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lieux sacrés
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18 septembre 2008

Santa Croce in Gerusalemme


Santa_Croce_in_Gerusalemme_30Dans la première moitié du troisième siècle, à l'emplacement de la basilique actuelle, se trouvait une villa impériale construite par Septime Sévère, puis ayant appartenu à Elagabal. Elle comprenait le Sessonarium, ou palais impérial, qui devint la résidence au siècle suivant de l'imperatrice Hélène, mère de Constantin.








Santa_Croce_in_Gerusalemme_Hel_neHélène, à son retour de Jérusalem en 329, déposa dans l'église les reliques qu'elle avait rapportées : un clou (dont les dimensions correspondent aux plaies du Suaire de Turin), des fragments du bois de la Croix et de la couronne d'épines, la traverse de la croix du Bon Larron, le titulus de la Croix (INRI), longtemps resté caché, muré près de la clef de voûte de la nef centrale et redécouvert en 1492. (Le titulus fut peut-être caché là en 445, pour le protéger de l'invasion des Wisigoths). Le plancher fut recouvert de la terre ramenée du Golgotha. 


Santa_Croce_in_Gerusalemme_25aAux environs de l'an 400, après la mort d'Hélène, Constantin fit transformer le bâtiment en une basilique chrétienne afin d'y abriter les reliques, et lui donna le nom de basilique Eleniana ou Sessoriana.
L'église fut restaurée sous le pntificat de Grégoire II (715-31). En 1049, l'église fut donnée aux bénédictins du Monte Cassino, puis en 1062 aux chanoines réguliers de San Frediano de Lucques.













Santa_Croce_in_Gerusalemme_jaLe clocher roman en briques, comportant quatre étages et des fenêtres à meneaux, et le cloître, furent construits en 1144 par le pape Lucius II. Il divisa l'intérieur de l'église en 3 nefs et la dota d'un narthex.

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Santa_Croce_in_Gerusalemme_32Le sol fut fait par la famille Cosma. A cette époque, l'église fut dénommé Sanctae Crucis. Un guide des pélerins du moyen-âge parle de ce lieu comme tellement saint, que l'entrée en était interdite aux femmes. Commence à me plaire, moi, tout ça. Avec la chapelle du Sancta Sanctorum interdite aux femmes, plus le reste... fait pas bon être une femme à Rome. Heureusement que Rome sait être autre chose. (scuzez l'aparté)

En 1370, quelques années avant le retour de la papauté, le pape Urbain V donna l'église aux Chartreux qui la restaurèrent. En 1561, elle passa aux mains de cisterciens de la congrégation de saint Bernard.








Santa_Croce_in_Gerusalemme_33Puis l'église fut modifiée au XVIème siècle. Les 12 colonnes en granit sont restées et datent de la première basilique, les autres ont été murées. Son aspect actuel date du XVIIIème siècle, sous le pontificat de Benoît XIV, qui fit ajouter la façade Baroque. Sous l'autel sont conservées les reliques des saints  Caesarius et Anastase.














Santa_Croce_in_Gerusalemme_36Dans la chapelle d'Hélène, qui se situe encore au niveau de l'ancienne basilique, se trouve sa statue, qui fut faite à partir de la statue de Junon conservée au Vatican. A ses pieds, sous un monceau de papiers posés là par les fidèles, les restes de la terre du Golgotha.















A l'heure actuelle sont encore conservées dans une chapelle du XXème siècle construit en 1930 par l'architecte Florestano di Fausto quelques reliques :

Santa_Croce_in_Gerusalemme_f-les morceaux de la croix


















Santa_Croce_in_Gerusalemme_19a-un tiers de l'inscription du Titulus Crucis : le fragment montre le mot "Nazaréen" écrit en hébreu, en latin et en grec, de droite à gauche, à la façon des anciens hébreux. Hélène aurait divisé la relique en trois parties, en laissant une à Jérusalem, en donnant une à Constantin, et envoyant la dernière à Rome.






Santa_Croce_in_Gerusalemme_23aJuste après sa découverte, en 1492, il devait être en meilleur état : Bosio a écrit 60 ou 70 ans plus tard que la peinture rouge sur les lettres avait disparu et que les vers avaient rongé les mots «Jésus» et «Judaeorum»...
















Santa_Croce_in_Gerusalemme_b-un clou de type romain, l'un de ceux qui sont le plus susceptibles d'être vrais.

















Santa_Croce_in_Gerusalemme_d-deux épines de la couronne. La plante dont ils sont issus n'a pas été identifiée. Ils peuvent être comparées à d'autres épines gardées en reliques.
















Santa_Croce_in_Gerusalemme_a-des fragments de la crèche de Bethléem


















Santa_Croce_in_Gerusalemme_c-le doigt de Saint Thomas..
Les photos des reliques sont tirées du site  http://www.basilicasantacroce.com/basilica.aspx

















Santa_Croce_in_Gerusalemme_31Devant la basilique, la louve veille.

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30 août 2008

San Clemente, le mithraeum

Le mithriacisme est une religion de la crypte et le temple de Mithra est appelé « la tanière ». Il s’agira donc d’une grotte naturelle ou reconstituée (symbole du cosmos) qui servira de lieu de réunion et de salle à manger aux initiés.
Traditionnellement, un mithraeum est une salle de culte, allongée, d’orientation variable, que l’on atteint en descendant quelques marches depuis un vestibule d’entrée (un vestiaire, un coin cuisine et une sacristie).
C’est aussi là que les candidats à l’initiation étaient informés, interrogés, puis soumis à diverses épreuves destinées à s’assurer de leur résistance à la chaleur, au froid, à la douleur et à la solitude dans l’obscurité.
La salle de culte est exigue. Elle est semi-enterrée, parfois souterraine, dépourvue de fenêtres. Son plafond voûté évoque le Ciel avec ses étoiles peintes. Deux longues banquettes, inclinées vers le mur, sont prêtent à recevoir les initiés, qui s’y allongent pieds vers le mur et visage tourné vers le mur du fond. L’icône de Mithra occupe le centre de ce mur du fond, au dessus d’un podium. Au milieu du large couloir séparant les banquettes, se dressent des autels, des statues de dieux divers, des braséros où brûle l’encens. L’éclairage est fourni par des lampes à huile. (http://lamainrouge.wordpress.com/2008/08/14/un-culte-a-mithra-a-chardonchamp-86/)

San_Clemente_9Aux pieds des marches montant à la basilique du IVème siècle se trouve le "pronaos", ou vestibule du temple de Mithra, qui possède un plafond décoré de motifs géométriques et floraux et des sièges destinés aux initiés. Deux piliers en marbre surmontés de chapiteaux corinthiens soutiennent les 3 arcs de l'entrée, qui furent construits lorsque les chambres déjà existantes furent aménagées en vue du culte vers la fin du IIème siècle. Selon toute probabilité, c'est ici qu'était placé l'autel, déplacé dans la salle de reception de l'autre côté du vestibule, ce qui confirmerait, au niveau des points énergétiques, la présence des autels des églises chrétiennes au dessus et sensiblement au même endroit.
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San_Clemente_72La salle suivante, ou triclinum, fut bâtie au centre d'une petite cour faisant partie de l'ancienne insula du 1er siècle. C'est ici qu'avait lieu le repas cultuel. Dans cette grotte artificielle voûtée en berceau, nous retrouvons les étoiles, 11 ouvertures (4 plus grandes pour les saisons, 7 plus petites pour les constellations), les bancs de pierre de chaque côté de la pièce (triclinia).








San_Clemente_71Et l'autel sculpté, avec sur l'une de ses faces Mithra, puis Cautes, Cautopates et le serpent sur les autres, avec Helios, le dieu-soleil, et Séléné, la déesse-lune, le tout surmonté d'une inscription qui fait allusion au Pater qui le fit installer : "Cn(aius) Arrius Claudianus Pater posuit".
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Plus loin, une salle réservée sans doute à l'instruction des catéchumènes, la schola. Cette chambre contient 7 niches chargées de graffiti et de dessins qui servaient à expliquer les 7 étapes de l'initiation, avant que l'adepte ne soit admis aux mystères secrets du pronaos et du triclinium.









Rome_292C'est à cet endroit que l'on commence à entendre un bruit étonnant de cascade. En suivant à l'oreille, effectivement, sous une grille, encore au moins 5 mètres en dessous du niveau, une rivière souterraine coule abondament. En réalité, avant les fouilles, il y avait un véritable lac sous San Clemente, alimenté par une source que certains pensent être l'ancienne source sacrée de l'endroit. Le P. Nolan perfora un tunnel de 650 mètres de long, remontant de la cloaca maxima au Colisée jusqu'à San Clemente. Il passe donc par le 4ème niveau de la vallée, et a permis d'assainir le mithraeum.





San_Clemente_60Plus loin, la ruelle sépare la partie cultuelle de l'ancienne habitation, zone publique dont Clement était propriétaire, l'ancien Titulus Clementis.

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San_Clemente_63Mithra est un dieu d'origine indo-iranienne. Son nom - mitra en védique, langue religieuse ancienne de l'Inde - signifie "ami", "contrat". C'est un dieu bienveillant, qui protège la justice et veille à l'ordre du monde ; c'est aussi le dieu du serment, de l'alliance. Le premier texte connu qui mentionne cette divinité est un traité conclu entre des rois orientaux - dans des régions qui correspondent à l'Asie Mineure et à la Mésopotamie - vers 1380 av. J. -C.
San_Clemente_64Ce que nous savons sur le mithriacisme est fondé sur l'iconographie, sur des peintures et surtout des sculptures, car quasiment aucun texte sacré n'est parvenu jusqu'à nous. Cette religion se présente comme un livre d'images sans commentaires et sans explications qui permettent d'en décrypter la doctrine.

San_Clemente_65Dans l'interprétation qu'en donnent les Romains, le mithriacisme repose sur une conception mythique de l'histoire de l'univers. A l'origine, un dieu, Saturne, sort du chaos. Puis il désigne un successeur, Jupiter, à qui il remet l'insigne du pouvoir absolu : la foudre. Pour combattre le mal, présenté sous la forme d'une sécheresse qui détruit la vie, nait Mithra, qui surgit d'un rocher tenant une torche et un glaive. C'est à lui de veiller sur l'ordre du monde, d'assurer sa survie en luttant contre les esprits mauvais, en le sauvant de la sécheresse, de la soif, de la mort des troupeaux ; il va en effet procurer l'eau en faisant miraculeusement jaillir une source d'une paroi rocheuse.
San_Clemente_66Mithra est souvent accompagné, dans l'iconographie, par le Soleil et la Lune, placés de part et d'autre du dieu. Deux personnages sont également présents : Cautès, placé à gauche, sous le Soleil, porte une torche levée, et Cautopatès, à droite, sous la Lune, baisse la sienne vers le sol. L'un est le soleil levant, l'autre le soleil couchant, Mithra occupe la place intermédiaire : il tient symboliquement une position médiane. Ces figures renvoient au déroulement du temps et rappellent l'importance des astres, et, par delà, de l'astrologie dans la religion mithriaque, où ils jouent une rôle positif.

Le culte de Mithra, en passant de l'Orient à l'Occident, est devenu, à l'instar d'autres cultes grecs, une religion à mystères. Lors de son initiation, le futur adepte (le néophyte), passant de l'obscurité à la lumière, meurt symboliquement, puis renaît à une vie autre.
Les initiés s'élèvent graduellement dans la hiérarchie, selon une "échelle" codifiée de sept grades, qui les conduit à remplir différentes fonctions : Corax, Cryphius, Miles, Leo, Perses, Héliodromus, Pater. (http://musagora.education.fr/religion/religionfr/mithra.htm)

Voir pour plus de précisions :

http://musagora.education.fr/religion/religionfr/mithra.htm
http://www.cosmovisions.com/$Mithra.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Culte_de_Mithra

De plus, Mithra a les caractéristiques suivantes en commun avec le Christ:

mithraMithra est né dans la pauvreté dans une grotte, d’une vierge, un 25 décembre. Sa naissance était accompagnée par des mages ou des anges.
Appelé “le bon berger”, il était considéré comme un grand sage et un maître qui voyageait beaucoup. Il était “la voie, la vérité et la lumière”. Il était encore appelé “le rédempteur”, “le sauveur”, “le Messie”.
Son jour sacré était le dimanche et il était particulièrement célébré autour de la période de l’année qui deviendra les fêtes de Pâques.
Il avait 12 compagnons ou disciples, et accomplissait des miracles.
Mort pour l'humanité, Il fut enterré dans un tombeau pendant 3 jours. Il a ressuscité d'entre les morts. Mithra était commémoré par des repas eucharistiques, de pain et d'eau, ou de pain et de vin, symboles du corps et du sang du taureau sacré.

21 août 2008

Le théâtre

Alba_la_Romaine_42L'édifice se situe à la limite est de la ville, sur le ruisseau du Massacre. je ne connais pas l'histoire de ce ruisseau, et pourquoi il porte un nom si peu amène : il semble pourtant si paisible...
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Alba_la_Romaine_13Le premier théâtre, plus petit, n'enjambait pas le ruisseau. Par la suite, le ruisseau fut canalisé. C'est au IIème siècle, période faste de la cité, que l'on doit le troisième théâtre. Il se monumentalise, et se développe sur les deux rives du ruisseau.
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Alba_la_Romaine_39Sur la rive droite se localise l'espace recevant le public : la cavea et l'orchestra. L'espace scénique enjambe le ruisseau alors que le mur de scène et le portique se situent sur la rive gauche.
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Alba_la_Romaine_40L'histoire du théâtre correspond aux temps forts de l'urbanisation d'Alba. Il est un point de repère essentiel pour la romanisation et l'évolution de la ville gallo-romaine.
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Alba_la_Romaine_6Sa capacité est estimée à 3 000 places, plus qu'au théâtre de Fourvière !

21 août 2008

Le sanctuaire impérial

Alba_la_Romaine_29Situé à l'extrémité nord de la ville, le sanctuaire de Bagnols est édifié sur terrasses.

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Alba_la_Romaine_27Succédant à un sanctuaire gaulois, la mise en place du sanctuaire impérial se fait progressivement entre les années 10 et le début du IIème siècle.







Alba_la_Romaine_23Le sanctuaire se compose d'édifices et d'espaces de circulation orientés à l'est. C'est autour du temple axial, pièce maitresse, que s'organisent les édifices. Un quadriportique se met en place devant lui, au même niveau.








Alba_la_Romaine_24Il enserre une grande cour au sein de la quelle on édifie le fanum : temple de tradition gallo-romaine et un temple de plan classique sur un podium.






Alba_la_Romaine_22Au IIème siècle, le sanctuaire subit une phase de restructuration : création d'une voie de circulation reliant le sanctuaire au centre monumental, construction d'un escalier monumental permettant de descendre dans le quadriportique, mise en place de deux cours encadrant le temple axial et installation d'un grand bassin à l'est.

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Alba_la_Romaine_1La statue de l'empereur, découverte dans le temple axial, atteste la pratique du culte impérial à Bagnols. En 1992, la statue de l’empereur divinisé y a été retrouvée, ainsi que d’autres fragments qui portent à 8 le nombre de statues honorées au sein du sanctuaire.

17 septembre 2008

Le cloître

Saint_Jean_de_Latran__clo_tre_4Entre la basilique et le mur de la ville fut construit, au XIIIème siècle, le grand monastère abritant la communauté des moines servant la basilique.
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Saint_Jean_de_Latran__clo_tre_1Il n'en reste que le cloître, avec ses colonnes de marbre droites ou torsadées. Elles sont d'un style intermédiaire entre le roman proprement dit et le gothique, œuvre de la famille de Vassalletto et la famille Cosma.
















Saint_Jean_de_Latran__clo_tre_2Il contient de nombreux fragments, vestiges des premiers temps de la basilique.









Saint_Jean_de_Latran__clo_tre_6Il mesure 36 mètres de long, et fut construit à l'époque des papes Innocent III et Honorius IV entre 1215 et 1231. En fait, la structure originale du IXème siècle était plus large, mais quand l'église fut reconstruite au XIIème siècle, étant plus grande, une des allées fut incluse dans le plan de l'église.






Saint_jean_de_latran_cloitre_2__1_aLa fontaine qui est au cœur du jardin date du IXème siècle et ornait autrefois l'atrium de la basilique où elle servait de vasque pour les ablutions.










Saint_jean_de_latran_cloitre_2__7_aLe cloître de Vassalletto s'ouvre sur le côté est de la Basilique. Sur l'un des murets entre deux colonnes est gravé le symbole incontestable d'une triple enceinte, avec deux traits en forme de V qui se superposent au dessin. Deux autres triples enceintes sont gravées, mais sur les murs.
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Saint_jean_de_latran_cloitre_2__3_aTout autour du cloître sont exposés des fragments des précédentes basiliques. Sur plusieurs d'entre eux, on note la présence de nœuds de Salomon, gravés de trois anneaux et de forme ogivale.
Saint_jean_de_latran_cloitre_2__4_aLe triple anneau est un rappel de la symbolique ternaire complexe, que le christianisme reprit dans la Trinité divine, tandis que l'ogive se rattache à la mandorle mystique, la matrice divine.




Saint_jean_de_latran_cloitre_2__5_aUn autre fragment se compose d'une plaque de marbre ornée d'un motif constitué par la juxtaposition des fleurs de l'apocalypse, et un autre avec la représentation de la fleur de vie. Tous les fragments remontent à peu près au IXème siècle.
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http://www.angolohermes.com/Luoghi/Lazio/Roma/S_Giovanni_Laterano/S_Giovanni_Laterano.html

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18 septembre 2008

La basilique San Giovanni

Saint_Jean_de_Latran_6Le site sur lequel se trouve l'archibasilique San Giovanni in Laterano fut occupé au début de l'empire romain par le palais des Laterani, dont plusieurs membres servirent comme administrateur de l'empereur : Sextius Lateranus fut le premier plébéien à atteindre le rang de consul, et Plautius Lateranus est devenu célèbre pour avoir été accusé de complot contre l'empereur par Néron. L'accusation a abouti à la confiscation et la redistribution de ses biens.






Saint_Jean_de_Latran_7Le Palais du Latran devint propriété de l'empereur après le mariage de Constantin avec sa seconde femme Fausta, sœur de Maxence. Connu comme "Domus Faustae", il fut finalement donné à l'évêque de Rome par Constantin. On ne connait pas la date réelle de cet évènement, mais le palais accueillit le synode en 313, au cours du pontificat du pape Miltiade. Le palais-basilique fut agrandi, devenant la cathédrale de Rome, le siège des papes comme des évêques.




Saint_Jean_de_Latran__dessinLa dédicace officielle fut faite par Sylvestre Ier en 324, qui la déclara  Domus Dei, et le trône pontifical y fut placé. Depuis lors, elle porte le titre, inscrit sur le fronton, de "Sacrosancta Lateranensis omnium Ecclesia Urbis et Orbis Ecclesiarum mater et caput ", qui signifie "la Très Sainte Eglise de Latran, mère et tête de toutes les églises de la ville et du monde". La basilique fut dédicacée deux fois : par le pape Serge III, à saint Jean-Baptiste au Xème siècle, en l'honneur du nouveau baptistère, puis par le pape Lucius II, au XIIème, à Jean l'évangéliste. Mais la première dédicace est Saint-Sauveur : le nom fut oublié au cours de l'histoire. Le palais adjacent, le Patriarcho, fut la résidence des papes jusqu'en 1309, date à laquelle Clément V fit transférer le Saint-Siège à Avignon. Ce fut le début du déclin. 

Saint_Jean_de_Latran_2San Giovanni avait déjà subi des dégâts lors des sacs de Rome, par Alaric Ier en 410, puis Genséric en 455. Un tremblement de terre la détruisit en l'an 896. Reconstruite entièrement par le pape Serge III au Xème siècle, elle fut à nouveau détruite par un terrible incendie dans la nuit du 6 mai 1308 sous le pape Clément V qui la fit reconstruire. Les travaux furent terminés sous le règne de son successeur Jean XXII. Elle fut encore endommagée par un séisme en 1349, puis par un autre incendie en 1361, et à nouveau restaurée par Urbain V qui confia les travaux à l'architecte Giovanni Stefani.










Saint_Jean_de_Latran_22L'édifice actuel est en fait une reconstruction du XVIIème siècle, due pour la nef et l'aménagement intérieur à l'architecte Francesco Borromini, réalisés pour le pape Innocent X à l'occasion du Jubilé de 1650, et pour la façade extérieure, monumentale, construite en travertin en 1734, à l'architecte Alessandro Galilei.
Saint_Jean_de_Latran_8La façade latérale possède une loggia qui sert à la bénédiction papale le jour de l'ascension. Elle est surmontée de deux campaniles du XIIIème siècle.





Saint_Jean_de_Latran_19La nef, qui  mesure 130 mètres, en fait la plus grande église après Saint-Pierre. Il semblerait que les piliers de l'ancienne basilique soient encastrés dans les piliers actuels.
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Saint_Jean_de_Latran_14Au XVIIIème siècle,  douze sculptures géantes, qui représentent les douze apôtres, y sont installées.

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Saint_Jean_de_Latran_5Le sol fut réalisé au XIIIème siècle par les Cosma.

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Saint_Jean_de_Latran_13A la croisée des transepts, le maitre-autel refait en 1851, enveloppe, selon la tradition, une table de bois sur laquelle saint Pierre aurait célébré la Messe, la table de la Cène du Jeudi saint.
















Saint_Jean_de_Latran_16Il est surmonté d'un baldaquin réalisé en 1369. Seul le pape peut officier sur cet autel. Le baldaquin contient aussi les bustes reliquaires avec les crânes de saint Paul et de saint Pierre. En dessous, la "tombe de saint Jean".

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Saint_Jean_de_Latran_11L'abside présente une fresque faite en 1291 par deux frères franciscains, Jacopo da Camerino et Jacopo da Torriti, sur les ordres du pape Nicolas IV. Elle englobe une partie de l'ancienne fresque, du IXème siècle, et une autre, du IVème dans la partie supérieure, où l'on voit le Christ entouré de séraphins. (référence à la tradition qui veut que le Christ soit apparu au cours de la première consécration de la basilique).

Le Président de la République française est d'office le «premier et unique chanoine honoraire" de la basilique, un titre hérité des rois de France depuis Henri IV. L'église fait partie du patrimoine mondial de l´UNESCO depuis les années 1990.



Saint_Jean_de_Latran_21San Giovanni in Laterano est une église-cathédrale, siège de l'évêché de Rome, dont l'évêque n'est autre que le pape. Elle est la propriété du Saint-Siège et bénéficie à ce titre du privilège d'extraterritorialité.










Saint_Jean_de_Latran_plan



























  1. Porte principale
  2. Autel papal
  3. Cloître
  4. Abside
  5. Portique septentrional
  6. Palais du Latran
  7. Scala Sancta
  8. Obélisque
  9. Baptistère
17 septembre 2008

Le baptistère de San Giovanni in Laterano

Saint_Jean_de_Latran__baptist_re_2À l'écart de la Basilique, sur la place San Giovanni, se trouve le baptistère, de plan octogonal et surmonté d’un dôme. Il fut construit Vème siècle (environ 440), sous le pontificat de Sixte III, sur un ancien  baptistère carré de l'époque constantinienne. Saint_Jean_de_Latran__baptist_re_20La légende rapporte que Constantin y fut baptisé, mais cela reste une légende. En effet, il le fut, mais en Orient, et par un évêque arien, ou comme le pense l'historien Eusèbe, sur son lit de mort à Constantinople. Une tradition raconte que c'est ici que le pape saint Grégoire le Grand (590-604),  transcrivit pour la première fois le chant grégorien.






Saint_Jean_de_Latran__baptist_re_4Pendant plusieurs siècles, il fut le seul baptistère de Rome, et sa forme octogonale servit de modèle à bon nombre d'autres baptistères, à Rome, ailleurs en Italie (Florence, Parme), puis dans toute la chrétienté. Il était dédié à saint Jean-Baptiste. L'eau était fournie par l'ancien aqueduc Aqua Claudia.
L'entrée principale se fait face à la basilique, par le biais de la chapelle de St Venantius, mais il existe aussi une entrée latérale, plus petite.
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Saint_Jean_de_Latran__baptist_re_18Les façades extérieures, de brique, ont été ornées en 1657 par une frise dessinée par Francesco Borromini, incorporant les armes du pape Alexandre VII, que l'on retrouve sur la fontaine à l'extérieur.
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Saint_Jean_de_Latran__baptist_re_12Sur les murs, il y a cinq fresques reproduisant des épisodes de la vie de Constantin dont celle de la bataille du pont Milvius (312), au plafond, remportée sur Maxence où se fit l'apparition de la Sainte Croix, avec la promesse in hoc signo vinces (Par ce signe tu vaincras).
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Saint_Jean_de_Latran__baptist_re_5La cuve circulaire où les chrétiens étaient baptisés jadis par immersion est au centre, entourée de huit belles colonnes en porphyre rouge aux chapiteaux ioniques et corinthiens, qui soutiennent un entablement de 8 colonnes de marbre blanc. Un déambulatoire entoure le bassin.
Pendant les six premiers siècles, seul l’évêque, successeur des apôtres, faisait entrer dans l’église le catéchumène au cours de la liturgie pascale






Saint_Jean_de_Latran__baptist_re_10Sur ces colonnes repose une architrave, avec des vers en latin, attribués au pape Saint Sixte II (432-440) et qui résument admirablement bien la doctrine chrétienne sur le Baptême :

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GENS SACRANDA POLIS HIC SEMINE NASCITVR ALMO               
QVAM FECVNDATIS SPIRITVS EDIT AQVIS                                  
VIRGINEO FETV GENITRIX ECCLESIA NATOS                              
QVOS SPIRANTE DEO CONCIPIT AMNE PARIT                              
COELORVM REGNVM SPERATE HOC FONTE RENATI                  
NON RECIPIT FELIX VITA SEMEL GENITOS                                    
FONS HIC EST VITAE QVI TOTVM DILVIT ORBEM                         
SVMENS DE CHRISTI VVLNERE PRINCIPIVM                              
MERGERE PECCATOR SACRO PVRGANTE FLVENTO                  
QVEM VETEREM ACCIPIET PROFERET VNDA NOVVM               
INSONS ESSE VOLENS ISTO MVNDARE LAVACRO                     
SEV PATRIO PREMERIS CRIMINE SEV PROPRIO                        
NVLLA RENASCENTVM EST DISTANTIAQVOS FACIT VNVM         
VNVS FONS VNVS SPIRITVS VNA FIDES                                     
NEC NVMERVS QVEMQVAM SCELERVM NEC FORMA SVORVM
TERREAT HOC NATVS FLVMINE SANCTVS ERIT
   


                     

Saint_Jean_de_Latran__baptist_re_11C'est ici que jaillit ce peuple de noble lignée, voué au Ciel
Que l'Esprit engendre en ces eaux fécondées.
C'est dans l'eau que Notre Mère l'Église, dans un accouchement virginal,
met au monde ceux qu'elle a conçus par l'oeuvre de l'Esprit divin.
Vous qui êtes nés à cette source, vivez dans l'espérance du royaume des cieux.
Il faut renaître pour avoir la vie éternelle.
Voici la source de vie qui lave toute la terre,
et prend sa source aux plaies du Christ.
O pécheur, viens te plonger dans ce flot sacré et purificateur
Dont les ondes rajeuniront tout vieil homme qui s'y plonge.
Si, sous le poids du péché hérité ou de ton péché personnel,
tu tiens à l'innocence, lave-toi dans ces eaux.
Plus rien ne sépare ceux qui y sont renés. Ils sont devenus un,
Grâce à une seule source baptismale, à un seul Esprit, à une seule Foi.
Que personne ne craigne le nombre et la gravité de ses péchés :
Celui qui est rené de cette eau vive deviendra saint.

Saint_Jean_de_Latran__baptist_re_8C'est beau, très beau même, surtout si l'on sait lire entre les lignes.

2 octobre 2007

Tutoriel Google Map, Google Earth

Pour celles et ceux qui ne sont pas familiarisés avec ces outils, voilà une petite explication en image.

La carte interactive elle-même est un peu plus bas....

LS_Tutorial_blog_google

Tutoriel Google Map : concerne l'affichage de Google Map dans une fenêtre séparée
    (quand on clique sur "Agrandir le plan").
Tutoriel Google Earth : l'étape suivante : voir les sites à partir du logiciel Google Earth... Un must ludique.
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21 août 2008

Alba Augusta Helviorum

Alba_la_Romaine_5Installée sur une voie de communication reliant la vallée du Rhône au Massif Central, au pied du Coiron, Alba, capitale du peuple des Helviens, se situe dans une plaine sur 30 hectares.

l’Helvie correspondait à peu près au sud du département de l’Ardèche.










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Pline l’Ancien relate, en 65 de notre ère, dans l’Histoire Naturelle, l’invention d’un cépage de vigne par les Helviens : "A Alba Helvienne de la province de Narbonnaise, a été inventée une vigne perdant sa fleur en un jour et pour cela très robuste. On l'appelle Carbunica et maintenant toute la province la plante". Ce texte atteste de la présence de la vigne en Helvie à cette époque.





Alba_la_Romaine_32Alba Augusta Helviorum s'organise en réseau de rues perpendiculaires orientées nord-sud/cardo et est-ouest/decumanus. Ville ouverte, sans mur d'enceinte, la cité a en son coeur le centre monumental regroupant un vaste ensemble de bâtiments à vocation administrative, civique, religieuse et économique autour de son forum. Les limites de la ville sont marquées par les nécropoles telles que Saint-Pierre et par le sanctuaire de Bagnols.







Alba_la_Romaine_2De son habitat, on connait deux formes. Une luxueuse, la domus, construite en matériaux nobles, qui s'organise autour d'une cour centrale à portique avec mosaïques, thermes privés et jardins. La domus « Pinard » (ça ne s'invente pas...) a livré 8 mosaïques dont une représentant des poissons et des mollusques d’eau douce. La seconde, plus populaire, est construite en matériaux périssables : bois, terre, et peut recevoir une activité artisanale ou commerciale. Son apogée se situe au IIème siècle après notre ère, période où le centre monumental se développe.




Alba_la_Romaine_36À la chute de l'empire Romain, Alba fut détruite par les Vandales et dépossédée du titre de capitale et de siège de l'évêché au profit de Viviers. La ville est abandonnée. L’ancienne cité devient une petite agglomération située à l’emplacement du village actuel, construit sur un dyke volcanique. Diverses seigneuries se sont ensuite implantées à Alba : le château fut aux mains de la maison d'Aps, puis des Adhémar et La Baume-Suze. Celle d'Aps donna son nom à la ville jusqu'en 1903, date à laquelle la commune reprit son nom antique, auquel fut ajouté « la Romaine » en 1986.

Pour voir la carte, cliquer ici.

27 août 2008

Santa Maria in Cosmedin, historique

Santa_Maria_in_Cosmedin_19L'église Santa maria in Cosmedin (Sainte-Marie en Cosmedin) est située sur la Piazza Bocca della Verità, berceau de l'antique cité de Rome, près du Tibre où s'était installé le premier port de Rome, le Portus. A l'est de la place se situait le marais où, selon la légende, la louve recueillit les enfants Rémus et Romulus, neveux du roi Alba qui les avait fait jeter dans le Tibre.
A cet endroit, situé à 100 mètres du Circus Maximus, s'implanta le Forum Boarium, le marché aux bovins, formé par la petite plaine qui relie les trois collines sur lesquelles naquit Rome : le Palatin, l'Aventin et le Capitolin. C'était un lieu de transbordement des marchandises remontées en bateau d'Ostie jusqu'au port. Un temple consacré à Hercule (qui avait récupéré les boeufs volés par le géant Cacus), l'Ara Maxima Erculis Invicti, ainsi qu'un temple dédié à Cérès, furent érigés à cet endroit, destiné à devenir le siège du praefectus annonae, responsable de l'approvisionnement en céréales de la ville de Rome.
Au VIème siècle, une "diaconie", organisme composé de laïcs et de religieux qui se substituèrent à ceux de l’Empire, et dont la fonction consistait à fixer le cours du blé et à le distribuer, souvent aux plus démunis, s'installa dans les bâtiments en ruine. Le bâtiment était pourvu d’un oratoire qui prit place parmi les pièces réservées aux magasins.





Santa_Maria_in_Cosmedin_7Au VIIIème siècle, en 782, après son agrandissement demandé par le pape Adrien 1er, le bâtiment fut donné à la communauté chrétienne grecque, fuyant Byzance et les persécutions iconoclastes promues par les chrétiens qui croyaient que représenter des images de Dieu, de la vierge ou des saints était un péché. Ceux-ci comme les autres colonies étrangères de Rome, se groupèrent en schola (école) : l'édifice fut alors transformé et prit le nom de Santa Maria de Schola Græca. L'église fut agrandie, selon l'architecture byzantine, par l'ajout d'une abside dans le prolongement de chacune des trois nefs.



Santa_Maria_in_Cosmedin_40Elle reçut à ce moment là le nom de Cosmedin, dont l'origine n'est pas certaine : du grec "kosmelikos", relatif à la parure, à l'ornement ou aux cosmétiques, renvoyant ainsi à la richesse de la décoration et à la lumière,  ou du nom du monastère "Kosmidion" de Constantinople.

L'église fut partiellement détruite lors du sac de Rome par les Normands en 1084. Elle fut restaurée entre 1118 et 1124 par les papes Gélase II et Callixte II, qui rajoutèrent le porche, le campanile roman en briques rouges et les très belles décorations de style cosmatesque à l'intérieur.

L'église fut donnée en 1432 par le Pape Eugène IV aux bénédictins du Monte Cassino. Tombée en ruines, elle fut restaurée dans le style rococo par Giuseppe Sardi en 1718. Au XIXème siècle, entre 1894 et 1899, heureusement, une dernière restauration effaça tout ces ajouts inutiles et l'on peut donc admirer l'aspect que devait certainement avoir l'église entre le VIIIème et le XIIIème siècle.

Son actuel recteur est  Mgr Mtanios Haddad, archimandrite de l'Eglise catholique grecque melkite.

21 août 2008

Le temple monumental

 

Alba_la_Romaine_31Cet édifice du IIème siècle est orienté à l'ouest par un escalier à 5 marches. Le plan en est simple et évoque un temple : un vestibule, le pronaos, s'ouvre sur une grande salle, la cella.

A l'intérieur, face à l'entrée, se situe une niche semi-circulaire. Les sols sont de marbre et les murs décorés d'enduits peints et de céramique.

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Alba_la_Romaine_30Après l'abandon de la ville, une activité agricole, au VIème siècle, réoccupe une partie de l'édifice. L'espace intérieur comprend un foyer et deux bassins surélevés.

30 juin 2006

Les gardiens de la chapelle Saint-Bonnet de Montmelas-Saint-Sorlin

Deux routes mènent au promontoire où est implantée la chapelle.

Chapelle_Saint_Bonnet__1_aL'une, en partant sur la droite du parking, large, ensoleillée, serpente autour de la colline sur plusieurs kilomètres.
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Chapelle_Saint_Bonnet__7_aChapelle_Saint_Bonnet__8_aLe chemin est facile, bien entretenu. Deux magnifiques arbres gardent l'entrée de la dernière montée au sanctuaire. Un chêne et un cèdre.
















Chapelle_Saint_Bonnet__29_aL'autre, en partant sur la gauche, entre dans un bois assez dense de sapins tordus. Là, pas de lumière, une atmosphère sombre et oppressante, mais le chemin est droit et plat et mène directement et sans détour à la chapelle.
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Voie sèche, voie humide ?

21 août 2008

Le quadriportique

Alba_la_Romaine_16Le monument se compose de 4 ailes à portique enserrant un grand jardin avec deux bassins. le portique s'ouvre sur des exèdres semi-circulaires ou rectangulaires de différentes tailles.

Juqu'au milieu du IIème siècle, l'exèdre monumentale est à l'est. Elle se compose d'une grande salle voûtée avec une banquette latérale habillée de mortier de tuileau.



Alba_la_Romaine_33Une piscine est orientée dans son axe au centre du jardin.

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Dans la seconde moitié du IIème siècle, un bassin d'agrément vient completer un nouvel agencement.

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Alba_la_Romaine_35Quant aux deux bâtiments localisés au sud, ils se rattachent au forum. Ils appartiennent à son area sacra, c’est-à-dire l’espace du forum qui complète la grande place publique.

21 août 2008

La chapelle Saint-Ostian

Saint_Ostian__la_tour_Saint_MartinAu nord-ouest de Viviers, la Tour Saint-Martin, posée sur le haut d'une colline, domine la vallée de l'Escoutay. Datée du XIIIème siècle et appelée anciennement "tour des rochers", elle est citée dans un acte de 1394. Elle domine la chapelle Saint-Ostian.

Saint_OstianVivant au VIème siècle, Ostian, que l'on disait parent du roi des Burgondes, a d’abord évangélisé les diocèses de Viviers et du Puy. Puis il vécut en ermite près du petit ruisseau de Couspier où il aurait réalisé des miracles.











Saint_Ostian_3Le martyrologe manuscrit du XVIème siècle fait mention de lui en ces termes : " sur le territoire de Viviers, dans l’église de Saint-Martin de la vallée de Couspié, à un mille au nord de la cité, au pied de la montagne de la tour Saint-Martin repose jusqu’à ce jour le corps du bienheureux Ostian, prêtre. Ses reliques furent solennellement portées à la cathédrale le 19 Août 1880." Il est le Patron de la ville de Viviers.
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Saint_Ostian_6La chapelle fut fondée au VIème siècle sous le vocable de saint Martin pour recevoir le corps de saint Ostian. Elle devint vite un lieu de pèlerinage : des processions s'y déroulaient pour obtenir la pluie.
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Saint_Ostian_19Reconstruite au IXème siècle, l'autel fut bâti sur son sarcophage.



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Saint_Ostian_21De nombreuses pierres de remploi nous montrent des fragments sculptés, comme ce chrisme. La petite porte latérale qui s'ouvre au sud présente un tympan sculpté très altéré.
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Saint_Ostian_16Une nouvelle reconstruction a peut-être eu lieu au XIème siècle. La chapelle fut donnée à la cathédrale de Viviers en 1862 par Joseph Armand. En 1868, une campagne de fouille permet la découverte des reliques de saint Ostian. Elles sont alors transférées dans la cathédrale de Viviers. Le sol fut alors exhaussé au moment de la construction de la crypte marquant l'emplacement du tombeau.
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Saint_Ostian_10La chapelle possède une nef unique de deux travées, voûtée en berceau et renforcée par un gros arc doubleau, des arcs de décharge latéraux et une abside semi-circulaire, plus haute que la nef et voûtée en cul-de-four.
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Saint_Ostian_22L'accès à la crypte se fait par un escalier en fer-à-cheval.
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Saint_Ostian_2Le gros-œuvre est fait de pierres de taille en calcaire et de moellons. Le toit conique, avec pignon est couvert de tuiles creuses.
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25 juin 2008

Façade occidentale

Basilique_Saint_Sernin_de_Toulouse__133_aLa façade occidentale (1), constituée par un mur pignon, est un lourd massif de briques sans ornement. La partie basse inclut un ample portail géminé comparable à ceux qui s'ouvrent aux extrémités du transept. Au dessus du portail se développe une suite de cinq arcades moulurées en pierre et une grande rose sans remplage s'inscrit sous un arc de brique ébrasé vers l'extérieur. Elle fut terminée vers 1220 et resta inachevée jusqu'au XXème siècle : la tour nord présentait un déséquilibre assez disgracieux, celui-ci a été corrigé (sans reprendre les plan d’achèvement conçu par Viollet-Le-Duc).
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Basilique_Saint_Sernin_de_Toulouse__126_aLe portail est agrémenté de chapiteaux : des lions enfermés dans des végétaux, des figures simiesques dans une étrange forêt.
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Saint_Sernin_Toulouse__32_aLes scènes légendaires associant saint Saturnin et saint Martial ont disparu. Subsistent au musée des Augustins deux reliefs en marbre blanc qui ont pu appartenir au décor du portail (sagittaire et sirène - oiseau), ainsi qu'une célèbre et mystérieuse sculpture : le signe du Lion et le signe du Bélier.








Saint_Sernin_Toulouse__33_aCe bas-relief en marbre se trouvait probablement sur un pilier du transept sud à la porte des Comtes lorsqu'il fut découvert. Ce ne fut pourtant pas sa place originelle. Des témoignages anciens attestent en effet qu'il était en remploi à cet endroit depuis au moins le XVIème siècle et qu'il a pu faire partie du décor du portail de la façade occidentale de la basilique. Son iconographie étonnante n'a pas encore livré tous ses secrets. Le bas-relief représente en effet deux femmes tenant dans les bras respectivement un lion et un bélier. L'inscription, énigmatique, signifiant : "Signe du lion. Signe du bélier. Ceci fut fait au temps de Jules César" renforce l'idée qu'il s'agit de signes du zodiaque. Ces qualités stylistiques, en particulier la puissance plastique proche de la ronde-bosse, rattachent en outre ce bas-relief au portail des Orfèvres de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Nous retrouverons dans la même position, avec un pied chaussé et l'autre nu, nos deux joufflus coiffés de bonnets phrygiens à la porte de Miègeville...

21 août 2008

L'édifice économique et religieux

Alba_la_Romaine_20Il se situe sur le point culminant du centre monumental. Construit sur un terrain en pente, il nécessite l'apport de remblais. Le bâtiment se compose de 4 ailes entourant un jardin avec un bassin central. Dans un premier état, 3 ailes à portique s'ouvrent sur le jardin. la partie est ferme l'édifice par un simple mur de clôture. Trente à quarante ans plus tard, elle se transforme également en aile à portique.






Alba_la_Romaine_15A l'ouest, l'exèdre monumentale s'axe dans le prolongement du bassin. Elle est épaulée de salles annexes servant de contreforts.

Sa fonction pourrait être liée à la vie économique et religieuse d'Alba en rapport avec les collèges-associations professionnelles. Une inscription retrouvée en réemploi dans un autre quartier de la cité en nomme quatre : les drapiers-marchands, les ouvriers-charpentiers, les bateliers et les fournisseurs de bois.





Alba_la_Romaine_7L'implantation de l'édifice en bordure du cardo occidental indique son lien avec l'ensemble architectural du sanctuaire de Bagnols.

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30 juin 2006

Le chêne à Guillotin

Ch_ne___Guillotin_1Ce chêne pédoncule, ou Quercus Robur, dans Brocéliande, est inscrit à l'ONF.  D'une hauteur d'environ 20 mètres et une circonférence de 9,65 mètres et âgé de plus de 1000 ans, il profite d'un ensemble aménagé par la commune de Concoret qui lui permet d'être mis en valeur et également protégé.










Ch_ne___Guillotin_7Désormais, on ne peut plus y entrer. Le chêne a souffert de la tempête de 1999 et il a fallu le renforcer et bloquer l'accès de l'arbre. Cependant, une plateforme a été aménagée pour que l'on continue à l'approcher et à l'observer.
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Ch_ne___Guillotin_6L'écorce de l'arbre est très dure, ses branches sont de la taille des arbres que l'on voit plus habituellement.
Ici, le trou dans lequel l'abbé Guillotin s'est réfugié. Il me semble bien qu'en guise d'abbé, nous nous trouvons en face d'un beau gardien.
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Ch_ne___Guillotin_3La légende raconte que l'abbé de la paroisse Pierre-Paul Guillotin, né au Vaubossard en 1750 et décédé en 1814, se réfugia à l'intérieur du tronc de ce chêne pendant la révolution en 1791, afin d'échapper à ses poursuivants. Des araignées géantes se mirent alors à tisser une grande toile ; ce qui le dissimula aux yeux de ces derniers.
Une autre légende dit que Notre-Dame de Paimpont serait descendue sur Terre et se serait transformée en araignée et aurait tissé une toile pour boucher le trou du tronc.






Ch_ne___Guillotin_2En fait, l'abbé Guillotin était vicaire à Baulon puis à Saint-Servan en 1790. Refusant de signer la constitution civile, il revint au pays natal pour exercer secrètement son ministère. Le 6 octobre 1793, deux cents gardes nationaux de Paimpont viennent la nuit avec des gendarmes de Plélan pour appréhender le réfractaire. Mais après avoir fouillé tout la village et les fourrés alentours, tout ce beau monde rentra bredouille. L'Abbé s'était caché dans la lande. Il rédigea un précieux journal des événements révolutionnaires.

On dit aussi que non loin de ce chêne serait enterré le trésor d'Eon de l'Etoile, un moine réfractaire du milieu du XIIème siècle, sorte de Robin des Bois local, mystique et visionnaire.

http://www.cheval-musique-tradition.com/guer-coet/bisto/bro/bro_leg.html
http://www.portes-de-feerie.fr/le_chene_a_guillotin_058.htm

25 juin 2008

La crypte

Basilique_Saint_Sernin_de_Toulouse__60_aL'étymologie du mot crypte (cacher) indique assez bien sa signification. Les premières cryptes (aussi appelées anciennement crutes, croutes ou grottes) ou grottes sacrées ont été taillées dans le roc ou maçonnées sous le sol, pour cacher aux yeux des profanes les tombeaux des martyrs ; plus tard, au-dessus de ces hypogées vénérées par les premiers chrétiens, on éleva des chapelles et de vastes églises; puis on établit des cryptes sous les édifices destinés au culte pour y renfermer les corps des saints recueillis par la piété des fidèles. (wikipédia)












Saint_Sernin_Toulouse__13_bA Saint-Sernin, la crypte (12) abrite de nombreuses reliques, et parmi elles, celles de Sernin. Pénétrer dans les cryptes, où les reliquaires précieux reposaient dans des armoires à balustres de bois, n'était possible que certains jours pour le commun des mortels, le dimanche, le lundi, et aux dates des fêtes du calendrier liturgique respecté dans l'abbatiale, depuis le matin jusqu'à la fin de l'office divin.







Saint_Sernin_Toulouse__12_bPour les pèlerins allant à Saint-Jacques, ou en revenant, il était possible chaque jour, à heure fixe, d'approcher les reliquaires. A l'issue de l'office canonial, la cloche de l'église nommée Manuel était sonnée durant un quart d'heure, pour avertir les "romieus et pèlerins estranger" de s'assembler. On les faisait alors descendre dans la crypte, symboliquement éclairée par douze torches. Les confrères de garde ouvraient les grilles de bois et les armoires protégeant les reliquaires.

Cette crypte comporte deux étages. La partie supérieure en forme d’hémicycle correspond à l’abside. La crypte inférieure est constituée par une salle carrée couverte par la réunion de quatre voûtes dont les nervures se rencontrent sur une colonne de marbre, dressée au centre de la salle.

La crypte supérieure

Basilique_Saint_Sernin_de_Toulouse__82_aLes travaux entrepris dans cette crypte consistèrent à rajeunir la présentation des restes vénérés de saint Saturnin, en les mettant à la portée des fidèles, selon les nouvelles exigences de la piété et du goût. Le 6 septembre 1258, le sarcophage de saint Saturnin, conservé dans la crypte, fut élevé, (elevatum fuit inde, cum suo tumulo marmoreo, ad altiorem locum) par l’évêque Raymond du Falga. On décida alors de l’installer sous un majestueux baldaquin à deux niveaux.
L’exécution de ce chef-d’oeuvre de pierre ajourée intervint entre 1259 et 1265. On en établit le soubassement sur le sol de l’ancienne crypte, et quelque vingt ans plus tard, le 23 juin 1283, on déposa dans la partie haute une somptueuse châsse orfévrée en argent.









Basilique_Saint_Sernin_de_Toulouse__89_aLe baldaquin, aujourd’hui disparu, nous est connu par quelques descriptions issues des inventaires de reliques effectués entre le XIV ème et le XVII ème siècle ainsi que par trois représentations figurées.
Alors que la châsse et la partie supérieure du baldaquin furent victimes des transformations du sanctuaire au XVIII ème siècle, le soubassement, conservé dans la crypte supérieure de Saint-Sernin, illustre encore l’ampleur et la qualité de l’oeuvre du XIII ème siècle. Il s’agit d’une construction à plan centré, portée par six piles reliées entre elles par des arcs surbaissés, à triples ressauts adoucis par des tores. L’hexagone délimité par les six piles et par les arcades qui les relient est surmonté d’une voûte d’ogives à six branches, rayonnant autour d’une clef de voûte, et retombant sur les piliers par l’intermédiaire de chapiteaux. (Henri Praladier)

C'est ainsi que la partie centrale de la crypte supérieure prit sa forme hexagonale et fut voûtée d'ogives. A la clef est sculpté un Couronnement de la Vierge.

Basilique_Saint_Sernin_de_Toulouse__90_aLes fouilles de Stym-Popper et Calley dans les années 1960 ont permis de dégager les vestiges d’une abside de 6 m de diamètre intérieur, considérée depuis comme appartenant à l’église de Sylve et d’Exupère (Durliat 1971).
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La crypte inférieure

Basilique_Saint_Sernin_de_Toulouse__55_aOn accède à la crypte inférieure par deux escaliers.
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Saint_Sernin_j9Les quatre voûtes d'ogives de cette salle du XIVème siècle prennent appui, au centre, sur un pilier antique de marbre, à l'origine carré et cannelé, dont les angles furent abattus à l'époque gothique.
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Saint_Sernin_j6Cet espace étant encore insuffisant, on le prolongea par des travées également voûtées d'ogives sous le déambulatoire, puis, plus tard et plus sommairement, au-delà.
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Basilique_Saint_Sernin_de_Toulouse__61_aLa crypte inférieure présente dans les six chapelles les châsses des saints Philippe et Jacques le Mineur, Simon et Jude,  Symphorien et Castor,  Jacques le Majeur,  Edmond,  Gilles, et le reliquaire de la Sainte Epine.
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Basilique_Saint_Sernin_de_Toulouse__80_aSur les chapiteaux, nous avons la représentation de feuilles de vignes, sous lesquelles se cache un escargot. Margaux. Montre-moi tes cornes. La symbolique en est lourde de sens...
L'escargot est lunaire, et symbolise la fécondité liée à l'eau. Il illustre par la forme de sa coquille la spirale, les cycles de la nature vivante. Elle s'enroule sur elle-même à l'infini, et finira par dévoiler, par sa structure harmonieuse, le rapport du nombre d'or.
La vigne est symbole de connaissance... son rôle est d'enlever les barrières mentales empêchant la réception du spirituel.







Basilique_Saint_Sernin_de_Toulouse__77_aL'escargot fut un emblème des druides et des compagnons bâtisseurs. Pour confirmation, la feuille de chêne et le gland ne se trouvent pas loin.

18 juin 2008

L'église des Jacobins, l'extérieur

Plan_003L'église est un monument exceptionnel empreint d'une profonde harmonie qui, en réalité, n'est qu'apparence. Cette très forte impression d'unité dissimule une construction compliquée, réalisée en étapes successives qui répondaient à des besoins sans cesse renouvelés de l'Ordre des Frères Prêcheurs alors en pleine expansion.
Le contraste est spectaculaire entre l'aspect massif, voire austère, de l'extérieur et l'extraordinaire légèreté de l'architecture intérieure.













Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__5_aL'extérieur du bâtiment a une apparence stricte et très imposante. L'ensemble de l'église est construit en briques rouges. Les murs sont hauts et droits avec de puissants arcs brisés en surplomb et avec des flancs armés de hauts contreforts à ressauts.










Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__7_aLe portail en plein cintre, situé à la base de la partie sud, est un vestige de la première église romane (1234).

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Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__8_aLes puissants contreforts qui divisent verticalement la façade sont couronnés par des tourelles octogonales coiffées de toitures pyramidales et reliées entre elles par une courtine. Ils font apparaître la séparation en deux nefs. Entre les contreforts s'inscrivent de grands arcs brisés qui abritent de petites roses et des fenêtres à trois lancettes.
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Jacobins4La façade occidentale a conservé, à sa base, le portail en plein cintre et les murs de la première église (1230-1234).  Le parvis correspond à l'emplacement du petit cloître.

14 mars 2007

Saint-Nizier, l'église

Ce monument de style gothique flamboyant annonce déjà par endroit la Renaissance. La construction s'est opérée par étapes, du choeur à la façade, à partir du XIVème siècle et jusqu'au XVIème siècle pour l'ensemble de la nef centrale, des nefs latérales et de leurs voûtements, ainsi que des chapelles latérales. Le clocher Nord avec sa flèche de briques roses est élevé au milieu du XVème siècle. Ce n'est que la fin du XVIème siècle que l'architecte Benoit achève la façade par la construction du pignon gothique au-dessus du portail central et du clocher Sud en 1856.




Saint_Nizier_10Sur un mur de la crypte, un fragment de l'épitaphe de saint Sacerdos, évêque de Lyon (549-552). Toujours dans la crypte on peut admirer une première statue de Notre-Dame de Grâce du XVIème siècle.

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Saint_Nizier_15La première crypte a été détruite en 1883. Grâce à une enquête datant de 1308, nous savons qu'elle contenait les tombes des évêques et leurs épitaphes.

Saint_Nizier_34Les descriptions de 1883 sont assez précises : le carré central de 4m de côté est entouré de 4 absidioles de 2,50m de diamètre. Une tombe en forme d'auge apparait à la naissance d'une voûte. Des escaliers latéraux donnent accès au choeur.



Saint_Nizier_20Le plan de l'église est caractéristique du XIVème et du gothique flamboyant : 3 niveaux d'élévation avec un triforium, 3 nefs, un transept, une abside et 2 absidioles, 9 chapelles latérales, de vastes baies et des voûtes gothiques finement décorées.






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Ses dimensions sont impressionantes pour une église paroissiale : 74m de longueur, 28 de largeur et 29 de hauteur.

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A l'extérieur, on admire les arcs boutants sur les façades latérales nord et sud. Les blocs de calcaire de la partie basse de l'édifice proviennent en partie des récupérations de la ville romaine de Lugdunum sur la colline de Fourvière.

Saint Nizier est la seule église de Lyon ayant deux clochers.


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Posé à l'extérieur de l'abside, un homme velu s'interroge : que faire pour sortir de l'animalité ?
















12 mai 2006

Les arbres : le chêne à Guillotin

Ch_ne___Guillotin_1Ce chêne pédoncule, ou Quercus Robur, est inscrit à l'ONF.  D'une hauteur d'environ 20 mètres et une circonférence de 9,65 mètres et âgé de plus de 1000 ans, il profite d'un ensemble aménagé par la commune de Concoret qui lui permet d'être mis en valeur et également protégé.










Ch_ne___Guillotin_7Désormais, on ne peut plus y entrer. Le chêne a souffert de la tempête de 1999 et il a fallu le renforcer et bloquer l'accès de l'arbre. Cependant, une plateforme a été aménagée pour que l'on continue à l'approcher et à l'observer.
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Ch_ne___Guillotin_6L'écorce de l'arbre est très dure, ses branches sont de la taille des arbres que l'on voit plus habituellement.
Ici, le trou dans lequel l'abbé Guillotin s'est réfugié. Il me semble bien qu'en guise d'abbé, nous nous trouvons en face d'un beau gardien.
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Ch_ne___Guillotin_3La légende raconte que l'abbé de la paroisse Pierre-Paul Guillotin, né au Vaubossard en 1750 et décédé en 1814, se réfugia à l'intérieur du tronc de ce chêne pendant la révolution en 1791, afin d'échapper à ses poursuivants. Des araignées géantes se mirent alors à tisser une grande toile ; ce qui le dissimula aux yeux de ces derniers.
Une autre légende dit que Notre-Dame de Paimpont serait descendue sur Terre et se serait transformée en araignée et aurait tissé une toile pour boucher le trou du tronc.






Ch_ne___Guillotin_2En fait, l'abbé Guillotin était vicaire à Baulon puis à Saint-Servan en 1790. Refusant de signer la constitution civile, il revint au pays natal pour exercer secrètement son ministère. Le 6 octobre 1793, deux cents gardes nationaux de Paimpont viennent la nuit avec des gendarmes de Plélan pour appréhender le réfractaire. Mais après avoir fouillé tout la village et les fourrés alentours, tout ce beau monde rentra bredouille. L'Abbé s'était caché dans la lande. Il rédigea un précieux journal des événements révolutionnaires.

On dit aussi que non loin de ce chêne serait enterré le trésor d'Eon de l'Etoile, un moine réfractaire du milieu du XIIème siècle, sorte de Robin des Bois local, mystique et visionnaire.

http://www.cheval-musique-tradition.com/guer-coet/bisto/bro/bro_leg.html
http://www.portes-de-feerie.fr/le_chene_a_guillotin_058.htm

18 juin 2008

La salle capitulaire

Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__58_aLa salle capitulaire, datant d'entre 1299 et 1301, est située dans la galerie occidentale du cloître. C'est une vaste salle dont la voûte, portée par six croisées d'ogives, repose, le long des murs, sur de minces colonnes adossées et au centre, sur deux fines colonnes prismatiques en marbre.

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Toulouse_Jacobins_11En dépit de la disparition de son ancien décor, elle conserve un charme peu commun. On y accède par un large portail à archivoltes de briques moulurées retombant sur des chapiteaux de pierre.














Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__63_aLes deux baies qui l'encadrent ont malheureusement perdu leur remplage.

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Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__62_aLa salle est prolongée vers l'est par une abside tenant le rôle de chapelle. Voûtée d'ogives et nettement surélevée, elle prolonge visuellement l'espace de la salle capitulaire.
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Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__56_aLes voûtains de la chapelle sont peints en bleu et parsemés d'étoiles.
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18 juin 2008

Le cloître

Toulouse_Jacobins_080508_070__800x600_Un premier cloître fut mis en chantier pendant la deuxième période de construction des Jacobins, entre 1251 et 1252.  Les Antonins voulant plus grand, on reconstruisit un nouveau cloître entre 1306 et 1310, les éléments de l'ancien étant utilisés pour ajouter un petit cloître à l'ouest de l'église.









Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__40_aEn 1810, quand l'empire attribua les Jacobins à la ville de Toulouse et que l'armée en prit possession, le cloître, gênant l'évolution des chevaux, fut démoli aux trois quarts.
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Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__52_aEntre 1965 et 1970, le grand cloître fut déblayé et Maurice Prin entreprit le travail, méritoire entre tous, de retrouver les colonnes et les chapiteaux qui manquaient.
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Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__84_aDouze éléments avaient été remployés au château de Maurens-Scopons, d'autres au château de Montredon, d'autres enfin sur un monument à Fourquevaux.
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Toulouse_Jacobins_8La ville les acquit, les plus souvent par rachat, et  les galeries sud et est du cloître purent être  reconstituées.
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Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__41_aLe pavement du cloître fut exécuté en carreaux de terre cuite de Perpignan et dans le sol furent enchâssées les pierres tumulaires, là même où elles furent retrouvées.
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Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__72_aLe puits central fut remonté à l'emplacement du puits primitif.
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Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__42_aLe  cloître est formé de quatre galeries  formant un carré régulier de 18 arcades de côté. Il reliait au départ l'église à la salle capitulaire, à la chapelle Saint-Antonin et à l'infirmerie (galerie orientale), au réfectoire, aux cuisines, aux dortoirs et aux cellules (galerie occidentale).
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Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__83_aLes colonnades géminées sont en marbre gris de Saint-Béat sont reliées par des arcs de briques. Elles soutiennent un toit en appentis reposant sur des arcs de briques, eux-mêmes reposant sur les chapiteaux. Les chapiteaux sont ornés de sculptures végétales.
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Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__73_aA l'angle nord-est, en face de l'entrée du réfectoire, se trouvait le lavabo octogonal dont les soubassements sont encore visibles aujourd'hui.





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25 juin 2008

La porte de Miègeville

Panoramique de la porte de Miègeville

La porte de Miègeville (2) (de mièja vila, milieu de la ville, rue axée sur l'ancien cardo maximus romain partant en face du portail, maintenant rue du Taur) date de 1100.

Basilique_Saint_Sernin_de_Toulouse__6_a"Elle est vraisemblablement, parmi les portes romanes, la plus ancienne à posséder un tympan avec un programme iconographique historié. Son antériorité par rapport aux autres grands tympans, comme ceux de Moissac, d’Autun ou de Conques, explique sa relative simplicité et la présence d’un décor sortant des limites du tympan pour occuper les écoinçons du massif saillant dans lequel elle est placée.








Basilique_Saint_Sernin_de_Toulouse__8_aBasilique_Saint_Sernin_de_Toulouse__7_aInstallée dans un massif saillant, la porte possède deux ébrasements occupés chacun par deux colonnes posées sur un soubassement élevé. Ces quatre colonnes, sommées chacune d’un chapiteau, reçoivent la voussure surmontant le tympan qui repose sur le linteau. L’ensemble est surmonté d’une corniche portée par huit modillons sculptés.










Basilique_Saint_Sernin_de_Toulouse__9_aOn peut voir sur ce tympan une scène de l’ascension, où le Christ, porté par deux anges et acclamé par quatre autres, s’élève au-dessus des apôtres et de deux anges placés sur le linteau. Les deux corbeaux supportant celui-ci représentent, à gauche le roi David, à droite deux personnages, l’un pieds nus, l’autre chaussé, chevauchant chacun un lion. Sur la façade de l’avant-corps sont placées six plaques sculptées: à l’est saint Pierre, couronné par deux anges, surmonte Simon le Magicien; à l’ouest saint Jacques, placé sous deux personnages affrontés, domine une scène figurant un personnage masculin entre deux femmes chevauchant chacune un lion.




Basilique_Saint_Sernin_de_Toulouse__10_aLes chapiteaux du portail sont sculptés sur leurs quatre faces, dont seulement deux sont visibles. Trois des quatre chapiteaux sont historiés : on y observe des scènes de l’enfance du Christ (Massacre des Innocents, Annonciation, Visitation) et du premier péché (Adam et Ève dans le paradis, puis chassés de celui-ci et couvrant leur nudité). La quatrième corbeille porte des lions aux corps saillants pris dans des rinceaux.








Basilique_Saint_Sernin_de_Toulouse__11_aLe projet de restauration de 1996 avait révélé la surprenante technique de construction du linteau. Il est en effet constitué d’une demi cuve de sarcophage dont une face a été sculptée, l’autre constituant l’intrados du linteau. À environ une quarantaine de centimètres vers l’intérieur fut dressée, sur la tranche, parallèlement à la face sculptée, une plaque de marbre de même hauteur qu’elle. Sur ces deux plaques, on installa ensuite, à plat, une dalle de marbre." (Henri Pradalier, maître de conférences en histoire de l’art médiéval à l’université de Toulouse)





Basilique_Saint_Sernin_de_Toulouse__12_aQue dire de la représentation des deux personnages joufflus aux bonnets phrygiens, tenant chacun un lion sur les genoux ? Ils ont tout deux un pied nu et l'autre chaussé.
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Basilique_Saint_Sernin_de_Toulouse__2_aCette porte est précédée d'une porte renaissance (3), datant des années 1530, seul vestige de l'enceinte qui entourait autrefois l'abbaye. Le portail est décoré d’élégants rinceaux feuillagés caractéristiques de l’époque dans le tympan, la frise, l’intrados de l’arc, et les colonnes de chaque côté.
Le rinceau de la frise représente deux sirènes aux longs cheveux, de part et d’autre du cartouche central vierge de toute inscription.
Aux deux extrémités de la frise, on voit les armoiries des deux Capitouls du quartier de Saint-Sernin.
Les deux médaillons (dans les écoinçons de l’arc), qui représentaient l’annonciation, ont été bûchés à la Révolution.
Dans celui de gauche se trouvait l’ange Gabriel dont il ne reste qu’un pied et une partie de la robe, dans celui de droite se trouvait la Vierge Marie dont il reste le vase de lys situé juste devant le médaillon.

25 juin 2008

L'or de Toulouse

Saint_Sernin_drachme_tectosageOn se souvient du trésor de la crypte. Mais le vrai trésor est peut-être plus bas, dans les entrailles de la terre, selon la légende des Volques Tectosages. Car si leur fameux trésor pourrait se trouver à Vieille-Toulouse, certaines sources antiques évoquent plutôt un «lac souterrain» situé sous la basilique de Saint-Sernin. Une cavité souterraine où dormirait peut-être toujours une partie de cet or…
Plusieurs témoins prétendirent avoir visité ce lieu souterrain. Le dernier, témoignage incontestable, serait celui d'un haut fonctionnaire qui affirmait en 1910 prouver ce qu'il avançait... pour en posséder des preuves photographiques, mentionnées dans un certain dossier 15-4-20.







Saint_Sernin_drachme_tectosage_1On connaît ici cette belle légende sur le trésor des Tectosages. Participant au pillage du sanctuaire grec de Delphes par les Celtes, les Tectosages ramenèrent à Tolosa un énorme butin qui fut enfoui dans le lac sacré. Mais attention, ce trésor portait malheur ! Plus tard, lorsqu’un le général romain voulut s’en emparer, il fut attaqué en cours de route, volé et à son tour soupçonné de vol, il fut emprisonné à Rome et en représailles ses filles furent livrées à la prostitution. On dit aussi que l’essentiel du trésor repose toujours dans le sol des environs et que ces richesses débordantes qui se manifestent parfois, ici et là, ont peut-être quelques choses à voir avec le trésor des Tectosages…










Saint_Sernin_drachme_tectosage_2Justin, Abrégé des Histoires Philippiques, XXXII: "Quant aux Tectosages, arrivés à Tolosa, leur ancienne patrie, ils avaient été atteints par le fléau de la peste : ils ne recouvrèrent pas la santé avant d'avoir, sur consultation des haruspices, immergé dans le lac de Tolosa l'or et l'argent acquis par les guerres et les sacrilèges, un trésor que, bien longtemps après, le consul romain Caepio enleva tout entier. Il y avait cent dix mille livres d'argent et un million et demi de livres d'or. Ce sacrilège causa par la suite la perte de Caepio et de son armée et le tumulte de la guerre des Cimbres suivit, comme le vengeur de l'argent consacré."









Saint_Sernin_drachme_tectosage_3Pure invention ou vérité historique, personne ne sait aujourd'hui ce qu'est devenu ce trésor. Cependant d'immenses quantité d'or on été retrouvées dans les lac sacrés du quartier du busca à Toulouse ou dans le lac de Vieille-Toulouse (Tolosates) :
















Saint_Sernin_drachme_tectosage_4"C’est Strabon, dans une longue dissertation sur les Tectosages, qui nous transmet la fabuleuse histoire des "lacs" ou des "étangs sacrés" (limnai) de Toulouse où était déposée avant leur pillage par Caepio une partie des trésors des Toulousains. Il affirme, à la suite de Posidonius d’Apamée, que "les richesses trouvées à Toulouse faisaient quelque 15000 talents, déposées les unes dans des sanctuaires, les autres dans des étangs sacrés (limnai), et qu’il s’agissait d’or et d’argent non travaillé, mais à l’état brut" ; plus loin, Strabon revient sur ce sujet si exotique pour lui : "(...) il y avait en maints endroits de la Celtique des dépôts sacrés. C’étaient surtout les lacs (limnai) qui leur assuraient l’inviolabilité et l’on y jetait de grandes masses d’argent et d’or.
Maîtres du pays, les Romains mirent en vente les lacs au bénéfice de l’État et nombre des acquéreurs y trouvèrent des meules d’argent martelé. À Toulouse aussi le sanctuaire était sacro-saint, en grande vénération auprès des habitants (...)" (traduction de L. Lerat, La Gaule romaine - 249 textes traduits du grec et du latin, Paris, 1977, n° 11). Strabon est le seul auteur grec de l’Antiquité à faire mention de ces limnai, sans équivalent par ailleurs.
Saint_Sernin_drachme_tectosage_5Les autres auteurs anciens qui ont traité du pillage des trésors des Tectosages par Caepio en 106 avant notre ère (Aulu-Gelle, Dion Cassius, Orose) ne mentionnent pas ces "étangs sacrés". Seul Justin – d’après Trogue-Pompée –, parle d’un tolosensem lacum, lieu où avait été placé le trésor sacré issu du pillage de Delphes par les Tectosages. Il faut attendre Nicolas Bertrand (1515) pour voir ressurgir le souvenir des "lacs" des Tectosages : l’auteur, qui cite les sources antiques (Posidonius et Timagène, donc Strabon), parle de consecratis lacubus.
Bertrand se fait par ailleurs l’écho d’une tradition situant un lac sous Saint-Sernin, alors qu’à cette époque le "temple d’Apollon" des Tectosages était le plus souvent identifié à l’église de la Daurade. Ces différentes légendes et traditions s’entremêlent rapidement et dès le milieu du XVIe  siècle, on situe le "lac au trésor" des Tectosages, (parfois associé à un "gouffre" ou un "abîme") soit sous Saint-Sernin, soit sous la Daurade. Au siècle suivant, le pillage des "lacs" va devenir un thème historique et iconographique très prisé et répandu, phénomène qui a abouti à accepter sans discussion la réalité archéologique des "lacs" dont on a voulu – encore très récemment – voir les traces en plusieurs points réputés "humides" des environs de Toulouse.
   
Saint_Sernin_drachme_tectosage_6Or, l’existence des "lacs" ne repose que sur un unique témoignage écrit : Strabon et ses limnai (les sens habituels du mot étant : eau stagnante, marais, étang, lac, lac creusé de main d’homme). Le "lacus" de Justin peut en effet avoir une toute autre signification, notamment désigner une structure destinée au stockage, voire une fosse bâtie ou non. Seul le terme limnai implique la présence d’eau stagnante, sauf à supposer que le mot ait un sens particulier et inhabituel chez Strabon. Ici se pose le problème des sources utilisées par Strabon : limnai est-il un terme déjà présent dans le récit que fait Posidonius du sac de Toulouse ? Au-delà, quelles ont été les sources de Posidonius qui écrit une dizaine d’années après les événements : sources latines sans doute, orales et/ou écrites ? Le fait que Trogue-Pompée, contemporain de Strabon, parle d’un seul lacus (dans le sens vraisemblable d’un lieu de dépôt protégé) et non de paludes, ce qui eût été la traduction fidèle de limnai, permet de s’interroger sur la nature réelle de ces lieux (ou de ces structures) qui protégeaient les richesses des Tectosages disposées pour partie dans les sanctuaires, pour partie dans les "lacs", ces "lacs" qui, à bien lire Strabon, ne sont pas l’apanage de Toulouse mais bien du territoire des Tectosages, voire même de la "Celtique" (cf. supra). Il serait déraisonnable d’envisager un "culte des lacs" généralisé qui traduirait une singulière volonté d’immerger des métaux précieux appartenant aux dieux et / ou au trésor public.
   
Saint_Sernin_drachme_tectosage_7 Au contraire, si l’on émet l’hypothèse que le terme latin lacus soit en fait plus proche que limnai de la réalité archéologique de ces dépôts de valeurs, on peut envisager qu’il s’agisse de dépôts réalisés dans des fosses. Cette traduction de lacus (qui a sans doute également alimenté les légendes médiévales évoquant des "gouffres") permet de rendre très cohérente la description de Trogue-Pompée ; son application au texte de Strabon ne crée par ailleurs aucune incohérence : des dépôts souterrains permettent d’assurer à la fois le stockage (donc la disponibilité) et la protection des valeurs... à l’évidence mieux que des "lacs"...
    Bien sûr et surtout, si les "lacs de Toulouse" ne sont simplement – et de façon banale – que des dépôts en fosse de richesses, cela permet d’aller à la rencontre d’une réalité archéologique bien connue pour la Gaule de la fin de l’Âge du Fer... notamment pour le Toulousain où l’on connaît des dépôts en fosse de métaux précieux mais également les fameux fosses et puits ("rituels" ou "funéraires" selon les chercheurs), usage tectosage spectaculaire dont l’épicentre est situé, dans l’état actuel des connaissances, à Vieille-Toulouse.
"

Jean-Luc Boudartchouk, pour Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France   

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