04 janvier 2017

Le quartier Josefov de Prague

 

Golem 11aPrague accueillit les juifs en des temps reculés, mais c’est aux environs du XIIIe siècle que la communauté, composée des juifs d’occident et des juifs de l’empire byzantin, se retrouva dans un quartier fortifié au cœur de la vieille ville, sur la rive droite de la Vltava.

 

 

 

 

 

Prague 34Replié et protégé derrière les murs, le quartier fut un abri, puis devint un ghetto. La population juive pragoise, tour à tour persécutée et exclue ou tolérée et intégrée, devint bientôt l’une des plus nombreuses d’Europe, jusqu’à sa presque extinction lors de la dernière guerre mondiale, notamment dans le camp de Terezin. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 58Le quartier devint au Moyen-âge le centre névralgique culturel et spirituel de la population juive de Prague. Son nom, Josefov, lui fut donné bien après, lors de sa rénovation au XIXe siècle, en l'honneur de l'empereur Joseph II, le frère de Marie-Antoinette, qui accorda des droits civiques en 1784 aux Juifs de Bohême.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 24Les portes du ghetto (autant protectrices que ségrégationnistes) furent abattues en 1848, moment où, dans un cadre intégrationniste, les Juifs de Prague perdirent leurs privilèges d'autonomie. En 1895, le quartier devenu insalubre fut assaini, et la ville fit raser une grande partie des maisons. Elle épargna heureusement l'hôtel de ville, six synagogues et le vieux cimetière juif.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague 27

Etonnant, non ?

 

 

 

 

 

 

Prague 20Deux statues de Josefov : d’un côté le grand rabbin Loew, de style classique, de l’autre un hommage à Franz Kafka, inspiré d’une nouvelle intitulée « Description d’un combat » qui raconte la promenade d’un homme hissé sur les épaules d’un congénère dans la ville de Prague, plus « contemporain ».

Prague 35

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.avantgarde-prague.fr/guide-de-prague/que-voir-a-prague/monuments-principaux/synagogue-vieille-nouvelle/

http://www.linternaute.com/voyage/republique-tcheque/prague/monument/la-synagogue-vieille-nouvelle/

http://www.digital-guide.cz/fr/poi/cite-juive---josefov/la-synagogue-vieille-nouvelle/

http://www.prague.eu/fr/objet/lieux/1635/synagogue-vieille-nouvelle-staronova-synagoga?back=1

http://www.prague.eu/fr/objet/lieux/688/musee-juif-de-prague-vieux-cimetiere-juif-stary-zidovsky-hrbitov

http://benzaken-descendance.centerblog.net/rub-cuisine-de-nos-familles--14.html

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La synagogue Vieille-Nouvelle

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle plan 1Commencée vers 1270 sur les bases d’un monument plus ancien (probablement du XIe siècle), Vieille-Nouvelle est la plus ancienne synagogue d’Europe encore en fonction, l’un des plus vieux bâtiments de Josefov.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Golem 11aElle fut édifiée par les tailleurs de pierre de l’atelier royal qui travaillaient sur le chantier tout proche du couvent de Sainte-Agnès. La légende raconte même que des anges apportèrent, pour ses fondations, quelques pierres du temple de Jérusalem, sous promesse de les rendre dès qu’il serait reconstruit.

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 7

Appelée au départ Nouvelle ou Grande École, afin de la différencier de l’ancienne synagogue de la rue Dušní, on lui attribua le nom de Vieille-Nouvelle au XVIe siècle après l’apparition de synagogues plus récentes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 10

Elle devint le principal centre cultuel du ghetto, abrita plusieurs grands rabbins dont le célèbre Yehuda Loew ben Bezalel, aujourd'hui encore considéré comme l'un des plus grands docteurs de la loi de Moïse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 20

Épargnée lors de la rénovation du quartier au XXe siècle, restaurée en 1967, la synagogue fut déclarée Monument historique en 1995. D’autres travaux de rénovation furent entrepris en 1998.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 2

La synagogue est une construction rectangulaire massive avec un toit en bâtière aux pignons de briques rouges de style gothique tardif.

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 34

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 31

On y accède en descendant 9 marches. Plusieurs explications sont données : en raison du relèvement du niveau du sol depuis le Moyen-âge pour éviter les inondations, mais aussi par principe, les synagogues étant souvent enterrées afin de pouvoir construire avec une grande hauteur sous plafond sans heurter les bâtiments du voisinage, ou par humilité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 1

D’un plan très simple à deux nefs, le bâtiment principal est entouré sur trois côtés par des annexes basses, rajoutées aux XIVe et XVIIIe siècles, vestibule et nefs pour les femmes (Vieille-Nouvelle fut construite selon la coutume du judaïsme orthodoxe avec des espaces séparés pour les hommes et pour les femmes durant les prières).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 23

Ces bâtiments furent reliés à la salle principale par des ouvertures très étroites permettant d’écouter l’office.

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 5

Le vestibule sud est voûté en berceau. Les deux cassettes servaient à rassembler les impôts juifs collectés dans tout le royaume.

 Prague synagogue Vieille-Nouvelle 32

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 4

On accède à la salle principale par un porche d’entrée dont le tympan représente un cep de vigne en bas-relief dont les racines puis les grappes de raisin, au nombre de 12, représentent les 12 tribus d’Israël. Le raisin, chez les juifs, symbolise la fertilité et la sagesse.

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 9

L’espace intérieur, séparé en deux hautes nefs, est coiffé d’une voûte d’ogives à 5 branches comportant 6 travées et soutenue par 2 piliers octogonaux ornés de feuillages.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 18

Les 12 étroites fenêtres en ogive correspondent aux 12 tribus d’Israël.

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 14

Les consoles et chapiteaux de pierre sont ornés de reliefs aux motifs végétaux ou prédominent les feuilles de vigne.

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 30

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 22

Les ornements les plus précieux restent le tympan de l’arche sainte et les clés de voûte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 6

Le centre de la salle principale est occupé par une estrade surélevée avec un pupitre pour la lecture de la Torah (bimah), qui est séparée de l’espace alentour par une grille en fer forgé du gothique tardif, fin XVe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 26

Au-dessus, une bannière sur laquelle sont brodés une étoile de David avec le chapeau juif en son centre, entourés du verset 6:4 du Deutéronome, « Shema Israël » (Écoute, Israël, l'Éternel, notre Dieu, l'Éternel est UN). Cette bannière représente le blason de la communauté juive de Prague depuis l'indépendance accordée par Charles IV au XIVe siècle.

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 21

Les rouleaux de la Torah sont conservés dans l’arche sainte (aron haqodesh), dans le mur oriental.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 27

L’un des sièges le long des murs porte encore le nom du célèbre rabbi Loew dont la légende raconte que les restes du golem qu’il créa sont enfermés dans la guenizah du grenier (pièce d’une synagogue où sont conservés les manuscrits et les ouvrages que l’on ne peut jeter car ils contiennent le nom de Dieu). Voir le reportage sur le golem.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 38a

Y sont également déposés des objets de culte, comme les tzitzit - franges au coin des vêtements - ou les loulavim - les 4 végétaux utilisés lors de la fête de Souccot ou Fête des Cabanes : palme de dattier, branche de myrte, branche de saule et cédrat-)

 

 

 

 

Prague synagogue Vieille-Nouvelle 35

Est-ce vrai ? Personne en tout cas n'est autorisé à monter dans le grenier, accessible uniquement par une échelle incrustée dans le mur est de la synagogue. Si l’on demande pourquoi, il vous est répondu que le toit pourrait s’effondrer, les poutres étant très anciennes.

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La légende du golem

 

Golem 6a

Nous avons rencontré à plusieurs reprises le rabbin Yehuda Loew ben Bezalel, celui qui fabriqua un golem. Un golem, dans la tradition hébraïque, est un une créature humanoïde fabriquée à partir d’eau, de terre et de feu, amenée à la vie grâce à des procédés kabbalistiques, théurgiques et magiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Golem 4a

Le mot golem dans la Bible (Psaume 139:16) est traduit par "matière informe". La mystique hébraïque du IIIème siècle de notre ère donne au mot le sens de sot, en opposition au sage (hakam). Dans le Talmud, Adam, qui est créé par Dieu à partir d’argile rouge, est décrit comme un golem sans âme dans les premières heures de sa vie, avant que ne lui soit insufflé l'esprit de vie (Rouah).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Golem 15a

Un golem fabriqué par un homme dans un acte d’imitation du créateur divin restera une créature imparfaite, muette et sans âme, dénuée de raison, ne sachant distinguer le bien du mal. Les alchimistes d’occident essayèrent eux aussi à travers leur art de façonner un homoncule (du latin homonculus, « petit homme »),

 

 

 

 

 

 

 

Golem 13

les alchimistes ismaéliens un takwin (création artificielle de la vie, qu’elle soit végétale, animale ou humaine),

 

 

 

 

 

 

Mandragore 3a

les magiciens de tout poil d’élever une mandragore (la racine de la plante, après lavage, macération et maturation, devenait un homonculus dangereux mais fidèle à son maître), les moines tibétains de créer un tulpa (entité spirituelle créée par la volonté et forcée à se manifester dans le monde physique),

 

 

 

 

 

 

Frankenstein 1

les fées de donner la vie à un pantin de bois, les savants de fabriquer des monstres grâce à l’électricité, les scientifiques des têtes parlantes, des automates, des robots, pour en arriver au cyborg.

 

 

 

 

 

 

 

Golem 12a

Bref, la création artificielle de la vie occupa et occupe encore bien des gens, qui se soucient peu que leur créature puisse se retourner contre eux, ce qu’elle fait d’ailleurs la plupart du temps. Les hommes, tentés de rivaliser avec Dieu par l’utilisation contre nature de la connaissance, attirent irrémédiablement la Némésis, la juste colère, si l’ambition personnelle ou l’orgueil prennent le pas sur l’équilibre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pinocchio 2

Dans un autre registre, symboliquement, on peut voir dans l’acte de création artificielle le départ d’une vie brute, la matière première, qui doit se transformer, s’épurer, acquérir un esprit en grandissant au travers d’initiations successives, à l’image de Pinocchio, la marionnette inanimée qui prend vie et gagne le droit de devenir un petit garçon au travers de ses épreuves.

 

 

 

 

 

Pierre1a

On passe donc de la matière à l’esprit, certains diraient de la pierre brute à la pierre taillée qui deviendra plus tard une pierre cubique à pointe.

 

 

 

 

 

 

Golem 10a

Comment fabriquer un golem ? Rien de plus simple, j’ai trouvé la recette sur la toile :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Golem 5a

« Il nous faut, pour commencer, de l'argile, ou une terre vierge. Il nous faut aussi de l’eau d'une rivière : 248 mesures d'eau dans un sceau et 365 mesures dans l'autre correspondant aux 613 parties du corps et aux 613 commandements. Ensuite il faut maîtriser la prononciation du Nom Ineffable et ses 231 combinaisons. Une broutille. Puis effectuer une marche circulaire 7 fois autour du golem en récitant 221 fois (certaines sources disent 231) ces combinaisons. Recommencer.

 

 

 

 

 

Golem 7a

Pour donner vie au golem, écrire sur son front le mot hébreu « Emeth » (Aleph, Mem, Tav), autrement dit la vérité. Si le golem devient agressif, effacer rapidement la première lettre, Aleph, de son front. Le mot se lit maintenant « Meth », la mort. Le golem retourne alors en poussière. Une autre version propose de placer dans la bouche du golem un parchemin sur lequel on inscrit l'un des multiples noms de Dieu avec son propre sang, mais je demande à voir. » 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Revenons à notre rabbi Yehuda Loew ben Bezalel, le MaHaRaL (acrostiche de Moreinu HaRav Loew, notre maitre le rabbin Loew) dont je vais vous narrer l’histoire véritable :

Rabbi Loew habitait le quartier juif de Prague. Grâce à sa profonde érudition et à ses grandes qualités humaines, il était devenu celui que l’on appelait le Maharal, considéré comme l'un des plus grands docteurs de la loi de Moïse. Il est vrai que les gens disaient qu’il était issu de la lignée de David… De nombreux élèves venaient l’écouter parler dans la vieille synagogue dont il avait la charge.

En ce temps-là, la communauté juive subissait les attaques sournoises de mauvais chrétiens qui l’accusaient de sacrifier des enfants. Ces extrémistes oubliaient le neuvième commandement qui dit que personne ne doit porter de faux témoignage contre son prochain. C’est moins grave que de tuer ceux qui pensent autrement, mais c’est moche quand même. Rabbi Loew imagina alors la plus belle des parades, créer un golem, un puissant protecteur pour le quartier, un être qui serait redouté de tous, insinuant la peur dans le cœur des détracteurs. Il appela alors son gendre Isaac ben Siméon, un Cohen, et un de ses disciples, le lévite Yakob ben Chaim. La nuit venue, le visage dissimulé sous leurs capuches, ils se rendirent à la lueur de leurs torches sur la rive de la Vltava toute proche.

Là, rabbi Loew demanda à son gendre de se positionner à sa droite, à Yakob à sa gauche, puis il façonna une forme humaine avec l’argile de la rivière. Une fois la statue terminée, il demanda à Isaac de tourner sept fois autour d’elle en prononçant des formules rituelles, évoquant le feu. A son tour Yakob fit de même, évoquant quant à lui l’eau. Rabbi Loew fit de même en ajoutant l’air, ce qui fit, avec la terre argileuse de la créature, que les quatre éléments furent réunis. Rabbi Loew fit alors appel à la magie la plus puissante, celle de l’éther, et écrivit une parole divine, un puissant nom de Dieu, Emeth (la vérité, et je ne mens pas), sur le front du golem. Certains disent qu’il l’écrivit sur un parchemin qu’il mit dans sa bouche. Quoi qu’il en soit, le rabbi insuffla la vie dans la créature qui se mit à son service.

Il rentra chez lui, suivi du golem obéissant. Il lui demanda de veiller sur ses semblables, de prévenir en cas d’attaque, d’effrayer tout intrus et le cas échéant et vu sa force, d’aider madame dans les travaux domestiques, ce qui lui valut une belle frayeur. En effet, un jour qu’elle devait partir rendre visite à une parente, Perel, la femme du rabbi, demanda au golem de puiser de l’eau à l’aide de deux seaux et d’en remplir un tonneau pour la lessive. S’absentant plus longtemps que prévu, elle revint tard et vit que le Golem ne s’était pas arrêté dans sa tâche : la cuisine était totalement inondée. La créature avait de la force, mais pas de raison ni de volonté propre…

Rabbi Loew faisait travailler le golem durant 6 jours, et le laissait se reposer le septième, le jour du Shabbat. Pour cela, il le rendait inerte en effaçant sur son front la première lettre, Aleph. Le mot Meth apparaissait alors, qui veut dire mort. Ou bien il enlevait le parchemin de sa bouche dans la deuxième version. Le temps passa et la créature grandit, non pas en sagesse puisqu’elle en était dépourvue, mais en force et en taille, tout en remplissant son devoir à merveille. Un jour pourtant, le rabbi, la tête prise ailleurs, oublia le soir du Shabbat d’enlever l’Aleph du front du golem et celui-ci, sans recommandations, partit dans la ville où il sema le désordre et la terreur. 

Le Maharal le rattrapa et lui ordonna de rentrer, mais le mal était fait. Le 16 février 1592, il fut convoqué par l’empereur avec son frère, le grand érudit rabbi Sinaï, son beau-frère Isaac Weisel et son gendre rabbi Isaac Cohen. Le bruit courrait que Rodolphe, influencé par les religieux catholiques, voulait expulser les juifs de Bohême… Nul ne sait ce qu’ils se sont dit, mais ce qu’il y a de sûr, c’est qu’une fois le Maharal parti, l’empereur, féru d’alchimie, de magie, d’art et d’essai, promis sa protection à la communauté juive de Prague. Il est fort possible qu’en échange, il ait demandé au rabbi de détruire son golem.

Parce qu’une nuit sans lune, rabbi Loew se rendit avec la créature de nouveau obéissante dans la guenizah située au grenier de sa synagogue. En effet, il ne pouvait la détruire comme le lui avait demandé Rodolphe, le nom sacré de Dieu étant inscrit sur son front. Et puis finalement, personne à part lui ne pouvait savoir que le golem n’avait pas été désintégré, et le garder sous le coude en cas de besoin, c’était faire preuve d’une grande sagesse. Rabbi Loew ne fit qu’effacer encore une fois l’Aleph. Le golem disparut des rues de Prague et l’empereur tint parole : des lois empêchant la persécution des juifs pour de faux motifs furent promulguées.

Voici la véritable histoire du golem de Prague.

Golem 16b

La légende cette fois-ci rapporte que le fils unique du Maharal, Betsalel, aidé de ses trois sœurs, Reichel, Tilla et Reyalino, rendit la vie à la créature. Il parait même (ce ne sont que des ragots, mais enfin…) que quelques allemands, durant la deuxième guerre mondiale, voulurent entrer dans la guenizah pour récupérer le golem : mal leur en prit, jamais ils n’en ressortirent.

 

 

 

 

 

 

 

 

Golem 20a

Certains grincheux insinueront que l’histoire du golem ne parut qu’en 1847 dans un recueil édité chez Wolf Pascheles, et que nulle trace écrite n’existe avant cette date, que la rénovation du grenier de la synagogue en 1883 n’indiqua nulle présence insolite, que le réalisateur d’un film tourné sur place pour la télévision en 1984 n’y vit rien d’étonnant non plus et que la plupart des gens considèrent ce conte comme pure fiction, comme l’écrivit l'écrivain autrichien Gustav Meyrink en 1915.

 

 

 

 

 

 

Golem 9a

Ce sont bien des grincheux… Ceux qui savent affirment que l’histoire est tout à fait authentique, et que le golem, obéissant à son dernier maitre, est allé se cacher dans le cimetière du quartier Žižkov.

 

 

 

 

 

 

 

http://www.kabbale.eu/l-exorcisme-par-les-rabbi-la-magie-et-le-golem/

http://www.kabbale.org/index.htm

http://www.paranormal-encyclopedie.com/wiki/Articles/Golem

http://institut-symbiosis.com/2010/08/les-capitales-mystiques-prague/

http://www.prague.eu/fr/objets/lieux/181?frm.categoryListing=181

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La synagogue Pinkas

 

Prague synagogue Pinkas 9

On entre dans le cimetière de Josefov en passant par la synagogue Pinkas dont la construction remonte à la fin du XVe siècle, entre 1479 et 1535.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas plan 1

La légende affirme que le rabbin Pinkas qui la fit ériger sur l’emplacement d’un sanctuaire du XIe siècle, trouva l’argent nécessaire dans le cadavre d’un singe qui atterrit dans son jardin. La bête appartenait à un orpailleur. Imitant son maitre qui vérifiait l'authenticité des pièces en les mordant, elle les avalait…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 7

L’endroit était alors un lieu de prière privé.

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 1

Le bâtiment fut agrandi dans un style gothique tardif par Aaron Meshullam Zalman Horowitz. Après la seconde guerre mondiale, la synagogue fut transformée en mémorial pour les victimes des nazis : les murs furent recouverts de leurs noms.

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 3

Elle fut fermée au public en 1968 lorsque la nappe phréatique, remontant le long des murs, fragilisa le bâtiment. Des travaux d’isolation furent entrepris.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 4

Des fouilles archéologiques permirent en 1950 de découvrir dans le sous-sol des pièces voûtées ainsi qu’un puits et un bain rituel utilisé pour l'ablution nécessaire aux rites de pureté dans le judaïsme (mikveh).

 

Prague synagogue Pinkas 6

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 2

Le régime communiste s’arrangea pour que les travaux s’arrêtent, et effaça les noms sur les murs. Ils reprirent en 1990, et en 1992, les noms des 77 297 victimes juives de Bohême et de Moravie furent réécrits sur les murs.

Prague synagogue Pinkas 5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Pinkas 8

Une plaque commémorative en souvenir d’Horowitz et de son épouse est incrustée sans le mur du vestibule.

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La synagogue Klausen

 

Prague synagogue Klausen 1

A la sortie du cimetière de Josefov se trouve la synagogue Klausen. Son nom provient du mot allemand klausen (pluriel de klaus, issu du latin claustrum, petite pièce, cellule), qui était le nom d’un bâtiment en trois parties érigé en 1590 par Mordechai Maisel, mécène et primat de la cité juive de Prague, grâce à un privilège accordé par Rodolphe II. La première partie servit d’école talmudique, la seconde de lieu de prière et la troisième aux bains rituels (mikveh) et aux soins des malades.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Klausen 4

Ce bâtiment fut détruit dans un incendie en 1689. En 1694, Salamon Kalish Kohen fit reconstruire une synagogue dans le style baroque primitif, qui devint la plus grande du ghetto.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Klausen 3

Elle hébergeait la Société du Dernier Devoir (Hevra Kaddisha, institution qui faisait office de pompe-funèbre et qui s'occupait des cimetières). Le bâtiment fut remanié en 1882 puis en 1921 et après la deuxième guerre mondiale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Klausen 6

Il contient à l’heure actuelle une exposition permanente consacrée aux traditions et coutumes juives.

Prague synagogue Klausen 9

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Klausen 7

 

Prague synagogue Klausen 13

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague synagogue Klausen 12

Prague synagogue Klausen 10

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Le cimetière juif de Josefov

 

Prague cimetière juif 6

Nulle visite de Prague sans faire un détour par le célèbre cimetière juif (Starý židovský hřbitov). Il est considéré comme la plus ancienne nécropole juive, implantée au XVe siècle sur le lieu le plus élevé du quartier. Une fouille archéologique a pourtant mis à jour un cimetière plus ancien créé en 1254, appelé « jardin juif », situé sous la rue Vladislavova dans le quartier de la Nouvelle-Ville, Nové město.

 

De la synagogue Pinkas on grimpe quelques marches qui conduisent au cimetière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague cimetière juif 13

Il fut agrandi aux XVe et XVIIIe siècles, et malgré cela, le nombre toujours croissant des membres de la communauté juive et l’interdiction de profaner les tombes (Loi juive ou Halakha) firent que l’on dut superposer les tombes en rajoutant de la terre.

 

 

 

 

 

Prague cimetière juif 7

Il fut abandonné en 1787 par ordre de l'Empereur Joseph II qui ne souhaitait plus que l'on enterre les morts dans les quartiers résidentiels. En 1903, au cours de l'assainissement du quartier, il fallut céder une partie du cimetière pour créer une nouvelle rue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague cimetière juif 12

On pense qu’il existe encore une douzaine de strates et environ 12 000 tombes. La plus ancienne retrouvée date de 1439 (rabbi Avigdor ben Isaac Kara, talmudiste et kabbaliste), la plus récente de 1787,

 

Prague cimetière juif 16

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague cimetière juif 24

 la plus célèbre, celle de rabbi Yehuda Loew ben Bezalel, de 1609.

 

Prague cimetière juif 27

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prague cimetière juif 23

« De nombreuses tombes portent des symboles de la tradition juive, comme le raisin de vigne (symbole de la fertilité et de la sagesse), les coffrets (symbole de la bienfaisance) ou l'étoile de David à 6 branches. Les symboles des familles sont par exemple des mains levées en signe de bénédiction (descendants des prêtes des temples), un arrosoir avec une assiette ou un instrument de musique (descendant des aides de la tribu de Levi), d'autres symboles animaliers illustrant un prénom ou un nom de famille (lion, loup, oie, coq etc.) et des reliefs d'outils comme symboles des professions (mortier - pharmacien, ciseaux - tailleur, violon - musicien etc.) »

 

 

 

 

Prague cimetière juif 18

J’ai été très émue par ce témoignage de l’histoire des juifs d’Europe centrale. J’ai ressenti de la tristesse, mais aussi de la joie et de la sérénité, j’ai entendu des voix qui chuchotaient ou qui chantaient, mais aussi des voix qui criaient, et les arbres qui, penchant leurs branches jusqu’aux sépultures chaotiques comme pour les caresser de leurs feuilles au moindre souffle, apportaient au tableau une touche de romantisme absolu.

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