Notre-Dame de Marceille
Le lieu dit de "Marceille" est un lieu sacré depuis fort longtemps. La première mention d’une chapelle dédiée à la Vierge apparaît en 1137, mais c’est en 1214 que le vocable Sainte-Marie de Marceille est attesté pour la première fois.
Le début de la construction de l’église actuelle remonte au XIVème siècle, sur l’emplacement d’une chapelle romane. Une partie des murs de celle-ci fut conservée. Notre-Dame de Marceille fut la propriété jusqu’au début du XIIIème siècle des bénédictins de Saint-Hilaire, puis de l’archevêque de Narbonne à partir de 1260 jusqu’à la révolution. Dès 1380, elle fut une église de pèlerinage reconnue. En 1659, un séminaire de lazaristes fut installé autour de l’église et des bâtiments furent construits au sud. En 1674, la direction spirituelle en est confiée aux Pères Doctrinaires qui la transformèrent.
L’église, de style gothique méridional, construite en pierre de taille, offre l’aspect d’un vaste parallélogramme. D’énormes contreforts s’élèvent au dessus des toitures et donnent à l’ensemble une architecture grandiose. Le clocher octogonal, percé de 4 fenêtres ogivales, est surmonté d’une flèche. Il renferme 4 cloches dont la plus ancienne date de 1667.
Le porche du XVème siècle est un abri de 20m², voûté sur croisée d’ogives. Au sol, un banc de pierre sur les deux côtés. Le portail, divisé en deux vantaux par un trumeau portant statue, a conservé sa boiserie et sa ferronnerie d’époque gothique. A mi-hauteur, une console supporte une statue de Notre-Dame du XVème siècle en pierre polychrome. Mutilée à la révolution, elle fut (mal) restaurée. Le bras de l’enfant et sa main droite étaient tournés vers le ciel, et de la main gauche, il portait un globe terrestre et non pas un joli petit oiseau…
La nef unique, de style méridional, mesure 29 mètres sur 17, et 11 de hauteur. Elle peut contenir 2 000 personnes. Étonnant pour une église perdue au milieu des champs. Cette nef fut transformée par les Doctrinaires, qui l’adaptèrent aux goûts du XVIIème siècle (1674). Huit colonnettes sans moulures ni chapiteaux découpent la nef en 4 travées. C’est en 1783 que l’église sera voûtée, le dernier arceau remontant à 1810. J’ai reniflé, au milieu, une crypte, voire un ancien mégalithe, ou du moins sa trace.
Le chœur se compose d’une abside en forme de pentagone régulier.
Sur la gauche, la chapelle de la Vierge Noire où est exposée la statue miraculeuse. Cet endroit serait l’emplacement de l’ancien chœur roman. La vierge, de facture du XIème ou XIIème siècle, haute de 55 cm, trône dans une cavité qu’encadre un riche retable en bois doré. La tête de l’enfant semble avoir été réalisée plus tard. Une légende, conforme aux critères des vierges noires, nous en raconte l’histoire :
« A une époque bien lointaine qui se perd dans la nuit des temps, un laboureur qui cultivait son champ sur le coteau de Marcellan voit ses bœufs arrêtés soudain par un obstacle invisible. Il a beau les presser, les exciter, ils demeurent immobiles et résistent à l’aiguillon. Le laboureur, d’abord stupéfait, se sent bientôt envahir par une impression indéfinissable : il se prosterne en invoquant le secours du Ciel. Poussé par une inspiration subite, il creuse la terre pour découvrir l’obstacle qui arrête ses bœufs.
Tout à coup une madone de bois, à la figure brune, au sourire céleste, se présente à ses regards étonnés. Il prend avec respect la statue de Notre-Dame et la porte dans sa maison où elle est accueillie avec bonheur par toute la famille. Mais hélas ! Le lendemain la madone a disparu ! ! !
Le laboureur revient à son champ, et il retrouve l’image vénérée dans le lieu où la veille, il avait eu le bonheur de la découvrir. Vainement il l’emporte une deuxième et une troisième fois : la statue miraculeuse disparaît toujours pour regagner la Colline de Prédilection »
La madone a aussi la propriété d’arrêter le feu, ce qu’elle fit en 1685 en sauvant la ville de Limoux d’un incendie. La statue fut profanée en octobre 2007 et fut décapitée. La tête fut retrouvée, et Notre-Dame est en restauration à l'heure actuelle.
Dans la chapelle Sainte-Croix, les ex-voto sont exposés, dont un bloc de pierre tombé de la voûte sans blesser un seul des ouvriers qui se tenaient en dessous.
Au sol, une plaque de fonte : c’est l’emplacement de l’ancien puits qui portait l’inscription latine « Ce puits est une source dont les eaux produisent la santé. Le malade qui, avec foi, boit de cette eau est guéri. »
Il fut enlevé en 1843. Ça gêne, les anciens puits guérisseurs celtes, pas vrai ?
Comme la Dame ne va pas sans son parèdre, une chapelle est dédiée à Saint-Michel, bien entendu. Avant, le dragon terrassé tenait dans ses griffes une baguette en bois qui courrait sur le mur. Quelle pouvait en être la signification ? Sûrement un truc à pas savoir, puisqu’elle a été enlevée elle aussi.
Notre-Dame de Marceille est citée en premier lieu comme une étape initiatique importante par Fulcanelli dans son célèbre ouvrage "Les Demeures Philosophales". De nombreuses personnes, attachées aux mystères de la région, voient en cette église un lieu gardien de trésor. Il n’y a pas de fumée sans feu. Pour ceux que ça intéresse, voir les liens suivants :
http://www.rennes-le-chateau-archive.com/index.htm?id=ndm_saint_antoine.htm
http://www.societe-perillos.com/som_ndm.html
Et pour voir la carte, c'est ici.
La voie sacrée de Marceille
La voie sacrée romaine, qui amène à l’église, fut reconstruite pour les pèlerins. A 40 mètres sur la gauche, se dresse une fontaine. Les anciens connaissaient ce lieu sous le nom de "Fontaine de Marsilla", réputée pour soigner les yeux.
L'eau s'écoule au goutte à goutte toute l'année, même en période de grande sécheresse ou par temps de grandes pluies. Elle porte une inscription latine : « Mille Mali Species Virgo Levavit Aqua », « La Vierge a soulagé, par l’eau, mille sortes de maux »… Le puits de l’église allait-il chercher la même eau ??
L'église Saint-martin
Limoux fut occupée depuis le néolithique. Le menhir de "la Pierre Droite" est un vestige qui atteste de cette occupation précoce. Les vestiges d’une villa gallo-romaine sur la colline de Flassian ont permis de dater l'occupation romaine. Le village migra jusqu'en bordure de l'Aude. C'est d'ailleurs la réunion de ces deux habitats, Flacianum et Limosus, qui, selon toute vraisemblance, est à l'origine de la fondation au VIIIème siècle de la ville de Limoux.
L'agglomération se développa autour de son église. En 844, une charte de Charles le Chauve attribue la ville à l'abbaye de Saint-Hilaire. Elle stipule, entre autres biens de l’abbaye, des moulins à Limoux : « Villa quae dicitur Limosus ». 
Une autre mention dans un diplôme impérial de 881 donné par Carloman à l’église de Narbonne : « Concedimian villam quae decitur Limosus cum suis ecclessiis Sanctae Eulalie atque Flaceiano ».
L'église Saint-Martin fut construite au XIIème siècle sur les bords de l'Aude, que le Pont Neuf traverse : sa construction fortifiée remonte au XIVème siècle.
L'église, citée dans un document dès 1120, fut remaniée aux XIVème siècle et XVème siècles. Après avoir appartenu à l'abbaye de Saint-Hilaire, elle passa après un long conflit aux dominicains de Prouille.
Elle fut restaurée au XIXème siècle (flèche du clocher, arcs et voûtes de la nef, clochetons). Elle faillit être élevée au rang de cathédrale par le Pape Jean XXII en 1316, mais la décision fut annulée au profit d'Alet devant l'opposition des religieuses qui perdaient un important décimaire.
La flèche fut reconstruite en 1777 après sa destruction par la foudre.
"Il pleut sans discontinuer ; l'orage est aussi long que terrible et soudain, peu avant minuit, le samedi 19 août 1775, le ciel est entièrement électrisé, le grondement du tonnerre est d'une violence inouïe. C'est l'affliction générale de la population. La foudre vient de s'abattre sur l'église Saint-Martin de Limoux. La flèche du clocher est quasiment détruite mais aussi, le haut de la tour octogonale primitive est grandement endommagé..."
Les chapiteaux du portail sont en bon état. 
On trouve une représentation du diner chez Lazare, avec Marie-Madeleine lavant les pieds du Christ, saint Martin à cheval partageant son manteau, et peut-être le sacrifice d'Isaac remplacé par un agneau. 
L'église est constituée d'une triple nef longue de 75 mètres, qui possède 7 travées égales dont les 5 premières sont romanes. 
Il reste quelques chapiteauxgothiques sculptés.
Une clé de voûte représente le Christ.
Chose curieuse, les vitraux modernes représentent un sceau de Salomon.
Pour voir la carte, c'est ici.
http://pagesperso-orange.fr/Limoux/ruePassageSaint.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Limoux
Le couvent des Cordeliers
La tour de la maison paroissiale des Cordeliers est l'un des rares vestiges du passé franciscain, ainsi qu'une partie des murs du couvent. 
Quelques éléments du cloître et une chapelle sont enchassés dans une maison particulière.















