Canalblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

lieux sacrés

Publicité
2 mars 2007

L'église Saint Raphaël de Solérieux

Sol_rieuxSolérieux n’est qu’un tout petit village assoupi au soleil, posé dans une plaine, qui regroupe quelques belles maisons, des granges en ruine et quelques exploitations agricoles encore en vie.
















Sol_rieux_4Isolé et loin des grands axes, agricole et sans prétention, on l’oublierait s’il ne recelait pas une perle rare, l’église Saint Raphaël.





Sol_rieux_3Fondée par les Templiers, cette église est une merveille des merveilles, d’un pur style roman provençal du XII ème siècle, sans aucun ajout ni modification. Elle a été construite à quelques distance de l'ancien village fortifié depuis longtemps abandonné sur la colline.
La nef, détruite, est occupée par l'ancien cimetière. Cette église dépendait du chapitre des chanoines de la cathédrale de Saint-Paul-tois-châteaux.






Sol_rieux_5Bâtie dans une superbe pierre devenue grise avec le temps, elle se dresse au milieu des champs de lavande, fière et noble, admirable d’harmonie.

A ses pieds, un petit plan d’eau entouré de murs de pierres sèches d’une superbe couleur gris pâle, complète l’ensemble.




http://www.provenceweb.fr/f/drome-provencale/solerieux/solerieux.htm

Publicité
2 mars 2007

Roussas

Roussas_1Niché autour d’un piton rocheux escarpé, Roussas porte les traces d’un passé qui remonte à l’antiquité. De l’ancien village défensif, perché sur son piton rocheux, il reste les ruines d’un château du XII ème siècle et quelques édifices religieux.























Roussas_2Pour y monter, il faut contourner  la colline de Majeyras. Là se trouve l'emplacement d’un ancien lieu de dévotion à Saint-Joseph.

1 mars 2007

La cathédrale Notre-Dame et Saint Paul

Histoire

dr_me_provencale_522Le site de Saint-Paul-Trois-Châteaux a été habité dès la Préhistoire. Le Néolithique (- 6 000 à - 2 500 avant J.-C.) y est bien représenté par l’important site des Moulins qui s’étendait au moins sur 4 ha au sud-ouest de la ville actuelle. Une population s’est installée en effet sur une terrasse surplombant la plaine du Rhône s’étendant au sud-ouest de la ville actuelle. Cette civilisation, dite chasséenne est caractérisée par la mise en place de la sédentarisation et le développement des activités d’élevage et d’agriculture.




dr_me_provencale_414aCurieusement, on trouve peu de traces de l’âge du Bronze et de l’âge du Fer, alors que c’est du nom d’une peuplade gauloise de l’époque, les Tricastini, que viennent ceux de la ville romaine, Augusta Tricastinorum, (Elle fut élevée sous l’Empire Romain d’Auguste au rang de chef-lieu de la Narbonnaise) et du Tricastin.  Il semble qu’ils édifièrent une ville sur la colline de Barri (du celte « Bar » signifiant rempart) appréciable pour sa position défendable dominant la vallée du Rhône. Cet oppidum (habitat fortifié de hauteur) devint capitale des Tricastini du IV ème siècle à la fin du I er siècle avant J.C., avant l’occupation romaine.

dr_me_provencale_416aLa ville fut en effet fondée au Ier siècle après J.-C.,  comme nouvelle capitale des Tricastini passés sous domination romaine. D’une superficie de plus de 42 ha, elle était comparable aux plus prestigieuses cités du Sud de la Narbonnaise.

dr_me_provencale_420aAu Bas-Empire, la puissance de Rome s’affaiblit. Et au IV ème siècle alors que la Gaule romaine se christianise, la cité devint siège d’un évêché et fut rebaptisée Civitas Tricastinorum.
A la fin de l’antiquité, le tissu urbain d’Augusta Tricastinorum se rétracte pour se fixer autour de l’actuelle colline du Château. Un premier groupe épiscopal s’installe aux alentours du quartier Saint-Jean ; quelques éléments architecturaux marquent notamment l’emplacement de l’église funéraire.

dr_me_provencale_421aL’importance de la ville ne décroît pas au Moyen Âge et c’est à partir du XIIe siècle qu’est bâtie la Cathédrale, un des plus beaux exemples de l’art roman provençal, au cœur de la ville ceinte d’un rempart défensif en pierre du Midi.

Saint-Paul-Trois-Châteaux doit faire face à d’âpres luttes religieuses pendant l’époque moderne, comme tout le Dauphiné. Destructions et reconstructions modifient peu à peu son visage au XVIIe siècle, tandis que les hôtels particuliers fleurissent au XVIIIe siècle.

 


dr_me_provencale_456aLe nom de Saint-Paul-Trois-Châteaux, qui a suscité bien des interprétations souvent pleines d’imagination, provient en fait de la mauvaise traduction, basée sur une étymologie fantaisiste, de l’ancien nom de la ville : Saint-Paul-en-Tricastin. Le mot « Tricastin », nom du canton issu de celui de la peuplade gauloise qui habitait cette contrée, a été compris comme une expression latine signifiant « trois châteaux » (tricastri). Le blason de la ville représente une tour à trois donjons rehaussée d’une couronne, accompagnée de la devise : « Tricastinensis civitas » : « cité des Tricastins ».







La cathédrale


 

dr_me_provencale_501Sur cet emplacement, situé juste à l'extérieur d'une vaste enceinte urbaine antique, s'élevait auparavant une basilique funéraire qui abritait le tombeau de Saint paul, évêque du V ème siècle et patron de la ville. Elle était dédiée aux apôtres et martyrs.
Le siège cathédral était primitivement situé au centre de la cité antique (Augusta Tricastinorum). Durant le haut-moyen-âge, la cité épiscopale s'est regroupée sur les pentes de la colline du château et a été entourée par le rempart actuel.

dr_me_provencale_438aUn cimetière s'étendait jusque dans l'actuelle cour de la mairie. La cathédrale Notre-Dame et Saint Paul fut érigée entre 1120 et le début du XIII ème siècle. Elle fut construite à l'extérieur de la ville gallo-romaine, au coeur de la ville médiévale.

dr_me_provencale_436aLa construction de la cathédrale s'est déroulée d'est en ouest. Le projet de décoration, dr_me_provencale_436bfortement inspiré de l'antiquité est resté inachevé (sculptures des parties hautes de la nef interrompues au début de la travée centrale, partie haute de la façade ouest).dr_me_provencale_436c


dr_me_provencale_459aLa cathédrale est bâtie en un moyen appareil très soigné de pierre calcaire de Saint Restitut. De nombreuses pierres portent les marques des tâcherons qui les ont taillées.

Construite dans une zone funéraire, la cathédrale fut probablement élevée à l'emplacement du tombeau de l'évêque Saint Paul ( IV ème siècle ?). L'évêché fut supprimé à la révolution.


dr_me_provencale_418aLa décoration extérieure donne une nette préférence au flanc méridionnal tourné vers la ville : triple arcade d'inspiration antique sur la nef, fronton antiquisant sur le transept.

dr_me_provencale_434a

dr_me_provencale_435a

dr_me_provencale_428Le côté sud de l'église est dominé par les façades gothiques d'une chapelle et du porche. La scène du tympan roman mutilé repsésentait l'adoration des mages.






dr_me_provencale_415Décentré sur le bras méridionnal du transept, le clocher a été remanié aux XVII ème et XIX ème siècles.
Parmi les nombreuses marques de tâcherons, des pierres sculptées en taille de réserve figurent des personnages, des animaux, des signes du zodiaque.

dr_me_provencale_417

dr_me_provencale_412a

La façade occidentale frappe par son volume et sa sobriété. Le portail central est entouré de deux pilastres cannelés et de demi-colonnes.













dr_me_provencale_411La décoration restée inachevée devait se terminer par un couronnement à fronton.


Le décor de la porte en plein-cintre reprend celui de l'entrée méridionnale.



dr_me_provencale_463

Comme beaucoup d'églises de la région, la cathédrale présente un côté nord aveugle. Le bras nord du transept est simplement décoré de bandes lombardes.

dr_me_provencale_440A l'est, le chevet est formé d'une abside à pans coupés entouré de deux absidioles demi-circulaires ouvertes sur les bras du transept.

Là encore, le décor se révèle très localisé et fouillé (autour des baies aveugles et de la fenêtre de l'abside, sur les pilastres et sur la corniche).

L'édifice de plan basilical est composé d'une nef centrale de trois travées et de deux bas-côtés, d'un transept saillant et de trois absides.




dr_me_provencale_450aL'intérieur, de vastes dimensions, illustre la rigueur et la majesté des constructions romanes (longueur de la nef : 28m,largeur : 24,90m, hauteur de la voûte :19m).
La lumière pénètre dans l'édifice par les ouvertures percées dans la façade occidentale et par les fenêtres hautes de la nef centrale et du transept côté sud.
La nef centrale est voûtée en berceau. la communication avec les nefs latérales en demi-berceau se fait par de grandes arcades en pelin-cintre. Les nefs latérales n'ont reçu qu'un décor très frustre.

dr_me_provencale_454aLe décor sculpté est remarquable notamment au niveau de l'étage haut de la dernière travée de la nef centrale : un faux-triforium (ou fausse tribune) est orné de niches flanquées de petites colonnes.




 


dr_me_provencale_490aLa corniche inférieure est décorée d'oves, de perles, de feuilles d'acanthe et de beux rinceaux.
La frise qui court au dessous figure un rideau dont les plis sont tendus aux extrémités par des personnages vétus à l'antique. La travée suivante séparée par deux demi-colonnesest restée inachevée. Le décor est interrompu dès la seconde travée.






dr_me_provencale_478adr_me_provencale_487a

dr_me_provencale_498a

Aux angles de la nef se trouvent les symboles du

tétramorphe : l'aigle

de Jean, le lion de Marc, le taureau de Luc et l'ange de Matthieu.

Au retour de la corniche qui les surmonte, des masques humains et zoomorphes.

dr_me_provencale_467aFace à l'entrée méridionnale, un des piliers de la nef présente un décor sculpté très mutilé de la fin de l'époque romane : la résurrection des morts et le jugement dernier.




La croisée du transept est couverte d'une coupole sur trompes.






dr_me_provencale_448aDans le choeur, la voûte en cul-de-four est rythmée de 4 nervures plates dans l'axe de colonnes à fûts cannelés ou torsagés et chapiteaux d'inspiration corinthienne.

dr_me_provencale_512aLe sol du presbyterium, pavé d'une mosaïque romane représentant parmi les motifs de rinceaux, d'entrelacs et de végétaux, les symboles des évangélistes (un a disparu) et la ville de Jérusalem, nous apprend que l’église actuelle en a remplacé une précédente dont le sol a été exhaussé.









dr_me_provencale_441aDes peintures murales gothiques ornent plusieurs arcs et piliers.
Les bas-côtés sont flanqués de chapelles élevées postérieurement. Au sud, la chapelle gothique Notre-Dame l'épiscopale, fut édifiée en 1460 par Etienne Genevès, le seul évêque originaire de la ville, en l'honneur de la vierge Marie.

dr_me_provencale_457a

dr_me_provencale_461ahttp://www.saintpaultroischateaux.fr/www/index.ph
http://www.office-tourisme-tricastin.com/


dr_me_provencale_517a

dr_me_provencale_521

1 mars 2007

L'église Saint Restitut

dr_me_provencale_537a Saint-restitut, habité depuis le néolithique, vit se succéder d'abord les Ligures et les Celtes. Parmi eux, les Tricastres ou Tricastins qui signifie en celte "Pays de la Pierre Blanche".
Au Moyen-Age, le village est cité dans les actes de la précaire de l'an 993 et en 1108.
En 1449, Louis XI encore dauphin vînt en pèlerinage au tombeau de Saint-Restitut. Il laissa des présents d'une grande richesse.  Le village était réputé pour sa source miraculeuse censée guérir les maladies des yeux.
Avant la Révolution, le village était une terre épiscopale dépendant directement de l'évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux. Il fut, probablement comme Saint-Paul-Trois-Châteaux, anciennement romain.

dr_me_provencale_526aIl était dit au Moyen Age, que le saint qui donna son nom à Saint-Restitut fût l'aveugle-né de l'évangile dont le Christ ouvrit les yeux et qui, en souvenir du miracle, prit le nom de Restitut : RESTITUTUS EST EI VISUS. Les juifs haineux le déposèrent; avec Lazare, Madeleine, Marthe, Trophime et d'autres disciples du christ sur un esquif sans rame ni voile destiné à s'engloutir dans la mer. Mais Dieu guida la frêle embarcation vers la Provence, jusqu'au bord de la cité d'Arles. De là Saint Restitut gagna le désert; ensuite, il devint évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux.











dr_me_provencale_793bSaint Restitut fut sans doute l'un des premiers évêques du Tricastin. Il est à peu près certain que, primitivement, le corps du saint reposait dans la crypte de la tour dite pour cela "funéraire". En 1249, l'évêque Laurent lui fit construire un magnifique sépulcre de marbre.








dr_me_provencale_530aQuelle que soit la date de son épiscopat, l'antiquité de son culte et d'une église où l'on priait n'est pas douteuse. La tour serait, elle-même, antérieure. En effet, on constate un manque d'unité dans la construction. Les faibles parties remonteraient au Xe siècle, alors que la construction en coupole des parties supérieures serait contemporaine de l'église. La preuve évidente de son antériorité réside dans le fait que la frise sculptée sur ses quatre faces est masquée aux angles du côté est par l'église qui s'y est adjointe.
L'église reçut l'illustre visite de Louis XI, grand amateur de pèlerinage qui laissa des présents d'une grande richesse. Elle fut classée monument historique en mai 1840 sur les instances de Prosper Mérimée.


dr_me_provencale_527aD'après une très curieuse légende du saint, conservée par deux manuscrits du XVe siècle,  elle a le charme et l'anachronisme de la légende dorée. Voici les origines de l'église de Saint-Restitut : le caveau aurait contenu le corps de l’aveugle-né guéri par Jésus-Christ, qui aurait changé son nom de Sidoine en celui de Restitut et serait devenu évêque de Saint-Paul.
dr_me_provencale_531aL'évêque de Trois-Châteaux avait multiplié les merveilles parmi son peuple. Or il apprit que, sur la montagne, à Longueville, beaucoup ne croyait pas au Christ. Il y alla et triompha de l'incrédulité en restituant un oeil à un pauvre homme, et resta là, prêchant, confessant, pendant de longues années, comme s'il y avait son siège épiscopal. Il y édifia une église en l'honneur de la vierge.

dr_me_provencale_534aPrès de celle-ci coulait une fontaine semblable à celle de Siloé où ses yeux avaient vu. Des foules de malades, qui s'y lavaient les yeux, étaient guéris. Puis, Restitut décida de bâtir une autre église reliée à l'église de la vierge : CONJUNCTAMQUE COLLATERATAM; il en traça, lui-même, les dimensions. Après bien des jours, il entreprit un dévot pèlerinage à Rome.
Chemin faisant, il convertit la ville entière d'Albe et il y mourut. Il avait prescrit à ses serviteurs de ramener son corps en Gaule et de lui donner la sépulture non loin de sa ville épiscopale, à l'orient, là où il avait ordonné de construire une église et marqué les dimensions qu'elle aurait.
dr_me_provencale_806adr_me_provencale_799aCe qui eut lieu. Le corps du saint fût inhumé dans l'église qu'il n'avait pu achever de son vivant et que, mort, il termina au milieu du resplendissement des miracles". Ainsi, à la fin du Moyen Age, on expliquait par ce texte l'histoire du village et par là même on datait l'église et la tour de Saint-Restitut.

dr_me_provencale_528aMais la date de la fondation de la chapelle soulève un problème des plus complexes sur lequel les archéologues sont loin d’être d’accord et la date soit du IVème au VIème siècle, soit au IXème, soit encore pour le XIIème. La signification des figures composant la frise qui s’étend sur ses façades est également très controversée. On y remarque notamment un âne jouant du violon, le basilic des anciens, animal hybride ayant le corps d’un coq et la queue d’un reptile.

L'église

dr_me_provencale_523aNous avons des renseignements plus historiques sur l'église. La date de 1249 marquant l'édification du tombeau. La présence, vraisemblablement, des sculpteurs du chantier de la nef de la cathédrale de Saint-Paul-Trois-Châteaux, donne à attribuer la construction de l'abside au dernier tiers ou quart du XIIe siècle, et établit l'antériorité relative des diverses étapes d'édification de la nef. Dans l'escalier, nous lisons une fois : MAISTER; ce qui désigne sans doute le "maître d'oeuvre", prédécesseur probable de "maître" Giraud de Clermont qui, en 1249, édifia le tombeau de Saint-Restitut. Nous avons également un autre manuscrit sur le saint datant du XIe siècle, conservé à la bibliothèque nationale.


dr_me_provencale_811a Enfin deux inscriptions, la première trouvée en nivelant la place de l'église - ancien cimetière - et encastrée sur les parois intérieures du porche, rappellent des obits ou fondations de messes. Celle à gauche du chapiteau à têtes barbues marque l'obit du prêtre Arnaud; elle pourrait être du XIe siècle, et à droite l'obit du chevalier Ricard. La deuxième inscription, des plus importantes, avait été découverte en 1844 parmi les décombres du tombeau du saint. C'est une plaque de marbre blanc, malheureusement mutilée, portant la date de 549 mentionnant la mort d'un enfant régénéré par l'eau du baptême. Par conséquent, au milieu du VIe siècle une église existait. Mais elle fut probablement détruite.









dr_me_provencale_789aL'église actuelle, au cours des siècles, a dû subir des transformations sans compter les intempéries ainsi que la "lèpre de la pierre". En 1840, MM. Chevillet et Epailly, architectes de Valence, rédigèrent à l'occasion un mémoire sur l'état du monument. Les travaux de restauration furent confiés à l'architecte Charles Questel - déjà restaurateur de la cathédrale de Saint-Paul-Trois-Châteaux -.










dr_me_provencale_792a Nous n'allons pas énumérer toutes les interventions mais nous pouvons noter la restauration de : la toiture, les colonnes, les corniches, les ouvertures du fond de l'abside, le porche, la crypte qui devint chapelle des fonds baptismaux; ainsi que le rajout des vitraux du choeur. De cette même époque datent les fouilles au nom de l'évêque de Valence, le chanoine Canon, curé de Saint-Paul-Trois-Châteaux en 1844.








dr_me_provencale_790aLe corps central se compose d'une nef divisée en trois travées et d'un choeur avec abside semi-circulaire à l'intérieur et pentagonale à l'extérieur. Parfaitement orientée, elle mesure 22,40 mètres sur 9,10 mètres et s'élève jusqu'à 12,50 mètres. Elle est construite en appareil moyen et régulier avec pas ou peu de tâcherons contrairement à celle de Saint-Paul-Trois-Châteaux. La voûte est en berceau brisé comme la plupart des églises de style roman provençal. Le chevet, dont l'arc de triomphe est surbaissé, conserve une voûte en cul-de-four, décorée de quatre bandeaux plats et bordée d'un cordon avec palmettes. Les colonnes sont décorées de feuillage et de volutes avec un abaque très développé orné de moulures ou feuilles.








dr_me_provencale_807a Deux d'entre elles montrent aux angles des masques humains. Les murs latéraux de la nef accueillent de grandes arcades à ressaut. Leurs impostes sont moulurés sauf le premier du côté nord qui est orné de feuilles d'acanthes ou rangs de perles, oves et canaux arrondis. On ne peut s'empêcher de constater une influence antique très forte se manifestant par un décor végétal abondant. Deux baies et oculus éclairent l'édifice sur le mur de l'abside et le mur sud.






dr_me_provencale_808a A l'extérieur, l'édifice est renforcé par des contreforts. Le mur nord, sans couverture, donne l'impression d'une forteresse. Contre la paroi méridionale une autre tour plus petite, construite en même temps que l'église, renfermant l'escalier à vis qui conduit au premier étage de la tour et au clocher.














dr_me_provencale_524aLe porche, situé sur le mur sud, marque la séparation entre la première et seconde travée. Les amateurs d'art architectural et de monuments anciens reconnaissent tous la valeur et la beauté de cette partie de l'église de Saint-Restitut. Selon le chanoine Jouve, qui l'a étudiée et décrite au siècle dernier, le porche serait un remploi provenant d'autres édifices environnants employés comme placage à la décoration intérieure de ce porche. Ceci n'est qu'une hypothèse, cependant reste incontestable l'influence de l'art gréco-romain. Un arc à double rouleau est retenu par deux consoles en encorbellement. Le porche rappelle le temple antique avec son fronton triangulaire porté par deux demi-colonnes à fût cannelés et chapiteaux corinthien. Un décor très antiquisant avec corniche, entablement à architrave, denticules, perles, oves et enfin un filet de feuilles d'acanthes aux extrémités tombantes et une grecque sur le bandeau.
Les rampants du fronton ont reçu la même décoration qu'à Notre-Dame-des-Doms à peu de choses près. L'imitation de l'antiquité est si fidèle que le sculpteur a taillé ses chapiteaux dans deux assises, chose que les romains faisaient assez souvent, mais qui était rare au Moyen Age. Le porche est voûté en berceau. Au fond, on trouve la seule porte destinée aux fidèles avec son arc de décharge retenu par des colonnettes à chapiteaux corinthiens dont celui de gauche, aux têtes barbues, est admirablement traité. Le tympan est nu. Sur la paroi intérieure se trouvent les deux inscriptions déjà évoquées de la première moitié du XIIIe siècle.

Le chevet couronné d'un fronton présente aussi une harmonie et une beauté architecturale. Les deux contreforts avancent et se terminent d'un demi-triangle avec une corniche saillante comme un temple. Chaque angle de l'abside est marqué d'un pilastre à chapiteaux, encore une fois, corinthiens. Sur chacun de leurs angles, une tête de lion s'avance. La corniche est saillante, décorée de palmettes dans une gorge soutenue par des modillons avec des têtes humaines qui grimacent ou des têtes d'animaux. Les intervalles des modillons sont garnis de rosaces, de palmettes et de feuilles lancéolées.

La tour funéraire

dr_me_provencale_529C'est un édifice carré de 8 mètres de côté et de 9 mètres de hauteur jusqu'à sa frise. La base de la tour est couronnée d'une frise composée de petits sujets à faible relief. La partie supérieure est posée en retrait et un peu en biais. Bâtie en moyen appareil, elle est ornée de tailles et de pointillés comme les beaux monuments du XIIe siècle. On y relève trois fois le nom d'VGO avec un G en faucille que l'on retrouve deux fois à l'intérieur. Notons que ce nom est également gravé dans la pierre de la cathédrale de Vaison ainsi qu'à Notre-Dame-d'Aubune, ou encore à la chapelle du St Sépulcre à Beaumont dans le Vaucluse et dans la crypte de la cathédrale d'Apt, cette dernière fois suivi d'une inscription, probablement "ME FECIT". Peut-être sommes-nous comme l'affirme M. Revoil en présence d'un seul "maître de pierres" : VGO. Au sommet, un clocher en arcade, disposé après coup en forteresse. Elle est dédiée, comme dans la légende à la Vierge. Les cloches datent du XVIIIe et XIXe siècle.
dr_me_provencale_786aA l'intérieur elle se compose d'une crypte voûtée en berceau communiquant avec la nef par une large arcade en plein cintre. La crypte renferme le petit édifice gothique du choeur transféré au XIXe siècle. Il fut élevé en 1516 sur les restes de Saint Restitut. A l'étage, les murs nord et sud renferment un arc de décharge. Les murs ont été comblés par des restes de tombes de l'ancien cimetière. On aperçoit deux débris de monument (tombe ou sarcophage) taillés dans une pierre blanchâtre ressemblant à du marbre et qui ne se retrouve pas dans le reste de l'église. On y distingue des entrelacs, des rosaces, quatre palmiers stylisés, et deux tigres affrontés aux mouchetures accentuées. Les corniches de la tribune sont ornées. Aux murs nord et sud, celle d'en bas de rosaces en étoile comme la corniche extérieure de la tour; celle d'en haut de rinceaux avec feuillages. Aux murs est et ouest ce sont des feuilles stylisées dans des carrés ou d'autres figures géométriques. Au-dessus des archivoltes, un décrochement, puis les murs sont en petits appareils jusqu'à la première corniche, celle de la tour primitive, à 6,14 mètres de hauteur. Puis vient ensuite un appareil moyen, de partie haute, à 1,50 mètres de cette corniche. Ensuite le passage d'un plan carré à une coupole sur trompe construite en petit appareil très régulier. Des bandeaux d'un faible relief marquent la division de l'octogone, à la base, et vont se rejoindre autour d'une clef avec au centre un oculus d'environ 1 mètre de diamètre, actuellement bouché.

dr_me_provencale_533aLes bandes en appareil réticulé avec incrustations de briques ou de mortier rouges, qui encadrent une portion notable de la frise, ne sont pas l'indice incontestable d'une haute antiquité. L'appareil réticulé, déjà connu sous les romains, a été employé au moins jusqu'au XIIe siècle. La base de la tour à ses quatre côtés dissemblables. Le mur nord est en petit appareil d'apparence archaïque. Cependant, J. Labande [4] note des constructions analogues au Xe siècle et début XIe siècle. Le mur ouest taillé en bossage, en appareil peu régulier, moyen en bas et petit en haut; le mur sud, en moyen appareil à peu près régulier, le seul qui ait des marques de tâcherons, ne sont pas tout à fait contemporains. Des murs sud et ouest, séparés par un intervalle de temps qu'il est possible d'évaluer, l'un pourrait être contemporain de la frise. Tous les deux sont antérieurs au mur oriental dont la construction se rapproche de celle de la partie haute de la tour et qui est sans doute l'oeuvre du même architecte. Un moellon porte les lettres VG du nom d'VGO qui se lit dans la partie haute.

dr_me_provencale_525aEn fait, l'unité de construction manque à la tour. Elle a été l'objet de reprises qui peuvent s'échelonner du début du XIe à la fin du XIIe siècle. Construite, d'après l'histoire, sur le tombeau du saint protecteur comme la "basilique d'Assise" est construite sur le tombeau de St François; elle est dite "tour funéraire" ou "chapelle funéraire". A cause de cet étage et de sa coupole il est difficile de lui donner une autre raison d'être. Sur cette question, malheureusement les documents restent peu explicites. Et si jamais le corps du saint n'avait pas été transféré de la crypte dans l'église, pourrait-on émettre l'hypothèse que la tour fût d'abord un baptistère ? Un dessin de l'architecte C. Questel, dont parle L. Maître, indique, au milieu de la crypte, l'orifice d'un puits aujourd'hui disparu. Ce renseignement cadrerait avec l'hypothèse d'un baptistère.

dr_me_provencale_532aPour finir, revenons à la frise afin de la présenter brièvement. Elle se compose d'une juxtaposition de dalles sculptées. Les sujets sont d'une hauteur uniforme de 0,44 mètre, excepté le sujet central de 0,55 mètre : le Christ en majesté. Comme on peut le voir sur la liste qui suit, les thèmes sont variés : des animaux fantastiques, des chevaliers, des signes zodiacaux, des métiers, des arbres, des animaux affrontés, l'Agneau pascal, et enfin un thème vraisemblablement eschatologique. Les dalles sont taillées en cuvette, cernées d'un gros liseré formant un cadre enserrant la figure. La frise entière est encadrée d'étroites bandes en appareil réticulé, avec incrustations de briques ou de mortier comme nous l'avons déjà fait remarquer. Souvent décrite elle n'a jamais été datée avec certitude.
dr_me_provencale_529aAu-dessus, une corniche est décorée sur son biseau d'une rangée de rose à huit pétales. Incrusté dans la pierre, ce bandeau semble souligner l'architecture comme un écrin. Cependant, même si nous ne pouvons pas encore parler de programme iconographique au XIe siècle, cette frise apparaît comme la juxtaposition de symboles, d'images religieuses ou profanes caractérisant l'esprit roman.

http://medieval.mrugala.net/Roman/St%20Restitut/St%20Restitut.htm
http://www.saintrestitut-mairie.fr/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Restitut

28 février 2007

L'église Saint Martin de Valaurie

dr_me_provencale_154aValaurie, petit village de la Drôme, possède un riche passé. Non loin a été découvert un atelier préhistorique de pierres de taille, puis des fouilles ont dégagé une nécropole gallo-romaine au lieu dit Le Crespias. Des sarcophages, des monnaies des inscriptions funéraire furent mises à jour.






















dr_me_provencale_158aL' église paroissiale Saint Martin dépendait du chapitre des chanoines de la cathédrale de Saint-Paul-Trois-Châteaux. Elle a été bâtie au XII ème siècle sur la pente au dessous de l'enceinte du village fortifié. Il est dit qu'elle a été construite sur un ancien lieu de culte païen, comme souvent les églises dans la région.
dr_me_provencale_184a













dr_me_provencale_179aSaint martin est située sur un replat de la pente sud-ouest de la butte supportant le bourg castral de Valaurie, mentionnée à la fin du XIII ème siècle. Reconnaissable de loin à son clocher surmonté d'une pyramide, elle a été sous la dépendance du chapitre de Saint Paul, par l'intermédiaire d'un prieuré séculier.









dr_me_provencale_182aConstruction à nef unique comportant trois travées, l'église de Valaurie est bâtie dans un bel appareil de pierres calcaires dans ses parties les plus anciennes, montrant parfois un décor de chevrons.










dr_me_provencale_169aLe choeur est rythmé par de simples piles engagées, que prolongent des arcs doubleaux qui viennent renforcer une voûte en berceau de profil écrasé. Cette dernière aurait été restaurée dans la seconde moitié du XVII ème siècle. Les murs gouttereaux sont soulagés par des arcs de décharge en plein-cintre pour la plupart. Un bandeau souligne le départ de la voûte et constitue le seul décor intérieur.
dr_me_provencale_168a












dr_me_provencale_161aLa partie la plus remarquable est l'abside, semi-circulaire, à l'intérieur et pentagonale à l'extérieur. Quatre pilastres plats viennent s'appuyer aux quatres angles de chaque pans, reposant sur une banquette de plan circulaire légèrement débordante. Ces pilastres qui comportent encore leurs châpiteaux corinthiens, supportent une corniche moulurée, elle-même soutenue par des modillons. On retrouve ce genre de chevet à la cathédrale de Saint-Paul-Trois-Châteaux où dans l'église de Saint Restitut.
dr_me_provencale_172











dr_me_provencale_159aMises à part  les chapelles qui ont été ouvertes postérieurement sur la face nord, la travée occidentale semble avoir été ajoutée à la construction primitive, à la fin du XII ème siècle. Le clocher-porche ne serait guère antérieur au début du XVI ème siècle.
dr_me_provencale_176a














dr_me_provencale_155a





















dr_me_provencale_162a




















dr_me_provencale_163a

Publicité
28 février 2007

Chapelle Saint André de Mitroys

dr_me_provencale_909La voie romaine de Narbonne à Lyon passait par Saint André de Mitroys. Cette église est vraisemblablement d'origine gallo-romaine.
Elle apparaît dans l'histoire au début du Vllème siècle, soit à l'époque mérovingienne. Les fondations et la base des murs remontent au XIème siècle ; du XIIème au XVIIème siècle, des modifications lui ont donné son aspect actuel et elle devint église paroissiale.










dr_me_provencale_905aSon nom indique une origine antique en rapport avec le sanctuaire du dieu Mithra (bas-relief de Bourg-Saint-Andéol). C'est un édifice roman sur voûte à une seule nef, achevé au XIIème siècle. La parcelle à côté, bordée de cyprès, est l'ancien cimetière. Comme toutes les églises de la région, elle a subit les dégats du temps et des guerres encore visibles sur l'édifice restauré.













dr_me_provencale_938En 1969 cette chapelle était totalement abandonnée, recouverte de lierre et vouée sans aucun doute à une proche ruine totale. En 1970, à l'initiative de l'abbé Arnaud, la retauration put commencer.















dr_me_provencale_915aL'édifice actuel, composé d'une longue nef de trois travées, est prolongé par une petite abside semi-circulaire, qui est certainement très ancienne, et l'on peut penser que les fondations et la base des murs remontent au XIe siècle.
dr_me_provencale_919



















dr_me_provencale_909dr_me_provencale_924aL'église primitive devait avoir les mêmes dimensions au sol ; elle n'était pas voûtée, mais simplement recouverte d'une charpente. Au début du XIIème siècle, on dut vouloir la voûter ; les murs étaient assez minces, on ne les toucha pas, mais on les suréleva, ce qui se voit très nettement par le changement d'appareil à partir de la mi-hauteur : à la base, maçonnerie de petites pierres grisâtres, du calcaire local ; c'est la construction du XIème siècle.












dr_me_provencale_920aAu XIIème, lorsqu'on suréleva les murs, l'appareil change, les pierres sont du calcaire blanc, plus soigneusement taillées, bien équarries. On lance donc la voûte, mais comme cette voûte est pesante et risque de faire s'écarter les murs, on applique contre ces derniers des contreforts, qui sont simplement plaqués, mais ne pénètrent pas dans les murs.
dr_me_provencale_921













dr_me_provencale_941En même temps, pour les consolider de l'intérieur, on établit contre eux de grandes arcades latérales. Il fut alors possible d'asseoir la voûte romane, renforcée de trois arcs doubleaux à simple rouleau établis plus ou moins de guingois car, paradoxalement, les contreforts, de part et d'autre de la nef, ne se font pas exactement face. L'abside, elle, n'a pas changé ; c'est certainement l'abside primitive.




















dr_me_provencale_934aDevant l'église, sur le muret bordant les marches menant au parvis, se trouve une pierre gravée. Elle est probablement issue du premier temple situé en ce lieu, dédié à Mithra. La région devait vouer à ce dieu un culte important. De partout nous retrouvons des traces de cet ancien culte, comme les têtes de taureau dans la cathédrale de Viviers, ville toute proche.








dr_me_provencale_945L'eau reste très présente ici aussi, comme à saint Montan. Tout autour de l'église, on retrouve des puits de forme bizarre (n'est-il pas ?).











dr_me_provencale_931aSur le seuil de l'église, cette pierre me fait penser à une pierre à cupule.

http://www.sauvegarde-ardeche.com/visites/mitroys.htm
http://www.mairie-st-montan.fr/pages/decouverte.htm#02

28 février 2007

Saint Montan

dr_me_provencale_903aSituée dans le Bas-Vivarais, entre Viviers et Bourg-Saint-Andéol, la commune de Saint-Montan s'étend autour de son ancien bourg médiéval.
Saint-Montan a pour originalité d'être la seule commune de France à porter ce nom.








dr_me_provencale_868
Les préhistoriens reconnaissent dans le Bas-Vivarais une des régions les plus peuplées de France méridionale pendant la période du néolithique. A l'origine, l'habitat se trouve dans des grottes ou abris sous roche, qui ont constitué un refuge privilégié.

Au premier siècle après J-C, une localité importante existe au Nord de Saint-Montan. Avec l'occupation romaine et l'Empereur Auguste, elle connaît un développement considérable et devient Alba Augusta Helvirium, capitale de l'Helvie. La voie romaine de Narbonne à Lyon traverse Bourg-St-Andéol, puis se dirige vers le Nord et Alba en passant par Saint-Montan.







dr_me_provencale_894L'origine du village de Saint-Montan remonte au Vème siècle lors du séjour d'un ermite du nom de Montanus, apparenté à la maison de Lorraine et issu d'une famille princière d'Austrasie.  La légende nous rapporte qu'au Vème siècle vivait à Laon un pieux personnage appelé Montanus. Sa réputation de sainteté était grande et il prédit à dame Célini qu'elle mettrait au monde un fils et qu'il aurait une grande destinée. Ce fils fut Saint Rémi, archevâque de Reims, qui baptisa Clovis en 496. Montanus, importuné par l'affluence des visiteurs qu'attirait sa réputation de sainteté, quitta Laon et vint chercher dans le midi une solitude où il put prier Dieu en paix. Le val chaud le séduisit par son âpreté et sa proximité avec Bourg-Saint-Andéol. Il aurait vécu 30 ans dans la grotte du val chaud une vie de solitude. Puis il fut découvert par les chasseurs et reçu la visite de Saint Rémi et de Jean, évêque de Viviers, qui le prièrent de s'installer dans un lieu plus accessible (lieu actuel de la chapelle San Samonta). L'affluence de visiteurs l'obligea à quitter le pays et il se retira à la Fère, en Picardie, où il serait mort et où on conserverait ses reliques.
Le nom du village vient donc de ce saint ermite, et s'écrit correctement sans T. " Per la san Montan l’oulivo à la man " devient un dicton du pays ( à la Saint Montan, on peut cueillir les olives...)



Saint_MontanL'ermitage devint un prieuré par la suite. La seigneurie de Balazuc s'y installa au début du XIe siècle et construisit un château à côté duquel naquit un village médiéval fortifié.

Le château fort, construit sur l'éperon rocher de l'Agache, va constituer le point de départ du bourg actuel. Le bâtiment central semble avoir été construit dans un but strictement militaire au XIème siècle. Puis au fil des siècles, le château s'est agrandi avec de nouvelles constructions ayant une vocation résidentielle. Au fur et à mesure de ces extensions, les remparts ont été agrandis pour assurer la protection des maisons. Dans le courant du XVème siècle, le bourg castral atteindra les berges des deux ruisseaux : sa superficie totale est de 2 hectares. Il sera entouré alors d'une importante enceinte tracée très régulièrement, qui existe en majeure partie encore aujourd'hui.
Au XVI ème siècle le bourg devient seigneurie des Serres, au XVII ème, co-seigneurie avec prédominance de l'évêque de Viviers.




Église San Samonta

San_Samonta_1Elle est située à la sortie du village, en direction de Larnas, sur l'emplacement de la seconde demeure de Montanus. C'est en son honneur que fut construite une chapelle. L'édifice actuel est composé de deux parties distinctes : une chapelle du Xème siècle et une église romane du XIIème siècle. Au XIIIe siècle, elle est l'église paroissiale du Castrum.





















Saint_Montan_2La petite chapelle a subi quelques petites modifications (fenêtres, porte d'entrée) qui ne dénaturent pas la construction initiale. Elle se compose d'une salle rectangulaire voûtée, suivie à l'Est d'une abside allongée.
















Saint_Montan_3Entre cette chapelle et l'église se trouve une salle rectangulaire qui a servi de cellule pour les moines. Elle communique avec l'église par une arcade en plein-cintre. L'église est d'une architecture déconcertante et a été remaniée à plusieurs reprises. Elle est implantée dans un lieu exigu, contre la falaise, ce qui explique une conception spéciale. C'est une église de l'ordre des cisterciens, d'où une grande sobriété, peu de décorations et pas de clocher. Le porche a été rajouté postérieurement vraissemblablement à la fin du XII ème siècle.











dr_me_provencale_887aA l'extérieur, on peut remarquer de nombreuses pierres de réemploi, des cadrans solaires, des signes lapidaires. Du côté Ouest on peut voir l'emplacement d'un ancien prieuré. A l'intérieur, deux inscriptions scellées provenant de l'église primitive.

dr_me_provencale_889a













dr_me_provencale_885aCes lieux semblent avoir été fréquentés très tôt en raison de la présence de sources associées aux grottes, aux rochers et à la forêt toute proche.
La source la plus importante, qui ne tarit jamais normalement (je ne sais pas ce qu'ils ont fait, mais plus d'eau du tout quand je suis passée...par contre, c'est bien propre, les cailloux bien blancs... grrrrr) se nomme " la Fontaine des Fièvres" (Montanus lui ayant communiqué la vertu de guérir les fièvres) ; on l'aperçoit sourdre sous la route, à la hauteur du petit barrage. Elle est restée longtemps un des points d'eau principaux des villageois, le chemin qui la relie directement au château en fait foi.










dr_me_provencale_880J'ai pu me faufiler assez loin dans la grotte, et aisi m'apercevoir que le réseau acquifère se divise en plusieurs boyeaux, dont un qui monte en direction de l'église, et un autre qui s'enfonce dans les profondeurs de la terre.
Une petite source apparait maintenant plus en aval. Il reste, creusé dans la falaise, la rigole partant de la source sacrée, vide à présent...
dr_me_provencale_874a


















fontainedesfievresaJ'ai trouvé une photo où l'on voit la source avec son eau miraculeuse...













saint_Montan_4La grotte de Lourdes, édifiée dans une excavation de la falaise en face, a été érigée en 1905. Quelques miracles s'y seraient produits. La source devait encore couler à cette époque...Ce lieu est actuellement interdit d'accès pour des raisons de sécurité.







Saint Montain ou Montan, ermite à la Fère (Vème siècle)

dr_me_provencale_864Tandis que les Gaules, au 5ème siècle, étaient le théâtre des guerres, des concussions et des rapines, un solitaire, nommé Montain ou Montan (Montanus), vivait sur la Cher, près de Juvigny, dans le Luxembourg. Formé à la vertu dès l'enfance, il vivait séparé du monde pour n'avoir de commerce qu'avec Dieu et se livrer tout entier aux exercices de la pénitence. Inquiété dans sa retraite par les courses des Barbares, il la quitta et alla chercher une solitude plus profonde à La Fère (Aisne), lieu alors rempli de bois, environné de précipices et de marais. Là, Montan, tout occupé des besoins de l'Eglise troublée par les guerres et par l'hérésie de Nestorius que le Concile Oecuménique d'Ephèse (431) venait de condamner, ne cessait d'implorer le secours du Ciel. Ses prières ne furent pas sans effet. Un jour que Montan reposait d'un léger sommeil, il fut par 3 fois averti de prédire à Célinie, noble dame de la contrée, qu'elle aurait un fils, et de lui en déclarer en même temps le nom et les mérites. Tout à coup il lui semble que, par une grâce divine, il est transporté au milieu du choeur des Anges et de l'assemblée des saintes âmes, tenant ensemble conseil et conférant de la subversion ou de la restauration des l'Eglises des Gaules : tous déclarent que le temps est venu d'en avoir pitié; et, en même temps, une voix qui retentit avec douceur se fait entendre d'un lieu plus élevé et plus secret : "Le Seigneur a regardé du Saint des Saints, et dr_me_provencale_895adu Ciel en la terre, pour entendre les gémissements de ceux qui sont enchainés, et pour briser les fers des fils de ceux qui ont péri, afin que Son Nom soit annoncé parmi les nations, et que les peuples et les rois se réunissent ensemble pour Le servir". - La voix disait "que Célinie concevrait un fils, nommé Rémi, auquel le peuple serait confié pour être sauvé".
Après avoir reçu une si grande et si douce consolation, le saint personnage, 3 fois averti d'accomplir sa mission, vint annoncer à Célinie l'oracle de la céleste vision. Or, cette mère bienheureuse avait eu longtemps auparavant, dans la fleur de sa jeunesse, de son seul et unique mari Emile, un fils nommé Principe (ou Prince), depuis évêque de Soissons, et père de saint Loup, son successeur à l'épiscopat de la même ville : la bienheureuse Célinie s'étonne; elle ne peut comprendre comment, déjà vieille, elle enfantera son fils et le nourrira de dr_me_provencale_871son lait, d'autant que son mari et elle-même, grandement avancés en âge, épuisés, n'avaient plus ni espoir ni  désir d'avoir désormais des enfants. Mais le bienheureux Montan, devenu aveugle pour un temps, afin que les mérites de la patience abondassent en lui, déclare à Céline que ses yeux doivent être arrosés de son lait et qu'aussitôt il recouvrera la vue. Cependant les bienheureux parents se livrent à la joie d'une si grande consolation, et, "quand le moment est arrivé", le futur potife de Jésus-Christ vient au monde heureusement et reçoit, sur les saints fonts de Baptême, le nom de Rémi. L'heureuse promesse faite au saint Prophète est ainsi fidèlement accomplie : car, pendant l'allaitement, ses yeux sont arrosés du lait de la bienheureuse mère Célinie, et il recouvre la vue miraculeusement. - Dom Lelong dit "que c'est à Cerny, où était le château de Céline, que la scène précédente se serait passée". - Si Montan vécut encore quelques années après avoir recouvré la vue, il retourna dans sa solitude de La Fère, au lien dit la Fosse de Saint-Montan; il y mourut le 17 mai. La ville de La Fère et sa collégiale ont pris pour patron saint Montan. On conserve, encore aujourd'hui, une petite portion de ses reliques à l'église paroissiale et à la chapelle de l'Hôtel-Dieu; elles ont été reconnues authentiques par l'évêque romain de Beaulieu, mgr Leblanc. La fête du Saint se célèbre à La Fère avec une grande solennité le 17 mai; et, pendant les 9 jours suivants, les fidèles continuent de venir vénérer ses reliques. - La catbédrale de Laon possédait autrefois le chef et un bras du saint solitaire; l'abbaye de Juvigny avait la principale partie de son corps.

http://home.scarlet.be/amdg/sankt/mai17.html
http://www.mairie-st-montan.fr/pages/decouverte.htm#02
http://www.fetes-du-rhone.com/st_montan.htm

27 février 2007

L'Eglise Saint Pierre et Saint Paul de Comps

dr_me_provencale_564aSelon la légende, un Seigneur de Comps qui chassait s'est un jour égaré sur la colline recouverte de bois. Il s'est agenouillé et a juré devant Dieu que s'il parvenait à s'en sortir vivant, il construirait une chapelle sur l'emplacement où il se trouvait …
Et il tint parole.













dr_me_provencale_566aQuand je suis arrivée, j'ai été accueillie par quelques chevaux. L'église m'apparaissait au travers des arbres. Belle introduction...

















dr_me_provencale_589aCe prieuré est superbement isolé sur un petit promontoire, devant un large paysage. On s'étonne de cet édifice en croix grecque. 








 

Comps_planAu siècle dernier, le chanoine Jouve avait vu une influence orientale dans le plan en croix grecque et A.Lacroix, reprenant cette idée, en avait déduit qu'elle avait du être édifiée au retour de la première croisade.  Il s'agit tout simplement d'une église dont la nef et le clocher sont restés inachevés.












 

dr_me_provencale_570aUne église existait avant l'église actuelle. Comps  était en 1031 le siège d'une «vicaria», ou viguerie,  division civile ancienne, qui dépendait du Saint-Empire Romain Germanique.  Elle dépendait de l'abbaye bénédictine de Savigny, près de l'Arbresle, dans le Rhône (qui est citée dans une donation de 1032). Cette abbaye possédait aussi les églises de Bézaudun, Bourdeaux et Crupies.  C'est ce qui explique l'importance de son église  Saint-Paul.






dr_me_provencale_577aLa seigneurie de Comps a probablement été inféodée par l'évêché de Valentinois en récompense des services rendus par la famille des Comps aux croisades, notamment celle de 1095 à laquelle a participé Odon de Comps.






















dr_me_provencale_584aL'église est encore citée comme une dépendance de Savigny au début du XIIème siècle en 1107, par le pape Pascal II, mais, à une date inconnue, peut-être au XIIIème siècle, le prieuré de Comps passe aux chanoines Augustins de l'abbaye de Saoû.










dr_me_provencale_588La seigneurie de Comps était un fief des comtes Valentinois. Le premier , Aymar, était le fils naturel de Guillaume IX, comte de Poitiers vers 1120. La famille des Comps s'éteignit au XIII ème siècle a par le mariage de la dernière héritière avec Dalmas I de Vesc. Ses descendants devinrent donc seigneurs de Comps et de Dieulefit.









dr_me_provencale_581aLors d'une visite en 1509, l'évêque de Valence et de Die autorise son agrandissement et ordonne la réfection du portail et du vitrage au dessus de la porte d'entrée. En 1534, les habitants de Comps prêtent sa cloche à ceux de Dieulefit.

L'église a été classée monument historique en 1938. En 1947, sa toiture a entièrement été refaite et couverte de lauzes d'ardoise. Le bâtiment adjacent, presbytère et école, a été détruit.

L'unique nef, large de 5,10 m est longue de 3,89 m seulement.

Vous remarquerez l'oculus légèrement décalé sur la droite. Une dédicace, ou un calage sur un astre ?










dr_me_provencale_587aL'extérieur est bâti en petit appareil régulier de grès. Dans le parement, au sud de l'abside semi-circulaire, on devine qu'une absidiole méridionale a disparu, l'absidiole nord étant remplacée par une chapelle à voûte d'ogives du XVème siècle. Une porte, peut-être du XIVème siècle, s'ouvre à l'ouest dans l'embryon de nef.  La souche du solide clocher est renforcée de pilastres nus destinés à porter un élément qui n'a jamais existé. A l'intérieur, ce qui frappe, c'est la hauteur des voûtes, en particulier de la coupole portée par les arcs d'encadrement de la croisée et par leurs pilastres à dosserets multiples. Du côté de la nef l'arc retombe sur deux colonnes engagées, celle du sud ayant une base seulement ébauchée. La nef se réduit à une petite travée et l'on reconnaît dans les croisillons les entrées des absidioles.






dr_me_provencale_583aLa coupole passe du rectangle de base à l'octogone grâce à de larges trompes où le XIXème avait placé des motifs. La moulure en quart de rond qui court au bas de l'octogone, la perfection et l'ampleur de la coupole, le tracé brisé des arcs d'encadrement et des voûtes assignent à l'édifice une époque postérieure au milieu du XIIème siècle.

Le site en lui-même coupe le souffle. La beauté et l'élégance sont de mise. Malheureusement, ou heureusement, l'entrée de l'église reste fermée tout au long de l'année, sauf pendant la journée du patrimoine. Le moins pire, c'est que l'on peut ouvrir la porte et prendre quelques photos à travers une grille...

 

http://www.centcols.org/les_rendez-vous/damian/monuments_romans_suite.htm

27 février 2007

Notre-Dame la brune d'Aleyrac

dr_me_provencale_644aClassées Monument Historique depuis 1905, les ruines de l'église Notre-Dame la Brune se dressent juste en contrebas du col d'Aleyrac, entre laBégude-de-Mazenc et Salles-sous-Bois, près de l' importante voie de passage médiévale de Crest vers la Provence, en limite Ouest du diocèse de Die.














dr_me_provencale_597aCette abbaye de religieuses bénédictines dépendant de l'Ile-Barbe de Lyon est connue dès 1105 mais, après une période d'expansion au XIIe siècle, elle subit les troubles de la fin du XIVe siècle et en 1427, les religieuses étaient réfugiées à Valréas. En 1449, l'abbé de 1'lle-Barbe unit ses biens à ceux de la collégiale Sainte-Croix à Montélimar et en 1528, la seigneurie passe définitivement entre des mains laïques.Elle est vendue en 1550 aux Adhémar de Grignan.











dr_me_provencale_620aDu monastère primitif, ne subsiste que l'église qui a malheureusement été dépouillée d'une grande partie des pierres de son parement extérieur au siècle dernier. Il est probable que les bâtiments monastiques s'élevaient en aval, à l'emplacement du cimetière, car des traces d'ancrage de toiture subsistent encore sur le mur sud.





















dr_me_provencale_599aLa façade ouest que l'on découvre en arrivant apparaît largement ajourée au-dessus du vide : trois fenêtres à double ébrasement, un clocheton à deux arcades qui surmonte le pignon, et une porte maintenant inutile.
















dr_me_provencale_635aCelle-ci en effet, s'ouvre au-dessus de l'eau : à l'extérieur coule le ruisseau d'Aleyrac, à l'intérieur une source miraculeuse. Un pont devait permettre de rejoindre la rive opposée.

La source sacrée est exactement à l'endoit où se trouve le Jourdain dans les édifices religieux. C'est une des rares fois où l'on peut le constater de visu...
















dr_me_provencale_641Des traces d'ancrage d'une charpente et d'une toiture au-dessus de la porte attestent l'existence, à une époque indéterminée, d'un porche, peut-être de bois. A l'intérieur, un plancher couvrait une salle aujourd'hui à ciel ouvert où coule une source miraculeuse. Les pélerins y cherchaient la guérison des maux de tête et des maladies de peaux.   
dr_me_provencale_607a













dr_me_provencale_623

dr_me_provencale_614

dr_me_provencale_613a

















dr_me_provencale_605aLa patine du temps a donné une couleur grise, presque uniforme, aux moellons des murs faits de calcaire et aux claveaux du sommet des voûtes taillés dans le tuf. La perfection de la taille des pierres n'a pas empêché la réalisation d'un enduit à faux joints rouges sur fond blanc, à peine visible aujourd'hui. Une croix de consécration rouge se devine encore sur les murs de l'abside.














dr_me_provencale_604aLa nef compte trois travées rythmées de larges arcatures, aveugles au nord mais percées d'une fenêtre à double ébrasement au sud. Un transept s'ouvre vers une quatrième arcature et chaque croisillon donne sur une petite absidiole voûtée en cul-de-four et éclairée par une fenêtre axiale. Une travée de chœur précède l'abside pentagonale dont chacun des trois pans médians est percé d'une fenêtre à double ébrasement aujourd'hui obturée.


















dr_me_provencale_612aLa voûte de la nef était en berceau très légèrement brisée comme l’on peut l'observer à hauteur de la première travée à l'ouest.  Elle était soutenue par des- arcs doubleaux reposant sur des pilastres. La seule décoration est celle de la corniche moulurée d'une doucine qui souligne la naissance de la voûte, celle des doubleaux et des arcatures latérales qui rythment les murs gouttereaux.













dr_me_provencale_637aSur le côté sud de l’église, s'y ajoute une simple volute sculptée sur la face latérale de la pierre et que l'on retrouve identique sur celle du petit placard de l'abside.












Aleyrac_planLa position de cette église en travers d'une vallée si étroite étonne et l'on imagine mal aujourd'hui la vie de ces moniales ainsi isolées. L'implantation du monastère s'explique peut-être par le seul souci de christianiser les vertus de la source miraculeuse mais le voisinage de la grande route d'Allemagne en Provence devait faire de ce lieu une halte privilégiée pour les pèlerins et autres voyageurs si nombreux au Moyen Age.






 

dr_me_provencale_621aUne impression de solitude, de douceur, de plénitude se dégage du lieu. Sur la gauche en arrivant, un verger nous accueille. C'est dans ce verger que j'ai entendu un concert de silence... C'est dérangeant, ne rien entendre du tout, comme dans un caisson d'isolement.
L'église étant dédiée à Notre-Dame et s'appelant la brune, je me demande si une vierge noire n'était pas vénérée dans la crypte à la source sacrée...
dr_me_provencale_643a

















dr_me_provencale_601

 

Pour voir la carte, cliquer ici.

 

http://www.centcols.org/les_rendez-vous/damian/monuments_romans_suite.htm

26 février 2007

L'abbaye d'Aiguebelle

dr_me_provencale_008aL'abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle est une abbaye cistercienne française située sur les communes actuelles de Montjoyer et Réauville dans le département de la Drôme.




Aiguebelle_006aOn conserve, gravée sur une pierre rectangulaire de calcaire, le texte de fondation de l'abbaye d'Aiguebelle. Grâce à elle, nous connaissons le nom du donateur, Gontard Loup, seigneur de Rochefort en Valdaine mais aussi de l'abbaye fondatrice, Morimond en Champagne, quatrième fille de Cîteaux.


dr_me_provencale_065aAiguebelle a été fondée le VI des calendes de Juillet 1137, autrement dit le 26 Juin 1137, en l'honneur de la vierge Marie, aux confins du Dauphiné et de la Provence. Gaucher, abbé de Morimond et ancien prieur de Saint Bernard à Clairvaux, envoya 12 moines sous la conduite d'un abbé.




dr_me_provencale_113aPour réaliser cette fondation, Gontard Loup donnait un territoire, sorte de plateau couvert de bois et de broussailles, que l'on peut assimiler à peu près au territoire de la commune de Montjoyer avec des prolongements sur les communes de Roussas et de Réauville. Le monastère est bâti dans un vallon isolé, comme le voulait la tradition cistercienne, au confluent de trois ruisseaux, le Ranc, la Flammenche et la Vence, d'où le nom de "belles eaux", Aiguebelle.


Aiguebelle_008aAu XII ème siècle, le monastère bénéficie des donations des seigneurs voisins et accroît considérablement son domaine : il possède des terres jusqu'au pied du Mont Gerbier-de-Jonc, en Dauphiné, dans le Pays d’Orange et en Vivarais.
Sa belle prospérité lui fit faire à son tour des fondations: celle de l'abbaye de Feniers, en auvergne, en 1169, puis celle de l'abbaye de Bouchet.



Aiguebelle_009aA la fin du XIII ème siècle, l’Abbaye exerçait un grand rayonnement sur la Provence, le Dauphiné et l’Auvergne.

A partir du XIV ème siècle, les épreuves vont se multiplier : guerre de Cent Ans, peste noire, chute des vocations, surtout des frères convers qui entretenaient les granges et les terres. Les possessions sont pour la plupart données en bail. Après 1515, les abbés ne sont plus élus par les moines mais nommés par le roi : ce sont les abbés commendataires, extérieurs au monastère et qui ne se préoccupent donc pas toujours des nécessités de leurs moines ni de la ferveur de leur communauté. Lors de la dispersion des moines en 1791, ils ne sont plus que trois. Le monastère est alors pillé puis vendu comme bien national. Son éloignement par rapport aux voies de communication va le sauver de la démolition.

Aiguebelle_030aL'absence des moines durera moins de 25 ans : en 1815, un groupe de cisterciens trappistes vient faire revivre le monastère. Ils viennent de Suisse et sont issus d'un groupe de moines français de l’abbaye de La Trappe qui, sous la conduite du Père Augustin de Lestranges, ont parcouru toute l'Europe pourchassés par les armées révolutionnaires et permettent le renouveau monastique et cistercien en France après la chute de Napoléon.

Aiguebelle_048aL'abbaye a conservé, malgré quelques démolitions, quelques tremblements de terre et de nombreuses restaurations, la plus grande partie des bâtiments conventuels médiévaux : église, cloître, sacristie, chapitre, salle des moines, réfectoire, cuisine et tout le bâtiment des convers. Il est le seul monastère cistercien en France avec l'abbaye de Fontfroide à avoir encore la ruelle des convers primitive.




Aiguebelle_056aL'église mesure 50 m de longueur totale, 9 m de largeur dans la nef, 17 m avec les collatéraux et 10 m d'élévation. Régulièrement orientée, elle est établie au nord des cloîtres et forme une croix latine composée d'une nef et de bas-côtés, avec un transept sur chaque bras duquel s'ouvrent deux chapelles.




 

dr_me_provencale_038aAvec ses murs très épais, ses piliers massifs, ses arcs en plein cintre pour la plupart ou à peine brisés, ses voûtes d'ogives, ses rares fenêtres (dont certaines ont été agrandies), elle porte la marque du style de transition, qui caractérise le XII ème siècle. On remarque dans le sanctuaire une grande arcade qui à pu abriter jadis un tombeau. Dans le transept droit, un escalier conduit à l'ancien dortoir des moines.







Aiguebelle_061aLe chapitre, ou salle capitulaire, est la salle de réunion de la communauté. On y lit un chapitre de la Règle (d'où le nom de capitulum), dont le Supérieur donne ensuite un commentaire. Les Supérieurs ont leur siège à l'orient, tandis que les religieux se rangent sur les bancs de pierre disposés en amphithéâtre. C'est dans cette salle qu'ont lieu les prises d'habit et professions et que se tiennent les délibérations importantes.



Aiguebelle_010aParallèle au réfectoire dont elle est séparée par une cour jadis à ciel ouvert, la grande salle des moines s'ouvre au pied du grand escalier. Les voûtes d'arête retombent au centre sur quatre colonnes qui donnent ainsi deux rangées de cinq travées. Jadis cave ou cellier, c'est aujourd'hui la salle de lecture et d'études, le scriptorium, avec longues rangées de livres et bureaux en bois. Les cinq arcades jumelées qui dispensent la lumière ont remplacé les trois petites fenêtres primitives.



 


Aiguebelle_036aLe réfectoire s'ouvre sur la galerie méridionale du cloître. C'est l'une des salles les mieux conservées des bâtiments primitifs avec sa vaste nef de 25 m de long et 8 de large sur plus de 9 m d'élévation. Sa voûte en berceau légèrement brisée est soutenue par trois arcs doubleaux amortis en culots coniques qui semblent rentrer dans la muraille à 2,60 m au-dessous de la corniche. Le réfectoire était jadis éclairé de 12 fenêtres, mais plusieurs sont actuellement masquées par des constructions plus récentes. Une porte donne accès à la dépense (ancienne cuisine) et à la cuisine actuelle, qui sont deux salles largement voûtées. L'éclairage, dissimulé le long des corniches, met en valeur le berceau de la voûte du réfectoire. Il est daté du XIII ème siècle.

Aiguebelle_028aLa salle de communauté ou chapitre hors-cloître était anciennement le chapitre et la salle de lecture des frères convers. Les voûtes et les colonnes sont à l'identique de celles du scriptorium. Cette salle sert actuellement aux réunions communautaires de toutes sortes : chapitres, conférences et retraites communautaires.

Les livres de la communauté se répartissent essentiellement en trois lieux. Au scriptorium qui rassemble les livres les plus usuels. À l'armarium où se trouve les livres récents. Et enfin à la grande bibliothèque, beaucoup plus vaste, où est entreposé un grand nombre de livres dont les plus anciens, utilisés pour des études plus pointues. Le tout rassemble environ 90 000 livres.

Aiguebelle_014aLe cloître est daté du XII ème siècle et comprend quatre galeries carrées de 29 m de côté. Les voûtes, qui accusent la naissance de l'ogive, sont soutenues par des colonnettes accouplées surmontées de chapiteaux tous différents et d'une grande variété de feuillages et de crochets, mais seules les colonnettes de la galerie nord, longeant l'église, sont primitives. On lit sur plusieurs d'entre elles des graffitis et inscriptions du XIV ème siècle.


Aiguebelle_039a

Les autres galeries, en partie détruites en 1562, furent relevées par l'Abbé Adrien de Bazemont (1559-1601), mais de simples arcades fermées par des fenêtres remplacèrent les colonnettes brisées. Au XIX ème siècle, l'abbé Dom Gabriel Monbet fit restaurer la galerie orientale sur le modèle de la galerie nord et en 1936, Dom Bernard Delauze encastra de nouvelles colonnettes dans les arcades du XVIe siècle des deux autres galeries. Ces transformations expliquent la dissymétrie actuelle des quatre galeries du cloître.

Aiguebelle_007aA l'entrée du réfectoire se trouvait peut-être un lavatorium comme en nombre d'abbayes, mais il a complètement disparu. Une pierre tombale découverte à l'entrée de l'église abbatiale et qui est présumée être celle du fondateur, Gontard Loup, seigneur de Rochefort, a été placée dans la galerie méridionale. Une inscription en faux gothique dans la galerie orientale reproduit la teneur de la pierre de fondation de l'abbaye - 26 juin 1137 - dont un important fragment est conservé à la Bibliothèque. Des bancs, sous la galerie nord, permettent aux moines de s'asseoir. On remarque une ancienne statue en bois doré de la Vierge qui, avant la Révolution, trônait dans l'église au-dessus du maître-autel.

dr_me_provencale_245bIl ne faut pas oublier qu'avant la révolution, et depuis le XII ème siècle au moins, les moines d'Aiguebelle vénéraient une vierge en majesté, que l'un d'eux a emmurée pendant la période de troubles afin de la proteger. Retrouvée à la suite de rénovations, elle fut donnée au curé de la Garde-Adhémar. Elle se trouve à l'heure actuelle en l'église Saint Michel, après bien des périples. Voir içi.

dr_me_provencale_096aLe site de l'abbaye comprend aussi une grotte, dite de Lourdes. Il se passe en ce lieu quelquechose de magique. Une source est canalisée, qui nous dit que l'eau encore une fois est sacrée dans ce coin de France.

dr_me_provencale_085a







dr_me_provencale_078a

L'énergie y est puissante. Juste à côté coule la rivière Flammenche, qui nous propose, le long de son lit, une ballade régénérante, ô combien.

















Je vous propose une page de pub: deux articles que je ne manque jamais d'acheter avant de partir... L'Alexion est une boisson absolument éffarante. J'ai connu le père Alexis, son inventeur. Il était le guérisseur de la région, des corps comme des âmes.

Et ce que j'appelle la "pommade des moines", géniale pour les arthroses, les luxations, la bronchite et même l'eczéma... J'en ai en permanence dans mon réfrigérateur !


http://www.abbaye-aiguebelle.com/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_Notre-Dame_d'Aiguebelle

Publicité
Publicité
Newsletter
Derniers commentaires
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 3 621 646
lieux sacrés
  • Symbolique. Voyage initiatique. Anciennes civilisations. Menhirs et dolmens, églises romanes et gothiques, cathédrales, cloitres, vierges noires et gardiens, sources, arbres, fontaines sacrées et temples. Tous les hauts-lieux énergétiques.
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Archives
Publicité