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lieux sacrés
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28 octobre 2012

L'église Saint-Martin-de-Lixy



Saint_Martin_de_Lixy_5Sanctus Martinus de Liciaco est mentionnée pour la première fois dans un cartulaire de Saint-Vincent-de-Mâcon au Xe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Lixy_12Une nouvelle église fut édifiée dans la première moitié du XIIe siècle, placée sous le vocable de Saint-Martin, évêque de Tours et apôtres des Gaules au IVe siècle.
Saint_Martin_de_Lixy_8

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Lixy_plan_1Cet édifice de proportions modestes et de plan très simple comporte une nef unique et une courte travée de chœur que prolonge une abside en hémicycle voûtée en cul de four.

 

 

 

 

 

 


Saint_Martin_de_Lixy_9L'abside était éclairée par trois fenêtres en plein cintre, dont une seule reste encore ouverte au nord. Devant l'autel est scellée une pierre tombale datée de 1485.
Saint_Martin_de_Lixy_13

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Lixy_16aSur le mur sud du chœur s'ouvre une chapelle gothique du XVe siècle, voûtée d'ogives, éclairée par une large fenêtre à double remplace de style flamboyant.

Saint_Martin_de_Lixy_17

 

 

 

 

 

 

 

 


Saint_Martin_de_Lixy_19La nef, qui fut déplafonnée, est couverte d'une charpente datant de 1607 et marqué au nom de Benoît Petit, maître charpentier. L'arcade qui fait communiquer la nef et le chœur est en plein cintre.

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Lixy_11Dans l’embrasure d’une fenêtre murée au sud est posée une statue de Sainte Agathe, œuvre en pierre polychrome qui peut être datée du XVème siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Lixy_14Les fenêtres côté nord et celle de la façade, étroites et fortement ébrasées, sont d'époque romane. L'épaisseur des murs est d’environ 1 mètre.



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Lixy_20A l'extérieur, entre la fenêtre orientale et l'entrée de l'abside, se voit la trace d’une baie à linteau en arc segmentaire qui fut murée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Lixy_7Au-dessus du mur qui sépare la nef du chœur se dresse un clocher-arcade ou clocher-peigne, unique en Brionnais, ajouré par deux baies en plein cintre séparées par deux fines colonnettes surmontées de chapiteaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Lixy_22La corniche, sous le toit de l'abside, est supportée par des modillons que l’on peut comparer à ceux des églises voisines de Châteauneuf.
Saint_Martin_de_Lixy_24

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Lixy_6L'église de Saint-Martin-de-Lixy qui n'a plus aujourd'hui la fonction paroissiale est entourée d'un des plus anciens cimetières conservés du Brionnais, dans lequel on peut observer le coin réservé aux anti-concordataires, appelés " Les Blancs " en Brionnais.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://pjpmartin.pagesperso-orange.fr/site/St_Martin_eglise.htm

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10 octobre 2012

Saint-André-de-Bâgé, description



L'extérieur



Saint_Andr__de_B_g__7Le chevet, typiquement roman, est formé d’une abside percée de trois fenêtres en plein cintre. Deux absidioles posées sur les bras du transept le complètent.


 

 

 

 

 

Saint_Andr__de_B_g__3Le clocher de pur style bourguignon forme une tour octogonale posée sur la croisée du transept. Il s’élève sur trois étages de proportions allant en s’amenuisant. Trois cordons de pierre soulignent les étages.

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Andr__de_B_g__5Le niveau inférieur est aveugle avec bandes lombardes reliées par des arcatures en plein cintre, des baies géminées ajourent les niveaux supérieurs. La flèche culmine à 27 mètres du sol.


 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Andr__de_B_g__plan_1Remarquez que du sol à la pointe de la flèche, l'élévation totale se divise en trois volumes de hauteur sensiblement égale : corps de l'église, tour, flèche. De la corniche de l'abside au cordon qui ceint le premier étage, la hauteur est à peu de chose près celle des deux étages supérieurs, et l'étage moyen contient un peu moins de deux fois le dernier. Le nombre trois, symbole de la trinité, est très présent dans toute l’architecture. C’est le corps (la matière), l’âme (l'énergie) et l’esprit (l'information). C’est donc l'énergie qui va faire le lien entre l’homme et la connaissance.


 

 

 

 

 

Saint_Andr__de_B_g__10La façade se divise également en trois niveaux.
Saint_Andr__de_B_g__plan_2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Andr__de_B_g__13Le portail est encadré de pilastres cannelés reliés à leur sommet par des arcatures en plein cintre. Les arcatures du premier étage sont plus simples.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Andr__de_B_g__12Le troisième étage, ou pignon, est ajouré d'une fenêtre en plein cintre, surmontée d'une grande arcature encadrée de deux plus petites et supportée par des colonnettes.


 

 

 

 

 

Saint_Andr__de_B_g__15Les chapiteaux des colonnes du portail nous montrent à gauche des feuilles de Chélidoine, symbole de l’accès à la lumière.


 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Andr__de_B_g__14A droite, saint Pierre reconnaissable à ses clés, le Christ tenant en main un livre sur lequel se déchiffre l'inscription Trado Petro claves regni caelorum, et de trois autres personnages, des saints ou des évangélistes.

 

 

 

 

 

 

 




L’intérieur



Saint_Andr__de_B_g__33La nef unique est éclairée de chaque côté par trois baies en plein cintre (dont deux au nord, et une au sud ont été rouvertes ou percées lors de restaurations).  Un banc de pierre, dit « banc de miséricorde », en fait le tour.


 

 

 

 

 

Saint_Andr__de_B_g__30Elle n’a jamais été voûtée, la charpente fut refaite à l’identique en 1844.  


 

 

 

 

 

 

Saint_Andr__de_B_g__28La nef communique avec la croisée du transept, moins large qu'elle, par une haute arcade en plein cintre, et par les deux petits passages qualifiés de « passages berrichons ».  


 

 

 

 

 

Saint_Andr__de_B_g__24L’axe de la nef est marqué par des pierres qui ressortent bien au milieu des pavés. Mis à part celles qui sont des pierres tombales, elles sont de la largeur de la rivière souterraine et la suivent parfaitement.


 

 

 

 

 

 

 

Saint_Andr__de_B_g__20aQuatre arcades en plein cintre, non doublées, délimitent la croisée du transept, que coiffe une coupole octogonale sur trompes.
Saint_Andr__de_B_g__40

 

 

 

 

 


Saint_Andr__de_B_g__41Le chœur possède une abside en hémicycle voûtée en cul de four. Elle est éclairée par trois fenêtres encadrées de deux arcs aveugles. Les cinq arcades retombent sur six colonnettes dont nous étudierons la symbolique plus tard.

 

 

 

 

 

 

 

 



Saint_Andr__de_B_g__36L’autel présente la particularité d’avoir remplacé la croix de consécration centrale par un rectangle creusé de quelques centimètres. C’est le quadrilatère solsticial du lieu.


 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Andr__de_B_g__37Les absidioles aveugles, comme pour laisser la lumière dans l’abside principale, possèdent quand même chacune un autel et sont également voûtées en cul de four.  L’absidiole sud est plus écartée de l'abside principale que celle du Nord : 1 m 92 contre 1 m 42.
Saint_Andr__de_B_g__32

16 septembre 2012

Alès, l'Ermitage



Al_s_faille_1La colline de l'Ermitage n'a aucun rapport géologique avec ses voisines : c'est une partie de la chaine jurassique des Cévennes soulevée et déplacée par les failles (faille des Cévennes) pendant l'ère tertiaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

Al_s_Ermitage_1Serait-ce pour cette différence qu'elle fut choisie comme lieu sacré par les hommes ?

 

 

 

 

 

 

 

Al_s_Ermitage_5Les premières traces dans les grottes de l'Ermitage de la culture Néolithique, en - 2 500 (grotte Bonnaud), démontrent que leur utilisation fut aussi funéraire. Puis un sanctuaire celtique occupa le haut de la colline.

 

 

 

 

 

Al_s_3aLes gaulois Volques Arécomiques construisirent au Ve siècle avant notre ère autour du sanctuaire un oppidum.

 

 

 

 

 

Al_s_plan_4bL’oppidum, d’un périmètre de 900 mètres environ, avait la forme d’un polygone irrégulier épousant les diverses fluctuations du terrain. Les remparts étaient formés de gros blocs calcaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Al_s_Ermitage_8Une citerne, qui existe toujours dans la cour du monastère, fut creusée dans le rocher (sous la fontaine actuelle), et un puits qualifié de « funéraire fut découvert en 1844.

 

 

 

 

 

 

Al_s_Ermitage_22La position stratégique du site entre le monde romain et la Gaule libre, puis la Pax Romana permirent à un village de se développer sur les pentes est, basé sur les échanges commerciaux (présence de nombreuses pièces, de Nîmes, de Marseille, d'Auvergne...).
Al_s_Ermitage_24

 

 

 

 

 

 

 

Al_s_1aLes fouilles de 2008 mirent à jour une mosaïque de 36 m² datant de -50. Elle était peut-être posée dans un lieu de culte associé à une divinité dont la statue s'élevait au sommet de la colline. L’oppidum devait être très important car ce type de mosaïque se rencontre habituellement dans des centres politiques urbains majeurs tels que Marseille, Nîmes ou Narbonne.

 

 

 

 

Al_s_mosaique_2


Al_s_mosaique_1Le pavement était composé d'une frise de swastika avec carrés pointés, entourant des panneaux décorés d'animaux (aigles et poissons), ainsi qu'une frise de rinceaux (feuilles de vigne), entourant elle-même le panneau central composé de postes (vagues) et de motifs géométriques carrés et triangulaires.

 

Al_s_Ermitage_7L'ermitage Saint-Julien-des-Causses, dépendance du prieuré de chanoines Augustins de Saint-Germain-de-Montaigu, prit la suite au XIe siècle.

 

 

 

 

 

 

Al_s_Ermitage_10Il était destiné aux moines devenus vieux. Mis à mal durant les guerres de Religion, en 1561, il fut abandonné jusqu'en 1675, date à laquelle un ermite, frère Jean Salomon, vint s'y installer.  

 

 

 

 

 

Al_s_Ermitage_9En 1718, le frère Esprit Boyer, de l'ordre des Carmes, releva les ruines du monastère et agrandit les bâtiments.

 

 

 

 

 

 

Al_s_Ermitage_6Il fut vendu comme bien national pendant la Révolution et se transforma en résidence d'été.

 

 

 

 

 

 

Al_s_Ermitage_18En 1872, il redevint propriété de l'évêché, fut restauré et consacré à la Vierge Marie qui avait protégé la ville du choléra.
Al_s_Ermitage_16

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Al_s_Ermitage_2La chapelle prit le nom de Notre-Dame des Mines. En 1874, la statue en fonte, haute de plus de 5 mètres, fut donnée et mise en place par les forges d'Alès.
Al_s_Ermitage_4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Al_s_Ermitage_11En 1936, une cloche de bronze baptisée Marie-Jeanne-Joséphine, vint remplacer Marie-Alexandrine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Al_s_Ermitage_20La chapelle, de plan très simple, ne possède plus de roman que son abside en cul de four et le chœur.
Al_s_Ermitage_19

 

 

 

 

 

 

Il existe une crypte, dans laquelle se trouve un ancien puits, mais je n’ai pu y accéder.

Al_s_Ermitage_plan_1a

http://notredamedesmines.webnode.fr/
http://www.cnrs.fr/inshs/recherche/UMR5140.htm

3 septembre 2012

Notre-Dame de la Valette

 

Salvinizet_chapelle_de_la_Valette_16C’est en l’an 1000 que l’on trouve cité dans le cartulaire de Savigny ce lieu, appelée Villa de Valle cum Capella.
Salvinizet_chapelle_de_la_Valette_18

 

 

 

 

 

 

Salvinizet_chapelle_de_la_Valette_14Au XIe siècle, la chapelle est citée en tant qu’Ecclésia de Valle, puis de la Val en 1225 et Luminare de la Valetta en 1313.
Salvinizet_chapelle_de_la_Valette_17

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Salvinizet_chapelle_de_la_Valette_12aPlacée sur le chemin reliant la Bourgogne à Bolène et la vallée du Rhône, elle servait d’étape aux voyageurs. En 1225, la cure de la Valette avait pour collateur le prieur de Salt-en-Donzy, qui lui-même relevait de Savigny.


 

 

 

 

Salvinizet_chapelle_de_la_Valette_9b

Construite au XIe siècle, l’ensemble possède les caractéristiques du roman primitif forézien avec un chœur en hémicycle voûté en cul de four. Le chevet est circulaire, sans contreforts. Le portail en plein cintre et les chapiteaux sont du XIIe siècle. La voûte et le clocher furent reconstruits au XIXe siècle.

Salvinizet_chapelle_de_la_Valette_7aDans l’enclos de l’ancien cimetière du village, entourant la chapelle, se dresse une croix dont la base en granit est creusée d’une niche servant autrefois de lanterne des morts.


www.montagnesdumatin.com/fr/desc_longue.php?id=sitraPCU360351

10 juillet 2012

Mozac, l’intérieur



Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_2La nef (50 m de long sur 17m de large avec les bas-côtés) comporte six travées voûtées d’ogives.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_3Le plafond date de 1741. Les arcs reposent sur des culs de lampes ornés de feuilles d’acanthe. Les trous sont des échéa (vases d’argile destinés à améliorer l’acoustique).

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_5Les piliers sont lisses du côté de la nef, ce qui indique plusieurs choses : pas d’arcs doubleaux sous l’ancienne voûte, et ceux qui empruntaient la voie centrale n’avaient pas besoin du message des chapiteaux.

 

 

 

 

 

Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_28Les trois autres côtés ont des colonnes engagées aux chapiteaux posés sur deux tores séparés par une moulure. Les piliers sont reliés par des arcs en plein cintre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_26Côté ouest, une porte gothique fut percée vers 1460 afin de faire communiquer la nef et l’ancien porche devenu clocher.


 

 

 

 

 

Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_31aLes collatéraux sont voûtés d'arêtes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_36Le bas-côté nord n’a pas été restauré et garde ses fenêtres d’origine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_22Le mur du bas-côté sud fut refait au XVe siècle, percé de fenêtres tréflées. Il possède des chapelles latérales dont celle qui conservait les reliques.

 

 

 

 

 

 

Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_15La troisième chapelle, dite de Saint-Pierre, possède une armoire gothique au-dessus de laquelle  une inscription de 1480 donne le nom du fondateur : Dom Guillaume Focaud, sacristain, en l’honneur de saint Sébastien.
Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_16

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_24Le chœur et le transept, réalisés par l’abbé Raymond de Marcenat au XVe siècle, étaient séparés de la nef par un jubé.
Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_23

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_25C’est sur la croisée du transept que l’on retrouve les stalles en chêne sculptées de miséricordes datant de 1410, installées par l’abbé Philibert Archimbaud.

Mozac_Saint_Pierre_et_Saint_Caprais_35

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23 juillet 2012

Saint-Martin-la-Vallée



Semur_en_Brionnais_Saint_Martin_la_Vall_e_2Cette église est placée, comme sa sœur de Saint-Martin-du-Lac, sous le vocable de saint Martin, évêque de Tours au IVe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Martin_la_Vall_e_6Cette paroisse fut antérieure à celle de Semur-en-Brionnais, simple place forte et résidence princière qui dépendait d’elle. C’est en 1274, lors de la fondation de son chapitre, que Semur devint paroisse à son tour. Saint-Martin resta indépendante jusqu’en 1791.


 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Martin_la_Vall_e_4L’église date du XIe siècle. Conservant son aspect primitif, elle se compose d’une nef unique, charpentée, ouvrant sur le chœur par un arc en plein cintre (présentant un appareillage en épi), et d’une abside semi-circulaire voûtée en cul de four.

 

 

 

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Martin_la_Vall_e_11Au sud, la travée du chœur communique avec une petite chapelle supportant le clocher, couverte d’une coupole ronde sur trompes et terminée par une absidiole semi-circulaire. Elle fut sans doute rajoutée au XIVe siècle.

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Martin_la_Vall_e_10L'éclairage de la nef et des absides est assuré par des fenêtres étroites fortement ébrasées vers l'intérieur.
Semur_en_Brionnais_Saint_Martin_la_Vall_e_13

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Martin_la_Vall_e_12L'église abrite des peintures murales qui s’échelonnent du XIIème au XVIème siècle, en cours de restauration.


 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Martin_la_Vall_e_5Le clocher est composé d’un soubassement ajouré, d’un étage percé de baies géminées encadrées par une double archivolte retombant, au centre, sur deux fines colonnettes à chapiteaux, et d’une flèche à quatre pans recouverte d'ardoises.
Semur_en_Brionnais_Saint_Martin_la_Vall_e_3

 

 

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Martin_la_Vall_e_7A l’extérieur, des modillons (dont un très parlant représentant une tête d'homme à l'envers)ornent le pourtour de l’abside centrale et de l’absidiole. Un bénitier est encasrté dans le mur, à l'endroit où passe une rivière souterraine.


 

 

 

 

 

"Le Brionnais, Eglises romanes" de Liliane Schneiter (1967)

http://semur-en-brionnais.pagesperso-orange.fr/patrimoine/eglises/eglise1.html

http://pjpmartin.pagesperso-orange.fr/site/brionnais.htm

9 juillet 2012

L’oppidum de Larina, historique



Larina_1Les falaises de la Louvaresse du plateau de l’Isle Crémieu se distinguent de loin, véritable barrière au-dessus de la plaine du Rhône.
Larina_7

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Larina_plan_1C’est sur le plateau de Larina, dominant Hières-sur-Amby, que nous trouvons les traces d'une occupation humaine dès le Néolithique, vers 3 000 avant notre ère, à l'âge du bronze.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Larina_planLes dépôts cultuels retrouvés prouvent le caractère sacré que les occupants vouaient à l'endroit.
Larina_10

 

 

 

 

 

 

 

Larina_21L’oppidum, situé sur un emplacement stratégique au débouché du Val d’Amby, une des rares voies de pénétration du massif, fut fortifié au Bronze Final.
Larina_22

 

 

 

 

 

 

Larina_19Le peuple celte des Allobroges vint s'y installer au IIIe siècle avant notre ère. L'habitat se développa, avec la construction d'un grand rempart en pierre. Une nécropole de tombes sous lauzes s’implanta sur les vestiges du cimetière précédent.

 

 

 

 

 

Larina_45Les romains prirent possession du site au IIe siècle, et l'on retrouve alors les traces d'un temple dédié à Mercure, dont les pierres servirent aux constructions postérieures.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Larina_8C'est à cette époque que l’exploitation de la carrière de lauzes prit de l’ampleur.
Larina_6

 

 

 

 

 

 

 

Larina_23A la fin de l’empire romain, les Burgondes prirent possession du lieu. La plupart des tombes de la nécropole de la Motte datent de cette période.
Larina_24

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Larina_34Au VIe siècle, période mérovingienne, un domaine fortifié s’organisa autour d’une villa seigneuriale, avec ses bâtiments d’exploitations agricoles construits en pierre avec une toiture de lauzes. Une nouvelle nécropole se développa sur la plus haute colline autour d’un mausolée et d’une église en pierre.

 

 

 

 

 

Larina_11C’est au début du VIIIe siècle, avec l’arrivée des Carolingiens que le plateau fut abandonné.
Larina_50

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Larina_20Bien plus tard, la légende raconte qu’une bergère gardant son troupeau sur le plateau tomba de la falaise et fut sauvée par la vierge Marie. C’est la raison pour laquelle une statue fut érigée en son honneur. Mais déjà, Larina n’est-elle pas cette vierge, compagne de Camille l’Amazone, protégée de Diane dans l'Énéide de Virgile ?

 

 

 

 

 

 

 


"Autour d'elle, ses compagnes de prédilection, la vierge Larina, et Tulla, et Tarpéia qui agite une hache de bronze; ce sont des filles d'Italie que la divine Camille s'est choisies pour l'honorer et la servir, dans la paix comme dans la guerre"

Larina_5Nous avons donc sur cette hauteur la présence de Mercure et de Diane, pôles masculin et féminin, ainsi que de la source de Vie, le point de résurgence d’eau. Si le site avait perduré, sans nul doute aurions nous retrouvé Notre-Dame et saint Michel.  

http://fr.wikipedia.org/wiki/Hi%C3%A8res-sur-Amby
http://www.hieressuramby.fr/
http://www.musee-larina-hieres.fr/

11 juin 2012

Saint-Donat-sur-l’Herbasse, la collégiale

 

 

Saint_Donat_sur_l_Herbasse__glise_Saint_Pierre_et_Saint_Paul_1La première trace écrite d’une l’église est un acte daté de 894, parlant d’une dédicace à sainte Marie et à saint Donat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Donat_sur_l_Herbasse__glise_Saint_Pierre_et_Saint_Paul_5La collégiale, quand à elle, fut construite à la fin du XIe siècle en pierre de molasse. Il ne reste plus rien malheureusement de cette époque, mis à part la partie basse du clocher-porche, de plan carré.
Saint_Donat_sur_l_Herbasse__glise_Saint_Pierre_et_Saint_Paul_6

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Donat_sur_l_Herbasse__glise_Saint_Pierre_et_Saint_Paul_7Le premier étage fut détruit par la foudre en 1618 et restauré à l’identique. Le deuxième étage fut rajouté au XIXe siècle. Il fut entièrement restauré en style roman en 1994.
Saint_Donat_sur_l_Herbasse__glise_Saint_Pierre_et_Saint_Paul_3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Donat_sur_l_Herbasse__glise_Saint_Pierre_et_Saint_Paul_8L’église devenue collégiale fut reconstruite au XIIe siècle, puis embellie au cours des siècles. De cette époque ne restent plus que deux colonnettes du portail nord, conservées au musée de Valence. En 1777, elle devint paroissiale.
Saint_Donat_1a

 

 

 

 

 

 

Saint_Donat_sur_l_Herbasse__glise_Saint_Pierre_et_Saint_Paul_2La dédicace changea au XIXe siècle. Elle prit alors le nom de Saint-Pierre et Saint-Paul. La nef fut détruite en 1939 et remplacée en 1940.
Saint_Donat_sur_l_Herbasse__glise_Saint_Pierre_et_Saint_Paul_9

 

 

 

 

 

 

Saint_Donat_sur_l_Herbasse__glise_Saint_Pierre_et_Saint_Paul_13Le chœur gothique, de la fin du XIVe siècle début du XVe, est de type ogival rayonnant.
Saint_Donat_sur_l_Herbasse__glise_Saint_Pierre_et_Saint_Paul_14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Donat_sur_l_Herbasse__glise_Saint_Pierre_et_Saint_Paul_15La voûte se compose de deux travées carrées, formées chacune par une croisée d’ogive avec de fortes nervures qui retombent en faisceaux sur 6 cul de lampes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Donat_sur_l_Herbasse__glise_Saint_Pierre_et_Saint_Paul_16La chapelle nord, dédiée à saint Joseph, date de la fin du XIVe siècle. Celle du sud, dite chapelle du Saint-Sacrement, est du XVe siècle. Elles ont toutes deux des voûtes d’arête à nervure.
Saint_Donat_sur_l_Herbasse__glise_Saint_Pierre_et_Saint_Paul_24

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Donat_sur_l_Herbasse__glise_Saint_Pierre_et_Saint_Paul_12Une petite chapelle à droite abrite quelques objets et ornements de culte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Donat_sur_l_Herbasse__glise_Saint_Pierre_et_Saint_Paul_17Le grand orgue, construit entre 1959 et 1972, fut conçu spécialement pour jouer la musique de Bach.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Donat_sur_l_Herbasse__glise_Saint_Pierre_et_Saint_Paul_18

10 mai 2012

L'église Saint-Pierre, l'intérieur



Champagne Saint-Pierre aLa structure de l’église avec tribunes et déambulatoire laisse supposer qu’à l’époque de la dédicace, elle contenait des reliques précieuses, d’où la présence du déambulatoire. L’église se trouvant sur une route de pèlerinage, une telle forme est appropriée.


 

 

 

 

Champagne Saint-Pierre hL’église Saint-Pierre est l’un des rares exemples en France d’un sanctuaire roman dont la nef de cinq travées est couverte par une file de trois coupoles sur trompes (avec la cathédrale du Puy et Saint-Hilaire de Poitiers), chaque coupole s’étendant sur deux travées.


 

 

 

 

Champagne Saint-Pierre cLes coupoles sont séparées entre elles par un arc diaphragme. Les deux premières englobent chacune deux travées, ce qui forme un plan carré au sol.

 

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 65Un arc transversal les partage en leur milieu. La dernière, plus étroite, est faite sur une seule travée. L’architecte a-t-il voulu nous parler au travers de la géométrie sacrée ?


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 59De solides piliers, cantonnés de quatre demi-colonnes couronnées de chapiteaux, recueillent les arcs en plein cintre délimitant l'espace des cinq travées. Au dessus de ces arcs s'ouvrent les baies jumelles des tribunes.
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Champagne église Saint-Pierre 72Les chapiteaux, dont les feuilles s’ouvrent de plus en plus en remontant vers le chœur, nous annoncent la transformation du pèlerin.


 

 

 

 

 

Champagne église Saint-Pierre 75Les deux bas-côtés, recouverts d'une voûte d'arêtes, sont percés de baies rajoutées au XIXe siècle.
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Champagne église Saint-Pierre 56Sous le balcon sud  nous retrouvons quelques consoles sculptées, qui nous racontent, telle une B.D. de l’époque, comment parvenir à se transformer : maitriser la dualité et se retourner. Le lion va nous y aider.

 

 

 

 

 

Champagne Saint-Pierre gLe transept, légèrement saillant, est pris dans le massif des deux anciennes tours.
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Champagne Saint-Pierre jL’abside en cul de four, constituée d'un chevet à trois pans, protège un chœur de forme semi circulaire voûté en demi-coupole surélevé de quelques marches,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Champagne Saint-Pierre fet un déambulatoire, sans chapelles rayonnantes, bordé de six colonnes. Depuis quelques années, on connait l'existence d'une confession (crypte de petite dimension dans laquelle était exposé le tombeau d'un martyr) sous l'autel provisoire actuel : la bouche d'accès profonde d'à peu près 2 m donne sur un caveau d'1,70 m de long et 0,75 m de large. A l'intérieur fut trouvé un ancien autel brisé (IXème ou Xème siècle).

 

 

 

Champagne Saint-Pierre m2Les parties hautes de l’église ne sont pas accessibles. Elles sont pourtant, d’après ce que j’ai pu en lire, intéressantes. Comme dans Saint-Philibert de Tournus, une chapelle est dédiée à saint Michel l’autre à Gabriel. On y parvient à l’aide de deux escaliers à vis qui débouchent au dessus des deux bras du transept.
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Champagne Saint-Pierre l1Ces chapelles communiquent entre elles par un passage supérieur au niveau des combles (ce même passage conduit à une salle située au dessus de la demi-coupole du chœur) et avec les tribunes par de petits passages étroits.

 

 

 

Champagne Saint-Pierre e1C’est à l’intérieur de l’église Saint-Pierre que l’on sent tout ce que ce genre d’église peut apporter. L’ambiance est douce, enveloppante, mais très émouvante. Le parcours énergétique marche encore, et c’est les larmes aux yeux que j’en suis sortie. J’aurais aimé savoir quel saint ou quel martyr était vénéré dans la confession.

 

 

 

 

 

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http://www.patrimoine-ardeche.com/visites/serrieres.htm
http://www.abbaye-champagne.com/themes/champagne/eglise/eglise.htm

28 avril 2012

L’église Sainte-Croix de Champeix

 

Champeix_19Champeix est une jolie petite ville sur les bords de la Couze Chambon. Son nom vient du latin "Campellis", qui signifie "petit champ". L’endroit fut habité depuis fort longtemps, en témoigne la pierre levée néolithique, le menhir de Pierre-fiche sur la commune de Ludesse à quelques kilomètres.

 

 

 

 

 

 

 

Champeix_2aA partir de 1225, la seigneurie et le château du Marchidial, possédant son église Saint-Jean et son presbytère, devinrent l’une des résidences des dauphins d’Auvergne. Le village, où se tenaient d’importantes foires et marchés, se dota d’une enceinte.

 

 

 

Champeix_5Au XVIe siècle, après être passée aux mains des Bourbons, la seigneurie est vendue à un habitant d’Issoire, Thomas Boyer, seigneur de Saint-Cirgues. A noter qu’au XVIIIe siècle, elle sera entre les mains de deux femmes remarquables : la marquise de Rupelmonde, égérie de Voltaire, et Madame de Tourzel, gouvernante des enfants de Louis XVI.

 

 

 

 

Champeix_3L’église paroissiale Sainte-Croix fut construite au XIIe siècle sur la rive droite de la Couze Chambon, sur l’emplacement d’un ancien couvent de moines Camaldules. L'ordre Camaldule est un ordre religieux fondé par Romuald de Ravenne (saint Romuald) en 1012 à Camaldoli en Toscane, sous la règle de saint Benoît. Les moines camaldules allient la vie commune de travail et de l'office bénédictin à l'érémitisme. Ils portent l'habit blanc et la barbe pleine.

 

 

 

 

 

 

Champeix_8L’édifice comprend une nef voûtée en plein cintre de quatre travées. Seule l’abside semi-circulaire couverte d’un cul de four reste romane.
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Champeix_9Les bas-côtés voûtés d’ogives furent rajoutés au XVe siècle.
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Champeix_6Le portail la façade nord du transept fut refait au XVIIIe, conservant un ancien linteau roman pentagonal réunissant les symboles de la trinité : la  main de Dieu (père), l’agneau (fils) et la colombe (esprit-saint). Il conserve l’inscription « Tres trinum signant, Pollex, Peccus, atque Colomba »

 

 

 

 

Champeix_14Le clocher, construit en 1890, a remplacé celui d’origine, probablement démoli lors de la révolution.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Champeix_15Rien de tout ça n’est très original. Mais l’église de Champeix possède quelque-chose de très particulier qui n’est que rarement compris.

 

 

 

 

 

 

 

Colonnes_du_TempleAu départ d’une construction de sanctuaire, le maitre d’œuvre trace un cercle (symbole du ciel) à partir d’un point central (symbole du créateur), point de réunion des différentes énergies. Il place son gnomon, ou bâton, au centre du cercle. Puis il marque sur le cercle l’ombre de son bâton, au lever et au coucher du soleil aux solstices d’hiver et d’été, ce qui lui donne le quadrilatère solsticial (variant en fonction de la latitude du lieu).

 

 

 

 

Champeix_20C’est par rapport au cardo et au décumanus que se calcule la position des « colonnes du temple », que l’on retrouvera bien visibles dans les sanctuaires romans d’Auvergne, comme à Notre-Dame-du-Port de Clermont-Ferrand, ou à Volvic par exemple. La première colonne, au sud, fonctionne avec le soleil et agit avec la matière, le conscient, le masculin. La deuxième, au nord, reçoit les énergies de la lune et anime la psyché, le subtil, le féminin. Portes symboliques, elles marquent l’entrée dans le véritable sanctuaire, la limite entre les parties tellurique et cosmique, entre le profane et le sacré.


 

Champeix_17A Champeix, ces colonnes, qui n’ont aucune utilité autre que symbolique (elles ne supportent aucun arc, aucune voûte), sont présentes. Cerise sur le gâteau, leur nom est gravé dessus. Je vous présente Jakin (Jachin) et Boaz (Boot), qui délimitent l’entrée du chœur.
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1 mars 2011

Le prieuré de Saint-Romain-le-Puy, l’église



Saint_Romain_le_Puy_plan_a1Sa caractéristique principale, comme à Saint-Michel d’Aiguilhe, est la présence d’une première chapelle englobée dans un édifice plus grand. On peut constater cinq étapes de construction.


- La première connue peut dater des IV ème et V ème siècles. Les fouilles ont mis à jour des vestiges de l’antiquité tardive, des sépultures. 
- La deuxième, (gris) voit l’extension du sanctuaire pendant le haut-moyen-âge. Le plan centré triconque de l’église encore modeste en est encore visible.
- La troisième, (noir) au X ème siècle, voit l’ajout d’une nef à l’ouest.
- La quatrième, (hachures) au XI ème siècle, date de l’installation du prieuré. L’ancienne abside est supprimée, laissant place à un chœur plus vaste, surélevé pour laisser place à la crypte.
- La cinquième, (pointillés) au XV ème, met en place des embellissements gothiques, comme la chapelle au nord et le portail.

 

 

 

 

Saint_Romain_le_Puy_41aL’axe de l’abside et de la crypte est décalé vers le nord par rapport à celui de l’ancien sanctuaire. Il ne s’agit pas de donner l’inclinaison de la tête du Christ sur la croix, mais de respecter les lignes d’énergies telluriques du sous-sol.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Romain_le_Puy_34La nef a une hauteur de 12 mètres sous la voûte. Le sol fut abaissé en 1988 afin de restituer le niveau de circulation roman. La poutre de gloire qui la traverse date du XV ème siècle, et porte les armes de la famille de Bouthéon.
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Saint_Romain_le_Puy_38aDans les parties hautes, les murs sont doublés par une arcature aveugle jouant le rôle d’arc de décharge pour les murs soutenant le clocher.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Romain_le_Puy_45aDe la première chapelle de plan centré triconque reste les exèdres semi-circulaires (salle de conversation équipée de sièges ou de bancs qui suit le plus souvent un plan semi-circulaire facilitant le contact entre les interlocuteurs), à l’intersection du chevet et de la nef. Voûtées en cul de four, elles ont été tardivement percées d’un oculus.

 

 

 

 

Saint_Romain_le_Puy_48Celle du Nord donne accès à la crypte.

 

 

 

 

 

 

Saint_Romain_le_Puy_56aLe chœur, situé 3 mètres plus haut, est accessible par plusieurs marches. Il est flanqué d’absidioles.

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Saint_Romain_le_Puy_58La beauté de l’édifice, outre son architecture complexe, réside dans la présence de fresques datant pour les plus vieilles du X ème siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Romain_le_Puy_63Sur l’une d’elles, datant du XIII ème, nous trouvons représenté le martyre de saint Romain d’Antioche. L’hagiographie raconte que Romain, diacre de l’Église de Césarée en Syrie, se trouvait à Antioche quand commença la persécution de Dioclétien. Ne pouvant supporter de voir des chrétiens se plier aux normes des décrets impériaux et s’avancer vers les statues des idoles, il les incita fortement à résister.

 

 

 

 

 

 

Saint_Romain_le_Puy_36aConduit devant un juge, il fut torturé, eut la langue coupée et finalement fut étranglé par le bourreau dans sa prison en l’an 303. Avec lui un enfant, saint Barallah ou Barulas, fut pris au hasard dans la foule pour apporter son témoignage. L'enfant dit qu’un seul dieu devait être loué, et, pour cela, il fut battu de verges et décapité.

 

 

 

 

Saint_Romain_le_Puy_59aUne autre fresque du XV ème montre deux saintes, Marie-Madeleine qui tient un flacon de parfum et Catherine d’Alexandrie accompagné de la roue de son supplice.

 

 

 

 

 

Saint_Romain_le_Puy_47aDe part et d’autre du chœur, dans des arcs aveugles, un personnage fait le geste de la bénédiction. Il porte le pallium, bande de laine blanche croisée sur la poitrine. Un autre personnage en buste se trouve au dessus de lui. Il s’agit là probablement d’archevêques de Lyon.

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Romain_le_Puy_70Les 49 chapiteaux soutenant colonnes et arcatures présentent une variété de thèmes et de motifs imprégnés de l’influence méditerranéenne :
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Saint_Romain_le_Puy_43aanimaux fantastiques, entrelacs, figures symboliques, motifs floraux et feuillages, des têtes de béliers et une seule représentation humaine.

13 août 2010

La chapelle templière de Montceau-et-Écharnant

Montceau_et__charnant_6Le site d'Écharnant fut habité depuis plus de 30 000 ans : les celtes ont succédé aux plus anciens, dont on a retrouvé les traces préhistoriques dans des grottes et des tumulus. Les gallo-romains prirent la suite jusqu'au IV ème siècle.










Montceau_et__charnant_30On trouve la première mention d'Écharnant dans un cartulaire de 879. Le village commença sa vie en tant que gite d'étape entre Beaune et Autun, sur le chemin menant à Compostelle. C'est la raison pour laquelle les Templiers virent s'y installer. Leurs possessions passèrent à la dissolution de l'ordre aux Hospitaliers, qui restèrent à Écharnant jusqu'en 1792.








Montceau_et__charnant_1La chapelle fut fondée en 1150 le long de la voie romaine.
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Montceau_et__charnant_29Elle était entourée d'une maison d'hospitalité pouvant accueillir au moins 30 personnes, comprenant des granges, des lieux de repos, d'instruction,  des celliers, des étables, des cours,
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Montceau_et__charnant_28des jardins,
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Montceau_et__charnant_21un four à pain et un puits.
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Montceau_et__charnant_26Le puits, d'une profondeur de 8 mètres, se trouve au nord de la chapelle. Les traces profondes d'usure de cordes sur la margelle témoignent d'un usage très ancien.
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Montceau_et__charnant_3La chapelle (Il est possible qu'elle ait succédé à un ancien sanctuaire gaulois) est orientée à l'est, avec un léger décalage dû probablement à sa dédicace au saint patron, Jean : le soleil se lève le 24 juin dans l'axe parfait du bâtiment.

La chapelle fait 18 mètres de longueur et 8,60 de largeur extérieures,  11 et 7 à l'intérieur.







Montceau_et__charnant_2Elle est divisée en deux parties : l'une plus ancienne, constituée par la nef, avec des ouvertures étroites, deux portes (ouest et sud), une fenêtre romane au sommet arrondi, l'autre, le chœur, plus soigné, aux fenêtres ogivales. Cette partie, ainsi que le clocher, est postérieure au XVI ème siècle.














Montceau_et__charnant_7Le portail d'entrée à l'ouest est surmonté d'un linteau sculpté de dessins templiers, les mêmes retrouvés sur une pierre tombale au centre de la nef (un motif trilobé et une rosace à 12 folioles). 
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Montceau_et__charnant_4Le clocher de plan carré possède deux ouvertures ogivales orientées nord et sud et un toit à 4 pans fait de tuiles beiges contrastant avec les laves de le nef.
















Montceau_et__charnant_11La nef, sobre, est séparée du chœur par un arc brisé aplati dont les jambages sont inclinés.

















Montceau_et__charnant_12Le chœur au parement en cul de four, est plus soigné.
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Montceau_et__charnant_16Les deux bénitiers, en pierre calcaire d'inspiration romane, sont en forme de coquetier.
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Montceau_et__charnant_13Des traces de peintures murales sont encore présentes, où l'on retrouve un motif à 5 folioles, caractéristiques de la fin du XIII ème siècle.











Montceau_et__charnant_17Le sol de la nef est parsemé de 12 pierres tombales parmi lesquelles des tombes templières et hospitalières.
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Montceau_et__charnant_23Quelques tombes sont disséminées autour le la chapelle.
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Montceau_et__charnant_18Tiré du fascicule publié par les «amis de l’église d’Écharnant» (association loi 1901 œuvrant à la restauration d’une chapelle templière et à la réhabilitation du site)

Voir la carte ici.

5 juillet 2010

Ladoix-Serrigny, l'église Saint-Marcel

Ladoix_Serrigny_4Ladoix-Serrigny, dont l'étymologie provient de "douix", qui veut dire fontaine ou résurgence d’eau (ou du nom d'un homme dénommé Sourinus à l'époque gallo-romaine. Ce qui fait penser à sourdre, du latin surgere,se lever, se dresser, et en ancien français jaillir, apparaître), possède une église du XIIIème siècle, époque des premiers seigneurs de Ladoix. Elle est dédiée à  Saint Marcel, protecteur des moissons et des vendanges.













Ladoix_Serrigny_8Construits à intervalles différents, le chœur et le transept sont apparemment du XIIIème siècle, alors que la charpente du clocher est de 1774.










Ladoix_Serrigny_9Bien des vestiges anciens  peuvent être admirés à l'intérieur de l'église tels que :  les  demi piliers en forme de pilastre avec arcs doubleaux aigus, le sol en pente, le chœur légèrement incliné sur la gauche(l'axe suit une faille et un cours d'eau souterrain), la grande nef romane soutenue par cinq piliers carrés.








Ladoix_Serrigny_10Quatre figures finement sculptées qui terminent les arcs en cul de lampe sont énigmatiques : nous trouvons un premier personnage à l'intérieur d'un cercle, un feuillage au dessus de lui.
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Ladoix_Serrigny_13Ensuite, deux autres personnages ont le feuillage poussant directement au-dessus de leur tête, pour terminer avec une figure où les feuilles sortent directement de la bouche...
Que faut-il comprendre ?
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Ladoix_Serrigny_6Chose assez rare pour être remarquée, l'ancien puits fait toujours partie de l'intérieur de l'église.  Il est situé sur le croisement de deux veines d'eau souterraines.
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Ladoix_Serrigny_14La statue de Marie, appelée Notre-Dame du Chemin, ancienne vierge noire de la chapelle du même nom, se trouve dans cette église. Une procession se fait encore chaque 15 août, qui amène la statue dans la chapelle.
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Ladoix_Serrigny_15http://monsite-orange.fr/notredameduchemin/page1/index.html
http://www.ladoix-serrigny.fr/patrimoine
http://cem.revues.org/index6042.html

Pour voir la carte, cliquer ici.

30 septembre 2008

Saint Gaudérique

saint_gauderique_bSaint Gaudérique ou Gaudéric est un saint local de Perpignan, fêté le 16 octobre. Il vécut au IXème siècle, et fut enterré à Viéville (aujourd'hui Saint-Gaudéric dans l'Aude). Sa châsse est vénérée à Perpignan. Il est patron du Roussillon, de Perpignan, de Saint-Martin du Canigou, de Mirepoix.
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saint_gauderique_cIl n’existe pas de document ancien sur la vie de ce saint. D’après les pères bénédictins rédacteurs de " La vie des Saints et des Bienheureux " les récits qui sont parvenus jusqu'à nous sont du domaine de la légende. On le représente avec un bâton ou un épi de blé (retable de Louis Généres, 1685, cathédrale de Perpignan qui provient de l'abbaye de Saint-Martin du Canigou), ou encore accompagné de son attelage de bœufs, car il était paysan.

Il exploitait en commun avec ses deux frères la terre reçue en héritage, en indivision. C’était un homme réputé pour sa piété.
« Un jour qu’ils battent le blé sur l’aire, le ciel se couvre. Un orage épouvantable s’approche. Gaudérique se met à  prier. Miracle, les nuages s’écartent en arrivant au dessus de l’aire, qui reste intacte alors que la campagne environnante est ravagée.




saint_gaud_rique_dUne autre fois, connaissant sa piété, le carillonneur veut lui faire une farce : Il sonne l’angélus alors que Saint Gaudérique passe la rivière au gué. Sans hésiter le Saint s’agenouille dans l’eau, et l’eau s’arrête pour qu’il ne se mouille pas. Désormais Saint Gaudérique sera invoqué dans le Roussillon pour agir sur les éléments, il est "le patron des écluses célestes". Chaque fois qu'il le paraît nécessaire, on promène ses reliques en longues processions, pour lui demander d'apporter soit la pluie soit le beau temps.

En 1014 les moines de Saint Martin du Canigou viennent dérober une partie des reliques du saint.
En 1648 l'abbaye du Canigou offre une partie de ces reliques  à Louis XIII qui les confie à l’abbaye du Val de Grace à Paris.
Le restant des reliques qui étaient demeurées au Canigou fut transporté à l'église St Jean de Perpignan en 1783.

16 février 2010

L'église Saint-Paul de Lyon

Saint_Paul__17_aL'église Saint-Paul, située sur la rive droite de la Saône, au pied de la colline de Fourvière, est l'une des trois plus anciennes églises de Lyon actuellement conservées.
Le quartier, tout proche de la cathédrale, fut longtemps un centre commercial et financier très important. Lorsqu'on la découvre, elle aparait juste en dessous de la basilique de Fourvière. Sept de ses autels ont été dédiés à la vierge.












Saint_Paul_LyonUne tradition attribue à Saint Sacerdos, évêque de Lyon de 549 à 552, la fondation d'un monastère d'hommes en ce lieu où s'élevait auparavant un autre édifice religieux. C'était sous le règne de Childebert et de sa femme Ultrogothe (j'adore...) qui avaient établi non loin de là un hôpital sous le vocable de Notre-Dame de la saulnerie, le premier hôtel-Dieu, appelé ensuite Saint-Eloi.














Saint_Paul__48_aAu VIIIème siècle, le monastère, en cette époque difficile et troublée, eut beaucoup à souffrir, en particulier au passage des armées. Heureusement, Leidrade, archevêque de Lyon de 798 à 814, "remit en état la maison de Saint Paul" selon ses propres termes. C'est le temps de la renaissance carolingienne qui effaça les traces des dévastations des siècles précédents.











Saint_Paul_aPour assurer la restauration spirituelle et morale, ainsi quue l'évangélisation, il remplaça les moines par un chapitre d'une vingtaine de chanoines. Plus tard, au XIème siècle, quand les paroisses furent organisées, elle devint église paroissiale.

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Saint_Paul__77_aAu temps de la réforme grégorienne, Hugues 1er, archevêque de Lyon de 1081 à 1106, demanda que l'église collégiale fut reconstruite, car elle était à nouveau en très mauvais état. Pour permettre l'entreprise, il fit des dons importants, et la générosité des paroissiens compléta le patrimoine foncier qui assura la continuité des travaux.

Nous ne savons pas ce qui reste des églises primitives, tout en remarquant que la présence d'arases de briques dans les façades Nord et Sud du transept rappellent les constructions carolingiennes. Le choeur avec sa coupole, la croisée du transept, la nef datent du XIIème siècle, en style romano-byzantin.
Les voûtes d'ogives furent posées au XIIIème siècle. Le cloître qui bordait l'église fut démoli plus tard pour permettre la construction de chapelles sur les bas-côtés.





Saint_Paul__6_aLe clocher date de 1440. ( La flèche fut remplacée en 1875, sa couverture refaite en 1982.). Le portail roman fut remplacé en 1648 par un portail d'ordre dorique (puis en 1877 dans un style néo-classique).
De nombreux travaux furent faits en 1653. Mais vers 1780, l'aspect de l'église fut complètement changé. L'abside centrale fut allongée. L'église fut restaurée tout au long du XIXème siècle.

A l'emplacement de l'actuelle place Gerson existait l'église Saint-Laurent, qui fut reconstruite en 1250, puis de nouveau en 1635, entièrement détruite par un incendie en 1793.









Saint_Paul__3_aDe forme basilicale, l'église mesure 45m de long par 16m de large. La coupole du XIIème siècle comprend deux dômes octogonaux superposés. Le lanterneau a été posé en 1833.











Saint_Paul__20_De la place Gerson, on entre par la porte Saint Laurent, du XIIème siècle, qui donnait accès à un passage couvert conduisant à l'église du même nom. L'arcivolte en plein cintre, d'époque romane, est formé de trois voussures décorées. Au tympan a été placé au en 1987 le moulage d'un bas-relief en marbre actuellement au musée Gadagne. Il provient du cloître de l'église et était près du tombeau d'un certain Richard. On retrouve des pierres romaines de réemploi à caractères très lisibles.
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Saint_Paul__16_aLes corniches des toits sont soutenues par des modillons à la décoration variée. Il me semble y voir les différentes phases du grand-oeuvre.
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Saint_Paul__56_aLa nef comporte quatre travées délimitées par quatre piliers avec chapiteaux sculptés de feuillage ou de têtes humaines. Une frise court au-dessus des arcs. La voûte est soutenue par des croisées d'ogives ornées de fleurs dorées et par des arcs doubleaux.
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Saint_Paul__64_aSaint_Paul__65_aLes chapelles latérales datent du XVème siècle. La seconde à droite est originale : sur la voussure de l'arc ogival sont sculptés huit médaillons. Les deux du bas, de chaque côté, portent les armoiries des donateurs. Ensuite, en partant de la gauche, on trouve des anges chantant et jouant d'un instrument : de la cornemuse, de l'orgue, de la harpe, du théâtre, du luth, de la trompette.
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Saint_Paul__70_aDans la chapelle suivante, les ogives de la voûte sont curieusement ornés de têtes d'anges.







Saint_Paul__80_aLa croisée du transept est dominée par une coupole sur trompes dont les arcs se rejoignent en faisceau à la clef de voûte curieusement ornée d'une colombe dorée pendante. Sous la voûte sont des fenêtres séparées par une série d'arcades romanes ornées de chapiteaux sculptés.
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Saint_Paul__37_aLe choeur se termine par une abside en cul de four. Restauré en 1899, ses pilastres cannelés ont été remplacés par des peintures.

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Saint_Paul__40_aLa chapelle Sainte-Marguerite fut fondée en 1400 par jean de Precieu. C'est en cet endroit que je me suis sentie le mieux. Peut-être parce qu'avant se trouvait là le cloître des bons moines...








Saint_Paul__25_aLa chapelle des fonds baptismaux date du XVème siècle. L'écusson au plafond est celle du maitre d'oeuvre, Jean Palmier...

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Saint_Paul__55_aCe qui était la chapelle de Notre-Dame et des trois rois fut très réduite à cause de l'élargissement de la rue. Elle est devenue la chapelle de Jean Gerson.
















http://www.lyon-evasion.com/indexeglisestpaul1.htm

9 mars 2009

Les grottes de Gargas

gargantua_2Voilà un bien étrange nom, que nous retrouvons souvent dans la toponymie française. Notre bon géant Gargantua, avatar du dieu Lug, ou bien  fils de la déesse Belisama et du dieu Belenos, ou bien le Dagda irlandais, en tout cas l'un des 3 aspects du dieu soleil dans sa forme représentant le couchant (le soleil caché, dont le symbole est la grotte), est présent sur les lieux sacrés de nos ancêtres. De nombreuses légendes lui attribuent la paternité des monts, des rochers, des grottes, des mégalithes.
Le Mont Saint-Michel était un mont Gargan, le Monte Gargano en Italie lui était dédié, pour ne parler que des plus célèbres. Son aspect solaire en fait l'ancêtre de notre chef des armées célestes. En langue celte, pierre = GAR, géant, grand = GAN, celui, l’être, l’homme = TUA. Celui de la pierre géante est donc en langue celte, "Gargantua".






gargantua_doreNotre grotte de Gargas est donc en rapport avec le soleil couchant, la pierre sacrée, la grotte initiatique. Sa légende locale (que l'on pourrait nommer "comment la religion chrétienne se débarrasse des anciens culte") rapporte d'ailleurs qu'elle était habitée par le géant Gargas, époux de la fée Tibirane, fille de Merlin l'enchanteur. Les ossements découverts dans la grotte étaient les restes des chrétiens qu'ils dévoraient tous les deux...













GargantuaLe cosmographe François de Belleforest fit la première description de Gargas en 1575. Il le décrivait comme un lieu souterrain « où jadis nos pères idolâtres alloyent sacrifier ou à Vénus ou aux dieux infernaux ». Dès 1865, la grotte fut étudiée par le Docteur Garrigou, qui trouva bon nombre d'ossements d'animaux, et en 1874, il découvrit les vestiges d'une fréquentation humaine attribués à l'âge du Renne. Félix Régnault, libraire à Toulouse, reprend ces fouilles, et date la présence humaine au paléolithique, à l'âge de l'Ours. Le 11 juin 1906, il découvre trois mains rouges mutilées peintes en négatif sur la paroi.










Venus_of_BrassempouyDepuis, une datation au carbone 14 a été réalisée sur un ossement fiché dans une fissure d'une paroi ornée de mains négatives. Si elle ne donne pas directement l'âge des peintures, cette date proche de - 27 000 ans indique que la grotte était fréquentée au Gravettien ancien, période du paléolithique supérieur.

De cette époque datent la Dame de Brassempouy,






600px_VenusWillendorfla Vénus de Willendorf,


















600px_Venus_de_Lespugue__replica_la Vénus de Lespugue,


















206px_Savignano_facela Vénus de Savignano, de Kostienki, de Montpazier, etc...
venus_kostienki_profilg

venus_monpazier









Gargas_4Commençons la visite. Dans le massif du bois de Gouret, au flanc d'une colline, s'ouvrent deux galeries. L'entrée actuelle du réseau se trouve au niveau supérieur, que l'on atteint en gravissant un sentier taillé au milieu des buis.
Gargas_5









Gargas_11La galerie supérieure descend dans une succession de grottes, dont la température constante est de 11°C, comportant de nombreuses concrétions calcaires. C'est dans cette partie que l'on trouve la plupart des signes, peintures et gravures d'animaux. Sur la paroi de droite, une tache rouge au dessus d'une niche.






Gargas_2530 mètres plus bas, un ensemble de points noirs (ou ponctuation), disposés en 5 lignes courbes, une autre tache rouge. Cela ressemble à des indications d'orientation, à un message.







Gargas_23Puis apparaissent le bouquetin, gros corps rectangulaire et petite tête, les chevaux, des bovidés et des cervidés. La partie la plus sacrée se trouve au fond de la grotte, où l'on trouve les bisons. "Cette silhouette peinte au manganèse, dont l'avant-train a disparu sous une coulée de calcite, regarde vers la gauche. La queue est relevée en arc de cercle. Les pattes postérieures réduites aux cuisses sont en position de marche. Sous le trait noir élargi qui marque l'échine et la bosse, ainsi que sous la queue, des traces de raclage montrent que la paroi a été préparée avant d'y réaliser la peinture. A l'emplacement de l'avant-train, une crinière hachurée gravée complète la figure."(http://grottesdegargas.free.fr/)

Gargas_10La galerie inférieure, plus large et moins haute, est reliée par un goulet. Malheureusement, cette disposition nous fait commencer la visite par la partie la plus sacrée, celle que l'on doit atteindre en dernier, après avoir été préparé physiquement, énergétiquement, et spirituellement.






Je vous donne la description dans le sens inverse de la visite, afin de retrouver le sens premier du sanctuaire.

Gargas_3la galerie est large et humide (elle est souvent inondée). Le plafond s'abaisse progressivement, comme pour nous faire arriver au saint des saints avec humilité.









Gargas_17Les mains et les signes apparaissent en premier, les gravures animalières se concentrent au fond. Les mains, réalisées par la technique du pochoir (le guide nous explique que l'on doit prendre un instrument style sarbacane pour souffler la peinture), sont en général regroupées par panneaux.







Gargas_21Leur taille montre que ces gens mesuraient jusqu'à 1m 90 pour les hommes, 1m 75 pour les femmes, et qu'ils étaient graciles. On en dénombre environ cent quatre-vingt douze sûres et vingt probables, les mains féminines étant majoritaires, ce qui a pour moi son importance, on le verra plus loin.







Gargas_15Du fait de l'absence de certaines phalanges, plusieurs théories explicatives ont vu le jour : maladies ou gelures, amputations rituelles volontaires. On voit mal, dans le contexte de l'époque où les doigts devaient être bien nécessaires à la survie, ces hommes s'amputer, même pour faire plaisir aux dieux. Et dans le cas de gelures ou de maladies, pourquoi les pouces ont-ils été toujours épargnés ? Reste l'explication des doigts repliés avant la projection de la peinture. Dans ce cas, leur signification peut être symbolique,  un langage gestuel utilisé lors de la chasse ou pour la transmission de contes initiatiques par exemple. Mais...


"Jean Clottes a expliqué que l'important n'est peut être pas l'image de la main qui reste sur la paroi. Dans une interprétation faisant le lien entre l'art des cavernes et les pratiques chamaniques, il considère que c'est l'acte de couvrir, ensemble, la main et la paroi autour, d'une même substance rituellement préparée qui importait le plus. A cet instant, la main semblait traverser la paroi et « pénétrer dans le monde spirituel caché derrière le voile de la pierre »". Ce qui semblerait avoir été confirmé lors de la visite d'aborigènes, qui se sont d'abord déchaussés, et qui ont reconnu les peintures comme étant les mêmes que chez eux : liées aux pouvoirs chamaniques, elles sont un passage vers d'autres mondes, cachés dans les parois. Là, ça me parle.

Gargas_6L'atmosphère devient de plus en plus spéciale. Une sorte de niche profonde et évasée se trouve sur la droite. Totalement badigeonnée à l'ocre rouge, elle est appelée "le grand tabernacle". Ce beau vagin, mis en valeur, me fait penser à celui de la grotte des sorcières à Saverne. Même ambiance, même fonction du lieu, même époque.






Gargas_8Je me retrouve presque en transe, et je vois les prêtresses faisant passer les rites initiatiques... L'éternel féminin est représenté souvent. Les fentes naturelles suggestives sont peintes, des signes à motifs ovalaires barrés d'un trait vertical, ou en forme de cloche sont gravés. La grotte joue son rôle symbolique, pas étonnant que l'on retrouve une concentration de vierges noires dans le pays.
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Gargas_9Puis vient le bestiaire gravé. "Le cheval est l'espèce la plus représentée (29 %). Puis viennent le bison (24%), les bovidés (aurochs) (12%), les bouquetin (10%) et les cervidés (6%). La présence dans ce bestiaire de six mammouths et de deux oiseaux est à remarquer. D'autres espèces comme le sanglier, l'ours, le félin, le rhinocéros et le mégacéros ne sont représentées qu'une fois. Les animaux dessinés sont significatifs de la faune que pouvaient observer les chasseurs du paléolithique. Pour autant, il n'existe pas de lien avéré entre la chasse et l'art pariétal.





Gargas_9A Gargas les animaux représentés ne sont pas ceux dont on a retrouvé les ossements lors des fouilles. Ainsi, le renne est absent des parois alors qu'il compte pour 38% de la faune chassée par les hommes du Gravettien.
La plupart de ces gravures sont réalisées les unes sur les autres. On ne s'explique pas cet enchevêtrement pourtant caractéristique de l'art pariétal paléolithique. Il ne semble pas dicté par des contraintes techniques, ni être le résultat d'une succession de figures. Au contraire la superposition apparaît comme une démarche volontaire. "










Gargas_22Jean Clottes est près de la vérité, si tant est qu'il y en ait une, quand il dit que "la grotte a pu être un lieu d'intercession entre le monde des vivants et celui des esprits, l'image représentée étant à la fois le médium nécessaire pour entrer en contact avec une autre dimension et/ou la conséquence de la transe."







2555822662_3ca78e30efLes photos de l'intérieur de la grotte sont tirées du site http://grottesdegargas.free.fr/, ainsi que les passages entre guillemets, et du livre "la grotte de Gargas, un siècle de découverte", de Pascal Foucher, Christina San Juan-Foucher et Yoann Rumeau, que je recommande vivement.

http://grottesdegargas.free.fr/
http://fmaquaire.free.fr/Incontournables/Gargas1.html
http://www.nationmaster.com/encyclopedia/Finger-flutings
http://fr.wikipedia.org/wiki/Grottes_de_Gargas

2 septembre 2009

La collégiale Saint-Martin de Bollène

 

Boll_ne_6L’histoire de Bollène commença avec un cromlech, puis avec les Ligures qui vinrent s’installer. Plus tard, au deuxième millénaire avant notre ère, les Celtes arrivèrent et se mélangèrent. Le cromlech devint le sanctuaire de Bélénos : Bollène.

 

 

 

 

 

 

Boll_ne_11Du temps des romains, le cromlech de Bélénos devint un temple consacré à Apollon, le dieu consacré à la lumière. Plus tard, les romains édifièrent sur l’emplacement actuel de la collégiale un temple dédié à Mercure, qui sera christianisé. Une église vit le jour sous le titre de Saint-Sauveur.

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Boll_ne_2En l’an 971, un parchemin cite la ville d’Aboliène dans une donation faire par Conrad le Pacifique à l’abbaye bénédictine de l’Isle Barbe. Les moines s’établirent sur le rocher du Puy, qui deviendra place forte autour de laquelle se regroupera la population.

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Boll_ne_7150 ans plus tard, l’église Saint-Sauveur sera remplacée par celle que Guy de Bourgogne (plus tard pape sous le nom de Calixte II) aurait consacrée sous le titre de Saint-Sauveur, de la bienheureuse Vierge Marie et de Saint-Martin. C’est celle que nous voyons en partie aujourd’hui.

 

 

 

 

 

Boll_ne_4Au cours des guerres de religion et lors de la prise de Bollène par le Baron des Adrets en 1562, l’édifice fut en partie démoli. Il fut reconstruit mais par mesure d’économie, on renonça à la voûte. Les travaux furent achevés en 1584. En 1618, une modification du clocher lui donna sa forme actuelle. C’est en 1727 que l’édifice sera érigé en collégiale. En 1960, la toiture fut refaite sur le modèle de celle peinte sur une toile conservée à la chapelle de Notre-Dame du Pont.

 

 

 

 

Boll_ne_16La chapelle Saint-Roch, située plus près du chœur, fut construite en 1580 dans la reconstruction générale de l’édifice. Elle fut financée par Bertrand de Roquard. La chapelle de la purification et de Saint-Blaise serait due à la générosité des confréries de tisserands et cardeurs. En 1602, la chapelle du rosaire vit le jour grâce aux dons de la confrérie du Chapelet.

 

 

 

 

 

Boll_ne_Saint_Martin_3Dans le mur est s’ouvrent une abside et deux absidioles, voûtées en cul de four éclairées chacune par une fenêtre axiale.

 

 

 

 

 

Boll_ne_17La chapelle gothique de Notre-Dame de l’Assomption fut construite en 1519 et échappa au Baron des Adrets. En 1950, on y transporta la statue de Notre-Dame de Bonne Garde, érigée primitivement devant la porte du Pont, en reconnaissance de ce que la ville de Bollène avait été préservée de la peste qui ravagea la Provence en 1721.

 

 

 

 

 

 

 

 

Boll_ne_Saint_Martin_1La chapelle adjacente, dite de Saint-Crépin fut construite sur croisée d’ogives en 1526 par la confrérie des cordonniers.

 

 

 

 

Boll_ne_3On entre dans l’église par un porche établi sur croisée d’ogives dont l’extérieur est surmonté d’une accolade fleuronnée.

 

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Boll_ne_planA l’intérieur, la nef est un quadrilatère de 25,40 mètres de long sur 16,40 mètres de large, et d’une hauteur de 17,40 au faîtage. L’angle en est coupé par le clocher dont l’axe n’est pas perpendiculaire à celui de la nef.

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Boll_ne_10Le clocher, première défense du prieuré appelé autrefois tour Saint-Antoine, parait avoir fait partie des bâtiments qui s’élevait au nord et à l’ouest de l’église.

 

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8 avril 2009

L'église abbatiale de Saint-Hilaire

planL'église, du XIIIème siècle, est de petite taille et possède un plan simple : une nef unique terminée par une abside en cul de four et deux chapelles latérales formant un faux transept.
Chacune d'elle disposait d’une absidiole : celle située au nord fut supprimée lors de la construction de la sacristie.















Saint_Hilaire_6Elle devait originellement être couverte par une charpente en bois. C'est sous l'abbatiat de Guillaume que fut ajouté le voûtement d'ogives. La nef est constituée d'un vaisseau unique de deux travées, éclairée par des baies cintrées d'inégale hauteur.









Saint_Hilaire_8Les ogives et les doubleaux retombent sur des colonnes ou demi-colonnes engagées.












Saint_Hilaire_12Leurs chapiteaux sont sculptés de figures anthropomorphes, de personnages à type d’Atlante, de motifs végétaux et d'animaux fabuleux.
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Saint_Hilaire_11Un seul est historié et présente sans doute une procession de moines. Si vous regardez bien, un singe... montre son cul. Déjà vu ! (Thuret entre autres)











Saint_Hilaire_7Les clefs de voûtes des deux travées de la nef et de la croisée du transept sont sculptées.

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Saint_Hilaire_53Les piliers de la première travées sont engoncés dans le mur. L'église devait à l'origine être plus grande, ce qui explique également qu'elle se termine brutalement par un mur sans ornement, à l'exception d'une minuscule chapelle semi-circulaire.

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2 septembre 2009

La chapelle Saint-Jean-Baptiste

V_n_jan_4Vénéjan se situe sur sur l’ancien chemin reliant Saint-Saturnin-du-Port (Pont-Saint-Esprit) à Bagnols-sur-Cèze. D’abord domaine gallo romain : Veneianum, au bord du Rhône, abandonné au Vème siècle pour l’oppidum de Lombrun, le premier castrum du XIème siècle s’implantera sur la colline du site actuel, puis sa chapelle castrale. Un Guillaume de Vénéjan sera évêque d’Uzès au XIIème siècle, il fondera la Chartreuse de Valbonne. Il reste dans le village le premier donjon féodal du XIème siècle et le château avec la chapelle cimétériale Saint-Pierre, qui sont propriété privée.




V_n_jan_3La chapelle romane Saint-Jean-Baptiste possède des fondations du XIème. Le plan primitif se résume à une abside semi circulaire s'ouvrant sur une nef de deux travées couverte d'une voûte en berceau.
V_n_jan_plan_1









V_n_jan_5Le seigneur fit bâtir une chapelle au sud à l'époque où la chapelle castrale devint paroissiale. Vers la fin du XlVème siècle, une troisième travée fut ajoutée et l'on construisit la façade actuelle.
Au XVIème siècle, sous l'impulsion de la contre-réforme et à la suite de l'accroissement des fidèles, on établit une tribune. La chapelle nord, dédiée à la Vierge, est élevée un siècle plus tard.
V_n_jan_10












V_n_jan_7Le mur méridional présente un appareil très diversifié qui s'explique par les nombreux remaniements de la chapelle au cours des âges. La façade occidentale, remploi de la façade romane initiale, est percée d'une fenêtre en plein cintre et surmontée d'un clocher-mur.
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V_n_jan_2La plupart des peintures murales date du XIVème siècle (entre 1320 et 1330), et sont peut être une commande du cardinal Napoléon Orsini, seigneur de Vénéjan. Le thème traditionnellement représenté aux Xlème et XIIème siècle au cul de four de l'abside est le Christ bénissant accompagné des quatre Evangélistes. Il semble que ce soit effectivement le cas à Vénéjan, le Christ nimbé est bien visible au centre.






V_n_jan_1Dans la partie haute de l'arc triomphal est représenté une Roue de la Fortune la Fortune : femme vêtue d'une robe rouge et qui actionne la roue incarnant le destin










V_n_jan_11A côté de l'église, le moulin à vent de Vénéjan date de 1813. Il fut construit à la demande d'un certain Joseph Dumas, meunier à Bagnols sur Cèze. Il a servi pendant une centaine d'années. En 2000, la tour a été rehaussée, la structure en bois reconstruite et on l'a dotée de meules toutes neuves.

http://www.venejan.fr/
http://venejan.free.fr/monument.htm

1 janvier 2009

Liste des articles en EUROPE par pays

(mise à jour : 03/01/2021)
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    Orcades, Mainland
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    Orcades, Rousay
    Orcades, South Ronaldsay
11 mars 2009

Eglise Saint-Jean-Baptiste de Montréjeau

Comminges_Raz_s_068L'étymologie de Montréjeau provient de la francisation de l'occitan gascon "Mourrejaou" qui veut dire "Mont-Royal", lui même issu du latin "Mons Regalis de Ripparia".











Comminges_Raz_s_066L'histoire raconte que les habitants ont construit eux mêmes l'église initiale au XIIème siècle. Elle possédait alors une nef unique d'environ 10 mètres. Réalisée en moellon de pierre de Gourdan et maçonnerie, elle fut surélevée au XVème siècle.

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Montr_jeau_1Sa charpente apparente évoque la carène d'un navire. Les 4 chapelles latérales lui furent accolées. L'église fit l'objet de pillages, en 1438 par le bâtard de Bourbon, et en 1509 par les huguenots qui prennent la ville. Aux XVIIème et XVIIIème siècles, le clocher-mur initial fut remplacé par une construction plus grande.
A cette époque, elle s’enrichit d’un mobilier exceptionnel, comprenant des retables et des statues.  Elle récupera en 1793 une partie des objets abrités par le cloître des Augustins. Deux autres chapelles sont amménagées en 1838, puis une voûte à faux plafond fut réalisée de 1854 à 1857, démolie entre 1957 et 1960 afin de redonner à l'édifice son aspect primitif.


Comminges_Raz_s_065A l’entrée sud du clocher se trouve un beau portail gothique du XIVème siècle à trois arcatures, chapiteaux sculptés et colonnettes de marbre. Il est surmonté d’un magnifique Christ du XIIIème, sculpté dans la pierre. A l'intérieur du clocher, les vestiges des fortifications de la bastide, l'église primitive étant encastrée dans la muraille de la ville.

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Montr_jeau_5Dans l’église, la statue de saint Jean-Baptiste accompagné de l’agneau (XVIIIème siècle, bois doré) provient du retable aux dimensions inhabituelles qui occupait le chœur. Ce dernier abritait également deux reliquaires, dont celui de saint Barthélemy, second patron de la paroisse. Le dénuement de la nef contraste avec la richesse du mobilier refoulé dans ces chapelles.
Montr_jeau_7












Montr_jeau_3Le retable de notre Dame des cinq plaies (XVIIIème siècle, sculpteur Marc Ferrère, marbre, bois et staff) fait partie du mobilier provenant du cloître des Augustins, transférés lors de la Révolution. Il avait été offert par le baron Marc-François de Lassus, juge de Rivière et subdélégué de l’Intendant d’Auch. Deux colonnes torsadées parcourues de pampre encadrent une Vierge de Pitié. A gauche et à droite de la niche se succèdent les symboles de la Passion, marteau, tenailles, bourse de Judas, calice, glaive, couronne d’épines, jusqu’au coq de saint- Pierre. Sur le fronton est représenté Jésus au jardin des Oliviers, surmonté du voile de Véronique et du serpent enroulé autour de la croix.









Montr_jeau_4Une stèle funéraire cruciforme (XIIIème siècle en pierre) fut retrouvée dans des matériaux de remploi et pourrait provenir de l’ancien cimetière, situé initialement à côté de l’église. Elle correspond à l’une des premières sépultures de la bastide. Très ordinaire, elle est gravée du texte suivant : « Anno Domini MCCC hoc est sepulcrum Dominici periis et Julianne uxoris ejus ». Les datations des inscriptions sur des objets aussi modestes sont rarissimes au XIIIème siècle, du fait notamment de l’illettrisme général.





Montr_jeau_9« Grâce à Dieu, il nous reste l'église. Une église très heureusement restaurée dans les années 60 et qui a retrouvé son caractère primitif avec ses murs où les schistes et les galets, extraits de la colline, ont été mis a nu, avec son admirable voûte charpentée en forme de carène de navire, avec sa tour octogonale percée de meurtrières qui évoque l'enceinte médiévale de remparts et le système défensif de la ville. Une église édifiée au départ par les habitants eux-mêmes, qui n'a jamais changé de place, qui s'est agrandie au rythme même de la cité et en a étroitement épousé le destin. Tout en elle nous parle de nos ancêtres… C'est chez elle que nous les retrouvons. » Simone Bouché

http://www.montrejeau-pyrenees.com/TempSite/3698.asp?rang=

4 janvier 2008

Église Saint-Julien de Belmont d'Azergues

Belmont_d_Azergues_11Belo Monte ou Bellomonte fut certainement un bourg gallo-romain qui fut désigné par sa position même, à devenir lieu de retraite et de défense. Primitivement, c'était le Mont de Bel, dieu gaulois. Dans la mythologie celtique, le dieu gaulois Bel, Belen ou Belenos est comparable à l’Apollon du panthéon classique.







belenos2C’est un dieu lumineux, dont le nom signifie « resplendissant », « éclatant », ses fonctions principales sont la médecine et les arts. Il est honoré lors de la fête de Beltaine, qui marque une rupture dans l'année, le passage de la saison sombre à la saison claire, lumineuse. Lui sont consacrées les ghauteurs, comme le Mont Saint-Michel, qui au départ se nommait Tombelaine, Mont de Belen. Sur ce point culminant à 300 mètres aurait existé un sanctuaire élevé à cette divinité. Puis ce fut une forteresse. Dépendant de la châtellenie de Châtillon, le sire de Belmont était feudataire des sires de Châtillon (charte de 1262).


Belmont_d_Azergues_14Guillaume de Varey, dit Ploton, issu d'une illustre famille de drapiers lyonnais, fut le premier seigneur de Belmont en 1324. La dernière seigneurie s'éteignit dans la famille d'Albon qui fut érigée en baronnie en 1570.
Le château avec ses dépendances comprenait la demeure seigneuriale, le prieuré, l'église et une trentaine de feux. Détruit pendant la guerre de 100 ans, il fut reconstruit par Girard de Varay vers 1450. Le village, entouré de remparts, avait pour élément essentiel son château.





Belmont_d_Azergues_13A côté, le prieuré, où vivaient 5 ou 6 moines, dépendait du prieuré de Fleurieux rattaché au prieuré de l'ile Barbe. Seul le seigneur et sa famille et les serviteurs venaient aux offices dans la chapelle, qui ne serait devenue église paroissiale qu'au XVIIème siècle. Le clocher n'existait pas

La place actuelle de l'église occupe l'emplacement du prieuré qui devint par la suite un cimetière. Les pierres tombales à l'intérieur de l'église au centre du sol de la nef, sont attribuées aux seigneurs.




Belmont_d_Azergues_5L'église Saint-Julien, à l'origine donc chapelle du prieuré, fut très remaniée. Seule l'abside, semi-circulaire et voûtée en cul de four, est romane. Dans le mur, une piscine liturgique s'écoulait dans les fondations. De l'autre côté de l'abside, une porte donnant au nord avec un arc en plein cintre ouvrait sur l'extérieur.

Belmont_d_Azergues_7La chapelle actuelle remonte au XVème siècle. Son architecture s'allie avec l'art roman de l'abside qui fut rehaussée : les pierres du haut sont différentes.











Belmont_d_Azergues_2A l'extérieur, les murs de la face nord laissent apparaitre l'emplacement de 3 baies murées. Les fenêtres actuelles ont des linteaux taillées à la boucharde. On devine un chaînage en pierre brune vers le fronton d'entrée. L'édifice a été agrandi d'un mètre, sans doute à la suite d'un effondrement.
Belmont_d_Azergues_1














Belmont_d_Azergues_10Le clocher carré, d'inspiration italienne, en pierre différente de la nef, daterait du XIVème siècle.
Il fut construit au dessus de la sacristie.



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Belmont_d_Azergues_8L'ouverture centrale de l'abside taillée en claveau est d'origine. Une pierre blanche taillée a été posée, peut-être une pierre prise au sol dont le rôle était de capter les eaux.











Belmont_d_Azergues_9De chaque côté de l'abside, des piliers massifs d'origine consolident l'édifice. Les pierres de contrefort usées à hauteur d'homme ont sans doute été utilisées comme pierre à aiguiser. Il reste encore des traces de porte d'échoppes médiévales d'artisans.

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Belmont_d_Azergues_4La face sud, avec un chaînage en pierre plus apparent que sur la face nord, confirme que l'église fut agrandie. On devine également sur cette face 4 baies murées.
D'importants travaux ont été réalisés : construction d'une voûte en 1868, église remise à neuf en 1880.










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4 janvier 2009

Église Saint-Julien de Belmont d'Azergues

Belmont_d_Azergues_11Belo Monte ou Bellomonte fut certainement un bourg gallo-romain qui fut désigné par sa position même, à devenir lieu de retraite et de défense. Primitivement, c'était le Mont de Bel, dieu gaulois. Dans la mythologie celtique, le dieu gaulois Bel, Belen ou Belenos est comparable à l’Apollon du panthéon classique.







belenos2C’est un dieu lumineux, dont le nom signifie « resplendissant », « éclatant », ses fonctions principales sont la médecine et les arts. Il est honoré lors de la fête de Beltaine, qui marque une rupture dans l'année, le passage de la saison sombre à la saison claire, lumineuse. Lui sont consacrées les hauteurs, comme le Mont Saint-Michel, qui au départ se nommait Tombelaine, Mont de Belen. Sur ce point culminant à 300 mètres aurait existé un sanctuaire élevé à cette divinité. Puis ce fut une forteresse. Dépendant de la châtellenie de Châtillon, le sire de Belmont était feudataire des sires de Châtillon (charte de 1262).


Belmont_d_Azergues_14Guillaume de Varey, dit Ploton, issu d'une illustre famille de drapiers lyonnais, fut le premier seigneur de Belmont en 1324. La dernière seigneurie s'éteignit dans la famille d'Albon qui fut érigée en baronnie en 1570.
Le château avec ses dépendances comprenait la demeure seigneuriale, le prieuré, l'église et une trentaine de feux. Détruit pendant la guerre de 100 ans, il fut reconstruit par Girard de Varay vers 1450. Le village, entouré de remparts, avait pour élément essentiel son château.





Belmont_d_Azergues_13A côté, le prieuré, où vivaient 5 ou 6 moines, dépendait du prieuré de Fleurieux rattaché au prieuré de l'ile Barbe. Seul le seigneur et sa famille et les serviteurs venaient aux offices dans la chapelle, qui  ne serait devenue église paroissiale qu'au XVIIème siècle. Le clocher n'existait pas

La place actuelle de l'église occupe l'emplacement du prieuré qui devint par la suite un cimetière. Les pierres tombales à l'intérieur de l'église au centre du sol de la nef, sont attribuées aux seigneurs.




Belmont_d_Azergues_5L'église Saint-Julien, à l'origine donc chapelle du prieuré, fut très remaniée. Seule l'abside, semi-circulaire et voûtée en cul de four, est romane. Dans le mur, une piscine liturgique s'écoulait dans les fondations. De l'autre côté de l'abside, une porte donnant au nord avec un arc en plein cintre ouvrait sur l'extérieur.

Belmont_d_Azergues_7La chapelle actuelle remonte au XVème siècle. Son architecture s'allie avec l'art roman de l'abside qui fut rehaussée : les pierres du haut sont différentes.











Belmont_d_Azergues_2A l'extérieur, les murs de la face nord laissent apparaitre l'emplacement de 3 baies murées. Les fenêtres actuelles ont des linteaux taillées à la boucharde. On devine un chaînage en pierre brune vers le fronton d'entrée. L'édifice a été agrandi d'un mètre, sans doute à la suite d'un effondrement.
Belmont_d_Azergues_1














Belmont_d_Azergues_10Le clocher carré, d'inspiration italienne, en pierre différente de la nef, daterait du XIVème siècle.
Il fut construit au dessus de la sacristie.



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Belmont_d_Azergues_8L'ouverture centrale de l'abside taillée en claveau est d'origine. Une pierre blanche taillée a été posée, peut-être une pierre prise au sol dont le rôle était de capter les eaux.











Belmont_d_Azergues_9De chaque côté de l'abside, des piliers massifs d'origine consolident l'édifice. Les pierres de contrefort usées à hauteur d'homme ont sans doute été utilisées comme pierre à aiguiser. Il reste encore des traces de porte d'échoppes médiévales d'artisans.

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Belmont_d_Azergues_4La face sud, avec un chaînage en pierre plus apparent que sur la face nord, confirme que l'église fut agrandie. On devine également sur cette face 4 baies murées.
D'importants travaux ont été réalisés : construction d'une voûte en 1868, église remise à neuf en 1880.










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17 juillet 2008

Les lieux sacrés, définition

"Un lieu sacré, avant d'être utilisé par l'homme, fonctionne à l'état naturel comme point d'échange entre des forces du ciel et de la terre. Les rituels humains ne font que renforcer le processus et le mettre à la disposition des vivants. Le lieu peut se passer de l'homme et de l'appareil, le temple ne peut se passer du lieu, ni des hommes pour son entretien. Les hommes peuvent utiliser le lieu en se passant de l'appareil. Ils peuvent se passer de l'un et de l'autre à partir d'un certain stade d'évolution. La conjonction des trois permet parfois des miracles, lesquels n'existent pas, étant les reflets de lois naturelles intelligemment mises en oeuvre."


callanish01aDepuis la plus haute antiquité, dieux et héros sont honorés dans des lieux qui leur sont réservés ; ces lieux s'appellent hiéron, chargé de puissance sacrée. Si tout endroit peut devenir hiéron, certains ont une vocation particulière à l'être : source, grotte, promontoire, sommet, lieu foudroyé, boisé, où les Grecs sentaient naturellement la présence du divin. D'autres pouvaient le devenir à la suite d'un oracle, d'un signe des dieux. (Sophocle, Oedipe à Colone, Xénophon, Anabase)
Mais la tendance dès la fin de l'époque géométrique, à la fin du VIII ème siècle, fut de délimiter nettement espace sacré et espace profane. C'est ainsi que la fondation d'une ville commence d'abord par une répartition entre terres réservées aux dieux et terres allouées aux hommes. (Platon, Lois) Le terrain délimité et consacré aux dieux porte le nom de téménos, ce qui signifie précisément " coupé ", sous-entendu de la terre qui n'est pas sacrée.
400px_All_Gizah_PyramidsChez Homère un téménos est attribué à un héros, à un souverain pour l'honorer et lui assurer des revenus. (Homère, Iliade) Le téménos réservé à un dieu s'il peut être laissé en friche, est souvent, lui aussi, exploité pour son compte. De là l'attention faite à sa délimitation matérielle : il peut être simplement borné de pierres dégrossies, reliées parfois par une corde, sur lesquelles est inscrit le nom du dieu ou du héros propriétaire, ou encore clos d'une enceinte, soit barrière de bois soit véritable mur, qu'on appelle péribole. Ces bornes et ces clôtures sont l'objet d'un entretien et d'une surveillance régulière ; tout empiétement sur le domaine des dieux est un acte sacrilège, sanctionné comme tel . Quand il sert au culte, cet espace sacré constitue un sanctuaire.
delphes8Les uns, sanctuaires urbains, sont localisés à l'intérieur de la ville, sur l'acropole, sur l'agora (l'agora d'Athènes est un téménos, entouré de bornes inscrites et lieu de multiples cultes).
D'autres, sanctuaires suburbains, sont situés à la limite ou à faible distance de la ville comme celui d' Athéna Pronaia à Delphes.
D'autres enfin sont des sanctuaires extra-urbains, établis dans le territoire de la cité, la chôra, à l'écart des villes, parmi lesquels figurent les plus célèbres sanctuaires panhelléniques, celui d'Olympie, de l'Isthme (au N.E. de Corinthe), de Némée (dans le Péloponnèse, en Argolide). Ils constituent souvent la frontière entre deux territoires ou un point de jonction entre le monde cultivé et le monde sauvage. Dans tous les cas, ces sanctuaires sont un lieu de rassemblement et un moyen de souder la communauté.

Propriété des dieux, espace sacré, le sanctuaire est l'objet d'une réglementation minutieuse visant à le protéger de toute souillure (miasma) et d'acte sacrilège.
tshinto1La première règle valable partout, est l'obligation de purification ; toute personne en contact avec le sacré se doit en effet d'être dans un état de pureté rituelle, l'hagnéia. (Homère, Iliade)
Le fidèle doit pour accéder au sanctuaire se purifier avec l'eau lustrale mise à sa disposition dans des vasques de pierre ou de marbre à l'entrée, les périrrhanthéria. Il s'y trempe les mains ou s'en asperge avec une branche de laurier pour se débarrasser de ses impuretés.
Tout contact avec la mort ou la naissance rend impur et écarte des lieux sacrés pendant une période variable selon les sanctuaires ; ces "impuretés innocentes"nécessitent de plus des purifications par l'eau faites à la maison. Au meurtrier qui a versé le sang et qui se trouve de ce fait exclu de la communauté et des sanctuaires, (Sophocle, Oedipe Roi) des rites spécifiques de purification, les rites cathartiques, effectués notamment par le sang, permettent d'éliminer sa souillure et de retrouver un état normal, en règle avec le divin, état qualifié de hosion. (Eschyle, Les Euménides)
D'autres règlements particuliers cette fois à tel ou tel sanctuaire, pouvaient mentionner d'autres espèces d'interdits relatifs aux vêtements, au port d'armes, de bijoux, à l'introduction de certains animaux. (LSG)

angkor_vat2Le caractère sacré du sanctuaire se communique à tout ce qui s'y trouve ( eau, arbres, bosquets, objets consacrés) et à quiconque y pénètre : il est asylon, lieu d'asile, ce qui signifie que nul n'a le droit de prise (sylè) à l'intérieur de son enceinte. Aussi offre-t-il un refuge sûr à ceux qui viennent s'y installer en suppliants dans la posture rituelle, qui consiste à s'asseoir près de l'autel du dieu ou à côté de sa statue avec le rameau d'olivier orné de bandelettes. (Eschyle, Les Suppliantes)
Le non respect de l'asylie est considéré comme sacrilège entraînant souillure et malédiction divine, et puni sévèrement par les lois humaines. (Plutarque, Solon)

Si modeste soit-il, un téménos destiné au culte, renferme au moins un autel qui est le seul monument cultuel vraiment indispensable.
ankgor_vat3L'autel, généralement situé en plein air, est de deux sortes selon la nature des sacrifices qu'on effectue : pour les sacrifices de type sanglant, destinés aux dieux, avec partage et consommation des victimes, l'autel, bômos, comprend un foyer surélevé sur un socle où l'on brûle les parts des dieux et où l'on rôtit les parts des hommes.
Il est de taille variable selon l'importance du sanctuaire et le plus souvent en pierre ou en marbre ; on connaît grâce à Pausanias, un autel de Zeus à Olympie formé uniquement de l'accumulation des cendres de sacrifice, ou encore un autel d'Apollon à Délos composé entièrement de cornes de chèvres. Pour les sacrifices dits chthoniens destinés aux divinités infernales et aux héros, l'autel bas, désigné du nom du foyer, eschara, est déposé à même le sol ; les victimes y sont entièrement brûlés (holocauste) et le sang est versé dans un trou qu'on appelle bothros.

En plus de l'autel un téménos quelque peu important, possède une statue de culte et reçoit des offrandes qu'il faut abriter sous des édifices typiques du sanctuaire grec classique : le temple, les trésors, les portiques.
Le temple, naos, de la racine du verbe naiein "habiter", est la demeure du dieu, non celle des fidèles. Il a une fonction utilitaire, dans la plupart des cas, celle de renfermer la grande statue du dieu et les offrandes qui lui sont faites. (Pausanias, Périégèse) On peut aussi y conserver le trésor de la cité ; les richesses d'Athènes sont conservées dans le Parthénon , les archives de l'Etat dans le temple de la Mère des dieux, le Mètrôon.

aran11Certains temples toutefois ont une fonction cultuelle, avec des autels à l'intérieur où se déroulent les rituels, ainsi le temple d'Apollon à Delphes ou les temples d'initiation aux mystères, comme celui d'Eleusis.
Temples-trésors ou temples-sanctuaires, ils sont de plan rectangulaire - les temples ronds, tholos, sont plus rares- et comportent trois pièces, le naos, pièce centrale où se dresse la statue, un vestibule, le pronaos et symétrique à lui, séparée du naos par un mur, une pièce arrière, l'opisthodome.
Ces temples sont peints de couleur vive et comportent des parties sculptées (les frontons, les métopes, la frise), illustrant les grands moments de l'histoire des dieux et des hommes. Les trésors, eux, sont plus petits que le temple ; ils sont construits et consacrés par les cités pour conserver les offrandes de leurs concitoyens. Des portiques enfin où les fidèles peuvent se reposer et converser, servent également à abriter les offrandes ; ils sont ornés souvent de peintures représentant d'illustres scènes de combat mythologique ou historique .

Chichen_Itza_01_H_editedDans la maison, les dieux ont aussi leurs emplacements réservés. A la porte, est placé un pilier surmonté du buste d' Apollon Agyieus " de la rue" ou d'hermès Propylaios " qui est devant la porte "; chargé de détourner le mal de la maison, il est oint d'huile et couronné de fleurs les jours de fête.
Dans la cour, se trouve l'autel de Zeus Herkéios, "de la clôture", où le maître de maison fait sacrifices et libations. C'est à l'intérieur cependant que se déroulent les actes rituels essentiels, autour de l'autel d'Hestia, le foyer, qui est le vrai centre religieux de la maison. Il en est de même de la cité : le Foyer commun, la Hestia Koinè, dont la flamme est alimentée aux autels les plus purs, autel d'Apollon à Delphes ou à Délos, en est le centre religieux et politique.

http://www.ac-versailles.fr/pedagogi/anti/religrec/lieuxcul.htm

13 octobre 2008

San Pietro in Vincoli


 

San_Pietro_in_Vincoli_5San Pietro in Vincoli fut tout d'abord l'un des tituli de Rome, Titulus Eudoxiae ad Vincula. L'église fut construite sur les ruines d'une villa impériale en 442 à la demande de l'Impératrice Eudoxie, ou Licinia Eudoxia, fille de Théodose et épouse de Valentinien, afin de conserver les chaînes de saint Pierre, l'une provenant de la prison Mamertine de Rome, les autres de la prison de Jérusalem, encore visibles aujourd'hui dans la châsse qui se trouve sous le maître-autel. Le contact de ces chaînes guérissait les malades et chassait les démons. La fête des chaînes de saint Pierre est célébrée encore de nos jours avec une grande solennité, le 1er août.

San_Pietro_in_Vincoli_4







 

 

Extrait de la légende dorée de Jacques de Voragine :

"Ce fut donc en mémoire et en l’honneur de la victoire qu’Auguste remporta le premier août que tous les Romains solennisaient ce jour, jusqu'à l’époque de l’empereur Théodose qui commença à régner l’an du (333) Seigneur 426. Eudoxie, fille de ce Théodose et épouse de Valentinien, se rendit à Jérusalem pour accomplir un voeu. Ce fut là qu'un Juif lui offrit, pour une somme importante, les deux chaînes dont saint Pierre avait été lié sous Hérode. Revenue à Rome aux calendes d'août, et voyant le Romain célébrer une fête en l’honneur d'un empereur qui était idolâtre, elle fut affligée de ce qu'on rendait de si grands honneurs à un homme damné : elle reconnut qu'il ne serait pas facile d'abolir cette espèce de culte passé en coutume; alors elle pensa à laisser subsister cet état de choses, mais dans le but que la solennité aurait lieu en l’honneur de saint Pierre, et que tout le peuple nommerait ce jour la fête de saint Pierre aux Liens. Après en avoir conféré avec le saint pape Pélage, ils unirent leurs efforts pour porter le peuple, par des exhortations flatteuses, à laisser dans l’oubli la mémoire du prince des païens, pour faire une mémoire solennelle du prince des apôtres. La proposition ayant obtenu l’assentiment universel, Eudoxie fit connaître qu'elle avait rapporté de Jérusalem les chaînes de saint Pierre et les montra au peuple. Le pape, de son côté, produisit la chaîne dont le même apôtre avait été lié sous Néron. On les mit ensemble et alors eut lieu ce miracle par lequel de ces trois chaînes, il s'en forma une seule, comme si elle n'eût pas été composée de différentes pièces. En même temps, le pape et la reine décidèrent que l’honneur rendu à un païen, qui était damné, serait attribué à plus juste titre au prince des apôtres. Le pape donc avec la reine plaça les chaînés dans l’église de Saint-Pierre-aux-Liens. Il l’enrichit de grands privilèges et institua que ce jour serait fêté en tous lieux. Voilà ce que dit Bède. Sigebert rapporte la même chose. On vit en l’an du Seigneur 969 combien grande était la puissance de cette chaîne car un comte, proche parent de l’empereur Othon, qui fut saisi, aux yeux de tout le monde, par le diable d'une façon si cruelle, qu'il se déchirait avec les dents. L'empereur ordonna alors qu'on le menât au pape Jean, afin de lui entourer le cou avec la chaîne de saint Pierre. On lui mit d'abord au cou une autre chaîne qui ne délivra pas le possédé, car il n'y avait en elle aucune vertu ; enfin on prend la chaîne de saint Pierre et on la met au cou du furieux : mais le diable ne put supporter le poids d'une si grande puissance, et se retira aussitôt en jetant un cri affreux en présence de tous les assistants."

Extrait de "A plus hault sens" de Claude Gaignebet :

"Selon Bède le vénérable au IXème siècle, la fête de saint Pierre avait pour but la destruction du rite des gentils. Les romains solennisaient le 1er août la victoire d'Octave Auguste en Egypte. Eudoxie, la fille de Théodose, acquit en 426 les chaînes de saint Pierre lors d'un voyage à Jérusalem. Elle revint à Rome un 1er août et, constatant qu'il serait difficile d'abolir la coutume, décida de remplacer Octave par saint Pierre.

A cette date du 1er août en Egypte, Octave n'a pu, en fait, que redonner quelques lustres aux fêtes très anciennes qui marquaient le début de l'année sothiaque et la crue du Nil. A Rome même, les fêtes des chaînes de saint Pierre auraient-elles recouvert des cérémonies égyptiennes introduites à l'occasion du déferlement des religions orientales dans la capitale ?

L'étude des traditions indigènes, plus particulièrement celle de la fête celtique Lugnasad du 1er août laisse envisager d'autres hypothèses..."

Bien. Nous voyons par cet exemple que rien n'est dû au hasard, même pas les légendes. Zut alors. Les papes des premiers temps du christianisme ont bien joué le coup.

 

San_Pietro_in_Vincoli_2Revenons à San Pietro. L'église fut restaurée par le pape Adrien Ier (772-795) puis reconstruite par le pape Sixte IV (1471-1484) puis par le pape Jules II (1503-1513). Restaurée en 1875, elle est desservie depuis par les Chanoines réguliers du Latran.

Le portail d'entrée date du XVème siècle et cache l'ancienne façade.

 





San_Pietro_in_Vincoli_3Construite sur le modèle des basiliques à 3 nefs auxquelles s'ajoute un transept, l'église contient 22 colonnes doriques antiques qui étonnamment ont des bases ioniques. La tradition dit qu'elles ont été prises dans la basilique où saint Pierre fut condamné. Il est plus probable qu'elle provinssent d'un temple grec.

 






 

 

San_Pietro_in_Vincoli_30Une mosaïque byzantine du VIIème siècle représentant saint Sébastien, barbu et portant un uniforme byzantin, se trouve au dessus du deuxième autel sur la gauche.

 

La crypte derrière le sanctuaire contient un ancien sarcophage romain censé contenir les reliques des saints Macchabées, 7 sept héros juifs morts pour protéger la loi mosaïque. Les reliques furent transportées à San Pietro par le pape Pélage (556-561). Je n'ai pas pu y accéder.

 






San_Pietro_in_Vincoli_1L'oeuvre la plus célèbre reste le Moïse de Michel-Ange, sculpté en 1545, que l'on trouve à la droite de l'autel. Il fut fait pour le tombeau du pape Jules II, censé se trouver au Vatican. 47 autres statues devaient l'accompagner, mais le projet ne fut jamais terminé. Les statues de Léa (à droite symbolisant la vie active) et Rachel (à gauche, la vie contemplative), entourant Moïse, sont aussi de Michel-Ange. Le reste du monument fut réalisé par ses élèves. On dit que Michel-Ange fut tellement impressionné du résultat de son travail qu'il jeta son marteau contre la statue en criant "pourquoi ne parles-tu pas ?".

 

 

 

San_Pietro_in_Vincoli_6Avec le Moïse, nous voilà revenus en Egypte : Sigmund Freud est venu étudier la statue à Rome. Il considérait Moïse comme égyptien, et non pas juif. Selon lui, il fut un prêtre adepte du culte du soleil, qu' Akhenaton mit en place en Egypte vers -1372. Selon lui, Moïse aurait demandé la protection des juifs, à l'origine ancienne tribu égyptienne. Je conseille vivement à ce propos la lecture du livre d'Henri Blanquart, "les mystères du peuple juif", aux éditions du Léopard d'Or, si vous arrivez à le trouver !

 

Encore une chose : Michel-Ange a sculpté un Moïse pourvu de cornes. On dit que ce fut le résultat d'une erreur de traduction que fit Jérôme dans sa Vulgate: il confondit le terme hébreu qâran qui signifie "émettant des rais de lumières, rayonnant" avec le terme qèrèn, substantif qui signifie "cornes" (Exode, 34, 29). En gros, la traduction exacte devait être "la peau de son visage rayonnait chaque fois qu'il avait pris contact avec son dieu" et Jérôme en fit "Ils voyaient que la face de Moïse était cornue". Mais est-ce bien un erreur ? Jérôme devait maîtriser assez le latin pour ne pas commettre ce genre de contresens. Il connaissait bien des rabbins, il pouvait en plus se renseigner auprès d'eux s'il doutait.

 

Voici ce que Jean Chevalier et Alain Gheerbrant proposent comme définition des cornes dans leur dictionnaire des symboles:

"La corne a un sens d'éminence, d’élévation. Son symbolisme est celui de la puissance. Ce symbolisme est lié à Apollon-Karneios et à Dyonisos : il fut utilisé par Alexandre le Grand qui prit l'emblème d'Amon, le bélier, que le livre des morts égyptien nomme "seigneur des deux cornes". Les guerriers de divers pays, et notamment les gaulois, ont porté des casques à cornes. La puissance des cornes n'est d'ailleurs pas seulement d'ordre temporel.

Les cornes de bélier, note Guénon, sont de caractère solaire, les cornes de taureau de caractère lunaire. Il est de fait que l'association de la lune et du taureau est bien connue des sumériens et aussi des hindous.

Les cornes des bovidés sont l'emblème de la Magna Mater , déesse de la fertilité. Elles évoquent les prestiges de la force vitale, de la création périodique, de la vie inépuisable,de la fécondité. De là, elles sont venues à symboliser la majesté des bienfaits du pouvoir royal.

Si la corne relève le plus souvent d'un symbolisme lunaire, et donc féminin, elle peut aussi devenir un vecteur symbolique solaire et mâle.

Les cornes représentent un principe actif et masculin par leur forme et par leur force de pénétration, un principe féminin par leur ouverture en forme de lyre et de réceptacle. En réunissant ces deux principes dans la formation de sa personnalité, l'être humain parvient à la maturité, à l'équilibre, à l'harmonie intérieure."

 

Bien. Nous voyons par cet exemple que rien n'est dû au hasard, même pas les légendes. Zut alors. Les artistes connaissants de tout temps du christianisme ont bien joué le coup.

 

Jérôme fait une autre erreur quand il traduit BETOULA, “jeune femme”, par “vierge”. D’où le dogme de la Vierge Marie.

Mais là, c'est une autre histoire. (http://www.abbaye-saint-benoit.ch)

 

http://www.rome-passion.com/saint-pierre-aux-liens.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Basilique_Saint-Pierre-aux-Liens

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