23 mars 2009

Saint-Aventin

Saint_Aventin_18L'église Saint-Aventin est située dans le Comminges, plus précisément dans la vallée du Larboust, dont l'étymologie provient de "Aherbelste", du basque Aker-Beltz, le "bouc noir". Au bouc étaient associées des notions de pouvoir et de protection sur les animaux d'élevage. Dans de nombreuses maisons, on conservait un bouc noir afin d'assurer une protection de l'ensemble du bétail. C'est ainsi que Aker, ou Akerbeltz, est devenu une divinité souterraine, capable de commander une foule de génies et de déclencher des tempêtes. Avec le christianisme, Aker est devenu une représentation du diable, maître du sabbat, et Akelarre la lande des sorcières.









Saint_Aventin_22Saint-Aventin se trouve sur un chemin secondaire du pèlerinage Saint-Jacques-de-Compostelle, le chemin du Piémont (el cami deu pé de la coste). Ces chemins secondaires se situaient sur d'anciennes voies romaines, voire d'anciennes pistes de transhumance préhistoriques. Ce qui serait confirmé ici par la présence des grottes de Gargas et de nombreux vestiges romains, utilisés en remploi lors de l'édification de l'église.













Saint_Aventin_19L'église fut construite dans la première moitié du XIème siècle, est un bel exemple du premier art roman méridional du Comminges, avec une maçonnerie de moellons, un clocher oriental s’inspirant des campaniles, un chevet avec un décor typique de bandes lombardes.









Saint_Aventin_14La présence de reliques de saint Aventin, martyr de la vallée du Larboust, explique l’importance de cet édifice pour un petit village (trois nefs, presque trente mètres de long), devenu au moyen-âge un lieu de pèlerinage important.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chemin_du_Piedmont
http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Aventin
http://polymathe.over-blog.com/article-27122372.html
http://www.comminges.info/art%20roman/COMM-ST%20AVENTIN.pdf
http://www.intensite.net/articles.php?lng=fr&pg=39

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La légende de saint Aventin

Saint_Aventin_de_BigorreJadis, les habitants du Pays de Luchon étaient païens. Une femme souffrait les douleurs de l'accouchement depuis plusieurs heures, sans pouvoir être délivrée... Une servante raconta que l'eau bénite des chrétiens faisait des miracles. On en envoya chercher, et effectivement, elle fut délivrée instantanément. Le petit Aventin naquit, en 778.

Une fois adulte et devenu ermite, son zèle de prédicateur fut mal vu des Maures qui occupaient la région. Ceux-ci le firent enfermer dans le château de Saint-Blancat, près de Luchon. Mais Aventin sauta sans mal du haut du sommet de la tour... traversa toute la vallée et retomba sans mal de l'autre côté, imprimant l'empreinte de son pied dans une pierre. (Cette pierre est toujours visible, sur le seuil de la chapelle du Miracle édifiée à cet emplacement).






Saint_Aventin_1Un autre épisode met Aventin en lien avec le roi des animaux Pyrénéens. Un ours de la montagne, fou de rage, s'était jeté sur le saint. Celui-ci retira de sa patte une épine, ce qui creva l'abcès. De ce moment, l'ours devint docile et suivit partout son sauveur.

Les Maures finirent par s'impatienter pour de bon, et décapitèrent Aventin en l'an 800. Il prit sa tête coupée entre les mains, descendit la vallée d'Oueil, remonta la vallée du Larboust. Là, il alla s'enterrer lui-même sous la pierre où s'était gravé jadis son pied, lorsqu'il avait sauté de la tour.

Trois siècles passèrent, et nul ne se souvenait de l'emplacement du tombeau d'Aventin. Au XIème siècle, un berger s'aperçut que le taureau de son troupeau ne paissait plus et grattait autour de cette pierre. Les villageois creusèrent, et découvrirent le corps de Saint-Aventin qu'ils tentèrent d'extraire, mais un essaim d'abeilles le protégeait. Le pape autorisa l'exhumation du corps et les insectes disparurent. La dépouille fut alors transportée sur un chariot par des bœufs, qui s'arrêtèrent en un lieu où l'on décida de construire une église, qui porte toujours son nom.

Le jour de sa fête, le 13 juin, le pèlerinage attirait des foules venues en particulier de Bénasque, du moins jusqu'à la Révolution qui mit fin à ces festivités. Selon la tradition, pendant une épidémie de peste qui ravageait leur contrée, les Bénasquais se placèrent sous la protection de saint Aventin et le fléau disparut.

Aventin, saint céphalophore, est invoqué pour obtenir le soulagement des maux de tête. Pendant longtemps, les jeunes gens qui passaient sur la pierre gravée de son pied devaient trouver rapidement l'âme sœur.

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L'église Saint-Aventin

Saint_Aventin_17L’ensemble (à l’exception d’une partie du clocher oriental, du clocher occidental et du décor sculpté extérieur postérieur) date de la première moitié du XIème siècle.
















Saint_Aventin_5Les murs extérieurs portent de nombreux remplois de stèles et d'autels païens :  restes d'une auge funéraire, représentant des animaux fantastiques en train de croquer des raisins, symbole d'immortalité, deux cippes (autels), dont l'un est dédié au dieu Abellio par Cisonten, fils de Cissobon, et l'autre, également consacré à Abellio, ayant pour dédicataire Taurinus, fils de Bonecon, un dieu et des noms typiquement locaux.







Saint_Aventin_2Beaucoup de représentations de jumeaux, les bessons. Cela est-il dû à la présence du culte d'Abellio, autrement dit Apollon, jumeau d'Artémis ? Artémis, racine "Art", l'ours...

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Saint_Aventin_20Le clocher principal a la particularité d'être barlong, rectangulaire à la base et carré dans sa partie supérieure, par un système de retraits successifs, que l'on retrouve dans d'autres églises de la vallée, comme Cazeaux.
Au deuxième étage du clocher, deux baies comptant trois arceaux, qui reposent sur deux colonnettes dépourvues de socle ou de chapiteau. Un autre clocheton, édifié au-dessus du cœur, date pour sa part du XIème siècle.












Saint_Aventin_24L'ensemble de l'édifice semble avoir été construit par des bâtisseurs venus du sud (Andorre), dans le style catalano-lombard. Le plan de la construction est basilical à trois nefs, une centrale et deux latérales, plus minces, débouchant sur une abside en cul-de-four et deux absidioles.



Saint_Aventin_30L’église reçoit son décor peint de fresques murales plus d’un siècle après sa construction.

Saint_Aventin_28Le bénitier préroman est sculpté d'animaux symboliques.










Saint_Aventin_21Le côté nord de l'église est adossé à la montagne, laissant juste un petit passage dont les arcs rejoignent le rocher.

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Le porche

Saint_Aventin_6Roman, avec ses colonettes et ses archivoltes ornée de boudins et de billettes, le porche fut plaqué sur un mur antérieur de plus d’un siècle. Le tympan représente un Christ en gloire dans une mandorle cantonnée par le symbole des quatre évangélistes, chacun porté par un ange, schéma plutôt original.









Saint_Aventin_13Le sculpteur du tympan a consacré un bas-relief à la découverte de la sépulture de saint Aventin par un taureau, placé aujourd’hui sur un contrefort extérieur.















Saint_Aventin_7Seuls les chapiteaux doubles intérieurs sont historiés, ceux de droite sont consacrés à la relation du martyre de saint Aventin (une décollation). Deux autres chapiteaux présentent, sans contestation possible, la suite de l'histoire de saint Aventin : son arrestation par les Maures et sa décapitation.

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Saint_Aventin_10A droite du portail une sculpture représente un musicien, les pieds croisés, jouant de la lyre.

















Saint_Aventin_9La dispersion de fragments sculptés tout au long de la façade méridionale laisse penser qu’il devait y avoir un second ensemble sculpté. Ainsi, sur le côté droit du portail, une petite dalle présente une Vierge en majesté, œuvre à l’évidence d’un maître-sculpteur de la fin du XIIème siècle. Ce bas-relief rappelle celui du Christ en majesté de la cathédrale Saint-Sernin de Toulouse.

Sur un trône aux montants en forme de bêtes fantastiques orné à ses deux extrémités de têtes animales, richement vêtue, hiératique, elle foule aux pieds deux vouivres de style oriental. Notre vierge noire (elle en possède tous les attributs) porte l'enfant, qui tient un évangile et bénit, dans son giron.
Au dessus d'elle, une sorte d'arc architectural, orné à ses deux extrémités de têtes animales. Une inscription figure sur cet arc: RES MIRANDA NIMIS MATER DEI ERAT VI NIMIS, que l'on a traduit par : "Chose des plus admirables, la mère de Dieu était toute-puissante".

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