17 décembre 2008

Le Dompeter d'Avolsheim

Dompeter_8L'église Saint-Pierre, le "Dompeter", de son patronyme "Ecclesia ad domnum Petrum", ou "Domus Petri", se situe à proximité d'une ancienne voie romaine allant du Mont Sainte-Odile (Altitona) à Saverne (Trestabernae).















Dompeter_11Elle est considérée comme la plus ancienne église d'Alsace, fondée par Materne.
La légende de Materne fait remonter sa mission apostolique au Ier siècle : saint Pierre l'aurait envoyé évangéliser la plaine rhénane en compagnie de Valère et Euchaire.









Dompeter_7Certains annoncent qu'il fut le fils ressucité de la veuve de Naïm. Après avoir fondé plusieurs villes (Tongres, Huy, Dinant, Ciney, Namur, Waremme et Walcourt), mis en place des lieux de culte (Ehl, Dompeter, église Saint-Pierre-le-Vieux à Strasbourg, Namêche, Leffe, Foy-Notre-Dame, Maastricht, Trèves et Cologne), sculpté la vierge noire de Walcourt et fait de nombreux miracles, il mourut de chagrin de n'avoir pu convertir Starsbourg (Argentoratum).












Dompeter_21Valère et Euchaire l'enterrèrent à Ehl, et partirent à Rome en avertir Pierre. Celui-ci leur donna son bâton et leur ordonna de retourner chercher Materne. Grâce au bâton, Materne ressucita une deuxième fois (chance) et pu continuer sa route, en compagine de Pétronille, la fille spirituelle de Pierre, qui le rejoignit.








Dompeter_3Au XIIème siècle les bénédictins d’Ebersmünster reprirent cette légende en précisant qu’après sa résurrection Materne fonda le Dompeter. Pratique pour assoir une réputation, et assurer la venue de nombreux pèlerins.










Dompeter_1En fait, saint Materne, saint Euchaire et saint Valère vécurent au IVème siècle. Euchaire et Valère, missionnaires, furent évêques de Trèves, et Materne, originaire de Lombardie, évêque de Cologne. Appelé par Constantin, il participa au concile de Rome en 313 et à celui d'Arles en 314. Réputé pour sa sagesse et son savoir, il mourut à Trèves en 344. Mais comme la sagesse le dit, il n'y a jamais de fumée sans feu, et les légendes nous parlent plus surement que les historiens, quand on sait bien lire entre les lignes.





 

Avolsheim_plan_1Avolsheim_4En ce qui concerne l'église, les fouilles de 1914 révélèrent les traces des fondations d'un édifice daté du VIIème siècle, comportant 3 vaisseaux et un chœur semi-circulaire flanqué d'une chambre à reliques et d'une sacristie.






 

 

Dompeter_13Une deuxième église fut construite sur le même plan, mais allongée de 2 travées vers l'ouest. Elle fut consacrée par le pape Léon IX en 1049.
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Dompeter_25De cette époque subsistent le vaisseau central avec ses piliers et grandes-arcades, les linteaux des portes latérales et quelques vestiges d'inscriptions.

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Dompeter_26Vers 1160 les pilastres à l'entrée du chœur furent renouvelés, les accès furent élargis et une tour occidentale fut édifiée, ornée de frises d'arceaux.
Doté d'habitations et de fortifications, le Dompeter devint un lieu de pèlerinage qui pendant tout le Moyen-Age attire de nombreux pèlerins venus guérir leurs maux de tête ou leurs maladies des yeux. A cette même époque se développe le pèlerinage de Compostelle, et Avolsheim fait encore aujourd'hui partie du chemin.












Dompeter_14Le Dompeter devint l'église de la ville de Molsheim selon un document datant de 1337. En 1675, elle sert de quartier général à Turennes pour le siège de Dachstein et en 1745, un incendie provoqué par la foudre détruisit la vieille tour romane. Celle-ci fut reconstruite dans sa forme actuelle en 1767.

En 1828, les murs des bas-côtés, ajourés de fenêtres gothiques, furent reconstruits avec des fenêtres néo-romanes et avec remploi des portes du XIème siècle.










Dompeter_15En 1835, le chœur semi-circulaire roman, probablement partiellement mérovingien, fut remplacé par l'actuel chœur à pans coupés.

Après avoir subi les méfaits de la Révolution, l'édifice se trouva en situation d'abandon total et malgré des réparations épisodiques ne cessa de se dégrader.







Dompeter_19Perdant son statut d'église paroissiale d'Avolsheim au début du XXème siècle, suite à son éloignement de l'agglomération et à la construction de l'église Saint-Materne, le Dompeter fut laissé à l'abandon jusqu'en 1933, date à laquelle les scouts de France, avec l'accord de l'évêché, entreprennent sa restauration avec l'appui des services des Beaux-Arts et la participation de la population d'Avolsheim. Consacré par Mgr Ruch le 1er juillet 1934, c'est depuis un lieu de pèlerinage pour le mouvement scout.





Dompeter_16Une statue de vierge noire fut posée au-dessus de la porte d'entrée en 1946. Elle fut sculptée par les scouts après leur pèlerinage au Puy.







Dompeter_22Sous le porche d'entrée, le gardien des lieux, tranquille, s'est posé dans un coin, et nous regarde passer avec un petit sourire en coin.

 

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Dompeter_6Petit apparté : c'est près l'église Saint-Pierre que l'on découvrit un sarcophage, datant de l'époque romaine, prétendu contenir les restes de Pétronille. Il avait la réputation de guérir de la fièvre ceux qui s'y couchaient. Au XVIIème siècle, lors du décryptage des inscriptions qui y figuraient, les archéologues découvrirent qu'il s'agissait du tombeau de Dame Terentia Augustula, une patricienne romaine et non celui de Pétronille. La réalité ne sut venir à bout de la légende et c'est pour mettre un terme à la pratique qualifiée de superstition que le cardinal de Rohan fit don du sarcophage à l'historien Schoepflin qui le fit transporter à Strasbourg. Il disparut ainsi que toute la collection archéologique de Schoepflin lors du bombardement de la ville en 1870.



Le tilleul

Dompeter_28La légende rapporte que Materne aurait prêché sous un tilleul, celui-là même qui se trouvait encore devant l'entrée du Dompeter en 2006. Ce vieil arbre fut victime de la tempête de 1999, qui lui enleva la moitié de son feuillage, et en 2006, il tomba définitivement. Heureusement, un greffon fut planté en décembre 2000.
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Dompeter_4http://www.cc-molsheim-mutzig.fr/sysmodules/RBS_fichier/admin/download.php?fileid=194
http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint_Materne
http://www.fides.org/aree/news/newsdet.php?idnews=8682&lan=fra
http://syth85.free.fr/Eglises/Eglises%20Molsheim.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dompeter

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15 décembre 2008

Oratoire Sainte Pétronille

Dempeter_Sainte_P_tronille_4Avant d'arriver au Dompeter, il nous faut traverser plusieurs barrières énergétiques, dont l'une en forme de monticule de terre se situant entre la rivière Bruche et la source de sainte Pétronille.










Dempeter_Sainte_P_tronille_2Cette source miraculeuse, aujourd'hui tarie, était autrefois couverte d'une chapelle, et abritait dans une niche la statue de sainte Pétronille. La légende dit que la fille spirituelle de Pierre, Pétronille, rejoignit Materne et ses disciples en un lieu situé au carrefour des voies romaines menant vers Altitona (le mont Sainte Odile), vers Trestabernae (Saverne) et la Germanie et enfin vers les Gaules.

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Dempeter_Sainte_P_tronille_3Cette source était réputée pour avoir des vertus bienfaisantes dans le traitement des fièvres, et pour la stérilité. En déposant un sucre dans l'encadrement de la petite fenêtre, si le sucre disparaissait, le voeu d'enfant était exaucé.

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La chapelle Saint-Ulrich d'Avolsheim

Avolsheim_Saint_Ulrich_7La chapelle Saint-Ulrich de plan en croix grecque (en forme de trèfle à quatre feuilles), qui s’élève au milieu du village, entre l’église Saint-Materne et la Bruche, se signale par son clocher octogonal roman et ses quatre absidioles tronquées. Initialement ces absidioles étaient circulaires. Elles sont orientées selon les points cardinaux.














Avolsheim_Saint_Ulrich_10L'édifice semble avoir été construit à l'extrême fin du Xème siècle ou au tout début du XIème, sur le modèle des chapelles tétraconques des pays slaves (noyau central circulaire, coupole et dôme, absidioles en fer à cheval voûtées en cul-de-four), faisant de ce monument le second témoin d’architecture religieuse rurale de l’époque carolingienne connu en Alsace, après le Dompeter.













Avolsheim_Saint_Ulrich_1Entre 1160 et 1180, le lanternon qui surmontait le tambour de la coupole fut remplacé par le clocher octogonal actuel et l'intérieur de la chapelle fut orné de peintures. (Sur le côté nord une fenêtre géminée, plus petite que les autres et richement ornée, surmonte une porte d’accès au clocher. Une belle flèche couverte de tuiles, accentue encore le plan central de la chapelle.)













Avolsheim_Saint_Ulrich_8En 1774, Saint-Ulrich devint l’église paroissiale du village. On lui ajouta, à l’est, une nef et un chœur, la chapelle faisant alors fonction de porche pour l'église. Pour ouvrir le passage vers la nef, on supprima l’absidiole est. L’entrée ouest, qui est toujours utilisée, fut sobrement ornée d’un fronton triangulaire portant deux pots à feu.
Pour les aligner sur les murs latéraux de la nef on tronqua les absidioles nord et sud, que l’on munit de fenêtres plus grandes.






Avolsheim_Saint_Ulrich_5aC’est à côté de l’église existante, devenue trop petite, que fut édifiée en 1911 une nouvelle église de style néo-roman, Saint-Materne. On démolit un peu plus tard la nef et le chœur de Saint-Ulrich pour ne conserver que la partie ancienne, dont on referma l’absidiole est. Cette absidiole fut munie d’une fenêtre et couronnée d’un fronton semblable à celui de l’entrée. Le sol de la chapelle reçut alors son carrelage de terre battue ou cuite.












Avolsheim_Saint_Ulrich_11Au XIX ème siècle, en raison de son plan circulaire, plusieurs historiens avaient supposé que l’édifice - devenu vestibule d’église - était un ancien baptistère. Un sondage archéologique destiné à vérifier cette hypothèse fut effectué en 1937 ; il fut négatif sur ce point, mais révéla l’existence, sous le carrelage de 1916, des remblais et des sols plus anciens.

Malgré la distance entre la chapelle Saint-Ulrich et le Dompeter, ces deux monuments éloignés de 700 m. l’un de l’autre, pourraient fort bien avoir été à l’époque carolingienne, réunis dans un même domaine, dont ils seraient les seuls bâtiments parvenus jusqu’à nos jours.









Avolsheim_Saint_Ulrich_6De nos jours, où l'endroit est gardé, tel un capitole alsacien, par les oies de la Bruche...













Les fresques

Avolsheim_Saint_Ulrich_2En 1967, le Service des Monuments historiques suscita le dégagement de peintures murales dans la coupole et le tambour, le même service projeta pour la fin de l’année 1981 la restauration de l’ensemble du monument.

Les fresques mises au jour dans la coupole et dans les absidioles, suite à l'intervention des services des Monuments historiques en 1968, sont uniques en Alsace et sont estimées dater du XII ème siècle, puisque apparentées par leur style aux fresques romanes des pays rhénans et du sud de la France.










Avolsheim_Saint_Ulrich_3Trois couleurs, le vert, le rouge et l’ocre y prédominent. Hélas, leur état défectueux rend difficile la lecture de leur signification.
Elles se présentent sur trois niveaux : dans la calotte de la coupole où figure un ciel étoilé avec la Sainte Trinité, sur le tambour où sont représentés les quatre évangélistes, et sur la partie basse, où quatre tableaux sont séparés par quatre fenêtres romanes

(Tiré du document présenté dans la chapelle)

http://www.actuacity.com/avolsheim_67120/
http://syth85.free.fr/Eglises/Eglises%20Molsheim.htm
http://www.art-roman.net/avolsheim/avolsheim1.html
http://www.cc-molsheim-mutzig.fr/sysmodules/RBS_fichier/admin/download.php?fileid=193

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