La basilique San Giovanni
Le site sur lequel se trouve l'archibasilique San Giovanni in Laterano fut occupé au début de l'empire romain par le palais des Laterani, dont plusieurs membres servirent comme administrateur de l'empereur : Sextius Lateranus fut le premier plébéien à atteindre le rang de consul, et Plautius Lateranus est devenu célèbre pour avoir été accusé de complot contre l'empereur par Néron. L'accusation a abouti à la confiscation et la redistribution de ses biens.
Le Palais du Latran devint propriété de l'empereur après le mariage de Constantin avec sa seconde femme Fausta, sœur de Maxence. Connu comme "Domus Faustae", il fut finalement donné à l'évêque de Rome par Constantin. On ne connait pas la date réelle de cet évènement, mais le palais accueillit le synode en 313, au cours du pontificat du pape Miltiade. Le palais-basilique fut agrandi, devenant la cathédrale de Rome, le siège des papes comme des évêques.
La dédicace officielle fut faite par Sylvestre Ier en 324, qui la déclara Domus Dei, et le trône pontifical y fut placé. Depuis lors, elle porte le titre, inscrit sur le fronton, de "Sacrosancta Lateranensis omnium Ecclesia Urbis et Orbis Ecclesiarum mater et caput ", qui signifie "la Très Sainte Eglise de Latran, mère et tête de toutes les églises de la ville et du monde". La basilique fut dédicacée deux fois : par le pape Serge III, à saint Jean-Baptiste au Xème siècle, en l'honneur du nouveau baptistère, puis par le pape Lucius II, au XIIème, à Jean l'évangéliste. Mais la première dédicace est Saint-Sauveur : le nom fut oublié au cours de l'histoire. Le palais adjacent, le Patriarcho, fut la résidence des papes jusqu'en 1309, date à laquelle Clément V fit transférer le Saint-Siège à Avignon. Ce fut le début du déclin.
San Giovanni avait déjà subi des dégâts lors des sacs de Rome, par Alaric Ier en 410, puis Genséric en 455. Un tremblement de terre la détruisit en l'an 896. Reconstruite entièrement par le pape Serge III au Xème siècle, elle fut à nouveau détruite par un terrible incendie dans la nuit du 6 mai 1308 sous le pape Clément V qui la fit reconstruire. Les travaux furent terminés sous le règne de son successeur Jean XXII. Elle fut encore endommagée par un séisme en 1349, puis par un autre incendie en 1361, et à nouveau restaurée par Urbain V qui confia les travaux à l'architecte Giovanni Stefani.
L'édifice actuel est en fait une reconstruction du XVIIème siècle, due pour la nef et l'aménagement intérieur à l'architecte Francesco Borromini, réalisés pour le pape Innocent X à l'occasion du Jubilé de 1650, et pour la façade extérieure, monumentale, construite en travertin en 1734, à l'architecte Alessandro Galilei.
La façade latérale possède une loggia qui sert à la bénédiction papale le jour de l'ascension. Elle est surmontée de deux campaniles du XIIIème siècle.
La nef, qui mesure 130 mètres, en fait la plus grande église après Saint-Pierre. Il semblerait que les piliers de l'ancienne basilique soient encastrés dans les piliers actuels. 
Au XVIIIème siècle, douze sculptures géantes, qui représentent les douze apôtres, y sont installées.
Le sol fut réalisé au XIIIème siècle par les Cosma.
A la croisée des transepts, le maitre-autel refait en 1851, enveloppe, selon la tradition, une table de bois sur laquelle saint Pierre aurait célébré la Messe, la table de la Cène du Jeudi saint.
Il est surmonté d'un baldaquin réalisé en 1369. Seul le pape peut officier sur cet autel. Le baldaquin contient aussi les bustes reliquaires avec les crânes de saint Paul et de saint Pierre. En dessous, la "tombe de saint Jean".
L'abside présente une fresque faite en 1291 par deux frères franciscains, Jacopo da Camerino et Jacopo da Torriti, sur les ordres du pape Nicolas IV. Elle englobe une partie de l'ancienne fresque, du IXème siècle, et une autre, du IVème dans la partie supérieure, où l'on voit le Christ entouré de séraphins. (référence à la tradition qui veut que le Christ soit apparu au cours de la première consécration de la basilique).
Le Président de la République française est d'office le «premier et unique chanoine honoraire" de la basilique, un titre hérité des rois de France depuis Henri IV. L'église fait partie du patrimoine mondial de l´UNESCO depuis les années 1990.
San Giovanni in Laterano est une église-cathédrale, siège de l'évêché de Rome, dont l'évêque n'est autre que le pape. Elle est la propriété du Saint-Siège et bénéficie à ce titre du privilège d'extraterritorialité.
- Porte principale
- Autel papal
- Cloître
- Abside
- Portique septentrional
- Palais du Latran
- Scala Sancta
- Obélisque
- Baptistère
Le cloître
Entre la basilique et le mur de la ville fut construit, au XIIIème siècle, le grand monastère abritant la communauté des moines servant la basilique. 
Il n'en reste que le cloître, avec ses colonnes de marbre droites ou torsadées. Elles sont d'un style intermédiaire entre le roman proprement dit et le gothique, œuvre de la famille de Vassalletto et la famille Cosma.
Il contient de nombreux fragments, vestiges des premiers temps de la basilique.
Il mesure 36 mètres de long, et fut construit à l'époque des papes Innocent III et Honorius IV entre 1215 et 1231. En fait, la structure originale du IXème siècle était plus large, mais quand l'église fut reconstruite au XIIème siècle, étant plus grande, une des allées fut incluse dans le plan de l'église.
La fontaine qui est au cœur du jardin date du IXème siècle et ornait autrefois l'atrium de la basilique où elle servait de vasque pour les ablutions.
Le cloître de Vassalletto s'ouvre sur le côté est de la Basilique. Sur l'un des murets entre deux colonnes est gravé le symbole incontestable d'une triple enceinte, avec deux traits en forme de V qui se superposent au dessin. Deux autres triples enceintes sont gravées, mais sur les murs.
Tout autour du cloître sont exposés des fragments des précédentes basiliques. Sur plusieurs d'entre eux, on note la présence de nœuds de Salomon, gravés de trois anneaux et de forme ogivale.
Le triple anneau est un rappel de la symbolique ternaire complexe, que le christianisme reprit dans la Trinité divine, tandis que l'ogive se rattache à la mandorle mystique, la matrice divine.
Un autre fragment se compose d'une plaque de marbre ornée d'un motif constitué par la juxtaposition des fleurs de l'apocalypse, et un autre avec la représentation de la fleur de vie. Tous les fragments remontent à peu près au IXème siècle. 
http://www.angolohermes.com/Luoghi/Lazio/Roma/S_Giovanni_Laterano/S_Giovanni_Laterano.html
L'obélisque de Thoutmôsis III
L'obélisque en granit rose, le tekhen wâty, est couvert d'hiéroglyphes : on voit, sur les colonnes centrales des quatre faces, le roi Thoutmôsis III, de la dix-huitième dynastie (1400avant notre ère), recevant la bénédiction d'Amon-Rê ou Amon-Aton, et aussi déposant des offrandes aux dieux. Son fils Thoutmôsis IV a ajouté les colonnes latérales qui content l'embellissement du temple par ce roi, et aussi les travaux des artisans sur l'obélisque, qui ne durèrent pas moins de trente-cinq ans.
Les spécialistes se sont longtemps demandé quel pouvait être l'emplacement d'origine de cet obélisque. L'égyptologue français Gustave Lefebvre (1879-1957) pensait, à la lumière des inscriptions, que le monolithe devait provenir de Karnak et, plus précisément, de la partie est du grand temple. Son collègue Paul Barguet découvrit l'emplacement exact à l'est de la salle des fêtes de Thoutmôsis III en mettant au jour quatre gros blocs de grès assemblés en queue d'aronde identifiés comme son soubassement.
Ammien Marcellin rapporte qu'Auguste avait songé à transporter cet obélisque, puis avait dû y renoncer et en choisir un de taille plus modeste, au vu des difficultés techniques que cela posait à l'époque.
C'est Constantin (272-337) qui, en 337, le fit transporter de Thèbes à Alexandrie, pour l'ériger à Constantinople. Mais il n'eut pas le temps de mener à bien son projet, et son fils Constance II (337-361), son successeur, préféra l'acheminer vers Rome en 357, le destinant à la spina du Circus Maximus : le géant vint donc prendre place au côté de l'obélisque d'Auguste, actuellement obélisque de la piazza del Popolo.
Il fut retrouvé en 1587, à une profondeur de 7 m, brisé en trois morceaux, lors de fouilles menées au Grand Cirque par le pape Sixte Quint, qui le fit restaurer et enfin réériger sur la place Saint-Jean-de-Latran l'année suivante le 3 août 1588 par l'ingénieur Domenico Fontana. L'inauguration eut lieu le 10 août 1588.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ob%C3%A9lisque_du_Latran
Le baptistère de San Giovanni in Laterano
À l'écart de la Basilique, sur la place San Giovanni, se trouve le baptistère, de plan octogonal et surmonté d’un dôme. Il fut construit Vème siècle (environ 440), sous le pontificat de Sixte III, sur un ancien baptistère carré de l'époque constantinienne.
La légende rapporte que Constantin y fut baptisé, mais cela reste une légende. En effet, il le fut, mais en Orient, et par un évêque arien, ou comme le pense l'historien Eusèbe, sur son lit de mort à Constantinople. Une tradition raconte que c'est ici que le pape saint Grégoire le Grand (590-604), transcrivit pour la première fois le chant grégorien.
Pendant plusieurs siècles, il fut le seul baptistère de Rome, et sa forme octogonale servit de modèle à bon nombre d'autres baptistères, à Rome, ailleurs en Italie (Florence, Parme), puis dans toute la chrétienté. Il était dédié à saint Jean-Baptiste. L'eau était fournie par l'ancien aqueduc Aqua Claudia.
L'entrée principale se fait face à la basilique, par le biais de la chapelle de St Venantius, mais il existe aussi une entrée latérale, plus petite.
Les façades extérieures, de brique, ont été ornées en 1657 par une frise dessinée par Francesco Borromini, incorporant les armes du pape Alexandre VII, que l'on retrouve sur la fontaine à l'extérieur.
Sur les murs, il y a cinq fresques reproduisant des épisodes de la vie de Constantin dont celle de la bataille du pont Milvius (312), au plafond, remportée sur Maxence où se fit l'apparition de la Sainte Croix, avec la promesse in hoc signo vinces (Par ce signe tu vaincras). 
La cuve circulaire où les chrétiens étaient baptisés jadis par immersion est au centre, entourée de huit belles colonnes en porphyre rouge aux chapiteaux ioniques et corinthiens, qui soutiennent un entablement de 8 colonnes de marbre blanc. Un déambulatoire entoure le bassin.
Pendant les six premiers siècles, seul l’évêque, successeur des apôtres, faisait entrer dans l’église le catéchumène au cours de la liturgie pascale
Sur ces colonnes repose une architrave, avec des vers en latin, attribués au pape Saint Sixte II (432-440) et qui résument admirablement bien la doctrine chrétienne sur le Baptême :
GENS SACRANDA POLIS HIC SEMINE NASCITVR ALMO
QVAM FECVNDATIS SPIRITVS EDIT AQVIS
VIRGINEO FETV GENITRIX ECCLESIA NATOS
QVOS SPIRANTE DEO CONCIPIT AMNE PARIT
COELORVM REGNVM SPERATE HOC FONTE RENATI
NON RECIPIT FELIX VITA SEMEL GENITOS
FONS HIC EST VITAE QVI TOTVM DILVIT ORBEM
SVMENS DE CHRISTI VVLNERE PRINCIPIVM
MERGERE PECCATOR SACRO PVRGANTE FLVENTO
QVEM VETEREM ACCIPIET PROFERET VNDA NOVVM
INSONS ESSE VOLENS ISTO MVNDARE LAVACRO
SEV PATRIO PREMERIS CRIMINE SEV PROPRIO
NVLLA RENASCENTVM EST DISTANTIAQVOS FACIT VNVM
VNVS FONS VNVS SPIRITVS VNA FIDES
NEC NVMERVS QVEMQVAM SCELERVM NEC FORMA SVORVM
TERREAT HOC NATVS FLVMINE SANCTVS ERIT
C'est ici que jaillit ce peuple de noble lignée, voué au Ciel
Que l'Esprit engendre en ces eaux fécondées.
C'est dans l'eau que Notre Mère l'Église, dans un accouchement virginal,
met au monde ceux qu'elle a conçus par l'oeuvre de l'Esprit divin.
Vous qui êtes nés à cette source, vivez dans l'espérance du royaume des cieux.
Il faut renaître pour avoir la vie éternelle.
Voici la source de vie qui lave toute la terre,
et prend sa source aux plaies du Christ.
O pécheur, viens te plonger dans ce flot sacré et purificateur
Dont les ondes rajeuniront tout vieil homme qui s'y plonge.
Si, sous le poids du péché hérité ou de ton péché personnel,
tu tiens à l'innocence, lave-toi dans ces eaux.
Plus rien ne sépare ceux qui y sont renés. Ils sont devenus un,
Grâce à une seule source baptismale, à un seul Esprit, à une seule Foi.
Que personne ne craigne le nombre et la gravité de ses péchés :
Celui qui est rené de cette eau vive deviendra saint.
C'est beau, très beau même, surtout si l'on sait lire entre les lignes.
La chapelle Saint-Laurent, Sancta Sanctorum
C'est une annexe de l'archibasilique. Ce sanctuaire, ancienne chapelle privée des papes ou Sancta Sanctorum, était reliée au palais pontifical. A la suite du départ des Papes pour Avignon en 1313, le palais primitif du Latran ayant été démoli et remplacé, il resta isolé, bien que faisant toujours partie de la basilique.
La Scala Santa
On donne ce nom à l'escalier montant directement en face de la porte principale du sanctuaire. De chaque côtés, d'autres escaliers à l'usage du commun des mortels, donnent accès à l'étage supérieur.
Cet escalier, appelé auparavant Scala Pilati et que le pape Sixte V plaça là lorsqu'il fit construire l'édifice englobant le Sancta Sanctorum, constitue la partie la plus importante du bâtiment. Ayant appartenu au palais habité par Ponce Pilate à Jérusalem, il faisait partie du tribunal ou prétoire de ce gouverneur, et le Christ l'aurait gravi à plusieurs reprises. Hélène, mère de Constantin le grand, le fit venir à Rome.
Il comporte 28 marches en marbre, à l'heure actuelle recouverte d'estrades de bois. À plusieurs endroits, des panneaux de verre dans le bois laissent voir des taches dans le marbre : des gouttes de sang du Christ, répandu quand il a monté l'escalier. Il se monte à genoux, et rapporte l'indulgence pour ses péchés, à défaut de 100 jours par marche.
Le Sancta Sanctorum
Ce nom désigne la chapelle placée au sommet de la Scala Santa, que l'on voit à travers des barreaux de fer.
Ce nom fait référence au Saint des Saints du temple de Jérusalem, où seul le grand prêtre peut entrer : c'est une chapelle privée pour le Pape. Au-dessus de l'entrée de l'abside se trouve l'inscription NON EST IN TOTO SANCTIOR ORBE LOCUS, "il n'y a pas lieu plus saint au monde".
Cette chapelle, que l'on dit construite pour Fausta, femme de Constantin, est l'unique reste de l'ancien Patriarcat du Latran et date du VIIIème siècle. Elle fut décorée au XIIème siècle par les Cosma. Ce fut saint Sylvestre qui consacra le premier ce lieu, et l'autel érigé en cet endroit fut à l'origine dédié à saint Laurent. De nos jours encore, c'est un autel sur lequel seul le pape peut célébrer.
Actuellement, cette chapelle, toujours fermée, ne s'ouvre que lorsque les chanoines de la basilique de Saint-Jean-de-Latran vont découvrir ou voiler l'image, et en ces circonstances même, elle reste encore fermée aux femmes, étant de clôture papale. 
Cette chapelle était autrefois utilisée comme trésorerie du palais des papes, et aurait contenu des reliques comme un morceau de pain de la Cène, le manteau se saint Jean-Baptiste, l'épaule de saint Matthieu, le menton de saint Barthélémy, et les têtes des saints Pierre, Paul , Agnès et Euphemia.
L'Image Achiropite
Ce mot derive du grec "acheiropoiétès" qui signifie "non fait de main d'homme". La légende dit que cette icône aurait été exécutée par un agent céleste. Elle fut apportée de Constantinople à Rome lors des persécutions des iconoclastes sous le pontificat de Grégoire II.
Peinte sur une planche épaisse, elle fut recouverte de lames d'argent et l'on ne voit plus que la tête et les pieds du Christ.
La tradition l'attribue à saint Luc par l'intermédiaire d'un ange.
Le triclinium Leoninum
Sur la place en face de la basilique se trouve une niche richement décorée d'une mosaïque, témoin de ce qui reste de l'une des plus grandes salles de l'ancien palais du pape Léon III, l'abside de la salle à manger, le Triclinium Leoninum. La mosaïque que nous voyons aujourd'hui conserve certaines parties d'origine.
Elle représente le Christ, dans une position centrale, qui confie aux Apôtres leur mission. Sur la gauche, le Christ donne les clés à Sylvestre II et la bannière à Constantin, sur la droite, saint Pierre, avec le pape Léon III et l'empereur Charlemagne. Le pape Léon III a une auréole carrée, montrant qu'il était en vie quand la mosaïque fut faite, vers l'an 800, lorsque Charlemagne fut couronné à Rome.
















