San_Bartolomeo_10L'église San Bartolomeo all'Isola (Saint-Barthélémy-en-l'Isle) fut fondée à la fin du Xème siècle par l'empereur Otton III, dernier empereur du Saint Empire romain germanique, et était initialement consacrée à l'évêque Adalbert de Prague, un de ses amis.










San_Bartolomeo_8Elle est située sur l'île Tibérine, à l'emplacement de l'ancien temple d'Esculape, et conserve les reliques de saint Barthélemy. Elle fut rénovée par le pape Pascal II en 1113, puis de nouveau en 1180, après l'arrivée des reliques de l'apôtre, provenant du Bénévent, et avant d'Arménie, où elles étaient encore en 809. Le clocher roman du XIIème siècle, la Torre dei Caetani, est tout ce qui reste de l'époque médiévale.

L'église fut gravement endommagée par une inondation en 1557 et fut reconstruite, avec une façade baroque, en 1624, d'après les plans de Orazio Torriani. D'autres restaurations ont été entreprises en 1852.
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San_Bartolomeo_2Les reliques sont actuellement dans une ancienne baignoire romaine en porphyre sous l'autel principal. D'anciennes pierres sont encastrées sous le portique.
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San_Bartolomeo_14Un grand bassin en bronze datant du Xème siècle a servi, selon la tradition, à transporter les reliques de saint Barthélemy de Bénévent à la basilique d'Otton.
















San_Bartolomeo_16Le puits en marbre devant les escaliers du chœur représente le Christ, Adalbert, Barthélémy et Otton. D'après la légende, il doit se trouver à l'emplacement de la source sacrée que contenait le temple d'Esculape.
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San_Bartolomeo_11L'intérieur de l'église conserve quatorze anciennes colonnes romaines, et deux sculptures de lions en marbre datant de la première rénovation.


















San_Bartolomeo_18L'accueil sur l'île s'est plutôt bien passé, les mouettes m'ont laissée entrer.














La légende d'Esculape, d'après monsieur René Patouillard

San_Bartolomeo_1Une légende explique comment l'île Tibérine fut consacrée a Esculape: Pendant la peste qui sévit a Rome en 293 av. J.-C. et y fit de grands ravages, le Sénat, après avoir consulté, suivant l'usage, les livres de la Sybille, envoya des ambassadeurs a Épidaure, où se trouvait le principal sanctuaire d'Asklépios, le dieu grec de la médecine; un des serpents conserves dans le temple comme symboles vivants de la divinité entra de lui-même dans leur vaisseau qui le ramena à Rome. En remontant le Tibre, arrive aux portes de Rome, il s'élança dans l'Ile et y disparut. Sa venue fit cesser le fléau. En souvenir de cette manifestation divine on éleva dans l'ile un temple consacré au dieu Esculape, ainsi qu'un hôpital pour les malades, et elle fut reliée aux rives par deux ponts.
San_Bartolomeo_7Plus tard on ajouta de nouvelles constructions pour maintenir les terres de l'Ile et on lui donna, en décorant les deux pointes en forme de poupe et de proue, l'aspect d'un gigantesque vaisseau ancré devant Rome, dont un obélisque placé au centre figurait le mat.
La nouvelle divinité sous la forme du serpent prospéra miraculeusement et la croyance en son immortalité, favorisée par les prêtres, dura plusieurs siècles. Comme à Epidaure les malades venaient en foule implorer leur guérison et ils étaient logés sous des portiques avoisinant le temple. Pendant leur sommeil, le dieu leur apparaissait et leur donnait ses prescriptions pour soigner les maux dont ils souffraient.
San_Bartolomeo_4L'Ile Tibérine a renfermé, outre le temple d'Esculape et ses dépendances, divers édifices dont les principaux sont: le temple de Jupiter Jurarius, dieu protecteur des serments; celui de Faunus, patron des moissons et un monument à Tibérinus, génie tutélaire du fleuve.



San_Bartolomeo_5L'église San Bartolomeo a été construite sur les substructions du temple d'Esculape. Une statue colossale d"Esculape en marbre fut découverte à la Renaissance dans l'île. Elle se trouve actuellement au Musée de Naples et provient certainement du temple.
Les murs du temple devaient être décores d'ex-votos offerts par la reconnaissance des malades guéris, statues ou statuettes, têtes ou autres parties du corps en marbre, en métal ou en terre cuite. Quantité de ces ex-votos ou donaria ont été retrouvés dans le Tibre près du pont Cestius.
Sous le temple se trouvaient des salles, favissæ, dans lesquelles on renfermait les donaria qui ne pouvaient trouver place dans le temple même. Le temple était entouré d'un petit bois sacré dans lequel s'élevaient les monuments votifs consacrés au dieu par la piété des malades.








Les ponts de l'île


San_Bartolomeo_21Les deux ponts en pierre subsistent encore. Le pont Fabricius a été restauré en brique au moyen age, son parapet est moderne, mais les deux hermès à quatre faces qui y sont incrustés doivent provenir du parapet antique, lequel devait être composé d'une série de ces hermès entre lesquels courait une balustrade en bronze dont on voit encore les trous de scellement sur les faces latérales.







San_Bartolomeo_19Ce sont ces hermès qui ont donné au pont son - nom actuel de ponte Quattro Capi.












San_Bartolomeo_20Le pont Cestius a été réparé ou reconstruit une première fois au IVe siècle, puis, après différentes consolidations, reconstruit à nouveau en 1892. L'arche centrale a été montée avec les matériaux anciens. Le pont antique ne comportait qu'une seule grande arche accompagnée de deux petites. Le nouveau pont, plus long que l'ancien, en comprend trois, sensiblement égales. Les socles des parapets étaient vraisemblablement surmontés de statues des empereurs.

( http://www.isolatiberina.it/W_Testi_16.pdf )