04 septembre 2006

les fontaines et le réseau de l'eau à Mende

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lozere_039Dans toutes les descriptions de Mende, depuis le moyen-âge, on parle du grand nombre de fontaines. Les eaux serpentent aussi sous les maisons à travers un réseau de canaux souterrains qui rejoignent le Lot.

lozere_042Pas étonnant qu'une petite Dame ait élu domicile au milieu de tout ça!  Les eaux, la montagne de Menât non loin, où Saint Privat tient lieu de parèdre à défaut de Saint Michel. Il y a même sa grotte... Mais ce sera pour une prochaine visite.

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lozere_036La fontaine qui se trouve au sud de la cathédrale s'appelle la "fontaine du griffon". Griffon est un mot occitan qui désigne le jaillissement d'une source. les Mendois connaissent la fontaine comme la fontaine de l'Aoumenet, le petit homme, qui commande la sortie des eaux et porte sur son poingt un faucon dont le bec laisse couler un filet d'eau. Cette fontaine existait déjà au XV ème siècle. C'est l'une des plus importantes de Mende, en raison de sa position haute, qui permettait à ses eaux abondantes de s'écouler dans presque toutes les rues de la ville.

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La vierge noire de Mende

Cette vierge aux lignes byzantines, les croisés l'auraient rapporté d'Orient par Guillaume de Peyre entre entre 1212 et 1222, où les moines du mont Carmel, héritiers d'Isaïe, l'auraient sculptée dans un bois très dur, (peut-être de l'olivier), "dans le culte de la vierge-mère. Elle est datée pourtant du XI ème siècle.

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Assise sur un siège d'époque récente, drapée dans une robe aux plis harmonieux, elle tend les bras en avant. tout le corps était peint en rouge, seule la tête et le cou sont recouverts d'un vernis noir.

Elle apparait dans l'histoire dès 1249: Randon de Chateauneuf rend hommage à l'évêque Odilon de Mercoeur devant " l'altar de Madona Santa Maria, en la gleiza de Mende ".

lozere_025Deux fois elle fut sauvée de la destruction. En 1579, quand les Huguenots eurent pris Mende, une vieille femme aurait eu l'astuce de demander "cette vieille souche de bois" pour son feu aux soldats de Merle qui allaient la brûler. Le 8 décembre 1793, les révolutionnaires la jetèrent à bas de son trône pour faire monter sur l'autel la déesse raison. Après la fête, une femme vint ramasser la statue oubliée et l'emporta, furtivement, sous son manteau.

Le 15 août 1894, on lui fit quitter sa chapelle (chapelle des mariages qui fut plus tard celle de Saint Roch) pour l'installer à nouveau sur le maitre-autel.

Revenue à sa chapelle en 1960, depuis que le maitre-autel n'est plus qu'une simple table .

Un nombre impressionant de reliques sont cachées entre ses deux épaules, dans une cache-reliquaire,ce qui est presque unique chez les vierges noires. L'inventaire canonique de 1857 en donne le détail:

Cheveux de la vierge, parcelles de ses vêtements, de son tombeau, fragments de la vraie-croix, sans oublier des restes des Saints Pierre, André, Paul, Martial, Denis, Jacques...

lozere_012Pour le cinquantenaire de son couronnement, en 1946, l'ancien curé de Mende écrivit ces lignes:

" Les 15 Madones Lozériennes les plus marquantes étaient les invitées de Notre-Dame de Mende: les unes venues en personne, comme celle de la Carce (Marvejols), de tout pouvoir (Langogne), de Pitié (Saint chély); d'autres, trop lourdes pour se déplacer, s'étaient fait représenter: ainsi les vierges du rocher (Meyrueis et Serverette) ou de la sentinelle (Nasbinals). Les madones de Quézac, de Nogaret, de la Malène étaient là; celle du bon-secours (les Salelles), de Beaulieu (Paulhac), de la Salette (Saint-Privat de Vallongue), de toutes grâces (Cheylard l'évêque) et enfin celle de Bouldoire, la dernière mais non la moins ancienne. Toutes assistaient à cette parade, qui eut étonnée nos aïeux du moyen-äge, habitués pourtant aux processions de reliques et aux rassemblements de prélats."

On ne saura jamais ce qu'est devenu son fils.....

pour les vierges noires, voir ici

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La cathédrale Notre-Dame et Saint-Privat de Mende

lozere_001La région est un ancien site de peuplement remontant à l'âge du bronze, mais la ville à proprement parler ne date que du Moyen Âge. (Viculus Mimatensis, tiré du Mont Mimât où se trouve l'ermitage de Saint Privat). la montagne du Gévaudan était un lieu sacré pour les Celtes qui vénéraient la déesse-mère.

lozere_005951 est la date souvent avancée comme celle de la constitution de l'évêché de Mende. Avant celle-ci, une église devait s'élever, suivant la coutume, au-dessus de la crypte de Saint Privat pour glorifier ce martyre qui suscita de nombreux pèlerinage dans la ville de Mende.

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lozere_003Le Gévaudan, au XIIème siècle, c'était couvert d'églises romanes, humbles pour la plupart mais d'une austère beauté, en harmonie avec cette terre.

Ce fut le pape gévaudanais Urbain V qui offrit à son diocèse natal la cathédrale gothique. En mars 1369, il donne à la future cathédrale une relique précieuse: une épine de la couronne du Christ que Saint Louis avait ramenée de terre sainte.(Je vous dis pas le poids de ses valises à ce pauvre Louis, avec tout ce qu'il a ramené de là-bas. Heureusement pour lui, je pense qu'il avait des porteurs...) Il donne aussi le chef de saint Blaise et des reliquaires.

lozere_007Les travaux de 1369-70 permirent d'édifier la nef. De nombreux tailleurs de pierre étrangers se joignirent aux ouvriers du pays: on reconnait le maître d'oeuvre Pierre Morel, de Majorque.( Il a construit la Chaise-Dieu, qui a les mêmes dimensions que Mende, puis on le retrouvera à Lyon et à Avignon) et Pierre Juglar.(qui édifia plus tard La Sainte Chapelle de Riom et le palais du Duc de Berry)

lozere_021La mort du pape marque l'arret des travaux. Pendant 60 ans, la cathédrale fut réduite à la nef: au milieu, côté sud, l'autel de la Sainte-Croix, au desus de la crypte de Saint Privat, les taisseries des galères d'Urbain V décoraient les murs; dans l'armoire aux reliques, on avait enfermé la Vierge, saint Blaise et les joyaux précieux.

lozere_024la cathédrale fut consacrée en 1521, de même que la monumentale cloche de la tour nord, baptisée la " non pareille de toute la Chrétienté ".(plus grosse cloche au monde, fondue entre 1517 et 1521 à Villefort et détruite lors des guerres de religion. Il n'en subsiste que le battant. )

lozere_046Détruit en grande partie durant les guerres de Religion, l'édifice fut restauré en deux étapes : à chaque fois, on chercha à renouer avec le style gothique. Ce principe présida à la rapide reconstruction qui intervint au début du 17e siècle - ce qui est un fait exceptionnel -, mais aussi aux importants travaux entamés de 1868 à 1906, où les architectes cherchèrent à imiter le gothique du XV ème siècle. On restaura alors les décors sculptés - et parfois on les restitua. Les chapelles, voûtées en berceau, furent couvertes d'une voûte d'ogives.

Quelques dates et chiffres:

Longueur: 67 mètres, Largeur totale:29, Hauteur: 25. Abside entourée d'un déambulatoire (pas de transept ni de chapelles absidiales). Les chapelles latérales sont rectangulaires et les deux chapelles de Notre-Dame et de saint Privat sont pentagonales.

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image1105: consécration de l'autel

1308: Urbain V fait édifier la nef

1452-1467: achèvement de la nef et construction de l'abside.

1508-1516: construction des deux clochers

1581: Merle détruit la plus grande partie de la nef

1599-1605: reconstruction sans ornements

1846: installation de 9 cloches venues d'Avignon

1855: On dégage l'édifice au sud par la démolition du palais episcopal. On refait les portails nord et sud dans le style flamboyant

1896-1905:on édifie le grand porche d'entrée sous la rosace.

lozere_029De temps immémorial, l'Église de Mende est sous le patronage de Saint Privat. Dans son histoire des Francs, Grégoire de Tours relate les circonstances de sa mort et le range parmi les saints illustres des Gaules, avec Denis de Paris, Saturnin de Toulouse, Martial de Limoges, Martin de Tours, Ferréeol de Vienne, Julien de Brioude...
Saint Privat aurait été envoyé en Gévaudan par Saint Austremoine. Il serait né à Coudes, non loin de Clermont.

lozere_049La date du 21 août serait celle de son martyre. Grégoire de Tours le situe au temps de Valérien et Gallien (253-260). Dans son ouvrage sur Saint Privat le chanoine Remize dit qu'il fut martyrisé par les bandes de Chrocus aux vers l'an 258. A cette époque, des Alamans dévastèrent le Gévaudan après avoir ruiné Javols. La défense se concentra sur la forteresse de Grèzes qui tint en échec les envahisseurs.

lozere_050 Ceux-ci mirent la main sur Saint Privat réfugié dans la grotte du Mont Mimat. Il refusa d'ordonner la capitulation de son peuple. Maltraité et poussé à coups de bâtons jusqu'à Mende, on lui demanda de sacrifier aux idoles. Sur un nouveau refus, les bourreaux continuèrent à le supplicier et se retirèrent, croyant leur victime morte. N'ayant pu obtenir la réalisation de leur projet, les Alamans traitèrent avec les assiégés et quittèrent le pays. Saint Privat ne tarda pas à succomber et fut enseveli dans une crypte de la cathédrale de Mende.
Vers 631, son corps fut transporté à Saint Denis près de Paris. Vers 776, il fut transféré à Salone en Lorraine. Plusieurs localités du nom de Saint Privat, font état de ce séjour. Plus tard, un moine du nom de Clocbert le ramena en Gévaudan; sur le chemin du retour des églises furent bâties sous son vocable dans les environs d'Orléans et de Bourges.

lozere_047Les Mendois dissimulèrent les restes de Saint Privat dans les sous-sols de l'église Sainte Thècle à l'ouest du grand clocher actuel de la cathédrale jusqu'en 1170, où l'évêque Aldebert III du Tournel le ramena dans la crypte primitive. En 1579, les guerres de religion et plus tard la Révolution firent disparaître en partie ses reliques. Ce qui en subsiste est conservé en l'église de l'Ermitage.
Le culte de Saint Privat s'est toujours maintenu dans le diocèse de Mende. Le livre des « Miracles de St. Privat » relate un certain nombre de faits extraordinaires qui lui sont attribués.

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La grotte du Mont Mimat, n'a jamais cessé d'être un lieu de pèlerinage fréquenté. Dès le Xlle siècle l'évêque y installe à demeure, un chapelain. Les divers édifices qui l'avoisinent de nos jours, constituent un site propice au recueillement et à la prière.
Une quinzaine de paroisses lozériennes s'honorent du patronage de Saint Privat. L'aire de son rayonnement s'étend bien au delà du diocèse. Tout cela marque le crédit dont jouit encore le Saint que le Gévaudan a eu pour apôtre.

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