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lieux sacrés
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19 juin 2008

Le couvent des Jacobins de Toulouse

Dominique_1L’ordre des Prêcheurs (Ordo Prædicatorum), plus connu sous le nom d’Ordre dominicain, est né sous l’impulsion de Dominique de Guzmán, futur saint Dominique, en 1215  à Toulouse . Cet ordre catholique appartient à la catégorie des ordres mendiants.
Suivant la règle de saint Augustin, héritée des Prémontrés, il s’est donné pour mission l’apostolat et la contemplation. Une de ses devises est Veritas (la vérité). Une autre de ses devises, issue des Actes des Apôtres, et reprise par Thomas d'Aquin, est « annoncer ce que nous avons contemplé », ou encore « louer, bénir, prêcher ».










Toulouse_012aLes dominicains ne sont pas des moines mais des religieux : ils font vœu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, mais non de stabilité. Ils vivent dans des couvents et non dans des abbayes. Leur vocation étant de prêcher au monde, leurs couvents sont souvent dans des grandes villes.
Le couvent parisien fondé dès 1218 dépend d'un couvent au nord de Gênes portant le nom de saint Jacques. Les frères dominicains de saint Jacques sont donc surnommés les Jacobins, et ce surnom s'étend à toute la France.





Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__78_aLe couvent des jacobins de Toulouse a été construit en quatre fois sur des terrains acquis en 1229 sur la partie nord du vieux rempart romain, avec de l'argent donné par un riche capitoul, Pons de Capdenier.

La première campagne débuta en 1230. Elle consiste à construire une église de plan rectangulaire, aux murs de briques, au chevet plat et couverte d'une charpente. La nef des Jacobin est déjà divisée en deux par une ligne de cinq piliers avec soubassements carrés. Ainsi, la partie nord était destinée aux religieux tandis que la partie sud était destinée aux laïcs assistant aux offices.
La deuxième campagne dure de 1245 à 1252 et permet d'allonger l'église vers l'est et un nouveau chœur est aménagé avec des chapelles funéraires.







Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__26_aLa troisième fut majeure. Elle permit de doter l'église d'une abside dont le plafond est formé du "palmier".
La première messe est célébrée par Bertrand de Montaigu, abbé de Moissac, en 1292. Le clocher détruit pendant la Révolution était de plan octogonal et s'élevait à 15 mètres de hauteur.
La dernière campagne de construction date du XIVème siècle et permet d'enlever le contraste entre le palmier de l'abside et la nef charpentée. La double nef est reconstruite sur l'exemple de l'abside grâce aux financements du cardinal Guillaume-Pierre Godin.

Depuis 1369, on y vénère les reliques de Saint Thomas d'Aquin attribué par le pape Urbain V. En 1385, l'église est enfin terminée et consacrée sous le nom d'église Saint-Thomas d'Aquin.







Toulouse_014aLe couvent des Jacobins, abandonné par les dominicains avec l'interdiction de leur ordre sous la Révolution française, est confisqué comme bien national et utilisé comme caserne et comme dépôt.
Une partie est attribuée à la ville de Toulouse en 1810, mais l'autre continue d'héberger une armée de chevaux, et plus de 5 000 mètres cubes de terre afin d'en surélever le sol. Les chapelles latérales sont légèrement démolies pour agrandir les lieux. L'église devient une vaste écurie tandis que la chapelle Saint-Antonin devient une infirmerie vétérinaire. Enfin le cloître est démoli au trois-quarts pour améliorer le passage des chevaux.











Toulouse_013aEn 1865, le monument fut échangé à la ville de Toulouse contre des terrains où des casernes furent construites et l'armée quitte les lieux. C'est le lycée Pierre de Fermat qui récupère les bâtiments.

L'ensemble des Jacobins a bénéficié d'une rénovation récente, commencée en 1920, et terminée seulement en 1972.
Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__50_a













http://fr.wikipedia.org/wiki/Couvent_des_Jacobins_(Toulouse)
http://www.jacobins.mairie-toulouse.fr/accueil.htm
http://architecture.relig.free.fr/toulouse_jacobins.htm
















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11 juin 2008

L'abbaye de Valmagne, historique

Abbaye_de_Valmagne__1_Valmagne est située sur la commune de Villeveyrac, prés de Mèze et de l'étang de Thau. Depuis les temps anciens cette contrée est habitée.
Bernard Aton IV Trencavel, vicomte d’Albi et de Nîmes, favorise en 1124 l’installation d’un petit groupe de moines bénédictins venant de la communauté de Cadouin en Dordogne dans une combe déserte du causse d’Augmontel et fonde l'abbaye de Sainte-Marie d’Ardorel.













Valmagne_vue_a_rienne_aRapidement, en une quinzaine d’années, l’abbaye possède un rayonnement considérable. Son influence spirituelle suscite la création de trois autres monastères, Notre-Dame de Valmagne, Saint-Sauveur de Sira et Notre-Dame du Jau.









Abbaye_de_Valmagne__4_aCe fut donc Raymond Trencavel, vicomte de Béziers et fils de Bernard Aton, qui fonda Valmagne en 1138. L'abbaye romane est construite sur l'immense territoire de Tortoriera, sur un tènement appelé Vallis Magna, près d'une source abondante et abrité par une barre rocheuse, appelée "dentelle de valmagne", non loin de la Via Domitia.









Abbaye_de_Valmagne__gLe second abbé de Valmagne, Pierre, veut incorporer l'abbaye à Citeaux. Les abbés de Cadouin et d'Ardorel, ainsi que Cécile de Provence, épouse de Bernard Aton, ne sont pas de cet avis. Ce fut le pape Adrien IV qui finalement affilia Valmagne aux cisterciens en 1159. Dès lors l'abbaye observera la règle morale, mais aussi architecturale définie par St Bernard.











Valmagne_planLa nouvelle église, bâtie en 1257, sera épurée, construite sur le point le plus élevé du terrain, pour une communauté de 80 moines. Les donations et acquisitions se succèdent. L'abbaye s'enrichit, protégée par les familles de Trencavel et par les rois d'Aragon. Le nouveau cloître voit le jour, au début du XIVème siècle.















Abbaye_de_Valmagne__cPuis l'Abbaye fut confrontée à la Guerre de Cent ans. Un certain Pierre de Badafol, chef d'une compagnie de routiers qui terrorise la région, oblige l'abbé à faire des fortifications. Petit à petit, les propriétés de l'abbaye disparaissent. Après la mise en commende de 1477 et les guerres de religions en 1571, l'abbaye fut abandonnée et livrée aux brigands. Il faudra deux siècles pour qu'elle retrouve sa splendeur passée.














Abbaye_de_Valmagne__2_aLes vitraux, par manque d'argent, se seront jamais remplacés, et toutes les ouvertures, afin de ne plus laisser passer le vent, furent maçonnées.
Le cardinal Pierre de Bonzi, de noblesse florentine, administrera Valmagne de 1680 à 1697. Il en fera un palais épiscopal, rehaussera le cloître d'un étage, aménagea des chambres, construira un magnifique escalier, perça une porte sur des jardins à la française, fit une terrasse exposée au midi, bordée par un bassin.






Valmagne_clef_de_vo_te_3Il est servi par une armée de domestiques, et tout le monde vit dans l'aisance et le raffinement, grâce à sa fortune personnelle. A la veille de la révolution, l'abbaye est endettée. les derniers moines s'enfuient, emportant le mobilier précieux et l'argenterie. les paysans insurgés envahirent alors l'abbaye, et brûlèrent les archives, les tableaux et le mobilier. L'abbaye devint un bien national et fut vendue trois ans plus tard, en 1791, à M. Granier-Joyeuse dont les héritiers cédèrent le monastère au comte de Turenne en 1838. L'abbaye aujourd'hui propriété des héritiers du Comte ne sera ouverte au public qu'en 1975.

http://www.valmagne.com/index2.html
http://www.decouvrir-l-herault.com/abbaye-de-valmagne.htm
Abbaye de Valmagne aux éditions Gaud

4 juin 2008

Le clocher

Saint_Michel_de_Cuxa__81_aDans les premiers temps de l'abbaye, deux tours avaient été édifiées. Une seule reste debout aujourd'hui. C'est une tour du XIème siècle attribuée à l'abbé Oliba, haute de 40 mètres, à quatre étages. Aux deux premiers étages, des bandes lombardes et des fenêtres étroites. Au troisième étage, on trouve deux ensembles de baies géminées sur chaque face. Au dernier étage alternent des fenêtres géminées et des baies simples. Côté est et ouest, une rangée d'oculi complète ce décor. La terrasse est bordée par des créneaux. Les voûtes que construisirent les moines provoquèrent une dangereuse inclinaison, et un contrefort fut rapporté au XIVème siècle.

8 mai 2007

La vierge d'Elne



Elne__54_aLes anciens bâtiments claustraux d'Elne sont occupés par des salles d'histoire et d'archéologie abritant une collection d'objets d'art d'Elne,





 

Elne_madone_adont le plus notable est une armoire liturgique de la fin du XIVème siècle décorée d'une Vierge allaitante, qui est de retour depuis peu à Elne.






Elne__142_aUne vierge noire occupait la place. Est-ce l'une des statues que l'on trouve dans le musée, dans la chapelle Saint-Laurent, la vierge de Tres Portales, ou la vierge du portail de Perpignan ?


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Elne__143_aIl est dit que cette statue ressemblerait fort à celle de Pézenas, Notre-Dame de Bethléem, rejetée à la mer et rapportée par un marin, ou bien apportée de Rhodes par par un commandeur de Saint-Jean de Jérusalem.


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Elne__119_aMais alors, où se trouve Saint Michel ? Sur le retable gothique, dans la cathédrale...

8 juin 2008

Le cloître

Elne__23_aLe cloître d'Elne est un des rares grands cloîtres roussillonnais conservé presque intact. Commencé à l'apogée de l'art roman, et continué au long de la période gothique, il rassemble, sous une unité architecturale romane, une grande diversité de sculptures.



 

Elne__7_aBâti en marbre blanc veiné de bleu de Cérêt, il forme un quadrilatère irrégulier, adossé au côté nord de la cathédrale, desservant les salles capitulaires et la chapelle Saint-Laurent.






Elne__40_aLa construction du cloître s'est faite en plusieurs étapes : la galerie sud a été réalisée à la fin du XIIème siècle, la galerie est au début du XIIIème siècle, la galerie nord à la fin de ce même siècle et la galerie ouest au début du XIVème siècle.








 

2008_Pyr_n_es_053aLe cloître comptait autrefois un étage, sans doute du XIVème siècle, mais il fut détruit en 1827.



Elne__87_aChaque galerie compte cinq piliers quadrangulaires et huit colonnes géminées réunies par des arcs en plein cintre. L'espace central est occupé par un jardin qui n'était sans doute pas accessible à l'époque médiévale, la margelle des galeries n'étant interrompue par aucune porte.

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Elne__72_aA chaque angle du cloître, subsistent les statues des quatre évangélistes sur lesquelles on trouve des traces de couleur.


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Tout autour du cloître des pierres tombales, épitaphes ou tombeaux décorés de feuilles de vigne ou de motifs orientaux.


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Elne__75_aDes lions, des griffons, des paons, des serpents, des sirènes, des chevaliers...


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Elne__13_aLe lion est la force incarnée dans la matière, de nature double : éveillé ou endormi... symbole de résurrection ou de réalisation solaire. Il peut, non libéré de cette matière, représenter l'égo empêchant l'avancement de l'initié.

Le griffon, au corps de lion et aux ailes d'aigle, est le symbole des deux aspects de la force solaire, matérielle et spirituelle. Il relie le haut et le bas.






 

Elne__68_aLe paon est le symbole du rayonnement solaire et de l'immortalité. Par la multitude de ses "yeux", et les couleurs de ses plumes, c'est la manifestation d'un principe de totalité, de plénitude solaire. Souvent représenté par paire, les deux s'abreuvant au calice, il représente la dualité harmonisée et l'initié libéré des désirs et du pouvoir de l'égo.



Elne__98_aLe serpent nous montre les points d'entrée et de sortie des énergies cosmo-telluriques. Il nous est représenté ici avec plusieurs "nœuds", indication de plusieurs croisements de réseaux, ou ailé, nous montrant l'entrée des énergies cosmiques.






Elne__100_aLa sirène est ici bifide, et multiple. Elle nous montre le nombre de courants d'eau souterrains.

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Elne__16_aLe chevalier initié par ses voisins, l'un portant son bouclier, l'autre mettant la main sur son coeur.


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Elne__76_aUne clef de voûte nous montre même un pélican (symbole bien connu des alchimistes) nourrissant ses enfants, au nombre de 3 (corps-âme-esprit) qu'un serpent vient "enseigner"...








Elne__88_aDes karoubims (chérubins), leurs ailes déployées, accueillant bras ouverts ceux qui savent, alors que la tradition en fait les gardiens de l'arbre de vie après que Dieu ait chassé Adam et Eve du jardin d'Eden.









 

Elne__97_aDe partout, les signes des énergies, montant à travers les piliers, de façon dextrogyre ou sinistrogyre,


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Elne__96_ala svastika, les énergies doubles du caducée, les spirales et les fleurs alchimiques.


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Galerie sud, fin du XIIème siècle

Elne__62_aLa galerie sud, passage entre les salles capitulaires et la sacristie, c'est l'aile la plus ancienne. Les sculptures ont été réalisées après celles de Saint-Michel de Cuxa et de Serrabone, ce qui permet de voir leur similitude d'un bâtiment à l'autre.
Ces sculptures se rattachent donc aux dernières manifestations de l'activité des ateliers romans roussillonnais. Elles se caractérisent par des thèmes symboliques : végétaux (palmettes, acanthes) et animaux (lions, griffons, bouquetins, sirènes). On trouve quelques scènes historiées. Le travail des détails est précis, le rendu sec et nerveux, les volumes harmonieux.



Elne__63_aScène du quo vadis, tirée de la vie de saint Pierre : l'apôtre est à genoux devant le christ bénissant.








Elne__65_aElne__102_aLa création de l'homme : dieu modèle Adam dans la glaise, et tire Ève de sa côte, puis le péché originel.
La voûte sur croisée d'ogives a remplacé la couverture primitive de bois. A la retombée des arêtes de la voûte, des bas-reliefs représentent la passion du christ et la résurrection. Tout au long de la galerie, pierres tombales et épitaphes d'évêques et de chanoines.





Elne__45_aLa porte gothique d'entrée de la cathédrale est en marbre blanc et rouge, avec des pentures en fer forgé de tradition romane.










Galerie ouest, début du XIIIème siècle

Elne__74_aLes piliers et les chapiteaux s'inspirent de ceux de la galerie sud. Quelques chapiteaux à thème végétal adoptent un vocabulaire gothique. Sur le mur intérieur, quelques pierres tombales, sarcophages de l'école d'Aquitaine des VIème et VIIème siècles. Les voûtes sont sur croisées d'ogives retombant côté mur sur des culs-de-lampe du XIIIème siècle.









Galerie nord, milieu du XIIIème siècle

Elne__9_aElle voit apparaître des œuvres inspirées de l'art gothique de l'Ile-de-France (fin XIIIème). Elle permet d'atteindre la chapelle St Laurent.
Des chapiteaux sont encore clairement inspirés de l'époque romane, d'autres sont nouveaux, avec une large place aux thèmes végétaux.






Galerie est, début du XIVème siècle

Elne__30_aEntreprise vers 1315-1325, cette galerie poursuit l'architecture de la claire-voie romane. Alors que la voûte et les sculptures montrent une parfaite maîtrise de la technologie romane. Une place prépondérante est donnée aux compositions historiées.






Elne__77_aScènes illustrant la vie du Christ : annonciation et visitation, naissance de Jésus, annonce faite aux bergers, les rois mages chez Hérode.







Elne__82_aLes mages suivant l'étoile, l'adoration, le songe, le massacre des innocents.
L'enfance du christ : fuite en Egypte, circoncision, Jésus au temple avec les docteurs de la loi, dormition de la vierge, rencontre du christ avec Marie-Madeleine.






Elne__55_aAux angles intérieurs de chacune des galeries, les quatre évangélistes surmontant leur symbole.

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Elne_taureauPlusieurs représentations du taureau laissent à penser que Mithra n'est pas loin.

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Chapelle Saint-Laurent


Elne__54_aLes anciens bâtiments claustraux sont occupés par des salles d'histoire et d'archéologie abritant une collection d'objets d'art d'Elne,





 

Elne_madone_adont le plus notable est une armoire liturgique de la fin du XIVème siècle décorée d'une Vierge allaitante, qui est de retour depuis peu à Elne.





Elne__142_aUne vierge noire occupait la place. Est-ce l'une des statues que l'on trouve dans le musée, dans la chapelle Saint-Laurent, la vierge de Tres Portales, ou la vierge du portail de Perpignan ?


Elne__144_a


 


 






Elne__143_aIl est dit que cette statue ressemblerait fort à celle de Pézenas, Notre-Dame de Bethléem, rejetée à la mer et rapportée par un marin, ou bien apportée de Rhodes par par un commandeur de Saint-Jean de Jérusalem.


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Elne__119_aMais alors, où se trouve Saint Michel ? Sur le retable gothique, dans la cathédrale...

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13 juin 2008

Notre-Dame du Taur

L__glise_du_Taur_de_Toulouse__0_La tradition veut que cet édifice ait été bâti sur l'emplacement de la sépulture de saint Saturnin, premier Évêque de Toulouse, qui subit le martyre vers 250, sous le consulat de Décius et Gratius.

Attaché par les pieds aux flancs d'un taureau furieux, il fut traîné et déchiqueté. Aussitôt, de saintes femmes inhumèrent sa dépouille aux portes de Toulouse, à l'endroit exact où le corps de saint Saturnin s'était détaché du taureau qui le traînait derrière lui.
L__glise_du_Taur_de_Toulouse__22_aUn oratoire a tout d'abord été installé pour les pèlerins sur le lieu exact de sa mort.















L__glise_du_Taur_de_Toulouse__18_aLes reliques du saint ont été gardées jusqu'en 402, date à laquelle elles ont été transférées en grande pompe à la Basilique Saint-Sernin, qui porte le nom altéré de Saint-Saturnin. Malgré les 150 ans du corps, la légende raconte que la foule a apprécié les « doux effluves » des restes de Saint Saturnin. Selon Rome, c'est un des traits caractéristiques d'un saint.

Depuis lors, son culte s’est perpétué en ce lieu. L'église que nous connaissons a été construite sur l'oratoire aux XIIIème et XIVème siècles.
Saint-Sernin du Taur, puisque c’est ainsi que l’on nommait cette église, ne prit le vocable de Notre-Dame du Taur qu’à partir du XVIème siècle.










L__glise_du_Taur_de_Toulouse__34_aL’édifice actuel, construit en plusieurs étapes à la fin du XIIIème siècle et au cours des XVIème et XVème, s’inscrit parfaitement dans la tradition gothique méridional.
La façade donnant sur la rue du Taur (XIVème-XVIème) présente l’aspect d’une forteresse avec son clocher mur à créneaux et mâchicoulis et abrite un carillon de 13 cloches.













L__glise_du_Taur_de_Toulouse__1_aLe portail de pierre comporte 6 archivoltes et des colonnes ornées de chapiteaux à feuillage. L’intérieur du haut gâble triangulaire est orné d’une statue de la vierge du XVIIIème siècle. De part et d’autre, dans les niches, deux moulages ont remplacé les anciennes statues du XVIème siècle (un apôtre et saint François d’Assise).









L__glise_du_Taur_de_Toulouse__7_aLe chœur est composé d’une petite chapelle centrale à chevet plat et de deux absides à pans coupés de part et d’autre.
Au-dessus de l'autel central, le martyre de saint Saturnin, peinture du XIXème siècle de Bénézet.
L__glise_du_Taur_de_Toulouse__5_a


















L__glise_du_Taur_de_Toulouse__14_aLa chapelle centrale conserve la statue de Notre-Dame du Rempart ou de la délivrance ou du bon Secours, du XVIème siècle, entrée dans l’église en 1783 après la démolition de l’oratoire de la porte de Villeneuve.
L__glise_du_Taur_de_Toulouse__20_b
















L__glise_du_Taur_de_Toulouse__11_bSur le mur sud de la nef subsistent les vestiges d’une généalogie de Jacob en 38 figures, disposée sur deux registres, du XIVème siècle. Cette peinture très effacée fut découverte en 1872 lorsque l’on retira les boiseries qui ornaient alors les parois.

L__glise_du_Taur_de_Toulouse__28_aUn taureau, sculpté dans la partie la plus ancienne de l'église, nous rappelle le martyr de Saturnin.












L__glise_du_Taur_de_Toulouse__21_a



   
12 mai 2008

L'église Saint-Saturnin de Boule-d'Amont

Boule_d_Amont__29_aBula d'Amunt fut habité dès le néolithique. Deux mégalithes en sont la preuve : les pierres plantées au Coll de les Arques, et le dolmen de Cementiri dels Moros, avec des croix et des cupules gravées sur la dalle. Il faut attendre le Xème siècle pour que se développe le village. Bula, 942, puis Bula Subirana, 1062, fut incorporé à la vicomté de Vallespir vers 990.








Boule_d_Amont__2_aAu XIème siècle, Saint-Michel de Cuxa y possédait un certain nombre d'alleux. A la fin du XIème siècle, les riches propriétaires de Serrabone firent construire une église qu'ils dotèrent d'une communauté de chanoines de Saint-Augustin. Celle-ci se développa au point de nécessiter des agrandissements de l'église consacrée à nouveau en 1151. Au XIIIème siècle, Arnaud de Cortsavi y détenait des droits seigneuriaux, conjointement avec l'abbé de Saint-Michel et le prieur de Serrabonna.












Boule_d_Amont__5_aL'église de Saint-Saturnin, citée en 1011, primitivement à nef unique et abside semi-circulaire, possède un chevet de tradition lombarde. Il s'agit d'une reconstruction du début du XIIème siècle. Le chevet fut construit en deux étapes, probablement la partie basse fut-elle construite au début du XIème siècle alors que la partie haute le fut lors de l'établissement des chanoines, vers la fin du siècle.







Boule_d_Amont__27_aLe collatéral nord est un ajout du XVIIème siècle. La porte occidentale fut ouverte au XVIIIème siècle, remplaçant l'entrée d'origine située au sud. Les vantaux de la porte sont ornées de remarquables ferrures romanes.
















Boule_d_Amont__19_aL'église abrite de beaux retables baroques, une statue du saint patron, Saturnin, et une vierge en majesté qui n'est pas mentionnée dans l'inventaire.
Boule_d_Amont__26_a
















Boule_d_Amont__7_aElle me semble venir du XIIIème, avec son enfant moins travaillé, posé sur son giron. Cela vous rappelle quelque chose ?
Boule_d_Amont__9_a

















Boule_d_Amont__14_aSes mains ne sont pas démesurées, mais elle possède la majesté de ses soeurs noires, nombreuses dans la région. Serrabonne n'aurait-il pas eu une vierge noire ?
Boule_d_Amont__16_a
















Boule_d_Amont_chapelle_saint_Pons__30_aUn peu plus bas dans la vallée, la chapelle romane de Saint-Pons.

18 mai 2008

La Tribune

 

Serrabone__29_aLa chapelle du prieuré est divisée en deux parties par un portique en marbre rose, la tribune. Le transept et l'abside sont réservés au culte monacal alors que la partie ouest de la nef et le collatéral sont réservés à la mission d'évangélisation.
















Serrabone__38_aLa tribune est considérée comme l'exemple le plus remarquable de travail de sculpture pour l'époque romane en Pays Catalan. La qualité du matériau, le marbre de Villefranche-de-Conflent, contribue à magnifier le chef d'oeuvre des artistes sans nom qui l'ont faite, sans doute peu avant 1150.

Serrabone__52_ab















Serrabone__44_La tribune a une forme à peu rectangulaire de 5,60 x 4,80  pour une hauteur de 3,10 mètres. Une balustrade, dont il ne reste aujourd'hui que quelques restes sculptés, dominait cet ensemble sur une hauteur d'environ 1,50 mètre. Le dessus du portique est une simple plate-forme destinée aux chants liturgiques.














Serrabone__76_aLes croisées d'ogives présentes sous la tribune ne sont en aucun cas une forme primitive de voûte gothique : elles ont ici un rôle purement décoratif, afin de cacher la voûte d'arête les surplombant sans jamais les toucher.

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Serrabone__40_aTrois arcades surmontées d'une corniche composent la façade. Son aspect ciselé en faible relief s'oppose aux chapiteaux en ronde-bosse.

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Serrabone__55_aElle reprend dans son décor les symboles chrétiens tirés du texte de l'Apocalypse, placés dans les écoinçons des arcs. A l'extrémité, deux anges aux mains ouvertes, leurs ailes couvrant leurs corps. Le lion symbole de Marc est placé à côté de l'aigle de Jean. A l'opposé, le taureau symbole de Luc, voisine l'homme ailé de Mathieu.

Serrabone__71_a















Serrabone__50_aCes quatre représentations entourent l'image du Christ, représenté sous les traits de l'Agneau disposé dans une mandorle. Autour de ce message, un décor végétal varié, de palmettes, de rose à quatre pétales et de rinceaux occupe la surface.
















Serrabone__saint_michel_A l'exception d'un chapiteau mettant en scène Saint Michel terrassant le dragon (normal dans une chapelle dédiée à la vierge, les parèdres sont toujours présents), la sculpture de Serrabone n'est pas narrative, mais symbolique. Et là, un livre entier n'y suffirait pas.

Serrabone__70_a
















Serrabone__61_aCitons quand même la présence de Cernunnos, en face du sagittaire qui le blesse de sa flèche, le tout observé par un homme tonsuré (l'ancienne religion terrassée?), puis un centaure et un lion, que l'homme tonsuré tient respectivement par la langue et par l'oreille ( la parole de l'ancienne tradition racontée à la nouvelle, ou bien Chiron enseignant le lion solaire).








Serrabone__Lions_acrobates_Il existe même un lion acrobate, les pattes dressées vers le ciel...

18 mai 2008

Le cloître

Serrabone__5_aIl est accolé au côté sud de l'église, et ses arcades ouvrent sur le ravin à proximité.




















Serrabone_abcUn petit jardin est ménagé à son pied, sur une des terrasses ménagées pour soutenir le prieuré.
Serrabone_ac













Serrabone__96_aDans le mur nord se trouvait une porte de la chapelle d'origine. Murée afin de recevoir la tribune, il n'en reste qu'une niche.








Serrabone__16_aRythmé par trois piliers séparant des séries d'arcades, il est constitué d'une seule galerie. Le décor sculpté se déploie sur les huit couples de chapiteaux en marbre.
On remarque l'activité de sculpteurs différents travaillant ensemble : les chapiteaux intérieurs sont une exécution plus habile que les extérieurs.







Serrabone__7_aNous trouvons des lions dressés, qui, comme sur le portail n'ont qu'une gueule pour deux.
Des lions "engoulants", gueules ouvertes, avalant ou bien faisant sortir (?) des pattes ou des bras...











Serrabone__10_aDes lions ailés, dressés sur leurs pattes arrière, qui mordent la pointe de leurs ailes, alors qu'un personnage vêtu d'une longue robe plissée, chevelu et barbu (l'enseignant ?), encercle de ses doigts leurs pattes arrière. Ils sont encore dans la matière.











Serrabone__9_aQuatre aigles, toutes ailes déployées, posant leurs pattes sur l'abaque du chapiteau. Encore dans la matière.
Les feuilles d'acanthe en bouquet végétal laissent apercevoir la tête d'un homme. Apparition de l'initié.











Serrabone__6_aLes lions marchants : le premier est tellurique, la tête et le sexe baissés vers la terre. Au -dessus, une étoile et un homme couronné, au milieu de feuilles simples. Le deuxième, la tête relevée, le sexe épanoui regardant vers le ciel. Au-dessus, l'homme et l'étoile, au milieu de feuillages d'acanthe plus importants... No comment.









Serrabone__8_a

15 mai 2008

Les cathares

Puylaurens__5_a La racine grecque de cathare signifie " pur ". Actuellement, les plus grands spécialistes de l'étude Cathares s'accordent à dire que les principes de cette religion sont antérieurs à celle du Manichéisme prêché par Manès.






Puylaurens__9_a Plus que le Manichéisme, le gnosticisme semble être la vraie racine du Catharisme. Bien avant Manès, les gnostistes défendaient l'idée d'opposition entre les deux principes du Mal et du Bien. Ils soutenaient que l'âme, image de Dieu, était emprisonnée du corps créé par le Mal.





Puylaurens__6_aCes mêmes théories se retrouvent dans les bases mêmes du Christianisme primitif, il est donc probable que le Catharisme y puise ses racines profondes.






Puylaurens__12_a Au XIIème siècle, cette nouvelle croyance basée sur le christianisme mais très critique vis-à-vis du catholicisme s’est rapidement propagée dans toute l’Occitanie. Le pape Innocent III pour contrer ce mouvement décida de lancer la croisade contre les Albigeois. Cette croisade se doubla rapidement d’une guerre géopolitique entre les seigneurs du Nord et les seigneurs occitans. Les tribunaux de l’Inquisition achevèrent le travail des nombreux sièges et bûchers contre les cathares. Bien que le catharisme fut éradiqué, il est un des symboles de la tolérance, de la liberté et de l’ouverture d’esprit de la culture occitane. Il a laissé son empreinte sur ce territoire et son identité.





Puylaurens__26_a Cette dissidence chrétienne médiévale réclame, comme d’autres mouvements de son temps, le retour au modèle d’Eglise primitive des premiers temps du Christianisme. Elle condamne l’Eglise romaine et sa hiérarchie au prétexte de ce qu’elles ne respecteraient pas l’idéal de vie et de pauvreté du Christ.




Puylaurens__11_aAux yeux de l’Eglise romaine, les cathares représentaient un danger bien pire que les infidèles (juifs et musulmans), car, tout en étant chrétiens, ils interprétaient différemment les Ecritures et refusaient la doctrine des sept sacrements.
Leur croyance était basée sur l’existence de deux mondes, l’un bon et l’autre mauvais. Le premier, le monde invisible dont les créatures sont éternelles, résulte de la création de Dieu le Père ; le second, le monde visible et corruptible, est l’œuvre du Diable. Introduits dans des corps de chair fabriqués par le Diable, des anges déchus sont devenus les âmes des hommes et des femmes.



Puylaurens_b__1024x768_ Pour les cathares, le christ est uniquement l’envoyé du Père venu porter le message du salut aux hommes. Il n’est pas comme chez les catholiques le rédempteur de tous les péchés. Du coup, les cathares ne conservent qu’un seul sacrement, celui du consolamentum (consolation) ou baptême d’imposition des mains pratiqué par le Christ, le seul à apporter le Salut.




Un incontournable : http://www.cathares.org/cathares-et-catharisme.html

http://www.esonews.com/cathares/
http://www.payscathare.org/1-6272-HISTOIRE-DU-CATHARISME.php

15 mai 2008

Puilaurens, château cathare

Puylaurens__10_aLa présence humaine dans les environs de Puilaurens est attestée vers la fin du paléolitique, au magdalénien supérieur, il y a environ 12000 ans. C'est dans une grotte dominant la Boulzane que les témoins archéologiques de cette époque ont été identifiés par les préhistoriens.











Puylaurens__4_aLe Mont Ardu, ancien nom de la montagne où s'élève le château de Puilaurens (Puèglaurenç), apparaît pour la première fois en 958, dans une charte où Lohtaire concède à l'abbaye Saint-Michel-de-Cuxa la prévôté de Puilaurens, et plus particulièrement l'église Saint-Laurent, chapelle fortifiée située sur ce mont. Au XIème siècle, le château devait relever de la suzeraineté du comte de Besalù, puis de celle du vicomte de Narbonne.




 

Puylaurens__7_aLe premier châtelain connu de Puilaurens, Pierre Catala, est témoin de la soumission de Guillaume de Peyrepertuse à Simon de Montfort. Douze ans plus tard, c’est Guillaume de Peyrepertuse qui commande la place. Puilaurens est ensuite tenu par Roger Catala, qui, comme son prédécesseur, y abrita de nombreux cathares.




 

Puylaurens__8_aEn 1241, le diacre cathare du Fenouillèdes, Pierre Paraire, séjourne dans le lieu et vers 1245-1246 plusieurs parfaits et parfaites y sont hébergés.
On ne connaît pas le moment exact où le château passa sous le contrôle royal mais l'annexion semble consommée vers 1250 : en 1255, Saint-Louis donne l’ordre au sénéchal de Carcassonne de fortifier le château. Défendant la frontière face à l'Aragon, il est occupé en 1259 par la plus importante garnison de toute la frontière, sous les ordres d’Odon de Montreuil.
Jusqu’au Traité des Pyrénées (1659), le château subit à maintes reprises des incursions espagnoles. Mal défendu et peu entretenu dès la fin du XVIIème siècle, il est définitivement abandonné à la Révolution.





Puylaurens__42_aL'entrée du château est protégée par une chicane constituée de plusieurs murs parallèles successifs, du début du XVIIème siècle. Une barbacane adaptée au tir avec des armes à feu complète le système de défense d'entrée.





Puylaurens__15_aLa porte du château est surmontée d'un arc en plein cintre.


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Puylaurens__37_aLe château est constitué de deux enceintes jumelées dont la plus grande de 70 m de long sur 30 m de large, organisée autour d’une vaste cour, encadre la deuxième, plus ancienne, constituée par le donjon et les logis.











Puylaurens__32_aIl s'agit d'un donjon modifié et agrandi du XIème au XIIIème siècle, entouré par une enceinte crénelée à quatre tours, dont la Tour de la Dame Blanche  qui est certainement la partie la plus ancienne du château, probablement antérieure à la Croisade.







 

Puylaurens__24_aCette tour fut ainsi baptisée en souvenir de Blanche de Bourbon, petite nièce de Philippe le Bel qui avait séjourné ici au cours d'un de ces voyages. Une légende rapporte que la Dame Blanche vient pendant les pâles nuits, promener ses vaporeux voiles sur le chemin de ronde des remparts démantelés... La salle du rez-de-chaussée en est bien conservé, avec une croisée d'ogives.


Puylaurens__25_a








Puylaurens__35_aLa cour la plus vaste est entourée de courtines crénelées où court le chemin de ronde. Vers la poterne sud/est, une tour appareillée en pierre à bossages, caractéristiques de la deuxième moitié du XIIIème siècle, d'où l'on a une vue merveilleuse sur les montagnes voisines.



Puylaurens__36_ahttp://www.occitanie.org/chateaux-cathares/puylaurens/militaire.html
http://www.geocities.com/Paris/2354/cathare.html
http://lescathares.free.fr/chateau/puylaur.html

14 mai 2007

Notre-Dame de Pena de Cases-de-Pène

 

Cases_de_P_ne_vierge_noire__3_La découverte d’une statue de la vierge dans la grotte située au-dessus de l’ermitage a été à l’origine de la construction de la chapelle de l’ermitage. Voici le récit de la découverte :

 









Cases_de_P_ne_vierge_noire« Malgré l’aridité des rochers, quelques bœufs d’Espira de l’Agly étaient venus y paître. Tandis qu’ils cherchaient leur nourriture, l’un d’eux se détachant, allait fréquemment vers la grotte, comme attiré, et il y découvrit l’image de Marie. Le berger intrigué monta à la hâte vers l’animal et aperçut à son tour l’image. Sa joie fut grande ainsi que celle de toute la contrée, à qui il communiqua la nouvelle, de telle sorte qu’on décida l’érection de la chapelle sur le rocher d’en face. »

Cases_de_P_ne_vierge_noire__2_

 








Cases_de_P_ne_vierge_noire__4_Le père Camos donne une description de la statue : « Elle est d’un bois très ancien, faite comme en demi-relief, assise sur un trône dont le dossier remonte à la hauteur de la tête. Elle est peinte d’une couleur très ancienne. Sa dimension est d’un peu moins de trois palmes. L’enfant est assis sur le genou gauche de la vierge, soutenu par sa main. Il bénit de sa main droite et tient de la gauche un livre. »

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14 mai 2008

Le castell de Pena

Cases_de_P_ne_l_ermitage__1_a Le mot pena signifie "piton rocheux". Il désignait au moyen-âge le château bâti dans le roc sur la montagne dominant l'Agly.












Cases_de_P_ne_l_ermitage__12_aIl fut probablement réalisé au Xème siècle par le comte Besalu et jouait un rôle défensif, confirmé par la présence dans la partie la plus élevée et la plus inaccessible de l'escarpement d'une tour à signaux, qui était reliée au château par un étroit passage bordé de courtines et d’une muraille naturelle. La tour communiquait avec la Torre del Far au-dessus de Tautavel.








Cases_de_P_ne_l_ermitage__9_aLe promontoire porte aujourd’hui le surnom de Salt de la Donzella, en référence à une légende populaire : « C’est l’histoire d’une jeune fille poursuivie par les sarrasins. Elle court sur le sentier de Pena, passe devant la chapelle, escalade un rocher. Elle ne peut plus s’échapper qu’en se jetant dans l’abîme. Elle invoque alors Marie et c’est doucement, suavement, qu’elle vient se poser au fond de la vallée. Une autre version prétend qu’elle s’écrasa sur les rochers pour n’avoir pas prié… »
Une autre version avec la chapelle de Saint-Michel d'Aiguilhe...












NervalEn souvenir de cette légende, un des derniers ermites a gravé le prénom supposé de la jeune fille : Aurélia. Ce qui me remet en mémoire Gérard de Nerval et son « Aurélia », qui débute ainsi : « Le rêve est une seconde vie. Je n’ai pu percer sans frémir ces portes d’ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. Les premiers instants du sommeil sont l’image de la mort ; un engourdissement nébuleux saisit notre pensée, et nous ne pouvons déterminer l’instant précis où le moi, sous une autre forme, continue l’œuvre de l’existence. C’est un souterrain vague qui s’éclaire peu à peu, et où se dégagent de l’ombre et de la nuit les pâles figures gravement immobiles qui habitent le séjour des limbes. Puis le tableau se forme, une clarté nouvelle illumine et fait jouer ces apparitions bizarres :  le monde des Esprits s’ouvre pour nous. »








Cases_de_P_ne_l_ermitage__3_aPour arriver à l'ermitage, il faut parcourir un chemin escarpé au cours duquel on croise 3 oratoires.
Cases_de_P_ne_l_ermitage__21_a












Cases_de_P_ne_l_ermitage__25_aLe sentier est rude, mais comme dans tous les sanctuaires d’importance, il est nécessaire de se vider physiquement et spirituellement, afin de se remplir d’énergie nouvelle arrivant en haut.
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Cases_de_P_ne_l_ermitage__31_aL'ermite du moment, qui protège la flore, ne c'est pas trompé en mettant une rangée impressionnante de cactées devant la chapelle. Il est bien connu que les cactus prennent les mauvaises ondes.

Cases_de_P_ne_l_ermitage__32_aRegardez ce que nous trouvons en face...

23 janvier 2008

L'autel de l'église Notre-Dame d'Avenas

Avenas_035abCet autel, un des chefs d’oeuvre de la sculpture romane classé monument historique, unique en France, est formé de quatre blocs en calcaire blanc marmoréen. Il fut sculpté dans le premier quart du XIIème siècle siècle :

- sur la face principale, un Christ en gloire entouré de ses apôtres.
- sur la face nord, quatre scènes de la vie de la Vierge (Annonciation, Nativité, Présentation de Jésus au Temple et Assomption)
- sur la face sud, la donation de l’église, où l’on voit un roi remettant au chapitre de Saint-Vincent de Mâcon une maquette de l’édifice.











Le Christ en gloire

Avenas_047cExtrait de "Histoire du beaujolais et des sires de beaujeu, suivie de l'armorial de la province", publié 1853 par le Baron Ferdinand de La Roche La Carolle, copie de l'exemplaire de la New York Public Library par Google-books :
"La face antérieure représente le Christ assis sur une chaise à l'antique et dans l'attitude de donner sa bénédiction. Cette figure est enfermée dans un médaillon creusé en forme d'ellipse ogivale, occupant toute la hauteur du panneau depuis la plinthe jusqu'à la corniche."






Avenas_054a"A gauche et à droite de ce médaillon se trouvent les douze apôtres, rangés trois par trois, tous assis et disposés sur deux lignes, une supérieure et l'autre inférieure. Les noms de quatre apôtres sont gravés au-dessous des figures du premier rang.
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Avenas_057aIl est impossible de juger aujourd'hui si, dans la ligne inférieure, quelque nom avait été écrit, attendu l'état de détérioration de la base.Saint Pierre tient une clef, presque tous ont un livre à la main. Les animaux symboliques des quatre évangélistes sont placés autour du médaillon : l'ange, l'aigle, le bœuf et le lion."










Avenas_048bLes doigts du Christ sont très longs, comme ceux des vierges noires. La chaise antique ressemble fort à un utérus flanqué des deux trompes. Regardez-bien. La mandorle en est un autre symbole... Ses pieds sont nus, comme chez les grands sages au contact direct de la Terre, et ne sont pas posés au sol, signe de rapprochement avec le divin, mais aussi signe d'initiation. Il nous montre la voie.
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Avenas_056a"Presque tous les apôtres ont un livre à la main", sauf un, qui par l'orientation de ses mains, nous indique les courants énergétiques de l'église.

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Donation de Notre-Dame d'Avenas

Extrait des "Archives historiques et statistiques du département du Rhône":

Avenas_045b"Sous le maitre-autel est un fort beau retable en marbre blanc, sculpté en relief, que Sévert regardait comme un des plus anciens monuments chrétiens qui existât dans le diocèse. Il représente Louis-Le-Débonnaire, la couronne en tête, fléchissant le genou, tenant entre les mains une espèce de chapelle qu'il présente à un religieux (Saint Vincent), et que celui-ci reçoit, ayant la main gauche sur la poitrine, pour marquer l'acceptation qu'il en fait, ou comme si tous les deux voulaint offrir ce temple à la Vierge. On y voit aussi les douze apôtres. Au bas est cette inscription en lettres, partie gothiques partie romaines :



(RE) X LUDOVICVS PIVS ET VIRTVTIS AMCVS  (c'est) le roi Louis, (l'homme) pieux et ami de la vertu
OFFERT AEECLESIAM RECIPIT INTIVS ISTAM  (qui) offre (cette) église : (saint) Vincent la reçoit
LAPADE BISSENA FLVITVRVS IVLIVS IBAT      dans une douzaine de jours Juillet allait être révolu
MORS FVGAT OBPOSITV REGIS AD INTITUM   la mort met en fuite et conduit à sa perte (celui) qui s'oppose au roi.

Avenas_123aOn assure que ce bas-relief a été découvert, en 1612, par les soins de l'évêque de Mâcon, Gaspart Dinet."

L'inscription est sujette à polémique :

"Severt, chanoine de Beaujeu, est le premier qui ait fait connaître cet autel. Il lui fut signalé par monseigneur Dinet, évêque de Mâcon, qui l'avait découvert pendant le cours d'une visite pastorale. Notre historien dit que Louis-le-Débonnaire, se rendant à Aix en Provence en 824 ou 830 pour assister à un concile, passa par Avenas, où il s'arrêta chez des religieux qui y avaient un couvent ; qu'il profita de son séjour en ce lieu pour faire démolir le château de Torvéon, ancienne retraite du traître Ganélon que Charlemagne avait vaincu, et qu'en commémoration de cette victoire, Louis-le-Débonnaire aurait fait édifier l'église et l'autel d'Avenas.
L'autel d'Avenas, étudié sous le rapport de l'art, ne peut plus être classé au nombre des monuments carolingiens. Le style de la composition, le trait du dessin, l'exécution de la sculpture et surtout la forme des lettres de l'inscription s'y opposent invinciblement; tandis que tout y révèle au contraire l'époque du XIème siècle, dont il porte tous les caractères. Il faut donc abandonner l'ancienne prétention, ainsi que la légende rapportée par Severt, et chercher le motif de l'érection ailleurs que dans l'histoire de Ganélon et la prétendue démolition de sa forteresse par Louis-le-Débonnaire."

Nativité de Notre-Dame d'Avenas

Avenas_039bOn retrouve autour de cette Nativité trois autres scène de la vie de la vierge : l’Annonciation, La présentation au temple et la Dormition-Assomption. Au milieu, un pilier où se retrouvent 3 éclatoirs, signe que 3 courants se croisent sous l'autel.






Avenas_084abRegardez la figure centrale de la Dormition-Assomption : la Vierge au centre, comme au dessus d'un bateau (la barque d'Isis), sur lequel serpente un reptile (Apophis)... Un voyage dans l'au-delà en barque, égyptien comme concept, non ?










Avenas_088a"La Présentation au temple occupe la partie droite : le vieillard Siméon se dispose à prendre dans ses bras l'enfant Jésus apporté par la Sainte-Vierge et saint Joseph.
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Avenas_087aLes deux tableaux de la partie inférieure sont plus difficiles à expliquer. Celui de droite représente une figure alitée ; un homme la soutient, et une jeune fille assise vers le pied du lit paraît se livrer à la douleur. Dans le fond apparaît le buste d'un homme enveloppé d'une draperie soutenue par deux mains qui semblent descendre du ciel.
Dans le tableau de gauche, on voit une figure couchée sur un lit et dans l'attitude de la souffrance ; une femme lui présente un enfant au maillot."







Les svastikas

Avenas_040aAux quatre coins du dessus de l'autel et en son centre on trouve des svastikas dextrogyres, ainsi qu'un papier scotché indiquant aux visiteurs que ce symbole, datant de la consécration de l'église au XIIIème siècle, n'a rien à voir avec L'Allemagne hitlérienne...
















Avenas_076a"Le svastika est le symbole de la connaissance du transcendantal et peut se faire dans les deux sens : par les voies détournées de la main droite ou de la main gauche (c’est à dire par tous les moyens possibles). En effet la connaissance du transcendantal ne peut être atteinte directement étant en dehors de toute logique humaine, c’est pourquoi les branches de cette dernière sont tordues et se perdent dans l’immensité indéterminée de l‘espace.
Ceci dit, suivant son orientation, on lui attribue une signification de chance ou de malchance mais même si ce symbole est commun à toutes les civilisations, ces dernières n’ont jamais donné la même signification à son sens rotatif.
C’est le symbole de l’homme qui se place au centre de la croix, au centre des 4 directions ou des 4 éléments, et qui cherche à s’orienter dans l’espace qui l’entoure, espace infini en perpétuel mouvement rotatif.
C’est donc le symbole de l’humilité dont l’Homme doit faire preuve face à l'Univers et à la Connaissance suprême qui ne lui est pas accessible." ( http://www.jainisme.com/symbolique/svastika/ edit 26/09/10 : lien disparu)

svastika_monde

Avenas_042aA l'arrière de l'autel, comme on peut le voir sur le dessin tiré de l'ouvrage de Ferdinand de La Roche La Carolle, se trouve un réceptacle, où devait se trouver les reliques servant à la dédicace.
Avenas_129b

23 janvier 2008

Le "caher"

Glendalough_8cette enceinte circulaire aux murs de pierre située entre les deux lacs a 20 mètre de diamètre. Sa date de construction est encore inconnue.  Tout autour de la caher, il existe des vestiges de pierres et de croix, autour desquelles les pèlerins tournaient 7 fois (tiens...) en partant vers la droite. Ancienne coutume druidique reprise par le christianisme encore une fois ?

10 février 2008

Dublin, historique

Dublin_42a"Dublin (Baile Átha Cliath en irlandais) est la capitale et la plus grande ville d'Irlande, située à peu près au milieu de la côte est irlandaise, à l'embouchure de la Liffey et au centre de la Région de Dublin.
Dublin_3a













Dublin_1aLe nom de Dublin est généralement considéré comme provenant du gaélique Dubh Linn (l'étang noir), le nom d'un bassin d'un affluent de la Liffey, près duquel s'est érigé la première place forte des Vikings.

Le nom gaélique contemporain Baile Átha Cliath (La ville du gué des haies de roseaux) fait référence au hameau qui se trouvait à côté du site de fondation de Dublin.












Dublin_2aLa première référence à l'existence de la ville se trouve dans les écrits de Ptolémée aux environs de 140. Elle est alors désignée sous le nom de Eblana. La proximité de ce nom avec le nom actuel (b, l et n en commun) suffit à jeter le doute sur le lien entre Dublin et Dubh Linn, mais on ne sait pas si ces deux origines sont liées.

Le nom Dubh Linn se retrouve également en islandais : djúp lind (mare profonde).













Dublin_4aSelon Ptolémée, Eblana existait dès l'an 140 après J.-C. Le village celte Áth Cliath (le gué de la haie) est en fait antérieur à la fondation de Dublin en tant que "Dubh Linn" par les Vikings au IXème siècle.









Dublin_9aQuelle que soit l'origine du nom de Dublin, en l'an 837, Turgesius y revient pour la deuxième fois, accompagné cette fois d'une flotte de 120 navires. Soixante d'entre eux remontent la rivière Boyne, les soixante autres la rivière Liffey.










Dublin_6Selon les annales de l'époque, cette formidable force militaire se rassemble sous son autorité. Inconnu dans son propre pays, tous les récits relatifs à ses conquètes se trouvent en Irlande et dans les îles britanniques. A leur arrivée à Dublin, ses hommes s'emparent de cette communauté de pêcheurs et agriculteurs et érigent un solide fort selon les méthodes de construction scandinaves, sur la colline où se trouve l'actuel château de Dublin.









Dublin_14aLes noms modernes de Dublin font référence à cette double origine : le hameau originel pour le nom gaélique, et le village viking pour la version anglaise.
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Dublin__53Après l'invasion de l'Irlande par les Normands, Dublin a remplacé la colline de Tara comme capitale de l'Irlande, le pouvoir s'installant au château de Dublin jusqu'à l'indépendance.






Dublin_24aDublin__52Un évêché y fut érigé en 1018 ; en 1213 les Anglais, qui s'en étaient rendus maîtres, y élevèrent un château, fortifié au XVème siècle.
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Dublin_28aDepuis le début de l'occupation anglaise au XIIème siècle, la ville a joué le rôle de capitale de l'île irlandaise, sous toutes les formes qu'a pu prendre l'autorité politique :  la Seigneurie d'Irlande (1171-1541), le Royaume d'Irlande (1541-1800), l'île en tant que membre du Royaume-Uni (1801-1922) puis la République autoproclamée d'Irlande (1919-1922). À partir de 1922, à la suite de la partition de l'Irlande, Dublin est la capitale de l'État Libre d'Irlande (1922–1937)". (Wikipédia)




Dublin_12a

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Les photos illustrant l'historique proviennent du Musée National d'Irlande, qui possède la plus prestigieuse collection d'objets préhistoriques en or d'Europe, ainsi que de splendides pièces d'orfèvrerie d'art celtique du Moyen Age.







Dublin_50Vous retrouvez les objets provenant du site de Newgrange et Knowth, la pierre gravée d'un labyrinthe de Glendalough, une pierre gravée d'oghams, une autre avec un triskell, la broche de Tara (VIIIème siècle), le calice d'Ardagh (VIIIème siècle), une copie du chaudron de Gundestrup, des nonnes portant haut les chakras, plusieurs sheela na gig, et....









Dublin_36aUne vierge noire datant probablement du XIIème siècle. Sa provenance n'est pas indiquée, et à ma connaissance, il n'y en avait pas en Irlande.
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23 janvier 2008

La cellule de saint Kevin

Glendalough_11Construite sur un éperon rocheux surplombant le lac, près d'un petit ruisseau de montagne, cette structure en pierre faisait 3,6 mètres de diamètre avec des murs de 90cm d'épaisseur et une porte à l'est. Aujourd'hui, seules subsistent ses fondations. Il est possible que la cellule ait possédé une toiture de pierre à encorbellement, comparable à celles des huttes "en ruche" de Skellig Michael...

10 février 2008

Saint-Michan de Dublin

Saint_Michan__DublinL'église fut construite en 1095 sur le site d'une ancienne chapelle fondée par une communauté viking danoise, expulsée expulsée de la ville fortifiée de Dublin. Ce qui expliquerait la dédicace à Michan, qui aurait été un saint homme du Danemark.
En 1095, à la mort de l'évêque, les danois élirent son neveu Samuel O'Haingli, un moine venant de Worcester, pour être son successeur. On retrouve à l'intérieur de l'église une statue de l'évêque dans sa tenue épiscopale datant du XIIème siècle. A sa mort, en 1121, il fut enterré dans l'église qu'il avait fait construire.










Saint_Michan__Dublin__6_aEn 1547, l'église dépendait de la cathédrale Christ Church, et se trouvait sous la responsabilité du chantre.
Saint-Michan fut, jusqu'en 1686, la seule église paroissiale du côté nord de la ville de Dublin, sur l'autre rive de la rivière Liffey. La population de cette paroisse était si nombreuse qu'elle fut reconstruite pour servir une congrégation plus prospère dans une zone créée par Sir Humphrey Jervis. Les historiens pensent que l'Eglise peut avoir été conçu par Sir William Robinson, arpenteur général de l'Irlande (1645 - 1712).











Saint_Michan__Dublin__7_aL'église contient l'un des orgues les plus anciens encore en usage en Irlande. Haendel est sensé l'avoir utilisé pour composer "Le Messie". L'église a eu d'importantes réparations en 1828. Pendant le bombardement de la Four Courts en 1922, le toit a subi des avaries
En 1870, quand l'église anglicane rompit les liens avec l'état, la paroisse fut séparée de la cathédrale, pour revenir en son giron quelques années plus tard.
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La crypte

Saint_Michan__Dublin__1_aUne particularité de Saint-Michan est qu'elle contient, dans sa crypte, de nombreuses momies, conservées grâce aux conditions atmosphériques particulièrement seches sous les voûtes. Les murs sont faits de calcaire, ce qui garde l'air très sec et maintient une température constante, créant des conditions idéales pour la préservation.














Saint_Michan__Dublin__2_aOn entre dans la crypte par le côté nord de l'église, en descendant des marches de pierres abruptes. Le passage souterrain, tout en longeur, de chaque côté duquel se trouvent plusieurs cellules, dont certaines appartenant encore à des familles célèbres de Dublin, se termine par un autre escalier muré, qui correspondait avec l'intérieur de l'église.
Saint_Michan__Dublin__4_a














Saint_Michan__Dublin__3_aParmi ceux qui ont été momifiés, on retrouve les frères John et Henry Sheares, dirigeants de la rébellion de 1798 qui ont été exécutés, une bonne-soeur retrouvée en odeur de sainteté, un soit-disant croisé, un voleur à qui il manque les mains... Les différents titulaires du titre de comte de Kenmare sont également enterrés ici.
Bram Stoker, l'écrivain bien connu de "Dracula", né à Dublin, est venu en visite. Il est dit qu'il s'inspira de la crypte pour son roman !

11 février 2008

La Porte de la Réconciliation de la cathédrale Saint-Patrick

Saint_Patrick_Dublin__13_aCette  porte capitulaire, avec son "trou", a une histoire fameuse : celle d'une réconciliation qui amena la paix entre deux lords anglais en 1492.
Après une bataille, l'un des protagonistes, James Black, comte d'Ormond, fut contraint de se retirer dans la salle capitulaire à l'intérieur de la cathédrale. Il fallait la paix. L'autre, Gerald Fitzgerald, huitième comte de Kildare, ne voulait pas entrer en ce lieu où ses serviteurs furent assassinés. James Black, soupçonnant une traitrise, ne voulut pas sortir. Fitzgerald fit alors un trou dans la porte et tendis son bras à l'intérieur afin d'offrir sa main en signe de paix...

11 février 2008

Árd Eaglais Naomh Pádraig, la cathédrale Saint-Patrick de Dublin

Saint_Patrick_Dublin_dessin_aOn dit que saint Patrick, de son vrai nom Maewyn Succat, baptisait ceux qui se convertissaient à la foi chrétienne avec l'eau d'un puits. Pour commémorer cet événement, une petite église en bois fut construite à cet endroit dès le Vème siècle.
Saint_Patrick_Dublin_dessin_2a









Saint_Patrick_Dublin_aL'invasion anglaise sous Henri II, dans la seconde moitié du XIIème siècle, a abouti à d'importantes réformes au sein de l'Eglise en Irlande.
En 1191 John Comyn, le premier archevêque de Dublin anglo-normand, a élevé la petite église de Saint Patrick au statut d'église collégiale, confirmé par une bulle du pape Céléstin III.







Saint_Patrick_Dublin__1_aElle fut alors desservie par un corps de clergé  et consacrée à l'adoration et à l'apprentissage. Une partie de sa motivation résidait dans l'aversion des normands pour les ordres monastiques, mais peut-être plus important encore, par la construction de son propre palais et d'une église en dehors des murs de la ville.
Saint_Patrick_Dublin__42_














Saint_Patrick_Dublin__44_aSur son propre territoire, Comyn n'était plus soumis à la juridiction des prévôts. Seul le baptistère à l'entrée de la cathédrale reste de cette époque.
Saint_Patrick_Dublin__6_a
















Saint_Patrick_Dublin__35_aLe successeur de Comyn, Henry of London, fut élu en 1212 par les chapitres de Christ Church et de Saint-Patrick et reconnu par le pape Innocent III. C'est à ce moment là que l'on croit que l'église fut élevée au rang de cathédrale, fait sans précédent puisque la ville de Dublin possédait déjà Christ Church. Il est possible que Saint-Patrick devait remplacer la première, ce qui ne fut évidemment pas du goût de celle-ci. Il y eut donc deux cathédrales...



















Saint_Patrick_Dublin__56_aUn ordre du roi Henri III en 1225 a permis la collecte de dons pendant 4 ans à travers l'Irlande afin de financer la reconstruction de la cathédrale et Henry fut chargé des travaux.










Saint_Patrick_Dublin_plan_3Il lui donna la forme sous laquelle nous la voyons aujourd'hui. La construction de la nouvelle église dans le style gothique anglais dura environ trente ans.
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Saint_Patrick_Dublin__29_aLa chapelle de la Dame fut ajoutée par l'archevêque Foulques de Saundford en 1270.
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Saint_Patrick_Dublin__4_aEn 1362,  la tour et la partie ouest de la nef ont été détruites par le feu. En 1370, après l'incendie, l'archevêque Minot fit reconstruire la tour ouest.
Au XVIème siècle, la cathédrale dut subir de nombreux changements à la suite des tribulations politiques en Angleterre. En 1537, par une ordonnance de Thomas Cromwell, toutes les sculptures des saints dans les niches du chœur ont été démolies, et il fit de la nef de la cathédrale une écurie pour ses ses chevaux... L'état de la cathédrale a empiré en 1544 avec l'effondrement du toit de la nef.




Saint_Patrick_Dublin__32_aEdward VI réduisit le statut de  Saint-Patrick à celui d'église paroissiale, et désigna une partie du bâtiment pour être utilisée comme palais de justice en 1559.
Après les guerres de religions en France, de nombreux huguenots ont trouvé refuge et tolérance religieuse en Irlande. A Dublin, il n'y avait pas d'église où ils auraient pu faire leur culte dans leur langue maternelle. À cette fin, le comte d'Ormonde, vice-roi de l'Irlande a demandé à l'archevêque de Dublin, qui a suggéré l'utilisation de la cathédrale Saint-Patrick.
En 1666, le chapitre de la cathédrale leur donne la chapelle de la Dame, qui prit le nom de l'église française de Saint-patrick.


Saint_Patrick_Dublin__15_aL'écrivain et satiriste Jonathan Swift, auteur des Voyages de Gulliver, fut doyen de la cathédrale de 1713 à 1745. La toute première interprétation du "Messie" de Handel fut donnée dans le choeur de la cathédrale en 1742.
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Saint_Patrick_Dublin__46_Ce n’est qu’en 1860 que Benjamin Guinness prit les choses en main et entreprit une restauration d’envergure basée sur la charte architecturale originale de l’édifice religieux : des modifications plus radicales, et notamment l'adjonction des arcs rampants, furent effectuées grâce à son financement. Décidément, le clergé d'Irlande, dans la pureté du culte, doit beaucoup aux distributeurs d'alcool... et je m'en réjouis.
En 1870, Saint Patrick devint la première cathédrale du pays au détriment de Christ Church.
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Saint_Patrick_Dublin__34_aDe 1783 jusqu'en 1871, la cathédrale a servi de chapelle au très illustre Ordre de Saint Patrick. Avec la dissolution de l'Église d'Irlande en 1871, les cérémonies ont déménagé à Saint-Patrick's Hall, château de Dublin, mais les bannières des chevaliers sont restées sur place.
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Saint_Patrick_Dublin__26_aSaint-Patrick est l'une des plus grandes cathédrales d'Irlande, où elles ont tendance à être plus petites que celles du continent. Elle fait 91 mètres de long et 17 mètres de haut.
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11 février 2008

Les pierres celtiques de la cathédrale Saint-patrick

Saint_Patrick_Dublin__82_aEn 1901, le puits de Saint Patrick fut découvert par Sir Thomas Drew, architecte, au cours de fouilles autour de la rivière Poddle dans Patrick Street, c'est à dire à proximité de la première église construite avant 1192.








Saint_Patrick_Dublin__11_aLa pierre en granit, qui recouvrait le puits et sur laquelle est gravée une croix celtique, a été transférée dans la cathédrale, ainsi qu'une autre pierre gravée, retrouvée aussi pendant les fouilles, surement la dalle du tombeau d'un chrétien.
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Saint_Patrick_Dublin__8_aLes archéologues pensent que les pierres ont été taillées entre 800 et 1100. Par contre, les carrières d'où elles ont été extraites restent inconnues. Je pencherai pour la réutilisation d'un mégalithe, la pierre du puits dégage plein de choses...

Seulement 32 pierres de ce type ont été trouvés à Dublin : 6 se trouvent dans la cathédrale Saint-Patrick.
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10 février 2008

La vie de saint Patrick

Saint Patrick et la christianisation de l'Irlande
par Jean Guiffan, chargé d’enseignement à l’université de Nantes

Saint_Patrick__11_aUne très ancienne tradition irlandaise fait de saint Patrick, de son nom chrétien de naissance Maewyn Succat, l'évangélisateur de l'Irlande dans le second tiers du Vème siècle.
Amplifiées avec le temps, de nombreuses légendes courent autour de ce saint patron mais, faute de repères historiques précis, il est difficile à son sujet d'extraire la réalité du merveilleux.
Saint_Patrick__7_aLes documents anciens attribués à Saint Patrick ou à ses disciples, deux écrits latins : la Confession et la Lettre aux soldats de Coroticus, sont sujets à caution et les récits de ses premiers biographes, Muirchu et Tirechan, ne sont pas très fiables : rédigés au VIIème siècle, lors du conflit entre Rome et les chrétientés celtiques, ils épousent manifestement les thèses de la cause romaine. C'est donc avec une extrême prudence que Jean Guiffan, auteur d'une Histoire de l'Irlande, a tenté de retracer la vie de saint Patrick.










La vie et la mission de saint Patrick

Saint_Patrick__4_a"Issu d'une famille bretonne romanisée et christianisée (son père était décurion et diacre), Patrick serait né vers 385-390 près de Dumbarton, au nord de l'Angleterre actuelle. Il aurait été enlevé à seize ans par des pirates scots, c'est-à-dire à cette époque irlandais, et emmené en Ulster, dans le comté d'Antrim, devenant pendant six ans l'esclave d'un druide. Saint_Patrick__3_aObéissant à une vision divine, il se serait évadé, réussissant à rejoindre sa famille en Grande-Bretagne. Là, si l'on en croit la Confession, il aurait eu une autre vision dans laquelle les Irlandais l'imploraient pour qu'il revienne parmi eux.

Saint_Patrick__8_aPatrick va acquérir en Gaule la formation religieuse qui lui manque. Selon certaines sources, il aurait rendu visite à saint Martin de Tours, ce qui n'est chronologiquement pas possible. Une autre tradition tardive qui le fait séjourner à Lérins, fondation monastique du sud de la Gaule, semble également dépourvue de tout fondement. En revanche, il est possible qu'il se soit fixé à Auxerre, comme l'affirme "La vie de Saint Patrick de Muirchu", et même qu'il ait été consacré des mains de saint Germain avant d'être envoyé en Irlande par le pape Célestin.

Saint_Patrick__9_aD'après les Annales d'Ulster, Patrick serait arrivé dans l'île en 432, débarquant à Saul, près de Downpatrick. Selon la tradition, c'est lui qui aurait converti l'île païenne au christianisme en défiant les druides dans des joutes singulières comme l'épreuve du feu et en expliquant le mystère de la Sainte Trinité par la feuille trilobée du trèfle qui deviendra, avec la harpe celtique, le symbole de l'Irlande. S'adressant de préférence aux rois et à leur famille pour convertir ensuite plus facilement le reste de la population, il aurait été pendant une trentaine d'années, avec quelques disciples, l'infatigable propagateur de l'Évangile en Irlande, baptisant des milliers de personnes, fondant de nombreuses églises et l'évêché d'Armagh.
Saint_Patrick_aSi des incertitudes planent sur la date exacte de sa mort, sans doute vers 461, (la légende parle du 17 mars, jour de sa fête actuelle) il n'en demeure pas moins qu'à la fin du Vème siècle, l'Irlande païenne était bien entièrement christianisée. On pense que la plupart des druides devinrent moines, adoptant la religion chrétienne. Il est enterré aux côtés de sainte Brigitte et de saint Columcille, tous deux également patrons de l'Irlande."














La tradition face à l'histoire

Saint_Patrick__1_a"Sans vouloir offenser la tradition irlandaise ni diminuer les mérites de saint Patrick, il est difficile de croire qu'il ait trouvé en 432 l'Irlande vierge de toute influence chrétienne alors que l'île voisine, la Grande-Bretagne, avait été touchée par la nouvelle religion au moins deux siècles plus tôt. Il est probable que le message chrétien avait en fait déjà été introduit dans l'île par des missionnaires venus de Grande-Bretagne, d'Aquitaine, d'Espagne ou même d'Orient dès la fin du IVe siècle ou les débuts du Ve siècle.

La chronique de Prosper d'Aquitaine, source généralement digne de confiance, nous apprend d'ailleurs qu'en 431 le pape Célestin avait envoyé en Irlande un certain Palladius comme évêque pour les Irlandais "croyant dans le Christ", in Christum credentes. Cela implique l'existence de communautés chrétiennes en Irlande avant l'arrivée de saint Patrick et souligne la volonté de Rome de les faire entrer dans l'obédience pontificale. On ne sait malheureusement rien de plus sur la mission de ce Palladius mais, comme le montre la création de l'évêché d'Armagh vers 445, c'est bien une Église épiscopale de type continental que Rome a cherché à implanter en Irlande.

Saint_Patrick__6_aOr c'est sous la forme du monachisme que le christianisme va se développer dans l'île aux VIème et VIIème siècles. Sans remettre en cause l'organisation diocésaine existante, l'Irlande se couvre alors de nombreux monastères indépendants les uns des autres qui deviennent les véritables centres de la vie religieuse. Leurs saints fondateurs ne se réfèrent jamais à Palladius ou à Patrick dont on semble même oublier le nom. Isolée de la papauté romaine par les invasions barbares, l'Irlande, comme les autres pays celtiques, va être pendant près de deux siècles le grand refuge du christianisme occidental face à un continent retombé en partie dans le paganisme, mais un foyer original que Rome ne tardera pas à reprendre en main."


http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/saint_patrick_et_la_christianisation_de_l_irlande.asp

11 février 2008

La cathédrale Christ Church de Dublin

Christ_Church_Dublin__99_aLa Cathédrale de la Sainte-Trinité, communément appelée Christ Church, maintenant cathédrale des diocèses de Dublin et Glendalough, est le plus vieux monument de la ville.
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Christ_Church_Dublin__11_aElle fut construite en bois autour de l'an 1038, surplombant la rivière Liffey, par Sitric Silkenbeard, le roi danois des vikings venus s'installer sur place, pour le premier évêque de Dublin Donan ou Donagh (le diocèse de Dublin était à l'époque un petit territoire entouré de l'immense diocèse de Glendalough).
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Christ_Church_Dublin__plan_aSa forme définitive lui fut donnée en 1172, après qu' Henri II ait assisté à la messe de Noël en 1171, par l'archevêque Saint Laurence O'Toole et par le chevalier normand Richard de Clare, plus connu sous le nom de Strongbow. Le plan devient cruciforme, et le bâtiment reconstruit en pierre : construction d'un choeur, des transepts et allées, de la crypte, des chapelles Saint-Edmond, Sainte-Marie et Saint-Lo.



Christ_Church_Dublin__53_aDès sa nomination en 1162, O'Toole entreprend de réformer la tradition celtique de la cathédrale en suivant le modèle européen. Ses chanoines devinrent moines, ou chanoines réguliers de l'ordre de saint Augustin, et la liturgie suivit l'usage de Sarum (Salisbury).
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Christ_Church_Dublin__65_aUne chapelle dédiée à Saint-Laurent O'Toole a été ajoutée en 1200 et la majeure partie de la nef a été construite en 1230. En 1358, la nef de la cathédrale a été en partie utilisée à les fins laïques, et un nouveau choeur de plus de 10 mètres a été rajouté.
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Christ_Church_Dublin__54_aA partir de 1530, la réforme anglaise atteind l'Irlande, et lorsque Henri VIII rompt avec le pape, l'église et la majorité de ses évêques se voient obligés de suivre le courant politique prédominant. A Christ Church, le dernier prieur augustinien devient le premier doyen, et la liturgie adopte l'usage et la langue anglaise.
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Christ_Church_Dublin__78_aEn 1562, la voûte de la nef s'est effondrée et le tombeau de Strongbow a été détruit.


























Christ_Church_Dublin__71_aC'est le tombeau d'un inconnu, transféré de l'église de Drogheda, qui prit sa place. Le petit tombeau qui se trouve juste à côté semblerait être un fragment de l'original.
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Christ_Church_Dublin__89_aLa cathédrale était en ruines et une reconstruction d'urgence a eu lieu immédiatement. Cette solution temporaire a duré jusque dans les années 1870. Le mur nord, qui visiblement se penche, a survécu.
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Christ_Church_Dublin__4_aLa cathédrale a été largement rénovée à l'époque victorienne, grâce aux dons du distillateur Henry Roe, qui a également construit la salle adjacente du Synode, reliée par un pont, en se servant des vestiges de l'église Saint Michael, restauration et rénovation effectuée par l'architecte George Edmund Street. D'autres rénovations ont été effectuées, notamment entre 1980 et 1982.





Christ_Church_Dublin__10_aLa cathédrale fait 69,8 mètres de long, 35.7mètres de large aux transepts, pour une hauteur de voûte de 24,7 mètres.
La tour fait 48 mètres de haut. Seuls les transepts, la crypte, et quelques petites parties ayant survécu aux rénovations datent de l'époque médiévale.
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Christ_Church_Dublin__8_aÀ l'extérieur de la cathédrale, côté sud, on peut encore voir les ruines de la maison du chapitre, datant du XIIIème siècle, époque où Christ Church était encore un monastère.











Christ_Church_Dublin__9_aUne ancienne porte romane nous montre que l'église n'a pas été construite n'importe où, et que les énergies sont bien présentes.

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Christ_Church_Dublin__59_aLe carrelage actuel a été refait d'après des dessins originaux trouvés pendant la restauration.
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30 janvier 2008

Tara, historique

Avant tout, une ballade Irlandaise. Vous êtes tout de suite dans l'ambiance du site, avec une voix envoûtante charmant vos oreilles... ici

Hill_of_tara_702Il existe un grand nombre de monuments et de structures en terre sur la colline de Tara. Les premiers datent du Néolithique, et le Mont des Otages a été construit vers 2500 avant notre ère.

Puis vint l'Irlande gaélique : elle se présentait sous la forme d'une nuée de petits royaumes, de tribus (tuath) comprenant chacune un roi, une assemblée d'hommes libres et un sénat. La royauté n'était pas héréditaire mais éléctive, au sein de l'aristocratie, et plus souvent de la famille du roi.

Hill_of_tara_MeathHill_of_tara_MunsterCes petits royaumes se  fédérèrent vers le début de l'ère chrétienne en 5 royaumes puissants (ou provinces) gouvernés par des rois : l’Ulster (Ulaidh, en irlandais), le Connaught (Connachta), le Leinster (Laighin) et le Munster (Mumhain) auxquelles s’ajoute celle de Meath (Midhe) qui est constituée d’une partie des autres. La rivalité entre ces royaumes dura pendant tout le moyen-âge.


Hill_oftara_Leinster

Hill_of_tara_UlsterHill_of_tara_Connaught

Dans la mythologie celtique irlandaise, Tara est la capitale de l’Irlande, située dans la cinquième province de Meath, au centre. En irlandais, c'est "Teamhair na Rí", la colline des rois, les "Ard ri Érenn" (hauts-rois), conseillés par les druides.

Hill_of_tara_carte_12_me_si_cleLe récit Suidigud Tellach Temra (Fondation du domaine de Tara) expose la suprématie de la ville sur le reste de l’île. Elle est le lieu de toutes les assemblées religieuses, politiques et judiciaires ainsi que de l’intronisation du roi qui est l’occasion du fameux "Festin de Tara".
Le nom même de Tara, ou Teamhair, découlerait d'ailleurs de Tea Mhur, "la tombe de Tea". Tea serait la fille du premier grand roi Milesien, Eremon.







Hill_of_Tara_8aSelon la tradition, le roi irlandais Conn surveillait quotidiennement, depuis les murailles de Tara, les gens de Sid et les Fomoire, peuple légendaire, ennemi par excellence des Irlandais. La "Grande fête de Tara" était célébrée pendant la période de Samaïn (novembre), premier mois du calendrier celtique. La dernière soirée de l'année (veille du premier novembre) était la plus propice au triomphe des forces maléfiques, et c'est pourquoi le roi et ses vassaux devaient confirmer leur pouvoir sur le royaume d'Irlande. Cette nuit-là (la nuit de Halloween), les quatre rois vassaux et leurs chevaliers s'asseyaient autour du roi d'Irlande pour protéger la structure cosmique de l'état et l'ordre de la société, tandis que régnait le chaos hors des murs de la ville.


Hill_of_Tara_16aLa division de l'Irlande en quatre royaumes plus la région centrale se rattachait aux traditions les plus anciennes, notamment chinoise et indienne où les quatre Maîtres présidaient aux quatre points cardinaux. L'île d'Irlande fut pour cette raison appelée “l'île des quatre Maîtres” ou encore “l'île verte” (Erin). Or, ces appellations faisaient traditionnellement référence à une autre terre beaucoup plus septentrionale et inconnue, siège de l'un des principaux centres spirituels, voire du Centre suprême, dans les temps anciens.
Cette division du territoire irlandais doit en conséquence être davantage prise dans un sens symbolique que géographique ou historique. Les quatre provinces sont décrites par les quatre branches de la croix, la cinquième par leur intersection et le contour de l'île par le cercle.

 

Hill_of_Tara_1aC’est à Tara qu’a lieu la confrontation entre saint Patrick et Laoghaire en 433 de notre ère. On raconte qu'après avoir cherché en vain à entrer en contact avec ce dernier et ne pouvant accéder au site sacré de Tara, Saint-Patrick conçu le plan ingénieux de se rendre sur la colline qui lui faisait face, la Hill of Slane. De là, il alluma un grand feu le jour de la Saint Pascal et la lueur de ce dernier parvint jusqu'à Tara où siégeait le Roi.




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Ce geste n'était pas anodin : un feu équivalent rayonnait sur la colline sacrée de Tara. Oser allumer un feu sur une colline voisine était donc un signe de rébellion, de sacrilège. Aussi, le roi, ulcéré qu'on ose ainsi le narguer, fit arrêter et amener Saint-Patrick devant lui. Laoghaire l'accueillit, entouré de ses conseillers et de ses druides, "sages parmi les sages".


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Hill_of_Tara_28aSaint-Patrick exposa alors au roi sa mission devant des druides médusés et sûrs de leur pouvoir et de leur supériorité. Visiblement, le sourire narquois qui, à chaque phrase, accueillait ses propos, commençait à lui faire perdre patience. Soudain, Saint Patrick se courba et, tout aussi vivement se releva. Il se tourna alors vers les druides et, leur montrant le trèfle à trois feuilles qu'il venait de ramasser aux pieds du roi, les invectiva pour avoir osé fouler, eux les si sages, ces preuves même de l'existence de Dieu, le symbole de la Trinité, du Père, du Fils et du Saint-Esprit. C'est ainsi que le trèfle devint l'un des symboles Irlandais et que Saint-Patrick évangélisa l'Irlande.

Tara conserva son titre de site royal Jusqu'en 560 après J.C.

Tara en Atlantide ?

Hill_of_Tara_atlantideUne nouvelle théorie suggère que Tara est l'ancienne capitale du royaume perdu d'Atlantis, la terre mythique d'Atlantis étant l'Irlande. Comme l'on sait que la géologie de l'île et la tectonique des plaques la plaçait bien plus au sud il y a quelques milliers d'années, ce peut être une explication :

"Il y a environ 600 millions d'années, à la fin du précambrien, la masse géologique constituant l'actuel Irlande était coupée en deux, une partie à l’ouest de l’océan Lapetus et l’autre à l’est, ces deux parties se trouvant à une latitude d'environ 80° sud, à proche de ce qui deviendra le nord ouest de l'Afrique.


Hill_of_Tara_atlantide_2Pendant les 45 millions d’années suivantes, ces deux parties se sont rapprochées l'une de l'autre, et se sont réunies il y a environ 440 millions d'années. Les montagnes du nord ouest de l’Irlande se sont formées lors de cette collision ainsi que le granite trouvé dans différents endroits du Donegal et des Wicklow. La masse géologique de l’Irlande se trouvait alors émergée et à la latitude de l'équateur. L’ère du carbonifère s’est terminée par de grands mouvements de plaques tectoniques qui ont vu l’Irlande dériver vers le nord. Il y a environ 250 millions d’années, l’Irlande se trouvait à une latitude proche de l'actuelle Égypte et connaissait un climat désertique. Il y a environ 150 millions d'années, l'Irlande a été submergée, sur de grandes parties. Il y a environ 65 millions d'années une activité volcanique a débuté."
Voir la théorie de Wegener. Pour lui, l'Irlande, au même titre que l'Ecosse, ne faisaient pas partie du continent Européen, mais s'y sont rattaché plus tard.


http://www.top-assistante.com/eire/lieux/tara.htm
http://en.wikipedia.org/wiki/Hill_of_Tara
http://bol-d-eire.over-blog.com/article-4008025.html
http://keltic.johnny.free.fr/histoire/le_cycle_mythologique_celte.htm
http://www.megalithicireland.com/
http://www.arbre-celtique.com/

6 février 2008

Le Sidh

Newgrange__15_aLes Tuatha de Danann régnèrent jusqu'à l'arrivée de la cinquième et dernière race d'envahisseurs, les fils de Mil ou Goidels (ou encore Gaëls), nommés ainsi d'après leur chef légendaire Mil Espaine. Les Milésiens étaient venus pour deux raisons : la première pour venger la mort d'Ith, grand-père de Mil qui était venu en Irlande avec tout son équipage. La seconde était que les druides leur avait dit que l'Irlande était leur terre promise.
La terre où ils débarquèrent était, à cette époque, gouvernée par les trois petits-fils de dagda et leur épouses Banba, Fotla et Eriu, toutes trois déesses de suzeraineté. Les trois familles régnantes débattaient du partage du pays lorsque les Milésiens se présentèrent à l'embouchure de la Boyne et ordonnèrent aux Dannans de leur livrer l'île.

Newgrange__17_aAprès une bataille fatale aux trois rois, un compromis fut conclu : les Milésiens régneraient sur la partie visible du monde, tandis que les Tuatha De Danann régneraient sur l'Autre-Monde, partie invisible situé en dessous de la terre. Les Dananns ont donc du se réfugier dans les entrailles de la terre. Ils ont fixé leur demeures dans les dolmens et les tumulus, sous les collines et dans les palais de verre au fond des lacs et des océans.
L'ensemble des ces habitats constituent l'Autre Monde, le monde merveilleurx du bonheur et de la paix que les Irlandais appellent le "Sidh". Mais l'Autre Monde est également situé de l'aute côté de l'océan où il n'y a ni souffrance ni mal, où tout est beau et pur. Elle porte dans la tradition gaélique, les noms de "Tir Nan-Og" (la terre des jeunes), "Tir na m-Beo (la terre des vivants), "Madg Meld" (la plaine de la joie), "Trir Tairngire" (la terre du bonheur), "Mag Mor" (la grande plaine), "Tirr Aill" (l'autre monde) ou enfin "Tir na ù-Ban" (la terre des femmes).
L'Irlande fut ainsi laissée aux mains des Milésiens et de leur descendants, les Gaëls.



Newgrange__125aSi les dieux peuvent venir et déambuler à leur guise dans le monde des humains, l'inverse n’est que rarement possible. Seuls des héros, des êtres exceptionnels, tel Cúchulainn, Conle ou Bran Mac Febail ont le privilège de visiter et de séjourner dans le Sidh, généralement à l’invitation d'une Bansidh. Éternel par essence, tout homme qui y pénètre ne peut revenir à la condition humaine. Ainsi ces hommes qui croient passer quelques heures ou quelques jours en compagnie des dieux et y restent plusieurs siècles. Quand ils reviennent chez eux, ils tombent en poussière car ils sont morts depuis longtemps. La période de Samain (nouvel an des Celtes, vers le 1er novembre) est propice à l’ouverture des sidh.







Sidh, l'autre monde

Newgrange__38_aL’étymologie de ce mot signifie “Paix” en celtique et, par extension, “paradis”, Vindomagos gwenva en Breton.
Le mot germanique Seidhr signifie magie et désigne la science de Freyja la Vane, science qu’elle apprit aux Ases car la magie est d’abord la science de l’évocation des ancêtres morts, de leur esprit “bon” (ce qui se dit Mânes pour un Romain).
Cet art chamanique d'évocation des morts était cependant interdite chez les Ases et Wotan seul la pratiquait comme Grand Prêtre des Ases. Mais Sidr serait le terme le plus approprié pour traduire notre mot “religion”, concept qui n’existait pas chez les Germano-Scandinaves : ils étaient “reliés” par leurs croyances et leurs rites…

Newgrange__39_aSiden en vieil anglais signifiait encore “magie” mais, il a maintenant un sens péjoratif, car post évangélique. Appartenant à la famille des “ouvrages de terre sacrés” (rath en anglais), ce sont les tumulus des ancêtres fondateurs.
En Lapon un autel se dit seid, ce qui est aussi la "pierre sacrée" chez les Grecs et ils ressemble tellement à Sidh qu'on ne peut que les rapprocher du rite celtique du sacrifice des prémices aux Dieux qui se fait sur la table du vieux dolmen de nos ancêtres mégalithiques, laquelle comporte souvent des cupules.
En Sardaigne, le dieu éponyme est Sardus pater et les Sardes disent qu’il descend de Sid, “une divinité sylvestre punique honorée par les chasseurs à Antas”.


Newgrange__126aDe nombreux termes indous contiennent la même racine, citons : Siddhapura, qui est une cité mythique “d’au delà des mers” et qui est “la ville des parfaits” (Le Site du feu, le Pharos phrison, ou le Site des Purs) ; les siddhis qui sont des “niveaux de conscience supérieure” ou “des pouvoirs (dits) magiques” obtenus par la pratique du Yoga, et aussi les saddhus qui sont des moines errants







Newgrange__127aDans les Mythologies celtiques, on dit que les Sidhs s’entrouvrent la nuit de Samhain pour permettre à chacun de communiquer avec les Mânes des grands ancêtres fondateurs du clan (les “bons” esprits Halloween).
En langage poétique, le Sidh est comparé à la grande plaine Mag Meld, “la plaine du plaisir”, ou la “terre des femmes”, la “terre de la jeunesse Og ou Oc” Tir na n’og, la “terre de promesse” ou ”terre des vivants”, et la “terre des fées” : on voit très bien les parallèles entre Sidh, Paradis et Monde englouti, c’est à dire l’Autre Monde, l’Au delà : l’Eau de là, dans le “langage des oiseaux” que pratiquaient les troubadours :
"L’Autre Monde n’a rien à voir avec son interprétation infernale propre au monothéisme puisqu’il regroupe à la fois le Monde des Dieux (engloutis), celui des Esprits et celui des Ancêtres morts. Difficile de dire alors si cet “Autre Monde” est situé dans les entrailles de la terre ou au dessus de nos têtes."

Newgrange__129a"Le Sidh est la partie visible de l’Autre Monde… On peut également les localiser dans les Îles, au delà de l’Océan… Et toute divinité occupe un Sidh qui, par sa nature, est en dehors du temps et de l’espace et s’entre ouvre chaque Nuit de Samhain…"
Ceci explique que nos Bretons les nomment des “Tertre aux Fées”. On a vu en effet que si les corps des ancêtres ou des enfants morts sont inhumés ou incinérés, leur esprit s’envole au ciel “dans le soleil” par le truchement d’un oiseau : Grue sacrée des Frisons/ Cygne des Germains de la forêt/ Cigogne des Alsaciens ou encore l’alouette gauloise alauda. De même, c’est cet “oiseau” qui rapportera l’esprit du genos/ clan lors de la naissance du nouveau-né."

Newgrange__133a"Le scribe qui copia le conte de Cûchulainn et de la fée Fann conclut par ces mots : “ceci est l’histoire de la destruction de Cûchulainn par les gens du Sid (résidence des esprits). Car la puissance des démons était grande avant la Foi (chrétienne), et elle était telle que les démons combattaient alors corporellement contre les hommes et leur révélaient des prestiges et des mystères ; et l’on croyait qu’ils étaient immortels. Et ce sont ces fantômes que les ignorants appellent Sîd (esprits) et aes sîde (gent du Sîd)”.
La Skuthi/ Skythie est, chez les irlandais, un des noms de l’Autre Monde, ce que nous rapprocherons de la Scythie des Grecs qui était probablement la matrie archaïque de ces Celtes “éclaireurs” – scouts en anglais  – qui, après leur “grand trek”, se sont établis dans la région pontique. Remarquons donc une parenté probable entre Sidh, Scythe et Celte/ (s)Kelt/ Kelt…

Newgrange__137aMais la racine “sombre”, scâth, se retrouve dans le personnage mythologique Scâthach “l’ombreuse” tout comme dans celui de l’Écosse/ Scottia, mais aussi dans Scandia/ Scandinavie.
L’Autre Monde est pour les Lettons vina saule, littéralement “l’autre soleil”, la partie du monde où le soleil dort la nuit, par opposition à si saule “ce Soleil”  qui est la partie du monde ou vivent les hommes et où brille le soleil. Les deux forment “l’Univers sous le Soleil” … le Cosmos. On remarquera que cette racine vina se trouve dans Vinéta, l’Ys des Germains, dans le Vin-land des Vikings et, sans doute aussi, dans Vanes et Vénètes ; ainsi que la racine saul “sol, Sul, la soleil”, mais aussi Saüle “pilier”.

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