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lieux sacrés
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16 novembre 2014

L’église Notre-Dame de Gorses

 

Gorses_6Le village de Gorses existe depuis très longtemps. Son nom provient du gaulois « gortia » qui veut dire « haie, enclos ». Il est posé sur une ancienne voie romaine, le reliant à Latronquière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gorses_3Le village et son église sont cités dans la charte apocryphe de la fondation de l’abbaye de Figeac par Pépin le Bref en 755 puis dans un cartulaire de l’abbaye de Conques. En 1156, l’église, dédiée à Notre-Dame, fait donc partie des possessions de l’abbaye de Figeac.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gorses_5A la fin du XIIe siècle, elle aurait été donnée à la commanderie templière fondée à Latronquière, mais certains historiens attribuent à la commanderie une origine hospitalière directe.

 

 

 

 

 

 

 

 

Gorses_2Si les templiers étaient bien parmi nous, comme tous les biens leur appartenant l’église de Gorses aurait été donnée aux chevaliers hospitaliers de Saint-Jean.

 

 

 

 

 

 

Gorses_4Quoi qu’il en soit, en 1250 l’église Notre-Dame était dépendante du commandeur de l’ordre des Hospitaliers de Latronquière, lui-même relevant du Grand Prieuré de Saint-Gilles du Gard.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gorses_1L’église Notre-Dame de Gorses date du XIIe siècle et même si elle a été remaniée au cours des ans elle possède encore de jolis chapiteaux. Il se dégage de l’endroit une certaine harmonie, et la gentillesse de la personne qui m’a ouvert l’église n’y est pas pour rien je pense. L’église a été restaurée avec goût, et l’on s’y sent bien.

 

 

 

 

Gorses_7Au-dessus de l’ouverture menant à la chapelle nord, dans une niche, se trouve la statue de Notre-Dame de Verdale. C’est celle qui fut sauvée de l’incendie de la chapelle en 1793 par un habitant de Peyrusse.

 

 

 

 

 

Gorses_ND_0aIl est dit qu’il passa par une fenêtre au péril de sa vie, qu’il prit la statue et qu’il l’emmena dans un bois situé entre les hameaux de Malpuech et Fontbonne. Là, il la posa au creux d’un châtaignier où elle resta pendant le temps de la Révolution. Elle fut transportée en 1800 dans l’église de Gorses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gorses_ND_1aaC’est une Vierge à l’Enfant en bois de hêtre polychromé, d’environ 80 cm de haut. La statue, assez abimée, est datée de la fin du XIVe siècle, peut-être début du XVe. La Vierge debout tient l’Enfant dans ses bras. L’expression de son visage est douce, attendrie. Il ne s’agit pas, bien sûr, de l’antique statue qui devait se trouver à Verdale avant la destruction du sanctuaire, et m’est avis que l’ancienne, hautaine et fière, devait se tenir assise sur une cathèdre, l’enfant dans son giron.

Gorses_NDc

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16 novembre 2014

Notre-Dame de l'Assomption de lacam d'Ourcet



Lacam_d_Ourcet_1Lacam d’Ourcet est un petit village récent, devenu paroisse lors de son détachement de celle de Lentillac en 1815. Sa particularité tient à son église, construite en partie avec les pierres de la chapelle de Verdale, en ruine après la Révolution.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lacam_d_Ourcet_2Elle fut dédiée à Notre-Dame de l'Assomption en 1859. Ce fut pour dédommager Verdale que les habitants de Lacam d’Ourcet et leurs curés reconstruisirent le sanctuaire à partir de 1847.

 

 

 

 

 

Lacam_d_Ourcet_3On peut voir sur le fronton du portail des pierres de récupération sous un arc surbaissé : le visage du Christ, un cœur enflammé surmonté d'une croix, entourés de deux animaux en méplat. La date de 1315 sculptée à la clé de l'arc n'est pas contemporaine de ce décor.

16 novembre 2014

Notre-Dame de Verdale




Notre_Dame_de_Verdale_2




Extrait du roman « Le chemin de la Dame », se passant au XIIe siècle entre Aurillac et Rocamadour :

Notre_Dame_de_Verdale_1Là, blottie au creux d’un rocher granitique surplombant la gorge profonde où grondait le Tolerme, entourée de châtaigniers, de chênes, de fougères et de bruyères, se tenait la petite chapelle Notre-Dame de Verdale. Bien longtemps avant sa construction, et même bien longtemps avant l’apparition du christianisme, se tenait ici le culte d’une déesse-mère, symbole de fécondité, maitresse de la création. En ce lieu, les forces naturelles du ciel et de la terre se rejoignaient. L’homme les avait canalisées, avait fait qu’elles s’expriment pleinement afin qu’il puisse s’en servir pour la guérison de son corps, de son âme et de son esprit. Théodore reconnaissait au fond de lui-même la présence de cette énergie féminine. Ici, l’ancienne déesse avait laissé son empreinte sous forme de légendes que les gens du coin se racontaient à la veillée :

 



-    Il y a bien longtemps, une jeune fille très pieuse venant de la vallée voulut se retirer du monde afin de prier le Seigneur. Elle passa devant le moulin d’Aubié, grimpa sur le chemin, trouva une grotte et s’y installa. Las, une vilaine épidémie de peste survint. La jeune fille, tout à son amour pour Dieu, passa tout son temps à soigner les pestiférés. Elle ne fut jamais atteinte de cette vilaine maladie, ce qui tenait du miracle. Après sa mort, en reconnaissance, les habitants des alentours, suivis bientôt par quelques pèlerins ayant eu vent de l’histoire, élevèrent une première chapelle à sa mémoire, raconta le vieux Pierrot le meunier.
-    Ah oui ? rétorqua Anselme, le tamelier* de Lentillac, qui ne supportait plus le meunier depuis une certaine affaire de farine de blé vendue pour de l’épeautre. Cette histoire ne tient pas debout, la peste n’est pas venue chez nous. »
-    Justement, lui rétorqua Pierrot qui voulait toujours avoir raison, c’est grâce aux prières de la petite !
-    Mais pas du tout, répliqua Anselme. Les enfants, écoutez donc l’histoire vraie: la jeune fille n’était pas pieuse, enfin, pas tant que ça. C’était juste une petite bergère, comme il y en a tant dans notre contrée. Un jour qu’elle gardait son troupeau sur les flancs escarpés de la vallée, elle vit une belle dame qui lui dit s’appeler Marie, mère de Dieu. La dame lui demanda de construire ici une chapelle pour elle. La jeune fille alla raconter l’histoire à son père qui ne la crut pas et la traita de folle. Une chapelle, en ce lieu, jamais personne ne voudrait y conduire ses bœufs pour transporter les pierres, ils seraient écornés ! Il lui opposa donc un refus catégorique. Le lendemain, allant porter du foin aux bêtes, il eut la surprise de voir ses bœufs écornés… Le brave homme comprit à ce moment là que sa fille disait la vérité. Il alla trouver les gens d’église et leur fit part de l’histoire. On commença bientôt la construction, mais en un endroit qu’avait choisi les religieux. C’était plus pratique pour le transport des pierres, donc moins onéreux pour eux, même si les voisins et les amis des voisins venant de tout le pays prêtaient main forte. Ces moinillons, ils sont toujours près de leurs sous, pas vrai ? Mais chaque matin on trouvait le mur monté la veille par terre. Un des tailleurs de pierre eut alors une inspiration et lança son marteau en l’air. Il demanda à ce que son bras soit guidé par la sainte Vierge et que là où le marteau retomberait, il poserait la première pierre. Surprise… Il atterrit exactement là où la bergère eut cette apparition. Voilà la vraie histoire !
-    Moui, possible, maugréa le meunier. En tout cas, ce qui est sur, c’est que la statue de la Vierge et de l’Enfant fut trouvée miraculeusement dans un tronc de chêne juste à côté de la chapelle. Voilà un miracle qui ne peut qu’être vrai !
-    Hum, hum… toussota Peire*.

Celui-là, personne ne savait vraiment d’où il venait. Les villageois avaient entendu dire qu’il était auvergnat, qu’il avait parcouru les routes comme troubadour. Lui-même racontait qu’il avait écrit bon nombre de poèmes, qu’il avait été reçu à la cour des plus grands, que le seigneur Ebles de Saignes le tenait en haute estime et qu’il était ami avec Uc de Saint-Circ d’Alzon, fils du seigneur de Thégra, petite bourgade située près de Rocamadour. Bien sur, personne ne le croyait. Il était bizarre, certes, mais que viendrait faire un si beau personnage au fin fond de leur campagne, hein ? Et tout le monde savait bien que personne ne pouvait faire confiance à un auvergnat, tous des menteurs. Au moins autant que les bourguignons. Même les gascons ou les barcelonais n’étaient pas aussi fourbes. Peire se mit donc à toussoter :
      -    Savez-vous que cette statue ne pouvait pas être trouvée ailleurs que dans un chêne, l’arbre sacré de vos ancêtres, leur dit-il, et que le marteau de ce brave tailleur de pierre pourrait fort bien être celui de Sucellos, l’ancien dieu gaulois de la Vie, qui avait comme compagne Nantosuelte, déesse le la fécondité. Ne voyez-vous pas surgir derrière ces contes pour enfants l’origine païenne de vos croyances ? Connaissez-vous Héphaïstos le grec, marié à la belle Aphrodite, et Thor le nordique, époux de Sif aux cheveux d’or, tout deux aussi porteurs d’un marteau ?
-    Gare à tes fesses, Peire, gronda Anselme, encore heureux que frère Gauderic soit sourd comme un pot, tu pourrais bien finir tes jours plus vite que prévu si notre évêque avait vent de tes élucubrations.
 
Ainsi s’en allait-il à la veillée dans les chaumières des uns et des autres.

Théodore entra dans le sanctuaire. Comme à Escalmels, il sentit l’énergie de la Dame l’envelopper, tout en détectant dans cette douceur un peu plus d’autorité. Il posa son bagage, se mit en prière. Une fois terminé son hommage, il sortit un bout de pain et le reste du fromage que lui avait donné le frère cellérier. Il mangea, s’allongea, et ne mit qu’une seconde avant de s’endormir, bercé par les vagues d’énergie de la Terre Mère. Il faut dire que le garçon avait cette fâcheuse tendance qui consiste à dormir n’importe où très facilement, pourvu qu’il soit en harmonie avec l’endroit. C’est comme cela, disait-il, que je peux dialoguer avec les anges. Ce fut peut-être un séraphin qui le réveilla d’un coup d’aile, ou bien un rayon de soleil passant par le vitrail sud qui vint lécher son visage. Quoi qu’il en soit, il se remit debout, un sourire béat sur les lèvres, et reprit sa route. Il passa à Lentillac, arriva au confluent du Tolerme et de la Bave. Il suivit la vallée de cette nouvelle rivière et bientôt il aperçut les tours du château de Saint-Laurent, dominant le village de Saint-Céré.

1 - Tamelier ou talmelier: ancien nom des boulangers. Provient du francique tarewamelo, la farine de froment.
2 - Peire d’Auvergne ou d’Alvernhe : troubadour auvergnat né vers 1130 et mort vers 1190. Fils de bourgeois, très instruit, il était connu dans les cours de Provence, de Castille et fréquenta souvent la cour de Raimond Béranger IV, comte de Barcelone. Dante écrira de lui qu’il était l’un des plus illustres représentants de la langue d’Oc.

Notre_Dame_de_Verdale_5Les premières traces de la chapelle datent de 1020, inscription que les anciens du village ont vue sur une pierre. L’histoire de cet endroit au culte ancestral se poursuivit après le XIIe siècle. Les légendes s’adaptèrent, mais la symbolique resta la même.

 

 

 

 

 

 

Verdale_1aAu XIVe siècle, la chapelle fut donnée, ainsi que l’église de Gorses dont elle dépendait, à l’ancienne commanderie templière devenue hospitalière de Latronquière. La chapelle, détruite par les protestants, fut rebâtie en 1615 et le pape Urbain VII accorda une indulgence plénière aux pèlerins de Verdale en 1636.

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Notre_Dame_de_Verdale_3

Les révolutionnaires de Figeac la brûlèrent en 1793, mais la statue de la Dame fut sauvée par un habitant de Peyrusse qui la cacha au creux d’un châtaignier avant qu’elle n’aille trouver refuge dans l’église de Gorses en 1800.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_Verdale_8Puis les curés de Lacam d’Ourcet reconstruisirent et agrandirent la chapelle à partir de 1847, eux qui avaient pris dans les ruines de Verdale les pierres de construction pour leur nouvelle église.  

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Notre_Dame_de_Verdale_9De nombreux critères liés à Verdale font penser au culte d’une vierge noire, comme la présence d’eau, d’une grotte, d’un ordre monastique, d’un chemin de pèlerinage, la présence d’un arbre/cachette, d’un bœuf, de miracles impliquant la notion de voyage, d’ouverture de conscience.

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Notre_Dame_de_Verdale_6C’est pour cela que je pense qu’il y avait là une vierge noire avant la statue que l’on peut voir aujourd’hui à Gorses qui n’en est malheureusement pas une.



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http://verdale.free.fr/



7 mars 2013

Le monastère bénédictin de Saint-Pierre de Galligants, historique


G_rone_Saint_Pierre_de_Gallicants_4C’est la petite merveille de Gérone, la surprise au détour des vieilles ruelles de l’ancienne ville du Moyen-âge. L’accueil y est chaleureux et personne ne vous tient rigueur d’un appareil photo en marche, contrairement à la cathédrale où je me suis fait poursuivre comme une délinquante digne du bûcher. Un peu d’histoire :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

G_rone_Saint_Pierre_de_Gallicants_5La première mention du monastère « Sancti Petri Gallicantus » date de 988, mais il semblerait qu’il fut bien plus ancien, les sarcophages paléochrétiens du IVe siècle retrouvés sous la chapelle de Saint-Nicolas, à quelques mètres, en faisant foi.

 

 

 

 

 

 

G_rone_Saint_Pierre_de_Gallicant_BorrellUn premier monastère bénédictin fut peut-être construit au Xe siècle par le comte de Barcelone Borrell II, celui-là même qui, parti en 967 épouser la fille du comte de Toulouse, et ayant fait escale à Aurillac, revint accompagné du petit moine Gerbert.

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Il le fit étudier dans les monastères catalans, il le présenta à Rome au pape Jean XIII et à l’empereur Othon Ier. Gerbert fut nommé précepteur du futur roi Hugues Capet et du futur empereur Othon III, avant de devenir en 998 le pape philosophe, mathématicien et alchimiste Sylvestre II.

 

 

 

 

 

 

G_rone_Saint_Pierre_de_Gallicants_6L’édifice actuel fut commandité au début du XIIe siècle, vers 1131, par Raymond Béranger III, comte de Barcelone, qui prit l’habit du Temple à la fin se sa vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

G_rone_Saint_Pierre_de_Gallicants_2Situé hors les murs, le monastère subit les assauts des troupes françaises en 1285 et fut fortifié au XIVe siècle.

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G_rone_Saint_Pierre_de_Gallicants_3Plusieurs crues de la rivière Galligants affectèrent le cloître, et le monastère déclina. En 1835 il ne restait plus qu’un abbé et quatre moines.

 

 

 

 

 

 

G_rone_Saint_Pierre_de_Gallicants_1Après la guerre espagnole il devint caserne de la garde civile en 1936 avant d’être racheté par la ville. Le monastère est à l’heure actuelle le siège du musée archéologique.


7 mars 2013

Gérone, historique



G_rone_0Les premiers signes de présence humaine dans la plaine de Gérone remontent au début du Paléolithique. Au VIIe siècle avant notre ère, la culture ibérique et l’urbanisation firent leur apparition.

 

 

 

 

 

G_rone_Empuries_Ville_Romaine_1Plusieurs peuples méditerranéens, dont les Phéniciens, les Carthaginois, les Grecs et les Etrusques entrèrent en contact. Le port d’Empúries, (du grec Emporion, « marché », « entrepôt »), situé sur la côte à quelques kilomètres, fut fondé par les colons Phocéens en -580.

 

 

 

 

 

G_rone_6Puis arrivèrent les Romains qui construisirent le premier oppidum de Gerunda en -218, au confluent des rivières Onyar, Güell, Galligants et Ter, sur la via Augusta.

 

 

 

 

 

 

G_rone_7Il reste de nos jours quelques vestiges des murailles de la ville romaine, qui furent reprises au XIVe siècle avant de passer intra-muros et perdre leur caractère défensif.
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G_rone_3A la chute de l’empire Romain, les Wisigoths dirigèrent la région jusqu'à l'arrivée des Maures. En 785, Charlemagne s'empara de la ville. Elle fut ensuite assiégée par Philippe le Hardi en 1285.

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G_rone_4Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les Français assiégèrent encore plusieurs fois Gérone. En 1809 Napoléon prit la ville après un siège de 7 mois et incorpora la Catalogne dans l'Empire Français. Il détruisit la forteresse de Montjuic, construite au milieu du XVIIe siècle.  

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7 mars 2013

La chapelle Saint-Nicolas



G_rone_Saint_Nicolas_5Tout près de Saint-Pierre de Galligants se tient l’ancienne chapelle funéraire Saint-Nicolas. Les fouilles de 1943 réalisées lors de travaux de restauration ont permis de retrouver dans le sous-sol des restes funéraires paléochrétiens datant du IVe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


G_rone_Saint_Nicolas_4aElle fut construite pour le petit peuple au début du XIIe siècle dans le cimetière du monastère, l’église abbatiale étant réservée aux moines. C’est là que se pratiquaient les baptêmes.Après la guerre civile espagnole, elle fut confisquée et utilisée comme entrepôt, puis comme scierie. Elle fut rachetée par la ville de Gérone, qui l’utilise actuellement comme salle d’exposition.

 

 

 

 

 

 

 

 


G_rone_Saint_Nicolas_1bElle suivait au départ un plan quadrilobé à 4 absides, comme on peut en voir encore de nos jours en Italie. L’une des absides fut détruite pour ajouter la nef. L’intérieur est très sobre, voûté en berceau. Au centre se dresse une coupole sur trompes supportant la base d’un ancien  clocher octogonal.  

 

 

 

 


G_rone_Saint_Nicolas_6A l’extérieur, une série d’arcs lombards à pilastres entourent la coupole centrale.

 

 

 

 

 

 

 

G_rone_Saint_Nicolas_8Le grillage fut posé lors de l’installation de la rue des Clercs qui modifia le niveau du sol. L’entrée principale fut construite au XVIIIe siècle sur le flanc sud, quand la façade principale fut condamnée.

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22 mai 2014

Saint-Martin-de-Cornas

 

Saint_Martin_de_Cornas_13aSur le territoire des gaulois Ségusiaves, proche de l’antique ville de Givors (Gier Bord, au bord du Gier), se tient le hameau de Saint-Martin-de-Cornas.

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Cornas_planIl est situé sur une petite hauteur dominant la vallée du Gier. Vous comme moi savons que là où saint Martin sévit, une ancienne pierre levée disparaît.

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Cornas_1L’endroit était donc connu depuis longtemps : de grands domaines gallo-romains entouraient la ville de Givors. Il semblerait que Saint-Martin fut à l’époque un gite d’étape sur la Voie Narbonnaise sur la partie qui reliait Vienne à Lyon. Dans le cartulaire de Savigny, en l’an 901, on trouve déjà une « ecclesia Sancti Martini de Cornaco ».

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Cornas_2Saint Martin, on connaît. Reste Cornaco. Intéressons-nous à l’étymologie. En pré-indo européen, « corn » signifie la pierre, le rocher, en pré-latin « cor » c’est escarpement, hauteur. Associé à Martin, on peut parier qu’il existait un mégalithe posé sur cet endroit élevé. Mais ce n’est qu’une supposition.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Cornas_13aLe hameau prit le nom de Saint-Lazare jusqu’au XVe siècle. Un pèlerinage dédié au saint, patron de la vallée du Gier, s’y déroulait chaque année. Lazare porte, comme Martin, une symbolique bien particulière. Il est lié à la résurrection des morts, à la régénération, à la couleur verte pour l’espérance (comme Osiris il était représenté le visage teint en vert).

 

 

 

Saint_Martin_de_Cornas_6La commune fut rattachée à la ville de Givors dans les années 60. La chapelle abandonnée en 1970 menaçait ruine et faillit être vendue. C’est une association, avec le concours de bénévoles, qui la restaura.

 

 

 

 

 

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La chapelle fut profondément transformée durant les siècles. L’oculus de la façade ouest est un témoin de ses origines romanes. La toiture, rehaussée au-dessus des ouvertures, montre les restaurations du XIXe siècle.

Saint_Martin_de_Cornas_4

Le clocher, auparavant en forme de campanile, prit sa forme actuelle lors de restaurations successives. La cloche, datée de 1610, a retrouvé sa fonction d’appel.

Saint_Martin_de_Cornas_3Saint_Martin_de_Cornas_8

Le cimetière jouxtant la petite église rurale au nord fut entouré d’un mur au XVIIe siècle.

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La tradition veut qu'un souterrain relie la chapelle de Saint-Martin au château de Bassecour, situé plus bas dans la vallée.  

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Dans un village voisin, à l'angle d'une maison, peut-être un vestige d'une ancienne sculpture de l'église, ainsi paut-être que d'une partie de bénitier... ou autre contenant de liquide sacré.

 

 

 

http://www.saint-martin-de-cornas.com/

http://m.lyon-france.com/Que-faire/Culture-loisirs/Sites-monuments-historiques/Patrimoine-religieux/Eglise-Saint-Martin-de-Cornas



28 février 2014

Rennes-Le-Château, le domaine de Saunière


Outre l’église qu’il a pratiquement remaniée en entier, Saunière fit construire de nombreux bâtiments.



La villa Béthanie



Rennes_le_Ch_teau_Bethanie_1Cette maison bourgeoise appelée villa fut construite entre 1901 et1902. Saunière y recevait ses invités mais n’y a jamais vécu, préférant demeurer dans le presbytère.

 

 

 

 

 

 

Rennes_le_Ch_teau_Bethanie_2Elle est aujourd’hui devenue un musée dédié au curé mystérieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rennes_le_Ch_teau_Bethanie_4C’est accolé à cette maison que Saunière fit construire une véranda, sa chapelle privée lorsqu’il s’est vu condamné à une "suspens-indevinis" lui interdisant de célébrer la messe dans une église.

 

 

 

 

 


La tour Magdala

 

Rennes_le_Ch_teau_Magdala_1Construite entre 1901 et 1906, la tour néo-gothique servit de lieu de recueil, de bibliothèque et de bureau à Saunière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rennes_le_Ch_teau_Magdala_2Le nombre 22 est partout présent, 22 marches, 22 créneaux. Elle est reliée à la tour de l’Orangeraie par un promenoir ou belvédère sous lequel était placée une citerne.

 

Rennes_le_Ch_teau_Magdala_4

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Rennes_le_Ch_teau_Magdala_3La silhouette de la tour Magdala est devenue le symbole du mystère de Rennes.

 

 

 

 

 

 



La tour de l'Orangeraie

 

Rennes_le_Ch_teau_Bethanie_3Elle fait écho à la tour Magdala. Elle est surmontée d’une petite véranda dans la quelle Saunière cultivait des plantes rares. On y accède encore une fois par un escalier de 22 marches.

 

 

 

 

 

 

28 février 2014

Histoire de Rennes-le-Château



Rennes_le_Ch_teau_Bugarach_4La région du Razès fut occupée dès le Néolithique. Les premières traces de sépulture datent d’il y a 50 000 ans. Les Celtes, Ibères ou Atacins, construisirent un oppidum à l’emplacement de Rennes-le-Château. Les romains s’y installèrent, construisirent des bains thermaux proches de Rennes-les-Bains. Au Ve siècle, Rennes, Castellum Redæ du temps des wisigoths, devint le chef-lieu du Razès (Rhedesium ou Pagus Rhedensis) et capitale de la Septimanie sous Théodoric Ier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rennes_le_Ch_teau_Bugarach_1L’étymologie de Redæ viendrait de la racine celtique « red », « aller à cheval », et par extension « conduire un char ». On retrouve cette racine dans le latin reda, le char à quatre roue, dans rota, la roue. Le peuple de Rennes (Civitas Riedonum), cité armoricaine portant le même nom, était appelé les Riedones, les conducteurs de chars.

 

 

 

 

 

Rennes_le_Ch_teau_2

La première mention connue de la ville de Redæ date de 798 et se trouve dans les écrits de Théodulf, évêque d’Orléans et missus dominicus de Charlemagne. La ville est citée au même titre que Carcassonne et Narbonne, ce qui prouve son importance à l’époque.

 

 

 

 

Rennes_le_Ch_teau_plan_5Des photographies aériennes prises par l’I.G.N. en 1980 montrent une ville de plus de 40 hectares ceinte de murailles, dominée par une forteresse imposante (Castrum Rhédarium), sur l’emplacement du village de Rennes-Le-Château actuel. Une deuxième forteresse devait se trouver sur la colline voisine, "le Casteillas' (en patois le grand château).

 

 

 

 

Rennes_le_Ch_teau_ch_teau_1La cité, momentanément devenue siège archiépiscopal lors des invasions arabes, possédait alors deux églises, l'une dédiée à la Vierge, l'autre à Jean-Baptiste. Vendue à la maison de Barcelone en 1067, la cité devint propriété de la famille Trencavel en 1130 avant d’être donnée par Simon de Montfort à son sénéchal Pierre de Voisins lors de la croisade contre les Albigeois. Pierre détruisit l’un des châteaux. En 1361 le castillan Henri de Trastamare, allié du roi de France, prit la région et rasa la cité en épargnant le château restant.  

 

 

 

 

 

 

Rennes_le_Ch_teau__glise_Sainte_Marie_Madeleine_10Entre les attaques de brigands, les divers pillages, les invasions puis les guerres des comtes et autres barons, la cité périclita. En1422, Blanche, de la maison des Voisins, épousa Pierre-Raymond d'Hautpoul, marquis de Blanchefort. Le dernier des Blanchefort épousa en 1732 Marie de Nègre d’Ables, dernière dame de la noblesse propriétaire du château. Elle mourut en 1781. En 1885 arriva à Rennes un nouveau curé, Bérenger Saunières.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rennes_le_Ch_teau_Sauni_reLe curé, entre 1885 et 1917, rénova l’église et le presbytère, acheta les terrains adjacents pour y construire la villa Béthanie et la tour Magdala et mena grand train. Une partie du mystère de Rennes le château découle de la question que l’on peut se poser alors : d’où provenait l’argent nécessaire, l’autre partie étant liée aux travaux que réalisa Saunière et aux gens qu’il fréquenta.

Je laisse aux lecteurs le soin d’aller se faire par eux-mêmes leur propre opinion. A la fin de l’article, vous trouverez déjà quelques liens. Quand à moi, ayant visité le village plusieurs fois, je n’y ai rien ressenti de bien particulier, si ce n’est cette phrase qui m’est remontée à l’esprit : « Quand le sage désigne la lune, l'idiot regarde le doigt », même si la vraie sagesse reste de ne pas sembler sage.



 

 

 

 

 

 

 

http://www.rennes-le-chateau.org/index.php

http://www.renneslechateau.com/francais/plansite.htm

http://www.rennes-le-chateau.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=17&Itemid=199&lang=fr

http://www.linternaute.com/sortir/sorties/nature/lieux-mysterieux/renne-le-chateau/renne-le-chateau.shtml

http://www.societe-perillos.com/secondeglise_rlc.html

http://rennes-le-chateau-bs.com/AEgliselebenitieretasmodee.htm

http://www.cathares.org/rennes-le-chateau-eglise.html

http://www.alchimia-magazine.com/graal_rennes_le_chateau.htm

http://massagot.free.fr/index.html

http://www.pays-de-couiza.com/renchato/renchato.html

http://www.rennes-le-chateau-chronologie.fr/construction.html

http://jhaldezos.free.fr/Villes%20Villages/ville%20rennes%20le%20chateau/egliserlc.html#ancre2

15 février 2013

Lacave

Lacave_1aProche de Meyraguet se trouve le village de Lacave, connu pour sa grotte découverte en 1905. Une visite est possible en train, elle dure plus d’une heure.

 

 

 

 

 

 

 

Lacave_2tLa grotte fut habitée dès le Solutréen (entre environ 22 000 et 17 000 ans avant notre ère). Un petit documentaire vous la fera visiter, ici.

 

 

 

 

 


Lacave_4Dominant le village, le château de Belcastel. Une première forteresse fut construite sur la falaise au Xe siècle, qui fut fortement remaniée au cours des âges. Les châtelains y firent construire une chapelle au XIVe siècle. Vertigineuse…

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4 février 2014

Germigny-des-Prés, l'oratoire

Germigny_des_Pres_7L'oratoire carolingien de Théodulf, devenu à l’heure actuelle l’église de la Très-Sainte-Trinité, est l'une des plus anciennes églises de France.


 

 

 

 

 

Germigny_des_Pres_18Il fut probablement réalisé par l’architecte Odon (Eudes) de Metz, un arménien qui fut maître d'œuvre de celui d'Aix-la-Chapelle, construit pour Charlemagne en 792.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Germigny_gallaplacidia1Les influences peuvent venir d’Italie (mausolée de Galla Placida à Ravenne), 

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Germigny_san_pedro_de_la_nave_1mais aussi d’Espagne (église wisigothe de San Pedro de la Nave près de Zamora).

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Germigny_des_Pr_s_plan_2dConstruit en pierres calcaires, l’oratoire de Théodulf présente un plan centré en croix grecque (tradition hellénistique et byzantine. Ici, 4 absides semi-circulaires sur 4 côtés d'un carré de 10m par 10m).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Germigny_des_Pres_14Les 4 piliers centraux déterminent 9 cases (carré de Saturne?). Celle du centre délimite les contours de la tour lanterne s’élevant au-dessus. Pour les amateurs de géométrie sacrée, voir « La géométrie comparée et la géométrie sacrée » D’Yvo Jacquier, ouvrage consacré à Germigny :



 

 

 

Germigny_des_Pres_13La façade occidentale du XIXe siècle, dominée par un pignon abritant deux cloches, et dont le portail cintré est surmonté d'un oculus, ne présente aucun intérêt. L’entrée se faisait du temps de Théodulf par l’abside orientale, plus grande que les autres. Elle était reliée à sa villa.  


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Germigny_des_Pres_9Le chevet à l’est, dépouillé de ses absidioles (prothesis au nord dévolu à la préparation eucharistique et diakonikon au sud réservé au matériel liturgique), laisse au photographe la possibilité de faire un cliché très romantique.


 

 

 

 

 

 

 

 

Germigny_des_Pres_10aOn accède au sanctuaire carolingien par la nef de cinq travées, recouverte par une charpente en bois. Rajoutée au XIXe siècle, elle non plus ne présente aucun intérêt.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Germigny_des_Pres_21Le centre de la partie la plus ancienne est délimité par 4 arcades surmontées d'une tour lanterne. La base de la tour lanterne est composée d'un triforium à trois baies aveugles. La coupole date du XIXe siècle.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Germigny_des_Pres_16Chaque arc (légèrement outrepassé) ouvre sur une travée voûtée en berceau cintré, donnant sur les chapelles semi-circulaires. Toutes les chapelles devaient être décorées de mosaïques, mais une seule nous est parvenue, celle de la chapelle orientale.

 

4 février 2014

L’histoire de Germigny-des-Prés

 

Germigny_des_Pres_bLes berges de la Loire furent peuplées dès le Paléolitique. Bien plus tard les celtes prirent le relai, puis les gallo-romains. Parmi eux, un certain Germaniacus se fit construire une villa dans le Val d’Or, qui devint propriété des abbés de Fleury.
Un autre Val d’Or porte une merveille, celui de Paray-le-Monial au bord de la rivière Bourbince. 

 

 

 

 

 

Germigny_des_Pres_1Théodulf venait se reposer à la campagne dans la villa de Germaniacus, qu’il fit reconstruire vers 800 pour recevoir ses illustres amis. Vers 803 il lui adjoignit un oratoire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Germigny_des_Pres_15Terminée probablement vers 806, richement décorée, la chapelle privée fut consacrée sous le vocable de Saint-Sauveur, et non pas dédiée à sainte Geneviève et saint Germain, inscription faite sur un pilier par (un) Chrétin, faussaire patenté, lors de la restauration de l’église au XIXe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Germigny_d_dicace_La date de sa dédicace, un 3 janvier, est gravée sur un pilier, « Tertio nones januarias dedicatio hujus aecclesiae ».


 

 

 

 

 

Germigny_Charles_le_chauve_1Germigny fut le siège d’un concile en 843 au cours duquel fut débattue une réforme des ordres monastiques. En 854 et 865 y résida le roi Charles le Chauve.

 

 

 

 

 

 

Germigny_des_Pres_11L’oratoire fut incendié à la fin du IXe siècle, probablement par les Normands. Au XIe siècle, entre 1060 et 1067, Hugues, abbé de Fleury, fit ajouter une nef en détruisant l’abside ouest.

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Germigny_des_Pres_3L’oratoire devint église prieurale dépendante de Fleury en 1168, puis paroissiale au XIIIe siècle. L’église fut rénovée au XVe siècle, une nef plus grande fut reconstruite. Au XVIe siècle durant les guerres de religion, elle fut  endommagée. La nef fut reconstruite, surmontée d’un clocher, et en 1755 l’intérieur de l’église fut recouvert d’un épais badigeon.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Germigny_des_Pres_17Classée monument historique en 1839 après la découverte de mosaïques en 1820, elle fut entièrement rénovée et pratiquement reconstruite par l’architecte Juste Lisch de 1867 à 1876. C’est juste Juste qui allongea la nef, supprima les absidioles orientales et détruisit l'étage supérieur de la tour.

31 janvier 2013

Semur-en-Brionnais, historique



Semur_en_Brionnais_1Le village de Sinemurum (vieille muraille), placé sur un éperon rocheux, ancien mont sacré païen, fut créé par les gaulois. Saint Martin, évêque de Tours au IVe siècle, vint y prêcher, et donna son nom aux paroisses limitrophes de Saint-Martin-la-Vallée et Saint-Martin-du-Lac.

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Sainte_Madeleine_6Le village, dépendant de la paroisse de Saint-Martin-la-Vallée, devint châtellenie relevant des comtes de Châlons, puis baronnie en 850, relevant d’Autun. Le premier baron de Semur, Guillaume d’Auvergne, fut l’ancêtre d’une lignée prestigieuse. Le premier donjon fut construit à la fin du Xe siècle et le village devint bourg castral. C’est dans ce château qu’en 1024 naquit Hugues, troisième fils du baron Dalmace Ier. Hugues devint abbé de Cluny, où il mit en chantier la troisième abbatiale. Il fonda le prieuré de Marcigny.


 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_41L’église fut commencée en 1080, sur l’emplacement d’un bâtiment plus ancien de plan basilical. Vers 1150 le village fut pillé par les troupes de Guillaume Ier, comte de Châlons, les travaux durent s’interrompre. L’église fut terminée par son portail occidental en 1180. Jean de Châteauvillain, baron de Semur, et Girard, évêque d’Autun, fondirent un chapitre de 13 chanoines en 1274.

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_4L’église, devenue collégiale d’une paroisse indépendante, fut pillée en 1364 par les troupes du Prince Noir. Semur se rattacha au duché de Bourgogne en 1379, puis à la couronne de France en 1475.
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Semur_en_Brionnais_7Des administrateurs y furent envoyés, qui construisirent leurs demeures contre les remparts. L’église fut incendiée par les calvinistes en 1576 : la voûte s'effondra, et fut remplacée par un plafond en lambris.

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_11Le chapitre fut supprimé en 1775, et le culte fut interdit pendant la révolution. L’église fut rouverte en 1800, et fut restaurée en 1851 par l'architecte Eugène Millet, élève de Violet-le-Duc, qui fit refaire la voûte de la nef en maçonnerie. Semur, capitale historique du Brionnais, possède encore un patrimoine qui la fit classer parmi les plus beaux villages de France.

 

 

 

 

 

 

 



Le château Saint-Hugues


Semur_en_Brionnais_3Situé sur l’endroit le plus étroit d'un éperon rocheux, dominant la vallée de la Loire et les Monts de la Madeleine, le château présente une haute tour de plan rectangulaire, flanquée de deux tours rondes de défense du XIIe siècle et un pont-levis.

 

 

 

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_4Les premiers niveaux de fondations de la tour datent de la fin du Xe siècle, mais la majeure partie de la construction est le résultat de remaniements successifs du XIe siècle au XVe siècle.

 

 

 

 

 


La salle capitulaire


Semur_en_Brionnais_6Datant du XVIe siècle, elle possède une cheminée et un beau plafond à la française peints au XVIIe siècle et sert de musée de l’art roman.
Semur_en_Brionnais_5

 

 

 

 

 


« Les chemins du roman », dépliant du C.E.P
« Semur-en-Brionnais, plus de 1000 ans d'histoire », de F. Cucherat
http://semur-en-brionnais.pagesperso-orange.fr/index.html

14 janvier 2013

Les Vierges Noires

Voici le plan de la conférence. Pour plus de renseignements, veuillez cliquer sur "Contactez l'auteur". La conférence dure environ 1h 30 avec projection de photos.

 

LES VIERGES NOIRES

INTRODUCTION

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L'HISTOIRE
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Les origines
Les déesses-mères
La christianisation
Les XIe et XIIe siècles

DESCRIPTION ET SYMBOLISME

 

1- IMPLANTATION
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La date
Le sanctuaire (le lieu, l'eau et la crypte)
Les grands ordres
Les pèlerinages

2- ICONOGRAPHIE
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Vierges en majesté
La posture
Les couleurs
Le matériau
Les dimensions

3- LÉGENDES ET RITUELS

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La découverte
L’élément oriental
Les miracles
Les rituels

FONCTIONNEMENT

69425688

 

 

 

 

 
Les énergies
Les cycles

CONCLUSION

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24 octobre 2013

La forêt de Vallin



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Il est des endroits plus magiques que d’autres. La forêt de Vallin en fait partie. Telle une Brocéliande du sud, elle nous enchante au gré de ses rus, de ses lacs et de ses vieilles pierres. Brocéliande s’étend sur plusieurs communes. Vallin fait de même.

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Le chemin du Triève, tout en bas du village, nous amène au départ de la visite. La forêt de hêtres, charmes, chênes et châtaigniers, envahie de ronces, fut nettoyée dans les années 70 par le propriétaire.

 

 

 

 

 

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Depuis, Vallin suscite l’intérêt de nombreux visiteurs attirés par le bouche à oreille et par les légendes entretenues par quelques personnages atypiques.


 

 

 

 

 

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Le ruisseau du Moulin glougloute sur notre gauche, une buse vient nous dire bonjour, et la magie devient opérative rapidement.

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A l’orée du bois, sur la gauche, le ruisseau forme une petite cascade. On se croirait près de Mère-Fontaine à Brocéliande. Premier arrêt, premières sensations. Ceux qui ont la chance de posséder une sensibilité accrue diront que la forêt est habitée par ce que j’appelle le petit peuple, les élémentaux.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le chemin poursuit sa route et traverse une petite clairière parsemée de joncs et de roseaux, au milieu de laquelle pleure un saule.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La pente se fait plus sérieuse.

 

 

 

 

 

 

 

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Tout en haut nous attend le « Fauteuil du Seigneur », auquel la légende accorde l’appartenance à un culte druidique.

 

 

 

 

 

 

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En réalité, il fut assemblé à la fin du XVIIIe siècle, « pour l'usage du châtelain local qui a la fin de sa vie était handicapé des jambes ». Je pencherai plus pour cette explication. Par contre, celui qui l’a assemblé ne l’a pas fait n’importe où.

 

 

 

 

 

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Le siège se trouve en effet à la sortie d’un courant tellurique puissant qui suit la crête derrière le bosquet. Pas étonnant donc que les gens qui s’y reposent aient des sensations de chaleur et autres picotements.

 

 

 

 

 

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Les endroits comme celui-ci sont propices aux soins des guérisseurs qui peuvent devenir très efficaces.

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Et pas étonnant non plus que la statue de la Vierge au sommet du clocher de l’église de Saint-Victor nous regarde (en fait elle regarde en direction du château de Vallin où résidait la personne qui en fit don à l’église), désaxée du bâtiment, les mains tournées vers le sol, pour profiter des énergies telluriques… 

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Le sentier continue sur la crête, longeant deux beaux acacias.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Nous arrivons par un sous-bois vers l’étang de Vallin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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C’est le long de ses rives, soi-disant, que l’on pouvait trouver un autre fauteuil, composé des pierres d’un bassin du XVIIe siècle, aujourd’hui disparu.

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Le petit ponton le remplace tout aussi bien. Il parait que l'eau du lac guérit l’eczéma. C’est un endroit d’une énergie très féminine, très douce. Le Val sans Retour et son Miroir aux Fées portent aussi cette énergie. Viviane n’est pas si loin.

 

 

 

 

 

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En contrebas, un ruisseau coloré en orange coule vers la vallée. Est-il chargé d’oxyde de fer ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le chemin nous emmène cette fois dans la forêt proprement dite. Le vent fait tomber les bogues des châtaigniers, petites matrices protégeant efficacement leurs fruits.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L’atmosphère devient en même temps plus légère et plus gaie. Les champignons font leur apparition.

 

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Au sommet de la colline, à l’endroit nommé « la Thébaïde », se tiennent deux beaux arbres. Une Thébaïde est un endroit isolé et sauvage où l’on vit dans l’austérité et la solitude, un lieu écarté où l’on peut se retirer. Pas de quoi fouetter un chat à mon avis.

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Pour moi, l’énergie se concentre plus loin, vers le sentier qui mène au château et à la grande allée. Un tumulus ? Pourquoi pas, mais enfin, s’il a été construit en cet endroit, il n’en reste plus rien.

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Les légendes de druides, de templiers, là aussi pourquoi pas. Il manque quelques moines tibétains, un ou deux vaisseaux intergalactiques et une dame blanche quand même.

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Les énergies maintenant s'assombrissent, il se fait déjà tard, la suite pour une prochaine visite…Nous terminerons cette première approche par la chapelle de Torchefelon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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31 décembre 2012

Le couvent des Cordeliers


Historique

 


Charlieu_Cordeliers_19Saint-Nizier-sous-Charlieu, situé près du confluent du Sornin et de la Loire et sur les bords d’une antique voie de communication, abrita une villa gallo-romaine. Mais son histoire ne prit de l’importance qu’au XIIIe siècle.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Cordeliers_13Le couvent des Cordeliers fut fondé en 1280 par une communauté de moines franciscains après de nombreux démêlés avec les bénédictins de l’abbaye Saint-Fortunat qui refusaient de les voir s’implanter près d’eux.

 

 

 

 

 

Charlieu_Cordeliers_14Ils s’installèrent donc, après moultes déboires, bénédictions, excommunications et bulles papales à l’appui, à la limite de la ville de Charlieu.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Cordeliers_30Privé des moyens de défense de la ville fortifiée, le couvent fut presque détruit en 1360 durant la guerre de Cent Ans. Il fut rénové dès 1370 grâce aux bienfaits d'Hugues de Châtelus, seigneur de Châteaumorand.

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Cordeliers_12Le couvent fut fermé en 1792, et après la Révolution, les bâtiments conventuels furent en partie détruits ou transformés en grange, hangar et même habitation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Cordeliers_9aLe cloître fut vendu en 1910 à un antiquaire parisien qui n'hésita pas à le démonter et à le vendre à un américain qui voulait s'en servir pour décorer son cours de tennis. Il fut sauvé in extremis grâce à l'intervention du sénateur Audiffred, qui le fit, à la hâte, classer monument historique.

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L’église


Charlieu_Cordeliers_8aElle date de la fin du XIVe siècle et ne fut classée aux Monuments Historiques qu’en 1952.
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Charlieu_Cordeliers_10aLa nef unique est coiffée d’une charpente en chêne de la fin du XVIIe siècle, qui fut cachée longtemps par un plafond. L’étage était accessible par un escalier conservé au flanc nord.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Cordeliers_3aLes peintures murales du chœur et du mur sud, restaurées entre 1989 et 1995,  datent des XIVe, XVe et XVIe siècles. Une première couche de peinture, faite de fleurs, fut réalisée au moment de la construction, en 1370. Les premières fresques furent financées en 1399 par Hugues de Châtelus.

 

 

 

Charlieu_Cordeliers_5aC'est en reconnaissance de sa générosité qu'il obtint un enfeu creusé dans l'un des murs du chœur de l'église. Il y est figuré sur un gisant en compagnie de son épouse, Guillemette de Senecey. Ce gisant fut sauvé du pillage du couvent par un bienfaiteur qui le racheta au démolisseur.

 

 

 

 


La maison de l'Eperon


Charlieu_Cordeliers_15Cette maison, vestige des bâtiments conventuels du XVIe siècle, est située en face de l’entrée du cloître.

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Cordeliers_16Ancienne chapelle de l’abbé, divisée en deux étages au XVIIe siècle et en partie transformée en bibliothèque, et elle fut donnée à la Société des Amis des Arts de Charlieu par le sénateur Audiffred lors du classement du site aux Monuments Historiques.

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Le cloître


Charlieu_Cordeliers_20Le cloître de style gothique rayonnant fut reconstruit à partir de 1375. Les travaux se poursuivirent jusqu'au début du XVe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Cordeliers_22La nouvelle construction n'a plus la sobriété du cloître primitif dont il ne reste que la porte et les ouvertures d'une galerie du XIIIe siècle ouvrant à cette époque sur la salle capitulaire.

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Charlieu_Cordeliers_23Les galeries sont couvertes par une charpente apparente. Les quatre contreforts d’angles correspondent aux grands arcs intérieurs, constituant une curiosité architecturale.

 

 

 

 

 

Charlieu_Cordeliers_24Les colonnettes sont ornées de chapiteaux sculptés. Les uns sont feuillus (chêne, chalcédoine et vigne, excusez du peu), les autres, dans la galerie nord, représentent les vices et les vertus. Libre à nous d’aller chercher un peu plus loin au niveau du symbolisme, la lecture peut se faire autrement.  

 

 

 

 

 

Charlieu_Cordeliers_25Au nord-ouest, les vices : deux singes (la lubricité), un voleur, deux lions affrontés (colère, discorde), un gros chien (gourmandise, paresse), quatre personnages dansant (luxure), un vieillard barbu (orgueil), un perroquet (bavardage) et un serpent à visage humain (duplicité, hypocrisie).

 

 

 

 

 


Charlieu_Cordeliers_26Au nord-est, les vertus : deux chiens (fidélité, vigilance), une chouette (sagesse, philosophie), un moine (paix, sérénité), un visage casqué (force), deux dragons (le mal se neutralise), et un visage voilé (humilité, pudeur), puis un coq et un écureuil (travail, prévoyance, économie), un agneau (bonté, douceur), un porc-épic (sobriété, justice), un lièvre (prudence) et une hermine (pureté).

 

 

 

 

 

Charlieu_Cordeliers_27

Charlieu_Cordeliers_28
http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Nizier-sous-Charlieu
http://www.amisdesartscharlieu.com/spip.php?article8

31 décembre 2012

Charlieu, l'abbaye

Le cloître



Charlieu_Saint_Fortunat_45Adossé à l’abbatiale, il fut reconstruit dans les années 1460-1470. Il fut abimé au cours du XIXe siècle, et perdit alors la galerie nord et une parie de la galerie ouest.
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Charlieu_Saint_Fortunat_42Il reste le puits, toujours alimenté en eau.

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La salle capitulaire



Charlieu_Saint_Fortunat_50aSur le côté est du cloître s’ouvre la salle capitulaire.

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Fortunat_46Elle est délimitée par six arcatures romanes massives, peut-être une partie de galerie de l’ancien cloître, mais il se pourrait qu’elles soient le réemploi des colonnes jumelées du déambulatoire de l’église du Xe siècle.

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Charlieu_Saint_Fortunat_49Les chapiteaux sont, malgré leur apparente facture naïve, très parlants à celui qui sait lire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Fortunat_51Les aigles aux ailes déployées, messagers spirituels entre les dieux et les hommes, nous montrent le côté solaire, alors que des fleurs, proches du ciel, s’épanouissent au travers des feuillages.

 

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Fortunat_48Au centre de la salle du XVe siècle, voûtée en croisée d’ogives au début du XVIe siècle, un pilier massif porte un lutrin taillé dans l’une de ses pierres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Fortunat_56Côté nord, la représentation d’un poisson, peut-être un saumon. Chez les celtes, le saumon, homologue du sanglier, est l’animal de la science sacrée, symbole de la connaissance et de la sagesse. Il relie le monde lunaire invisible au monde solaire sensible. C’est lui qui remonte à la source.

 

 

 

 



La chapelle



Charlieu_Saint_Fortunat_54De la salle capitulaire on accède à la chapelle de Notre-Dame-de-l’Assomption. Elle fut construite pour le prieur au XVe siècle sur les bases romanes de l’ancienne chapelle Saint-Martin, existant avant l’arrivée des bénédictins auxquels elle fut donnée en 875.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Fortunat_55Une petite partie du dallage d’origine est conservée dressée contre l’un des murs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 



L’hôtel du prieur

 

Charlieu_Saint_Fortunat_52De la chapelle, on accède à la cour de l’hôtel du prieur. Il fut construit à la fin du XVe siècle sur des éléments plus anciens, une tour du Xe siècle étant incluse dans la nouvelle. Ce bâtiment, devenu propriété du conseil général en 1993, n’est pas encore visitable.

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Le parloir



Charlieu_Saint_Fortunat_57C’est toujours depuis le côté est du cloître que l’on arrive à l’ancien parloir. Il fut voûté au début du XVIe siècle et sert actuellement de musée lapidaire.

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Fortunat_58On y retrouve des chapiteaux romans de la prieurale du XIe siècle, des modillons, des linteaux.

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Fortunat_60Parmi ces vieilles pierres, le plus ancien témoin de l’abbaye : un bas-relief du Xe siècle représentant Daniel dans la fosse aux lions, peut-être un élément de la clôture du chœur de l’église.

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Fortunat_59Un autre bas-relief du début du XIIe siècle, provenant de la chaire du lecteur dans le réfectoire des moines, représente une Annonciation avec la Vierge et l’ange Gabriel.

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Fortunat_61Dans une niche, deux chapiteaux gothiques représentent deux personnes enlacés dans un joli mouvement et un personnage recroquevillé qui semble se boucher le nez.

 

 

 

 



Le cellier



Charlieu_Saint_Fortunat_62Quelques marches descendent du parloir à une ancienne cave, le cellier, aménagée en musée d’art religieux en 1984. Sont rassemblées ici les statues données par des particuliers ou déposées par des paroisses.

 

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Fortunat_63Ces statues, en pierre ou en bois, la plupart du temps autrefois polychromes, datent du XVe siècle au début du XIXe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Fortunat_64Une  Vierge à l'enfant ,dite Vierge à l'oiseau, du XVe siècleet une Vierge au tombeau, du XVIe siècle
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Charlieu_Saint_Fortunat_66Vierge à l'enfant, du XIVe siècle, provenant de Saint-Paulien

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Fortunat_68Saint Jacques
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Charlieu_Saint_Fortunat_69Saint Sébastien

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Fortunat_70Saint Michel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Fortunat_71Mais aussi une Vierge en majesté du XIIe siècle en calcaire polychrome provenant de Saint-Fortunat. Nous retrouverons cette image au fronton de l’église Saint-Philibert de Charlieu.

31 décembre 2012

Charlieu, historique


Charlieu_Ir_n_eAvant 870, quelques cénobites s’installèrent près de la rivière Sornin, dans un lieu de marécages, la vallée noire, situé sur l’antique route reliant les Ségusiaves (capitale Feurs) aux Eduens (capitale Bibracte puis Autun). Ce lieu fut appelé Carilocum. En 870, des bénédictins venus de Touraine créèrent la première abbaye avec l’appui de Ratbert, évêque de Valence et propriétaire des terres. Elle fut placée sous le patronage de saint Etienne et de saint Fortunat, envoyé en mission en 180 par Irénée de Lyon et mort en martyr en 212, patron et fondateur de l’église de Valence.

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Boson_aBoson, gouverneur du Lyonnais et comte de Mâcon, devenu roi de Provence, fit don de l’abbaye, « Abbas Cariloci », dont il s’était emparé, à Cluny par testament, donation confirmée par Hugues de Provence en 932.

 

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Fortunat_plan_1aUne première église fut construite, ne comprenant qu’une seul nef couverte d’une charpente, abritant les reliques de saint Etienne et saint Fortunat.

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Fortunat_plan_2aVers 940, sous l’abbatiat d’Odon de Cluny, elle fut agrandie de deux nefs, voûtée de pierre et pourvue d’un déambulatoire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La ville se développa autour de l’abbaye devenue prieuré, et l’église, devenue trop petite et insalubre, fut reconstruite au XIe siècle. Consacrée en 1094, la prieurale ressemblait à l’église d’Anzy-le-Duc. Elle comportait une nef à trois vaisseaux de quatre travées, un transept saillant doté de deux absidioles, un chevet à chapelles. Un narthex fut ajouté au XIIe siècle.

 

 

 

Charlieu_Saint_Fortunat_12Philippe Auguste fit fortifier la ville et la dota d’un châtelain royal. Au XVe siècle, les bâtiments monastiques furent réaménagés ou reconstruits. Charlieu joua alors un rôle important lors de la guerre entre Armagnacs et Bourguignons, puis, privée de trafic routier, commença son déclin.

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Fortunat_40Le monastère fut fermé avant la Révolution, en 1787. Puis il fut vendu comme bien national avant sa destruction partielle. De l’église, il ne reste plus que le narthex et la dernière travée.
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31 janvier 2013

L’église Saint-Hilaire



Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_2Placée sous le vocable de Saint-Hilaire (Hilaire, évêque de Poitiers et théologien au IVème siècle, fut élevé au rang de docteur de l'Eglise en 1851), la collégiale est l’une des dernières constructions romanes du Brionnais.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L’extérieur



Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_1Le chevet est la partie la plus ancienne, datant des années 1080-1090. Il se compose d’une abside et de deux absidioles.

 

 

 

 

 

 


Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_3Les bras du transept, légèrement saillants, furent construits dans les années 1110/1115. Ils sont percés sur leur façade d'un oculus surmonté d'une double arcature.

 

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_10Le clocher octogonal à deux étages surmonte la croisée du transept. A l'étage inférieur, les baies géminées sont aveugles.

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Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_21A l'étage supérieur, les baies sont ouvertes et sont composées d’une archivolte en cintre brisé retombant sur de fines colonnettes à chapiteaux, de part et d'autre d'une baie géminée en plein cintre.

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_13aLes collatéraux sud et nord sont ouverts par deux petits portails. Celui du sud possède un tympan orné d'une simple croix potencée. Il fut probablement récupéré sur l'ancienne église et doit dater du dernier tiers du Xle siècle. Celui du nord, encadré de voussures et pilastres, est surmonté d’un linteau orné de rosaces et d'un tympan sculpté de trois fleurons.

 

 

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_23Les collatéraux présentent de curieux modillons. Parmi eux, n’en doutons pas, une représentation du féminin dans toute sa splendeur, rappelant certaines Sheela Na Gig. Une chouette, côté nord, nous montre la voie de la sagesse.
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Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_13La façade ouest, terminée vers 1180, possède un portail très décoré, assez lourd de facture, signe du déclin de la sculpture romane du Brionnais à la fin du XIIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_16Le portail est surmonté par une archivolte dont les trois voussures en retrait retombent sur les colonnettes et les pilastres latéraux.

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Le linteau représente un épisode de la vie de saint Hilaire pendant le concile de Séleucie en 359. L’empereur Constance avait convoqué deux conciles, un à Rimini pour l’église d’occident, un autre à Séleucie pour l’église d’orient. Hilaire, alors exilé en Phrygie, y défendit la foi de Nicée contre les Ariens. Il est représenté au centre, assis par terre, entre les évêques. Un ange le protège et lui tend quelque chose. A gauche, peut-être la représentation d’Hilaire debout en haut d’une abbaye, au paradis, alors qu’à droite on voit un personnage en bas, assis en enfer. Des démons emportent son âme sous la forme d’un enfant sortant de sa bouche. Il s’agit d’un défenseur de l’Arianisme, peut-être Acace de Césarée, qui déposa  un Credo proposant l'homéisme, ou bien Léoas, commissaire de l’empereur Constance.

Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_17Le tympan représente le Christ en majesté dans une mandorle soutenue par deux anges. De chaque côté, les symboles des 4 évangélistes. La sculpture est sans grâce, la tête du Christ qui n’a rien de roman fut rajoutée au XIXe siècle lors de la rénovation.

 

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_20Plus intéressants sont les corbeaux de chaque côté du portail. Côté nord, un personnage accroupi, vêtu d’un seul pagne, pose ses deux mains sur les genoux. En face de lui, côté sud, son jumeau lève les bras et soutient le ciel de ses mains retournées.
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Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_18Le seul chapiteau historié, côté sud, nous présente deux personnages énigmatiques. Regardant le nord, une femme aux grandes oreilles (elle entend) et portant ceinture (lien avec Cluny) lève une main au ciel pour les énergies cosmiques, l’autre étant tournée vers la terre et les énergies telluriques. Ceci est confirmé par la présence de d’un serpent et d’un crocodile s’abreuvant à ses seins. C’est la mère nourricière.

 

 

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_43Regardant à l’ouest, au couchant, un homme également aux grandes oreilles et lui aussi ceinturé, portant la barbe en signe de connaissance et de sagesse, montre entre ses cuisses le symbole de la virilité.  

 

 

 

 

 

 

 



L'intérieur



Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_plan_2bL’église se compose d’une nef à quatre travées flanquée de deux bas-côtés, d’un transept, d’une travée de chœur et d’une abside en hémicycle entourée de deux absidioles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_29Au-dessus du portail occidental se trouve une tribune en encorbellement, reproduction en miniature de celle de la grande abbatiale de Cluny III.

 

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_25La nef, achevée vers 1125/1130, d’influence clunisienne, communique avec les deux bas-côtés par de grandes arcades en cintre brisé. Les trois premières travées sont couvertes d'une voûte en plein cintre surbaissée, refaite au XIXème siècle.

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Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_38Entre le niveau des grandes arcades et celui des fenêtres hautes s'ouvre un triforium à six arcatures sur colonnettes qui forme une galerie décorative, sans aucune fonction de circulation.

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_Chapiteaux_3Les piliers cruciformes sont cantonnés, du côté de la nef, de pilastres cannelés. Les chapiteaux ne sont pas enseignants et se contentent de motifs feuillus. Seuls quelques figures sortent des feuillages, et un aigle aux ailes déployées nous montre la limite entre l’église basse et l’église haute, prêt à prendre son envol.

 

 

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_39La croisée du transept est surmontée d’une coupole-lanterne octogonale reposant sur des trompes et décorée d’arcatures.

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Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_Chapiteaux_1L’entrée de la travée de chœur est gardée par deux sculptures sur culots. Des diables ? Pourquoi ? Parce que l’un est cornu ? Mais alors où est sa queue fourchue ? Regardez bien. Celui du sud, côté solaire, porte le ciel d’une seule main. Il semblerait qu’il soit en position d’évacuer la matière lourde avant de passer dans le saint des saints.

 

 

 

 

 

 

 

Semur_en_Brionnais_Saint_Hilaire_Chapiteaux_2Celui du nord, côté lunaire, porte des cornes, celles du croissant de lune. Mais en regardant mieux, j’ai vu apparaître la figure du Baphomet. En effet, le personnage porte une tonsure, des cornes, il tire la langue, ses oreilles sont démesurées, ses yeux grands ouverts. Il ne manque que les ailes pour représenter le symbole de la sagesse et de la connaissance, image synthétique de la science et de la tradition.

26 novembre 2012

La tour du Moulin



Marcigny_3C’est aux alentours de 1410 que Jean sans Peur, duc de Bourgogne et allié du roi d’Angleterre, fit construire cette tour pour défendre Marcigny et son prieuré des incursions du seigneur du Bourbonnais, partisan du roi de France. Située à l’extrémité est du prieuré, et dernier vestige majeur des fortifications de la ville (présence de meurtrières et de trous de couleuvrines), elle mesure 26m de hauteur (14m de toit et 12 m de murs) pour 12 m de large. Ses murs ont une épaisseur impressionnante : de 2,80 m à la base, ils finissent en hauteur à 1,20 m. Les proportions sont intéressantes…

 

 

 

 

 

 

 

Marcigny_26Le premier niveau, en sous-sol aujourd’hui depuis les aménagements de la rue en 1820, renferme la meule, qui était actionnée par le ruisseau Grozelier.

 

 

 

 

 

 

Marcigny_25La charpente en châtaignier en forme de cône est en grande partie d’origine. C’est là qu’étaient entreposés les sacs de farine. Les gardes passaient par là pour accéder à la tourelle de guet.

 

 

 

 

 

Marcigny_29aMis à part ses proportions, un autre élément laisse songeur : sur la façade sont sculptées des sortes de demi-boules, ce que l’on appelle des bossages ou gibbosités. Chacun y va de son explication, de la représentation de mamelles nourricières au symbole de boulets ne pouvant entamer la tour, d’une carte du ciel inversée ou simple décoration de tailleur de pierre.  

 

 

 

 

 

 

 

Marcigny_28aEffectivement, certaines de ces boules ont une forme ne laissant presque aucun doute. Mais qu’en est-il des autres ? Le masculin des moines et le féminin des moniales ont-ils été mis à contribution pour la protection de leur prieuré ?

 

 

 

 

 

Marcigny_2Quoi qu’il en soit, la tour du moulin, ayant servi jusqu’au XVIIIe siècle, devint le musée municipal en 1913.
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Marcigny_4Le bâtiment annexe, décoré de remplois de sculptures et de modillons provenant de l'ancien prieuré, fut construit en 1930.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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http://www.marcigny.fr/musee-de-la-tour-du-moulin

http://tourdumoulin.blogspot.fr/search/label/Accueil



31 décembre 2012

L'Eglise Saint-Philibert de Charlieu



Charlieu_Saint_Philibert_11C’est au XIIIe siècle que les habitants de Charlieu, devenus plus nombreux, et surtout après le conflit entre les bourgeois et les moines bénédictins de l’abbaye Saint-Fortunat, que l’église Saint-Philibert fut construite.

 

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Philibert_3La première mention de l’église date de 1238.
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Charlieu_Saint_Philibert_plan_1De cette époque, de style gothique bourguignon, nous sont restés le chevet plat d’influence cistercienne et le chœur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Philibert_4L’avant chœur, la nef et les bas-côtés furent reconstruits au XIVe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Philibert_5Les chapelles furent rajoutées aux XVe et XVIe siècles.

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Philibert_2La façade fut achevée au XXe siècle. Le tout fut rénové en 2001.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Philibert_12Au tympan de l’entrée nord, celle des « initiés », une Vierge à l’enfant en pierre polychrome nous rappelle les Vierges noires bourguignonnes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Philibert_8A l’intérieur, une autre Vierge, Notre-Dame de Septembre, patronne des Tixiers et des Tisserands date du XVIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Charlieu_Saint_Philibert_6Les stalles en bois polychrome représentant des saints et les apôtres tenant une phrase du credo datent du XVe siècle.  
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Charlieu_Saint_Philibert_9Dans l’une des chapelles du XVe siècle, une sirène tient un miroir et un peigne. Il faut remarquer que l’église Saint-Philibert se trouve dans l’axe exact de l’église de l’abbaye Saint-Fortunat. Ce n’est pas pour rien non plus.

14 novembre 2012

Le portail de Neuilly-en-Donjon



Neuilly_en_Donjon_20Daté des années 1140 à 1150, il s’apparente aux sculptures bourguignonnes. La lecture doit se faire, comme dans toute œuvre romane, de gauche à droite et de bas en haut.

 

 

 

 

 

 

 




Les chapiteaux


Neuilly_en_Donjon_22Côté lunaire, à gauche, nous avons la représentation de la chute de Simon le Magicien.  C’est de son nom qu’est tiré le mot « simonie » (achat et vente de biens spirituels), dont Pierre l’accusa et qui fut pourtant pendant des siècles d’usage courant dans le clergé. Simon fut à l’origine d’une religion, le simonisme, mélangeant les pratiques des mages babyloniens et des chrétiens.

 

 

 

 

 

 

 

Neuilly_SIMON_LE_MAGICIEN_On lui prête les fonctions d’alchimiste, de médecin et de magicien. Il fut, de la part de quelques chercheurs en théologie, assimilé à Paul de Tarse, initiateur du christianisme. Héléna Blavatsky le considéra comme un maitre de la Grande Loge Blanche. Ce mage, adversaire de Pierre,  fut aussi accusé d’être un démon ayant pris forme humaine, préfigurant Merlin l’enchanteur.


 

 

 

 

 

 

Neuilly_simonLes Homélies pseudo-clémentines résument la doctrine que Simon prétendait démontrer par les Écritures : « le Dieu suprême est un dieu autre que celui qui a créé le ciel et la terre ; il est inconnu et ineffable et il pourrait être appelé le Dieu des dieux ». Irénée et Hippolyte firent de lui le père du gnosticisme.

 

 

 

 

 

Neuilly_Autun_2Neuilly_Autun_

 

 

 

 

 

 

Le chapiteau, comme à Autun, le montre dans l’épisode de la fin de sa vie, quand il voulut prouver à Néron qu’il savait voler en se jetant du haut d’une tour (le Capitole) et que les démons, lui enlevant leur soutien sous la prière de Pierre, le laissèrent tomber. C’est à ce moment là que Néron condamna Pierre et Paul. Sur les chapiteaux d’Autun, on le voit s’envoler puis tomber.

Neuilly_en_Donjon_1984aIci, son âme, sous la forme d’un enfant, est attendue par un démon. Un démon, d’après Denys l’Aréopagite, n’est ni bon ni mauvais, il représente simplement ceux qui vont à l’encontre de leur nature. Le diable, n’est que la représentation de ce qui divise, de nos pulsions qui nous renvoient dans la matérialité. Simon chute, il est à l’envers, ses pieds touchent le ciel, ses mains la terre. Sa tête est relevée par les cheveux (la force), l’obligeant à regarder un personnage qui porte un bâton, comme un espoir de redressement…  

 

 

 

 

 

 

Neuilly_en_Donjon_23Côté solaire, à droite, la représentation de l’épisode de la vie de Daniel, la fosse aux lions.  Là aussi, Un homme est tiré par les cheveux, Habacuc, qui apportait, tenu par l’ange, de la nourriture à Daniel dans la fosse. Normalement, 7 lions sont présents, dont un qui lèche les pieds de Daniel. Ici, il lèche l’épaule gauche du prophète. Daniel est le héros solaire, celui qui a vaincu la mort, la promesse de la transcendance des forces de la nature et de la rédemption, l’accès à la vie spirituelle pour le pèlerin qui entre dans l’athanor de l’église.

 

 

 

 

 

 



Neuilly_en_Donjon_1989a30 Ils le jetèrent aussitôt dans la fosse aux lions et il y demeura six jours
31 Il y avoit dans la fosse sept lions et on leur donnoit chaque jour deux corps avec deux brebis mais on ne leur en donna point alors afin qu ils dévorassent Daniel
32 En ce même temps le prophète Habacuc étoit en Judée et ayant apprêté du potage il le mit avec du pain trempé dans un vase et l alloit porter dans le champ à ses moissonneurs
33 L ange du Seigneur dit à Habacuc Portez à Babylone le diner que vous avez pour le donner à Daniel qui est dans la fosse aux lions
34 Habacuc répondit Seigneur je n ai jamais été à Babylone et je ne sais où est la fosse
35 Alors l ange du Seigneur le prit par le haut de la tête et le tenant par les cheveux il le porta avec la rapidité d un esprit céleste jusqu à Babylone où il le plaça au dessus de la fosse aux lions
36 Et Habacuc dit avec un grand cri Daniel serviteur de Dieu recevez le dîner que Dieu vous a envoyé
37 Daniel répondit O Dieu vous vous êtes souvenu de moi et vous n avez point abandonné ceux qui vous aiment
38 Et se levant il mangea Mais l ange du Seigneur remit aussitôt Habacuc dans le même lieu où il l avoit pris
39 Le septième jour le roi vint pour pleurer Daniel et s étant approché de la fosse il regardoit dedans et il vit Daniel qui étoit assis au milieu des lions
La Sainte Bible par Lemaistre de Sacy, Daniel, Chapitre 14


Le linteau

 

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Neuilly_en_Donjon_1985La Bande-Dessinée Le linteau nous présente en premier lieu la représentation d’Adam et Eve entre l’arbre de la connaissance et l’arbre de Vie. Eve, la déesse mère des hommes (lunaire et initiatrice), n’a pas encore cueilli le fruit défendu, la connaissance, montrée par le serpent tentateur/initiateur gardien secret des énergies, et Adam cache non pas son sexe mais sa gorge, en fait le chakra correspondant aux énergies de communication, qui va permettre de relier l’homme et le cosmique. Cette chute dans la matière sera rachetée par le Christ qui permettra à nouveau aux hommes de retrouver la voie de la lumière.

 

 

 


Neuilly_en_Donjon_1987Cet épisode est symbolisé par la Cène présentée à droite, côté solaire. C’est bien la Cène, et non pas le repas chez Simon à Béthanie comme on peut le trouver sur le net.Le Christ est accompagné des 12 apôtres. Les évangélistes tiennent leur livre respectif, les autres un flacon de vin ou du pain.

 

Neuilly_en_Donjon_1986Marie-Madeleine est présente lors de ce repas, ce qui a pu induire en erreur l’analyse. Sa présence fait le penchant avec celle d’Eve dans la première partie du message. Je vous renvoie à la symbolique de Marie de Magdala.

 

 

 

 

 



Le tympan



N_anatomie_oreille_1Le tympan est une membrane fibreuse chargée de récolter les vibrations de l’air dans l’oreille externe et de les transmettre à l'oreille moyenne.  Pour qu’on puisse « entendre », plusieurs transformations se produisent dans l'oreille, composée de trois parties, l’oreille externe, l’oreille moyenne et l’oreille interne (appelée aussi labyrinthe…) qui ont le rôle de transmission, de réception puis de perception. Les ondes mettent en vibration le tympan (énergie mécanique). Des osselets (Marteau, Enclume, Etrier) transmettent cette énergie et l'amplifient, pour éviter la perte d'énergie liée au passage du milieu aérien au milieu liquide. L’onde ainsi créée met en vibration une membrane (dans ce que l’on appelle le limaçon) qui va permettre une première analyse du son notamment en fréquence. Puis les impulsions électriques partent sur le nerf auditif et sont analysées dans l'aire auditive. Je ne veux pas donner un cours d’anatomie, mais voyez ce qu’un tympan contribue à percevoir et les mots employés…

 

 

 

 

Neuilly_en_Donjon_1988dDonc notre tympan va nous permettre « d’entendre » quelque chose. Il représente la scène de l'Epiphanie. Je vous renvoie au lien (il faut cliquer sur le mot, tout simplement). Il nous parle encore une fois de transformation, avec sa symbolique alchimique :
« Les rois-mages, leurs nombre, la couleur de leurs manteaux, représentent les 3 phases du grand œuvre alchimique, l’œuvre au noir, au blanc puis au rouge, qui amènera à la transmutation du vil métal en or. L’étoile les guidant apparaît dans l’une des phases de l’œuvre sur la matière première. Elle est, dit-on, plus marquée dans la voie sèche de l’antimoine. Elle guide vers l’enfant roi, vers la fin de l’œuvre. »

 

 

 

 




Neuilly_en_Donjon_1988bL’enfant, nous le retrouvons sur les genoux de sa mère, la grande déesse, Marie. Elle est ici représentée avec les attributs d’une vierge noire : datant du XIIe siècle, représentée en majesté, dans un lieu connu depuis l’antiquité, ses grandes mains transmettant à son fils déjà adolescent l’énergie de transformation.


 

 

 

 

 

 

 

Neuilly_en_Donjon_1988aSes deux pieds sont posés non pas sur les représentations de Luc et de Marc, mais sur deux vouivres ailées.


 

Neuilly_en_Donjon_1988aaCelle de gauche est nettement féminine et bovine : on remarque ses sabots et ses cornes. La vache, à l’instar d’Hator, est le symbole lunaire de la Terre-Mère, la grande nourrice, modèle par excellence du principe féminin, souveraine des quatre coins du ciel et maîtresse des points cardinaux.


 

 

 

Neuilly_en_Donjon_1988abCelle de droite est masculine et léonine. Le lion est ici représentatif du principe solaire. En héraldique, le lion dont la queue passe entre ses jambes est appelé « couard ». Ici ce n’est pas infâmant, mais simplement le signe de sa maîtrise des choses du sexe puisque sa queue remonte vers le cosmique. Les deux animaux sont ailés, signe que les énergies dont ils sont maitres se dirige vers le haut. Seule la vierge pose ses deux pieds sur leur dos. Les rois-mages sont portés par l’aile de la vache, l’ange portant un livre dans lequel il écrit, l’intermédiaire, est porté quand à lui sur l’aile du lion.  



Neuilly_en_Donjon_1988cLe tout est entouré de quatre anges jouant de l’olifant. Eugène Viollet-le-Duc parle de cet instrument : « L'olifant était un cor de guerre et de chasse, servant à donner des signaux, à rallier les troupes. L'olifant était donc un instrument considéré comme noble que portaient les chefs, ou un homme qui les suivait. L'olifant était alors une marque distinctive de commandement, de dignité ». Ici, ce noble instrument présente l’enfant-roi. Les anges, dont le bas du corps est caché, ont une aile (capteur d’énergie) regardant vers le ciel, l’autre vers la terre.


 

 

 

 

 

 

Neuilly_en_Donjon_21aLa voussure intérieure du tympan, ornée de palmettes et représentant l’arc céleste, sort de la bouche de deux bêtes. Le palmier, transformateur et équilibrant, est un symbole de victoire et de régénérescence. La bête symbolise ici les forces brutes. Le ciel ne peut être atteint si l’homme ne s’appuie pas sur la force de sa nature. Et l’on retrouve alors l’un des symboles que porte le Baphomet au centre du chevet, dans l’axe solaire et l’axe de l’eau, à l’emplacement du point menhir, là où les énergies sortantes ont été transformées dans l’athanor de l’église.

4 novembre 2012

L’église Saint-Pons de Baugy



Baugy_3Baugy provient d'un nom d'origine gauloise, Borua,  désignant un terrain marécageux, ou bien du nom du propriétaire d’une villa, Balbius, le bègue en latin. Balgiacum se développa à l'époque gallo-romaine, grâce à sa situation sur une ancienne voie de communication et  à son port sur la Loire. La première mention du Pagus Balbiacensis apparaît dans une charte du VIe siècle, puis une villa Balgicaco, est citée dans une charte de Saint-Benoît-sur-Loire, en 756.

Baugy_1L’église Saint-Pons fut construite dans la deuxième moitié du XIe siècle et, en 1088, Geoffroy II de Semur, frère de l'abbé de Hugues de Cluny, en fit don au prieuré clunisien de dames de Marcigny-sur-Loire.

 

 

 

 

Baugy_4Elle fut dédiée à saint Pons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Baugy_Saint_Pons_2La vie de Pons nous est connue par le récit attribué à Valère, un de ses disciples. Pons, ou Pontius, naquit à Rome dans une famille sénatoriale païenne dans le premier quart du IIIe siècle. Il s’initia aux lettres et à la philosophie avant de se convertir à la foi chrétienne en 235. Après la mort de ses parents, il fit don de tous ses biens et se consacra à la religion, convertissant l’empereur Philippe. Valérien arriva au pouvoir et reprit les persécutions. Pons se réfugia à Cimiez, près de Nice, mais ne tarda pas à être arrêté. Refusant de sacrifier aux Dieux, il fut martyrisé en 257. Selon la légende à l’origine de sa sanctification, il aurait résisté au supplice du chevalet, aux ours, au bûcher. Il finit donc décapité, un 14 mai, jour où il fut fêté par la suite.  

 

 

 

 

 


L’extérieur



Baugy_2L’église Saint-Pons, l’une des plus anciennes du Brionnais, fut oubliée des guerres et des restaurations malencontreuses du XIXe siècle, et même si les peintures ne furent pas du meilleur goût, l’essentiel fut conservé. Elle fut construite en petit appareil calcaire régulier, signe de son ancienneté.

 

 

 

 

 

 

 

Baugy_5Le clocher, de plan carré, est surmonté d'une haute flèche en ardoises à quatre pans. Au niveau du beffroi, il est percé, sur chaque face, de deux baies dont les fenêtres géminées sont encadrées par une archivolte enveloppante en plein cintre.

 

 

 

 

 

 

 

 

Baugy_6Le portail occidental est surmonté d'un tympan nu encadré par une simple archivolte en plein cintre retombant sur deux colonnes latérales ornées de chapiteaux sculptés.

 

 

 

 

 

 

Baugy_7A gauche, des feuillages de Chélidoine, symbole de l’accès à la lumière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Baugy_8A droite, les animaux musiciens. Un lapin (symbole de fertilité de la Terre-Mère) sonnant de la trompe, un porc (dans l’ancienne tradition celte, le druide) jouant de la cithare et un âne (symbole de la révélation) de la vièle.

 

 

 

 

 

 

 

 

Baugy_28Les instruments sont eux-mêmes les symboles de la mesure de l’univers et de la transformation harmonique, que l’on trouvera dans le sanctuaire. Ceux qui en jouent a entendu la musique des sphères.

 

 

 

 

 

 

 



L’intérieur



Baugy_plan_1D’un plan simple et de facture archaïque, l’église se compose d’une nef unique, couverte à l’origine d’une charpente, d’une travée de chœur et d’une abside en hémicycle.


 

 

 

 

 

 

Baugy_12A gauche en entrant, côté lunaire, le baptistère, branché directement sur un courant d'eau souterrain.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Baugy_9Les fenêtres en plein cintre éclairant la nef sont aussi de facture archaïque, très étroite et profondément ébrasées à l'intérieur.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Baugy_11La travée de chœur communique avec la nef et l'abside par deux grandes arcades en plein cintre à double rouleau retombant sur des dosserets.

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Baugy_15Une croix de consécration est encore dessinée sur le mur.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les chapiteaux sont en majorité à feuillages, et l’on retrouve ici la progression dans la transformation, du simple feuillage aux fleurs puis aux fruits.


Baugy_16A mi-parcours, côté solaire, un homme sort sa tête des feuillages, il voit la lumière.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Baugy_1494aUn chapiteau de la croisée porte même des feuilles de vigne et des grappes de raisin. L’arbre est symbole d’éternité, mais aussi d’enseignement par l’esprit. Il fait la jonction entre la terre et le ciel, entre les énergies telluriques qu’il transforme et équilibre, et les énergies solaires et  cosmiques qu’il capte par l’intermédiaire de ses feuilles. La vigne, arbre sacré des grecs, est symbole de la renaissance, de la connaissance initiatique et de l’accès au spirituel. Elle permet de désactiver le mental afin d’arriver à l’ivresse mystique donnant l’enseignement spirituel.


 

 

 

 

 

Baugy_1490aUn autre nous montre des lions affrontés, posant leurs pattes dans une coupe d’où sortent aussi des feuillages, peut-être des palmes. Le lion, symbole de force et de courage, peut aussi représenter l’orgueil et la colère. C’est la force brutale incarnée dans la matière lunaire, mais aussi la puissance maitrisée du principe solaire accompli. Les deux natures s’affrontent. Les pattes ne touchent plus l’astragale, ce qui veut dire que les lions partant du tellurique sont arrivés au cosmique. Le palmier sera transformateur et équilibrant. Au-dessus d’eux, proche du ciel, la fleur épanouie.

 

 

 

 

 

Baugy_13L'abside est voûtée d'un cul-de-four en plein cintre. Elle est percée de cinq fenêtres encadrées par une série d’arcatures retombant sur des colonnettes à chapiteaux sculptés.
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Baugy_1484aCette fois, les chapiteaux nous montrent, mis à part les feuillages se développant en s’ouvrant jusqu’au centre du sanctuaire, de chaque côté du chœur, des aigles aux ailes déployées. Animal solaire par excellence, il est le gardien de l’entrée du temple. Il montre le chemin, s’élevant vers le soleil. Il est l’équivalent spirituel, céleste,  du pouvoir temporel, terrestre, du lion.

 

 

 

 

 

 

 

Baugy_1489aC’est le symbole de la sagesse et le messager spirituel entre les dieux et l'homme. Au-dessus d’eux, la fleur présente 4 pétales. C’est la fleur solaire, matérialisant le centre du monde et réunissant la divinité, le ciel, l’espace et le temps. Les aigles (à moins que d’aigles ils ne soient devenus phénix) regardent aux 4 points cardinaux.

 

 

 

 

 

 

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Baugy_%28Sa%C3%B4ne-et-Loire%29

http://www.sitesclunisiens.org/article.php?sid=106

http://pjpmartin.pagesperso-orange.fr/site/Chemins_du_roman.htm#Baugy



2 novembre 2012

Saint-Julien-de-Jonzy


Saint_Julien_de_Jonzy_1Situé sur l’ancien chemin reliant la Saône et la Loire, importante voie de circulation commerciale à une époque reculée, Saint-Julien-de-Cray devenu Saint-Julien-de-Jonzy  fut un probable lieu de culte durant la période celte puis gallo-romaine. Vers l’an Mille, les ducs de Bourgogne annexèrent la baronnie jusqu’alors indépendante. Une première église est mentionnée pour la première fois dans une charte de l’abbaye de Cluny en 1106. Une deuxième église vit le jour en 1150, à la suite de donations de seigneurs locaux.

 

 

 

Saint_Julien_de_Jonzy_2Construite de modeste dimension, le clocher et le tympan sont toutefois de toute beauté.

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Saint_Julien_de_Jonzy_plan_1bIl ne reste de cette époque que le clocher et son soubassement, ainsi que le portail ouest, qui fut déplacé lors de la reconstruction de la nef au XIXe siècle. La nef a la particularité de se trouver en position inversée par rapport à l’ancienne.

 

 

 

 

 

Saint_Julien_de_Jonzy_12aLe clocher, de base carrée, se retrouve ainsi en façade alors qu’il était situé à la croisée du transept. Le toit à quatre pans fut refait en même temps que la nef. L'étage inférieur est orné d'arcatures lombardes retombant sur de courts pilastres cannelés. L'étage du beffroi est largement ajouré, sur chaque face, par des baies géminées. Les archivoltes à double voussure retombent sur de fines colonnettes ornées de chapiteaux feuillus.

 

 

 

 

 

 

Saint_Julien_de_Jonzy_4Le tympan du portail ouest représente le Christ en majesté, dans une mandorle soutenue par deux anges aux ailes déployées. Le linteau, taillé dans le même bloc de pierre, figure le repas de la Cène. Les têtes du Christ et des apôtres furent martelées au moment de la Révolution, sauf celle de Judas. La sculpture présente des analogies avec celle du grand tympan de Charlieu.

 

 

 

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La travée placée sous le clocher est voûtée par une coupole octogonale sur trompes. L’espace est délimité par quatre arcades en cintre brisé retombant sur des colonnes engagées, munies de bases et de chapiteaux sculptés. L'éclairage est donné par deux étroites fenêtres profondément ébrasées, au nord et au sud.
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Saint_Julien_de_Jonzy_7L’un des chapiteaux présente une tête de taureau dont les cornes sont tenues par deux personnages. Peut-être la réminiscence d’un ancien culte dédié à Mithra ? Mais s’agit-il d’un taureau ou d’une vache ?

 

 

 

 

 

Hator

 

 

Il ne faut pas oublier qu’au moment de la construction de l’édifice, on était là dans la partie précédent le sanctuaire, c'est-à-dire le chœur, et du côté lunaire. Ce serait donc le symbole lunaire de la Terre-Mère, la grande nourrice, modèle par excellence du principe féminin, souveraine des quatre coins du ciel et maîtresse des points cardinaux, Hator dans l'ancienne Egypte.

 

 

 

 


Saint_Julien_de_Jonzy_3

 

mydas.ath.cx/bourgogneromane/edifices/stjulien.htm
http://www.saintjuliendejonzy.fr/origine-de-saint-julien.html

1 octobre 2012

Saint André, sa vie, sa croix

 

La vie de saint André



saint_andr__apotre_1aLe prénom André provient du latin Andreas, issu du grec ancien Andreîos, masculin, lui-même venant d’anếr, homme. Le prénom prit plus tard le sens de viril, beau, courageux. La vie de saint André nous est connue grâce au «  Liber de miraculis beati Andreae apostoli » écrit par Grégoire de Tours au VIe siècle, basé sur « Les Actes d’André », apocryphe du IIe siècle mentionné par Eusèbe de Césarée comme un écrit hérétique.   

 

 

 

saint_andr__apotre_2aSaint André, frère de saint Pierre, naquit à Bethsaïde, au nord du lac de Tibériade. Habitant Capharnaüm, il fut d'abord un disciple de saint Jean-Baptiste.

 

 

 

 

 

 

 

saint_andr__ap_tre_4aLa tradition grecque l’appelle le Protoclet, c'est-à-dire le premier appelé des douze apôtres : c’est après avoir entendu le Baptiste parler du Christ comme étant l’Agneau de Dieu qu’il le suivit et qu’il le présenta à Pierre.

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Andrew_2aAprès la Pentecôte, il visita de nombreuses contrées,  pour finir en Grèce, qui le considère comme son évangélisateur.  Byzance en fait l’installateur de son premier patriarche. A Patras, il guérit l’épouse du proconsul Egée, Maximillia, qui se convertit, ainsi que son frère qui le remplaçait durant son absence, Stratoklès. Egée, à son retour, fit arrêter André. De sa prison, André ordonna Stratoklès évêque de Patras. Condamné à mort, il fut crucifié en l’an 62.

 

 

 

 

 

 

 

saint_andr__vitrail_4aSaint André passe pour être faiseur de miracles, guérisons, résurrections et exorcismes. Il est amusant d’aller chercher la symbolique au plus profond de ces légendes, en particulier celle issue du pseudo Abdias qui raconte l’épisode suivant : Une femme pria André de l’aider à  débarrasser son champ d’un énorme serpent qui ravageait le pays. Voyant André lui ordonner de s’humilier devant Dieu, le serpent s’enroula autour d’un chêne (tiens tiens) et mourut. André fait partie des saints saurochtones. Une autre légende raconte qu’il débarrassa Aix-en-Provence de son Dragon, à moins que ce ne fût saint Jacques.


 

 

 

saint_andr__apotre_aLe culte de saint André martyr se développa d’Orient en Occident dès le Ve siècle, et se répandit jusqu’en Ecosse. Il est le protecteur de la Grèce, de l’Écosse, de la Roumanie. L’Église commémora la translation de sa dépouille à Constantinople, en 357, à la date du 9 mai. Au VIIIe siècle, sa fête était célébrée le 21 septembre, au IXe le 23 septembre, au Xe le 2 octobre, pour terminer le 30 octobre à partir du XIIe.


 

 

 

 

 

 

Saint_Andrew_aSaint André est le patron des pêcheurs et des poissonniers, des porteurs d’eau, des bouchers, des cordiers. Il est invoqué dans les combats contre l’injustice, la stérilité, la frigidité et l’impuissance, les maux de gorge, l’apoplexie, le torticolis, et les crampes.


 

 

 

 

 

 

 

saint_andr__ap_tre_12aDe très nombreuses églises portèrent le vocable de Saint-André. De nombreux ordres chevaleresques le prirent comme protecteur (L’Ordre de la toison d’Or, l’ordre impérial de Saint-André), sa croix figure sur de nombreux drapeaux.

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thor_1Nous avons vu que le prénom André provient du latin Andreas, issu du grec ancien Andreîos, ce qui peut paraître étonnant pour un pauvre pêcheur juif du lac de Tibériade. Une théorie propose l’idée que le prénom soit lié aux dieux d’origine indo-européenne. En effet, l’un des titres du dieu babylonien Bel est Induru. Un dieu hittite se nomme Indara. Indra fut le premier roi des dieux au sein du védisme, et plus tard, Thor prend le titre d’Indri ou Eindri le Divin.


 

 

 

 

 

 

Indra_1Indra porte en lui toute une symbolique solaire vraiment intéressante, que l’on va retrouver dissimulée chez l’apôtre André.  Indra, dieu guerrier conduisant un chariot doré, est roi des dieux, général d'armée et seigneur du ciel dans le Rig-Veda, mythologie de l'inde ancienne. Dieu de la guerre, de la foudre et de l’orage, à l’instar de Thor, il règne aussi sur le monde des hommes qu’il protège des forces du mal. Dans la religion zoroastrienne de l'Iran ancien, il est présenté comme faisant partie des archidémons. L’hindouisme le transforme en roi des Devas, supplanté plus tard par Vishnou et Shiva, résidant désormais sur l’axe du monde, le mont Meru.


 

 

 

 

 

Indra_2Indra est honoré en tant que dieu de la fertilité apportant l’eau sur terre. Il est le tueur du serpent Vṛtra (personnification de la sécheresse, de la résistance, de l'inertie) qui étranglait de ses anneaux le vase dans lequel reposaient les Eaux Originelles du monde et les Principes de la Vie. Il le combattit avec l’éclair et l’arc-en-ciel (feu et lumière). Il avait le don de ramener à la vie les guerriers morts aux champs de bataille.

Indra est également un des dikpala, les gardiens de l’espace, des huit dimensions, gardant les points cardinaux et inter-cardinaux. Il est le gardien de l'est.  Il est aussi le père d’Arjuna, le plus grand guerrier de tous les temps, ami de Vishnou. Il est accompagné par les Mâruts, divinités du monde subtil et de la sphère intermédiaire ou la sphère de l'espace, situés entre le ciel et la terre, comparables à ceux qui entourent le dieu nordique Odin.


 

 

 

paon_2aC’est lui qui donna au paon les couleurs des plumes de sa queue, en remerciement pour son aide. Le paon devint alors le héraut d'Indra et son cri perçant annonçait l'orage.


Pour finir, quelques dictons de nos campagnes. La symbolique de la date de la fête ne nous échappera pas :

- À la Saint-André, la terre retournée, le blé semé, il peut neiger.
- À la Saint-André berger ne doit plus rien garder.
- À la Saint-Martin, l’hiver est en chemin, à la Saint-André, il est acheminé.
- À la Saint-André la nuit l’emporte sur le jour qui suit.
- Il faut semer le seigle à la Saint-André, car il ne sort qu’à Noël arrivé.

 

 




La croix de Saint-André




Croix_1Les plus vieilles représentations de cette croix se retrouvent à Sumer, sur des sceaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Croix_3Toujours sur un sceau chez les Hittites et leur dieu Indara (André ?) maitrisant un griffon, où elle est représentée en couvre-chef, symbolisant une arme mortelle.

 

 

 

 

 

Croix_2On la retrouve dans la mythologie nordique aux côtés de Thor, représentant la double hache de guerre ou les marteaux, puis sur des monuments préchrétiens en Ecosse et en Irlande.

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sssqCe symbole sumérien, traduit par hostile, Gur ou Geur (Georges ?) donna en anglais ancien Gar, la lance. Est-ce là l’origine du symbole d’une arme, puis du danger, le crâne aux deux tibias croisés ?

 

 

 

18aAppelée aussi croix oblique ou croix couchée, signe de la lettre grecque X, Khi, elle est nommée decussata dans les textes anciens, par sa ressemblance avec le decussis : X, signe du nombre 10 en latin.


 

 

 

 

 

 

croix_4aFigurant sur des pièces de monnaies préchrétiennes et en héraldique en tant que croix sautoir, c’est seulement au XIIe siècle, dans les régions du nord de l’Europe (l’Écosse, dont saint André était le patron, puis Grande-Bretagne, Flandre et France du nord), qu’elle apparut sous cette forme pour représenter l’instrument du martyre de saint André.

 

 


saint_andr__philippe_IIIaElle se répandit ensuite au XIIIe siècle, avant de se généraliser à la fin du Moyen Âge. La croix de Saint-André devint l’emblème de la dynastie de Bourgogne au XVe siècle, au moment où l’ordre de la Toison d’Or fut mis par le duc Philippe III le Bon sous le double patronage d’André et de la Vierge


 

 

 

 

 

 

 

croix_7aLa croix de Saint-André, comme toutes les croix,  est une forme émettrice. Selon sa forme, une croix va appartenir à un certain type d’énergie. A partir du moment où ses proportions sont harmoniques, elle développera son action dans le temps et l’espace.



 

 

 

 

18bLa symbolique de la croix de Saint-André est riche. On lui attribue la valeur universelle du secret ou de l’inconnu (tout le monde connaît le x des mathématiciens représentant une inconnue et le X qui multiplie). Pour les astrologues, elle désigne le Verseau. Pour les Alchimistes, le signe de l’union du Soufre et du Mercure. Elle peut se voir comme la jonction d'un V (descente céleste) et d'un Λ (élévation terrestre), le cosmique et le tellurique qui se rejoignent.


 

 

 

 

 

 

Montsaun_s_2Elle peut représenter le principe mâle ou actif, un axe relié au point central qui, se mettant en mouvement, va devenir tourbillon. Elle est liée aux points cardinaux, aux solstices et aux équinoxes, et fait partie de la grande Roue (Rota) de l’Univers en mouvement. Elle représente, par sa forme la plus simple (schéma du scintillement des étoiles, de la dispersion rayonnante de tout ce qui brille, éclaire, irradie, donc des radiations lumineuses), la lumière manifestée, et l’étincelle, qui en fera le symbole de l'illumination et, par extension, de la révélation spirituelle.

 

 

 

reine_et_roi_2a« Le X représente l’écriture de la lumière par la lumière même, la trace de son passage, la manifestation de son mouvement, l’affirmation de sa réalité. C’est sa véritable signature. Jusqu’au XIIe siècle, on ne se servait pas d’autre marque pour authentifier les vieilles chartes; à partir du XVe siècle, la croix devint la signature des illettrés. C’est le nombre complet de l’Œuvre, car l’unité, les deux natures, les trois principes et les quatre éléments donnent la double quintessence, les deux V, accolés dans le chiffre romain X, du nombre dix.

Dans le domaine alchimique, la croix grecque et la croix de Saint-André ont quelques significations que l’artiste doit connaître. Ces symboles graphiques, reproduits sur un grand nombre de manuscrits, et qui font, dans certains imprimés, l’objet d’une nomenclature spéciale, représentent, chez les Grecs et leurs successeurs du moyen-âge, le creuset de fusion, que les potiers marquaient toujours d’une petite croix (crucibulum), indice de bonne fabrication et de solidité éprouvée. Mais les Grecs se servaient aussi d’un signe semblable pour désigner un matras de terre. Nous savons que l’on affectait ce vaisseau à la coction et pensons que, étant donné sa matière même, l’usage en devait être peu différent de celui du creuset.
Le X traduit aussi le sel ammoniac des sages, ou sel d’Ammon, c’est-à-dire du Bélier, que l’on écrivait jadis avec plus de vérité harmoniac, parce qu’il réalise l’harmonie, l’accord de l’eau et du feu, qu’il est le médiateur par excellence entre le ciel et la terre, l’esprit et le corps, le volatil et le fixe. C’est encore le Signe, sans autre qualification, le sceau qui révèle à l’homme, par certains linéaments superficiels, les vertus intrinsèques de la prime substance philosophale. Enfin, l’X est l’hiéroglyphe grec du verre, matière pure entre toutes, nous assurent les maîtres de l’art, et celle qui approche le plus la perfection.

st andré Le signe de la croix, monogramme du Christ dont l’X de Saint-André et la clef de saint Pierre sont deux répliques d’égale valeur ésotérique, est bien cette marque capable d’assurer la victoire par l’identification certaine de l’unique substance exclusivement affectée au labeur philosophal. »

D_dicace_1La croix de Saint-André entre dans la cérémonie de la dédicace d'une église catholique. Faite de sable ou de cendre (récupérée de la combustion du bois de la charpente ayant servi à la construction), elle est tracée au centre de l’église, selon les diagonales du quadrilatère solsticial de Rome.

 

 

 

 

 

D_dicace_2Dans la cendre ou le sable est inscrit avec la crosse de l'évêque le double alphabet grec et latin.

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« Culte et iconographie de saint André en France (Ve, XVe siècle) » de Charlotte Denoël, thèse de l’École des chartes  2001.
« Les Demeures Philosophales » de Fulcanelli

http://ora-et-labora.frenchboard.com/t371-la-croix-de-st-andre

http://theses.enc.sorbonne.fr/document24.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Croix_de_saint_Andr%C3%A9

http://www.jrbooksonline.com/pob/pob_ch21.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Indra

http://www.fssp.org/fr/olgschapel.htm

http://sfx75.sfx-paris.fr/axmag/chronique/livret1894/

 

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