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lieux sacrés

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16 septembre 2009

Rieux-Minervois, historique


Rieux_Minervois_1L'endroit fut habité dès l'époque gallo-romaine, de nombreuses villae s'établirent sur les bords de la rivière l'Argent Double, ou Argentodubrum, nom d'origine gauloise (en celtique, dubron = eau) signifiant "blanche comme l'argent" ou "à l'eau argentifère".










Rieux_Minervois_5C'est vraisemblablement vers le milieu du XIème siècle que fut formé le village de Rieux, autour du castrum. A l'époque, cette appellation d'Argentodubrum n'était pas d'usage courant, on parlait de "Lo Rius", ou de "Al Rius". Ce nom fut donné à la nouvelle agglomération.









Rieux_Minervois_7La seigneurie de Rieux, possédée au XIIème siècle par les vicomtes de Minerve, fut confisquée après la croisade contre les Albigeois et le roi saint Louis inféode cette seigneurie à Raymond de Saverdun en 1230.  Les comtes de Minerve deviendront des “faidits”, les seigneurs occitans dépouillés de leurs terres et de leurs droits au profit des nobles du Nord et de l’Eglise, pour avoir protégé l’hérésie cathare.







Rieux_Minervois_42Les héritiers de Saverdun vendent la terre de Rieux à Nicolas de la Jugie, qui sera transmise par alliances matrimoniales aux maisons de Puydeval, de Morèze, puis aux Montiers de Mérinville jusqu'en 1838.










Rieux_Minervois_4L'église actuelle est la seconde qui fut édifiée à l'intérieur du castrum. La date précise de son édification n'est pas connue. Ce que l'on sait, c'est que monseigneur Dalmace, archevêque de Narbonne, décède à Rieux en 1096 en venant superviser le début des travaux. Rieux se situe sur l'un des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.














Rieux_Minervois_17Petite précision historique, qui peut avoir une importance dans la configuration des énergies de l'église : Guillaume de la Jugie (mort en 1397), 3ème possesseur de la seigneurie, fit construire une chapelle souterraine avec un autel dédié à sainte Marie-Madeleine. Il fut inhumé devant le maître-autel avec sa femme Catherine de Mornay. Depuis lors, ce fut le tombeau de la famille, qui existe toujours et qui servit d'ossuaire par la suite. Cette cavité pourrait être bien plus ancienne, et avoir eu une utilisation autre, comme pour les cryptes servant à magnifier les énergies telluriques des lieux. Tout cela relie la Terre au Ciel.




Rieux_Minervois_38Pour voir la carte, cliquez ici.

http://audeinsolite.free.fr/Rieux_minervois.htm
http://pagesperso-orange.fr/arizmendi.ruquet/Rieux%20Minervois/rieux%20minervois%201.htm
http://www.viaoccitanacatalana.org/zone/zone_dettaglio_ros_fra.asp?IDrecord=78
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rieux-Minervois
http://esotcelt.unblog.fr/symbolisme-et-chiffre-le-sept-7/

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16 septembre 2009

Sainte-Marie de Rieux-Minervois, plan

Rieux_Minervois_plan_1



























1- Maître-autel
2- Entrée principale
3- Portail
4- Vierge de Cabestany
5- Deux lions
6- Oiseaux
7- Chapiteau des ateliers roussillonnais
8- La mise au tombeau
9- Petite porte d'entrée
10- Tableau 1669
11- Statue de saint Jacques
12- Vitrail moderne
13- Chapelle du Sacré-Coeur
14- Chapelle de la mise au tombeau
15- Chapelle Saint-Roch
16- Chapelle Sainte-Germaine
17- Chapelle Sainte-Jeanne-d’Arc
18- Chapelle Notre-Dame du Rosaire

Rieux_Minervois_23Le plan de l'église est donc un heptagone régulier inscrit dans un cercle. Son diamètre est de 18 mètres. Au milieu s'élève une coupole soutenue par 7 arcades disposées circulairement et définissant le choeur, dont le diamètre égale la moitié du diamètre total de l'église. La hauteur sous la clef de la coupole est de 13 mètres. Ce plan fut défiguré par l'adjonction de trois chapelles au XVème siècle (13-14-15) puis de trois autres chapelles à l'époque moderne (16-17-18).

Si l'on prend le pied carolingien de 33,3 cm, on obtient un rayon de vingt-huit pieds, le chœur mesure alors 14 pieds, le diamètre total étant de 54 pieds.

16 septembre 2009

Rieux-Minervois, l'église Sainte-Marie

Rieux_Minervois_6L'édifice actuel, orienté vers le levant et dédié à la Vierge, fut construit vers 1150 sur l'emplacement d'un ancien lieu de culte. La tradition dit qu'il fut un temple dédié à Minerve. Beaucoup d'interprétations ont été données, comme le fait que ce soit un ancien baptistère du VIème siècle, ou bien que les templiers en furent les commanditaires, ou encore que l'endroit servait comme vaste tombeau, ou bien qu'il représente une reproduction du temple du roi Salomon, ou qu'il donne un discours initiatique à décoder en étudiant le sens des nombres sur lequel le plan tout entier s’est construit.




Rieux_Minervois_24Il faut dire que cette église a une particularité que l'on ne retrouve nulle part ailleurs : c’est une rotonde construite sur un plan heptagonal centré et régulier.











Rieux_Minervois_33Les murs collatéraux sont ornés d'arcs retombant sur 14 colonnes engagées à chapiteaux. La voûte est en quart de cercle sans doubleaux. La coupole centrale est à 7 pans. Le sanctuaire est délimité par 4 piliers et 3 colonnes. Il s'ouvre sur le déambulatoire par de grandes arcades bouclées, soutenues par des colonnes engagées dans les angles du mur d'enveloppe.









Le porche

Rieux_Minervois_18Le porche de l'église, fortement remanié, se trouvait primitivement dans la chapelle de l'orgue, où l'on peut voir encore quatre colonnes et les deux pieds droits qui supportaient l'archivolte en plein cintre, décorée de moulures toriques unies et tordues, bordées de perles.









Rieux_Minervois_30C'est d'ailleurs dans cette chapelle que se retrouve la statue de saint Jacques, ainsi qu'un chérubin ?
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Rieux_Minervois_3Les montants de cet ancien portail du XIIIème siècle, richements sculptés, sont actuellement placés au nouveau porche.
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Le clocher

Rieux_Minervois_2Le clocher heptagonal surplombe la coupole centrale. Il est formé d'une tour massive à 2 étages : le premier est percé en baies romanes simples ou géminées, le second, beaucoup plus bas, de petites baies gothiques ou sans époque déterminée. Il est d'une construction différente du reste et semble avoir subi des remaniements assez importants.

16 septembre 2009

Rieux-Minervois, le nombre sept

Rieux_Minervois_26Comme nous l'avons vu sur le plan, le nombre 7 et ses multiples reviennent souvent. Ils sont même omniprésents et dirigent tout l'édifice : 7 côtés, 7piliers, 7 arcades, 14 colonnes, 14 pieds du chœur, 28 pieds du rayon, 54 pieds de diamètre...










Rieux_Minervois_32Associant le nombre quatre (les 4 piliers), qui symbolise la terre avec ses quatre point cardinaux et le nombre trois (les 3 colonnes) qui symbolise le ciel, sept représente la totalité de l’univers en mouvement. Il symbolise aussi l’achèvement du monde et la plénitude des temps : selon saint Augustin, il mesure le temps de l’histoire, le temps du pèlerinage terrestre de l’homme.







Rieux_Minervois_12Il symbolise un cycle complet, une perfection dynamique. Chaque période lunaire dure sept jours et les quatre périodes du cycle lunaire et de la Femme (7 x 4) ferment le cycle. Philon d’Alexandrie observe à ce propos que la somme des sept premiers nombres (1 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6 + 7) arrive au même total : 28. Sept indique le sens d’un changement après un cycle accompli et d’un renouvellement positif. Il était chez les Egyptiens symbole de vie éternelle.






Rieux_Minervois_27Dans les contes et légendes ce nombre exprimerait les sept états de la matière, les sept degrés de la conscience, les sept étapes de l’évolution :

1 – conscience du corps physique : désirs apaisés de façon élémentaire et brutale ;
2 – conscience de l’émotion : les pulsions se compliquent de sentiment et d’imagination ;
3 – conscience de l’intelligence : le sujet classe, ordonne, raisonne ;
4 – conscience de l’intuition : les relations avec l’inconscient se perçoivent ;
5 – conscience de la spiritualité : détachement de la vie matérielle ;
6 – conscience de la volonté : qui fait pousser le savoir dans l’action ;
7 – conscience de la vie : qui dirige toute activité vers la vie éternelle et le salut.

Rieux_Minervois_53Tout ceci est renforcé par le fait que sept est un nombre premier, et donc indivisible autrement que par lui-même. De plus, c'est le premier polygone régulier non constructible avec la règle et le compas à partir d'un cercle. L'architecte de Rieux savait travailler...

On prête à Hippocrate cette sentence : « Le nombre sept, par ses vertus cachées, maintient dans l’être toutes choses ; il dispense vie et mouvement : il influence jusqu’aux êtres célestes ».

16 septembre 2009

Sainte-Marie de Rieux-Minervois, les chapiteaux

Les chapiteaux de l'ancien portail

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Rieux_Minervois_55Les sonneurs de trompes : trois personnages, à mi chemin entre l'homme et la bête, gonflent leurs joues et conjuguent leurs efforts pour faire résonner leurs trompes. Les bras prolongent la tête en de  curieux appendices. Ce thème, rare,  est récurrent dans l'iconographie du Maître de Cabestany.









Rieux_Minervois_50Non loin, un lion luttant avec une vouivre... Les énergies s'affrontent.
















Rieux_Minervois_28bLa ronde des lions : la crinière déployée en volutes  et enroulés sur eux-mêmes, les lions s'agrippent à l'astragale : leurs griffes, aussi démesurées que les mains sculptées par le maître, forment une couronne autour du chapiteau, comme les trompes des sonneurs du chapiteau précédent.














Les autres chapiteaux

Le tRieux_Minervois_46hème des lions se retrouve sur l'un des chapiteaux de la nef-déambulatoire, attribués également au maître, ou du moins à son atelier. Ici, même les lions sont représentés les pieds se retournant vers le ciel.














Rieux_Minervois_43Sur les chapiteaux floraux sont représentées, à la place des traditionnelles feuilles d’acanthe, des feuilles de vigne.
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Rieux_Minervois_44Ceci peut-il être en rapport avec la symbolique du nombre 7, qui se veut univers en mouvement, cycle de vie et de mort : la vigne représente l’abondance de la vie et sa renaissance après le passage de la mort. Le vin, c’est la boisson des dieux…
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Rieux_Minervois_36Une fresque sur un des tailloirs des piliers cylindriques où l’on veut voir la représentation de Daniel dans la fosse aux lions rappelle par bien des aspects le style Assyro–Babylonien.














Rieux_Minervois_34Daniel deviens alors le héros Gilgamesh qui, s’appuyant de ses mains sur les têtes des lions, transcende les forces sauvages de la Nature et se métamorphose en demi dieu solaire.











Rieux_Minervois_54Nous retrouvons aussi le symbole des énergies cosmo-telluriques... Un beau dragon ailé.

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16 septembre 2009

Sainte-Marie de Rieux-Minervois, la Vierge et le maître de Cabestany

Rieux_Minervois_11Sur le chapiteau qui correspondrait au sommet de l’heptagone déterminant l’axe de symétrie du plan du monument, se trouve une représentation de l’assomption de la Vierge, son élévation dans les cieux, emportée par un cortège d’anges.























Rieux_Minervois_15Le visage est inscrit dans un dièdre, le front est bas et les mains démesurément longilignes, signature du maître de cabestany. Cependant, les yeux, moins obliques, ne sont pas marqués par des coups de trépan. Le regard semble donc vide, ou bien a-t-elle les yeux fermés, dans une intériorisation qu’elle cherche à nous faire ressentir.














Rieux_Minervois_16Les anges qui saillent en ronde-bosse par contre sont très représentatifs : les visages s'inscrivent dans un dièdre, les fronts sont bas, les oreilles haut placées, et l'amande oblique des yeux est dégagée par le trépan. Le large déploiement des ailes occupe et dynamise tout l'espace.

La mère du Christ est ici représentée intégrée dans un cartouche ovale communément appelé "mandorle".

Cet article lui est consacré.











Rieux_Minervois_13Dans un premier temps, la mandorle est le symbole du sexe féminin, de l’œuf cosmique, de la matrice, de la re-naissance, des mystères de la naissance, de l’univers dans sa création perpétuelle. Elle exprime une idée de porte, de passage d’un monde à l’autre.















thuret_marsat_riom_021_editedLe mot mandorle vient de l’italien "mandorla", qui signifie "amande". Dans cet autre cas, elle est le symbole de la connaissance cachée, comme l’amande dans sa coque protectrice. Elle peut aussi, dans sa forme de losange dont les bords sont arrondis, représenter l’union du Ciel et de la Terre, des mondes inférieurs et supérieurs.














Gargas_6La Vierge, la déesse mère représentée dans la mandorle (ses pieds touchent l’ovale), signifierait qu’elle est la mère dans la mère. Rieux étant situé au bord de la rivière Argent-Double (Argentodubrum), la déesse primordiale ayant l’argent comme métal représentatif, on se retrouverait bien avec l’argent double. De plus, ces mandorles font penser aux représentations néolithiques de la déesse, comme dans la grotte de Gargas





Rieux_Minervois_48Sculpture et architecture sont ici en parfaite cohésion : aussi a-t-on émis l'hypothèse  que l'église a pu être conçue dans sa totalité par le maître de Cabestany, qui se révèlerait ainsi non seulement sculpteur mais aussi architecte. Cet homme avait vraiment du génie, lui qui a fait l’exploit de tracer le plan d’un heptagone régulier, et d’avoir posé autant de symboles dans cette église. Nous nous retrouvons vraiment en un lieu où souffle l’esprit, où nous pouvons nous élever, passer d’un état à un autre.

9 septembre 2009

L'abbatiale de Cruas, historique

Cruas_1L'abbatiale fut construite au débouché du ravin du ruisseau de Crûle, au-dessus du lit majeur du Rhône. Le site fut occupé au moins depuis la fin du Ier siècle. 
















Cruas_41Sous l'actuelle église abbatiale ont été retrouvés les vestiges d'une villa gallo-romaine, installée sur l'itinéraire de Lyon-Vienne à Nîmes, l'ancienne voie romaine "d'Antonin-le-Pieux", aujourd'hui la N86.











Cruas_30Cette villa fut alors détruite par un incendie.

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Cruas_4A partir de la fin du Vème siècle, le site fut consacré à la religion avec la construction du premier édifice paléochrétien, à nef unique terminée à l'est par une vaste abside, qui reprend en partie les murs de la villa. Il s'agit d'une fondation d'origine privée au sein d'un grand domaine appartenant à l'évêque de Viviers, Ardulphe.








Cruas_20Dès lors, plusieurs édifices vont se succéder à commencer par l'abbaye fondée en 804 par les moines bénédictins, à l'initiative d'Eribert, comte du Vivarais, qui sera détruite peu de temps après par une crue de la Crûle. Il reste de cette période les vestiges du clocher porche carolingien, présentés à côté de ceux de la villa.














Cruas_8D'autres édifices seront élevés avant la construction de l'église romane actuelle : en 970, l'archevêque d'Arles vint consacrer une chapelle, sous l'invocation de Saint-Michel, que venait de faire construire une dame Gotolinde.










Cruas_19L'église actuelle, consacrée en 1095 par le pape Urbain II, comportait à l'origine trois nefs, longues de quatre travées, voûtées en berceau, un vaste transept avec coupole sur trompes à la croisée et trois absides semi-circulaires, le sol du chœur et du transept dominant de plus de trois mètres celui des nefs et recouvrant une vaste crypte transversale s'étendant sous l'ensemble du chevet et du transept dont elle épousait le plan. Cette crypte abritait les reliques de saint Torquat et de saint Josserand que les fidèles pouvaient venir vénérer sans troubler l'office des moines siégeant au dessus, dans le chœur. Une deuxième crypte fut placée sous la travée principale.


Cruas_13Au XIIème siècle, l'église, devenue trop petite, fut augmentée d'une cinquième travée plus longue que les autres, mais la déclivité du terrain à l'ouest contraignit d'édifier au revers de la façade un escalier permettant de descendre dans l'église : le portail d'entrée se trouve ainsi à peu près au niveau du chœur surélevé. Le monastère prit une grande dimension, se trouvant à la tète d'une quarantaine de prieurés répartis sur quelque huit diocèses.






Cruas_5Dès le XIIème siècle, les débordements du Crûle (Crula Vallis = Cruas) causèrent de graves soucis aux moines, ruinant les bâtiments abbatiaux tandis que des torrents de boue et de graviers envahirent régulièrement l'église.
























Cruas_11À la fin du XVIème siècle, les troubles de la guerre civile les incitèrent à se retirer en 1580 au château abbatial sur la colline : le cloître et les bâtiments conventuels sont ruinés, l'abbatiale saccagée.










Cruas_18À leur retour en 1628 dans le monastère dévasté, ils renoncèrent à déblayer en totalité les nefs qu'ils assainirent tant bien que mal en comblant par des apports de chaux et de décombres, si bien que dès la fin du XVIIIème siècle le sol est partout uniformisé au niveau de celui du sanctuaire. Il ne resta bientôt plus que six moines qui se fondent dans la population. En 1741 l'évêque de Viviers prit une ordonnance visant à la suppression du monastère. Prosper Mérimée fit classer l'abbatiale à l'inventaire des monuments historiques dès 1847.





Cruas_16La visite de l’église se fait par l’intermédiaire de l’office du tourisme, où vous trouverez une charmante personne connaissant les énergies fabuleuses qui se dégagent de l’édifice. Cathy, merci pour tout. L’abbatiale mérite qu’on l’aime autant que vous.

Explications de Cathy Panattoni, de l’office du tourisme de Cruas
http://www.terres-romanes.lu/cruas.htm
http://www.patrimoine-ardeche.com/visites/cruas.htm
http://www.cruas.com/
http://www.ot-cruas.fr/
http://www.medarus.org/Ardeche/07commun/07comTex/cruas.htm
http://ardecol-v2.inforoutes-ardeche.fr/eduetpatri/articles.php?lng=fr&pg=27

9 septembre 2009

L'abbatiale de Cruas, l’extérieur

Cruas_9Le portail en plein cintre devait être précédé d'un porche (achevé ou seulement projeté) dont on aperçoit les amorces des arcs latéraux. Il est établi sous une profonde arcade portée par deux colonnes jumelées avec des chapiteaux à feuilles lisses et recourbées. Ces derniers ont été restaurés au XIXème siècle, excepté deux d'entre eux très usés paraissant en marbre.







Cruas_10A l'étage, une archivolte à 6 lobes, murée dans sa partie basse au XVème siècle.

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Cruas_15L'angle sud-ouest contient des éléments de circulation qui mettaient l'édifice en communication avec d'autres parties : escalier en colimaçon vers les parties hautes de la travée occidentale, et porte latérale.










Cruas_24Dans les remplages gothiques de la fenêtre romane, la rosace, dominant le parvis, présente l’un des plus grands svastikas sacrés de France.











Cruas_21Du côté est, lui répond un grand triskel...













Cruas_22Le chevet est composé d’une abside et de deux absidioles semi-circulaires échelonnées s’ouvrant directement sur le transept bas et saillant. Elles sont ornées d’un décor classique du XIème siècle de bandes lombardes surmontées d’une frise en dents d’engrenage. On peut voir les fenêtres de la crypte sur l’étage inférieur, qui n’est pas vraiment délimité avec le niveau supérieur.











Cruas_2Adossé à l’absidiole sud, la petite chapelle funéraire gothique fut construite au XIVème siècle pour l'abbé Jean Le Merle de Rébé (1525-1542). Après avoir été démontée lors de travaux de dégagement, elle fut reconstruite en 2003 et sert de sacristie.










Cruas_3Un lanternon cylindrique à deux étages, ou tour lanterne, ajouré au niveau supérieur de quatre ouvertures géminées, repose sur la croisée du transept. L’ensemble est également orné de bandes lombardes et de cordons en dents d’engrenage.
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Cruas_17Ce décor se retrouve également sur les façades latérales de la nef. Les murs gouttereaux sont coiffés de modillons représentant des personnages et des animaux.











Cruas_5Le lanternon offre la particularité de combiner des structures rondes, octogonales et carrées, ce qui en fait une quadrature du cercle réussie.

























Cruas_14La travée occidentale est surmontée d’un clocher carré de taille imposante ajouré à l’étage supérieur de quatre baies géminées à colonnette centrale. Les ouvertures en plein cintre sont soulignées par un bandeau de billettes qui court sur les quatre faces du clocher.









Cruas_6Les murs gouttereaux des bas-côtés sont animés par une série d'arcatures aveugles, procédé traditionnel de soutien et de renforcement dans un édifice voûté.

9 septembre 2009

L'abbatiale de Cruas, l’intérieur

Cruas_plan_1terL'Église abbatiale, de plan cruciforme avec un transept saillant, se compose d’une nef et de deux collatéraux voûtés en berceau organisés en 5 travées, s'achevant à l'est par des absides cintrées.
Cruas_plan_2















Cruas_26Orientée est/ouest, l’abbatiale se compose d’une église basse, d’une église haute formée par le prolongement du chœur du sanctuaire par le truchement d’une tribune monastique et d’une crypte semi enterrée, typique de l'art lombard.























Cruas_25La travée supportant le clocher, plus grande, fut rajoutée au XIIème siècle, les autres datant du XIème. Elle abrite la chapelle haute, dédiée à Saint-Michel. Normal, la Vierge se trouve dans la crypte, son parèdre en hauteur.
















Cruas_103Cette chapelle, détruite pendant les guerres de religion, et qui devait être réservée aux personnages importants, fut reconstruite en 1987. Elle couvrait la travée occidentale et s'ouvrait largement sur la nef. Elle apparaît comme une survivance du massif occidental et des clochers porches carolingiens et ottoniens.














Cruas_29Cette partie de l’édifice possède les seuls chapiteaux à avoir été faits par des sculpteurs professionnels et à présenter un décor adapté du chapiteau corinthien antique.
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Cruas_31Ils sont en calcaire gris de Beaucaire, matériau différent du reste des chapiteaux, preuve que ce sont des œuvres d'atelier qui n'ont pas était faites sur place. Ce sont des adaptations du chapiteau corinthien antique.










Cruas_34Sur la plate-forme à droite de l’entrée se trouve le gisant d’Adhémar VI de Poitiers-Valentinois, bienfaiteur de l’abbaye. Ce tombeau gothique date du XIVème siècle. Il est surmonté d’une fresque.
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Cruas_38L’élévation de la nef est à trois étages. Les hautes arcades qui séparent la nef des collatéraux sont surmontées d’un étage aveugle. Le niveau supérieur à claires-voies apporte un éclairage direct à la nef. Les ouvertures sont situées du côté sud alors que le côté nord est fermé.









Cruas_37La nef est couronnée d’une voûte en plein cintre avec doubleaux. Les bas-côtés sont couverts d’une voûte d’arêtes.

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Cruas_92Dans l’église haute, la croisée des transepts est surmontée d’une coupole sur trompes, sur laquelle vient se poser la tour lanterne. Les coquilles Saint-Jacques fut peinte en trompe-l’œil au XVIIIème siècle.
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Cruas_107La table d’autel date du XIème siècle. Elle fut découverte en 1983 dans l’un des sols de la nef centrale où elle avait été enterrée, sans doute pendant les guerres de religion. Taillée dans une tranche de marbre gris d’origine antique, elle mesure 2m16 de long sur 0,86 de large et 12 cm d’épaisseur.






















Cruas_100C’est une table en « évier » légèrement creusée, posée sur des piles en matériau plastique englobant les vestiges des piles d’origine. Cette méthode a l’avantage de laisser bien lisible les parties anciennes. Je trouve ça très beau.
Les piles venaient s'ancrer dans le socle de pierre qui est encastré dans la mosaïque.













Cruas_101Le bras nord du transept abrite une peinture murale du XIVème siècle, peinte sur la pierre sans enduit préalable. Elle représente un saint évêque, peut-être saint Victor bénissant, réalisé par des artistes dans la mouvance de l'atelier siennois de Simone Martini alors en Avignon.









Cruas_85L’abbatiale a conservé des restes de  fresques du XIVème, non restaurées mais stabilisées. Celle du mur nord représente la trinité, avec Dieu le père présentant le Christ devant lui, une colombe symbolisant l’esprit. A gauche, un ange thuriféraire, et à droite, saint Michel en armure du XVème, pesant les âmes… on devine la correspondance avec Thôt ou Anubis.








Cruas_106Celle du mur sud présente deux moines agenouillés derrière un immense archer qui envoie des flèches en direction de saint Sébastien dont il ne reste que quelques traces.

9 septembre 2009

L'abbatiale de Cruas, la mosaïque

Cruas_98Sur les deux pavements de mosaïques décrits au XVIIIème siècle par les religieux de Saint-Maur lors de leur passage à Cruas, seule celle de l'abside centrale nous est parvenue, l’autre ayant été détruite lors de la mise en place, au XVIIIème siècle du nouveau maître-autel.









Cruas_97Datant du premier quart du XIIème siècle, elle représente le prophète Elie et le patriarche Hénoch sous la main de Dieu, les deux seuls personnages enlevés vivants au ciel dans l’ancien testament. Encadré par les deux personnages, une représentation du jardin d’Eden sur un panneau central, avec l’arbre de vie, lignum, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal, ficus (le figuier).













Cruas_96En dessous des arbres sont représentés les 4 monts, mais aussi les 4 bras du fleuve du Paradis qui semblent irriguer l’ancien emplacement de l’ancien maître-autel, qui se trouve actuellement dans la crypte. On voit encore, sur la dalle, les trous ayant servi à le fixer.
Les quatre bras du fleuve du Paradis irriguent l’univers et donnent naissance à la Création. On est face à une vision chrétienne du monde, une géographie du sacré avec l’eau qui marque les limites de l’univers. Les 4 bras du fleuve, courants cosmiques nécessaires à la création ?




Genèse : chapitre II.9/14 : "Dieu planta un jardin en Éden, à l'orient, et il y mit l'homme qu'il avait modelé. Dieu fit pousser du sol tout espèce d'arbres séduisants à voir et à manger, et l'arbre de vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Un fleuve sortait de l'Éden pour arroser le jardin et de là il se divisait pour former quatre bras. Le premier s'appelle le Pishôn : il contourne le pays d'Havila, où il y a de l'or ; l'or de ce pays est pur et là se trouve le bdellium et la pierre cornaline.  Le deuxième fleuve s'appelle le Gihôn : il contourne le pays de Kush.  Le troisième fleuve s'appelle Hiddékel : il coule à l'orient d'Assur. Le quatrième fleuve est le Phrat."

Certains ont vu dans les fleuves le Gange, le Nil, le Tigre et l’Euphrate. Les plus anciennes civilisations ?

L'inscription qui borde la mosaïque porte la date de 1097. L’autel, d'après des descriptions anciennes, aurait été consacré en 1095 (date qui était portée sur la mosaïque perdue de la croisée du transept) par le pape Urbain II à son retour de Clermont-Ferrand où il avait prêché la première croisade. La mosaïque commémore son passage.

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