25 octobre 2008

Castel Sant'Angelo

Castel_Sant_Angelo_16Le Castel Sant'Angelo, ou château Saint-Ange, se situe à droite du Tibre, face au pont Aelius. C'est un immense bâtiment cylindrique, initialement commandé par l'empereur Hadrien en 135 pour être son mausolée et celui de sa famille. Il fut ensuite utilisé comme une forteresse puis comme château. C'est maintenant un musée.






















Castel_Sant_Angelo_2Castel_Sant_Angelo_Mausol_e_AugusteA l'origine, le mausolée, énorme tumulus, pendant du tombeau d'Auguste de l'autre côté du Tibre, était une rotonde surmontée d'un quadrige de bronze mené par l'empereur Hadrien figuré en soleil et d'un bosquet d'arbres funéraires. Son entrée, du côté du pont, était annoncée par quatre piliers de travertin surmontés de paons de bronze doré dont deux ont été conservés et qu'on peut admirer de nos jours de part et d'autre d'une pomme de pin géante, dans le Cortile della Pigna des musées du Vatican.
Le monument était assis sur un podium carré en travertin de 89 m de côté et de 15 m de haut, recouvert de plaques de marbre de Paros.      

Castel_Sant_Angelo_1Au-dessus, une enceinte circulaire de 64 m de diamètre pour 21 m de hauteur était elle aussi recouverte de marbre et portait, du côté du pont, les épitaphes de tous les personnages dont les cendres étaient conservées à l'intérieur de la chambre funéraire. A l'intérieur, une galerie hélicoïdale conduisait à la chambre funéraire centrale, surmontée de deux ou trois pièces superposées. Au-dessus de ces chambres, s'élevait un tumulus de terre couvert de verdure, comme sur le mausolée d'Auguste.










Castel_Sant_Angelo_4Les cendres d'Hadrien y seront déposées en 139,  ainsi que celles de sa femme Sabine, et de son premier fils adoptif, Lucius Aelius, dont le nom fut donné au pont permettant l'arrivée au mausolée depuis le Champ de Mars. A leur suite, de nombreux empereurs s'y firent ensevelir, le dernier étant Caracalla en 217. Les urnes contenant les cendres furent probablement placées profondément à l'intérieur du bâtiment, dans ce qui est maintenant connu sous le nom de "chambre du Trésor".










Castel_Sant_Angelo_17La forme et l'emplacement du mausolée eurent très vite raison de sa vocation funéraire première.
Dès 270 en effet, l'empereur Aurélien l'intègre dans le système de fortifications de la ville, et en 403 il devient un fort protégeant l'accès au pont Aelius depuis la Via Triumphalis.








Castel_Sant_Angelo_14En 537, au cours du siège de Rome par les Goths, il est pris d'assaut, et ses défenseurs ne trouvent pas d'autres projectiles à lancer contre les assaillants que les statues qui en ornaient les niches.
Pendant la période du début du christianisme, les colonnes de pierre du tombeau d'Hadrien servirent à décorer la nouvelle basilique de Saint-Pierre.







Castel_Sant_Angelo_22Le bâtiment sera transformé en bastion par les papes menacés par les familles nobles romaines.












Castel_Sant_Angelo_11Léon VI (847-855) fera construite la muraille qui relie le château au Vatican, qu'Alexandre VI surmontera d'un passage secret, le "Passetto", qui permettait aux papes de passer de leur résidence à la forteresse en cas de siège.










Castel_Sant_Angelo_18Nicolas V (1447-1455) dotera cette dernière de donjons et d'un étage en brique au-dessus de la partie antique. Alexandre VI (1492-1503) fera rajouter les bastions octogonaux. Clément VII, fuyant les troupes de Charles-Quint, y trouvera refuge en 1527 et aménagera les appartements que Paul III embellira par la suite. Le castel servit aussi de prison : Giordano Bruno y fut incarcéré pendant six ans).  Jusqu'au XIXème siècle, le château servira à la papauté de prison politique.






Castel_Sant_Angelo_23La forme compacte du monument l'a préservé des plus grands outrages du temps : surmonté d'un étage de briques au dessus de la partie antique et transformé en forteresse, en prison  et en résidence d'été des papes, il a poursuivi sa carrière jusqu'à nos jours sous le nom de Château Saint-Ange.









Castel_Sant_Angelo_5Le château tire son nom actuel d'une légende apparue au IXème siècle, au sujet de la grande peste de 590. Le pape d'alors, Grégoire Ier, aurait eu une apparition de l'archange Michel au sommet du château, remettant son épée au fourreau, signifiant ainsi la fin de l'épidémie. En mémoire de cet évènement, une statue en bois fut placée au sommet. Elle connut de nombreuses versions, dont certaines en marbre, puis une en bronze qui fut fondue en 1527 pour forger des pistolets, puis une autre en marbre de Raffaello da Montelupo datant de 1544.

Castel_Sant_Angelo_6









Castel_Sant_Angelo_15La statue actuelle (la sixième) est l'œuvre du travail de l'artiste flamand Peter Anton von Werschaffelt en 1753. En fait, la légende explique a posteriori la présence d'une chapelle dédiée à l'archange par Boniface IV au VIIème siècle. La tradition consistant à coiffer un édifice d'un être ailé est ancienne : presque tous les édifices du Forum romain étaient couronnés de Victoires ailées.











Parties romaines

Castel_Sant_Angelo_71- Mur périmétral transformé en enceinte carrée au moyen-âge
2- Chapiteau angulaire en place jusqu'au XVème siècle, actuellement au musée
3- Entrée dans l'axe du pont Aelius, réalisé à la même époque que le mausolée
4- Couches des cellules radiales
5- Corps cylindrique

6- Soupirail qui éclairait la rampe interne
7- Vestibule d'accès à la rampe
8- Première salle dites "des urnes sépulcrales"
9- Salle dite "de la justice"
10- Salle du trésor
11- Tour
12- Rampe d'accès
13- Revêtement extérieur

Au temps du pape Alexandre VI Borgia (1492-1503)

Castel_Sant_Angelo_81- Pont Aelius restauré
2- Bastion circulaire construit en 1492
3- Appartement d'Alexandre VI
4- Muraille extérieure
5- Porte dite Collina ou Saint-Pierre, unique accès à la basilique du Vatican
6- Enceinte carrée provenant du mur extérieur de l'embasement romain
7- Bastion saint-jean
8- Bastion Saint-Mathieu
9- Fossé destiné à être rempli d'eau
10- Passage reliant le bastion Saint-Marc aux palais du Vatican, réalisé au XIIIème siècle
11- Revêtement
12-Armoiries d'Alexandre
13- Donjon central d'époque romaine
14- Constructions du XVème siècle
15 Saint-Michel archange

Au temps du pape Urbain VIII (1623-1644)

Castel_Sant_Angelo_91- Courtine
2-Corps de garde
3- Porte Barberini
4- Remparts de l'enceinte pentagonale réalisée par Pie IV (1559-1565)
5- Bastions de l'enceinte carrée
5b- Edifice adossé au bastion Saint-Marc
6- Avant-corps existant déjà sous Alexandre, agrandi par Paul III pour contrôler l'accès à la rampe
7- Loggia réalisée par Jules II en 1504
8- Salles pauliniennes de l'appartement pontifical
9- Cour d'honneur de Paul III
10- Statue de l'archange de Raffaelo da Montelupo
11- Pièces autour de la cour du puits
12- Passage couvert réalisé par Pie IV

Actuellement

Castel_Sant_Angelo_101- Pont décoré par Le Bernin et ses élèves sous Clément XIX (1667-1669)
2- Quai du Tibre (1884)
3- Bastion Saint-Jean réalisé en même temps que le quai, avec la reconstruction de la petite tour, en lui redonnant l'aspect qu'elle avait au XVIème siècle
4- Bastion Saint-Mathieu transformé au XXème siècle
5- Appartements du vice-châtelain (1750)
6- Terrasse dite "des cuirassiers"
7- Statue de l'archange (1752)







http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_Saint-Ange
http://www.rome-roma.net/chateau_rome.html
http://www.insecula.com/salle/MS02934.html
http://www.mediterranees.net/art_antique/monuments/tombeaux/mausolee2.html
http://www.rome-passion.com/chateau-saint-ange.html

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08 octobre 2008

Le temple d'Hercule Victor dit de Vesta

Temple_de_Vesta_5Le temple d'Hercule Victor, appelé aussi Olivarius car protecteur de la corporation des olearii ou marchands d'huile d'olive, est parfois nommé temple de Vesta, en raison de sa forme circulaire qui rappelle le temple de Vesta du Forum Romain. Il fut construit à la fin du IIème siècle avant notre ère dans le Forum Boarium dont la fonction religieuse s'était rapidement développée.
Temple_de_Vesta_3












Temple_de_Vesta_4Son architecture est typiquement grecque. Si l'on ne connaît pas avec certitude le nom du constructeur de ce temple (l'architecte aurait pu être Hermodoros de Salamine), la base d’une statue de culte et une inscription qui ont été retrouvées, laissent penser qu’il s’agit d’un négociant romain du nom de Marcus Octavius Herrenus, qui voulait remercier le patron de la corporation des marchands d’huile après s’être enrichi.







Temple_de_Vesta_1Cet élégant temple circulaire périptère, dont la cella est orientée côté est et qui s’élève sur un soubassement à degrés, possède vingt colonnes cannelées à chapiteaux corinthiens formant un cercle concentrique autour d'un naos cylindrique. Ces éléments supportaient à l'origine une architrave et un toit qui ont disparu. Il fut reconstruit par Tibère en l'an 15 en marbre de Luni.







Temple_de_Vesta_6Au XIIème siècle, il fut transformé en l'église de Santo Stefano delle Carrozze, puis fut appelé Santa Maria del Sole à partir du XVème siècle, à la suite d'une histoire particulière : une vieille dame de 115 ans, qui avait juré de vivre en tant que vierge, trouva une image de la Vierge dans la rivière. Le visage brillait comme le soleil...alors il fut placé à l'intérieur de l'église qui désormais pris le nom de sainte Marie du Soleil. L'église est fermée depuis le début du XIXème siècle et n'est pas ouverte au public.

Le temple d'Hercule Victor est le plus ancien bâtiment en marbre de Rome encore présent aujourd'hui.

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07 octobre 2008

Largo di Torre Argentina

Largo_di_Torre_Argentina_3Dans le centre de Rome, à 8 mètres au-dessous du niveau de la place de Largo di Torre Argentina, se trouve une enceinte sacrée qui contient 4 temples romains. Le nom de la place provient de la tour d'une maison, la Casa del Burcardo (au 44 Via del Sudario) qui fut occupée par un prélat nommé Burckhardt de Strasbourg (l'ancienne Argentoratum), maître de cérémonie du pape au début du XVIème siècle (1503). Une autre explication serait en rapport avec les magasins d'orfèvres (argentarii) installés non loin. Cette enceinte était située dans l'ancien Champ de Mars.




Largo_di_Torre_Argentina_11Les temples furent exhumés entre 1926 et 1930 et font partie d'un complexe de la période républicaine. Ils furent érigés entre le IIIème siècle avant notre ère et le Ier après notre ère. La place avec ses sanctuaires était entourée de portiques.














Largo_di_Torre_Argentina_10A défaut d’identification précise, les temples ont été nommés A,B,C et D. 

1- Restes de l'exèdre central du portique de Pompeï, maison du Sénat
2- Restes des latrines du portique
3- Statio Aquarium, département de l'eau
4- Pavement en tuf (-200)
5- Pavement en travertin (Ier siècle)









Largo_di_Torre_Argentina_2- Le temple rectangulaire A, dont 15 colonnes sont encore debout, sur lequel fut construite l'église médiévale de San Nicola dei Cesarini (il n'en reste que l'abside). Il fut probablement dédié à Juturne par Gaius Lutatius Catulus, après sa victoire contre les Carthaginois pendant la première guerre punique en 241 avant notre ère.








Largo_di_Torre_Argentina_4Juturne était essentiellement honorée à Rome comme divinité des eaux : comme de nombreuses sources, elle passait pour donner la guérison aux malades. Lors de la fête des juturnalia, le 11 janvier, les artisans que leur métier liaient à l'eau lui rendaient un culte. Elle était enfin invoquée lors des volcanalia pour écarter les incendies des récoltes. Plus tard, à l'époque de Septime Sévère (fin du IIème siècle, début du IIIème), ce temple abrita  les bureaux des Eaux et Aqueducs gérés par un Curator acquarum et Minuciae ou préposé au Service des Eaux et à la distribution du blé.




Largo_di_Torre_Argentina_8- Le temple B, de plan circulaire, avec six colonnes, fut construit par Quintus Lutatius Catulus en 101 avant notre ère pour célébrer sa victoire sur Cimbres, un peuple nordique du Jutland, et dédié à " Aedes Fortunae Huiusce Diei",  la "Fortune du Jour Présent". Au dos de celui-ci, se trouvait l’antique Curie Pompéienne, le lieu même où Jules César fut assassiné en 44.













Largo_di_Torre_Argentina_5Une statue colossale de la déesse y fut découverte lors des fouilles, maintenant conservée dans le musée du Capitole. Sa tête, ses bras et ses jambes sont en marbre, les autres parties, couvertes par la robe, sont en bronze.










Largo_di_Torre_Argentina_7- Le temple rectangulaire C, le plus petit et le plus ancien (quatrième ou troisième siècle avant notre ère), sur un niveau plus bas que les autres, était vraisemblablement dédié à la divinité Feronia, divinité liée à l'eau (sources et bois), à la fécondité (récoltes), aux voyageurs, à la liberté (les esclaves s'asséillaient sur l'une des pierres sacrées de son temple pour obtenir leur libération), et au feu. Ce temple fut consacré après une victoire sur les Sabins en 290 avant notre ère. Il fut restauré après l'incendie de 80, la mosaïque en noir et blanc date de cette époque.




- Le temple D, dont une partie reste sous la chaussée, le plus grand des 4 et le plus récent, date de l'époque Augustéenne et pourrait être celui des Lares Permarini,  qui protègent les navigateurs. Il fut construit par le preteur  Marcus Aemilius Regillus, engagé dans une bataille navale contre la flotte d'Antiochus le Grand en -190.

Les Lares

Lares_1Les Lares, parfois aussi appelés Genii loci, sont des divinités romaines protectrices. La religion des dieux Lares, qui compte parmi les plus anciennes des peuples de l'Italie latine, fait partie du groupe très important des cultes domestiques où figurent, avec Vesta et Vulcain, les Pénates, les Manes et les Génies ; on la rencontre dès les débuts de l'histoire, chez les Latins, les Sabins et les Etrusques. Rome avait pour dieux lares Rémus et Romulus.

Lares_3En général, tous les dieux qui étaient choisis pour patrons et protecteurs d'un lieu public ou particulier, tous les dieux dont les États, les cités, les maisons éprouvaient la protection, en quelque genre que ce fût, étaient appelés Lares. On distinguait donc plusieurs sortes de dieux Lares, outre ceux des maisons qu'on appelait domestiques ou familiers. Ceux-ci, gardiens de la famille, avaient leurs statues en petit modèle auprès du foyer ; on en prenait un soin extrême ; certains jours, on les entourait de fleurs, on leur mettait des couronnes et on leur adressait de fréquentes prières. Cependant, il arrivait quelquefois qu'on perdait tout respect à leur égard, comme, par exemple, à la mort de quelques personnes chères : alors, on les accusait de n'avoir pas veillé à leur conservation, de s'être laissé surprendre par les génies malfaisants.









Lares_2Les Lares publics présidaient aux édifices, aux carrefours, aux places de la ville, aux chemins, aux champs : ils étaient même chargés d'éloigner les ennemis. A Rome, les Lares avaient leur temple dans le Champ-de-Mars. Janus, Apollon, Diane, Mercure étaient réputés dieux Lares des Romains. Le culte des dieux Lares est venu, paraît-il, de ce que l'on avait coutume primitivement d'enterrer les corps dans les maisons. Le peuple crédule s'imagina que leurs âmes y demeuraient aussi, et il les honora bientôt comme des génies favorables et propices. Plus tard, quand la coutume se fut introduite d'enterrer les morts le long des grands chemins, on regarda aussi les Lares comme dieux protecteurs des routes.







Lares_4Il convient d'ajouter que les Lares ne pouvaient être que les âmes des bons ; on donnait le nom de Lémures aux âmes des méchants. Les Lémures, génies malfaisants et inquiets, apparaissaient, disait-on, sous la forme de fantômes, et se faisaient un malin plaisir d'effrayer et de tourmenter les vivants. On les appelait aussi Larves.















Les chats du Largo

Largo_di_Torre_Argentina_9C'est dans cet espace sacré que les chats ont trouvé leur sanctuaire. Des "gattare", femmes bénévoles, viennent s’occuper d’eux et les nourrir à leurs frais. Il est possible d'adopter l'un des matous, qui sont tous vaccinés et stérilisés. Les dons sont les bienvenus pour ceux qui sont trop vieux ou handicapés....

http://monsite.wanadoo.fr/roma_centre_histor./page5.html
http://www.linternaute.com/voyage/italie/rome/monument/largo-argentina/
http://www.mediterranees.net/histoire_romaine/empereurs_1siecle/auguste/daremberg8.html
http://www.dicoperso.com/term/adb0aeb1acb1a35d,,xhtml

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04 octobre 2008

La fontaine de Trevi

Fontaine_de_Trevi_7Dès le Ier siècle avant notre ère une conduite d'eau, l'Aqua Vergine, arrivait déjà à cet endroit pour alimenter les thermes d 'Agrippa situés derrière le Panthéon. La légende rapporte que des soldats, cherchant de l'eau, rencontrèrent une jeune fille nommée Trevi.















Fontaine_de_Trevi_4Ils lui assurèrent qu'elle pourrait garder sa virginité si elle leur indiquait l'emplacement d'une source, ce qu'elle fit. L'étymologie la plus probable est latine : "trivium", ou "tre vie" en italien, signifie que la fontaine se trouve sur l'emplacement d'un croisement de trois rues, ou encore sur la convergence de 3 "bouches", "cavole di Trejo", du conduit de l'Aqua Vergine.








Fontaine_de_Trevi_3La légende est tenace, le merveilleux aussi : la vierge à l'angle, entourée de deux anges soutenant une couronne, protège les passants selon une antique tradition, les amoureux et les couples désirant un enfant s'y donnent rendez-vous, ceux qui veulent revenir à Rome lancent une pièce dans l'eau par dessus leurs épaules, le dos tourné vers la vasque. Cette coutume s'est répandue au monde entier : les touristes jettent des pièces, de partout sur la planète, dans la moindre petite fontaine afin d'exaucer un vœu. A la fontaine de Trevi, la monnaie est collectée par les autorités et envoyée à des œuvres de charité.









Fontaine_de_Trevi_2La fontaine actuelle fut construite sous le pontificat de Clément XII, dont on remarque le blason en haut de l'édifice, et décorée par de nombreux artistes de l’école du Bernin en 1762. Elle remplace la bouche de l'Aqua Vergine.















Fontaine_de_Trevi_1Elle représente une allégorie de l'Océan avec au centre Neptune, se tenant sur un char en forme de coquille d'huitre tiré par deux chevaux marins ailés: l'eau violente (gauche) et l'eau sauvage (droite). Les chevaux sont guidés par deux tritons. Neptune est entouré  par l'abondance et la salubrité, surmontées de deux reliefs représentant d'un côté la jeune fille découvrant la source et de l'autre l'empereur Agrippa commandant la construction de l’aqueduc.







Fontaine_de_Trevi_5Les statues au dessus représentent les quatre saisons. Une anecdote intéressante sur un évènement qui a conduit au tarissement de la fontaine :
http://www.acme-eau.org/Histoire-drole-A-Rome,-la-fontaine-de-Trevi-est-coupee_a1630.html

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01 octobre 2008

Le Panthéon

Panth_on_11Le Panthéon original fut construit en -27, au début du règne d’Octave Auguste, par Marcus Vipsanius Agrippa. L'inscription sur le fronton mentionne "M(arcus) AGRIPPA L(uci) F(ilius) CO(n)S(ul) TERTIUM FECIT", c'est à dire " Marcus Agrippa, fils de Lucius, consul pour la troisième fois, le fit construire ". Son nom vient du grec "Pántheion", adjectif qui signifie "de tous les dieux". Il était  à l’origine le temple de toutes les divinités de la religion antique.






Panth_on_13D’après des fouilles menées à la fin du XIXème siècle, le premier temple était rectangulaire, avec un pronaos (partie antérieure du temple) ouvert vers le sud, et une cella (partie intérieure et fermée du temple) transversale plus large (environ 40 mètres) que longue. Il était construit en blocs de travertin et revêtu de plaques de marbre.

Le Panthéon d’Agrippa fut détruit par un nouvel incendie en 110, sous Trajan. Il fut entièrement reconstruit sous le règne de l’empereur Hadrien, vers l’an 125, comme le révèlent les dates imprimées dans les briques, comprises entre 123 et 125.




Panth_on_15Il devait être le temple de tous les dieux, une sorte de geste œcuménique ou syncrétique à l’adresse de tous ceux qui dans l’empire romain n’adoraient pas les vieilles divinités de Rome, ou qui les adoraient sous d’autres noms.  Rares sont les monuments antiques qui mêlent l'ensemble des Dieux pour les unifier au sein d'un même espace sacré. Si la Grèce a l'Olympe, royaume de tous les Dieux, Rome a le Panthéon, leur maison terrestre.

Ce nouveau panthéon est un ensemble de formes géométriques: trois blocs architecturaux aux volumes différenciés, pronaos en prisme, bâtiment de transition cubique et rotonde circulaire


Panth_on_30A l'entrée se trouve le pronaos, salle introductive qui amène à la place principale: le panthéon s'inspire des temples grecs adoptant la même disposition. Ses huit colonnes de façade en font à elles seules un édifice particulier car la plupart des édifices antiques ont 6 colonnes de façade. Le pronaos était surélevé par un podium de 1,3 m, et accessible par un escalier de cinq marches. Au fil des siècles, le sol environnant s’est exhaussé, et la place qui entoure le Panthéon atteint maintenant le niveau du podium. Il mesure 34 m de large, pour 15,6 m de profondeur.





Panth_on_4Le portique de façade comporte 16 colonnes corinthiennes monolithes de granite, à chapiteaux de marbre, disposées sur trois rangs : huit colonnes en façade suivies de deux rangs de quatre colonnes. Les colonnes extérieures sont en granite gris clair, les quatre colonnes intérieures sont en granite rose plus sombre. Toutes proviennent des carrières d'Égypte. Les fûts de 12,5 m de hauteur pour un diamètre à la base de 1,5 m pèsent environ 69 tonnes. Innovation architecturale à noter, le fût des colonnes n’est pas cannelé mais lisse. Deux colonnes ont été retirées au Moyen Âge à gauche et remplacées par des colonnes des thermes de Néron au XVIIème siècle.









Panth_on_18La colonnade ainsi disposée délimite trois nefs, la nef centrale conduit à la grande porte du temple, les deux nefs latérales donnent sur deux niches en demi-cercle qui devaient abriter des statues, probablement celles d’Auguste et d'Agrippa. La couverture du pronaos était en tuiles de bronze, aujourd’hui remplacées par des tuiles classiques.
Panth_on_plan













Panth_on_17Entre le pronaos et la rotonde, se trouve un bâtiment intermédiaire, aussi large que le pronaos qu’il prolonge, soit 34 m, mais plus haut que lui, puisqu’il culmine au même niveau que la rotonde. Il forme le fond du pronaos et fait la liaison entre pronaos et la cella, permettant le passage de l’un à l’autre par son portail central. Le sommet de ce bâti est une terrasse plane.







Panth_on_25Les actuelles portes de bronze, de proportion différente de celle de l’entrée, proviennent d’un autre édifice antique, et sont les plus grandes que l’antiquité nous ait léguées. Les placages de marbre blanc qui couvraient les parois extérieures et les décoraient de pilastres cannelés sont partiellement en place.














Panth_on_20Puis vient la cella. La rotonde est un mur parfaitement circulaire de 58 m de diamètre extérieur qui forme une double paroi de près de 7 m d’épaisseur. Sa partie intérieure, d’un rayon de 21,7 m égal à sa hauteur intérieure, assure un double rôle : elle forme le décor de la cella, et elle soutient le poids de la coupole. Ce mur intérieur est subdivisé en deux niveaux horizontaux :







Panth_on_8Le niveau inférieur est évidé par sept exèdres, alternativement semi-circulaires et trapézoïdales. L’entrée constitue la huitième exèdre. Chaque exèdre est bordée par deux colonnes corinthiennes cannelées et deux pilastres de marbre jaune. Ces sept niches en circonférence auraient hébergé des statues de Dieux ou d'hommes illustres divinisés, dont celles d’Arès, (Mars), père de Romulus, et celle d’Aphrodite, (Venus).






Panth_on_7Le niveau supérieur, délimité par deux corniches circulaires, est un décor de transition, alternant de fausses fenêtres carrées, des plaques de marbre de couleur et des rectangles de porphyre. Cette décoration réalisée en 1747 par Luigi Vanvitelli remplace la décoration romaine d’origine. Dans l’antiquité, de vraies fenêtres grillagées laissaient passer une lumière diffuse, indirectement captée de l’extérieur par les petites ouvertures du mur extérieur. Ces ouvertures engendraient une lueur quasi crépusculaire à la base de la coupole, renforçant l’effet de voûte céleste. Elles ont été partiellement reconstituées en 1930 sur une petite portion à droite de l’entrée.









Panth_on_6Le dallage du sol, parfaitement restauré, est en marqueterie de dalles de pierres colorées (opus sectile), et dessine un quadrillage où alternent des plaques de porphyre et de granite gris formant des motifs alternativement ronds et carrés. Pour faciliter l’évacuation des eaux de pluie qui pénètrent par l’orifice de la coupole, ce dallage est légèrement convexe, avec une surélévation de 30 cm à environ 2 m du centre de la rotonde.







Panth_on_24D'un diamètre interne de 43 mètres, la coupole est une demi-sphère parfaite. Si on la complétait vers le bas, la sphère toucherait exactement le sol. Le diamètre du Panthéon est donc égal à la hauteur de l'édifice. Il symbolise le ciel: la sphère est considérée comme la forme la plus pure, et le cercle comme la surface la plus parfaite. L’oculus sommital, de 8,7 m de diamètre, est renforcé par un cercle de bronze. Il est l’unique source de lumière directe, car l’entrée de la cella est tournée vers le nord et protégée par le pronaos. Il projette un ovale de lumière qui défile lentement sur les caissons de la coupole, ajoutant à la magie du lieu.



Rome_029Les romains employèrent pour sa construction le béton: le mortier du béton romain est à base de chaux, il tend à se calcifier toujours plus en vieillissant, ce qui lui assure une excellente tenue au fil des siècles. Ainsi coulée, la coupole constitue un dôme monobloc.



Panth_on_23Son état de conservation est remarquable et s'explique en partie par le fait qu'après la chute de l'Empire au VIème siècle, les Byzantins reprirent le contrôle de Rome et qu'en 609, l’empereur byzantin Phocas en fit don au pape Boniface IV. Celui-ci le consacra comme église chrétienne à la Vierge Marie et aux martyrs (Sancta Maria ad Martyres, c’est-à-dire Sainte-Marie aux Martyrs), titre qu’elle porte encore de nos jours. Il fit transférer des restes anonymes prélevés dans les catacombes et installer un autel sur ces reliques.

Panth_on_22










Panth_on_9L'ancienne architecture fut conservée, la symétrie axiale imposa le placement de l’autel dans l’exèdre sud, face à l’entrée, et non à l’est selon l’usage chrétien. La consécration de l’édifice le sauva du vandalisme et des destructions délibérées qui ruinèrent la plupart des monuments de la Rome antique pendant le bas Moyen Âge. Mais ceci n'empêcha pas le pape Urbain VIII Barberini de faire fondre les bronzes qui décoraient l’intérieur ou couvraient le portique pour réaliser de 1624 à 1635 le baldaquin de Saint Pierre dans la nouvelle basilique Saint-Pierre. Les responsables de ce pillage furent raillés par cet épigramme «Quod non fecerunt Barbari, fecerunt Barberini » (Ce que les Barbares n’ont pas fait, les Barberini l’ont fait). À la fin du pontificat d’Urbain VIII, Le Bernin ajouta deux clochetons aux extrémités du fronton du Panthéon, que les Romains surnommèrent « les oreilles d’âne du Bernin ». Ils furent éliminés en 1882, ce qui rétablit l’aspect originel du fronton.





Panth_on_21Depuis la Renaissance, le Panthéon est utilisé comme tombeau: parmi les personnalités qui reposent dans les exèdres transformées en chapelles se trouve Raphaël (1487-1520), selon ses dernières volontés.Son corps fut placé dans un sarcophage antique, sur lequel on peut lire l’inscription du poète Pietro Bembo (1470-1547) : « Ci-gît Raphaël, à sa vue la nature craignit d’être vaincue ; aujourd’hui qu’il est mort elle craint de mourir. ».






Panth_on_3L’obélisque de la piazza della rotonda se dresse depuis 1578 devant le Panthéon, sur une fontaine. C'est un petit monolithe de granit rouge fut taillé à Assouan, et fait 6 mètres de haut. Ses hiéroglyphes indiquent qu'il fut érigé par Ramsès II à Héliopolis vers 1300 avant notre ère.

Transporté à Rome probablement sous Domitien en même temps que l'obélisque dit actuellement de Dogali, il semble avoir fait partie des propylées du temple d'Isis et Sérapis sur le Champ de Mars.
Panth_on_2










Panth_on_10http://fr.wikipedia.org/wiki/Panth%C3%A9on_de_Rome
http://www.clioetcalliope.com/oeuvres/archi/pantheon/pantheon.html

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19 septembre 2008

La Pyramide de Cestius

Pyramide_de_Cestius_13La Pyramide de Cestius se trouve près de la Porte Saint-Paul et du cimetière "non chrétien" de la ville de Rome. Il se dresse au carrefour de la Via Ostiensis, qui menait à Ostie, et de la route qui longeait le Tibre.










Pyramide_de_Cestius_32La pyramide fut construite vers 18 avant notre ère pour servir de tombeau à Caius Cestius, préteur, tribun du peuple, et membre du collège des septemviri epulones, l'une des quatre grandes sociétés religieuses à Rome : il était chargé de veiller aux grands festins sacrés. Elle s'inspire des modèles égyptiens, très à la mode à Rome après la conquête de l'Égypte en 30 avant notre ère.

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Pyramide_de_Cestius_17Le bâtiment est en briques, revêtu de plaques de marbre blanc, et mesure 36,4 mètres de haut pour une base de 29,5 mètres de large.
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Pyramide_de_Cestius_7A l'intérieur se trouve la chambre funéraire, un simple petit caveau rectangulaire de 5,95 mètres de long, 4,10 de large et 4,80 de haut, voûté en plein cintre, dont les murailles recouvertes de stuc portent des peintures très abimées.
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Pyramide_de_Cestius_11Une dédicace est gravée sur les faces est et ouest de la pyramide de manière à être visibles des deux côtés :
"C(aius) Cestius L(uci) f(ilius) Pob(liliatribu) praetor, tribunus plebis, (septem) vir epolonum" , Caius Cestius, fils de Lucius, de la Tribus Publilia, préteur, tribun du peuple et Septemvir epulonum

Une deuxième inscription mentionne que le monument fut érigé en 330 jours sous la surveillance de son héritier Lucius Pontius Méla, fils de Publius, et de l'affranchi Pothus.










Pyramide_de_Cestius_33La pyramide fut incorporée à l'enceinte des murs auréliens au IIIème siècle. Les travaux commencèrent vers 272 et durèrent onze ans jusqu'au règne de Probus (276-282). Le mur comportait un soubassement en blocage (opus caementicium), haut d’environ 8 mètres, surmonté de chambres voûtées appuyées contre un mur extérieur de un mètre d’épaisseur. Un chemin de ronde couronnait l’édifice. Les chambres servaient de salle d’armes et de magasins, et diminuaient le volume à construire.












Pyramide_de_Cestius_20Tous les 30 mètres une tour quadrangulaire faisait saillie.
L’enceinte fortifiée n’était pas destinée à résister en cas d’un long siège, ce que les barbares n’étaient pas capables de réaliser, mais seulement à préserver Rome d’une attaque soudaine en attendant une armée de secours. Le tracé s’appuya un certain nombre de monuments existants, tels que la caserne de la garde prétorienne, un petit amphithéâtre, des tombeaux dont la pyramide de Cestius, les arches des aqueducs sur l’Esquilin, les substructions des jardins en terrasses sur le Pincio.











Pyramide_de_Cestius_3Les origines de la pyramide ont été oubliées au cours du Moyen-Age. Les habitants de Rome pensaient alors que c'était le tombeau de Remus et que son homologue à proximité du Vatican était celui de Romulus. Sa véritable origine fut clarifiée par le pape Alexandre VII lors des fouilles des années 1660, quand la végétation envahissante fut enlevée et que l'on découvrit les inscriptions.  Le tombeau était scellé, et pour y acceder, il fallut creuser un tunnel et ouvrir une petite porte sur le côté ouest.





Pyramide_de_Cestius_16Près de la pyramide s'ouvre la Porte Ostiense, d'où sortait la Via Ostiensis, route qui reliait la ville avec le port d'Ostie. Elle prit le nom de porte Saint-Paul, en référence à l'église voisine.











Pyramide_de_Cestius_22Elle est intéressante pour son système défensif demeuré quasiment intact. La partie extérieure date de la construction des murs mais fut modifiée par Honorius au début du Vème siècle. Une galerie au dessus de la porte s'appuie sur deux tours cylindriques crénelées.
C'est par cette porte que Totila, ou Baduila l'Immortel, roi ostrogoth, entra en 546 dans Rome.







Pyramide_de_Cestius_14Sur un terrain adjacent acheté par les étrangers résidant à Rome au XVIIème siècle, naquit le cimetière non catholique où furent enterrés entre autres, les poètes anglais Shelley et Keats, le fils de Goethe et Antonio Gramsci. Marrant, plus de japonais, plus de bus bondés, plus d'agitation, juste le silence et la paix. Endroit magique.

Le gardien doit s'y ennuyer un peu. Il ne faut pas entamer la conversation, il ne vous lâche plus... Quel homme gentil ! Si la pyramide est imposante, elle vaut moins le coup que ce bout de paradis.
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http://fr.wikipedia.org/wiki/Pyramide_de_Cestius
http://www.rome-roma.net/pyramide_cestius.html
http://www.romaviva.com/Piramide/home_fra.htm

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01 septembre 2008

Insula Romana

Insula_Romana_2Parmi les monuments découverts au pied du Capitole lors des travaux de 1926, se trouve ce que l'on appelle l'Insula Romana. Ce sont les restes très bien conservés des habitations plébéiennes. Le bâtiment, construit contre la roche et qui comprenait au moins 4 étages divisés en petits appartements, est daté du IIème siècle.














Insula_Romana_3Sur les ruines de cette insula fut construite au XIème siècle, par l'architecte Boccabella, l'église de San Biagio Mercatello, Saint-Blaise au marché. Le marché romain se trouvait à proximité durant la période allant du XIème siècle jusqu'en 1477, date à laquelle il fut transféré Piazza Navona.














Insula_Romana_1San Biagio fut donnée par le pape Alexandre VIIl en 1658 à la Confrérie de la Sainte-Couronne de Jésus-Christ, fondée par Mgr Cruciata de Cascia. L'église fut reconstruite et dédiée à Saint-Rita. Lors des travaux de 1926, fut redécouvert le clocher roman avec fenêtres à meneaux et une abside comportant une fresque du XIVème siècle, toujours visible, représentant la déposition du Christ entouré de la Vierge et de Saint-Jean.

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