Notre-Dame du Taur
La tradition veut que cet édifice ait été bâti sur l'emplacement de la sépulture de saint Saturnin, premier Évêque de Toulouse, qui subit le martyre vers 250, sous le consulat de Décius et Gratius.
Attaché par les pieds aux flancs d'un taureau furieux, il fut traîné et déchiqueté. Aussitôt, de saintes femmes inhumèrent sa dépouille aux portes de Toulouse, à l'endroit exact où le corps de saint Saturnin s'était détaché du taureau qui le traînait derrière lui.
Un oratoire a tout d'abord été installé pour les pèlerins sur le lieu exact de sa mort.
Les reliques du saint ont été gardées jusqu'en 402, date à laquelle elles ont été transférées en grande pompe à la Basilique Saint-Sernin, qui porte le nom altéré de Saint-Saturnin. Malgré les 150 ans du corps, la légende raconte que la foule a apprécié les « doux effluves » des restes de Saint Saturnin. Selon Rome, c'est un des traits caractéristiques d'un saint.
Depuis lors, son culte s’est perpétué en ce lieu. L'église que nous connaissons a été construite sur l'oratoire aux XIIIème et XIVème siècles.
Saint-Sernin du Taur, puisque c’est ainsi que l’on nommait cette église, ne prit le vocable de Notre-Dame du Taur qu’à partir du XVIème siècle.
L’édifice actuel, construit en plusieurs étapes à la fin du XIIIème siècle et au cours des XVIème et XVème, s’inscrit parfaitement dans la tradition gothique méridional.
La façade donnant sur la rue du Taur (XIVème-XVIème) présente l’aspect d’une forteresse avec son clocher mur à créneaux et mâchicoulis et abrite un carillon de 13 cloches.
Le portail de pierre comporte 6 archivoltes et des colonnes ornées de chapiteaux à feuillage. L’intérieur du haut gâble triangulaire est orné d’une statue de la vierge du XVIIIème siècle. De part et d’autre, dans les niches, deux moulages ont remplacé les anciennes statues du XVIème siècle (un apôtre et saint François d’Assise).
Le chœur est composé d’une petite chapelle centrale à chevet plat et de deux absides à pans coupés de part et d’autre.
Au-dessus de l'autel central, le martyre de saint Saturnin, peinture du XIXème siècle de Bénézet.
La chapelle centrale conserve la statue de Notre-Dame du Rempart ou de la délivrance ou du bon Secours, du XVIème siècle, entrée dans l’église en 1783 après la démolition de l’oratoire de la porte de Villeneuve.
Sur le mur sud de la nef subsistent les vestiges d’une généalogie de Jacob en 38 figures, disposée sur deux registres, du XIVème siècle. Cette peinture très effacée fut découverte en 1872 lorsque l’on retira les boiseries qui ornaient alors les parois.
Un taureau, sculpté dans la partie la plus ancienne de l'église, nous rappelle le martyr de Saturnin.
