Au Louvre, à côté de Notre-Dame de Baroille, se tient cette merveilleuse vierge. Elle fut acquise par le musée en 1894. Elle mesure 84 cm de hauteur, 27 cm de largeur et 36 cm de profondeur.
En bois de noyer, datant du deuxième quart du XIIème siècle, elle porte des restes de sa polychromie d'origine et des traces de plaques métaliques. Elle est composée de trois éléments distincts : la tête de la Vierge, celle de l'enfant et le corps.
Cette vierge est une statue reliquaire, comportant une cavité, creusée postérieurement, destinée à abriter des reliques.
Impossible, malgré mes efforts, de savoir d'où elle provient.... Si l'un d'entre vous peut éclairer ma lanterne ? Le vendeur, monsieur Bernard Montaut, affirmait qu'elle venait du Forez.
Denderah était la capitale du VIème nome de Haute-Egypte. Ce site doit sa notoriété au célèbre temple d'Hathor, qui remonte à la période gréco-romaine. Ce site est extraordinairement bien conservé, avec ses cryptes très profondes, creusées dans l'épaisseur des murailles et décorées de bas-reliefs savants. Sur le toit ont été élevées six chapelles dédiées à Osiris, car on pensait que Denderah était une sépulture du dieu : le plafond d'un de ces édifices représentait le célèbre Zodiaque.
L'original du zodiaque de Dendérah, prélevé par le général français Desaix, de l'expédition d'Égypte et apporté en France en 1821, est exposé au musée du Louvre. Il était à l'origine au plafond d'une chapelle dédiée à Osiris élevée sur le toit du temple d'Hathor à Dendérah qui fut commencé sous les derniers Ptolémées, et dont le pronaos fut ajouté lors du règne de l'empereur Tibère. Ce zodiaque de Dendérah exposé au Louvre, que l'on croyait à l'époque dater du Nouvel Empire est en réalité d'environ -50, d'après la disposition des corps célestes.
Le zodiaque de Denderah est un planisphère, carte représentant le ciel étoilé en projection plane, avec les douze constellations de la bande zodiacale, les constellations formant les 36 décans et les planètes. Ces décans sont des groupes d’étoiles de premier ordre dans le ciel nocturne. Ils sont utilisés dans le calendrier égyptien, basé sur les cycles lunaires d'environ 30 jours et la récurrence annuelle du lever héliaque de l'étoile Sothis (Sirius).
Cette représentation d'un zodiaque circulaire est unique dans l'Égypte antique. Deux autres zodiaques, rectangulaires, ornent le plafond du pronaos du temple. La voûte céleste est représentée par un disque soutenu par quatre piliers du ciel sous forme de femmes, entre lesquelles sont intercalés des génies à tête de faucon. Sur la première circonférence, 36 génies symbolisent les 360 jours de l’année égyptienne.
Sur un cercle intérieur, on trouve des constellations, lesquelles figurent les signes du zodiaque dont la représentation est proche de leur désignation comme par exemple le Bélier, le Taureau, le Scorpion, ou le Capricorne. Pour d'autres, l'iconographie est plus égyptienne : le Verseau est représenté comme le dieu de l’inondation Hâpy, tenant deux vases d’où jaillit de l’eau.
Les cinq planètes connues alors sont associées avec certains signes zodiacaux : Vénus appelée "le-dieu-du-matin" derrière le Verseau, Jupiter "Horus-qui-dévoile-le-mystère" près du Cancer, Mars "Horus-le-rouge" sur le dos du Capricorne. Mercure s'appelle "l'Inerte" et Saturne "Horus-le-taureau". Deux éclipses ont été représentées à l'endroit précis où elles se sont produites. L'éclipse solaire du 7 mars 51 est figurée sous l'aspect de la déesse Isis retenant un babouin par la queue, c'est-à-dire empêchant la lune, sous la forme du dieu Thot, de cacher le soleil. L'éclipse lunaire du 25 septembre 52 est un oeil - oudjat (qui signifie "être intact"), car une éclipse lunaire a toujours lieu à la pleine lune.
Au gré de ma visite, je vous présente quelques œuvres qui m'ont touchée.
Touraine, deuxième quart du XVème siècle : saint Michel terrassant le dragon.
Bourgogne, dernier quart du XVème siècle : saint Jacques en pèlerin.
Ile-de-France, fin du XIIIème siècle : pierre provenant de l'abbaye de Saint-Denis.
Ile-de-France, deuxième moitié du XIIème siècle : la Vierge et l'Enfant, provenant de Crespierres dans les Yvelines.
Gaule, VIème ou VIIème siècle : antéfixe ornée d'une tête surmontée d'une croix. Terre cuite retrouvée en 1881 dans les fouilles de la cathédrale de Séez (Orne).
Un bas-relief montrant bien que le monstre n'avale pas le pêcheur, mais que l'initié sort de sa geule en homme nouveau, reçu par une Dame. C'est une renaissance.
Je crois que c'est ce tableau qui m'émeut le plus de tout le musée...
Œuvre d'Henri Fantin-Latour.
Par contre, c'est Jonannes Vermeer dans son œuvre en général que j'admire le plus. La Dentellière, vers 1669-1670 : " une figure de jeune femme penchée sur son travail de broderie, une petite toile de dimensions si restreintes traduisent l'essence même du génie puissant et raffiné du peintre de Delft. "
Raffaello Santi, dit Raphaël : La Vierge à l'Enfant avec le petit saint Jean-Baptiste, 1507-1508. Marrant comme le Baptiste est représenté souvent avec la Vierge et son fils.
Salai servit de modèle pour Saint Jean Baptiste. Il est peint sur une planche de noyer et mesure 69 x 57 cm. On le date en général de sa période romaine entre 1513 et 1516. Pedretti suppose même qu‘il pourrait s‘agir d‘une commande de Léon X, pape florentin. Le tableau serait donc un hommage au Saint protecteur de Florence. Moi je trouve qu'il se fout de nous... gentiment, mais il se fout de nous ! Savoir ce qu'il nous montre, savoir ce qu'il pense vraiment !
La Madeleine à la veilleuse de Georges de La Tour vers 1640-1645. "Georges de La Tour peignit plusieurs fois la figure de Marie Madeleine et celle-ci est une de ses œuvres les plus achevées. La jeune femme, autrefois courtisane, convertie par sa rencontre avec le Christ, est absorbée dans sa rêverie religieuse. Elle regarde, sans fixer son regard ailleurs qu'en elle-même, la lampe qui brûle devant des livres entassés, et appuie sa main sur un crâne, symbole de la vanité des choses terrestres. L'œuvre apparaît comme une réflexion simple et directe d'une jeune femme sur sa beauté éphémère et l'éternité des choses célestes. La Tour a volontairement dépouillé la jeune femme de tout accessoire afin de concentrer l'action sur l'aspect religieux de son message." Ça, c'est la version officielle.
Parce qu'on n'a pas toujours un ordinateur sous la main lorsqu'on prépare un voyage, voici les listes des sites présentés dans ce blog, au format pdf. Ces répertoires sont imprimables. Cliquez sur l'icône "précédent" de votre navigateur pour revenir à cette page.
Si vous n'avez pas Acrobat Reader, il est téléchargeable gratuitement ici.
.
Les fichiers ont été mis à jour le 27 décembre 2010. Il y a actuellement 1197 entrées répertoriées, dont 946 en France.
- Répertoire trié par type de site : une liste des types et leur définition est ajoutée en tête de document.
Arrivant près de Saint-Bertrand de Comminges, on remarque tout d'abord la cathédrale. Mais si l'on fait attention, la discrète petite église romane de Saint-Just-et-Saint-Pasteur vaut à elle seule un détour dans ces contrées. Elle fut bâtie aux XIème et XIIème siècles. Les étapes de sa construction ont fait, en l'absence de documents écrits, l'objet de maintes discussions. La découverte faite par le curé de Valcabrère, en 1885, du parchemin de consécration du maître-autel par l'évêque Raymond-Arnaud de Labarthe, livra la seule date indiscutable de l'histoire de l’église : octobre 1200. Il indique que la basilique fut dédiée aux saints Just, Pasteur, Étienne et à sainte Hélène.
"Écoute Israël : le Seigneur ton Dieu est un. Tu ne prendras pas en vain le nom de ton Dieu. Observe le jour du shabat. Honore ton père et ta mère. Tu ne tueras pas. Tu ne commettras point d'adultère. Tu ne voleras pas. Tu ne feras point de faux témoignage. Tu ne désireras pas le bien de ton prochain. Tu ne désireras point sa femme. Commencement du saint évangile selon Matthieu. Livre de la généalogie de Jésus-Christ fils d'Abraham. Commencement du saint évangile selon Marc. Voici que j'envoie mon ange. Commencement du saint évangile selon Luc. Il y eut aux jours du roi Hérode un prêtre du nom de Zacharie. Commencement du saint évangile selon Jean. Au commencement était le Verbe et le Verbe était Dieu. L'an de l'incarnation 1200, Philippe étant roi des français, au mois d'octobre, ce maître autel a été consacré en l'honneur de saint Étienne premier martyr et des saints martyrs Just et Pasteur, par le seigneur R. évêque de Comminges."
Citée pour la première fois dans le Livre des Miracles de saint Bertrand du notaire Vital en 1179, on apprend dans le premier récit que saint Bertrand se rendit un dimanche célébrer une messe solennelle dans la basilica Sancti Justi, puis dans le dixième récit que l'évêque descendit de la montagne et vint se reposer "in domibus constitutis juxta ecclesiam Sancti Justi".
Quoi qu'il en soit, elle fut construite sur un très ancien lieu de culte datant de l'époque romaine. De nombreux témoignages de son ancienneté se retrouvent dans les pierres antiques de remploi utilisées pour sa construction, et les sarcophages de son cimetière, certains datant du IVème siècle. L'hypothèse la plus probable de sa fonction serait celle d'une église funéraire, associant lieu de culte et nécropole de la cité romaine de Lugdunum Convenarum, schéma classique d'une tradition païenne, puis paléochrétienne.
Les dernières fouilles de 1983 ont entraîné la découverte, dans l'absidiole nord, de neuf sépultures, dont deux antérieures au XIème siècle, parce qu'engagées sous les fondations de cette absidiole. Ainsi se trouve confirmée l'implantation de l'église Saint-Just dans une nécropole pré-existante.
Des fouilles plus anciennes, datant de 1943 et 1950, permirent de dégager les substructions d'un cloître, et des murs d'époque préromane se continuant sous l'édifice, et en 1988 deux murs perpendiculaires à l'église liés à un mur d'orientation est-ouest : il pourrait s'agir de l'une des extrémités du transept d'une église de plan en croix latine.
De petite dimension, cette église pourrait avoir remplacé les deux chapelles funéraires où l'évêque de Comminges déposa les reliques des saints Just et Pasteur (deux jeunes chrétiens martyrisés en 304, originaires de l'antique Complutum devenue aujourd'hui Alacala de Henares, à l'est de Madrid ) qu'il ramena de Narbonne en 789.
Avant d'entrer dans le sanctuaire, nous passons sous un portail moderne composé d'un arc en plein cintre et de colonnettes gothiques surmontées de deux paires de chapiteaux superposées et entouré de deux pierres en remploi.
A droite une inscription funéraire du Ier siècle. A gauche un chrisme roman.
Puis, traversant une partie du cimetière, l'église nous attend.
La façade nord n'offre d'autre décor que des fragments antiques remployés, par exemple à droite du portail, une sculpture présentant un personnage avec un agneau.
Puis un fragment comportant les bustes de sept personnages drapés tournés vers celui du milieu.
Sur la droite, au-delà du contrefort, a subsisté un enfeu gothique.
Le portail
La façade présente un portail roman rajouté à la fin du XIIème siècle en saillie entre deux contreforts, dernière œuvre romane de la basilique. L'archivolte retombe sur des piédroits ornés de statues-colonnes polychromes dressées sur des animaux accroupis : trois jeunes gens imberbes tenant un livre et une femme couronnée portant une croix.
Bien que le sculpteur de Valcabrère les ait représentés comme des jeunes gens, il faut reconnaître les deux martyrs espagnols. L'un et l'autre sont habillés comme des prêtres. Les chapiteaux qui les surmontent racontent leur martyre.
Celui de droite montre l'arrestation et le supplice de l'un d'entre eux. Celui de gauche les représente décapités recevant leur tête dans leurs mains.
L'église de Valcabrère possédant une relique de la Vraie Croix, on peut reconnaître sainte Hélène dans le personnage féminin de droite. Le troisième jeune homme est facile à identifier grâce au chapiteau de la lapidation et à l'acte de consécration de 1200: c'est le diacre saint Etienne.
Le chapiteau surmontant sainte Hélène représente une femme s'apprêtant à monter le cheval que lui présente un serviteur barbu armé d'un bâton portant un tonnelet. Derrière eux apparaît un ange dans les feuillages. Il semble encourager les deux voyageurs. L'un et l'autre portent une panetière en sautoir.
Le tympan tétramorphe, entouré d'un bandeau orné de billettes en damier et reposant sur un linteau nu, est assez inhabituel. Le Christ en majesté dans une mandorle, dont la tête s'orne d'un nimbe cruciforme, est encadré par deux anges thuriféraires (brandissant leur encensoir) et par les symboles des évangélistes.
Le chevet
Le chevet de la basilique, fait de blocs de marbre, est composé d'une abside et de deux absidioles enfermées dans un massif rectangulaire formant trois absides accolées séparées par des contreforts, reliées entre elles par des petites voûtes en arc de cloître évoquant des trompes et utilisant un maximum de grandes pierres antiques.
L'une d'elles représente soit-disant un masque de théâtre antique. Je ne sais pas pourquoi, il m'inspire plus une déesse primordiale.
Au-dessus du niveau des fenêtres, le réduit central est couvert d'une voûte en berceau et les autres, de trompes en cul-de-four. Plus haut, la voûte qui couvre l'abside centrale est enfermée dans un mur polygonal et couverte d'une toiture à pans coupés.
Le clocher carré prolonge le mouvement ascendant des toitures et couronne l'ensemble. Le bandeau sur lequel prennent naissance les voûtes des réduits est orné de cartouches carolingiens. Plus haut, le mur se termine par une corniche décorée de demi-disques.
Selon Emmanuel Garland, "l'ordonnancement des volumes, l'articulation subtile, le jeu des tuiles et de la pierre blanche, le recours aux arcades et aux voûtes extérieures confèrent une saveur antiquisante au chevet de l'église de Saint-Just ". Le chevet, vu son architecture, ne peut être antérieur au XIIème siècle.
Plan du sanctuaire
Violet : murs modernes de séparation de propriétés englobant les vestiges de construction médiévale, peut-être le cloître. Bleu moyen : murs modernes symbolisant de manière incomplète le tracé du cloître du XIIIème siècle. Bleu foncé : enclos funéraire d'époque romaine tardive Bleu ciel : chapelle funéraire, transformation de l'enclos initial par adjonction d'un chevet plat. Vert foncé : Monument préroman indéterminé : église ou baptistère du haut- moyen-äge. Vert clair : Annexe préromane. Jaune : basilique romane des XIème et XIIème siècles. Jaune clair : enfeu du XIVème siècle.
Ce n'est pas une chèvre qui vint m'attendre, mais une vachette impétueuse, inquiète de me voir tourner autour de son coin tranquille...
Le site
de Marseille fut occupé depuis longtemps par les hommes ( entre 27 000 et 19 000 avant notre ère ). Des fouilles
récentes ont mis au jour des vestiges d'une implantation néolithique dans la
ville qui remonte à 6 000 avant notre ère. Marseille fut fondée en - 600 par
des grecs de Phocée, aujourd'hui Foça en Turquie, et s'appelle à l'origine
Massalia. Romaine, son nom devint Massilia. Le Vieux-Port est un port naturel :
il porte le nom grec de Lacydon.
Erigée
dans un secteur de cimetières antiques, l'abbaye de Saint-Victor domine la rive
sud du Lacydon, faisant face à la cité établie sur la rive opposée. Une
ancienne carrière est devenue le réceptacle d'un culte funéraire dont les
origines, martyriales ou épiscopales, sont mal connues.
La basilique
paléochrétienne construite par un évêque de Marseille, Proculus ou Procule
(380-430), était composée d'un bâtiment constitué par l'actuelle chapelle
Notre-Dame de la Confession et de l'Atrium. Au Vème siècle, des
récits peu à peu amplifiés attirent les pèlerins et favorisent les inhumations
"ad sanctos", auprès des corps saints. Un véritable parcours de
dévotion est aménagé.
Jean-Baptiste
Grosson écrivit, en 1770, dans son Almanach : « L'origine de cette Église est
due à la piété des premiers Fidèles. Elle n'a d'abord été qu'une grotte ou
caverne qui étant pour lors éloignée de la Ville, & dans l'emplacement des anciens
Champs Elisées, ou ossuarium des Marseillois, servoit de retraite aux premiers
Chrétiens, pour y aller célébrer les saints Mystères, & ensevelir les corps
des Martyrs. Il y a auprès de cette grotte, qui est aujourd'hui renfermée dans
l'église inférieure, une chapelle dédiée à Notre-Dame de Confession, dont
l'Autel fut construit sous l'empereur Antonin qui vivoit l'an 140. Victor,
Officier des troupes Marseilloises, ayant souffert le Martyre sous Dioclétien,
l'an 303, le 21 juillet, les Fidèles ensevelirent son corps dans cette grotte.
»
La
dévotion qui s'installe sur le site de Saint-Victor dans le courant du Vème
siècle entraîne la création d'un lieu de culte rupestre. En 440, l'église est consacrée memoria martyrum. Conçu en deux
parties, un espace basilical et un espace à plan centré, ce monument
paléochrétien vient s'enchâsser dans le rocher recreusé à partir des anciens fronts
de taille.
Dès lors, le parcours du pèlerin s'organise vers la partie la plus
monumentale du sanctuaire. L'espace basilical consiste en une nef centrale et
deux collatéraux voûtés d'arêtes. L'axe général de cette construction est
nord-sud, donc perpendiculaire à l'orientation est-ouest de l'église supérieure
actuelle.
Deux
tombes rupestres réunies côte à côte dans un caveau, premier aménagement
funéraire de cet édifice nouvellement construit, sont établies au centre même
de la nef. Elles renferment les dépouilles de deux hommes qui, à la suite des
fouilles de 1963, ont été considérés comme des martyrs, exécutés sous le règne
de Dèce, vers 250, peut-être celles de Volusianus et Fortunatus. Ils ont à
l'origine de tout l'ensemble cultuel. Cinq autres tombes rupestres sont
réparties tout autour.
Pour ce
premier monument, les Vème et VIème siècles sont les périodes essentielles
d'activités architecturales et funéraires. Le culte du martyr Victor est
attesté à la fin du VIème siècle. L'histoire de Victor, officier chrétien qui
aurait été exécuté à Marseille en 290, comporte une part majeure de flou et de
légende. Il aurait été officier chrétien, probablement dans une légion thébaine
aux ordres de Maurice, légion composée entièrement de chrétiens, qui fut entièrement
massacrée par l'empereur Maximien.C'est Euchère, archevêque de Lyon de 435 à
450 qui relate pour la première fois ce martyre de 6666 hommes, qu'il date de
302 .
Le site
est alors une basilica, lieu de pèlerinage qui devient un monastère aux abords
de l'époque carolingienne, vers 790. Clercs, pèlerins et moines cohabitent sous
le contrôle de l'évêque.
Durant la
période qui suit, époque obscure traversée d'invasions et de troubles
politiques, le monastère se replie sur lui-même. Il aurait été entièrement
ruiné vers la fin du IXème ou au début du Xème siècle.Ce n'est qu'en en 948 que
la vie monastique renait, sous l'impulsion de l'évêque Honorat II, parent du
premier Vicomte de Marseille, qui introduit la règle bénédictine.
En 977, le
nouvel évêque de la ville, Pons Ier, parent de Honorat II, continue l'oeuvre de
ce dernier. Peu après, en 1005, le monastère gagne son autonomie : Pons Ier « émancipa l'abbaye de toute
autorité étrangère, voulant qu'il vécut de sa vie propre et indépendante, sous
la règle de Saint Benoît et à la direction de ses abbés, comme les autres
monastères réguliers, sans être assujetti à quelque personne que ce pût être,
si ce n'est à titre de défenseur ». Le moine Guifred ou Wilfred (Wifredus),
originaire de l'abbaye de Psalmody (Gard), devint le premier abbé de Saint
Victor et entreprit de grands travaux, suite à la dévastation de l'abbaye par
les Sarrasins.
Une
première réorganisation architecturale médiévale, liée à la volonté de l'abbé
Isarn, moine catalan du XIème siècle, a laissé peu de traces tangibles. Ce
dernier est très lié avec Odilon, abbé de Cluny : « Ces deux lumières du monde
ne formaient qu'un seul cœur, une seule âme ». Une dédicace en 1040 consacre
une nouvelle église. C'est alors seulement qu'est attribué à Jean Cassien,
moine du Vème siècle, la fondation du monastère de Saint-Victor, afin de le
rattacher à une grande tradition monastique.
"Au
début du Vème siècle, arrive à Marseille un moine originaire de l’actuelle
Roumanie, Jean Cassien. Il avait séjourné à Bethléem, Constantinople, et en
Egypte. C’est peut-être Lazare, évêque d’Aix, qui l’avait amené avec lui en
revenant du concile de Diospolis. Jean Cassien est très probablement l’auteur
du règlement de Saint-Victor, les "Instructions cénobitiques" (entre
419 et 425). Cette règle fait de lui le législateur du monachisme
occidental."
L'abbaye
gagne en prestige et en richesses, permettant au XIIème siècle l'achèvement de
l'ensemble de l'église supérieure et la construction des bâtiments conventuels.
Durant la première moitié du Xlllème siècle, Hugues de Glazinis, (†1250),
sacristain de Saint-Victor, entreprend la reconstruction et l'agrandissement de
l'église (nefs actuelles). Au siècle suivant, sous l'impulsion de Guillaume de
Grimoard, ancien abbé de Saint-Victor qui devint le pape d'Avignon Urbain V,
interviennent la reconstruction de l'abside de l'église et la fortification de
l'ensemble.
Ces travaux de grande ampleur ont peu à peu modifié les anciens
bâtiments paléochrétiens et les ont transformés en crypte. Le plan basilical
fut modifié et réorienté. Un autel fut placé dans l'espace central. A l'ouest,
en remplacement des trois arcades et du mur latéral, une grande ouverture fut
aménagée sous deux arcs successifs. L'agrandissement de la carrière dans cette
direction créa une nouvelle nef qui correspondit à la nouvelle orientation de
la petite basilique.
Le
cloître et les bâtiments à l'usage des moines sont détruits durant la période
révolutionnaire. L'église devient un dépot de fourrage et des forçats sont
emprisonnés dans les cryptes. Elle est rendue au culte en 1804, mais
entre-temps, les cryptes ont été dépouillées de nombreux sarcophages et de
colonnes. L'aménagement du bassin de carénage en 1832 rompt la relation de
Saint-Victor avec le rivage tandis que l'urbanisation dessine de nouvelles rues
autour de l'église, seul vestige conservé de l'ensemble monastique.
Malgré
plusieurs campagnes de fouilles entreprises par fernand Benoit dès juillet
1943, puis entre 1963 et 1965, poursuivies entre 1970 et 1978 sous la direction
de Gabrielle Démians d'Archimbaud, certaines parties du site restent
inexplorées.
Sources
pour tout le reportage sur Saint-Victor :
"Saint-Victor de Marseille" de Michel Fixot et Jean-pierre Pelletier, d'où sont tirés les textes et les reproductions des panneaux à l'intérieur de l'abbaye
http://www.marseilles.com/musee/monument.html#victor
(photo st victor 2)
Détruit
pendant la période révolutionnaire, il n'en reste que les traces d'ancrage des
voûtes de la galerie nord contre une aile de bâtiments abbatiaux appuyés au
collatéral méridional de l'abbatiale.
Dans l'angle que ces bâtiments formaient
avec le transept de l'église, on voit encore les vestiges de l'ancienne salle
capitulaire.
Sur ce transept prenait naissance l'enceinte qui, à partir de la
fin du XIVème siècle, défendit les bâtiments monastiques : les consoles bûchées
des mâchicoulis sont encore visibles au sommet du tronçon du mur restant.
Il reste des traces d'engravure de la charpente du logis de l'abbé sur l'élévation de la face nord de la tour d'Isarn.
L'église comprend deux parties bien distinctes : d'une part la nef et d'autre part le transept et le chœur. L'entrée se situe dans la tour d’Isarn.
Le porche d’entrée
La porte d'entrée est située à l'est dans la tour d'Isarn. Ce porche est très sobre.
La voûte très bombée repose sur deux puissants arcs d'ogive de section rectangulaire, sans clef de voûte, qui retombent sur des piliers à arêtes vives insérés dans les angles.
À l'intérieur du porche, se trouve un sarcophage en marbre de Carrare datant de la fin du IVème ou du début du Vème siècle. Ce sarcophage a été découvert au cours de fouilles effectuées dans le sous-sol de cette pièce. L'ornementation est simplifiée au maximum avec, au centre, une croix latine placée dans un compartiment rectangulaire encadré par deux grands panneaux de strigiles.
La nef
La nef avec ses quatre travées et ses bas-côtés est de style gothique. Ils remontent à l'abbatiat d’Hugues de Glavinis mort en 1250.
Des voûtes d’ogives étaient initialement prévues partout, mais pour la nef l'architecte préféra adopter des berceaux brisés, laissant inutilisées les colonnettes qui devaient recevoir la retombée des ogives.
La nef évoque ainsi l'époque romane. Au XVIIème siècle un éclairage direct de la nef est réalisé en perçant les voûtes de fenêtres.
Au fond de la nef, placé sur une tribune, se trouve l’orgue construit en 1840 par A. Zieger. Sous cet orgue se trouve l'accès à la crypte.
Le transept nord est percé d'un oculus et celui du sud d'un arc plein cintre. Dans chaque bras, des niches grillagées abritent une collection de reliquaires.
Travée gauche
Au fond de la travée gauche, près de l'orgue, se situe l'entrée de la chapelle du Saint-Sacrement. Dans cette chapelle se trouve une table d'autel en marbre blanc (L = 1,78 x l = 1,12) qui date de la seconde moitié du Vème siècle, réinstallé en 1968 sur un socle moderne. La face supérieure est creusée en cuvette et le rebord supérieur est décoré de rinceaux de vigne, sculptés en faible relief. La tranche est ornée de bas-reliefs sur chacune des quatre faces, des colonnettes marquent les angles. Sur la face antérieure, à partir d'un palmier à chaque extrémité, deux files de 6 colombes se dirigent vers le chrisme central inscrit dans une couronne de laurier et accosté des lettres alpha et omega. Sur la face postérieure, deux files de 6 brebis font procession vers l'agneau, qui est debout sur la montagne d'où s'écoulent les 4 fleuves du paradis. Sur les deux faces latérales, le même motif est répété, mais en plus, d'un cratère médian s'échappent deux rinceaux de vigne dont les grappes sont becquetées par des colombes. Les angles sont percés de trous, peut-être destinés à recevoir les voiles cachant les reliques Une inscription votive grecque, "Cal... pour lui-même et pour toute sa maison", est gravée sur le listel inférieur de la face principale, de part et d'autre du chrisme. Les dimensions de l'autel laissent à penser qu'il aurait pu être celui de la partie centrale de la crypte paléochrétienne.
Travée droite
Dans la travée suivante, juste en face du porche d'entrée, est exposé un très beau sarcophage en travertin de couleur jaunâtre. Le couvercle est en bâtière dont une pente représente une toiture. Sur la face longitudinale sont représentés le sacrifice d'Abraham et la guérison de l'aveugle. Ce sarcophage (L = 1,93 x l = 0,70 x h = 0,58), exhumé en 1970 à l’occasion de travaux de consolidation et de reprise en sous œuvre d’un pilier de la nef, a fait l’objet d’études archéologiques très approfondies. Les restes de vêtements et le squelette ont été étudiés par une équipe de chercheurs et techniciens du laboratoire de conservation, restauration et recherches archéologiques du CNRS à Draguignan. La personne inhumée est une femme âgée d'une vingtaine d'années, d'une taille de 1,57 m. Son type anthropologique n'a pu être déterminé. Cette jeune adulte présentait des séquelles de poliomyélite antérieure aiguë au niveau de la jambe droite. Les vêtements en soie comportaient notamment une tunique décorée de bandes tissées et d'un galon rehaussé de fils d'or. Sur la tête de la personne était placée une couronne de végétaux, symbole de victoire et de vie éternelle. Cette personne devait occuper un rang social élevé comme le suggèrent la richesse des sculptures du sarcophage, le vêtement de soie, une croix d'or posée sur le front et l'emploi de l'encens, ingrédient onéreux à l'époque.
Les sculptures sur un grand côté de la cuve se répartissent en trois groupes : À gauche, représentation d'Abraham qui va sacrifier son fils Isaac : il brandit de la main droite un couteau tandis que, de la gauche, il maintient son fils accroupi. La main de Dieu apparaît dans le ciel pour retenir son geste tandis qu'un bélier tire un pan du manteau d'Abraham pour manifester sa présence. Dieu demande ainsi de remplacer les sacrifices humains par des offrandes d’animaux. Au centre, le Christ barbu est sur une montagne d'où s’écoulent les quatre fleuves. De la main gauche, il donne un rouleau à Pierre et lève la droite au dessus de Paul qui l'acclame. Deux palmiers encadrent la figure du Christ. À droite, deux personnages encadrent le Christ qui guérit un aveugle en lui touchant les yeux de l'index. Le Christ est imberbe et porte une longue chevelure se répartissant de part et d’autre du visage. La scène de la guérison de l’aveugle évoque la symbolique du Christ lumière du monde.
Le chœur
La partie orientale, côté rue Saint-Victor, qui comprend le transept et le chœur fut reconstruite par le pape Urbain V. L'abside à cinq pans est flanquée de quatre énormes contreforts crénelés. Elle formait une saillie sur l'enceinte du monastère et constituait une véritable forteresse avec des murs allant jusqu'à 3,25 mètres d'épaisseur. Le pied des murs est fortement taluté.
Le tabernacle et le maître autel, consacrés en 1966, sont des œuvres de Jean Bernard et des compagnons du Devoir. Le maître autel est en pierre et en bronze. On trouve sur la frise des paroles de saint Paul : en grec « un seul seigneur Jésus Christ ».
Symbolique. Voyage initiatique. Anciennes civilisations. Menhirs et dolmens, églises romanes et gothiques, cathédrales, cloitres, vierges noires et gardiens, sources, arbres, fontaines sacrées et temples. Tous les hauts-lieux énergétiques.