Elles mettent au premier plan un notable viennois,  le duc Ansemond, qui a déjà fait des donations en faveur de l'église Saint-Pierre. Il demanda qu'un nouveau monastère consacré à saint André soit élevé auprès de sa sépulture. De cette époque ne reste que peu de vestiges, quelques parties intérieures du mur nord de l'église.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_1Ce nouveau lieu de culte fut construit dans un quartier urbanisé depuis les temps romains, ce qui explique que l'on trouve dans le sous-sol des vestiges de murs de l'époque antique sur lesquels on a bâti le monastère.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_14Mentionnée au VIIème siècle comme monastère de femmes, l'abbaye fut délaissée aux VIIIème et IXème siècles jusqu'au jour où Boson, roi de Bourgogne et de Provence, qui avait fait de Vienne sa capitale, restaura la vie religieuse, créant à Saint-André un chapitre de chanoines. L'église devint la chapelle du palais.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_3Au Xème siècle, les souverains du royaume de Bourgogne continuèrent à honorer et protéger leur église palatiale qui reçut un second patron, saint Maxime. Le roi Conrad prit l'initiative d'y recréer un monastère sous la règle de saint Benoît. Selon la tradition, Conrad aurait été inhumé dans l'église.









Vienne_Saint_Andr__le_Bas_24Au cours des XIème et XIIème siècles, acquisitions et donations ne cessèrent d'accroître le domaine. L'église fut agrandie et surélevée. Puis commença un chantier qui transforma l'abbaye : le clocher fut élevé, le cloître reconstruit, l'église agrandie et voûtée.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_59C'est de cette époque que date l'ornementation sculptée, particulièrement dans l'église, où maître Guillaume, fils de Martin, a laissé sur une inscription la date de ses réalisations : 1132. Son atelier et celui de Saint-Maurice sont en contact, s'influençant mutuellement. Les modèles bourguignons ne leur sont pas étrangers.








Vienne_Saint_Andr__le_Bas_11Au XIIIème siècle l'abbé obtient du pape le droit de porter la mitre. Le quartier dans laquelle elle est implantée, appelé la Grande Paroisse, joue un rôle particulier dans la ville, en particulier à cause de la population juive qui y est nombreuse (elle apparaît à ce titre fréquemment dans les archives de l'abbaye).








Vienne_Saint_Andr__le_Bas_5Au delà du XIIIème siècle, l'histoire de l'abbaye n'offrit plus guère d'évènements majeurs. Dans ses locaux se tinrent parfois les réunions des consuls. A partir du XVIème siècle, le nombre de religieux diminua. Son existence fut remise en cause dès le début du XVIIIème siècle, et finalement, elle fut supprimée en 1772.








Vienne_Saint_Andr__le_Bas_29Suite à la vente de l'abbaye à la révolution et à des transformations effectuées au XIXème siècle, les arcades du cloître furent murées. Des locaux privatifs et publics, comme la chambre de commerce, occupaient l'espace des galeries.









Abbaye Saint-André-le-Bas, le cloître

Vienne_Saint_Andr__le_Bas_19Le cloître roman n'est pas mitoyen de l'abbatiale. Un passage, aujourd'hui ouvert, les sépare. L'irrégularité du plan trapézoïdal serait imposé par des structures antérieures qui ont été perçues lors des travaux de restauration. Le mur nord avec ses lits de briques peut remonter aux constructions du haut moyen âge.








Vienne_Saint_Andr__le_Bas_36Des bâtiments conventuels ne subsistent plus que les galeries du cloître qui ont été construites en une seule campagne : l'aile sud a été démembrée et les autres ont été intégrées dans des constructions adjacentes. Elles n'ont pas été voûtées mais couvertes d'un plafond en bois peint à caissons.









Vienne_Saint_Andr__le_Bas_38Une partie du plafond lambrissé actuel date de la fin du XVème siècle. Une gravure du début du XIXème siècle a aidé à sa restauration achevée en 1938, mais elle ne restitua pas intégralement les dispositions d'origine.  C'est ainsi que le "cloître haut", au-dessus des galeries du rez-de-chaussée, n'a pas été maintenu. Il reste quand même le seul cloître roman complet de la région Rhône-Alpes.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_28Sur les 4 côtés le rythme des arcades est identique, mais pas leur nombre : deux travées sur les petits côtés nord et sud, trois sur les longs côtés.
Les baies sont constituées par trois arcades de plein cintre retombant d'une part sur deux groupes de colonnettes géminées reliées par le même tailloir, et d'autre part sur des piliers qui délimitent les travées.







Vienne_Saint_Andr__le_Bas_41Le mur bahut est doublé à l'intérieur d'une banquette. Sur le côté est, on voit encore la porte de la salle capitulaire, qui fut surmontée d'un arc gothique posé sur deux culs-de-lampe ornés de têtes. De chaque côté s'ouvraient les baies.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_40Les chapiteaux sont essentiellement végétaux, plus ou moins fortement inspirés de modèles corinthiens. Parmi eux figurent Samson déchirant le lion ou encore un ours dans une vigne. Certains fûts de colonnes sont ornés de motifs inspirés de l'architecture antique : imbrications de feuilles, rais de cœurs, perles.
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Abbaye Saint-André-le-Bas, les collections lapidaires

Vienne_Saint_Andr__le_Bas_43L'ensemble le plus important est constitué par une série d'épitaphes chrétiennes en latin dont la plus ancienne est celle d'une viennoise, Foedula, datant du Vème siècle.











Vienne_Saint_Andr__le_Bas_33Les inscriptions médiévales forment un second ensemble, généralement des monuments funéraires, dont une en langue hébraïque, de Samuel, fils de Rabbi Justus, datant du Xème siècle.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_35Dans l'angle sud-est du cloître sont regroupés des éléments de mobilier en pierre provenant des anciennes églises de Vienne : fragments de chancel et autels en marbre. L'autel en marbre blanc provient de l'église Saint-Pierre et date de la première moitié du XIème siècle. Il fut taillé dans un bloc unique. Trois colonnettes octogonales surmontées de chapiteaux cubiques portent la table de forme semi-circulaire. La cuvette centrale est délimitée par des moulures et entourée de 6 lobes.








Vienne_Saint_Andr__le_Bas_31Des sarcophages ont été placés dans la galerie est. Certains datent du IIème siècle, d'autres du IVème, d'autres du VIIIème siècle. L'un d'eux fut réutilisé pour la sépulture d'un des chanoines de la cathédrale. Le panneau central est décoré d'un chrisme inscrit dans une couronne.
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Abbaye Saint-André-le-Bas, l'abbatiale

Vienne_Saint_Andr__le_Bas_21C'est, mis à part l'abside et quelques adjonctions postérieures, l'église reconstruite vers le milieu du XIIème siècle que l'on découvre en entrant à l'intérieur du bâtiment. Elle fut difiée sur une plateforme artificielle romaine, dont un passage voûté subsiste sous les travées occidentales. Du Xème siècle ne subsistent que l'élévation des murs gouttereaux, aux baies en plein cintre comblées ainsi que l'abside, reconnaissable à l'alternance d'assises de briques et de pierre.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_44C'est un édifice basilical sans transept remployant de part et d'autre de l'abside deux colonnes antiques aux chapiteaux corinthiens. Une nef unique se termine par l'abside dont l'ouverture est à peine moins large.










Vienne_Saint_Andr__le_Bas_50Le rythme des travées est souligné par des pilastres cannelés qui évoquent l'architecture romaine. Les doubleaux, en arc brisé, polychromes, retombent sur les pilastres par des chapiteaux. C'est là en particulier que le maître Guillaume a créé des œuvres de belle qualité : une inscription placée à la base d'un des pilastres de la nef, "Willelmus Martini me fecit anno Domini 1152" (Guillaume fils de Martin m'a fait ou m'a fait faire en l'an du Seigneur 1152) en fait foi. 
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_51L'influence antique imprègne aussi les chapiteaux à feuillages de type corinthien. Deux chapiteaux figurés s'inspirent d'épisodes bibliques, Samson terrassant le lion, et les malheurs de Job.











Vienne_Saint_Andr__le_Bas_58Sur les pilastres des arcatures méridionales, des chapiteaux s'ornent de scènes énigmatiques : des Vénus s'opposent aux forces du mal, des créatures monstrueuses.
La décoration se déploie aussi sur les parties hautes de la nef : un bandeau horizontal avec masques et fleurs, une frise souligne la division des murs, deux fenêtres hautes à colonnettes sont portées par un lion et un acrobate.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_49L'arc triomphal de l'abside retombe sur des chapiteaux corinthiens et des colonnes cannelées d'origine antique.
La nef est recouverte selon une technique nouvelle à l'époque : voûte à nervures avec un profil très bombé.

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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_61A partir du XIIIème siècle, des chapelles sont ajoutées à l'édifice. Les stalles du chœur datent du début du XVIIIème siècle. La partie occidentale, la façade, sont des restaurations récentes (1928).
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