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lieux sacrés

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18 septembre 2010

Symbolique du crocodile

nephthys_1Nous retrouvons dans l’Egypte ancienne le dieu Seth, représenté parfois par un crocodile. Seth, avec  Nephtys, forme un couple, antithèse d’Isis et Osiris. Ce n’est pas l’évocation d’une représentation tranchée du mal et du bien, ces deux aspects de la réalité sont complémentaires et n’existent que l’un par rapport à l’autre.

 

 

 

 

 

 

 

 

seth_apopisDans un monde où règne l’ordre de Maât, Seth constitue la face sombre du pouvoir tout en restant nécessaire à une certaine forme d’équilibre. Seth est même indispensable à l’équilibre du monde, puisque placé à la proue de la barque de Rê, il envoie, d'un coup de pique, le serpent monstrueux Apophis, représentant du Chaos, aux confins du monde.

 

 

 

 

Saint_Bertrand_Horus_3Seth est aussi connu pour son combat contre Horus. Au musée du Louvre se trouve une stèle où l’on voit Horus enfant foulant aux pieds le crocodile. Ce genre de stèle était érigé dans tous les sanctuaires d'Egypte, et avait pour fonction de soigner les fidèles victimes d'attaques d'animaux sauvages. Elles étaient la plupart du temps gravées, au dos, ou sur le socle, de formules magiques. Bertrand, digne représentant d’Horus, Horus, ancêtre de saint Michel…

 

 

 

 

 

 

Saint_Bertrand_Horus_1Au musée du Louvre encore se trouve un bas-relief en grès du IVe siècle, faisant partie des antiquités égyptiennes chrétiennes. Pas la peine de commenter, n’est-ce pas ?

 

 

 

 

 

 

 

 

oeil_de_crocodile_1Le crocodile, souvent titré cosmophore ou porteur du monde, prend la symbolique du dragon de par sa ressemblance aux monstres préhistoriques. À ce titre, il est le maître des mystères de la mort et de la renaissance, le grand initiateur, le symbole des connaissances occultes…

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15 septembre 2010

Notre-Dame, historique

Dijon_Notre_Dame_10Au IX ème siècle existait déjà une chapelle, située hors les murs du castrum, dédiée à la Vierge. Elle est alors dépendance de la paroisse Saint-Jacques de Trimolois (ancien village au sud de Dijon, mentionné dès 801). 















Dijon_Notre_Dame_14Appelée « Sancta-Maria de Foro », Notre-Dame du Marché ou de l'Apport, elle est située dans le quartier du marché de la ville, comme son nom l’indique. Reconstruite en 1150 en style roman, elle est mentionnée en 1156 dans une bulle du pape Adrien IV qui l’accorde à l’abbaye Saint-Étienne de Dijon.









Dijon_Notre_Dame_de_Bon_Espoir_3A cette époque, la statue de Notre-Dame de l’Apport est déjà déposée dans la chapelle. Elle devint église paroissiale en 1178 et dès 1183 elle joua un rôle particulier : le maire nouvellement élu vient y prêter serment, les chartes sont déposées dans la tour nord, le clocher abrite le guetteur de la ville qui signale, en frappant sur les cloches, l'ouverture et la fermeture des portes de la cité, l'arrivée d'ennemis, les incendies.
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Dijon_Notre_Dame_1Vers 1220 fut décidée la construction d’une nouvelle église gothique, de pur style bourguignon, financée par la commune et les paroissiens. Commencée en 1230, elle fut achevée en 1250, et consacrée le 8 mai 1334 par Hugues, évêque de Thabarie, en présence de l'abbé de Saint-Étienne. L'espace exigu encore disponible dans un quartier populaire alors en pleine expansion, nécessita de véritables prouesses de construction.
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Dijon_Notre_Dame_44Faute de pouvoir déployer les arcs boutants, il fallut en diminuer la portée et trouver des solutions : arcs-boutants en porte-à-faux, mur de façade décollé de la paroi et faisant office d'arc-boutant, voûtes quadripartites et sexpartites reportant la charge de la toiture sur des piliers et non sur les murs... Les deux tours qui devaient surmonter la façade occidentale ne furent cependant pas construites.







Dijon_Notre_Dame_33Petit intermède : en 1240, un usurier fut tué en prenant l’une des gargouilles de la façade sur la tête alors qu'il allait se marier.

















Dijon_Notre_Dame_30La gargouille représentait… un usurier. Il n’y a pas de hasard. Suite à ce bête accident, les confrères obtinrent que toutes les gargouilles de la façade soient déposées. Elles ne furent remplacées qu’en 1880.
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Dijon_Notre_Dame_de_Bon_Espoir_4Lors du siège et du bombardement de Dijon par les Suisses, en 1513, la statue de la Vierge fut portée en procession : deux jours plus tard, les Suisses acceptèrent de discuter et levèrent le siège. Chance. La statue prit alors le titre de Notre-Dame d’Espoir. Le pouvoir de la prière…















Dijon_Notre_Dame_5Pendant la révolution, en 1794, le décor sculpté des portails fut totalement détruit, l'intérieur fut ravagé. La statue de la Vierge fut endommagée et enlevée de l'église. L'édifice, déclaré bien national, servit de dépôt de marchandises. En 1799, le culte constitutionnel partagea l'utilisation de l'église avec les Théophilanthropes. Puis en 1803, un curé concordaire fut nommé, et la Vierge, conservée par une pieuse femme dijonnaise, reprit sa place.












Dijon_Notre_Dame_29En 1865, une campagne de restauration fut entreprise. La flèche et le deuxième étage de la tour de croisée furent remplacés par la tour-lanterne actuelle. La façade fut modifiée : des éléments sculptés furent déposés et remplacés par des copies à l'identique.
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Dijon_Notre_Dame_13http://architecture.relig.free.fr/dijon_dame.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame_de_Dijon
http://www.notre-dame-dijon.net/
http://dijoon.free.fr/visite/eglise-nodame.htm
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15 septembre 2010

Notre-Dame, l’extérieur

Dijon_Notre_Dame_7La construction est sobre. Le chevet simple, soutenu par des contreforts, est percé d'oculi entre les fenêtres basses et hautes.
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Dijon_Notre_Dame_1La croisée des transepts est surmontée d’une tour-lanterne du XIX ème siècle, ajourée sur chaque face de deux grandes baies, encadrée de quatre tourelles d'escalier et surmontée d'une flèche d'ardoise à quatre pans.
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Dijon_Notre_Dame_22La façade occidentale, par contre, se distingue du reste du bâtiment. De registre plat, elle compte trois étages : le premier comporte trois grandes arcades, formant l'entrée d'un porche.
















Dijon_Notre_Dame_31Au-dessus, deux galeries d'arcatures superposées, reposant chacune sur dix-sept colonnettes couronnées d'un chapiteau, et soulignées par trois bandeaux ornés de 51 gargouilles alternant avec des métopes à décors végétaux.















Dijon_Notre_Dame_33On se rappelle l’intermède des gargouilles, déposées au XIII ème, remplacées en 1880. Puis vient une galerie de circulation caractéristique de l'architecture gothique bourguignonne.











Dijon_Notre_Dame_3Quelques sculptures authentiques restent sur les faces latérales.
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Dijon_Notre_Dame_40D'autres sont conservées au musée archéologique, comme la tête de Moïse
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Dijon_Notre_Dame_39ou celle d'un prophète,
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Dijon_Notre_Dame_36ou comme ces quelques sommiers d'arcatures du XIII ème siècle.
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Dijon_Notre_Dame_23Les voûtes du porche sont soutenues par deux rangs de piliers.
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Dijon_Notre_Dame_34Entre les voussures apparaît un acrobate, les jambes levées au ciel. Début du retournement. Pour cela, ne faut-il pas comprendre la double nature de l’homme ?











Dijon_Notre_Dame_35aC’est ce que semble nous indiquer la sculpture suivante, où semblent se montrer des jumeaux. L’un des personnages rit, et l’autre fait la gueule. L’un a des frisettes en forme de corne, les cheveux de l’autre encadrent bien son visage.
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Dijon_Notre_Dame_25Ce porche précède les trois portails de l'église, dont les voussures, le tympan et les ébrasements étaient ornés de statues et de sculptures, détruites en janvier 1974.











Dijon_Notre_Dame_19Deux tours carrées devaient initialement s’élever au dessus de la façade, qui ne furent jamais réalisées : il n’en existe que les amorces.
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Dijon_Notre_Dame_9Pour les passionnés, un livre entier (Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle) sur sa construction ici.

15 septembre 2010

Notre-Dame de Dijon, l’intérieur

Dijon_Notre_Dame_43Les dimensions sont modestes : 46,70 mètres de longueur, 17,20 de largeur et 18,50 de hauteur. Orientée est/ouest, son plan est en forme de croix latine. La nef, couverte de voûtes sexpartites, est encadrée de collatéraux aux voûtes quadripartites.























Dijon_Notre_Dame_44Le chevet dispose d'une élévation sur quatre niveaux, la nef en a trois seulement : six grandes arcades, soutenues par des colonnes cylindriques, puis un triforium dont la couverture de dalles constitue une galerie de circulation devant les fenêtres hautes.









Dijon_Notre_Dame_59Le chœur possède une abside à cinq pans et quatre étages : un soubassement orné d'arcades tréflées aveugles, puis un niveau de fenêtres en lancettes, puis un triforium, percé au XVII ème siècle de sept grands oculi, et un dernier niveau de fenêtres hautes.
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Dijon_Notre_Dame_48Les pignons du transept présentent un soubassement plein, puis cinq fenêtres en lancettes, au-dessus desquelles s'ouvre une rose.
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Dijon_Notre_Dame_58La croisée forme maintenant une lanterne carrée, ajourée de huit grandes fenêtres.

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Dijon_Notre_Dame_46L'église Notre-Dame fut dotée dès le XIII ème siècle de vitraux. Il n'en reste que cinq, dans les lancettes du bras nord du transept.








Dijon_Notre_Dame_50Réalisés vers 1235, les deux premiers représentent des scènes de la vie de saint Pierre, et les trois suivants, de saint André.










Dijon_Notre_Dame_45En 1874, le peintre verrier parisien Édouard Didron réalisa de nouveaux vitraux inspirés des cinq d'origine, dont les deux roses des pignons nord et sud des bras du transept, mesurant 6 m de diamètre.












Dijon_Notre_Dame_51La fresque du calvaire, datant du dernier tiers du XV ème siècle, est attribuée sans certitude, à un peintre de l'entourage de Rogier Van der Weyden. A l'origine, une sculpture polychrome amovible du Christ en croix ornait son centre et une porte, probablement peinte, fermait sans doute le passage de droite.
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Dijon_Notre_Dame_54Au revers du trumeau du portail central est sculptée une tête de "diable", percée aux commissures des lèvres de deux trous, qui servaient de gâche aux anciens verrous des deux vantaux de la porte. Devons nous enchainer notre partie animale avant de pénétrer dans le sanctuaire ?
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Dijon_Notre_Dame_57aUn premier orgue existait sur la tribune dès le XVI ème siècle. Jean-Philippe Rameau (1683-1764) joua sur cet instrument de 1709 à 1713. En 1874, la restauration de la tribune nécessita le démontage de l'orgue. Un nouvel instrument fut construit en 1893 et inauguré en 1895. Sa partie mécanique et sonore, réalisée par le facteur dijonnais d'origine belge Jean-Baptiste Ghys, est installée dans un buffet néogothique.







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15 septembre 2010

La vierge noire de Dijon

Dijon_Notre_Dame_de_Bon_Espoir_4Une statue existait déjà dans le premier sanctuaire, Notre-Dame de l'Apport. On se souvient de l’emplacement de la chapelle, au milieu du quartier populaire où se trouvait le marché, centre économique de Dijon. Au XIII ème siècle, elle fut transférée dans la nouvelle église gothique, dans une chapelle du transept.























Dijon_Notre_Dame_de_Bon_Espoir_2Elle devint Notre-Dame de l'Espoir après l’épisode de Régnier Pot, prisonnier des Turcs au cours de la bataille de Nicopolis en 1396 : confronté à un lion dans un cirque, il aurait terrassé la bête après avoir invoqué Notre Dame de l'Apport. Dans le dernier tiers du XIV ème et au début du XV ème siècle, les ducs de Valois lui firent régulièrement des offrandes en cire et en argent. Le nom de Notre-Dame de Bon Espoir s’installa après la levée du siège de la ville par les Suisses en 1513.












Dijon_Notre_Dame_de_Bon_Espoir_7En février 1794, sous la Terreur, des révolutionnaires envahirent l'église et renversèrent la statue de la Vierge. L'enfant disparut alors. Un Dijonnais se l'appropria. Peu après, une sacristine de l'église, Marthe Lamy, lui racheta la statue et la mit à l'abri chez elle. En septembre 1803, Pierre-Bernard Ranfer de Bretenières, maire de Dijon, vint en procession chez Marthe Lamy la chercher pour la replacer dans l'église.













Dijon_Notre_Dame_de_Bon_Espoir_3Le nom de Notre-Dame de Bon Espoir fut confirmé en 1832 et 1854, quand Dijon fut préservée des épidémies de choléra, puis de la guerre de 1870, et enfin lors de la libération en 1944, quand les allemands abandonnèrent la ville sans y faire de dégâts.















Dijon_Notre_Dame_de_Bon_Espoir_6Les nombreux ex-voto ornant les murs des bras du transept témoignèrent de la dévotion à la Notre Dame. Elle est invoquée pour les biens de la terre, les épidémies, la sécheresse, pour des grâces particulières et des vœux, la libération des prisonniers, la paix.















Dijon_Notre_Dame_de_Bon_Espoir_1Bien que recouvrant les caractéristiques du XI ème siècle, la statue de la Vierge n’est mentionnée pour la première fois qu’en 1387, dans le testament de Jean le Barbon. Il s’agit d’une Vierge assise du type « Sedes Sapientiae », en bois, comparable aux Vierges auvergnates.















Dijon_Notre_Dame_de_Bon_Espoir_5Elle représentait à l'origine la Vierge assise sur une cathèdre (disparue), couronnée, tenant sur ses genoux l'enfant également couronné. La polychromie romane lui offrait une tunique blanche, un bliaud vert foncé et un voile blanc couvrant la tête et retombant sur les épaules. Son visage était peint d'une couleur claire. Je parie que ses mains étaient démesurément longues et que l’enfant portait une tunique rouge. Ce n’est qu’au XVI ème siècle que le visage de la statue fut peint en noir.
En 1945, une restauration  retira cette couche de peinture, révélant la polychromie d'origine, mais une légère teinte noire fut appliquée sur le visage seul, pour ne pas rompre avec la tradition. En 1963, elle fut définitivement enlevée. Elle n’en reste pas moins l’une des représentations les plus émouvantes de ce que l’on appelle les vierges noires, n’en déplaise à certains.





Émouvante aussi puisqu’elle est la seule vierge noire sexuée. En effet, avec ses seins lourds et son ventre rebondi, c’est une véritable vierge mère, une mère nourricière, la Mater symbole de fécondité.

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15 septembre 2010

La vierge noire de Dijon

Dijon_Notre_Dame_de_Bon_Espoir_4Une statue existait déjà dans le premier sanctuaire, Notre-Dame de l'Apport. On se souvient de l’emplacement de la chapelle, au milieu du quartier populaire où se trouvait le marché, centre économique de Dijon. Au XIII ème siècle, elle fut transférée dans la nouvelle église gothique, dans une chapelle du transept.























Dijon_Notre_Dame_de_Bon_Espoir_2Elle devint Notre-Dame de l'Espoir après l’épisode de Régnier Pot, prisonnier des Turcs au cours de la bataille de Nicopolis en 1396 : confronté à un lion dans un cirque, il aurait terrassé la bête après avoir invoqué Notre Dame de l'Apport. Dans le dernier tiers du XIV ème et au début du XV ème siècle, les ducs de Valois lui firent régulièrement des offrandes en cire et en argent. Le nom de Notre-Dame de Bon Espoir s’installa après la levée du siège de la ville par les Suisses en 1513.












Dijon_Notre_Dame_de_Bon_Espoir_7En février 1794, sous la Terreur, des révolutionnaires envahirent l'église et renversèrent la statue de la Vierge. L'enfant disparut alors. Un Dijonnais se l'appropria. Peu après, une sacristine de l'église, Marthe Lamy, lui racheta la statue et la mit à l'abri chez elle. En septembre 1803, Pierre-Bernard Ranfer de Bretenières, maire de Dijon, vint en procession chez Marthe Lamy la chercher pour la replacer dans l'église.













Dijon_Notre_Dame_de_Bon_Espoir_3Le nom de Notre-Dame de Bon Espoir fut confirmé en 1832 et 1854, quand Dijon fut préservée des épidémies de choléra, puis de la guerre de 1870, et enfin lors de la libération en 1944, quand les allemands abandonnèrent la ville sans y faire de dégâts.















Dijon_Notre_Dame_de_Bon_Espoir_6Les nombreux ex-voto ornant les murs des bras du transept témoignèrent de la dévotion à la Notre Dame. Elle est invoquée pour les biens de la terre, les épidémies, la sécheresse, pour des grâces particulières et des vœux, la libération des prisonniers, la paix.















Dijon_Notre_Dame_de_Bon_Espoir_1Bien que recouvrant les caractéristiques du XI ème siècle, la statue de la Vierge n’est mentionnée pour la première fois qu’en 1387, dans le testament de Jean le Barbon. Il s’agit d’une Vierge assise du type « Sedes Sapientiae », en bois, comparable aux Vierges auvergnates.















Dijon_Notre_Dame_de_Bon_Espoir_5Elle représentait à l'origine la Vierge assise sur une cathèdre (disparue), couronnée, tenant sur ses genoux l'enfant également couronné. La polychromie romane lui offrait une tunique blanche, un bliaud vert foncé et un voile blanc couvrant la tête et retombant sur les épaules. Son visage était peint d'une couleur claire. Je parie que ses mains étaient démesurément longues et que l’enfant portait une tunique rouge. Ce n’est qu’au XVI ème siècle que le visage de la statue fut peint en noir.
En 1945, une restauration  retira cette couche de peinture, révélant la polychromie d'origine, mais une légère teinte noire fut appliquée sur le visage seul, pour ne pas rompre avec la tradition. En 1963, elle fut définitivement enlevée. Elle n’en reste pas moins l’une des représentations les plus émouvantes de ce que l’on appelle les vierges noires, n’en déplaise à certains.





Émouvante aussi puisqu’elle est la seule vierge noire sexuée. En effet, avec ses seins lourds et son ventre rebondi, c’est une véritable vierge mère, une mère nourricière, la Mater symbole de fécondité.

15 septembre 2010

La chouette de Dijon

Dijon_Notre_Dame_15À l'angle d'un contrefort d'une chapelle du XV ème siècle est sculptée une chouette. Elle est très usée, et a même été vandalisée en 2001. Restaurée, tant les passants, suivant la tradition, la touchent de la main gauche afin de réaliser leurs vœux. Elle est la confirmation païenne que l’endroit prête aux miracles, qu’ils soient dus à la vierge noire ou à la chouette.





















Dijon_Notre_Dame_18Et si l’on regarde un peu plus loin… un petit dragon nous apporte lui aussi toute la valeur de son symbolisme.












Dijon_Notre_Dame_16La chouette… Oiseau nocturne en relation avec la lune, elle ne peut supporter la lumière du soleil et s'oppose ainsi à l'aigle qui la reçoit les yeux ouverts. Guénon a noté que l'on pouvait voir là le symbole de la connaissance rationnelle (perception de la lumière par reflet : lunaire) s'opposant à la connaissance intuitive (perception directe de la lumière : solaire). C'est peut-être pour ça qu'elle est traditionnellement un attribut des devins : elle symbolise leur don de clairvoyance, mais à travers les signes qu'ils interprètent. (Chevalier-Gheerbrant)











Dijon_Notre_Dame_17La chouette représente la connaissance et la conscience demeurant dans la nuit. C'est également un symbole de vigilance nous accompagnant dans l'exploration de nos ténèbres. Dans ce sens, on comprend qu'elle puisse jouer un rôle identique dans la symbolique de la mort. (Thibaud)

Oiseau de nuit que la lumière du jour aveugle, elle est très souvent opposée à l'aigle qui peut regarder le soleil en face. Elle symbolise la sagesse, car elle peut voir dans l'obscurité ce que les autres ne peuvent percevoir. Elle devient ainsi la représentation de la connaissance et de la raison. (Bonvin)

Elle symbolise la connaissance, la vigilance et l'espérance dans l'Autre Monde. Elle représente la lumière de la conscience druidique. La chouette fait partie des anciens du Monde, pleins de sagesse et d'expérience dans le conte apocryphe gallois du même nom. On devrait donc la ranger parmi les animaux primordiaux. (L’arbre celtique)

Alors si le cœur vous en dit, allez vite rue de la Chouette. J’ai bien dit si le cœur…

14 septembre 2010

La cathédrale Saint-Bénigne de Dijon, historique

Dijon_Saint_B_nigne_19Saint Polycarpe de Smyrne, disciple de saint Jean, envoya saint Bénigne (Benignus : le bien bon) en Gaule au IIème siècle, avec saint Andoche, saint Pothin, saint Irénée, saint Andéol et saint Thyrse. Il fut reçu à Autun par saint Faust, père de saint Symphorien, et par sa sœur sainte Léonille de Langres (Ca fait beaucoup de saints tout ça. Ca manque un peu de nos jours…). Il évangélisa d’abord cette cité puis vint à Dijon où il subit le martyre vers l'an 179. Conservée au musée archéologique, une statuette de la fin du XVème siècle le représente portant les instruments de son martyre.











Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_31L’évêque de Langres, saint Grégoire, acceptant finalement les rumeurs de guérisons miraculeuses, autorisa le culte pratiqué sur l'emplacement de son tombeau, dans la nécropole gallo-romaine, en dehors et à l'ouest du castrum. Il fit dégager le sarcophage et aménager, vers 511, une petite chapelle voûtée, pour l’héberger. Il entreprit ensuite la construction d’une basilique, consacrée en 535.







Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_32La pierre où Bénigne avait eu les pieds scellés avec du plomb fut percée de petits creux. Les malades y versaient du vin ou de la bière dont ils se lavaient ensuite les yeux. Les guérisons furent innombrables et le culte du saint, déjà officiel, prit de l’extension. Les pèlerins affluèrent et le sanctuaire, devenu trop petit, il fut décidé la construction d’un oratoire plus à l’est.
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André Vauchez décrit le contexte de développement du culte de Bénigne :
« Grégoire de Tours raconte qu’en Gaule, au début du VIe siècle, l’évêque de Langres fit ouvrir un beau sarcophage antique où reposaient les restes d’un personnage inconnu envers lequel la population de Dijon manifestait une grande vénération. Le prélat décida qu’il s’agissait des reliques de saint Bénigne, martyr d’origine grecque dont on ne savait pas grand chose mais dont une Vie, rédigée quelques années plus tard, souligna opportunément qu’il avait joué un rôle important dans l’évangélisation de la Bourgogne. En dernière analyse, on a l’impression que ces « inventions » de reliques, qui furent fréquentes tout au long du Moyen Âge, ont souvent correspondu à des tentatives de la hiérarchie ecclésiastique visant à reprendre en main la dévotion populaire et à l’orienter vers des figures orthodoxes, sinon toujours authentiques. »

Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_8En 870, l’évêque de Langres Isaac décida de transformer la basilique en abbatiale et imposa la règle bénédictine aux religieux. Les travaux furent terminés en 877. En 989, l’évêque de Langres, Brunon de Roucy, fit appel à Cluny pour réformer l’abbaye et plaça à sa tête Guillaume de Volpiano, l'un des esprits les plus éclairés de son temps.







Dijon_Saint_B_nigne_2Le nouvel abbé lança les travaux de la troisième abbatiale dont la première pierre fut posée en 1001. Il fit en fait construire trois sanctuaires : une église souterraine, abri du tombeau de saint Bénigne, une église au niveau du sol pour le culte et une rotonde de trois étages au chevet des deux églises.























Dijon_Saint_B_nigne_18Ces trois constructions, terminées en 1026, couvraient une longueur de 100 m et une largeur de 25 m. L’étage inférieur de la rotonde est le seul vestige actuel de cet ensemble.












Dijon_Saint_B_nigne_20Cette abbatiale, une des plus vastes de la chrétienté, fut considérée alors comme l'un des plus beaux monuments de l'époque, sur la route de Langes à Compostelle.










Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_12En 1137, un terrible incendie ravagea Dijon et l'abbatiale subit des dégâts considérables. L'abbé Pierre de Genève décida de la reconstruire presque entièrement : seule la rotonde ayant été épargnée par les flammes, elle s'inséra dans un nouveau bâtiment de pur style roman.
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Dijon_Saint_B_nigne_Dortoir_1Mais le 14 février 1271, le haut clocher s'effondra en entraînant dans sa chute la majeure partie de l'abbatiale. La rotonde fut une nouvelle fois miraculeusement sauvegardée. L'abbé Hugues d'Arc lança en 1281 le chantier de l'actuelle église, en style gothique. Sa construction dura plus d'un siècle. Saint-Bénigne dominait alors un immense enclos abbatial. De cet ensemble, seuls subsistent un cellier voûté d'arêtes et le splendide dortoir à trois nefs voûtées de puissantes ogives.






Dijon_Saint_B_nigne_8Le monastère prospéra jusqu'à son passage sous le régime de la commende, au début du XVI ème siècle. Les bénédictins de l'ordre de Saint Maur relevèrent le monastère au XVII ème siècle. La Révolution vida l'église de ses richesses, même si elle en épargne les murs.









Dijon_Saint_B_nigne_29En 1792, l'évêque Volfius consacra l'abbatiale comme cathédrale, mais malgré cela, en 1794, on martela les statues et le tympan du portail roman qui fut remplacé sous l'Empire par celui de l'ancienne église Saint-Étienne. Les des deux étages supérieurs de la rotonde furent détruits et le sous-sol comblé. Tout au long du XIX ème, les bâtiments monastiques disparurent pour laisser place à de nouvelles constructions. En 1874, la cathédrale fut dotée d'une flèche de 93 mètres par l'architecte Charles Suisse.












Dijon_Saint_B_nigne_15http://dijoon.free.fr/pagespeciale.htm
Ouvrage édité par la paroisse Saint-Bénigne.
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13 septembre 2010

La cathédrale Saint-Bénigne de Dijon, la crypte

Dijon_Saint_B_nigne_6Au départ se trouvait l’ancien martyrium, une chapelle, l’église basse et la rotonde.


















Dijon_Saint_B_nigne_CrypteOn arrive dans la crypte par un escalier débouchant dans l’une des absidioles en cul-de-four de l’église inférieure.
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Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_5Dans le chœur de l’église basse, un hémicycle de 6 colonnes servant de déambulatoire abrite les restes du tombeau de saint Bénigne.











Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_4La base du sarcophage repose au fond d’une fosse rectangulaire encadrée de 4 colonnes rondes supportant une voûte en plein cintre.
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Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_7L’énergie qui émane de ce lieu est incroyablement forte. Est-ce dû à celui qui se trouvait dans ce tombeau, ou à l’emplacement choisi, ou bien encore à l’égrégore formé par les pèlerins depuis de si nombreuses années ? Sûrement à un peu des trois.














Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_planCe qui se passe dans la partie suivante n’est pas mal non plus : l’étage inférieur de l’ancienne rotonde. Les rotondes étaient destinées à protéger le corps d’un illustre personnage, et reprenaient l’architecture de monuments plus anciens, comme les Martyria (crypte où reposent les corps des saints) ou encore le Dôme du Rocher ou le Saint-Sépulcre (tombeau du Christ) fait au IV ème siècle à Jérusalem.




















Dijon_Saint_B_nigne_5Dès lors, nous sommes en lien direct avec un symbolisme subtil. La rotonde (17 m de diamètre et flanquée de deux tours au nord et au sud), construite entre 1001 et 1003 par Guillaume Volpiano, était formée de trois niveaux, respectivement dédiés à Jean-Baptiste, à la Vierge puis à la Trinité.









Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_21Elle était divisée en 3 cercles concentriques par des colonnes : 8 colonnes délimitaient le cercle ou réduit central, 16 le premier déambulatoire voûté d'un berceau, 24 le second déambulatoire couvert de voûtes d'arêtes.
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Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_25Le réduit ou lanternon ou opaïon central, dans les deux étages inférieurs, était à ciel ouvert et s'appelait le Trou Saint Bénigne. La partie supérieure était recouverte d'une coupole percée par une lunette centrale.










Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_22Deux des chapiteaux sculptés d’époque préromane représentent des orants (comme dans la crypte de l’église de Cruas). Tous n’ont pas été finis, peut-être par manque de temps, afin d’accélérer la construction des étages supérieurs.
Je sais pas vous, mais pour moi, il y a bien plus qu'un simple orant. Je trouve à ce chapiteau des airs de vulve...














Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_23Si l’ensemble avait été réalisé, les orants, répartis sur les deux rangs de colonnes se trouveraient au nombre de 24, évoquant les vieillards de l’apocalypse. On peut imaginer l’effet produit par ces 48 mains s’élevant en direction de l’ouverture du lanternon, passant par l’intermédiaire de la Vierge puis de la Trinité avant de rejoindre le ciel…








Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_3D’autres chapiteaux carolingiens présentent des entrelacs, des palmettes, des scènes animées.
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Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_11Les autres chapiteaux, romans, présentent eux aussi bien des mystères.
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Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_24Vers l’est s’ouvre un passage voûté d'arêtes qui pourrait être un vestige des constructions carolingiennes. Il mène à l’ancienne chapelle funéraire du VI ème siècle, située à l’origine au niveau du sol mais qui fut au fil du temps enterrée par les remblais.









Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_1Abri du sépulcre de saint Bénigne
et de tombeaux nombreux naguère rangés autour.












Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_20Ici Dijon et la chrétienté
ont vénéré dévotement
les reliques du prêtre martyr et celles de :
Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_29














Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_14saint Jacques, évêque de Toul
saint Eustache, 1er abbé du monastère
sainte Paschasie, vierge dijonnaise.










Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_15Ici les hommages populaires
ont entouré pieusement
les tombes des
saints époux Hilaire et Quiète
la vierge Floride









Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_26les saints abbés Tranquille et Bertillon
les pontifes Isaac, Argrimus, Garnier 1er
évêque de Langres
une sainte portant le nom de Radegonde
la vénérable Alette, mère de saint Bernard.









Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_27Sur ce sol imprégné de la vertu des cendres
si longtemps gardées,
foulé mille ans et plus par les masses croyantes
le chrétien s'émeut, s'agenouille et prie.
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13 septembre 2010

La cathédrale Saint-Bénigne de Dijon, église gothique, l’extérieur

Dijon_Saint_B_nigne_10L'extérieur offre un aspect sévère que l’on rattache à l’origine monastique. Cette rigueur est confortée par l’absence presque totale d’ornementation sur les façades dont les ouvertures sont le décor principal. Les contreforts massifs en succession régulière renforcent cette impression.
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Dijon_Saint_B_nigne_9La façade est encadrée par deux hautes tours jumelles, agrémentées de tourelles, de plan carré à la base et de plan octogonal à la partie supérieure. Les frises séparant les niveaux de la tour sud retiennent l’attention. Au-dessus du porche, une grande baie amortie par un arc brisé éclaire la nef. Plus haut, une galerie de circulation recouverte d'un toit en appentis permet de joindre les deux tours.







Dijon_Saint_B_nigne_24Le porche rectangulaire de 3,50 m de longueur sur 9 m de largeur, avec sa gracieuse galerie ajourée appelée galerie du Gloria, est couvert d'une voûte à doubleaux, ogives et formerets, retombant sur des culots.
Le tympan actuel, refait entre 1818 et 1822, provient de l’ancienne église Saint-Étienne. Il représente Jésus chassant les marchands du temple et la lapidation de Saint-Étienne.







Dijon_Saint_B_nigne_21Le tympan d’origine, martelé à la Révolution, représentait la passion de saint Bénigne. Il nous reste sa tête, conservée au musée.

















Dijon_Saint_B_nigne_13L'église est couverte d'un toit en charpente complètement remanié à la suite d'incendies nombreux. Sur la charpente reposaient autrefois des pierres plates ou laves, remplacées ensuite par des tuiles vernissées de couleurs différentes et disposées en losanges imbriqués.









Dijon_Saint_B_nigne_14La flèche actuelle de 93 mètres de haut, dominant la croisée du transept, date de 1896.

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