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Les reportages (portant uniquement sur des lieux que j'ai pu visiter personnellement) sont basés sur les sites que je trouve sur le net, sur des documents trouvés sur place ou bien sur les livres de ma bibliothèque, et bien sûr, sur mes ressentis personnels. Dans la mesure du possible, tous sont cités. Les photos sont de madame_dulac pour la plupart, et de Remlug quand j'égare les miennes (si si, ça arrive...)

En parlant de mes photos... Elles sont libres de droit pour un usage privé, sous réserve de mention du lien vers le blog. Toute autre utilisation doit faire l'objet d'un accord écrit de ma part.

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Posté par madame_dulac à 21:49 - Commentaires [45] - Permalien [#]
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Jaleyrac

Jaleyrac_15En remontant de Mauriac sur la D922 en direction de Clermont, une petite route sur la droite descend sur les pentes escarpées d’un vallon boisé de chênes et de hêtres. Quelques courbes plus loin, nous voici à Jaleyrac, petit bourg de nos campagnes ayant laissé le temps couler sur lui. Sur la place du village, une église romane dans un écrin de verdure et de fleurs toutes portes ouvertes, ce qui devient de plus en plus rare de nos jours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac_8L’endroit fut habité depuis longtemps : des fouilles au hameau de Boissières ont permis de retrouver des artéfacts gallo-romains et le proche village de Bourianes possèderait plusieurs tumuli sur son sol, alignés d’est en ouest (d’après Jean-Baptiste Bouillet dans sa description historique et scientifique de la Haute Auvergne).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac_7L’église est dédiée à saint Martin. On se souvient que Martin fut un pourfendeur de pierres païennes, et que souvent son nom fut attribué au temple ayant remplacé celui de l’ancienne religion détruit.

 

Jaleyrac 23

 

 

 

 

Jaleyrac 11L’église romane Saint-Martin de Jaleyrac fut précédée par un autre bâtiment situé au Pradel (il n’en reste plus rien), à deux kilomètres au nord de Jaleyrac, cité dans la charte de Clovis (la fausse charte dite de Clovis est un polyptique daté du IXe siècle, mentionné en 822, recensant les biens de l'abbaye de Saint-Pierre-le-Vif de Sens, dans l'Yonne).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac 22Elle fut confiée en 1348 au chapitre de Notre-Dame du Port à Clermont par le pape Clément VI. Durant la Révolution elle fut réunie au diocèse de Saint-Flour. En 1855, la foudre s’abattit sur le clocher.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac plan 1a

Saint-Martin, de proportion modeste, fut construite au départ suivant un plan basilical simple.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac 14Deux chapelles ogivales latérales lui furent ajoutées au XVe siècle, lui donnant la forme d'une croix latine à transept peu saillant.

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac 16'La nef voûtée en berceau possède trois travées, un chœur carré surmonté d’une coupole hémisphérique sur laquelle vient se poser le clocher carré dont la flèche est récente et une abside semi-circulaire voûtée en cul de four.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’extérieur

 

Jaleyrac 1Le portail en plein cintre, surmonté d’un cordon torsadé, est orné de colonnettes à chapiteaux simplement sculptés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac 2Les portes en bois sont ornées de pentures en fer, dont certaines sont datées du XIIIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac_3Restaurées au XVIIe siècle, les ferrures changèrent de place : actuellement les plus anciennes, avec le heurtoir au centre, sont en position haute alors qu’ils devraient se trouver au centre du ventail. Les enroulements inférieurs datent probablement de cette époque.

 

Jaleyrac 4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac 10 aLe toit repose sur une corniche saillante bordée d’un cordon torsadé et agrémentée de modillons.

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Le message est clair : il montre le cheminement de l’initié sortant de l’animalité afin de faire son retournement.

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L’intérieur

 

Jaleyrac 18Saint-Martin possède de remarquables peintures murales du XVe siècle qui furent protégées pendant des années par des badigeons successifs. Elles furent mises à jour et restaurées entre 1977 et 1980. Dans le chœur, le Christ en majesté entouré du symbole des quatre vivants

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac 21et sur la droite, saint Georges terrassant le dragon, entouré du roi et de la reine de Trebizonde (ville de Turquie sur les bords de la mer Noire) et de leur fille, en sont quelques exemples.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dans une niche de l’abside, sur la droite, se tient Notre-Dame de Jaleyrac. Cette statue en pierre polychrome, datée du XVIe sur son arrêté de classement aux monuments historiques en 1960, se rapproche plus dans son iconographie des Vierges romanes du XIIIe siècle. La Vierge, en robe rouge ornée d’un cabochon, drapée d’un manteau vert retenu sur la tête par une couronne à fleurons, tient l’enfant sur ses genoux. Une niche placée à l’arrière du siège lui confère la fonction de reliquaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint Men

Jaleyrac MenasUne des chapelles de l’église est consacrée à saint Men ou Menas, rappelant qu’autrefois avait lieu un pèlerinage fort prisé par les malades atteints d’une sorte de lèpre, maladie que l’on nommait mal de Saint-Men. Au XIIIe siècle, les moines de l’abbaye bénédictine de Mauriac firent construire, sur le plateau des Andêryes dominant Jaleyrac, une léproserie (lieu-dit la Croix des Anders).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac Menas 2

Cet endroit était désigné sous le nom de Maladrerie de Mauriac dans un état officiel dressé sous Louis XIV. Des reliques appartenant à saint Men furent rapportées d’Egypte après les croisades et déposées dans la chapelle. Les guérisons se firent nombreuses. Le culte de saint Men fut transféré à Jaleyrac à la fin du XVIe siècle, après que les guerres de Religion eurent fait fermer les portes de la maladrerie.

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac pont 2Quoi qu’il en soit, les miracles continuèrent à Jaleyrac. Pour obtenir sa guérison, il fallait que le malade, quel que soit son rang social, s’humilie et mendie lui-même l’argent destiné à la messe. Il devait ensuite aller boire à la Font Salade, la fontaine miraculeuse située dans le vallon, près du pont jeté au-dessus du ruisseau de la Gueuse. Ce pont existe encore de nos jours. Curieusement, alors qu’il est d’époque romane, il porte sur les pancartes le nom de « pont romain », bien qu’aucun romain n’ait participé à sa construction.

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac source 2La Font Saint-Men ou Font Salade possède des eaux salines comme son nom l’indique. La source sort d’une roche granitique dans un petit bâtiment voûté ouvert par une seule porte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac source 4A l’intérieur, un bassin est rempli d’une eau à 15°C. Il y a peu encore, les gens atteints d’une maladie de peau et de problèmes de foie allaient s’y abreuver.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jaleyrac source 1Jean-Baptiste Bouillet, dans sa « Description historique et scientifique de Haute-Auvergne, département du Cantal », en parle en ces termes : « Dans un bois, au confluent de deux ruisseaux qui vont se perdre dans la rivière le Mars, nait, d’une montagne primitive, une source d’eau minérale ferrugineuse froide, assez abondante, qui s’épanche dans un bassin de trois à quatre pieds de long, placé dans un petit bâtiment. Cette source est très fréquentée des gens du pays. Suivant les expériences du docteur Mourguye, un kilogramme d’eau contient un décigramme et demi de carbonate de chaux, un demi-décigramme de proto-sulfate de magnésie, un décigramme d’hydrochlorate de magnésie. Les eaux de la source sont légèrement toniques et purgatives, et conviennent aux malades atteints d'embarras gastrique et intestinal, d’anémie, d'aménorrhée ou de leucorrhée atonique ».

 

Jaleyrac source 3Un ancien pharmacien de Clermont, monsieur Mossier, en avait fait l’analyse : « Chaque litre d'eau contient 25 pouces cubes d'acide carbonique, 31 décigrammes de carbonate de soude, 24 centigrammes de carbonate de chaux, 8 centigrammes de sulfate de chaux, 5 centigrammes de carbonate de magnésie, 4 centigrammes de carbonate de fer, et des proportions minimes de chlorures de sodium et de calcium, d'alumine et de silice».

 

 Mais… Il se dit au pays que la construction de la voie ferrée reliant Aurillac à Bort-les-Orgues a détourné le cours de la source. Pour certaines personnes très âgées, l'eau n'a plus le pouvoir d'antan.

Posté par madame_dulac à 21:31 - - Commentaires [14] - Permalien [#]

01 juin 2018

Moussages

Moussages 19Il est des lieux plus puissants que d’autres. Cela tient souvent aux énergies du ciel et de la terre qui les ont façonnés et aux forces naturelles particulières qui en émanent. Situé au cœur du Massif Central, les Monts du Cantal, vestiges du plus grand stratovolcan d’Europe en font partie.

 

 

 

 

 

Moussages Monts du Cantal'Cet énorme et unique volcan, dont l’activité débuta il y a environ 13 millions d’années, mesurait près de 70 km de diamètre. De son centre, une vingtaine de rivières puis de glaciers ont formé des vallées rayonnantes, découpant les plateaux basaltiques triangulaires ou planèzes. Bizarrement, chacune de ces vallées ou presque abritait en son sein ou menait à une Vierge Noire. L’étymologie du nom du Mont du Cantal, Mons Cantallu, nous renvoie au gaulois cant, qui veut dire brillant. Du temps des romains, il fut appelé Mons Celtus, traversé par la via Celtica.

 

 

 

 

 

 

Moussages Puy MaryLe Puy Mary, avec ses 1783 m d’altitude, fait partie des plus hauts sommets. Son nom provient non pas de la Vierge Marie comme on pourrait s’y attendre, mais de Marius, qui évangélisa la Haute Auvergne vers le VIe ou VIIe siècle (certains disent qu’il fut le disciple de saint Austremoine).

 

 

 

 

 

Moussages Puy Mary 2'Le Puy Mary s’est formé il y a 6,5 millions d’années par l’accumulation de lave visqueuse autour de la cheminée centrale. Au Quaternaire il fut érodé par les glaciers, ce qui lui donna sa forme pyramidale. Il est entouré de 7 vallées glaciaires qui partent en étoile depuis son sommet.

 

 

 

 

Moussages 13La vallée du Mars est l’une d’elles. Le Mars prend sa source dans le cirque glaciaire du Falgoux, du nom du premier village de la vallée où se situe la ferme de mes ancêtres, et se jette dans la Sumène après avoir parcouru une trentaine de kilomètres.

 

 

 

 

 

 

Moussages 16La vallée, tout d’abord en forme d’auge ou en U, avec des pentes douces propices à l’implantation humaine (s’y trouvent des châteaux, des maisons de maitre, des moulins, des fermes, des granges et des burons), se termine en V après les villages de Pons et de Montbrun, avec des parois escarpées inutilisables.

 

 

 

 

 

Moussages

 

 

Moussages 46aPrès de ce verrou se situe le village de Moussages, éloigné de 3 lieues de Mauriac. Les premières traces connues d’une présence humaine remontent à l’époque romaine, comme le démontrent les fouilles opérées près de Valens, au lieu-dit Le Rampant.

 

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Moussages 45bMoussages, cité dans la charte de Clovis (la fausse charte dite de Clovis est un polyptique daté du IXe siècle -mentionné en 822- recensant les biens de l'abbaye de Saint-Pierre-le-Vif de Sens, dans l'Yonne), devint au Moyen-âge une seigneurie annexée à celle de Claviers, relevant des évêques de Clermont.

 

 

 

 

 

Moussages 43Le bourg possédait son château, la Valmaison, détruit pendant la Révolution. Il était dressé près de l’église romane dédiée à saint Barthélémy, l’un des 12 apôtres, celui que l'Église apostolique arménienne considère comme le « premier illuminateur du pays d'Arménie ». A noter, une ancienne coutume du village : les curés de Saint-Barthélemy de Moussages se devaient de donner à manger, une fois l’an, la veille de la fête du saint patron, à tous les chefs de famille du village.

 

 

 

 

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L'église Saint-Barthélémy fut, d’après la datation de son portail (ici un ancien tympan déposé dehors), probablement construite au XIe siècle. Maintes fois remaniée, elle possède encore une abside du XIIe siècle dont les modillons ne laissent aucun doute sur le sens de l’humour des imagiers de l’époque.

 

 

 

 

Moussages 26Quel retournement, là où la tête de la bête, passant entre ses pattes, vient lécher la matière lourde sortant de son cul ! Quel chemin à parcourir avant de pouvoir devenir homme ! Celui-là tient entre ses mains sa barbe, symbole de connaissance et de sagesse. Mais elle est divisée en deux. Il est difficile de sortir de la dualité…

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Moussages 29Le clocher est beaucoup plus récent.

 

 

 

 

 

 

Moussages 23'A l’arrière de l’église, une fontaine à bassin octogonal en pierre, du XVIIIe siècle, montre une partie centrale décorée de mascarons (ornement représentant un masque, une figure humaine, à la fonction apotropaïque, c’est-à-dire servant à conjurer le mauvais sort ou à éloigner les esprits maléfiques) : ici des dauphins stylisés crachant l’eau et une tête d’homme barbu et ricanant couronnée de feuillages.

 

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L’intérieur est assez sobre.

 

 

 

 

 

Moussages_31_Le centre du chœur est occupé par une ancienne croix de cimetière du XVe siècle : un croisillon fleuronné surmonte d’un côté le Christ et de l’autre la Vierge Marie. Sous une stalle, peut-être un ancêtre gaulois avec ses moustaches

 

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A l’entrée du chœur, sur la gauche, une niche en hauteur contient une statue romane de la plus pure tradition auvergnate, Notre-Dame de Claviers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette Vierge noire en majesté se rapproche de sa sœur de Heume-l’Eglise et non pas de la Vierge Morgan du Metropolitan Museum of Art de New-York comme j’ai pu le lire sur le net. Mais elle n’est pas à sa place. En effet, elle est restée bien longtemps dans l’ancienne chapelle castrale de Jailhac.

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Jailhac

 

Moussages_21_Le hameau de Jailhac se situe à quelques encablures de Moussages. Un chemin bordé de talus en descend au milieu des champs vers une petite chapelle romane située aux pieds d’un éperon rocheux où se situait le château de Claviers dont dépendait la seigneurie de Moussages.

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Moussages_7_C’est dans cet écrin que trouva refuge l’une des plus belles Vierges noires d’Auvergne. Des documents trouvés dans la chapelle parlent d’un ancien village, Corbeyre (racine pré-indo-européenne korb, désignant des lieux montagneux), entièrement détruit vers 1523 lors des guerres de Religion. Son église abritait une Vierge en majesté qui fut sauvée par un villageois et transportée dans la chapelle du château de Claviers dont elle tire son nom actuel.

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_8_La butte castrale domine la vallée du Mars. Du château ne restent que quelques pans de murs épars, montrant la présence une double enceinte.

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_11_En son centre se trouve une source (résurgence) abritée par un bâti en pierre. Les seigneurs de Claviers, connus depuis 1109, portaient le titre de baron. Le nom de Claviers provient du radical latin clavis, la clé, et du suffixe ier, désignant une personne réalisant une action, un métier. Donc, le seigneur de Claviers serait un maitre des clés…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plusieurs légendes attachées à ce lieu nous sont parvenues.

L’une d’elles parle d’un baron de Claviers, homme détestable et tyrannique vivant au XIVe siècle, qui interdit le mariage de sa fille avec Rigaud de Montclar, dont elle était amoureuse, lui préférant le fils du comptour d’Apchon, de plus haute lignée. Le rejeton de cette illustre famille, dont la devise « haut et clair » fut reprise plus tard par toute l’Auvergne, était pourtant bossu et borgne. La jeune fille tint bon et refusa cette union. Le baron, furieux, blessa le jeune amoureux. La demoiselle le croyant mort, elle mit le feu au château de son père et mourut dans les flammes. Il ne resta que la chapelle… Fin de Claviers. Historiquement, un certain Brun de Claviers prit part à la révolte des nobles d’Auvergne qui défendirent leurs privilèges contre le clergé en 1328. Ceci expliquant peut-être cela. Un certain Rigaud de Montclar devint moine bénédictin et finit prieur du Port-Dieu en Corrèze vers 1335…

Une autre légende parle d’un jeune pâtre de Jailhac à qui un ange rendit visite, lui montrant une statue de la Vierge posée dans l’herbe près d’une source. L’enfant rapporta la statue chez lui, mais le lendemain, elle disparut. On la retrouva près de la source et on décida alors de lui construire en ce lieu une chapelle. Bientôt le nombre de pèlerins augmenta, l’eau de la source étant devenue miraculeuse.

Une autre encore parle des frères Guy et Raoul, coseigneurs de Scorailles, qui prirent le chemin de l’Orient lors de la première croisade en 1096. Raoul, avant de partir, fit don d’une statue de la Vierge à la chapelle de Jailhac. Etant très généreux, il en offrit deux autres, une au château de Scorailles et une à Saint-Christophe-les-Gorges. Ils revinrent en 1115 avec les chefs des saints Côme et Damien, qu’ils offrirent à l’abbaye de Brageac (Côme, saint patron des chirurgiens, et son frère Damien, saint patron des pharmaciens, nés en Arabie, souffrirent le martyre sous Dioclétien, en 303 ou 310. Ils sont dits « anagyres », sans argent, car ils soignaient gratuitement).

 

Moussages_9_La chapelle castrale, placée sous le vocable de l’Assomption de la Vierge, date des XIe et XIIe siècles. Sa construction remonte en tout cas avant 1109.  Elle devint église paroissiale en 1519 et fut presque oubliée jusqu’au XIXe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_15_A cette époque, vers 1870, François Lesmarie, vouant sa vie à Dieu après la guérison miraculeuse de son cancer du visage par le curé d’Ars, s’y installe en ermite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_10_Aidé des paroissiens, il rénove le bâtiment et sculpte un chemin de croix sur la butte castrale, où il fait ériger une statue de la Vierge Marie.

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_14_Le pèlerinage reprit de plus belle, et tous les dimanches précédant le 15 août (une semaine avant l’assomption de la Vierge) et les 8 septembre (fête de sa nativité), une foule se presse sur le perron semi-circulaire qu’il fit aménager devant la chapelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_6_La chapelle, de plan rectangulaire, possède un magnifique clocher-peigne et un chevet roman très dépouillé.

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_2A l’intérieur, une abside semi-circulaire voûtée en cul de four dans laquelle, sur la gauche, s’ouvre une petite niche contenant la copie de Notre-Dame de Claviers ; l’originale, victime de sa notoriété, est conservée dans l’église de Moussages, sous verre et protégée par une alarme. Malheureusement, je n’ai pas eu le temps d’aller chercher le maitre des clés et la porte est restée fermée.

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Claviers

 

VN_Moussages_0715aCette Vierge en majesté fait partie de la statuaire auvergnate romane. Elle fut remarquée par André Malraux qui vint en visite dans la région en 1944. Elle fut restaurée dans les ateliers du Louvre en 1958 : sous une couche de peinture noire apparut alors la polychromie d’origine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Moussages_35_Elle possède beaucoup des attributs des Vierges noires : datée de la première moitié du XIIe siècle, mesurant 81 cm de haut, posée sur un socle de 32 cm par 28, sculptée dans du chêne, la Vierge en majesté assise sur une cathèdre tient de ses mains démesurées l’enfant dans son giron. Ses pieds sont couverts de chaussures fines et pointues. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Elle prend une pose hiératique et son visage reste froid, ne reflétant aucun sentiment. Elle porte une robe bleu-vert plissée couverte d’un pallium, vêtement à capuche et à longues manches.

 

 

 

 

 

 

 

 

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L’enfant, dont le visage parait plutôt adulte, est vêtu de rouge.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Moussages 12'Elle fut trouvée près d’une source, et l’élément oriental est présent par le don qu’en fit un croisé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cliché de l’intérieur de la chapelle d’André Muzac, Archives du Cantal 1980

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