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lieux sacrés
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9 décembre 2014

Eglise Saint-Séverin de saint-Saury

 

Saint_Saury_1La paroisse est connue depuis le IXe siècle. L’église Saint-Séverin, bâtie en granit du pays, date de la fin du XIIe siècle, à l’origine composée d’une nef unique et d’un chœur.

Saint-Saury 4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Saury_6L’abside reste le seul témoin de cette époque. En effet, la nef fut refaite au XVe siècle, puis au XVIe les bas-côtés furent rajoutés, qui doublèrent la superficie de l’église devenue trop petite.  

Saint_Saury_5

Saint_Saury_3Le clocher-peigne, percé de trois baies, fut quand à lui reconstruit en 1745. C’est en 1891 que furent refaites les voûtes en briques lambrissées

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Saury_le_roc_r_ti_2

Il est dit que de l’ancien persbytère part un tunnel qui relie saint-Saury au Roc-Rôti, pierre des druides…


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20 juillet 2015

Ness of Brodgar

 

Brodgar__Ness_of_Brodgar__6cL'énorme complexe du Ness of Brodgar, d'une superficie de 2,5 hectares entre le Cercle de Brodgar et les Pierres levées de Stenness, fut découvert en 2003. Le site fut utilisé de 3 500 ans avant notre ère jusqu'à la fin de la période néolithique, vers 2 300. Seulement 10% du site a été entièrement fouillé jusqu'à présent.

 

 

 

 

 

 

 

Brodgar__ness_of_Brodgar__3aLes fouilles ont révélé l’existence d’une concentration d’une douzaine de temples, entourés d’un mur titanesque (appelé la grande muraille de Brodgar), sans équivalent en Europe. Selon les archéologues, le site pourrait être plus important que Stonehenge.  Le mur d’enceinte, de 4m d’épaisseur, mesurait plus de 100 m de longueur. Il aurait formé une barrière symbolique entre le monde profane et le site sacré.

 

 

 

Brodgar__ness_of_Brodgar__2aLes temples étaient reliés à des dépendances par des trottoirs pavés de pierres soigneusement construits. Les toits étaient faits de dalles d’ardoise empilées.

 

 

 

 

 

 

 

Brodgar__ness_of_Brodgar__4Le plus grand des temples, appelé la « cathédrale », découvert en 2008, fait 25m de long sur 20m de large. Une pierre levée avec un trou en forme de sablier fut incorporée dans les murs, rappelant la regrettée pierre d’Odin. Ce temple est sans doute le plus récent, et comme à Barnhouse, il signifie un changement dans les rituels des orcadiens vers la fin du Néolithique.

 

 

 

 

Brodgar__ness_of_Brodgar__15aEn juillet 2010, une dalle colorée de rouge, d'orange et de jaune fut déterrée, première découverte d'une preuve que les peuples néolithiques utilisaient de la peinture pour décorer leurs bâtiments. On pense que la peinture primitive pourrait avoir été faite d'hématite, mélangée avec de la graisse animale, du lait ou des œufs.

 Mais savez-vous ce que représente ce minerai de fer ?

 

 

Brodgar__ness_of_Brodgar__hematite

L'hématite, malgré sa couleur souvent d'un noir profond, est une pierre rouge. Son nom provient du latin haematites, lui-même emprunté au grec aimatítis, qui signifie « sang ». L'hématite colore en rouge l'eau de refroidissement lors de la taille. Mais ce n'est pas tout. Chez les anciens égyptiens, elle avait le pouvoir de guérir les maladies du sang. L'élixir d'hématite a la particularité d'activer la régénération des tissus, et en lithothérapie, ses propriétes sont de dissiper la négativité et d'empêcher les énergies négatives de pénétrer. Pas mal pour recouvrir les murs d'un temple. Ca me rappelle les murs de la grotte de Gargas tiens...

 

 

 

 

Brodgar__ness_of_Brodgar__8aUne pierre avec un motif de chevron peint avec du pigment rouge fut aussi découverte. Une autre, appelée l'"oeil de Brodgar", fut trouvée en 2009. Que de symboles...

Brodgar__ness_of_Brodgar__7 

 

 

 

 

Brodgar Boy

Brodgar__ness_of_Brodgar__9

Cette statuette fut trouvée en 2011 lors des fouilles. Elle se trouvait parmi les débris de l’une des structures les plus récentes du complexe. Elle mesure seulement 30 mm de haut et semble avoir une tête, un corps et deux yeux.

Loin d'être aussi finement sculptée que la Vénus des Orcades, Brodgar Boy est une représentation assez frustre d’une forme humaine. La Vénus fut taillée à plat dans le grès, Brodgar Boy fut sculpté dans un tube d’argile.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Brodgar__ness_of_Brodgar__18

Les marques sous la figurine laissaient à penser qu’elle faisait partie d’une sculpture plus grande. Les chances de trouver l’autre partie étaient très faibles, mais elle fut retrouvée, plus d’un mètre plus loin. Personne ne sait encore à quoi pouvait bien servir cette figurine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Brodgar__ness_of_Brodgar__17Nick Card, l’archéologue responsable des fouilles, a dit : « compte tenu de la nature du site, il serait facile de suggérer que la figurine représentait un objet cérémoniel, rituel ou religieux. Mais vu l’endroit du site où elle a été trouvée, l'un des derniers bâtiments construits sur le Ness, je ne pense pas que ce soit évident, et je ne pense pas non plus qu’il faille en déduire aucune réflexion concernant le site dans sa globalité ».

 

 

 

 

 

Brodgar__ness_of_brodgar__21Il rajoute : « était-ce un jouet ? Un objet créé comme une fantaisie puis perdu ? Cependant, la rareté de ce type de découverte, même si elle n’est qu’une représentation figurative assez grossière, pourrait avoir une signification au-delà de notre compréhension. Mais significatif ou non, ça reste toujours une jolie trouvaille; une intéressante curiosité qui, parmi toutes les structures massives et l’architecture monumentale sur le Ness, nous donne un aperçu plus personnel des gens qui fréquentaient autrefois cette région du cœur néolithique des Orcades ».

 

 

 

 

Toutes ces découvertes ont amené les archéologues à revoir leur copie. Et Nick Card de conclure par ses mots :

Brodgar__ness_of_Brodgar__13a« Nous devons tourner la carte de la Grande-Bretagne à l’envers quand on étudie le Néolithique, et ignorer notre attitude centrée sur le sud. Londres est peut-être le centre culturel de la Grande-Bretagne aujourd'hui, mais il ya 5000 ans, c’étaient les Orcades. La création, les innovations partaient de cet endroit. La première poterie rainurée, si distinctive de l'époque, fut faite ici par exemple, et les premiers henges, anneaux de pierre entourés de fossés, furent érigés dans les Orcades. Ensuite, les idées se répandaient sur le reste de la Grande-Bretagne. »

I can’t believe it. C’est un morceau de chance, n’est-il pas ? Secouons-nous les mains ! (ca c’est moi qui rajoute).  

 

 

 

 

 

Brodgar__ness_of_Brodgar__23Autour de 2 300 avant notre ère, le site fut brusquement abandonné. La datation au radiocarbone des os d'animaux suggère qu'une grande cérémonie eut lieu, avec plus de 600 bovins abattus. Peut-être à cause d’un transfert de pouvoir, une nouvelle religion remplaçant l'ancienne. Quelle qu’en soit la raison, Ness of Brodgar fut bel et bien abandonné, puis oublié durant les 4 300 années suivantes.

 

 

 

 

 

Brodgar__ness_of_Brodgar__24Quand à sa finalité... le mur d’enceinte, séparant le sacré du profane, les lacs d’eau douce et d’eau salée de chaque côté et la ligne énergétique passant en son centre reliant les cercles de pierre, les découvertes d’offrandes sur le site, le nombre important de temples, sa position à côté de Barnhouse, tout ça me fait penser à la cité du Vatican au Moyen-âge, avec Saint-Pierre et sa symbolique au centre, les appartements du pape à côté, les salons de réception des invités, les troncs pour les dons, les ex-voto aux murs, et l’hôpital, fondé par l’église et administré par les membres du clergé. Finalement, on a vraiment rien inventé.

 

 

 

 

Brodgar__ness_of_Brodgar_plan__1aEt surtout…  Ces païens incultes, barbares sales et barbus, habillés de peaux de bêtes et portant massue, se payaient le luxe d’avoir le tout à l’égout, l’eau sur le palier, le chauffage central, utilisaient de la peinture pour décorer leurs bâtiments, mangeaient des corn flakes au petit déjeuner, portaient des chaussures en cuir et des capes imperméables, se tatouaient des symboles bizarres sur des points d’acupuncture, se basaient sur les mesures solsticiales pour construire leurs maisons, utilisaient des pierres particulières pour leurs cérémonies initiatiques et leurs purifications rituelles, ancraient des mégalithes de plusieurs tonnes orientées sur beaucoup plus que de simples rayons de soleil aux différentes phases de l’année et sur un cercle parfait de surcroit, mettaient en place des fossés très profonds et des murs d’enceinte très épais, construisaient des cairns de dizaines de mètres juste pour soi-disant enterrer leurs morts, se servaient de l’énergie des lieux pour sacraliser les sites... Non seulement on a rien inventé, mais je crois qu’on a beaucoup perdu.

 

 

 

 

 

 

Brodgar__ness_of_brodgar__22J'ai appris que la maison juste devant les fouilles de l’ORCA (Orkney Research Center for Archeology), Lochview, a été mise en vente en 2011 et achetée par un mystérieux inconnu, qui en a fait don à l’OHS, Orkney Heritage Center.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.orkneyjar.com/archaeology/nessofbrodgar/

1 décembre 2014

L’église Sainte-Spérie de Saint-Céré

 

Saint_C_r__9Le premier bâtiment sur cet emplacement, construit au VIIIe siècle, fut une simple chapelle abritant le tombeau de sainte Spérie. Une église fut construite à sa place au Xe ou au XIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_C_r__11De plan classique en croix latine, elle fut bien remaniée au cours des siècles : au XVe, elle était déjà modifiée, puis les huguenots la brûlèrent en 1584.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_C_r__8L’église fut restaurée et  une chapelle funéraire lui fut ajoutée. Les voûtes furent refaites en 1692, puis une campagne de restauration fut entreprise au XVIIIe avec rajout d’une tribune côté ouest.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_C_r__10C’est en 1756 que fut construit le clocher-porche, avec les pierres des remparts de la ville, démolis en 1713.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_C_r__12bLa crypte date du XIIe siècle. On y accède actuellement par une trappe au niveau du sol protégeant un escalier hélicoïdal. C’est un endroit exigu, mesurant seulement 3,40 sur 2,30 mètres pour 1,75 de hauteur.

 

 

 

 

 

Saint_C_r__Crypte_puits_1541waA l’intérieur, contre la paroi nord, l’ancien puits (la fontaine sacrée aux vertus miraculeuses de sainte Spérie), comblé il n’y a pas si longtemps par un curé ignare (ou un peu trop au courant, va savoir). Peut-être suffirait-il d’enlever les gravats pour rendre au pèlerinage toute sa profondeur, ce ne sont certes pas les Saints-Céréens qui me contrediront.

 

 

 



Saint_C_r__14Dans le mur oriental de la crypte est encastré ce qui ressemblerait à des parties de l’ancien sarcophage de sainte Spérie. La niche de forme rectangulaire est surmontée d’un toit triangulaire qui présente sur le coté une fente. C’est par cette fente que les pèlerins avaient accès au corps de la sainte, qu’ils touchaient avec un linge qui devenait alors une relique.

 

 

 

 

 

Saint_C_r__13Devant le sarcophage, une dalle datée du Xe ou XIe siècle, provenant peut-être de l’ancienne clôture de chœur de la première église romane, est réemployée en table d’autel. Sculptée en méplat, elle représente un personnage tendant la main vers ce qui semblerait être une grenade attachée à une palmette.

 

 

 

 

 

Saint_C_r__13aLa grenade, liée à la fécondité et à la vie, peut aussi symboliser la multitude des expériences, ou les membres d’une communauté, comme l’église. Ce fruit fut offert à Perséphone aux enfers et peut avoir un rapport avec la mort et la résurrection. La grenade serait le fruit de l’arbre de la connaissance, la pomme ne l’étant devenu qu’après une erreur de traduction.

 

 

 

 

 

 

 

Saint_C_r__15De cette crypte très étroite se dégage une atmosphère de recueillement, malgré les vagues d’énergie qui prennent aux tripes. En tout cas on ressent beaucoup d’émotions. Est-ce dû au corps d’une sainte que l’on a conservé ici pendant des siècles, ou bien à la source sacrée en-dessous, ou aux énergies cosmo-telluriques de l’endroit… C’est peut-être bien les trois réunis qui font de l’église Sainte-Spérie un bel endroit sacré.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_C_r__Crypte_niche_2_1539w



http://p.st.cere.pagesperso-orange.fr/St_cere.htm

1 décembre 2014

Saint-Céré

 

Saint_C_r__1La ville actuelle de Saint-Céré prend ses racines dans la colline qui la domine. A son sommet se dresse le château de Saint-Laurent-les-Tours, qui fut entouré du premier village qui a pu porter son nom, le mont Sérénus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_C_r__3Un deuxième village apparut ensuite en contrebas, dans la vallée, construit autour du corps de sainte Spérie exposé à l’adoration des fidèles dans une chapelle bâtie sur les lieux de son martyr, au bord du ruisseau des « Barbares », qui pourrait être aujourd’hui le ruisseau de la Négrie, affluent de la Bave.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_C_r__4Le pèlerinage prit de l’ampleur, le village s’entoura de fortifications, devint plus important que l’ancien Sanctus Serenus sur la colline et prit son nom. Une viguerie de Sainte-Spérie est citée dans un texte du cartulaire de Conques en 1007.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_C_r__6Situé au carrefour de l’Auvergne, du Quercy, du Ségala et de la vallée de la Dordogne, la petite ville, devenue propriété des comtes de Turenne et bénéficiant de leurs privilèges (ils lui donnèrent une charte consulaire en 1292), devint vite un lieu de marché florissant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_C_r__7En 1611, lassés des débordements de la Bave, les habitants de Saint-Céré firent appel à un ingénieur hollandais qui divisa la rivière en plusieurs canaux. Ils furent tous recouverts au siècle dernier, excepté le plus important qui est à tort considéré comme le lit principal de la Bave aujourd’hui.

Saint_C_r__5

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Saint_C_r__2Saint-Céré possède encore de nombreux bâtiments très anciens, comme la maison des consuls sur la place du Mercadal et l’hôtel de Puymule près de l’église, datant du XVe siècle. Les remparts furent démolis en 1713 et servirent en partie à la construction du clocher-porche de l’église.

 

 

 

 

 

 

 

 

http://patrimoines.midipyrenees.fr/fr/rechercher/recherche-base-de-donnees/index.html?notice=IA46100642

http://www.patrimoine-lot.com/fiche.asp#SIT_960

http://www.saint-cere.fr/fr/la-commune-de-saint-cere/un-peu-dhistoire.html

5 juillet 2015

Knowe of Yarso

 

Rousay_Knowe_of_Yarso_1Le cairn, cette fois-ci, se trouve au bout d’un petit sentier qui grimpe sur 400 m le long de la pente menant au premier plateau dominant le détroit d’Eynhallow.

 

 

 

 

 

 

 

Rousay_Knowe_of_Yarso_3Il fut découvert en 1934, et fouillé en 1939.

 

Rousay_Knowe_of_Yarso_5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rousay_Knowe_of_Yarso_plan_1Daté de 2 900 ans avant notre ère, il mesure 7,3m de long et 1,7m de large.

 

 

 

 

 

 

 

Rousay_Knowe_of_Yarso_7

Il est divisé en 4 compartiments par 3 paires de dalles verticales. Les murs sont constitués de deux couches de pierres.

 

Rousay_Knowe_of_Yarso_9

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rousay_Knowe_of_Yarso_8La chambre du fond n’était pas propice au badinage, l’atmosphère en était lourde. En effet, j’appris plus tard que les archéologues avaient retrouvé une trentaine de squelettes humains en cet endroit.

 

Rousay_Knowe_of_Yarso_10

 

 

 

 

 

 

 

Rousay_Knowe_of_Yarso_2Le principal attrait de Knowe of Yarso, à mon avis, c’est la vue.

Rousay_Knowe_of_Yarso_11

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17 novembre 2014

Notre-Dame de Grâce (chapelle du Bourniou) et la source Saint-Géraud


Extrait du roman « Le chemin de la Dame », se passant entre Aurillac et Rocamadour au XIIe siècle :


Roumegoux 1«Théodore continua sa route, le pas plus pesant, remonta le ruisseau d’Angles jusqu’au château d’Hugon de Roumégoux. Il passa devant la petite église, perchée sur un monticule au centre du village, et continua en direction de Saint-Saury.

 

 

 

 

 

 

Roum_goux_saint_Geraud_4Bien des années plus tôt cette route avait été empruntée par plusieurs moines d’Aurillac rapportant chez eux la dépouille du comte Géraud, fondateur de leur abbaye. Le comte avait eu la mauvaise idée d’aller rejoindre le Seigneur loin de chez lui, le vendredi 13 octobre 909. Il avait été l’un des premiers hommes canonisés sans avoir subi le martyr ou être entré dans les ordres. Il était parvenu au titre de saint par la vox populi, la voix du peuple, ce qui était bien plus important aux yeux de Théo que toutes les décisions papales.

 



 

 

 

 

 

 

 

 

Roumegoux_chapelle_du_Bourgniou_6Frère Clément avait parlé de l’un de ses miracles: les moines d’Aurillac, fourbus et assoiffés, avaient posé par terre le corps de Géraud afin de trouver une source pour se désaltérer et se reposer un peu. Ils revinrent sans avoir trouvé la moindre goutte d’eau. C’est alors qu’à côté de la dépouille jaillit une source. Ils en burent et furent instantanément reposés. Les habitants alentours, comprenant que cette fontaine à l’eau vertueuse était sanctifiée, bâtirent alors un oratoire qu’ils dédièrent à la Vierge. Depuis, l’endroit attirait les pèlerins.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Roumegoux_chapelle_du_Bourgniou_2Théodore avait compris ce que laissait entrevoir cette légende du miracle. Les anciennes pratiques païennes, probablement émanées d’un culte à une déesse des eaux, s’étaient christianisées. Les temps changeaient, la nouvelle religion devenait toute puissante. Il se désaltéra à la source, que l’on nommait maintenant la source Saint-Géraud, et repris son chemin. »

 

 

 

 

Roumegoux_chapelle_du_Bourgniou_4Laissons Théodore à ses aventures. Une autre légende se rapportant à l’endroit parle d’une mule de l’expédition des moines d’Aurillac qui aurait, avec son sabot, laissé son empreinte sur la pierre du bassin ou l’eau sortait. La source miraculeuse de Saint-Géraud existe toujours.

 

 

 

 

 

Roumegoux_chapelle_du_Bourgniou_7Elle est gardée par un troupeau de vaches rouges du Cantal, les Salers, que des historiens, se basant sur les peintures égyptiennes ainsi que sur celles des grottes du Tassili, font venir en Auvergne par l’Egypte, l’Afrique du Nord, Gibraltar et l’Espagne, avant de monter jusqu’aux Highlands écossais.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Roumegoux_chapelle_du_Bourgniou_5Ces vaches là aussi sont sacrées, n’en déplaise aux vaches Brahmanes, issue des zébus élevés depuis plusieurs milliers d'années en Inde. Non mais. La source fut restaurée et elle est maintenant protégée par une petite construction datant de 1902.


 

 

 

 

Roumegoux_chapelle_du_Bourgniou_1La chapelle du Bourniou donc, appelée aujourd’hui Notre-Dame de Grâce, fut tout d’abord un petit oratoire situé sur une route de pèlerinage. Tombé en ruine, il fut remplacé par une chapelle, appelée la chapelle de la Dame, à la fin du XVIIe siècle. L’évêque de Saint-Flour demanda au pape Grégoire XVI d’accorder des indulgences à la chapelle.

 

 

 

 

Roumegoux_chapelle_du_Bourgniou_3C’est comme ça que le second ou troisième dimanche de septembre, il est accordé une indulgence plénière à celui qui vient rendre visite à Notre-Dame de Grâce. Rachetée par un habitant de la commune pendant la Révolution, elle fut rendue au culte en 1807. Elle fut restaurée entre 1833 et 1836 avant d’être agrandie en raison du succès croissant du pèlerinage et grâce aux dons des paroissiens.


 

 

 

 

 

 

Roumegoux_chapelle_du_Bourgniou_8aLa tradition rapporte que la chapelle protégeait une antique statue de la Vierge. Cette statue aurait été découverte dans une ruche par des bergers qui avaient soulevé le toit pour en prendre le miel. L’ayant rapportée chez eux à Madelbos, petit hameau situé à environ 500 m de là, la statue retourna à la ruche, et cela, plusieurs fois de suite, jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’elle voulait rester à cet endroit précis.


 

 

 

 

 

 

 

Roumegoux_chapelle_du_Bourgniou_11aIntéressons-nous maintenant à l’étymologie. Bourniou, en occitan, désigne ce que l’on appelle une ruche-tronc. C’est ce qu’utilisaient les apiculteurs au temps de nos ancêtres : un tronc de châtaignier évidé sur lequel on posait une pierre plate, la lauze.  Bourniou provient du gaulois « borna »qui veut dire trou ou cavité naturelle, mais aussi caverne et abreuvoir ou fontaine, qui a donné le latin « bornellus », la source, le trou d’eau.

Une antique statue, une source miraculeuse, un tronc d’arbre, un chemin de pèlerinage, des bénédictins, des légendes entourant le tout…  ça sent la Vierge Noire, vous ne trouvez pas ?

 

http://www.saintlaurentenchataigneraie.com/pages/Les_pelerinages_paroissiaux-7854957.html

22 juin 2015

Eday et l'EMEC

Eday_3Le détroit d’Eday, le Fall of Warness, est un passage obligé pour se rendre sur Westray puis sur Papay. La navigation y est compliquée en raison des courants marins qui atteignent près de 4 mètres par seconde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Eday_2C’est la raison pour laquelle l’EMEC (centre européen de l’énergie marine), basé à Stromness, y a installé un prototype de transformation de l’énergie marine en électricité, l’OpenHydro.

 

Eday_1

 

 

 

 

Eday_Fall_of_Warness_2Plantés au milieu des flots, deux piliers sont surmontés d’une plateforme sur laquelle se tient, tel l’œil de Sauron, la turbine. Personne ne sait encore quel sera l’impact sur l’environnement, avec le ralentissement des courants, la cohabitation avec les espaces animales, les effets sur les fonds marins.

 Eday_Fall_of_Warness_1

 

 

 

 

Eday_Setter_5aUne autre énergie fut maitrisée sur l’ile il y a bien longtemps. Au nord d’Eday, entourée de vieux cairns, se tient la Stone O’Setter. Sa hauteur, de plus de 4,50 mètres, en fait l’un des menhirs les plus hauts des Orcades.

 

 

 

 

 

 

Eday_Setter__4aLes intempéries durant ces milliers d’années nous séparant de sa mise en place l’ont façonnée d’une forme particulière. Les habitants de l’ile parlent de la main d’un géant…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 http://www.saintsandstones.net/stones-setter-2010a.htm

23 juin 2015

La Vénus des Orcades

 

Westray_Venus_Links_of_Noltland_2Sur l’ile de Westray, plus au sud et un peu plus grande que Papay, fut découvert dans les années 80 un village néolithique, Links of Noltland. En 2009, l’archéologue Jakob Kainz dégagea des fouilles une minuscule figurine. La trouvaille fit grosse impression.

 

 

 

 

 

Westray_Venus_Links_of_Noltland_1En effet, la sculpture fut datée d’au moins 3 000 ans avant notre ère, et donc devint la plus ancienne représentation anthropomorphe d'Écosse. La figurine fut nommée la « Vénus des Orcades ». Les habitants de Westray la nomment plus simplement « la femme de Westray ».

 

 

 

 

 

 

 

Westray_venus_dessins_2Il n’est même pas certain que la sculpture représente une femme. Mesurant à peine 41mm de hauteur, 31mm de largeur et 12 mm d'épaisseur, elle est taillée dans le grès, probablement à partir d’un galet.

 

 

 

Westray_Venus_t_te_2Sa tête, ronde, présente des incisions formant des sourcils en accent circonflexe, deux points appuyés pour les yeux, deux lignes verticales pour le nez, et peut-être une autre ligne horizontale pour la bouche. Quelques lignes sur le crâne peuvent être interprétées comme étant des cheveux.

 

 

 

 

 

Westray_V_nus_face_1

 

 

Le corps, rectangulaire, porte aussi de fines incisions. Deux de chaque côté ont été interprétées comme des seins, mais il est possible que ce soient les attaches du vêtement. Le « sein » droit est plus carré et plus marqué que le gauche, en forme de losange. Les motifs en treillis peuvent figurer le tissu du vêtement.

 

 

 

 

 

Westray_Venus_figurinesD’autres sculptures, plus endommagées, ont été retrouvées sur le site respectivement en 2010 et 2012.

 

 

 

 

westray_statue_2aUne pierre plus importante porte le même motif de sourcils que la tête de la Vénus. Mais est-ce bien un motif représentant des sourcils ? Se pourrait-il que soit représenté le coucher du soleil au solstice d’hiver entre les deux montagnes de Hoy ?

Westray_Sunset_Hoya

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Holm_0On va retrouver le même genre de dessins sur la petite ile proche de Papay, Holm of Papay. C’est sur cette ile que se tiennent plusieurs cairns, dont le plus impressionnant, qui se voit de loin, appelé par les locaux Diss O'the Holm.

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Holm_plan_4aLes archéologues le comparent à Maeshowe, en plus long et plus grand : 10 petites chambres simples et 2 petites chambres doubles s’ouvrent sur la chambre centrale qui fait 20m de long.

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Holm_2aOn y accédait par un couloir long et étroit, orienté au coucher du soleil au solstice d’hiver.

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Holm_8aLes archéologues, à leur habitude, le disent tombeau, mais quelques-uns se rapprochent de la vérité en parlant plutôt de « maison des ancêtres » à mon avis.

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Holm_12aLe linteau au-dessus de la cellule sud-est est gravé des motifs «sourcils» et d’un symbole faisant penser à de l’eau. La Vénus et ses yeux aurait-elle inspiré le sculpteur, ou est-ce l’inverse ? On se rapproche de la légende de sainte Tredwell, Triduana, n’est-il pas ?

 

 

 

 

Papa_Westray_Holm_10aJ’adore ça, quand les pièces du puzzle, moins éparpillées, commencent à former une cohérence.

 

 

 

 

Westray_Venus_g_teauxLa Vénus est exposée dans le Centre du patrimoine de Westray à Pierowall. Les boulangers en ont d’ailleurs fait une reproduction en gâteaux sablés… Et on la retrouve maintenant en objet de déco vendu dans tous les centres touristiques des Orcades. Y’a pas de petits profits.

 

 

 

 

Photos aériennes tirées du site http://topofly.blogspot.fr/2014/09/kite-aerial-photography-of-excavations.html

http://www.ancientcraft.co.uk/reenactment/pa_venus_orkney.html

http://www.orkneyjar.com/history/orkneyvenus.htm

http://www.stone-circles.org.uk/stone/folkton.htm

http://www.educationscotland.gov.uk/scotlandshistory/earlypeople/orkneyvenus/index.asp

http://www.orkneyjar.com/placenames/pl-hoose.htm

28 octobre 2013

Notre-Dame de Nonette

Nonette_24C’est dans le chœur de l’église Saint-Nicolas de Nonette, dans le Puy-de-Dôme, que se trouve une Vierge de majesté de type roman auvergnat. Elle porte le nom de Notre-Dame de Nonette.

 

 

Nonette_25De facture assez frustre, elle est recouverte d’une épaisse couche de peinture. Cette statue possède tous les attributs d’une Vierge Noire, et pourtant la dédicace de l’église n’est pas la sienne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 juin 2015

Les brochs

 

Broch_1Il aura fallu un retour aux Orcades en cette année 2015 pour que je donne une définition de ces brochs que l’on ne trouve qu’au nord de l’Écosse et dans les archipels des Shetland et des Orcades. Nous connaissons aujourd’hui l’emplacement de plus de 700 d’entre eux dont plus de 120 dans les Orcades, sans parler de ceux qui n’ont pas encore été découverts.

 

 

 

 

 

 

 

 

Broch_2Ils ont été construits et utilisés durant une période comprise entre 600 avant notre ère jusqu’à la fin du IIIe siècle. Il semblerait qu’ils furent construits par les descendants du peuple des mégalithes, puis utilisés par les Pictes, puis par les vikings.

 

 

 

 

 

 

Broch_4Le broch, dont le nom provient du vieux norrois borg, qui veut dire fortification, ou de l’ancien gaélique écossais burgh, de même sens, est une construction circulaire en pierre sèche entourée d’une double voire triple enceinte.

 

 

 

 

 

 

Broch_10Les plus petits mesuraient 5m de haut, les plus grands pouvaient atteindre les 15 m. Le toit était formé d’une structure en bois recouverte de chaume. Parfois le broch était entouré de petites habitations, formant un village à l’extérieur.

 

 

 

 

 

 

Broch_7L’édifice était doté de murs à double parois entre lesquelles se trouvaient des galeries superposées, reliées par des escaliers en pierre. Certaines étaient trop petites pour qu’un être humain puisse passer.

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Broch_5Les brochs étaient accessibles par une seule porte assez large, orientée le plus souvent vers l’est, suivie d’un long couloir de la largeur des murs.

 

 

 

 

 

 

Broch_8L’intérieur comportait une pièce principale centrale avec un foyer et une citerne, le périmètre étant constitué de cellules plus petites séparées par des cloisons en dalles de pierres fines. Des galeries en bois formaient les étages supérieurs. Ici, une vue d’artiste représentant l’intérieur d’un broch.

 

 

 

 

 

 

Broch_3Les brochs étaient construits à proximité de terres arables ou de bords de mer, non loin d’une source d’eau (certains possèdent des puits ou des sources naturelles en leur centre). Beaucoup possédaient une chambre souterraine, accessible par un escalier en pierre.

A quoi servaient ces constructions, véritable exploit d’ingénierie et d’architecture ?

 

 

 

 

 

 

 

Broch_6Certains pensent qu’elles sont des fortifications militaires, d’autres les ancêtres des châteaux féodaux, d’autres encore la marque d’une puissance de l’élite dirigeante, soulignant le statut social la richesse, le pouvoir du propriétaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Broch_11Le souci, c’est que ces beaux messieurs archéologues pensent en hommes du XXIe siècle, pour qui ces critères sont effectivement importants. Nos constructeurs de brochs avaient, à mon avis, une toute autre vision du monde, et la fonction de ces bâtiments restera mystérieuse encore longtemps. A moins que ?

23 juin 2015

Knap O’Howar

Papa_Westray_KnapLe nom de Knap o’Howar provient du vieux norrois et veut dire la butte aux monticules, décrivant les dunes de sable recouvrant les maisons avant leur découverte.

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_4Pour accéder à ces plus vieilles maisons d’Europe du nord connues, il faut emprunter le chemin de nulle part. Après quelques centaines de mètres, traversant des prés à vaches, on arrive en bord de mer. Du temps des premiers habitants de l’ile, le rivage se situait beaucoup plus loin.

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_2Là, collées l’une à l’autre, comme pour se protéger mutuellement, les deux maisons néolithiques apparaissent. Découvertes en 1930, elles sont datées par les archéologues de 3 600 avant notre ère, mais il semblerait qu’elles aient été construites sur une structure encore plus ancienne.

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Unstan_ware_2

 

 Les habitants possédaient des poteries décorées, du style Unstan Ware, cultivaient l’orge et le blé, élevaient des cochons, des moutons et des vaches genre auroch, pêchaient des poissons et mangeaient des crustacés et des coquillages.

 

 

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_3La première maison, la plus grande des deux (carré long de 10m par 5), possède des murs d’environ 1m60 de hauteur, et 1m40 de largeur. Ils sont formés de deux parois parallèles en pierres sèches emplies de terreau.

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_4L’entrée, très basse, axée sur le nord/ouest, fait face à la mer. Elle se compose d’un passage d’1m70 fermé par une porte à l’extérieur et par une pierre de seuil à l’intérieur.

 

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Papa_Westray_Knap_of_Howar_7L’intérieur, sans fenêtre, est divisé en deux zones distinctes par des dalles de pierre verticales formant de petites cloisons dont l'objectif était de marquer plutôt que de créer une séparation physique :

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_6

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_17la cuisine avec son foyer et ses bancs en pierre, où des meules servant pour broyer l’orge ont été retrouvées, et le dortoir avec des lits et des étagères. Des trous en haut des murs indiquent l’emplacement de la structure du toit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_10Cette maison est reliée à la plus petite (7m50 par 3m avec des murs plus minces) par un long couloir bas traversant les deux murs d’environ 2m50. Une porte attendait les visiteurs avant qu’ils ne puissent entrer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_12Généralement considérée comme étant un atelier ou un deuxième logis, il s’en dégage une toute autre énergie. L’intérieur est séparé en trois zones. Des meules en pierre, des poteries, bols et jarres, ainsi que des outils y ont été trouvés.

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_14L'entrée principale, ou devrais-je dire la sortie, face à la mer, est calée sur le coucher du soleil au solstice d’été. C’est un passage d'environ 1m30 de long et de 0m60 de large.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Knap_plan_3c

 

 

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_13Intéressons-nous maintenant au côté énergétique du lieu. Comme au débarquement du ferry, l’atmosphère ici ressemble à celle de l’ile en général, douce et protectrice, féminine et enveloppante. Mais comme avec la confrontation avec certaines vierges noires, ce n’est pas parce que c’est féminin que c’est mièvre. Bien au contraire. Le lieu est protégé et se défend s’il est attaqué ou simplement dérangé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_9Les constructeurs des maisons savaient ce qu’ils faisaient. Tout d’abord une enceinte protectrice, puis un sens de marche avec verrou à l’appui, une gardienne gentille mais ferme et des endroits particuliers à découvrir avec son cœur plus qu’avec son esprit. La maison la plus petite était bien un atelier comme l’ont dit les archéologues, mais d’un genre bien particulier.

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_16Imaginez une jeune fille, cheveux longs lâchés sur les épaules, une peau de cerf en guise de cape, pilant quelques herbes sur la meule de pierre. Derrière elle, sur les étagères, des pots contenant des préparations médicamenteuses.

 

 

 

 

 

 

Papa_Westray_Knap_of_Howar_15Deux sièges dans le mur : un pour elle, l’autre pour celui ou celle qui vient se faire soigner, ou vient poser une question et faire son voyage dans le monde des esprits pour trouver sa réponse. Je vous présente la chamane, maitresse de l’ile.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.orkneyjar.com/history/knaphowar.htm

http://www.papawestray.co.uk/papay/pw_official8.html

http://www.ancient.eu/Knap_of_Howar/

http://www.odysseyadventures.ca/articles/knapohowar/article_knap.htm



 

 

4 février 2015

Les phares

 

Pri_re_4aCes malédictions, ces blasphèmes, ces plaintes,

Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces Te Deum,

Sont un écho redit par mille labyrinthes ;

C'est pour les cœurs mortels un divin opium !

 

 

Pri_re_8aC'est un cri répété par mille sentinelles,

Un ordre renvoyé par mille porte-voix ;

C'est un phare allumé sur mille citadelles,

Un appel de chasseurs perdus dans les grands bois !

 

 

 

 

Pri_re_1aCar c'est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage

Que nous puissions donner de notre dignité

Que cet ardent sanglot qui roule d'âge en âge

Et vient mourir au bord de votre éternité !

 

 

 

 

 

Pri_re_12aLes Fleurs du Mal (1857) de Charles Baudelaire

27 janvier 2015

Autoire



Historique



Autoire_15Le village, situé à la frontière entre les comtés d'Auvergne et de Toulouse, est blotti au creux d’un vallon étroit bordé de falaises calcaires se terminant par une cascade de plus de 30 m de haut.

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Autoire_14La plus ancienne mention du village, dans le cartulaire de l’abbaye de Beaulieu, date de 932. Il y est rapporté qu’en 895 Casto et sa femme Aldagudis cédèrent à l’abbé Romuald un domaine situé sur la rive gauche du ruisseau de la vallée d’Altornse, d’où dériverait le nom d’Autoire.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autoire_12En 1090, l’église fut donnée par le seigneur du lieu, Raymond de Banze, à Géraud III de Cardaillac, l’évêque de Cahors, à condition que son fils en devienne l’un des chanoines.

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Autoire_13En 1178, le village fortifié, qui dépendait de Saint-Céré, passe sous le contrôle de la vicomté de Turenne. En 1259, les seigneurs de Banze sont alors vassaux d’Hugues de Castelnau, baron de Gramat. En 1286 Autoire est cédé à Edouard Ier, roi d’Angleterre qui y installe des routiers, compagnies de mercenaires qui pillèrent le pays durant toute la guerre de Cent-ans.

 

 

 

 

Autoire_5Les guerres de Religion ne firent pas mieux : en 1562, Autoire est dévasté par les Calvinistes, puis la Révolution apporta son lot de malheurs. Le village médiéval fut quand même préservé.

 

 

 

 



L'église Saint-Pierre et Saint-Paul

Autoire_7L’église, située au centre du village fortifié, existait déjà depuis un moment quand elle fut donnée à l’évêché de Cahors en 1090. C’est à cette époque, à la fin du XIe siècle, qu’elle fut reconstruite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Autoire_3Le plan initial était constitué d’une nef unique à deux travées, précédée d'un transept surmonté d’une coupole portant le clocher, et d’un chœur semi-circulaire avec travée droite.

 

 

 

 

 

Autoire_8Elle fut fortifiée vers la fin de la guerre de Cent-ans. Le clocher fut surélevé, un réduit ajouté au-dessus du chœur. Il en reste quelques pans de mur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autoire_1aLa nef, flanquée de collatéraux, fut reconstruite entre 1868 et 1880 dans un style romano-gothique, une sacristie fut ajoutée. De l'église romane ne subsistent que l'abside, le transept et la croisée.

 

 

 

 

 

 

Autoire_11Les quelques modillons qui nous restent se trouvent sur la corniche du chevet.

 

 

 

 

 

 

 

Autoire_9Ici, deux personnages assis se tiennent serrés. L’un tient la tête de l’autre, qui lui-même pose sa main sur la jambe du premier. Je ne serais pas étonnée que le regard de l’un se pose sur le lever du soleil au solstice d’hiver et l’autre au solstice d’été.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autoire_19Un autre se tient les oreilles et semble crier de peur en écarquillant les yeux. Serait-il un sage qui ne s’en laisse pas conter, celui qui voit et qui, par sa parole, fait élever ceux qui l’écoutent ? Un autre, accroupi, semble cacher son sexe. Ne fait-il pas plutôt un signe d’offrande, les paumes tournées vers le ciel ?

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Autoire_6Les sculptures romanes de l’intérieur sont plus frustres et sont composées essentiellement de chapiteaux bagués à décor d’entrelacs, de palmettes, de chevrons et de torsades. Les bases de colonnes portent des motifs géométriques.

 

 

 

 


Le château des Anglais

 

Autoire_16Cette forteresse, adossée à la falaise calcaire qui domine la vallée d’Autoire de plus de 50 mètres, a du être construite aux environs de 1178 par Hugues de Castelnau, baron de Gramat. Il est alors nommé château de la Rocca. Passé aux mains du roi d’Angleterre en 1286, il servit pendant la guerre de Cent-ans de repaire aux routiers, à la solde des anglais. Puis les seigneurs d’Autoire lui ajoutèrent une tour à mâchicoulis, avant qu’il ne soit pris par les protestants durant les guerres de Religion.

 

 

 

 

Autoire_chateau_anglais_1bEn 1647, le vicomte de Turenne, un des chefs de la Fronde, en fait restaurer les défenses. Puis l’endroit est laissé à l’abandon, les pierres servant aux constructions des maisons alentours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autoire_chateau_anglais_3aA la grande époque du château, l’ensemble fortifié possédait une façade de plus de 200 m de long. Il était réparti sur trois niveaux et possédait quatre tours.

 

 

 

 

 



http://www.paysdesaint-cere.fr/fr/territoire-et-communes/autoire.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Pierre_d%27Autoire
http://patrimoines.midipyrenees.fr/fr/rechercher/recherche-base-de-donnees/index.html?notice=IA46100605
http://mairie.autoire.pagesperso-orange.fr/histoire.htm

28 octobre 2014

L’église Saint-Nicolas de Nonette

Historique



Nonette_0_Le village de Nonette se trouve perché sur une butte volcanique, un ancien dyke, sur lequel des vestiges gallo-romains ont été découvert, prouvant l’histoire très ancienne du lieu. La butte surplombe l’Allier qui coule en contrebas.

 

 

 

 

 

Nonette_3Au IXe siècle, Nonette fut le siège d’une puissante vicairie, son église primitive, dédiée à saint Sixte, étant située sur les bords de l’Allier. Au XIe siècle, l'église Saint-Nicolas, située à l’intérieur d’une des enceintes du château, fut donnée par le seigneur de Nonette, le comtour, à la Chaise-Dieu. Elle devint le siège d'un prieuré bénédictin.

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_plan_2aLes seigneurs de Nonette ne furent pas des plus sages. L’histoire nous parle d’un certain Astorg de Brezons, dit le « Taureau rouge », qui donna ses terres d’Indiciat (devenu Saint-Flour) à l’église en réparation de ses nombreux méfaits. Son suzerain, Amblard XII de Nonette, dit le « Mal Hiverné », refusa cette donation et chercha à s'emparer des terres d'Astorg. Après une guerre sans merci, excommunié par Bégon, l’évêque d’Auvergne, pris de remords à son tour, il confirma la donation aux moines de Sauxillanges, partit pour Rome en 998 où il fut absous de tous ses crimes par le pape, même le viol d’une religieuse à qui le village doit, selon la légende, son nom.

 

 

 

Nonette_26A la fin du XIIe siècle, le vicomte Armand de Polignac s’empare du château, s’en sert de base pour ses brigandages. Il attaqua même l'évêque du Puy. Louis VII, pour le punir, s'empara de plusieurs de ses possessions auvergnates, parmi lesquelles Nonette. Le village s’agrandit jusqu’au XIIIe siècle autour de la forteresse dont les remparts englobaient une partie des habitations et l’église dédiée à saint Nicolas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_0Au XIVe siècle, la forteresse appartient à Jean, duc de Berry, qui fit reconstruire le château. Il y entretenait des oiseaux, des chiens et des animaux exotiques. La forteresse fut détruite par Richelieu en 1658 et l’on peut encore apercevoir quelques ruines autour d’une croix. Nonette, qui possédait un hôpital, deux chirurgiens et deux notaires, perdit peu à peu de son importance pour devenir au XIXe siècle un petit village.

 

 

 

 

Nonette_4Le clocher peigne qui surmontait l’église fut détruit en 1793 lors de la révolution. Il fut remplacé en 1894. C’est pendant les travaux de fondation que furent retrouvés des fragments de la statue du « Beau Dieu » que l’on retrouve dans l’église. La statue fut réalisée en marbre de Nonette, un calcaire gris et jaune prenant l'aspect du marbre une fois poli. Il en existait une carrière au pied de la butte jusqu'au XIXe siècle : 20 hommes étaient encore employés en 1883.

 

 

 

 

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Description


L’extérieur

Nonette_6Le porche sud, du XVe siècle, est protégé par une avancée que l’on appelle en Auvergne une ganivelle. Elle est de style flamboyant mais reste d'une ligne très pure.

 

 

 

 

 

 

Nonette_5Un modillon sur la façade sud porte une barbe solaire, représentante de la connaissance symbolique.

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_28Le porche ouest est roman, du XIIe siècle. Il est entouré de simple colonnes, comparables à celles de l'église de Mailhat, provenant d’un ancien sanctuaire païen.

 

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_8Les chapiteaux sont malheureusement très endommagés. L’archivolte par contre conserve encore de belles sculptures. Et ce n’est pas comme expliqué le monde d’ici bas (surmontant les bêtes du chaos), le peuple de Dieu avec le paysan, le soldat et le prêtre d’un côté, la luxure et l’avarice, péchés du monde de l’autre côté.

 

 

 

 

Nonette_10Côté gauche, lunaire et féminin, nous avons au départ une bête représentant l’animalité dont il nous faut se débarrasser, puis un acrobate qui montre le retournement de l’initié.

 

 

 

 

 



Nonette_10aS’en suit un personnage portant livre ouvert, il s’instruit par les écritures avant d’atteindre la sainteté, représentée plus haut par un homme auréolé portant livre fermé. La connaissance devient à ce stade plus personnelle. Mais la sainteté n’est pas encore le but. Plus haut, une fleur/esprit ouverte, épanouie, la transformation s’opère.

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_10bVient un lièvre, animal terrestre et lunaire à la fois, symbole de la prolifération de la vie de la Terre-Mère. Tout en haut l’aigle, gardien de l’entrée du temple. J’aurai bien vu son pendant, un autre aigle, tous deux buvant au calice. Mais le temps et la folie des hommes nous privent de ce message.

 

 

 

 

Nonette_10cCôté droit, masculin et solaire, l’archivolte s’appuie aussi sur une bête, puis nous avons un orant. Il ne prie pas, il repousse de ses mains ceux qui ne sont pas prêts à recevoir ce que l’église peut amener. Plus haut, un moine à capuchon tient dans sa main le Graal.

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_9Juste au-dessus, deux poissons se regardant. Il semblerait bien que ce soient des saumons. Le saumon est le symbole celte de la connaissance et de la sagesse, celui qui relie le monde lunaire invisible au monde solaire sensible, celui qui remonte à la source.

 

 

 

 

 

Nonette_11Le tympan du portail présente trois figures sculptées. Sur la gauche, côté lunaire, l'agneau crucifère qui se dirige vers le personnage central, l’ange, ou l’homme ailé, celui qui, grâce à ses ailes, peut monter vers le cosmique. Sur la droite, côté solaire, une sirène. Sa chevelure est bien solaire, sa queue de poisson la relie aux eaux du ciel, elle est bien là pour la transformation de l’homme.  

 




L’intérieur

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L’église suit le plan classique à nef unique et chevet plat. Les chapelles latérales furent rajoutées au cours du XVe siècle.

 

Nonette_17Celle se trouvant en face de la ganivelle est appelée chapelle des rois. Le nom provient d’un retable en pierre représentant la crèche, brisé pendant la Révolution par des agents du district d'Issoire et retrouvé en 1976.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_16En face, posé sur un socle en hauteur, la statue dite du « Beau Dieu ». C’est un buste en marbre de Nonette, attribué au sculpteur valenciennois André Beauneveu, qui travailla à Nonette pour le duc de Berry en 1387. Il s’agit d’un Christ réssuscité dont l’évidement du dos laisse suggérer qu’il fut conçu comme un simple buste.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_13Les chapiteaux sont très parlants. Nous retrouvons, comme à Mailhat, une tortue, chose rare. La tortue, de part son grand âge et sa sagesse, est un animal possesseur de connaissance. Elle enterre ses petits (pensées) dans le sable afin que le soleil les fasse naitre. Elle fait aussi partie des  symboles lunaires, puisque liée à l’eau, et telluriques, puisque liée à la terre. Dans ce cas, elle représente la grande déesse. Elle peut être attachée au retour à l’état primordial, à l’androgynat, représentant le mâle et la femelle en même temps. Elle est aussi le symbole de l’immortalité et de la fertilité, de la divination, située au commencement de l’œuvre de spiritualisation. Les alchimistes la considéraient comme un résumé du grand œuvre. Mais elle est aussi la représentation de l’univers, du dôme céleste porté par les quatre piliers que sont ses pattes. Elle est dans ce sens cosmophore, porteuse du monde.

 

 

Nonette_14A Mailhat, la tortue se trouvait dans le bec d’une chouette, animal symbolisant la connaissance et la sagesse. Ici, elle est dans la gueule de serpents, animaux liés à la terre et aux courants telluriques, mais aussi représentants de la sagesse primordiale. Eux-mêmes sont tenus dans la gueule dentée de deux chiens aux oreilles bien dressées. Le chien est toujours représenté dans l’art roman associé à la terre (le serpent), à l’eau (la tortue) et à la lune. Animal lunaire lui-même, il est psychopompe. Comme Anubis, il accompagne les âmes des morts. Il est notre compagnon de route, notre guide, celui qui mord quand nous perdons la maitrise de nous-mêmes.

 

 

 

 

Nonette_18Au milieu de la nef nous trouvons un chapiteau avec des sirènes mâle et femelle (les deux polarités), indiquant le croisement de deux cours d’eau dans le sous-sol de l’église à leur niveau. En-dessous, un taureau, animal entièrement tellurique, tire la langue. Il se pourrait que le croisement des cours d’eau se fasse aussi avec un troisième courant, tellurique celui-là.

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Nonette_19Lui faisant face, des chimères font office de livre ouvert. Leur corps est serpentiforme, représentant les énergies telluriques. Elles sont ailées, pour les énergies cosmiques. Une aile, reliée au corps de serpent, est tournée vers la terre, l’autre, reliée aux pattes, regarde vers le ciel. Le visage est encore bestial, signe qu’il faudra maitriser ces énergies naturelles afin d’accéder à la connaissance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_19bDans la bouche, une seule et grosse dent : attention, dent j’ai. Les pattes s’accrochent à la terre, représentée par l’astragale (moulure en forme d’anneau), la tête touche l’astragale du haut du chapiteau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_20Nous retrouvons dans le chœur les têtes d’hommes et de femmes sortant des feuillages. Ils regardent tour à tour la direction des solstices. De la bouche de l’un d’eux sortent des rinceaux, symbole de la puissance du verbe créateur, parole de vie, transmission de la connaissance.

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Nonette_22Un taureau, animal tellurique et attribut de Luc, la lumière, regarde au solstice d’été. Remarquons que les feuilles s’ouvrent au fur et à mesure de la progression vers le centre du sanctuaire, pour arriver aux feuilles de chêne, portant le gland : l’arbre sacré des bosquets de Zeus, représentant de la classe des druides, parle de la maitrise.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_24C’est dans le chœur de l’église Saint-Nicolas de Nonette que se trouve une Vierge de majesté de type roman auvergnat. Elle porte le nom de Notre-Dame de Nonette.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_25De facture assez frustre, elle est recouverte d’une épaisse couche de peinture. Cette statue possède tous les attributs d’une Vierge Noire, et pourtant la dédicace de l’église n’est pas la sienne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_27Il serait intéressant de rechercher l’inclinaison de l’église afin de vérifier si elle est bien calée le jour de la saint Nicolas…



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_12

Nonette_23

http://www.heritage-de-france.fr/agenda/Monument/EgliseNonette.htm

http://jean.dif.free.fr/Chatover/Nonette/Nonette.html

L'Armorial de Guillaume Revel



7 juin 2014

Le bénitier de Grézieu-la-Varenne

 

Gr_zieu_acqueduc_1Arrêtons-nous à Grézieu le temps d’une petite visite à l’église Saint-Roch. Le village fut construit sur le tracé de l’ancienne route d’Aquitaine, la Via Agrippa, reliant Lyon à Saintes. Sur ses terres fut bâti l'aqueduc romain de l'Yzeron. Une première église existait en 913, bâtie par le comte Guillaume le Pieux, qui fonda l’abbaye de Cluny en 909. L'évêque Austerius consacra cette église à Marie Mère de Dieu.


 

 

 

Gr_zieu_la_Varenne_0Le village de Grézieu, dernière étape de l’ancien pèlerinage de saint Bonnet est mentionné en 927, en tant que Villa Grasiaco. Le village devint propriété des chanoines du chapitre de Saint Just et Saint Irénée qui le firent entourer d’une muraille épaisse. Une église romane remplaça l’ancien édifice au XIIe siècle. Une ecclesia de Graysiaco est mentionnée au XIIIe siècle dans le cartulaire de Savigny. Au XVe siècle l’église prit le nom de Saint-Roch.

 

 

 

Gr_zieu_la_Varenne_1Le bâtiment actuel fut construit dans les années 1870 par l'architecte lyonnais François Merlin sur l’emplacement de l’antique édifice qui fut rasé. Cerise sur le gâteau, l’église n’est même plus orientée est/ouest.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gr_zieu_la_Varenne_6Pourtant, cette église contient une chose rare, une cuve baptismale devenue bénitier, datant du XIe siècle. D’une hauteur de 36 cm et d’un diamètre de 47, elle est posée sur une colonne en marbre blanc du XIXe. La tradition dit que Guillaume le Pieux lui-même en fit don à la paroisse.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gr_zieu_la_Varenne_3La vasque, dont le bord supérieur est délimité par une torsade, est sculptée en bas-relief et en méplat. La base présente une frise de losanges. Le décor, d’un style archaïque et rustique, est typique de la période préromane. Tout d’abord, il faut se souvenir que l’eau est source de vie, moyen de purification et centre de régénération. La fonction de la vasque sera alors de renforcer les propriétés de l’eau, qu’elle soit bénitier ou cuve baptismale. Cela se fera par la forme, par l’emplacement et par l’intention qu’y posera l’officiant.

 

 La symbolique des sculptures de la vasque est profonde. On peut la lire au premier degré, et parler, comme le plus souvent lu sur le sujet, de l’homme nu au milieu des animaux comme étant Adam au jardin d’Eden avant la faute, et d’une scène de chasse, évocation de l'homme pécheur.

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Gr_zieu_la_Varenne_4Pour une lecture plus subtile, il faudra compter avec les 7 arcades, 3 à droite (activité) de l’homme et 4 à gauche (connaissance). Le nombre 7 est la somme du 3 (masculin, principe créateur, domaine de l’expérience, exprimant une forme d’achèvement, lien) et du 4 (féminin, principe de l’incarnation, domaine de la matière, mais aussi révélant les principes fondamentaux de l’éveil de la conscience). Le 7 est symbole de perfection, de plénitude, de transformation après un cycle accompli. Il manifeste le principe de la maitrise acquise par l’expérience.

 

 

 

 

Gr_zieu_la_Varenne_palmier_1A la gauche de l’homme nu (la nudité est utilisée pour indiquer la pureté des origines) se tient à côté de la représentation d’un palmier, lui aussi symbole de la connaissance. L’arbre en général est symbole d’éternité, mais aussi d’enseignement par l’esprit. Il fait la jonction entre la terre et le ciel, entre les énergies telluriques qu’il transforme et équilibre, et les énergies solaires et cosmiques qu’il capte par l’intermédiaire de ses feuilles. Il est entouré au dessus de sa tête, d’une fleur solaire à 9 pétales : elle contient le monde dans son unité (le cœur) et dans sa manifestation (les pétales), pour rejoindre l’harmonie cosmique. Les mains sont tournées vers le bas, pour capter les forces telluriques peut-être, comme ses jambes qui ressemblent à deux troncs d’arbre bien ancrés dans le sol. Mais il se pourrait aussi…

 

 

 

 

Gr_zieu_la_Varenne_9aSa main gauche, celle de la connaissance, reçoit les informations de deux poissons, l’un tourné vers le bas l’autre vers le haut. Il peut s’agir de saumons, animaux de la science sacrée, symbole de la connaissance et de la sagesse chez les Celtes (le saumon relie le monde lunaire invisible au monde solaire, il remonte à la source) mais aussi du premier signe des chrétiens et de l’ère qui s’y rattache.

 

 

 

kundalini_1cA la droite de l’homme, peut-être la représentation stylisée d’un serpent, symbole de la connaissance, mais aussi de la force tellurique. Il se pourrait que ce soit là, comme dans l’église d’Avenas, la représentation de ce que l’on appelle la kundalini, l’énergie lovée dans la base de la colonne vertébrale et représentée comme un serpent enroulé sur un axe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La main droite est tournée vers deux animaux se faisant face, je pencherai pour un sanglier tête en bas et un chien tourné vers le haut. L’un monte, l’autre descend. Le sanglier est représentatif de l’ancienne religion, celle des druides, dont il en était la représentation. Quand au chien, il est, dans l’art roman, le symbole de la maitrise, gardien des enfers et psychopompe. Il sera la représentation de la nouvelle religion. De chaque côté de l’homme, une stylisation de papillon, et une aile. Le papillon, dans la tradition grecque, représente l’âme. Dans l’art roman, il sera symbole de transformation.

 

 



Gr_zieu_la_Varenne_6a4 arcades plus loin sur la gauche, on trouve une représentation d’une scène de chasse. La chasse peut représenter la mise à mort de ce que l’on veut éliminer comme l’ignorance, la peur, l’ancienne religion etc. mais aussi la traque, la recherche, la quête spirituelle. Le cavalier en général, dans l’iconographie romane, représente le triomphe, la puissance, celui qui maitrise la cavale ou cabale. Le fait qu’il maitrise ce cheval, animal noble, montre qu’il est au service d’un but supérieur. Sa monture possède une queue qui se termine par des fleurs, la première, ébauchée, se poursuit par une deuxième à 5 pétales qui contiennent chacun 3 parties. Le chasseur est accompagné de 5 chiens, et poursuit un cerf. Il semblerait que le serpent soit représenté au-dessus de sa tête, la gueule ouverte, comme s’il lui confiait quelque chose. Le cavalier sonne du cor, que l’on peut assimiler à une corne. La corne indique souvent la présence de la grande Déesse, la Magna Mater.

Gr_zieu_la_Varenne_gundestrup_1aLe cerf, symbole de régénération de part ses bois qui repoussent chaque année, de renaissance, mais aussi de fécondité, de force et de vie, peut être la représentation de l’ancienne religion, en la personne du dieu Cernunnos. On a vu tout à l’heure le sanglier, représentant de la classe sacerdotale des druides et du pouvoir spirituel, il me semble que nous avons là l’ours, emblème de la classe royale et du pouvoir temporel. Nous retrouvons cette symbolique sur le chaudron de Gundestrup.  

 

 

Cette cuve baptismale est comme ce chaudron, représentant l’attribut du dieu-druide celte Dagda, instrument de résurrection dans lequel les morts sont plongés avant qu’ils n’en ressortent vivants. La symbolique sera la même. Les images gravées nous montrent un rituel d’initiation. L’eau baptismale va permettre à l’impétrant de se purifier, lui qui mourra à l’ancien comportement pour entrer dans une nouvelle vie.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A9zieu-la-Varenne

http://paroissestalexandre-lyon.cef.fr/patrimoine_grezieu1_sf.htm



15 décembre 2014

l'église Sainte-Madeleine d'Orsonnette

 

Orsonnette_5Orsonnette est un petit village entouré de vignes, encadré à l'ouest par le piton volcanique de Nonette et au sud ouest par l'Allier. L’origine du nom, comme celui de sa voisine Nonette reste mystérieuse. Au XIe siècle, lors de la fondation d’un prieuré par les comtours de Nonette, le village se nommait Orsanide. Le prieuré dépendait de la Chaise-Dieu, et jusqu’en 1789 le curé était nommé par l’abbaye.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Orsonnette_7aL’église, datant du XIIe siècle, est constituée d’une nef unique de deux travées voûtées en berceau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Orsonnette_1Le chœur en hémicycle est coiffé d’un cul-de-four, alors que l’abside polygonale est à 3 pans coupés.

 

 

 

 

 



Orsonnette_2Les modillons du chevet sont intéressants. Nous y trouvons, comme à Mailhat, des personnages en train de déféquer. L’un est représenté de face, l’autre de dos. Ils nous indiquent que notre matière lourde doit être évacuée, quelle que soit son origine.

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Orsonnette_4Un modillon présente une belle vouivre, indiquant la présence d'un courant tellurique sous l'église.

 

 

 

 

 



Orsonnette_8Le portail est encadré par deux colonnes très simples, indiquant probablement la présence d'un cours d'eau double.

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Orsonnette_6Le tympan, surmonté d'une simple voussure,  présente encore quelques restes de polychromie.

15 février 2013

L’église Saint-Georges de Meyraguet



Meyraguet_0Meyraguet est un petit hameau surplombant la vallée de la Dordogne. La première mention d’une église à Meyraguet, dans une bulle du pape Pascal II, date de 1105.
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Meyraguet_5L’église actuelle fut construite à la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe, dans un style de transition entre le roman et le gothique.
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Meyraguet_4La façade occidentale est percée d’un portail roman en plein cintre souligné d’une archivolte. Elle est surmontée d’un grand clocher-mur, certainement ajouté plus tard.
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Meyraguet_6L’une des cloches est un don d’un seigneur de Belcastel en 1711, l’autre fut posée en 1887 après une souscription des paroissiens.

 

 

 

 

 

 

Meyraguet_1La nef romane fut transformée par l’ouverture de baies plus larges que les baies d’origine. Elle fut voûtée sur croisée d’ogives en 1880 grâce à la famille de Cardaillac installée au château de la Treyne.

 

 

 

 

 

 

Meyraguet_15Les chapelles du transept et le chœur datent du XVIe siècle. Ils furent reconstruits pour le chevalier Annel de Cluzel, seigneur de la Treyne et de Meyraguet, dont les armes figurent sur la clé de voûte.

 

 

 

 

 

 

 

 

Meyraguet_16Le gisant du chevalier se trouvait à la croisée du transept, devant le chœur. Il se trouve à présent dans la chapelle nord/est, dans un enfeu créé en 1952. Il est présenté en armure, les mains jointes en prière, les pieds reposant sur un lion portant ses armes (d’azur au chevron d’or accompagné de trois roses).

 

 

 

 

Meyraguet_7A l’extérieur, la niche percée dans un contrefort du transept nord était destinée à contenir une lanterne.

 

 

 

 

 

 

Meyraguet_12Pourquoi avoir dévié ma route pour visiter cette petite église ? Pourquoi m’a-t-elle appelée ? Peut-être que la reproduction de Notre-Dame de Rocamadour trônant sur l’autel y est pour quelque chose, ou encore autre chose de bien plus ancien.

 

 

 

 

 

Meyraguet_emergence_2J’avais envie d’aller plus bas, vers la rivière, où j’ai appris qu’une émergence attirait les plongeurs… Elle descend jusqu’à 45 m de profondeur sous la falaise. Vous voulez visiter ? C'est ici.
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http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=46144_1
http://pascalcastagne-poterie.over-blog.com/album-1744142.html

9 décembre 2014

Le prieuré d’Escalmels



Saint_Saury_Escalmels_2Bertrand de Grifeuille, noble poitevin né vers la fin du XIe siècle, choisit la vie érémitique après avoir été moine dans l'abbaye bénédictine de Beaulieu en Corrèze. Il se retira donc en 1120 sur les terres de Grifeuille, dont il prendra le nom, se vouant à une vie de solitude et de méditation. Les habitants alentours, voyant en lui un homme vertueux, construisirent un oratoire dédié au Baptiste, patron des ermites.

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Saury_Escalmels_11Plusieurs moines, attirés par la notoriété de Bertrand, y formèrent le premier monastère. C’est là que vint le rejoindre Guillaume Robert, qui deviendra son disciple. Bertrand et Guillaume furent appelés par d’autres seigneurs afin de fonder des monastères sur leurs terres (plus par appât du gain que par piété d’ailleurs, l’édification d’un monastère mettant en valeur les terres).

 

 

 

 

 

Saint_Saury_VauclairNeuf prieurés ou monastères furent ainsi construits (dont Vauclair par Guillaume, annexe d’Escalmels), tous dédiés à Notre-Dame, et tous placés sous la dépendance des Augustins de Notre-Dame de la Couronne près d'Angoulême.

 

 

 

 

 

Saint_Saury_Escalmels_8Bertrand fonda donc le prieuré d’Escalmels un peu avant sa mort en 1151. La chapelle fut tout d’abord dédiée, comme ses sœurs, à Notre-Dame, avant de passer sous l’égide d’Eutrope, que la légende dit originaire de Perse et patron de Saintes (ancienne Mediolanum), qu’il évangélisa et où il convertit Eustelle, fille du gouverneur romain de la ville et d’une druidesse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



saint_Saury_Escalmels_Eutrope_2aIl est dit qu’il fut compagnon de saint Pierre ou de saint Martial, ou bien qu’il vit la passion du Christ en tant que treizième apôtre, ou encore qu’il vint en Europe en compagnie de saint Denis, ou bien de Marie-Madeleine dans sa barque. Quoi qu’il en soit, il est invoqué pour les maux de tête et pour les estropiés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Saury_Escalmels_3Le prieuré, ayant autorité sur la paroisse de Saint-Saury, fut appelé au cours des temps de diverses façons, allant de Chalmeils en 1275 dans le testament de Bertrand de Montal à Euscalmelhs en 1288, puis Carmels en 1367 dans les archives municipales d'Aurillac, Calmels, Carmelhs, Escalmeils, Scalmelz, Escalmel, Caumels enfin sur les cartes de Cassini.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Saury_Escalmels_12Les moines défrichèrent la vallée étroite, construisirent les bâtiments monacaux et les canaux d’alimentation du moulin (qui existent encore), mirent en place plusieurs étangs à poissons.

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Saint_Saury_Escalmels_9Le prieuré compta plusieurs dizaines de moines entre les XIVe et XVe siècles. Jusqu’au jour où… le prieur Louis de Lamagne de Cardaillac se convertit au protestantisme, entrainant avec lui ses moines.

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Saint_Saury_Escalmels_4Ils brûlèrent leur prieuré en 1551. Seule la chapelle fut reconstruite, restaurée au XVIIIe siècle par l’abbé Jourdain de la Vercantière. Les pierres des bâtiments monastiques servirent à la construction des maisons du village. Depuis 1998 une association de bénévoles, les « Amis d’Escalmels », entreprit de restaurer la chapelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Saury

http://www.saintlaurentenchataigneraie.com/pages/saint-saury-8007870.html

http://cheminsperdus.blogspot.fr/p/les-estourocs-le-prieure-perdu-les.html

http://www.cantalpassion.com/deribier_st_saury.htm

Eglises romanes de Haute-Auvergne: Tome 2, de Pierre Moulier et Pascale Moulier

2 décembre 2013

le Roc Rôti de Saint-Saury (Cantal)



Saint_Saury_le_roc_r_ti_2Entre Sousceyrac et Saint-Saury, sur la départementale 20, se dresse le « Roc Rôti ». C’est un ensemble naturel de rochers, dont le sommet du plus gros fut entaillé d'épaisses rainures.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Saury_le_roc_r_ti_6Le rocher est constitué de deux parties séparées par une faille due à l’érosion.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Saury_le_roc_r_ti_14Il semblerait qu’il y ait là une partie féminine, celle qui a été taillée, et une autre masculine, formant ce que l’on appelle une porte énergétique.

 

 

 

 

 

 

Saint_Saury_le_roc_r_ti_4Il est dit qu’il servit à un ancien culte druidique si l’on en croit la tradition. Il y est même précisé que du temps des gaulois, un druide ermite y pratiquait des sacrifices d’animaux. Chance, pour une fois, on ne parle pas de sacrifices humains.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Saury_le_roc_r_ti_5Merci Jules ! (allusion à La Guerre des Gaules, et aux commentaires de Jules César, le vainqueur, sur les gaulois, ces barbares vaincus, et leur religion, alors que tout le monde sait très bien que les gaulois avaient une civilisation bien plus raffinée que la romaine. Hein ? Mais si, je vous assure, allez chercher les bonnes infos !)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Saury_le_roc_r_ti_7Revenons au rocher. Personne ne sait d'où provient son  nom, regardons alors l’étymologie.

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Saint_Saury_le_roc_r_ti_8Rôtir vient du germanique raust ou rhost, qui veut dire cuire sur un feu, gril ou ce qui est cuit sur un gril, mais le sens au moyen-âge était un peu différent : en 1190 c'est « s'exposer à une forte chaleur, à un soleil ardent ».

 

 

 

 

 

Saint_Saury_le_roc_r_ti_9Dans "Le Monde primitif analysé et comparé avec le monde moderne" d'Antoine Court de Gébelin il est dit que la racine RO designe la lumière, le guide, R définissant l'élévation et O l'œil et la lumière. Les deux associés peuvent signifier une lumière élevée, un flambeau élevé pour diriger. On obtiendra OR le soleil et RO le rayon, le guide, le roi. Nous nous rapprochons des druides il me semble, eux, les connaissants, qui guidaient les rois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Saury_le_roc_r_ti_10Mais il se pourrait aussi que l’endroit fut un lieu de culte dédié à une divinité solaire, tout simplement.

 

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Saint_Saury_le_roc_r_ti_1aUne ancienne carte postale datant de 1907 représente le Roc Rôti avec ce commentaire : le Roc Roti, avec les restes d’enceinte druidique près St Saury (Cantal).

 

 

 

 

Saint_Saury_le_roc_r_ti_3Effectivement, il existe tout autour du rocher de plus petites pierres et même en contrebas une source. Tout est là pour que ce soit bien un lieu sacré. Et pour finir, s’il persistait encore un doute, le simple fait qu’une croix chrétienne ait été fixée à son sommet suffirait à nous l’enlever.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 janvier 2014

Le fanum

 

Compierre_Champallement_plan_fanum_2Les fana ou fanums sont de petits temples de la période gallo-romaine, construits en général sur l’emplacement d’un ancien nemeton celte. Le nemeton était un espace sacré (temenos en grec), parfois surélevé et entouré d’un fossé ou d’un mur (appelé péribole), où officiaient les druides. Ces sanctuaires ont évolué avec le temps. L’endroit naturel fut doté d’un simple bâtiment en bois, qui fut entouré d’une galerie, puis fut posé sur un soubassement en pierre avant de se monumentaliser entièrement.

 

 

 

 

Fanum_AlbaLe mot « fanum » proviendrait, étymologiquement, de « Fas », racine indo-européenne désignant la parole divine, la puissance divine, la divinité, par extension le droit divin, les lois divines, la destinée, ce qui est conforme aux prescriptions des dieux ou de la nature. De là sont tirés les mots « profane », devant le sanctuaire donc en dehors, ainsi que « profaner », « néfaste » et « fanatique », qui n’est pas, comme on pourrait le penser, un adorateur des parasites canins.

 

 

Fanum_CompierreLe fanum, orienté à l’est contrairement aux temples romains (vers le soleil levant, comme tout sanctuaire solaire), est construit à l’intérieur d’un temenos et présente un plan concentrique. Il est constitué en général d’une cella centrale fermée, entourée d’une galerie de circulation. Cette galerie peut faire penser aux déambulatoires et à leurs rituels de certaines églises romanes à pèlerinage, où les fidèles en procession tournaient autour des reliques sacrées.

 

 

 

 

Fanum_CorseulLa « cella », dérivé du latin celare, caché, est un local fermé, autrement appelé naos chez les égyptiens puis les grecs, débir pour le temple des juifs (ou saint des saints), garba griha chez les hindouistes. C’est la pièce où réside le mystère divin. Seuls les prêtres pouvaient y pénétrer. On y trouve la statue du dieu tutélaire, un autel, un puits, parfois une source, une cavité destinée à recevoir les dépôts votifs.

 

 

 

Fanum_LaGraufesenqueLe fanum, situé en général sur une hauteur, est souvent entouré d’autres bâtiments, comme un théâtre, des thermes, voire parfois un quartier artisanal avec des boutiques.

 

 

 

 

 

fanum_offemontLes fanums furent peu à peu remplacés par les premières églises chrétiennes, beaucoup ayant été détruits après l’édit de l’empereur Valentinien III au Ve siècle ordonnant leur destruction systématique, condamnant païens et chrétiens non catholiques à la mort.

http://www.archeologie-et-patrimoine.com/gaule-romaine-temples/

http://charlesfevre.perso.sfr.fr/genealogie/page_champlieu_site_galloromain.htm

1 décembre 2014

La légende de Spérie


La légende

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Spérie, fille de Sérénus, duc de Saint-Céré, et de dame Blanche, son épouse, naquit en l’an 740. Très pieuse, elle se voua à Dieu dès son plus jeune âge. Elle devint une magnifique jeune fille, très convoitée par les fils des seigneurs voisins. Ses parents moururent et ce fut son frère, Clarus, qui s’occupa d’elle.
Leur cousin, Hélidius, qui ne pensait qu’à accroitre son domaine de Sousceyrac en faisant la guerre à tout ce qui entravait ses projets, s’attaqua à Clarus. Le frérot connut des jours meilleurs, et pour éviter une guerre coûteuse, accepta la proposition de ses pairs de donner en épousailles sa sœur à son cousin.


Spérie, donc, apprit la bonne nouvelle de son futur mariage. Mais elle ne l’entendit pas de cette oreille, elle qui avait déjà fait vœu de chasteté. Elle se retira dans ses appartements, se vêtit d’habits de paysanne, et ainsi travestie, s’enfuit du château en compagnie d’une fidèle servante. Elle traversa la Bave, marcha environ deux lieues et alla se réfugier dans la forêt de Largentié, près d’Ayrac. À côté d’une source d’eau claire elle trouva un vieux chêne creux et s’installa à l’intérieur de son tronc. C’est ici qu’elle passa plusieurs mois, cachée aux yeux de tous, avec pour seule compagnie les animaux de la forêt. Sa servante lui apportait de temps en temps et dans le plus grand secret quelque nourriture.


L’Ennemi, l’adversaire, vint alors la tenter, lui susurrant que la virginité n’était pas la meilleure voie pour le salut de l’âme puisque Dieu avait ordonné aux hommes de se multiplier, qu’elle faisait preuve d’égoïsme et que par sa faute son frère et son cousin allaient entrer en guerre impliquant de nombreuses vies humaines sacrifiées. Spérie renvoya le tentateur et reprit ses prières.
Son frère Clarus la chercha longtemps, persuadé qu’elle avait un amoureux secret. Il ne la trouva pas, et se demanda si elle n’avait pas mis fin à ses jours par peur du mariage. Un peu plus tard, cette fois-ci accompagné de son cousin avec lequel il s’était arrangé, il reprit les recherches.


Alors que leur troupe passait non loin du chêne de Spérie, un des hommes voulut se désaltérer à l’eau du ruisseau qu’il remonta un peu afin d’en trouver la source. Il vit alors Spérie en prière dans son arbre, s’en revint vite raconter l’histoire à son maitre. D’autres disent que ce fut son lévrier qui la retrouva. Quoi qu’il en soit, Clarus et Hélidius arrivèrent jusqu’à la cachette.
Spérie sortit de son chêne et Clarus lui demanda de les suivre afin qu’ils puissent une bonne fois pour toutes sceller l’union des deux familles. La jeune fille refusa, disant qu’elle était déjà unie à son Seigneur jésus Christ. Humilié, Hélidius lui dit : « où tu seras mon épouse, ou tu ne le seras d’aucun. »


Devant le nouveau refus de Spérie, Hélidius la saisit par les cheveux, et dans un accès de rage, la décapita avec son épée. Alors la sainte prit sa tête dans ses mains et marcha jusqu’à une fontaine où elle la lava, puis elle mourut. Les habitants alentours, devinant qu’elle était bienheureuse et martyre, la déposèrent dans un sarcophage muni d’un trou rectangulaire afin de pouvoir toucher son corps béni, et construisirent une chapelle pour le protéger ainsi que la fontaine qui devint miraculeuse. Un pèlerinage fut organisé, et une foule nombreuse vint se recueillir devant le corps.



L’étymologie

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Le prénom du père, Sérénus, provient directement du latin serenus, qui veut dire sec, limpide en parlant du temps, mais aussi serein, calme, tranquille ou bien pur, brillant, clair. Le prénom Blanche est issu du germanique blank, qui veut dire clair, brillant, éclatant. La mère est appelée parfois Blandine. Clarus, le fils de Sérénus, est directement issu du latin clarus, clair, qui a l’éclat du jour, de la lumière. Le cousin, baron de Castelnau pour les uns, sire de Sousceyrac pour les autres, prend suivant les versions différents prénoms : Élidius, Ellidius, Hellidius ou Hélidius, qui font penser au dieu grec du soleil, Hélios. Ca fait déjà beaucoup de lumière, non ?  Quand au prénom Spérie, il est issu du latin sperare, l’espoir.

Poussons un peu plus loin. Du latin serenus est issu l’adjectif serenator, qui rend le ciel serein, épithète (épiclèse) de Jupiter chez les romains. Cet adjectif est apparenté à seirios qui a donné Sirius, l’étoile de la canicule, dans la constellation du Grand Chien, l’étoile la plus brillante du ciel. La colline sacrée où a été édifié le premier oppidum porte donc le nom du roi des dieux. Jupiter eut un fils aussi brillant que lui, Apollon, le dieu de la lumière, des Arts et de la divination, qui parfois conduit le char d’Hélios, le soleil. La sœur jumelle d’Apollon, Diane, est une vierge farouche qui demanda à son père de garder sa virginité en raison de son aversion pour le mariage. Tout ça me rappelle quelque chose…

Nous avons donc une colline sacrée où se tenait probablement un culte à un dieu lumineux, qu’il soit appelé Gargan, Lug, Belenos ou Cernunnos, Jupiter ou Apollon, remplacés chez les chrétiens par saint Michel. Ici, la colline fut dédiée tardivement à saint Laurent, pas à saint Michel. Mais… Laurent est issu du latin laurentius, celui qui porte le laurier. L’arbre sacré d’Apollon, c’est le… laurier, porté ensuite en couronne sur la tête de ceux qui s’attirent gloire et victoire. Dans la chrétienté, le symbole va devenir la représentation de la victoire de la nouvelle religion sur le paganisme de nos ancêtres.  

Nous allons retrouver dans la légende des éléments issus des anciennes traditions celtes : le chêne, arbre sacré des druides dans lequel la sainte trouve refuge, la source sacrée souvent reliée à une déesse-mère et au culte des eaux, et le nom de la forêt de Largentié. L’argent et les noms de lieux reliés à son étymologie sont souvent des endroits où se trouvaient les collèges de druidesses.


Le symbolisme

Saint_C_r__Denis


Les saints chrétiens portant leur tête après leur mort sont appelés des céphalophores, du grec képhalê, la tête, et phorein, le verbe porter. En général, l’hagiographie suit un même schéma, toujours très symbolique : le saint traverse de l’eau, grimpe une côte, rejoint un lieu choisi par lui pour sa future sépulture. Il lave alors sa tête dans l’eau d’une fontaine ou d’une source, la pose sur une pierre qui restera marquée par son sang.

La tête symbolise au départ l’esprit agissant, l’activité, la volonté, la force vitale. On retrouvera cette idée dans toutes les traditions, le symbole est totalement universel. Mais la tête est surtout le siège du mental. La perdre signifiera l’abandon des barrières mentales qui empêchent l’avancée sur la voie de l’initiation. La porter au niveau du cœur va montrer que c’est cette voie qui faut suivre, en maitrisant le mental et laissant l’ego en arrière.

Au final, la légende de Spérie nous propose une initiation. L’initiation et les mystères initiatiques ont de tout temps été perpétrés en secret, au sein des grottes, des cryptes, des souterrains, durant la nuit. Le « myste », celui qui va être initié aux mystères, va mourir au monde profane et devenir un homme nouveau. Il retrouvera alors au matin la lumière du jour. C’est l’équivalent des anciens rites de passage, où il fallait passer à travers une pierre percée ou un tunnel, un arbre creux, comme un nouveau-né passe par la vulve de sa mère pour sa naissance.

Spérie va laisser derrière elle ses habits de princesse pour revêtir les habits plus humbles d’une servante, elle va se dépouiller des biens terrestres, pour ne pas s’en encombrer, mais cela peut représenter aussi le fait de vider son esprit de toutes ses émotions afin d’accéder plus facilement à la connaissance. Le fait qu’elle traverse la Bave, la rivière, nous indique qu’elle possède une certaine maitrise des énergies. C’est une première étape. Ensuite, elle se réfugie dans un ermitage, le creux de l’arbre s’apparentant ici à la grotte. Là, elle maitrise les énergies telluriques. Elle se retrouve seule, en réclusion initiatique. La  tentation va venir, sous la forme du malin. Elle va réussir son initiation, il ne manquera plus que sa transformation finale. Elle va l’obtenir en purifiant son mental, représenté par la tête. Elle la perdra donc, la posera au niveau de son cœur en la portant, montrant par là même qu’elle est sortie de la voie du mental pour prendre justement celle du cœur. Le mental ne sera plus son maitre mais la servira pour l’aider à sa transformation et à la maitrise des énergies. La sainte va alors suivre les courants telluriques, marchant en portant sa tête, jusqu’au lieu choisi pour sa dernière demeure, le lieu sacré par excellence. Elle va laver sa tête dans l’eau d’une source, la source représentant un commencement, une naissance. La sainte va pouvoir naitre à une nouvelle vie, à un niveau supérieur. Elle aura pour ça subi les épreuves initiatiques, purifié son mental et maitrisé sa transformation.

24 octobre 2013

La chapelle Saint-Roch

 

Torchefelon_1

Nous avons ici une petite chapelle dédiée à saint Roch, comme sa voisine de Saint-Victor-de-Cessieu. Celle-là est isolée au sommet de la colline dominant la vallée de l’Hien.

 

 

 

 

 

 

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Le sentier suit certainement l’ancienne voie qui menait au premier oratoire édifié au cours du IXe siècle, proche de l’ancien château des Torchefelon, très vieille famille de la noblesse dauphinoise.

 

 

 

 

 

 

Torchefelon_3

Cet oratoire fut construit sur un ancien temple païen. Les vestiges archéologiques retrouvés sous l’autel lors de la dernière restauration en 1970 attestent de l’ancienne occupation du site : silex néolithiques, poteries gauloises du IIe siècle avant notre ère, poteries gallo-romaines du Ier au IVe siècle, céramiques médiévales.

 

 

 

 

 

 

Torchefelon_4

Mon sentiment est qu’il reste sous la chapelle quelques vestiges de l’ancien temple, et la rémanence d’une ancienne allée couverte.

 

 

 

 

 

 

 

Torchefelon_6

Au début du XVIIe siècle, Gaston de Cuirieu finança l’adjonction d’une chapelle dédiée à saint Roch. La construction débuta en 1628. Comme indiqué au-dessus de la porte, elle fut sanctifiée en 1670.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L'intérieur est très sobre, et l'on distingue facilement l'ancien chœur roman de la nef du XVIIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Deux fenêtres de chaque côté de l'ancien autel portent les statues de la Vierge et de saint Roch.

 

 

 

 

 

 

 

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Une nouvelle cloche fut mise en place, qui remplaça l'ancienne volée en 1971.  

28 juin 2013

Saint-Euphrône de Corancy

Corancy_1Le nom du village, cité en tant que Corensi en 1193, puis Coranceyum au XIVe siècle, proviendrait du nom d’un propriétaire terrien, accolé au suffixe « iacum », d’origine gauloise, latinisé en « eyum » au XIIe, marquant la propriété et la localisation. La présence d’une tribu éduenne est attestée par les fouilles archéologiques. L’endroit était même habité dès la fin du néolithique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Corancy_2L’église actuelle, dédiée à Saint-Euphrône, évêque d’Autun du Ve siècle, fut construite au XVe siècle sur l’emplacement d’une ancienne église romane, datant du XIIe. Il ne reste de l’ancien édifice que des traces à la base du clocher.
Corancy_7

 

 

 

 

 

 

 

 

Corancy_4De plan rectangulaire, l’église présente une nef voûtée en arc segmentaire, suivie d'un avant-chœur supportant la tour-clocher, puis d'un chœur à chevet plat, composé de deux travées.

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Corancy_5De chaque côté du chœur, des chapelles, voûtées en berceau brisé ou en voûtes d’ogive.

 

 

 

 

 

 

Corancy_6Dans un coin, derrière une vitre sale et embuée totalement opaque, la statue en pierre de sainte Marguerite, mains jointes, dominant un dragon couché à ses pieds date du XVIe siècle. Elle proviendrait, selon la tradition, du site de Faubouloin. C’est là bas, à quelques kilomètres, que les sources miraculeuses et la chapelle Notre-Dame du Frêne nous attendent.

1 décembre 2014

Le château de Saint-Laurent-les-Tours

 

Saint_Laurent_les_Tours_1Le château de Saint-Laurent est construit sur une colline dominant la vallée de la Bave, située au carrefour de l’Auvergne et du Quercy. La première mention écrite d’une place forte, oppidum Sancti Sereni, dans la Vie de saint Géraud, remonte au Xe siècle, quand le comte Géraud d’Aurillac y assiégea son vassal Arlaldus en 901. On retrouve ensuite dans la généalogie de la maison de Turenne un Ezras de Sancto Sereno en 1070. Mais les hommes avaient profité de la bonne situation stratégique de l’endroit depuis bien plus longtemps, comme les découvertes archéologiques d’armes, de monnaie et de sculptures datant de l’antiquité le prouvent.


 

 

 

 

Saint_Laurent_les_Tours_2Les romains y avaient déjà construit pour leurs troupes un camp fortifié sous le règne d’Auguste. Le premier château médiéval daterait du VIe siècle et un village se construisit aux pieds des murailles. Puis la légende parle d’un certain Sérénus, propriétaire de la bâtisse au VIIIe siècle (voir la légende de Spérie).


 

 

 

 

Saint_Laurent_les_Tours_3Le corps de la sainte, exposé à l’adoration des fidèles dans une chapelle bâtie sur les lieux de son martyr, attira une foule de plus en plus nombreuse. Un village se construisit autour d’elle, au bord de la Bave. Il devint bientôt plus important que celui du château et prit son nom, celui du père de Spérie, Sérénus, et devint Sanctus Serenus, Saint-Céré. L’ancien village fut alors renommé, et prit le patronyme du saint du jour de la perte de son intitulé historique, qui se trouva être Laurent.  


 

 

 

Saint_Laurent_les_Tours_4Le château, après avoir appartenu aux comtes d’Auvergne, passa aux vicomtes de Turenne durant 8 siècles (ils construisirent les deux tours, la première en 1178, la deuxième en 1390), jusqu’en 1738, date à laquelle il revint, en ruine, au roi de France Louis XV. Il eut plusieurs autres propriétaires, et c’est Lafon du Verdier qui construisit un manoir néo-médiéval sur l’emplacement de l’ancien logis en 1895.

 

 

 

 

 

 

http://www.saint-laurent-les-tours.fr/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_des_Tours-Saint-Laurent - cite_note-2

28 juin 2013

Faubouloin


Corancy_source_Sainte_Marie_6Pour planter le décor, imaginez une colline dominant d’un côté les gorges de la rivière Oussière, recouverte d’une forêt humide, luxuriante, et par-ci, par là, des amas rocheux recouverts de mousse. Pour ceux qui ont lu Tolkien, le hameau le plus proche s’appelle « Lorien »…

 

 

 

 

 

Corancy_fraxinus_excelsior_1aLe site de Faubouloin devait être aux temps anciens un lieu de culte défensif. La toponymie nous apprend qu’ici se trouve l’endroit du frêne de Belen : fau, ou fou, le hêtre en patois local, et bouloin, le dieu Belen. Il existe d’autres oppidums alentours, entourés de murailles de pierres et de fossés, dont un de l’autre côté de la gorge, l’éperon barré du Fou de Verdun (Verdunum, le haut-lieu, le lieu qui domine), lié à Faubouloin. L’arbre sacré, le Fou de Verdun, replanté de génération en génération, marquait l'entrée de l'oppidum.

 

 

 

 

 



La chapelle

 


Corancy_Notre_Dame_du_Fr_ne_1La chapelle, appelée Notre-Dame-du-Frêne ou Notre-Dame-de-Grâce de Faubouloin, dont le toit en ardoises est surmonté d'un clocheton, fut reconstruite au XVIe siècle (1558 est gravé sur la porte d’entrée), vraisemblablement sur l’emplacement d’un bâtiment plus ancien. De forme rectangulaire (20m de long sur 7m de large), elle est orientée nord-est/sud-ouest, la partie nord/est, le chevet, étant la plus ancienne.

 

 

 

 


Corancy_Notre_Dame_du_Fr_ne_4Le chevet possède des murs de plus d’1m d’épaisseur et une fenêtre murée. Les murs de la nef, plus récente, sont  nettement moins épais.

 

 

 

 

 

 


Corancy_Notre_Dame_du_Fr_ne_3A l’intérieur on retrouve, au pied du chœur, une pierre qui pourrait avoir été une dalle d’autel, voire plus encore. Placée au-dessus du chœur, la statue polychrome de Notre-Dame, célébrée chaque année lors d’un pèlerinage qui a lieu le 15 août, pour l’Assomption de la Vierge.

 

 

 

 

 

 

Corancy_Notre_Dame_du_Fr_ne_2Aux temps anciens, les pèlerins faisaient aussi le déplacement le lundi de Pâques et le 8 septembre, fête de la Nativité de la Vierge Toutes ces dates ne sont pas anodines. Ces mêmes pèlerins n’allaient pas à la chapelle sans passer par les trois sources miraculeuses, la fontaine Sainte-Marguerite, la fontaine Sainte-Marie et la fontaine du Frêne. Ils se rendaient ensuite auprès du Fou de Verdun, où la fête profane succédait à la fête religieuse.

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Les fontaines



Corancy_source_Sainte_Marguerite_1Le bassin et l’encadrement en granit de la fontaine guérisseuse Sainte-Marguerite sont surmontés d’une croix en métal scellée dans la pierre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Corancy_source_Sainte_Marguerite_2On lui prêtait le pouvoir de guérir les animaux domestiques, les "bavous" et les "bitous", c'est-à-dire en patois local les malades atteints de stomatite ou de conjonctivite.

 

 

 

 

 

 

 

Corancy_source_Sainte_Marguerite_3Elle protégeait les femmes enceintes et leurs futurs bébés, leur assurant un accouchement facile. On lui demandait d’écarter l’orage et de chasser les démons.

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Corancy_source_Sainte_Marie_1La fontaine Sainte-Marie, située sous un amas de rochers moussus, est entourée d'une structure en pierre très rudimentaire.

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Corancy_source_Sainte_Marie_3Elle avait une fonction oraculaire : les femmes jetant dans l’eau un petit vêtement d’enfant malade attendaient qu’il coule (issue fatale pour l’enfant) ou qu’il surnage (guérison proche).

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Corancy_source_Sainte_Marie_5Les femmes pouvaient également demander la protection des animaux domestiques au moyen d’une offrande : de la cire pour faire revenir des abeilles, de la laine pour guérir des moutons par exemple.


 

 

 

 


Corancy_source_du_Fr_ne_3La fontaine du Frêne, la plus puissante des trois sœurs, se mérite. Située plus loin de la chapelle, difficile à trouver, elle est à peine christianisée comme son nom l’indique. Cette fois, l’eau miraculeuse prend les fonctions de guérison de toutes les maladies, de fécondité des terres, des animaux et des gens.

 

 

 

 

 

 

 

 

Corancy_source_du_Fr_ne_4Les récoltes étaient mises sous sa protection, la pluie lui était demandée en temps de sécheresse. Elle procurait le mariage pour les jeunes filles qui accomplissaient le rituel suivant : après avoir bu de l’eau, elles allaient planter une feuille de houx sur le tronc du frêne sacré voisin, aux pieds duquel elles jetaient une pièce de monnaie en récitant une prière.

 

 

 

 

 

 

 

 

Corancy_source_du_Fr_ne_1Le frêne n’existe plus, il est donc remplacé à l’heure actuelle par un chêne qui pousse un peu plus bas. Car soyez sûrs qu’encore de nos jours le rituel se pratique. On raconte qu’au siècle dernier, le curé de Corancy, voulant en finir avec ces diableries, alla retirer toutes les épingles du tronc et les mis dans sa poche afin de les jeter plus loin. Les épingles entrèrent alors dans sa chair jusqu’à ce qu’il les rapporte près de la fontaine…


 

 

 

 

 

 

Corancy_source_du_Fr_ne_5Moi, je n'y ai trouvé que trois petites salamandres en devenir.

Corancy_Salamandre

 

 

 

 

 

 

Corancy_source_du_Fr_ne_2Tout ceci, vous l’aurez compris, est issu d’un très ancien culte celtique, druidique, de l’eau, de l’arbre et de la pierre. Le christianisme a essayé de détruire ces croyances païennes en associant la fontaine à une sainte et l’on dit maintenant qu'en remplissant une bouteille avec les eaux des trois sources, à raison d'un tiers par source, et en faisant ensuite congeler la bouteille, on peut y apercevoir la Vierge Marie. Mais le bon sens paysan a quand même conservé les rituels, ce qui est quand même le principal.

 

 

 

 

 

 

Corancy_Notre_Dame_du_Fr_ne_5Pour une explication plus poussée de la symbolique du lieu, connaître les contes et légendes reste la meilleure solution. Les légendes se rapportant à Notre-Dame-du-Frêne sont nombreuses, et pour ceux qui savent lire, très explicites.

 

 

 

 

 

 

 

 


Les légendes



Tout d’abord il y eut un premier sanctuaire, planté sur l’éperon rocheux dominant le confluent. Ce qui dérangea fortement le diable, le « Peuh », qui s’adressa aux deux rivières, leur demandant de miner la base de la colline. Une bonne fée passant par là alors que les rivières étaient occupées à débattre de laquelle d’entre elles était la plus forte, profita de la querelle pour changer la pierre friable en granit très dur.

Certains disent qu’un mégalithe se trouvait planté en ce lieu, pierre druidique consacrée à trois dames sœurs. C’est certainement la transposition d'un culte ancien dédié aux Mâtres : aussi appelées matrae ou encore matrones, les Mâtres étaient des déesses mères protectrices, symboles de la fécondité. Elles étaient représentées par groupe de trois. Elles tenaient sur leurs genoux des fruits dans une corbeille ou une corne d'abondance, ou bien elles versaient sur la terre le contenu d'une patère ou coupe. Parfois, l'une d'entre elles portait dans son giron un nourrisson qu'elle allaitait.

Puis vint le christianisme et la légende de l’âne de saint Martin qui aurait sauté de l’un à l’autre des éperons barrés de Faubouloin et de Verdun. La présence de Martin, lié à la destruction des lieux druidiques et des mégalithes, prouve encore une fois que se tenait là quelques pierres levées.

Une autre légende raconte que deux bûcherons allant s’abreuver à la fontaine du Frêne, trouvèrent dans le tronc de l’arbre une statuette de la Vierge qu'ils décidèrent de porter en l'église de Corancy. Le lendemain matin, on retrouva la statue dans son arbre. Les gens du village décidèrent alors d’aller la chercher en grande pompe avec une charrette décorée de fleurs, mais les bœufs refusèrent d’avancer. La statue se posa finalement d'elle-même contre un rocher sur lequel on construisit la chapelle.

Une variante raconte que les murs du premier sanctuaire qu’on bâtit pour la statue s’écroulaient tous les matins, et que, de rage, un maitre maçon jeta son marteau en disant que là où il tomberait il construirait. Il atterrit, bien sur, près du rocher de l’actuelle chapelle. Une autre variante parle du jet du marteau parti de l’ancien oppidum de Verdun.

La légende du lancer du marteau peut avoir une première explication : quand la construction d’un édifice était décidée, les compagnons se rassemblaient et élisaient leur chef. Celui-ci, au commencement du chantier, lançait son marteau devant lui, l’endroit où il tombait devenant le point zéro, le centre du chœur. Ce point était bien sur déterminé depuis longtemps, le geste du maitre n’étant qu’un élément de la cérémonie qui établissait la légitimité de sa fonction.

Mais cette légende du lancer de marteau se retrouve souvent aux emplacements de très anciens cultes, comme à Orcival ou à Colombier ou bien à Avenas ou encore à Notre-Dame-du-Cros. Les anciens dieux comme Sucellus ou Thor entrent en jeu, accompagnés de leurs parèdres, fées, déesses gauloises ou Mâtres gallo-romaines.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_de_Faubouloin
http://www.communedecorancy.com/index.html
https://sites.google.com/site/montbeuvray/corancy%28ni%C3%A8vre%29

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