L'église Sainte Radegonde de Cognat-Lyonne
L'église Sainte Radegonde de Cognat-Lyonne a été construite au XIIème siècle. Elle en a conservé son clocher octogonal, ses hauts pignons auvergnats à l'avant du transept et son chevet trifolié. C'est le seul vestige du village, qui fut détruit pendant les guerres de religions opposant catholiques et protestants.
Dans le mur du coté gauche du porche, au niveau du sol, une pierre de remploi facilement repérable. Et quelques signes lapidaires...
Sur le sommet de la butte, un mémorial raconte la bataille, avec un peu d'humour : "C'est en hiver que s'entretuèrent les catholiques et les protestants, sur cette colline, le 6 Janvier 1568. L'armée protestante fut victorieuse, mais son chef, le capitaine Poncenat, fut tué par erreur par ses propres troupes, le soir après la bataille"...
Un bénitier est encastré à l'extérieur. Pour les abblutions ?
L'église Saint-Pierre de Châteloy
Cette église du XIIème siècle, construite sur un promontoire dominant l'Aumance, est pourvue de larges contreforts. Les chapiteaux sont ornés de feuillages, d'oiseaux ou d'écailles. Les peintures murales de l'abside datent du XIIIème siècle et ont fait l'objet de réparations au XVème. L'église présente des modillons, des sculptures et une porte à pinacle. La porte principale est en bois sculpté du XVIème siècle.
Occupé depuis la préhistoire, le site de Châteloy a été lieu de culte druidique, avant l'implantation de la cité gallo-romaine de Cordes. Si le nom de Châteloy remonte à l'appellation latine "Castellum Oculi", à traduire par 'Castel sur l'Oeil", il convient de préciser que ce n'est plus l'Oeil, mais l'Aumance qui coule maintenant à ses pieds. Le changement de dénomination provient d'une erreur du cartographe Cassini.
Déjà éprouvée par la grande invasion de 257, la ville de Cordes fut détruite par les Wisigoths en 475. Délaissée quelque temps, la localité subsiste au moyen-âge et reprend de l'importance comme paroisse chrétienne d'abord et comme siège d'un prieuré par la suite.
L'actuelle église romane a été précédée au début de notre ère par un temple païen, auquel ont succédé une église primitive, où saint Principin a accompli un miracle, et une chapelle carolingienne. Dédiée à Saint-Pierre, elle a été construite au XIIème siècle. Elle fut consacrée en 1170, comme en témoigne une date gravée dans le choeur. A l'origine église d'un Prieuré, elle dépendait de l'Abbaye Royale de Saint-Cyran en Brenne, diocèse de Bourges. Rattachée au XIIIème siècle au chapitre collégial de Hérisson, elle resta l'église paroissiale de cette ville jusqu'en 1725, époque où, pour des raisons de commodité, fut élevée à Hérisson même l'ancienne église Notre-Dame, détruite lors de la construction de l'église paroissiale actuelle .
Vendue à la Révolution comme Bien National , l'église fut acquise par Jean Gilberton le 26 Germinal, an 7. Son fils en fit don à la commune de Hérisson , le 23 novembre 1852. Le 22 janvier 1909, elle fut classée Monument Historique.
Les parties les plus anciennes de l'édifice sont à rechercher dans le mur ouest qui clôt la nef : certains fragments du parement de pierre proviennent probablement d'une chapelle pré-romane. Cependant, l'essentiel de la construction s'est effectué, en deux campagnes, au XIIème siècle. La chapelle des Villelume et les arcs-boutants appartiennent au style gothique tardif et furent édifiés au XVIème siècle. La flèche du clocher dans sa forme actuelle date du XIXème siècle.
Avant d'emprunter le couloir conduisant vers l'église, on passe à côté d'un couvercle de sarcophage, orné d'une longue croix, taillée en bas-relief.
http://herisson.planet-allier.com/eglise/eglise.htm
Vierge de Coulandon
Vers l’an 1000, l’évêque de Clermont, Etienne II, demande à son orfèvre Aleaume de réaliser une statue de Vierge à l’Enfant, destinée à recevoir des reliques, dont l’âme de bois est recouverte d’or et de pierres précieuses.
Cette majesté servit de modèle à une importante production destinée à présenter aux fidèles une image intemporelle de la Mère de Dieu et du Sauveur. La Vierge est assise sur un trône, la tête droite, et de face. Elle est vêtue d’une longue tunique et d’un manteau à larges manches. Le voile sur la tête laisse voir ses cheveux au niveau du front. Les drapés des statues les plus anciennes offrent des plis concentriques mais deviennent plus plat en avançant dans le temps. La Vierge tient l’enfant assis sur ses genoux, il bénit de la main droite et tient le Nouveau Testament de la main gauche.
La Vierge en Majesté de Coulandon est une ronde-bosse en bois marouflé (recouvert de tissu) polychrome de 77 cm de hauteur. Elle provient de l’église paroissiale de Coulandon, a été sauvée du bûcher révolutionnaire et conservée par la famille Aumaître qui l’offrit à l’abbé Joseph Clément avant 1910 ; elle fait partie du dépôt d’art sacré de l’évêché de Moulins.
La statue fut présentée en décembre 1904 à l’exposition internationale mariale de Rome pour l’étude de la permanence et de l’imitation des types à travers les âges.
La Vierge est assise sur son trône et présente l'enfant couronné sans le tenir. Elle est vêtue d’une tunique et d’une cape aux plis peu marqués, caractéristiques des représentations du XIIIème siècle ; elle est coiffée d’un voile qui épouse son crâne et laisse à peine voir ses cheveux châtains coiffés d’une raie médiane. Son visage est éclairée par ses immenses yeux bleus, son air serein a perdu la sévérité des Vierges des XIème et IXIème.
http://www.ville-souvigny.com/SouvignyII/Souvigny/Tourisme/Musee/Vierges.html
http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Coulandon&DOM=Tous&REL_SPECIFIC=1
Eglise Saint-Martin de Coulandon
La partie orientale de l'église date du XIème siècle début XIIème siècle.
En avant du pignon de façade, un porche de plan rectangulaire fut élevé au XVème siècle, appelé dans la région caquetoire (lieu où l'on bavarde). 
Le clocher carré, de plan barlong, du XVIIème siècle, élevé sur le chœur, a été couronné d'une toiture en pavillon exécutée en 1608, suivant l'inscription gravée sur le coq faîtier. Selon la tradition, il possédait une flèche en pierre démolie à la Révolution, ainsi que la majeure partie de sa base. L'étage de beffroi a été remonté à partir de quelques assises de soubassement.
Deux vitraux du XIIIème siècle représentent un évêque mitré, tenant une crosse et bénissant : il s'agit vraisemblablement de saint Martin.
L'église possède un transept et une abside de la fin du XIIème siècle, ainsi qu'une nef unique, de quatre travées, couverte par une voûte en berceau avec arcs doubleaux. 
L'abside en hémicycle est précédée d'un chœur dont les parties droites étaient terminées par deux absidioles démolies en 1871. Il a encore deux petites travées, avec bas-côtés, fermées par des berceaux en plein cintre.
Une bulle de 1152 mentionne l'église comme dépendant du prieuré de Souvigny.
Coulandon possédait une nierge noire, qui se trouve actuellement à Moulins. En bois polychrome, elle est haute de 77 cm et a été apportée au grand séminaire. (voir ici)
L'église Saint-Pourçain de Naves
L'occupation de naves semble très ancienne. un mégalithe encore situé à la limite des communes de Vicq, Saint-Bonnet-de-Rochefort et Naves atteste de la présence humaine dès le néolithique. Il représente une chouette stylisée.
La commune était traversée par la voie romaine reliant Clermont à Bourges au lieu-dit Fontchambert, où une villa romaine était probablement installée.
La première mention connue de Naves date de 763. Un acte de Pépin le Bref place la vicairie de Chantelle, l'église de Naves et les terres qu'elle possède sous la protection de l'abbaye de Mozac en Auvergne. Puis on retrouve "Navas" en 833.
A la fin du XIème ou du début du XIIème siècle est construit le château de Naves. Selon la légende, il aurait appartenu à Jacques Cœur. En 1147, à la suite d'un conflit de vassalité avec Archambault V de Bourbon, Hugues de Naves cède à Pierre de la Châtre, archevêque de Bourges, son château et ses domaines de Naves.
L'édifice actuel du XIIIème siècle, construit par les archevêques de Bourges, Seigneurs de Naves, est bâti à l'emplacement d'au moins deux églises plus anciennes, datant de l’époque carolingienne et du XIIème siècle. Les piedroits du portail sont décorés à leurs extrêmités supérieures par deux têtes d'enfants dont la coiffure peignée est caractéristique du XIIIème siècle. D’autres sculptures sont visibles à l’extérieur et représentent des personnages ainsi que des outils médiévaux.
L'église Saint-Denis de Deux-Chaises
L'église est romane et date des XIème et XIIème siècles. La paroisse de Deux-Chaises appartenait autrefois au diocèse de Bourges. L'église a appartenu à l'abbaye Saint-Denis près de Paris, puis elle est passée dans les possessions de celle de la Chapelaude près de Montluçon, et enfin de celle du Montet.
Elle se compose d'une nef centrale flanquée de deux collatéraux étroits, d'une abside, précédée d'une longue travée droite, comme les deux absidioles.
Son clocher est à base carrée. La flèche est couverte en essence de châtaigner, alors que la nef a reçu une couverture en tuiles canal.
Le puits est toujours présent, à côté de la façade sud. Il est encore possible d'aller y puiser de l'eau, à l'aide d'un seau laissé à disposition. Sur la façade nord, les sculptures en forme de fleurs annoncent les étapes du grand-oeuvre.
Du côté sud de l'entrée du choeur, un petit édicule remonté datant de la renaissance, imitant les stèles gallo-romaines, qui témoigne de l'influence antique dans la région. On trouve non loin la fontaine Saint-Denis, que l'on implorait pour la pluie.
Chapelle Notre-Dame De La Ronde de Chazeuil
Sur un monticule qui longe l'Allier et le chemin de fer, à quelques pas du château de Chazeuil, sélève l'antique chappelle de la Ronde, datant du XIème siècle. Une légende s'y rattache : une statue de la vierge apparait tout d'abord d'abord dans l'église d'Agonges près de Souvigny.
Un jour, les habitants voulurent la remplacer par une statue plus élégante, et la première fut reléguée dans un coin obscur. Le lendemain, l'antique image de Marie avait repris son trône d'honneur, tandis que la nouvelle statue gisait à terre. Le sacristain rétablit l'une et l'autre en leur place, enfermant la première statue dans une armoire de la sacristie. 
Cette fois encore la vierge déjoua le projet des hommes et alla se réfugier dans le creux d'un ormeau que l'on voit encore aujourd'hui. Un berger la découvrit en cet endroit, et bientôt les fidèles la réinstallèrent dans l'église d'Agonges, à la place qu'elle occupait jadis. Mais la Madone disparut encore, et cette fois, sans retour, du pays d'Agonges, pour reparaitre bien plus tard sur la colline de la Ronde près du château de Chazeuil.
D'épouvantables fléaux désolèrent alors cette contrée inhospitalière. Le désepoir était à son comble, quand un jour on apprit qu'un pâtre de la fôret de Briailles, près de Saint Pourçain, à sept ou huit lieues de là, avait trouvé une statue de la Sainte Vierge au milieu des épines. Les habitants de Chazeuil s'empressèrent de lui bâtir une chapelle sur le monticule de la Ronde, et ceux d'Agonges, repentants, vinrent tous les ans, pendant de longs siècle, lui faire amende honorable.
La statue miraculeuse fut cachée pendant la révolution, et rapportée plus tard à sa chapelle. En 1866, M. le Comte de Montagnac, propriétaire du château de chazeuil, prit l'initiative d'une restauration complète. Tous les ans, le lundi de Pâques, ainsi que le premier dimanche d'Octobre, les fidèles s'y rendent très nombreux.
La statue est une vierge en majesté en bois marouflé, polychrome, de 76 cm de hauteur. La robe de la vierge est verte, celle de l'enfant rouge. Elle est datée du XIIème siècle.
Pour voir la carte, cliquez ici.
L'église Notre-Dame d'Agonges
L'église d'Agonges a été édifiée sur un monticule central, au milieu d'une série de tertres travaillés de main d'homme comme des postes d'observation ou de travaux de défense. Dépendant jusqu'à la révolution du diocèse de Bourges, possession de l’abbesse de Saint-Menoux, cette paroisse est mentionnée pour la première fois en 1138 sous le vocable "Sanctae Mariae de Agongis".
Bâti à la fin du XIIème siècle et au début du XIIIème, l'édifice actuel appartient au style roman de transition. En effet, si elle est romane par son plan général, l'ornementation de ses portails et de ses chapiteaux, ses étroites ouvertures en plein cintre, son abside et ses absidioles voûtées en cul-de-four, elle est gothique par la voûte de sa nef.
De plus, édifiée au carrefour de trois diocèses (Bourges, Autun et Clermont), cette construction a subi à la fois l'influence des écoles bourguignonnes, auvergnates et berrichonnes.
Les murs extérieurs présentent un mariage de pierres de taille et de moellons de couleurs variées passant du gris et blanc au rose et au jaune. Les pierres de teinte grise ou rose sont en grès du pays, les autres en calcaire à phrygranes de la vallée de l'Allier.
La porte latérale sud est percée dans un fronton très saillant, couvert d'un glaçis dont l'entablement est soutenu par des modillons à têtes sculptées ou à copeaux. La baie est encadrée par trois archivoltes en arc légèrement brisés que reçoivent de part et d'autres trois colonnes dont le tore est applati et à chapiteaux très simples décorés d'écailles, de feuillages et de têtes.
Le portail ouest ne fait pas saillie sur le pignon. Ses piedroits sont ornés d'une colonnette engagée entre deux grains d'orge,et encadré intérieurement d'une colonne à base romane et chapiteau à feuillage.
Le mur nord de la nef porte la trace d'une porte en arc brisé qui a été murée. Au dessus de cette ancienne porte, on peut voir un corbeau en pierre. Ce sont probablement les indices d'une ancienne chapelle.
Un cordon de billettes court autour de l'abside en contournant les fenêtres. Le mur de cette abside est renforcé par deux contreforts plats.
Les pignons du bas-transept semblent avoir été surélevés à une époque indéterminée. Des trous de boudins sont encore visibles dans le pigon nord et sur le mur nord. les modilloons de l'abside sont à copeaux simplifiés, ceux de l'édifice sont seulement cannelés.
La sacristie, ancienne chapelle construite postérieurement, (probablement au XVème siècle), présente des nervures ogivales moins rudimentaires que celles de la nef et des contreforts plus saillants.
Le clocher, de style roman bourguignon, s'élève d'un seul jet sur le côté de la nef. Sa partie supérieure présente, sur chaque face, trois étages d'arcatures ou de fenêtres. Arcatures aveugles formées de trois arcs en plein cintre et quatre fenêtres à l'étage supérieur, séparées par deux colonnes simples et deux colonnes jumelées. La face est ne présente que deux étages de baies et la face nord qu'un seul.
La face sud du clocher présente sous les arcatures, une série de pierres d'appareil ornées de bas-reliefs d'une facture très populaire : personnages soufflant dans une trompe, chien et animaux courant.
Le style de ces sculpture est à rapprocher de celui des personnages et animaux figurants sur les arcs du transept et sur certains chapiteaux. La présence de ce bestiaire débridé, d'origine orientale, pourrait être lié à l'éloignement du pouvoir épiscopal, et à plus de facilité pour pouvoir faire passer un message.
L'église est formée d'une nef unique à quatre travées et d'un transept voûté d'ogives
qui s'ouvrent sur une abside de même plan, d'une chapelle qui prolonge le bras sud du transept (actuellement sacristie) et d'un clocher carré implanté sur le côté méridional.
L'abside, voûtée en cul-de -four, st décorée intérieurement d'une arcature sur colonettes composée de trois arcs en plein cintre sous lesquels s'ouvrent les fenêtres et que séparent deux petits arcs en mitre aveugle. Ce type d'arcatures aveugles "en mitre", dite également "en fronton", se retrouvent à Bagneux, Montilly, Franchesse, Louroux et Chateloy.
Sur la face interne de chacun des arcs du transept se trouve des claveaux ornés de 16 figurines représentant des têtes de monstres ou d'animaux affrontés, des personnages accroupis ou sur le dos.
Les chapiteaux sont des plus interessants : feuilages entrelacés, têtes d'hommes et de fauves, personnages dansant. Nous avons donc l'initié, couché sur la terre, imprégné de sa partie terrestre et animale, qui se redresse pour atteindre le ciel.
C'est à Agonges que l'histoire de Notre-Dame de la Ronde a débuté. En effet, c'est d'ici que cette vierge noire provient. Elle est maintenant dans la chapelle de Chazeuil. (Voir Chazeuil et la légende de la vierge noire ci-dessus)
Pour voir la carte, cliquez ici.
Eglise de la Sainte Trinité d'Autry-Issard
Autry-Issard fait partie du chemin de Saint-Jacques en Bourbonnais, qui a été repensé il y a peu de temps. Un tracé a été établi suivant des recherches approfondies et a été élaboré afin de proposer au pèlerin du chemin de Saint Jacques en Bourbonnais le plus grand nombre de repères jacquaires, de points forts de l'art roman, une ligne relativement droite et un paysage rural intact, ainsi que des possibilités d’hébergement. Il est difficile de retrouver le chemin véritable, mais la liste suivante s'en rapproche surement :
1) Le Veurdre - Agonges (en passant par St. Léopardin d’Augy, Aubigny, Bagneux)
2) Agonges – Souvigny (St. Menoux, Autry-Issard)
3) Souvigny – Châtel de Neuvre (Coulandon, Besson, Chemilly)
4) Châtel de Neuvre – Chantelle (Monetay s. Allier, Contigny, Verneuil, Saulcet, Louchy-Montfond, Cesset, Fleuriel, Deneuille les Chantelle)
5) Chantelle – Ebreuil (Taxat-Sénat, Charroux, St. Bonnet de Rochefort, Vicq, Ebreuil)
Le tracé se poursuit dans le Puy de Dôme en passant par Combronde et Mozac/Riom, pour arriver à Clermont-Ferrand.
Il est fait référence à Autry-Issard de la découverte en 1909 d'une vierge en majesté en mauvais état dans l'abside du prieuré de Saint-Maurice, qui serait probablement une ancienne vierge noire.
Le sanctuaire d'Autry-Issard est coiffé d'une tour-clocher carrée à deux érages qui est l'une des plus belles du Bourbonnais. L'influence auvergnate est ici évidente.
Le portail
La porte principale, en plein cintre, s'ouvre dans un avant-corps de maçonnerie à deux remapants. elle est sertie d'un boudin continu et d'une archivolte à billette portée sur des colonnes monolithiques.
Deux larges pilastres cannelés l'accostent, aux chapiteaux ornés de rinceaux et d'oiseaux buvant au même calice. Le linteau en bâtière, reposant sur deux colonnes engagées dans les montants, représente une gloire en amande bordée de perles, contenant jadis un Christ bénissant, et soutenu par deux archanges, Michel et Raphaël. De chaque côté pendent des lampes sous des arcades à fond de damiers et d'imbrications.
Un petit dais en forme d'arc en mitre abrite la gloire. On y lit l'inscription "PENAS REDDO PRAEMIA DONC BONIS", rappelant que le Christ est aussi juge et souverain. On lit aussi les noms des archanges, et sur le linteau : "CUNCTA DEUS FECI HOMO FACTUS CUNCTA REFECTI", une phrase qui souligne l'identité de l'oeuvre divine et de celle de deiu fait homme, avec, particularité remarquable, la signature de l'artiste : "NATALIS ME FE(CIT)", Noël m'a fait.
Le tableau primitif
Cette peinture de l'école flamande de la fin du XVème siècle est un tableau votif, comme certaines familles aimaient en offrir à leur église paroissiale. Suivant l'usage du temps, c'est une descente de croix qui figure au centre de la scène. On y retrouve à droite Saint Jean et à gauche Marie-madeleine. Un donateur est derrière Saint Jean, suivi de sa fille et de sa femme, et à gauche, le second donnateur suivi de sa femme et de ses quatre enfants. On ignore encore le nom du peintre et ceux des donnateurs.
Les chapiteaux
Ils sont très parlants, et l'on retrouve les thèmes chers aux imagiers du moyen-âge : les deux oiseaux buvant au même calice, les figures humaines sortant des rinceaux, les figures géométriques formées par les feuillages. Tout ceci nous apprends la symbolique, et nous montre comment les énergies passent dans l'église.
L'autel
Il a la particularité de représenter Moïse avec des cornes.
" Les commentaires et d’autres études expliquent souvent que toute cette idée de cornes est exclusivement liée à une mauvaise interprétation du texte hébreu. Mais ceci n’est pas vraiment sûr. Il me semble, au contraire, que le récit hébreu joue sur l’ambiguïté: le verbe «qaran» peut en effet signifier «rayon-ner» ou «être cornu». Donc pour un auditeur hébreu
les deux significations se mélangent.
La sensibilité à cette ambiguïté se retrouve notamment chez Marc Chagall, qui présente les «cornes» de Moïse comme des rayons lumineux. Les cornes symbolisent la force et sont souvent des attributs divins. Mais dans le contexte du récit du veau d’or, il y a peut-être un sens encore plus profond. Le peuple voulait un dieu visible; ce faisant il a provoqué la «transgression originelle d’Israël» et la destruction de cette image. Au moment de l’alliance renouvelée, Moïse apparaît avec des «cornes».
A-t-il pris la place du taureau? D’une certaine façon, c’est le cas, puisqu’il est, lui, le médiateur visible entre Yahvé et Israël. Il n’est certes pas la représentation du Dieu d’Israël, mais il demeure définitivement son meilleur représentant. Ainsi,les cornes expriment le statut tout à fait particulier de Moïse. Ce faisant, l’auteur d’Ex 34,29 fait preuve d’une grande audace puisqu’il transpose des attributs du divin sur un homme."
http://www.evangile-et-liberte.net/elements/numeros/190/article8.html




















