19 novembre 2008

Les Sept Fontaines

Les informations suivantes sont tirées du site admirablement bien fait de la commune de Montmin :

Montmin_7_Fontaines_5Le village de Montmin est composé de sept hameaux. Les plus anciennes maisons du village datent du moyen âge, et l'on peut supposer que les premiers hameaux datent du début du millénaire, après la fondation de l'abbaye de Talloires.
Un curieux monument situé près du hameau de Plan-Montmin, les "Sept Fontaines", ne ressemble à aucun autre sanctuaire chrétien au monde. Ses vertus curatives (prurits, eczémas) sont bien attestées et en font le plus grand mystère archéologique du canton.





Montmin_7_Fontaines_6Les livres qui décrivent ce monument, Histoire de Montmin et Notre Dame des Sept Fontaines, furent écrits par des curés, ce qui explique que l'interprétation conventionnelle est nécessairement axée sur une perspective on ne peut plus catholique: "... sept fontaines, dans lesquelles les fidèles aiment à voir l'emblème des sept douleurs de la très Sainte Vierge..."







Montmin_7_Fontaines_8Cinq des huit symboles gravés dans la niche centrale sont des variantes de croix chrétiennes. Tout un chacun reconnaîtra facilement la croix latine, la croix de Savoie, et même une variante de la croix de Jérusalem. Les trois autres symboles gardent tout leur mystère.

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Montmin_7_Fontaines_11Les quelques dates gravées sur la façade du monument sont probablement des témoignages de reconstructions successives, comme en témoigne la lettre R devant 1682. En revanche aucun document n'atteste la construction originelle du sanctuaire des Sept Fontaines, alors que dès la fin du premier millénaire, l'édification de toute chapelle était normalement signalée dans les registres paroissiaux ou épiscopaux.

Ce qui laisse entier le mystère de la date de construction de l'édifice. Et pourtant...




Montmin_7_Fontaines_7Quand l'on sait que dans la religion celte, l'eau, les sources et rivières étaient centrales à la pratique du culte, et quand l'on sait que les fleuves sacrés (comme la Seine, nommée pour la déesse Sequanna) avaient d'importants sanctuaires à leur source, il est aisé de comprendre que les Sept Fontaines auraient bien pu, à l'époque des Allobroges, avoir eu une grande importance, puisque le torrent qu'elles alimentent, le Nant de Montmin, descend jusqu'à un village qui porte encore aujourd'hui le nom d'une déesse celte de l'eau, Vesunna. (village de Vesonne)











Montmin_7_Fontaines_17Et quand on sait que le principe féminin de l'eau était souvent, à l'époque des Celtes, personnifié par des statues que les Romains appelaient virgo paritura (la vierge qui doit enfanter), et que ces statues dites de vierges noires ont souvent été reprises par le culte catholique, et qu'il y a justement aux Sept Fontaines une statue que l'on appelle la Vierge Noire, il devient difficile de nier la possibilité que le sanctuaire des Sept Fontaines puisse en fait avoir été fondé il y a plus de vingt ou vingt-cinq siècles.






la Vierge Noire des Sept Fontaines et la chapelle

Montmin_7_Fontaines_22Fondée à la suite d'un donation par testament de 1675, la construction de la chapelle fut ordonnée dès 1676. Achevée en 1678, elle est l'abri de la Vierge noire de l'Oratoire des Sept Fontaines, statue qui trônait à l'origine au dessus de la fontaine du milieu. Cachée et enterrée au temps de la Révolution, elle fut retrouvée en 1800 par un laboureur. Selon la légende, à peine le paysan avait-il tracé deux ou trois sillons que l'attelage s'arrêta net, refusant d'avancer. On se mit à fouiller le sol, quand soudain apparut la statue "en bon état", quoique l'état présent de l'objet laisse supposer que son séjour de plusieurs années sous une terre humide n'ait pas particulièrement favorisé la conservation d' une statue en bois.









Extrait du fascicule Ackermann de 1871 aux Editions Guebey de Saint-Jorioz :

Montmin_7_Fontaines_1"Nous savons par tous les anciens documents que l'église et la paroisse de Montmin dépendaient autrefois pour le patronage et la collation du prieuré des Bénédictins de Talloires.
Une bulle du Pape Eugène III (1145) le constate pour l'année 1107. En1237, Guillaume, comte de Genève, eut à trancher un différend qui s'était élevé entre le prieuré et Pierre de Duyn au sujet des aumônes, ou œuvres pies qui se faisaient à Montmin Il décida que ces aumônes reviendraient à l'abbaye de Talloires.






Montmin_7_Fontaines_2Deux siècles plus tard, le 10 septembre 1445, Mgr Barthélémy, évêque de Corneto et Montesfiascone, remplaçant 1e cardinal de St- Marcel, se rend à Montmin pour la visite de la paroisse. Il constate que l'église a pour patron saint Maurice et que la cure est de la collation du prieuré de TaIloires.
Malgré ces titres formels, les Bénédictins se voyaient contester leur droit par la collégiale d'Annecy, quand en 1489, une sentence de l'official du Métropolitain de Vienne trancha définitivement la question en leur faveur. Faut-il attribuer la fondation des saintes Fontaines à ces religieux, dont la piété et la dévotion envers la Mère de Dieu sont bien connues ?



Montmin_7_Fontaines_3Montmin dépendait autrefois du prieuré des Bénédictins de Talloires. Dès leur arrivée dans ces montagnes ils établissent loin du couvent un oratoire appelé la sainte Fontaine présentant le même aspect que nos sept fontaines de Montmin, c'est-à-dire une fontaine encadrée dans un mur que surmontait la statue de Marie, patronne du prieuré.

Sur les bords du chemin qui conduisait à ce hameau, coulait une fontaine aux eaux limpides et abondantes. Est-il téméraire de conjecturer qu'à l'exemple de leurs frères de Bellevaux, ils aient eu la pieuse idée de placer une statue de Marie au-dessus de la source et de l'appeler du nom gracieux de Sainte Fontaine? Avec le temps et le concours des fidèles, on y aura d'abord construit un oratoire, puis un second et ainsi de suite: de là les Sept Fontaines. A quelle époque précise ? Nous l'ignorons absolument.
Nos aïeux ont toujours vu dans cet état ses Fontaines vénérées comme aussi ils gardent le souvenir des pèlerins qui venaient demander à leurs eaux la guérison de maladies et en particulier de la gale.



Montmin_7_Fontaines_4Les registres paroissiaux ont consigné plusieurs guérisons extraordinaires, et une note, dans ces mêmes registres, porte que des pèlerins nombreux y accourent des environs d'Annecy, de la Tarentaise, de Maurienne et même du Piémont. L'oratoire qui s'élève au milieu des Sept Fontaines possède un véritable trésor peut-être même une Vierge miraculeuse C'est une statue en bois détériorée par le temps. Elle est noire comme l'étaient les Vierges du moyen-âge, mais elle rayonne aussi de la douce auréole que lui ont faite les hommages de plusieurs siècles : Nigra sum sed formosa. La piété de nos pères les ramenait incessamment près de la statue bien aimée. C'était un bonheur pour eux de réciter à ses pieds l'Ave Maria, de boire à la source bienfaisante et de retourner ensuite au travail et à la maison."








Montmin_7_Fontaines_10Pour compléter ces informations, il me semble judicieux de faire un rapprochement des 7 fontaines avec les 7 chakras principaux. Chacune des eaux semble travailler sur l'un d'eux, même si les fontaines sont reliées à leur base par un petit passage. Et la légende de l'arche de Noé, qui se rapporte à la région, en fait encore plus un endroit magique...









L'arche de Noé

Montmin_7_Fontaines_19Une vieille légende raconte que l'arche de Noé s'arrêta à Montmin. Elle n'est point dénuée de fondement quand on considère la configuration de cette vallée allongée et étroite, semblable à une cale sèche où un grand paquebot serait très à l'aise.









Montmin_7_Fontaines_20Les habitants de l'arche n'eurent pas besoin de passerelle pour sortir de leur habitation : ils descendirent, les uns au col de l'Haut pour faire paître leurs troupeaux et descendre dans la vallée de Thônes ; les autres, au col de la Forclaz pour gagner Talloires où Noé planta la vigne ; et enfin, du côté sud, un certain nombre mit pied à terre dans les pâturages du Mont et du Solliet pour rejoindre la vallée d'Ugine et Faverges ...







Montmin_7_Fontaines_21Texte extrait du livre Histoire de Montmin du Chanoine F. Coutin. Nouvelle édition de 1993, complétée et mise à jour par Jean Brassod.

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La Forclaz

La_Forclaz_2Premier édifice religieux de Montmin édifié par les Bénédictins de Talloires, il fut construit au XIème siècle. En 1658 c'était une petite chapelle dans laquelle on pouvait célébrer la messe.

L'oratoire actuel a été restauré par M. Girod, fondateur des aciéries d'Ugine, et par la paroisse.

La_Forclaz_1











La_Forclaz_3La_Forclaz_4La statue de saint Roch d'origine, en bois sculpté, fut volée au siècle dernier. L'actuelle statue fut donnée par M. Ernest Rulland.    

Posté par madame_dulac à 16:25 - - Commentaires [1] - Permalien [#]