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lieux sacrés
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17 novembre 2008

La chapelle Notre Dame de Lorette

Murbach_Notre_Dame_de_Lorette_3Cette chapelle fut construite à la fin du XVIIème siècle, en remplacement d'une antique chapelle Sainte-marie qui se trouvait près du ruisseau du Murbach et qui était délabrée. La nouvelle chapelle dont la première pierre fut posée le 30 mars 1693 fut bâtie dans l’esprit de la Contre-Réforme pour sublimer le culte de la Vierge Marie. Elle doit son originalité au fait qu’elle est une réplique de la "Casa Santa" de Loreto en Italie.













Murbach_Notre_Dame_de_Lorette_8Les chapelles Notre-Dame de Lorette sont des répliques de la "casa santa", la maison de la Vierge de Loreto en Italie. Cette maison où elle naquit, où elle vécut et reçut l'annonciation fut transportée, selon la légende par les anges, de Nazareth jusqu'à Loreto.
L'histoire véritable est plus simple : lorsque les croisés furent expulsés de Palestine en 1291, un prince byzantin, Nicéphore I Doukas Commène, prit en 1290 l'initiative de transférer une maison typique de Palestine depuis Nazareth jusque dans les Marches italiennes. La maison fut démontée à Nazareth en 1291, débarquée ensuite sur les côtes de Dalmatie et finalement réassemblée à Loreto en 1294.









Murbach_Notre_Dame_de_Lorette_9Ces chapelles, généralement édifiées du temps de la contre-réforme entre 1650 et 1750 environ, répondent à une règle architecturale bien précise en respectant les dimensions de la casa santa, l'esprit de son décor et son aménagement intérieur. Elles se trouvent généralement situées sur une hauteur en dehors de la localité.

Ainsi la chapelle de Murbach, comme ses consœurs, comporte deux sanctuaires, qui communiquent par la fenêtre de l’ange. Les deux pièces possèdent chacune un autel. La première est voûtée d'arêtes, la deuxième est couverte d'une voûte en berceau.

Il n’y a pas de fenêtre dans la maison de la Vierge. Une cloison en bois dissimule la sacristie avec sa cheminée, le "sacro camino" qui symbolise la cuisine de la Vierge au-dessus duquel se trouvent, dans une niche, la statue de la Vierge et de l’Enfant, couronnés.




Murbach_Notre_Dame_de_Lorette_10En 1714 le capucin Constantin Mettler fait installer sur le mur arrière de la chapelle un cadran solaire.

La restauration entreprise en 1998 a voulu redonner à la chapelle un décor conforme à l’inspiration baroque d’origine, transposant dans la région l’esprit du sanctuaire italien. Dans la chapelle principale a été restitué le décor en fausses briques, qui existait jusqu'à la restauration de 1946 et qui est conforme à la tradition des Lorette. Les deux murs latéraux sont décorés de grandes peintures murales avec des scènes d’expression figurative, évoquant la vie de la Vierge Marie et de l’enfant Jésus.










Murbach_Notre_Dame_de_Lorette_1Le curé Jean-Thébaut Mellecker, restaurateur de l'abbaye de Murbach fit installer un chemin de croix sur le sentier qui mène à la chapelle Notre Dame de Lorette. Le chemin de croix, proposant aux fidèles un chemin spirituel entre l'église et la chapelle est béni en septembre 1873.
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Murbach_Notre_Dame_de_Lorette_11La première station représente le mont des Oliviers avec le Christ en prière devant un ange portant un calice. A côté, une statue néo-médiévale de saint Pirmin, sculptée en 1864. Puis les stations sont de simples croix portant des citations des évangiles. La douzième station représente une grande croix adossée au mur de la chapelle près du cadran solaire. Au pied de la croix se trouve Marie Madeleine.













Murbach_Notre_Dame_de_Lorette_7La quatorzième station représente la sépulture du Christ reposant dans une grotte appuyée à la montagne.

http://florival-info.net/page17.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Murbach

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17 novembre 2008

L'abbatiale Saint-Léger

Murbach_52Sur la clé de voute du porche d'entrée figurent les armes du prince-abbé : le lévrier d'argent surnommé autrefois le chien de Murbach par les habitants. L'abbaye comptait parmi les plus riches et les plus influentes de l'époque, et pour être admis à Murbach, il fallait faire preuve de seize quartiers de noblesse : "orgueilleux comme un chien de Murbach" dit encore la chronique populaire.





Murbach_12L'abbatiale est considérée comme l'un des grands chefs-d'œuvre de l'art roman rhénan. Comme pour la Cathédrale de Strasbourg, le matériau de construction est du grès rose des Vosges. Sa construction au XIIème siècle est une superbe synthèse de ce qui se faisait dans l’Empire à cette époque. Par contre, les fouilles archéologiques de 1984 ont permis de dire qu'elle ne fut pas construite sur l'abbatiale primitive, qu'il faut chercher ailleurs.







Murbach_6Le bâtiment faisait environ 50 m de long et comportait une nef et deux bas-côtés détruits en 1768, afin de laisser la place à un édifice baroque qui ne verra jamais le jour.

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Murbach_44Le chœur possède deux chapelles latérales et le transept est surmonté des deux tours à 5 étages.
Deux contreforts contrebutent la poussée des voûtes du transept depuis la démolition de la nef.
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Murbach_29Le chevet est plat et accosté des deux chapelles qui communiquent avec le chœur par une triple arcature en plein cintre, et dont les doubles fenêtres géminées montrent qu'elles possèdent un étage.

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Murbach_32Il y avait déjà un orgue à Murbach avant 1652, l'actuel date de 1906. Les tuyaux de sa façade furent réquisitionnés en avril 1917. En 1986, l'orgue était encore injouable.












Murbach_19La façade est remarquable par son élégance et sa décoration. Au-dessus des deux rangées de fenêtres à arcades, une superbe galerie aveugle à colonnettes est richement sculptée.

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Murbach_20Cette galerie de 17 piliers différents sans aucune utilité pratique est ornée de sculptures représentant des visages, des figures géométriques et des animaux. Au centre, un temple octogonal écrasant un monstre contient une vigne, des ânes ou des chiens imitant les moines jouent de l'orgue, d'un instrument à cordes, l'un chante, l'autre balance un encensoir... Que de symboles.








Murbach_25Le décor du chevet n'offre aucune unité apparente, et se présente comme un ensemble de petites sculptures disséminées selon une logique adressée aux seuls initiés : Samson écartant les piliers du temple, un arbre de vie, des entrelacs, un vieillard levant une coupe à côté d'un ange (le Graal qu'il faut atteindre et que l'abbatiale nous aide à trouver ?), deux dragons enlacés se mordant la queue (représentation des énergies telluriques), une tête humaine crachant un serpent (ou l'avalant, le serpent étant symbole de connaissance).






Murbach_21Un abbé assis sur son trône écoute la confession d'un pénitent agenouillé. Sur le dos de ce dernier se tient un diable grimaçant lui ayant passé une corde au cou. Mais les deux personnages font un clin d'oeil... Bien. Ce n'est donc pas pour confesser une faute si grave que le personnage considéré comme un pénitent est déjà passé en enfer, mais ce personnage se libère de la corde passée à son cou par le diable symbolisant la matière, et pour se faire, il écoute l'abbé. C'est la lecture à l'envers.





Murbach_16Sur le tympan du portail du bras sud du transept deux lions affrontés encadrés de palmettes et de raisins surveillent l'entrée. L'un d'eux tire la langue, comme un baphomet montrant la force de la parole.









Murbach_36Sur le chapiteau de droite, un renard mange des raisins : la vigne symbole de connaissance initiatique.

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Murbach_38Un homme se tient la tête entre les mains (l'intellect supporté par le manuel), un autre s'enlève une épine du pied (pour un meilleur ressenti des énergies), et plusieurs scènes de chasse à l'envers : un lièvre assomme un chasseur. Nous sommes bien dans la quête du graal, dans la conception templière du baphomet.

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Murbach_37Les abeilles ne s'y sont pas trompées.







Murbach_31L’intérieur, étroit et tout en hauteur (près de 19 mètres), abrite deux monuments funéraires. Le premier est le gisant du comte Eberhard, construit au XIIIème siècle en grès peint.

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Murbach_35Le second monument funéraire est celui de 7 moines morts lors de l’invasion des Hongrois au Xème siècle, recouvert d'une dalle baroque datant de 1706. Sur son devant, un relief pré-roman montre 4 bustes stylisés et une inscription du XIIème siècle rappelant la destination de ce tombeau.
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17 novembre 2008

L'abbaye de Murbach

Murbach_13L'origine de l'abbaye se situe en 623, où quelques moines pérégrins (c'est à dire refusant de s'enraciner longtemps quelque part : dans l'empire romain, les pérégrins sont des hommes libres, ne disposant ni de la citoyenneté romaine, ni du statut juridique des latins. Du latin peregrinor, "voyager à l'étranger" ou "être à l'étranger".

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Murbach_14De là descendent le mot allemand "pilgern" ou l'anglais "pilgrim") bâtirent une chapelle dans les environs de Bergholtz-Zell. Le comte Eberhard d'Eguisheim, neveu de sainte Odile, frère du duc d'Alsace et puissant seigneur qui venait de perdre son unique héritier, décida de fonder une abbaye sur ses terres de la vallée de Lauch. Il fit appel à l'évêque Pirmin, lui aussi pérégrin, venant de l'abbaye de Reichenau.

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Murbach_39Pirmin, moine de descendance wisigothe des environs de Narbonne, fut influencé par le christianisme irlandais. En 717, il dut fuir les musulmans qui envahissèrent la Septimanie. À partir de 718 il desservit l'église d'Anvers en Austrasie. Puis il fonda en 724 le monastère de Reichenau, dans l'île du même nom sur le lac de Constance, puis un grand nombre d'autres abbayes entre les Vosges et la Forêt-Noire : Gengenbach en 725, Murbach en 728, Amorbach vers 734, Wissembourg, Marmoutier, Neuweiler, Niederaltaich et Herbitzheim, vers 740, puis Hornbach en 742.

Murbach_43Soucieux d'organiser la vie monastique sur des bases plus stables que celles des pérégrins irlandais, il introduisit la règle de saint Benoît. Selon la chronique du moine et savant Herman, Pirmin vint à Murbach accompagné de douze moines de Reichenau. Le monastère prit forme, et sous le nom de Vivarius Peregrinorum, fut le premier d'Alsace à vivre sous la règle bénédictine. Les moines le placèrent sous le patronage de saint Léger, évêque d'Autun, martyrisé en 678 et qu'on disait proche parent du bienfaiteur.

Murbach_8Le 12 juillet 727, le roi franc Thierry IV accorde au monastère le privilège de l'immunité et confirme les donations d'Eberhard. Le 12 mai 728, l'évêque Widegern de Strasbourg accorde aux moines le droit d'élire librement leur abbé. L'abbaye de Murbach deviendra très vite florissante, en raison des prestigieux dons et legs dont elle bénéficia. Sa bibliothèque impressionnera les savants de l'époque.

Le 4 juillet 926, les Hongrois, cavaliers pillards descendants des Huns d'Attila, dévastèrent l'abbaye et assassinèrent sept moines, qui seront vénérés comme des martyrs en Alsace jusqu'à la révolution. L'abbaye sera alors restaurée sous la direction de l'abbaye de Cluny grâce aux dons de l'impératrice Adélaïde de Bourgogne.

Murbach_48Au Moyen-Age, l'abbaye de Murbach fut particulièrement riche, possédant des biens dans près de 350 localités, du Palatinat à la Suisse, et notamment la ville de Lucerne. L'abbaye fut propriétaire non seulement de terres et de châteaux-forts mais aussi d'établissements thermaux, de verreries et de mines.  A partir du XIIIème siècle, l'abbé de Murbach devint même prince d'Empire. Au XVIème siècle, l’abbaye fut l’une des quatre plus importantes du Saint-Empire Romain Germanique

Murbach_45Les difficultés apparurent avec les saccages de la guerre de Trente ans, mais c'est surtout la révolution française qui marqua la fin de l'abbaye qui fut supprimée. Les bâtiments vides furent détruits et les matériaux réutilisés. Seuls subsistent à l'heure actuelle le chevet et le chœur de l'abbatiale.

http://fr.wikikto.eu/index.php/Abbaye_de_Murbach
http://www.alsace-passion.com/murbach/murbach_1.htm
http://www.art-roman.net/murbach/murbach1.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Murbach
L'abbaye de Murbach, de Philippe Legin, dans la collection René Roy aux éditions "La goélette".   

12 novembre 2008

L'église Saint-Léger de Guebwiller

 

 

Guebwiller_Saint_Leger_14Guebwiller fut construite le long de la Lauch, à l'entrée des vallées du Florival. Elle est mentionnée pour la première fois dans un acte de donation en faveur de l'abbaye de Murbach, en 774, sous la forme de villa Gebunvillare. Il s'agit alors d'un simple domaine agricole.

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La ville médiévale prendra forme au cours du XIIème siècle autour de l'église Saint-Léger et du château du Burgstall. La muraille d'enceinte est érigée entre 1270 et 1287. Guebwiller, capitale de la principauté de Murbach, prospère et compte 1350 habitants en 1394.

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Guebwiller_Saint_Leger_44L'église Saint-Léger, du XIIème et  XIIIème siècle, recouvre les fondations de deux édifices qui se sont succédés à cet emplacement depuis le VIIIème siècle. Elle est la plus ancienne des trois églises de Guebwiller, qui possède aussi l'église et le cloître des Dominicains, de style gothique (aujourd'hui centre polymusical) et l'église Notre-Dame, néo-classique (1762-1785).

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Guebwiller_Saint_Leger_21L'utilisation systématique de la voûte d'ogives et de l'arc brisé a conduit parfois à situer l'édifice dans un art de transition, à mi-chemin entre l'art roman et l'art gothique dans cet emploi de techniques nouvelles. mais cette expression ne convient pas.

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Guebwiller_Saint_Leger_26En effet, la place réduite des ouvertures, l'aspect mural et massif de l'élévation, le caractère traditionnel de la structure, des supports et du décor, situent Saint-léger dans l'art roman tardif. Les nouvelles techniques restent au service d'un espace de type roman.

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Guebwiller_Saint_Leger_3Elle fut construite dès 1182 , sous l'impulsion des abbés de Murbach à qui la cité de Guebwiller doit ses fortifications. Elle sera donc sous la tutelle de l'abbaye de Murbach et de son prince-abbé.

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Guebwiller_Saint_Leger_51En grès rose, l’édifice possède deux tours carrées à l’ouest qui reposent sur des porches, tandis qu’une troisième tour octogonale se situe à la croisée du transept.

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Guebwiller_Saint_Leger_2Vu de l’extérieur, le porche d’entrée est à trois arcades, le tympan représente le Christ entouré de la Vierge et de Saint-Léger.

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Guebwiller_Saint_Leger_40Les sculptures sont très riches en symbolisme. Déjà, nous retrouvons les piliers torsadés et droits de chaque côté du porche, ainsi que les arcatures du tympan, nous indiquant les veines d'eau, les failles et les courants telluriques.

Guebwiller_Saint_Leger_10Une tête centrale regarde celui qui entre.

 

 

 

 

Guebwiller_Saint_Leger_17Puis en regardant mieux, nous trouvons à gauche, sur les chapiteaux des colonnes, une tête avec les poils de barbe raides, jouxtant des oiseaux les pattes agrippées au sol, alors qu'à droite, l'homme possède une barbe frisée et les oiseaux n'ont plus les pieds posés sur terre... Je vous laisse réfléchir.

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Guebwiller_Saint_Leger_4A l'extérieur, sur l'un des pignons, un homme est avalé par un diable. Non non. Ça, c'est l'explication que l'on donne la plupart du temps. En fait, l'homme sort de la bouche de la bête, il a dominé ses passions, il est re-né, c'est l'initié prêt à recevoir les énergies données par l'église Saint-Léger...

 

 

 

Guebwiller_Saint_Leger_7Puis nous avons les 4 sculptures aux coins du clocher central. Je n'ai pas encore cherché leur significations, mais il doit y en avoir une. Les anciens ne faisaient jamais rien au hasard.

 

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Guebwiller_Saint_Leger_11Plusieurs adjonctions et modifications, comme l’abside à cinq pans, ou encore les parties hautes du chœur, ont été faites au cours des siècles.

 

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Guebwiller_Saint_Leger_23L’intérieur est spécifique aux églises romanes avec son alternance piliers forts/piliers faibles.

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Un épisode de la vie de Guebwiller est gravé dans la pierre : la tentative d'assaut des Écorcheurs en février 1445.

Guebwiller_Saint_Leger_33"Guebwiller était protégée par son enceinte fortifiée. Les ennemis voulurent utiliser la ruse. La surveillance s'étant relâchée, ils placèrent leurs échelles sur la muraille, mais une Guebwilléroise, Brigitte Schick, veillait en secret et donna l'alerte.

 

 

 

 

 


Guebwiller_Saint_Leger_30Les assaillants, pris de panique par l'apparition miraculeuse de celle qu'ils prirent pour la Vierge Marie, abandonnèrent leurs échelles. Celles-ci furent conservées dans l'église Saint-Léger, en hommage à la Vierge qui avait protégé la cité."

 

 

 

 


Guebwiller_Saint_Leger_22Au cours des siècles, l'église connut des transformations comme nombre d'autres édifices religieux de l'époque: le choeur roman fut remplacé par le chœur actuel, du XIVème siècle, des travées latérales furent ajoutées, la toiture remodelée.

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Guebwiller_Saint_Leger_39La dernière restauration, décidée en 1976, vit en particulier le dégagement de la tribune, dite chapelle saint Michel, située au-dessus du porche et s'ouvrant largement sur la nef. Elle rappelle le modèle carolingien des églises-porche contenant une chapelle impériale.


 

 

 

 

 


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Guebwiller_Saint_Leger_12




















http://fr.wikipedia.org/wiki/Guebwiller
http://paroisse-guebwiller.com/web/stleger.php?PHPSESSID=70070ff39a341f8466588736ac805737   
http://www.viafrance.com/evenements/eglise-saint-leger-guebwiller-visite-378354.aspx

18 juin 2008

L'église des Jacobins, l'intérieur

Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__12_aL'église fut considérée comme la plus belle église dominicaine de l'Europe chrétienne. Elle mesure 80 mètres de long sur 20 mètres de largeur créant un volume intérieur impressionnant.
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Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__14_aLe dispositif adopté au XIVème siècle a réduit à sept le nombre des  piliers et a rigoureusement égalisé les largeurs des deux vaisseaux pour équilibrer les voûtes.
Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__32_a

















Toulouse_Jacobins_1Les piles sont hautes de 22 mètres d'où jaillissent, portées à vingt-huit mètres, des voûtes d'ogives qui se terminent par le rayonnement des nervures du gigantesque et célèbre palmier. Elles sont considérées comme les plus hautes colonnades élevées de l'architecture gothique.






Toulouse_Jacobins_4Le "palmier" est un chef-d'œuvre unique au monde s'élevant à 28 mètres de hauteur. Légèrement plus large que les précédentes pile, il soutient un réseau extraordinaire de 22 ogives (11 liernes et 11 doubleaux) qui lui vaut son appellation de palmier. Cette complexité préfigure audacieusement le gothique de la fin du XVème siècle.






















Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__29_aLes chapiteaux des arcs d'entrée des chapelles (malheureusement détruites ou défigurées au XIVème siècle) sont ceux de l'ancien cloître du XIIIème siècle,  récupérés et remodelés pour être utilisés ici.
Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__30_a
















Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__23_L'intérieur est peint de décor polychrome avec ça et là des croix occitanes. L'ensemble du décor (en grande partie retrouvé sous les badigeons XIXème siècle) est contemporain de l'achèvement de l'édifice. Il simule un appareillage de pierre peint à la colle, avec alternance de rouges-verts et de rouges-jaunes. Les joints blancs sont soulignés de lignes noires.
Le_couvent_des_Jacobins_de_Toulouse__34_a














Toulouse_Jacobins_2L'achèvement des travaux de restauration des Jacobins coïncida avec le septième centenaire de la mort de saint Thomas et cette coïncidence même imposait de rendre à l'Eglise ses reliques. Leur translation à Toulouse, en 1369, avait été l'occasion de fêtes grandioses longuement rapportées dans les Annales. Elles avaient été alors disposées dans une tribune placée derrière les autels du choeur. En 1628, tribune et autel furent abattus.



Toulouse_Jacobins_St_ThomasLe 11 juin 1791, après le départ des Dominicains, la châsse contenant les reliques fut transportée dans la crypte de Saint-Sernin. Le 22 octobre 1974, jour anniversaire de la dédicace de l'Eglise des Jacobins à Saint-Thomas d'Aquin, les reliques retrouvèrent leur place. Elles furent enchâssées au niveau de la cinquième travée au nord, sous l'autel, simple dalle de marbre cédée par le Monastère de Prouille.










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4 novembre 2008

Le Forum Romain

Forum_Romanum_2Le Forum Romain, en latin "Forum Romanum", se situe entre la colline du Palatin et la colline du Capitole. C'est le plus grand complexe architectural de la Rome antique qui ait été conservé jusqu'à aujourd'hui.

Selon la légende, Romulus fondera Rome sur ce dernier, en -753.






 Forum_Romanum_11Cet ancien terrain marécageux de plus de huit hectares traversé par le Vélabre, un ruisseau qui se jette dans le Tibre, servit tout d'abord de nécropole. Tarquin l’Ancien, roi en -616, fit drainer la vallée grâce à la Cloaca Maxima, un système d'égouts. De la même époque date le premier aménagement du Forum. Il est dit que Numa Pompilius, le deuxième roi, y aurait introduit le culte de Vesta, construisant son temple ainsi que le premier palais royal, la Regia.

Forum_Romanum_1Le Forum devint sous la monarchie, au VIIème et VIème siècles avant notre ère, le lieu de rencontre de prédilection des habitants du Palatin et du Quirinal, les collines avoisinantes. Il prit un double rôle politique et religieux, en plus de son rôle économique.

Dès le VIème siècle, le Comitium, lieu de réunion du peuple, fut doté d’un ensemble monumental, le Lapis Niger (Pierre Noire), qui devait être le sanctuaire primitif de Vulcain. Tullius Hostilius y érigea la Curie.

Le long des limites du Forum se construisirent des temples importants en plus de celui de Vesta, comme  le temple de Saturne, le temple des Dioscures et celui de Janus. La voie traversante prit alors le nom de Via Sacra. (plan tiré du site www.capitolium.org )

Forum_Romanum_3aAu début de l'empire la grande place, délimitée par l'emplacement des puits rituels, est déjà entièrement occupée et entourée d'édifices. Peu à peu elle s'étendit ensuite vers les hauteurs de la Velia jusqu'à l'endroit où s'éleva plus tard l'Arc de Titus qui, sous le règne des empereurs Flaviens, marqua la limite extrême du nouveau Forum. Celui-ci prit alors le nom de "Forum magnum", qui s'enrichit de nombreux monuments : les temples de Vespasien, d'Antonin et Faustine, l'arc de Septime Sévère.

Forum_Romanum_14Le grand Incendie de Rome endommagea gravement la partie sud du Forum, dans la zone comprise entre la Maison des vestales et l'actuel Arc de Titus. Un nouvel incendie en 191 toucha le secteur de la maison des Vestales, qui fut restaurée par Septime Sévère. La Curie, le temple de Saturne, la basilique Julienne furent rebâtis par Dioclétien après l'incendie de 283.









Forum_Romanum_15Au début du IVème siècle de nombreux édifices du Forum furent réparés par l'empereur Maxence qui rétablit Rome comme Capitale de l'Empire. Il fit en particulier construire la grande Basilique qui porte son nom et qui deviendra ensuite la résidence du Préfet de la ville.
Les Basiliques Julienne et Emilienne furent fortement endommagées lors du sac de Rome par les Wisigoths du Roi Alaric I en 410.

La Colonne de Phocas, du nom de l'Empereur Byzantin, fut le dernier monument construit dans le Forum, en 608.

Forum_Romanum_44Le Forum fut progressivement laissé à l'abandon à partir du VIIème siècle. La plupart des monuments ne seront plus Identifiables dès le VIIIème siècle. Ils seront ensevelis sous terre au Moyen-Âge et laisseront la place à des pâturages à vaches. Les édifices qui résistèrent le mieux seront ceux qui furent transformés en églises: Saint-Adrien pour la Curie, Saint-Come et Saint-Damien pour le temple de Romulus, Saint-Laurent de Miranda pour le temple d'Antonin et de Faustine.

Forum_Romanum_16Lors de la Renaissance, le Pape Jules II lança de nombreuses constructions à Rome. Le Forum fut utilisé comme carrière, les pertes furent irrémédiables : entre 1540 et 1550 les pierres extraites des temples de Saturne et de Vespasien, de la basilique Emilienne et bien d'autres encore contribuèrent à la construction de la Basilique Saint-Pierre.
Des ensembles jusque là préservés disparurent à jamais en l'espace de quelques mois. Depuis le milieu du XIXème siècle, les monuments du Forum ont été remis en valeur par de nombreuses actions de fouilles archéologiques.

Forum_Romanum_69http://fr.wikipedia.org/wiki/Forum_Romanum

http://www.francebalade.com/rome/forumromanum.htm#arcseptim

http://www.insecula.com/salle/MS02915.html

http://www.rome-passion.com/forum-romain.html

27 octobre 2008

Collégiale Saint-Sauveur de Grignan

Grignan_collegiale_8Avant Saint-Sauveur, l'église de Grignan était, dès 1106, l' "Ecclesia Sancti Vincentii de Greynhano", Saint-Vincent. En 1345, cette première église fut remplacée par une autre, que l'on dédia à saint Jean-Baptiste en 1458, et dans laquelle fut établi, en 1484 un chapitre composé de six chanoines. Ce chapitre fut transféré en 1543 dans une nouvelle église dite de Saint-Sauveur, "Ecclesia Sancti Salvatoris de Grignano".







Grignan_collegiale_3La nouvelle collégiale fut construite entre 1535 et 1543 en contre bas du flanc sud/ouest du château par Louis Adhémar de Monteuil, pour la célébration des offices du chapitre des Chanoines.
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Grignan_collegiale_2Elle fut l'objet d'une bulle du pape Paul III, du 2 septembre 1539, qui augmenta considérablement les revenus du chapitre. Cet édifice se rattache au gothique méridional tardif avec une nef unique et un chœur pentagonal. Les voûtes sur doubleau et les croisées d'ogives, les fenêtres à remplage ainsi que les deux tours carrées appartiennent également à cette époque.
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Grignan_collegiale_7A l'intérieur, la tribune sur trompe, située sur le mur nord de la première travée à 15 m de hauteur, communiquait avec la basse-cour du château. Depuis cette tribune, le comte de Grignan et sa famille pouvaient assister aux offices.
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Grignan_collegiale_11Le maître-autel date de 1634. Il est rehaussé d'un retable en bois doré représentant la Transfiguration, signé Ernestimus Grève. Le buffet d'orgue date aussi du XVIIème siècle, oeuvre du facteur flamand Charles de Royer.
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Grignan_collegiale_5L'édification de la façade principale a connu au moins deux étapes de construction : une première en 1654 à la demande de Louis-Adhémar compte de Grignan, avec la tour abritant le clocher puis une seconde 26 ans plus tard rétablissant la symétrie. Le portail, sur le modèle antique de l'arc de triomphe, présente une baie en plein cintre et des colonnes corinthiennes supportant le fronton triangulaire. La façade renaissance qui contraste avec l'intérieur gothique est à rapprocher du décor architectural de la façade de la cour du puits du château.
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Grignan_collegiale_14La couverture en terrasse qui coiffe la collégiale est, par sa superficie, aussi audacieuse qu'originale. En 1680, elle est soulignée d'une balustrade. De la terrasse, les eaux pluviales s'échappent par des gargouilles que terminant en têtes d'animaux fantastiques

Madame de Sévigné s'éteint au Château de Grignan le 18 avril 1696 : son tombeau, ainsi que celui des Adhémar, est situé dans la crypte du chœur.












http://collegiale.grignan.free.fr/
http://pagesperso-orange.fr/jane/collegiale.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Grignan
http://www.geneawiki.com/index.php/26146_-_Grignan

17 septembre 2008

L'obélisque de Thoutmôsis III

Saint_Jean_de_Latran_1L'obélisque en granit rose, le tekhen wâty, est couvert d'hiéroglyphes : on voit, sur les colonnes centrales des quatre faces, le roi Thoutmôsis III, de la dix-huitième dynastie (1400avant notre ère), recevant la bénédiction d'Amon-Rê ou Amon-Aton, et aussi déposant des offrandes aux dieux. Son fils Thoutmôsis IV a ajouté les colonnes latérales qui content l'embellissement du temple par ce roi, et aussi les travaux des artisans sur l'obélisque, qui ne durèrent pas moins de trente-cinq ans.

Les spécialistes se sont longtemps demandé quel pouvait être l'emplacement d'origine de cet obélisque. L'égyptologue français Gustave Lefebvre (1879-1957) pensait, à la lumière des inscriptions, que le monolithe devait provenir de Karnak et, plus précisément, de la partie est du grand temple. Son collègue Paul Barguet découvrit l'emplacement exact à l'est de la salle des fêtes de Thoutmôsis III en mettant au jour quatre gros blocs de grès assemblés en queue d'aronde identifiés comme son soubassement.

Ammien Marcellin rapporte qu'Auguste avait songé à transporter cet obélisque, puis avait dû y renoncer et en choisir un de taille plus modeste, au vu des difficultés techniques que cela posait à l'époque.






saint_jean_de_latran_ob_lisque_2C'est Constantin (272-337) qui, en 337, le fit transporter de Thèbes à Alexandrie, pour l'ériger à Constantinople. Mais il n'eut pas le temps de mener à bien son projet, et son fils Constance II (337-361), son successeur, préféra l'acheminer vers Rome en 357, le destinant à la spina du Circus Maximus : le géant vint donc prendre place au côté de l'obélisque d'Auguste, actuellement obélisque de la piazza del Popolo.

Il fut retrouvé en 1587, à une profondeur de 7 m, brisé en trois morceaux, lors de fouilles menées au Grand Cirque par le pape Sixte Quint, qui le fit restaurer et enfin réériger sur la place Saint-Jean-de-Latran l'année suivante le 3 août 1588 par l'ingénieur Domenico Fontana. L'inauguration eut lieu le 10 août 1588.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ob%C3%A9lisque_du_Latran

18 juin 2008

La chapelle Saint-Antonin

Jacobins_chapelle_antoninsLa chapelle Saint-Antonin est située entre le réfectoire et la salle capitulaire. Elle fut construite et décorée entre 1335 et 1341 aux frais de Dominique Grima, frère prêcheur et évêque de Pamiers. Elle est destinée à recevoir les tombes des chanoines et la dépouille de son fondateur. Trente alvéoles avaient été prévues à cet effet. Après dissolution des corps, les ossements étaient enlevés et déposés dans un ossuaire voûté situé sous le pavement surélevé du chœur.













Toulouse_008aSes voûtes sont entièrement couvertes de peintures à la détrempe (a tempera) qui représentent la deuxième vision de l'apocalypse, la glorification de l'Agneau immolé par les vingt-quatre vieillards tenant des rebecs et des vases à parfums, la vie de Saint-Antonin, patron de la cathédrale de Pamiers . Près des fausses fenêtres à fleurs de lis blanches sur fond bleu, on retrouve des anges avec une série d'instruments parmi lesquels une viole, une cornemuse, une harpe, un orgue positif, un double bourdon et un psaltérion.
Toulouse_018a

29 octobre 2008

la base de la colonne Decennalia

Forum_Romanum_18Les decennalia sont une fête officielle dans la Rome antique, célébrant les intervalles de dix ans du règne d'un empereur. L'origine de cette fête remonte à Auguste qui n'avait accepté le pouvoir suprême à l'origine que pour une période de dix ans, au bout de laquelle il lui fut formellement renouvelé pour une nouvelle décennie.












Forum_Romanum_19Les empereurs conservèrent la tradition des decennalia jusque dans l'Antiquité tardive. Elles étaient marquées par des jeux, des émissions monétaires commémoratives, et des largesses impériales prenant au IVème siècle la forme de pièces d'argenterie telles que le missorium de Théodose. Des monuments pouvaient également être construits pour cette occasion comme l'ensemble des colonnes honorifiques élevées sur le forum pour les secondes decennalia de Dioclétien et Maximien — on parle alors volontiers de vicennalia - en 303.











Forum_Romanum_baseLa base de la colonne de Dioclétien a survécu. Sur les bas-reliefs on reconnait certaines scènes religieuses : le souverain offrant du vin au dieu de la guerre Mars, un sacrifice rituel avec un taureau, un mouton et un cochon, ainsi que deux allégories de la Victoire. J'ai trouvé très bizarre ces allégories... Regardez bien de chaque côté en haut. Moi je trouve que ça ressemble plus à un personnage revêtu d'une combinaison spatiale. Et voilà, encore mon imagination débordante.

30 octobre 2008

Le Lapis Niger

Forum_Romanum_Lapis_NigerLe Lapis Niger, recouvert d'un dallage antique de marbre noir qui lui a donné son nom, marquait l'emplacement mythique où Romulus aurait disparu, ou aurait été tué.











Forum_Romanum_Lapis_Niger_2On a découvert sous le marbre un ensemble monumental archaïque, avec un autel, une base de statue et une inscription qui contenait notamment l'ancienne formule de malédiction: "Quiconque violera ce lieu sera voué aux dieux infernaux". On ne trouve ces inscriptions que dans les lieux sacrés, cela devait donc être un sanctuaire, avec autel et statue de la divinité, où les anciens rois-prêtres des origines de Rome devaient célébrer les sacrifices nécessaires à leur politique. Le Lapis Niger doit donc être l'ancien Volcanal, sanctuaire de Vulcain, où, effectivement, aurait été tué Romulus.

29 octobre 2008

La basilique Julia

Forum_Romanum_31La basilique Julia (Basilica Iulia) fut commencée par l'édile Lucius Aemilius Paullus, frère du triumvir Marcus Aemilius Lepidus, en -55, au nom de Jules César, grâce à l'argent du butin des Gaules. La basilique était située du côté sud du Forum Romanum, entre le Vicus Tuscus et le Vicus Iugarius, sur les restes de la basilique Sempronia qui datait de -170 et qui avait été détruite par un incendie. Elle était alignée avec le Temples de Castor et Pollux et le Temple de Saturne.
Elle fut consacrée en -46 et terminée par Auguste, qui l'a nomma du nom de son père adoptif (Jules César). Elle brûla peu de temps après son achèvement, vraisemblablement durant l'incendie de Rome de -14 et fut reconstruite par Auguste, qui l'agrandit, et il l'a consacra encore en 12  sous les noms de Gaius et de Lucius César : Basilica Gai et Luci mais ce nom ne perdura pas, et l'édifice reste nommé sous le nom de Basilica Iulia.
Forum_Romanum_JuliaUn incendie à Rome sous le règne de l'empereur Carin, en 283 détruisit en partie la basilique qui fut restaurée par Dioclétien, puis par Gabinus Vettius Probianus, préfet de la Ville, en 416
Durant l'Antiquité tardive, la basilique fut pillée à cause de la quantité et la magnificence du marbre utilisée, un four à chaux fut retrouvée. Au VIIe ou VIIIe siècle, une partie des restes de la basilique fut convertie en église.
La basilique abritait les tribunaux civils et des tabernae (boutiques), ainsi que des bureaux du gouvernement en même temps qu'on y pratiquait des opérations de banque. A partir du Ier siècle, elle fut également utilisée pour les séances des Centumviri (le « tribunal des Cent »), qui jugeait des affaires de succession.

29 octobre 2008

La basilique Æmilia

Forum_Romanum_15La basilique Æmilia ou Basilique émilienne, nommée aussi « basilique Paulli » (basilica Paulli) ou « basilique Fulvia » (basilica Fulvia), fut construite par les censeurs Marcus Aemilius Lepidus et Marcus Fulvius Nobilior en -179 et plusieurs fois modifiée par la suite.
En -14, la basilique brûla et fut reconstruite au nom de la gens Æmilia. Elle fut de nouveau restauré en 22 par Marcus Aemilius Lepidus.
Au début du Ve siècle, les toits en bois de la nef et des ailes furent brûlées, vraisemblablement lors du sac de Rome par Alaric Ier en 410. Les boutiques (tabernae) et la façade furent détruits. Un tremblement de terre en 847 causa l'effondrement définitif des restes de la basilique.
La basilique fut d'abord édifiée pour protéger les passants, offrir un abris aux activités du Forum Romanum, évitant ainsi pluie et soleil. On y fit faire aussi de nouvelles boutiques (tabernae), avec une terrasse pour assister aux combats de gladiateurs se déroulant sur la place. Des tribunaux vinrent aussi y siéger par la suite. Puis des changeurs et des banquiers s'installèrent en cet endroit propice aux affaires.

29 octobre 2008

La basilique de Maxence et Constantin

Forum_Romanum_39La basilique de Maxence et Constantin ou Basilique Nova fut commencée par l'empereur Maxence au début du IVe siècle mais accomplie par Constantin Ier, vainqueur de Maxence, l'usurpateur, à la bataille du pont Milvius. La basilique fut construite au bord de la Via Sacra, entre le Forum Romanum et le Temple de Vénus et de Rome, dans la Velia.








Forum_Romanum_40Le matériau utilisé pour l'édification de cette basilique était le béton, la brique et le marbre. La basilique tenait sur une énorme plate-forme rectangulaire de béton de 100 mètres de long et 65 mètres de large, et était composée d'une nef centrale de 80 mètres de long pour 25 mètres de large et 35 mètres de haut, et de deux bas-côtés de 16 mètres de large pour 24,5 mètres de haut. Il y a trois travées, séparées et articulées par huit colonnes monolithiques de marbre, de 14,5 mètres de haut pour 5,4 mètres de circonférence, les plus grandes de la Rome antique. Les trois nefs étaient construites suivant la direction est-ouest.



Forum_Romanum_41Le plafond était décoré par de profonds caissons hexagonaux et octogonaux. Le toit était recouvert de tuiles de bronze doré.
La grande épaisseur des murs (jusqu'à 6 mètres) et l'énorme taille et envergure du toit ont fait de ce monument l'un des plus remarquables de Rome. La magnificence de sa décoration intérieure était proportionnée à sa taille et à son caractère imposant. Elle fut édifiée à l'image des grandes salles des thermes, et non pas sur le plan basilical traditionnel à files de colonnes.











Forum_Romanum_43Ce monument est le dernier et le plus grand édifice d'époque impériale construit dans cette partie de Rome, au cœur de la ville. Il est probablement, en volume, la plus grande salle construite dans l'Antiquité. Deux tremblements de terre (847 et surtout 1349) ont eu raison de la nef centrale, avec ses merveilleuses voûtes d'arêtes caissonnées de 25 par 25 m et 35 mètres de hauteur, ainsi que du bas-côté sud et des deux portiques. Il ne reste plus aujourd'hui en élévation que le bas-côté nord de l'édifice, y compris ses trois voûtes en berceau transversal, dont on peut admirer les caissons octogonaux.










Forum_Romanum_42aLa postérité architecturale de la basilique de Maxence est immense : au moyen âge déjà, on en réalise une copie à l'échelle 1/5ème, dans l'avant-nef de l'abbatiale Saint-Valérien et Saint-Philibert de Tournus (XIème siècle). A la Renaissance, elle sera admirée par tous les grands architectes et copiée pour la nef de la basilique Saint-Pierre du Vatican.

11 juin 2008

Le cloître

Abbaye_de_Valmagne__55_aLe nouveau cloître, construit au XIVème siècle sur l'emplacement de l'ancien, conserve quelques parties romanes :
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Abbaye_de_Valmagne__94_a-l'armarium (c'était la bibliothèque des moines. Il nous parait petit, mais au XIIème siècle, les livres étaient rares. Il est couronné d'un arc en plein cintre à dents de scie)








Abbaye_de_Valmagne__93_a- la sacristie : la porte est aussi surmontée d'un arc en plein cintre en dents de scie. Voûtée d'un berceau en plein cintre, elle servait souvent de chapelle à l'abbé.
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Abbaye_de_Valmagne__82_a- la salle capitulaire : sans aucun pilier intérieur, la salle est ornée d'une voûte d'arête surbaissée d'une seule portée.
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Abbaye_de_Valmagne__79_aLes vases du cardinal de Bonzi sont placés entre les baies.
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Abbaye_de_Valmagne__101_a- le parloir, le sciiptorium et le chauffoir : ces deux dernières pièces n'existent plus depuis les transformations du cadinal de Bonzi.
- la salle des frères convers : restaurée au XIXème siècle, de vaste dimension, elle possède une cheminée renaissance, rapportée du château de Cavillargues, qui fut vendu pour restaurer Valmagne à la fin du XIXème siècle.














Abbaye_de_Valmagne__71_aLes retombées d'ogives du cloître gothique sont-elles ainsi accrochées sur de vieux murs romans. Les arcades sont surmontées d'un oculus, tantôt circulaire, carré ou triangulaire.












Abbaye_de_Valmagne__91_aBordant l'église, la galerie nord, galerie de la lecture, où s'effectuait la cérémonie du lavement de pieds. Au fond de la galerie se trouve un autel dédié à la vierge, et contre le mur de l'église, un enfeu : probablement celui d'un abbé.
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Abbaye_de_Valmagne__eLes ouvertures sont séparées par des groupes de colonnettes à chapiteaux, décorés de feuillage. Certaines sont en marbre, récupérées dans les fouilles de la fondation qui, on s'en souvient, ont été faite sur l'emplacement d'une villa romaine. On y retrouve de nombreux fragments sculptés en réemploi, provenant du jubé.
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12 octobre 2008

Santa Maria in Aracoeli

Santa_Maria_in_Aracoeli_22Santa Maria in Aracoeli, littéralement Sainte Marie de l'autel du ciel, à l’origine appelée Santa Maria in Capitolo, fut bâtie par des moines byzantins au VIème siècle sur les fondations de l'ancien temple de Junon Moneta, au nord de la colline du Capitole, à l'endroit où la Sibylle de Tibur aurait prédit à l'empereur Auguste l'avènement prochain du Christ. Auguste fit alors construire un autel à l'endroit où il avait eu la révélation, l'ara coeli. C'est aussi à l’emplacement de l’église Santa Maria d’Aracoeli, que résidaient les fameuses oies du Capitole qui sauvèrent Rome des Gaulois en -390 en donnant l’alerte par leurs cris.
Une autre hypothèse : l'église aurait remplacé l’auguraculum, le siège de l'augure. Je ne suis pas historienne, mais je pense que la deuxième hypothèse est la bonne. Je vous expliquerai pourquoi plus tard.





Santa_Maria_in_Aracoeli_23L’église et le monastère attenant suivaient donc le rite grec. Au début su IXème siècle, l’église fut prise en charge par la papauté et donnée aux bénédictins.
Au XIIIème siècle, elle passa aux mains des franciscains : une bulle papale datée de 1249 la leur accorde. Ils la reconstruisirent sur un plan basilical dans le style roman puis gothique, en incorporant de nombreux éléments de l'ancienne église.








Santa_Maria_in_Aracoeli_24Au XIVème siècle, Cola di Rienzo pris le pouvoir à Rome, en se proclamant Tribun et libérateur de la Sainte République romaine. Après avoir remporté une bataille contre les nobles, il  consacra son épée sur l'autel de Santa Maria in Aracoeli et inaugura l’escalier en 1348. Quelques années plus tard, il fut tué aux pieds des marches, où les criminels condamnés étaient exécutés. Sa statue fut érigée à cet endroit.













Santa_Maria_in_Aracoeli_19Durant tout le moyen-âge, l’église fut au cœur de la vie religieuse et civique de Rome. Elle est depuis désignée comme l'église du Sénat et du peuple romain, « Senatus Populusque Romanus ». Il est vrai que les sénateurs romains avaient l’habitude de se réunir dans le temple de Jupiter, situé à quelques mètres de celui de Junon.
Des chapelles sont rajoutées aux XVIème et XVIIème siècles, période au cours de laquelle le choeur et les parties hautes sont remises au goût du jour.
En 1797, avec l’avènement de la république romaine, la basilique fut désaffectée et transformée en étable.









Santa_Maria_in_Aracoeli_1On accède à Santa Maria par un escalier monumental de 124 marches en marbre, la scalinata d'Aracoeli. Cet immense ex-voto fut construit en 1348 par  Simone Andreozzi à la demande des romains pour remercier la Vierge d'avoir épargné la ville de l'épidémie de peste de 1346.
On dit que si l’on monte ces escaliers sur les genoux, les péchés seront pardonnés.













Santa_Maria_in_Aracoeli_5La façade de briques de l'église, jamais terminée, était à l'origine décorée de mosaïques et de fresques, dont il ne reste qu’une mosaïque dans le tympan de la porte principale. Les trois portes ont été ajoutées plus tard.










Santa_Maria_in_Aracoeli_2Au-dessus de la porte sud, le tympanon présente une mosaïque de la Vierge entourée de deux anges de l'école de Pietro Cavallini. Seul témoignage de l’époque gothique, une fenêtre, le seul détail que l’on aperçoit en bas des marches.






Santa_Maria_in_Aracoeli_6L'église comporte trois nefs, divisées par 22 colonnes romaines qui sont toutes différentes les unes des autres car  prélevées sur différents bâtiments romains antiques du Forum et du Palatin.










Santa_Maria_in_Aracoeli_12Le plafond à caissons fut offert par par Marcantonio Colonna en commémoration de la victoire des forces de l’alliance papale sur la flotte turque à la bataille de Lépante en 1571.

Le pavement du sol fut réalisé au XIIème siècle par la famille Cosma, dont le style particulier était l'incrustation de minuscules bris de marbres colorés aux motifs géométriques. Celui de Santa Maria in Aracoeli reste l’un des mieux conservés.











Santa_Maria_in_Aracoeli_25Des fresques du XVème siècle (1486) du Pinturicchio ornent la première chapelle à droite, et sont consacrées à saint Bernardin de Sienne.

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Santa_Maria_in_Aracoeli_18Une autre représente une vierge à l'enfant, peinte par Pietro Cavallini (1259 - 1330), peintre et un mosaïste italien de l'école romaine de la pré-Renaissance du Trecento.











Santa_Maria_in_Aracoeli_9Dans le chœur du sanctuaire se trouve une icône byzantine de la Vierge et l'Enfant, connue sous le nom de Madonna d'Aracoeli, peinte sur bois de hêtre, et datée du XIème siècle. Certains spécialistes prétendent qu'elle serait peut-être plus âgée, et daterait du VIème siècle, à l’époque où les moines byzantins construisirent l’église. D’après une légende, le pape saint Grégoire le Grand en l'an 594 l’aurait fait défiler dans les rues de Rome pendant une épidémie de peste, qu’elle aurait stoppée.











Santa_Maria_in_Aracoeli_14La statue de l'enfant Jésus sculptée au XVème siècle par un moine franciscain à Jérusalem dans du bois d'olivier du jardin de Gethsémani, fut transportée à Rome sur les ordres de la curie franciscaine, dont le siège social se trouvait à Santa Maria in Aracoeli. Son histoire débute déjà par plusieurs miracles : la statue fut peinte par un ange pendant que le sculpteur dormait, puis prise dans une tempête pendant le voyage vers l'Europe, elle fut jetée par-dessus bord, mais elle rebondit sur l’eau et finalement arriva aux pieds du moine franciscain, qui avaient attendu avec impatience sur les rives de la Livourne.










Santa_Maria_in_Aracoeli_15La légende raconte encore que la statue pourrait guérir les malades en phase terminale, et aurait même le pouvoir de ressusciter les morts. Incrustée de bijoux, la statue originale fut volée en 1994 et jamais retrouvée, c’est une copie que l’on trouve maintenant dans sa chapelle privée près de la sacristie.















Santa_Maria_in_Aracoeli_13La mère de l'Empereur Constantin Ier, sainte Hélène, fut inhumée dans l'église d'Aracoeli. Ses reliques sont conservées sous un baldaquin fait par les Cosma au XIIème siècle, dans un autel en porphyre.
















Santa_Maria_in_Aracoeli_8Je vais maintenant vous expliquer pourquoi je pense que les fondations de Santa Maria in Aracoeli sont posées sur l’ancienne auguraculum, le siège de l'augure.
La légende parlant d’Auguste et de la Sibylle de Tibur date du Moyen-Âge. C’est dans le milieu du XIIème siècle qu’on la trouve pour la première fois, dans un guide de Rome, le « Mirabilia Urbis Romae », où il est dit que l’église s’est construite à l’emplacement de l’ « Ara Primogeniti Dei », là où la sibylle prophétisa. Une légende plus tardive parle carrément d’une apparition mariale devant Auguste.
La colline du Capitole fut la plus ancienne et la plus haute de la Rome antique, donc celle qui prit le plus d’importance. Le christianisme ne pouvait que reprendre à son compte cette position afin d’asseoir son pouvoir et assurer la victoire du spirituel sur le temporel. L’apparition mariale vint vite détrôner la Sibylle, à connotation plus que païenne, même si elle annonçait dans ses prédictions la venue du Christ. Et comme il n’y a pas de fumée sans feu, la présence de cette prophétesse en ces lieux n’est pas anodine.

Au cours de ma visite, j’ai senti un point énergétique très puissant, une ligne en fait, passant par deux des premiers piliers de la nef. Une faille géologique passe à cet endroit. Il suffit de se tenir quelques minutes sur cette ligne, et l’on comprend très vite comment la Sibylle pouvait avoir des visions…. Hein ? Mais non j’ai pas fumé la moquette. Essayez, vous verrez bien !

Santa_Maria_in_Aracoeli_20http://www.insecula.com/salle/MS02945.html
http://www.rome-decouverte.com/la-colline-du-capitole/santa-maria-in-aracoeli.html
http://www.rome-passion.com/santa-maria-aracoeli.html
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29 octobre 2008

L'arc de Septime Sévère

Forum_Romanum_12L'arc de Septime Sévère fut érigé en 203 pour glorifier les victoires militaires de l'empereur Septime Sévère et ses fils Geta et Caracalla sur les Parthes. C'est une construction de marbre, comportant une arche principale encadrée de deux arches plus petites.






Forum_Romanum_20Les façades sont richement décorées de colonnes, d'entablements et de bas-reliefs. Sur l'attique de chaque façade, est gravée une large inscription dédicatoire. Originellement, les lettres gravées en creux recevaient des lettres de bronze aujourd'hui disparues.

Un quadrige de bronze, conduit par l'empereur et ses deux fils, couronnait l'arc à l'origine. Un escalier permet d'accéder à la plate-forme supérieure.





Forum_Romanum_21Le type architectural de cet arc de triomphe a notamment inspiré la conception de l'Arc de Constantin ainsi que celle, au tout début du XIXe siècle, de l'Arc du Carrousel à Paris.
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29 octobre 2008

Les constructions non sacrées du Forum

Forum_Romanum_60Les articles suivants n'ont qu'un rapport très éloigné avec les lieux sacrés. Ils ne sont là que grâce à leur emplacement proche des anciens temples et de la via sacra du Forum. Je vous présente donc uniquement les photos que j'ai pu en faire, accompagnées des textes trouvés sur l'encyclopédie Wikipédia.

8 octobre 2008

Le temple d'Hercule Victor dit de Vesta

Temple_de_Vesta_5Le temple d'Hercule Victor, appelé aussi Olivarius car protecteur de la corporation des olearii ou marchands d'huile d'olive, est parfois nommé temple de Vesta, en raison de sa forme circulaire qui rappelle le temple de Vesta du Forum Romain. Il fut construit à la fin du IIème siècle avant notre ère dans le Forum Boarium dont la fonction religieuse s'était rapidement développée.
Temple_de_Vesta_3












Temple_de_Vesta_4Son architecture est typiquement grecque. Si l'on ne connaît pas avec certitude le nom du constructeur de ce temple (l'architecte aurait pu être Hermodoros de Salamine), la base d’une statue de culte et une inscription qui ont été retrouvées, laissent penser qu’il s’agit d’un négociant romain du nom de Marcus Octavius Herrenus, qui voulait remercier le patron de la corporation des marchands d’huile après s’être enrichi.







Temple_de_Vesta_1Cet élégant temple circulaire périptère, dont la cella est orientée côté est et qui s’élève sur un soubassement à degrés, possède vingt colonnes cannelées à chapiteaux corinthiens formant un cercle concentrique autour d'un naos cylindrique. Ces éléments supportaient à l'origine une architrave et un toit qui ont disparu. Il fut reconstruit par Tibère en l'an 15 en marbre de Luni.







Temple_de_Vesta_6Au XIIème siècle, il fut transformé en l'église de Santo Stefano delle Carrozze, puis fut appelé Santa Maria del Sole à partir du XVème siècle, à la suite d'une histoire particulière : une vieille dame de 115 ans, qui avait juré de vivre en tant que vierge, trouva une image de la Vierge dans la rivière. Le visage brillait comme le soleil...alors il fut placé à l'intérieur de l'église qui désormais pris le nom de sainte Marie du Soleil. L'église est fermée depuis le début du XIXème siècle et n'est pas ouverte au public.

Le temple d'Hercule Victor est le plus ancien bâtiment en marbre de Rome encore présent aujourd'hui.

7 octobre 2008

Largo di Torre Argentina

Largo_di_Torre_Argentina_3Dans le centre de Rome, à 8 mètres au-dessous du niveau de la place de Largo di Torre Argentina, se trouve une enceinte sacrée qui contient 4 temples romains. Le nom de la place provient de la tour d'une maison, la Casa del Burcardo (au 44 Via del Sudario) qui fut occupée par un prélat nommé Burckhardt de Strasbourg (l'ancienne Argentoratum), maître de cérémonie du pape au début du XVIème siècle (1503). Une autre explication serait en rapport avec les magasins d'orfèvres (argentarii) installés non loin. Cette enceinte était située dans l'ancien Champ de Mars.




Largo_di_Torre_Argentina_11Les temples furent exhumés entre 1926 et 1930 et font partie d'un complexe de la période républicaine. Ils furent érigés entre le IIIème siècle avant notre ère et le Ier après notre ère. La place avec ses sanctuaires était entourée de portiques.














Largo_di_Torre_Argentina_10A défaut d’identification précise, les temples ont été nommés A,B,C et D. 

1- Restes de l'exèdre central du portique de Pompeï, maison du Sénat
2- Restes des latrines du portique
3- Statio Aquarium, département de l'eau
4- Pavement en tuf (-200)
5- Pavement en travertin (Ier siècle)









Largo_di_Torre_Argentina_2- Le temple rectangulaire A, dont 15 colonnes sont encore debout, sur lequel fut construite l'église médiévale de San Nicola dei Cesarini (il n'en reste que l'abside). Il fut probablement dédié à Juturne par Gaius Lutatius Catulus, après sa victoire contre les Carthaginois pendant la première guerre punique en 241 avant notre ère.








Largo_di_Torre_Argentina_4Juturne était essentiellement honorée à Rome comme divinité des eaux : comme de nombreuses sources, elle passait pour donner la guérison aux malades. Lors de la fête des juturnalia, le 11 janvier, les artisans que leur métier liaient à l'eau lui rendaient un culte. Elle était enfin invoquée lors des volcanalia pour écarter les incendies des récoltes. Plus tard, à l'époque de Septime Sévère (fin du IIème siècle, début du IIIème), ce temple abrita  les bureaux des Eaux et Aqueducs gérés par un Curator acquarum et Minuciae ou préposé au Service des Eaux et à la distribution du blé.




Largo_di_Torre_Argentina_8- Le temple B, de plan circulaire, avec six colonnes, fut construit par Quintus Lutatius Catulus en 101 avant notre ère pour célébrer sa victoire sur Cimbres, un peuple nordique du Jutland, et dédié à " Aedes Fortunae Huiusce Diei",  la "Fortune du Jour Présent". Au dos de celui-ci, se trouvait l’antique Curie Pompéienne, le lieu même où Jules César fut assassiné en 44.













Largo_di_Torre_Argentina_5Une statue colossale de la déesse y fut découverte lors des fouilles, maintenant conservée dans le musée du Capitole. Sa tête, ses bras et ses jambes sont en marbre, les autres parties, couvertes par la robe, sont en bronze.










Largo_di_Torre_Argentina_7- Le temple rectangulaire C, le plus petit et le plus ancien (quatrième ou troisième siècle avant notre ère), sur un niveau plus bas que les autres, était vraisemblablement dédié à la divinité Feronia, divinité liée à l'eau (sources et bois), à la fécondité (récoltes), aux voyageurs, à la liberté (les esclaves s'asséillaient sur l'une des pierres sacrées de son temple pour obtenir leur libération), et au feu. Ce temple fut consacré après une victoire sur les Sabins en 290 avant notre ère. Il fut restauré après l'incendie de 80, la mosaïque en noir et blanc date de cette époque.




- Le temple D, dont une partie reste sous la chaussée, le plus grand des 4 et le plus récent, date de l'époque Augustéenne et pourrait être celui des Lares Permarini,  qui protègent les navigateurs. Il fut construit par le preteur  Marcus Aemilius Regillus, engagé dans une bataille navale contre la flotte d'Antiochus le Grand en -190.

Les Lares

Lares_1Les Lares, parfois aussi appelés Genii loci, sont des divinités romaines protectrices. La religion des dieux Lares, qui compte parmi les plus anciennes des peuples de l'Italie latine, fait partie du groupe très important des cultes domestiques où figurent, avec Vesta et Vulcain, les Pénates, les Manes et les Génies ; on la rencontre dès les débuts de l'histoire, chez les Latins, les Sabins et les Etrusques. Rome avait pour dieux lares Rémus et Romulus.

Lares_3En général, tous les dieux qui étaient choisis pour patrons et protecteurs d'un lieu public ou particulier, tous les dieux dont les États, les cités, les maisons éprouvaient la protection, en quelque genre que ce fût, étaient appelés Lares. On distinguait donc plusieurs sortes de dieux Lares, outre ceux des maisons qu'on appelait domestiques ou familiers. Ceux-ci, gardiens de la famille, avaient leurs statues en petit modèle auprès du foyer ; on en prenait un soin extrême ; certains jours, on les entourait de fleurs, on leur mettait des couronnes et on leur adressait de fréquentes prières. Cependant, il arrivait quelquefois qu'on perdait tout respect à leur égard, comme, par exemple, à la mort de quelques personnes chères : alors, on les accusait de n'avoir pas veillé à leur conservation, de s'être laissé surprendre par les génies malfaisants.









Lares_2Les Lares publics présidaient aux édifices, aux carrefours, aux places de la ville, aux chemins, aux champs : ils étaient même chargés d'éloigner les ennemis. A Rome, les Lares avaient leur temple dans le Champ-de-Mars. Janus, Apollon, Diane, Mercure étaient réputés dieux Lares des Romains. Le culte des dieux Lares est venu, paraît-il, de ce que l'on avait coutume primitivement d'enterrer les corps dans les maisons. Le peuple crédule s'imagina que leurs âmes y demeuraient aussi, et il les honora bientôt comme des génies favorables et propices. Plus tard, quand la coutume se fut introduite d'enterrer les morts le long des grands chemins, on regarda aussi les Lares comme dieux protecteurs des routes.







Lares_4Il convient d'ajouter que les Lares ne pouvaient être que les âmes des bons ; on donnait le nom de Lémures aux âmes des méchants. Les Lémures, génies malfaisants et inquiets, apparaissaient, disait-on, sous la forme de fantômes, et se faisaient un malin plaisir d'effrayer et de tourmenter les vivants. On les appelait aussi Larves.















Les chats du Largo

Largo_di_Torre_Argentina_9C'est dans cet espace sacré que les chats ont trouvé leur sanctuaire. Des "gattare", femmes bénévoles, viennent s’occuper d’eux et les nourrir à leurs frais. Il est possible d'adopter l'un des matous, qui sont tous vaccinés et stérilisés. Les dons sont les bienvenus pour ceux qui sont trop vieux ou handicapés....

http://monsite.wanadoo.fr/roma_centre_histor./page5.html
http://www.linternaute.com/voyage/italie/rome/monument/largo-argentina/
http://www.mediterranees.net/histoire_romaine/empereurs_1siecle/auguste/daremberg8.html
http://www.dicoperso.com/term/adb0aeb1acb1a35d,,xhtml

4 octobre 2008

La fontaine de Trevi

Fontaine_de_Trevi_7Dès le Ier siècle avant notre ère une conduite d'eau, l'Aqua Vergine, arrivait déjà à cet endroit pour alimenter les thermes d 'Agrippa situés derrière le Panthéon. La légende rapporte que des soldats, cherchant de l'eau, rencontrèrent une jeune fille nommée Trevi.















Fontaine_de_Trevi_4Ils lui assurèrent qu'elle pourrait garder sa virginité si elle leur indiquait l'emplacement d'une source, ce qu'elle fit. L'étymologie la plus probable est latine : "trivium", ou "tre vie" en italien, signifie que la fontaine se trouve sur l'emplacement d'un croisement de trois rues, ou encore sur la convergence de 3 "bouches", "cavole di Trejo", du conduit de l'Aqua Vergine.








Fontaine_de_Trevi_3La légende est tenace, le merveilleux aussi : la vierge à l'angle, entourée de deux anges soutenant une couronne, protège les passants selon une antique tradition, les amoureux et les couples désirant un enfant s'y donnent rendez-vous, ceux qui veulent revenir à Rome lancent une pièce dans l'eau par dessus leurs épaules, le dos tourné vers la vasque. Cette coutume s'est répandue au monde entier : les touristes jettent des pièces, de partout sur la planète, dans la moindre petite fontaine afin d'exaucer un vœu. A la fontaine de Trevi, la monnaie est collectée par les autorités et envoyée à des œuvres de charité.









Fontaine_de_Trevi_2La fontaine actuelle fut construite sous le pontificat de Clément XII, dont on remarque le blason en haut de l'édifice, et décorée par de nombreux artistes de l’école du Bernin en 1762. Elle remplace la bouche de l'Aqua Vergine.















Fontaine_de_Trevi_1Elle représente une allégorie de l'Océan avec au centre Neptune, se tenant sur un char en forme de coquille d'huitre tiré par deux chevaux marins ailés: l'eau violente (gauche) et l'eau sauvage (droite). Les chevaux sont guidés par deux tritons. Neptune est entouré  par l'abondance et la salubrité, surmontées de deux reliefs représentant d'un côté la jeune fille découvrant la source et de l'autre l'empereur Agrippa commandant la construction de l’aqueduc.







Fontaine_de_Trevi_5Les statues au dessus représentent les quatre saisons. Une anecdote intéressante sur un évènement qui a conduit au tarissement de la fontaine :
http://www.acme-eau.org/Histoire-drole-A-Rome,-la-fontaine-de-Trevi-est-coupee_a1630.html

30 octobre 2008

Le temple de Faustine

Forum_Romanum_35Ce grand temple, transformé en l'église San Lorenzo in Miranda au IXème siècle, est facilement identifiable en raison de l'inscription sur son architrave. Antoninus Pius ( Antonin dit "le pieux" en raison de sa loyauté à son père adoptif, Hadrien), l'érigea en mémoire de sa femme, Faustine, morte et divinisée en 141.























Forum_Romanum_Faustine_2Son propre nom fut ajouté à la dédicace à sa mort en 161. Il s'agit d'un nouvel exemple de la coutume de la divinisation après la mort introduite à Rome avec le temple de Jules César.










Forum_Romanum_FaustineEn 1902, à la droite du temple, les restes d'une nécropole de l'âge de fer furent découverts, comportant 41 tombes. Dans la plus ancienne remontant au Xème siècle avant notre ère, composée d'une fosse circulaire, furent retrouvés du mobilier et une urne contenant des restes humains incinérés.









Forum_Romanum_Faustine_4Les six grandes colonnes du pronaos, hautes de 17 mètres, avec chapiteaux corinthiens en marbre blanc, constituent la façade. Elles résistèrent aux incendies, pillages et tremblement de terre. Sur leur moitié supérieure, des traces d'usures, dues au frottement d'une corde à la suite de la volonté de les détruire, soit pour ce qu'elles représentaient, soit pour pouvoir s'en servir comme carrière. Une autre explication propose l'éventuel ajout temporaire d'un toit au XIVème siècle.






Forum_Romanum_Faustine_3A l'origine, le temple était entouré d'une frise dont on peut encore voir quelques restes. Y sont représentés des griffons, des candélabres et des feuilles d'acanthe.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Temple_d%27Antonin_et_Faustine
http://www.romaviva.com/Fori-Imperiali/tempio_antonino_faustina_fra.htm
http://sights.seindal.dk/sight/175_Temple_of_Antoninus_and_Faustina.html

1 octobre 2008

Le Panthéon

Panth_on_11Le Panthéon original fut construit en -27, au début du règne d’Octave Auguste, par Marcus Vipsanius Agrippa. L'inscription sur le fronton mentionne "M(arcus) AGRIPPA L(uci) F(ilius) CO(n)S(ul) TERTIUM FECIT", c'est à dire " Marcus Agrippa, fils de Lucius, consul pour la troisième fois, le fit construire ". Son nom vient du grec "Pántheion", adjectif qui signifie "de tous les dieux". Il était  à l’origine le temple de toutes les divinités de la religion antique.






Panth_on_13D’après des fouilles menées à la fin du XIXème siècle, le premier temple était rectangulaire, avec un pronaos (partie antérieure du temple) ouvert vers le sud, et une cella (partie intérieure et fermée du temple) transversale plus large (environ 40 mètres) que longue. Il était construit en blocs de travertin et revêtu de plaques de marbre.

Le Panthéon d’Agrippa fut détruit par un nouvel incendie en 110, sous Trajan. Il fut entièrement reconstruit sous le règne de l’empereur Hadrien, vers l’an 125, comme le révèlent les dates imprimées dans les briques, comprises entre 123 et 125.




Panth_on_15Il devait être le temple de tous les dieux, une sorte de geste œcuménique ou syncrétique à l’adresse de tous ceux qui dans l’empire romain n’adoraient pas les vieilles divinités de Rome, ou qui les adoraient sous d’autres noms.  Rares sont les monuments antiques qui mêlent l'ensemble des Dieux pour les unifier au sein d'un même espace sacré. Si la Grèce a l'Olympe, royaume de tous les Dieux, Rome a le Panthéon, leur maison terrestre.

Ce nouveau panthéon est un ensemble de formes géométriques: trois blocs architecturaux aux volumes différenciés, pronaos en prisme, bâtiment de transition cubique et rotonde circulaire


Panth_on_30A l'entrée se trouve le pronaos, salle introductive qui amène à la place principale: le panthéon s'inspire des temples grecs adoptant la même disposition. Ses huit colonnes de façade en font à elles seules un édifice particulier car la plupart des édifices antiques ont 6 colonnes de façade. Le pronaos était surélevé par un podium de 1,3 m, et accessible par un escalier de cinq marches. Au fil des siècles, le sol environnant s’est exhaussé, et la place qui entoure le Panthéon atteint maintenant le niveau du podium. Il mesure 34 m de large, pour 15,6 m de profondeur.





Panth_on_4Le portique de façade comporte 16 colonnes corinthiennes monolithes de granite, à chapiteaux de marbre, disposées sur trois rangs : huit colonnes en façade suivies de deux rangs de quatre colonnes. Les colonnes extérieures sont en granite gris clair, les quatre colonnes intérieures sont en granite rose plus sombre. Toutes proviennent des carrières d'Égypte. Les fûts de 12,5 m de hauteur pour un diamètre à la base de 1,5 m pèsent environ 69 tonnes. Innovation architecturale à noter, le fût des colonnes n’est pas cannelé mais lisse. Deux colonnes ont été retirées au Moyen Âge à gauche et remplacées par des colonnes des thermes de Néron au XVIIème siècle.









Panth_on_18La colonnade ainsi disposée délimite trois nefs, la nef centrale conduit à la grande porte du temple, les deux nefs latérales donnent sur deux niches en demi-cercle qui devaient abriter des statues, probablement celles d’Auguste et d'Agrippa. La couverture du pronaos était en tuiles de bronze, aujourd’hui remplacées par des tuiles classiques.
Panth_on_plan













Panth_on_17Entre le pronaos et la rotonde, se trouve un bâtiment intermédiaire, aussi large que le pronaos qu’il prolonge, soit 34 m, mais plus haut que lui, puisqu’il culmine au même niveau que la rotonde. Il forme le fond du pronaos et fait la liaison entre pronaos et la cella, permettant le passage de l’un à l’autre par son portail central. Le sommet de ce bâti est une terrasse plane.







Panth_on_25Les actuelles portes de bronze, de proportion différente de celle de l’entrée, proviennent d’un autre édifice antique, et sont les plus grandes que l’antiquité nous ait léguées. Les placages de marbre blanc qui couvraient les parois extérieures et les décoraient de pilastres cannelés sont partiellement en place.














Panth_on_20Puis vient la cella. La rotonde est un mur parfaitement circulaire de 58 m de diamètre extérieur qui forme une double paroi de près de 7 m d’épaisseur. Sa partie intérieure, d’un rayon de 21,7 m égal à sa hauteur intérieure, assure un double rôle : elle forme le décor de la cella, et elle soutient le poids de la coupole. Ce mur intérieur est subdivisé en deux niveaux horizontaux :







Panth_on_8Le niveau inférieur est évidé par sept exèdres, alternativement semi-circulaires et trapézoïdales. L’entrée constitue la huitième exèdre. Chaque exèdre est bordée par deux colonnes corinthiennes cannelées et deux pilastres de marbre jaune. Ces sept niches en circonférence auraient hébergé des statues de Dieux ou d'hommes illustres divinisés, dont celles d’Arès, (Mars), père de Romulus, et celle d’Aphrodite, (Venus).






Panth_on_7Le niveau supérieur, délimité par deux corniches circulaires, est un décor de transition, alternant de fausses fenêtres carrées, des plaques de marbre de couleur et des rectangles de porphyre. Cette décoration réalisée en 1747 par Luigi Vanvitelli remplace la décoration romaine d’origine. Dans l’antiquité, de vraies fenêtres grillagées laissaient passer une lumière diffuse, indirectement captée de l’extérieur par les petites ouvertures du mur extérieur. Ces ouvertures engendraient une lueur quasi crépusculaire à la base de la coupole, renforçant l’effet de voûte céleste. Elles ont été partiellement reconstituées en 1930 sur une petite portion à droite de l’entrée.









Panth_on_6Le dallage du sol, parfaitement restauré, est en marqueterie de dalles de pierres colorées (opus sectile), et dessine un quadrillage où alternent des plaques de porphyre et de granite gris formant des motifs alternativement ronds et carrés. Pour faciliter l’évacuation des eaux de pluie qui pénètrent par l’orifice de la coupole, ce dallage est légèrement convexe, avec une surélévation de 30 cm à environ 2 m du centre de la rotonde.







Panth_on_24D'un diamètre interne de 43 mètres, la coupole est une demi-sphère parfaite. Si on la complétait vers le bas, la sphère toucherait exactement le sol. Le diamètre du Panthéon est donc égal à la hauteur de l'édifice. Il symbolise le ciel: la sphère est considérée comme la forme la plus pure, et le cercle comme la surface la plus parfaite. L’oculus sommital, de 8,7 m de diamètre, est renforcé par un cercle de bronze. Il est l’unique source de lumière directe, car l’entrée de la cella est tournée vers le nord et protégée par le pronaos. Il projette un ovale de lumière qui défile lentement sur les caissons de la coupole, ajoutant à la magie du lieu.



Rome_029Les romains employèrent pour sa construction le béton: le mortier du béton romain est à base de chaux, il tend à se calcifier toujours plus en vieillissant, ce qui lui assure une excellente tenue au fil des siècles. Ainsi coulée, la coupole constitue un dôme monobloc.



Panth_on_23Son état de conservation est remarquable et s'explique en partie par le fait qu'après la chute de l'Empire au VIème siècle, les Byzantins reprirent le contrôle de Rome et qu'en 609, l’empereur byzantin Phocas en fit don au pape Boniface IV. Celui-ci le consacra comme église chrétienne à la Vierge Marie et aux martyrs (Sancta Maria ad Martyres, c’est-à-dire Sainte-Marie aux Martyrs), titre qu’elle porte encore de nos jours. Il fit transférer des restes anonymes prélevés dans les catacombes et installer un autel sur ces reliques.

Panth_on_22










Panth_on_9L'ancienne architecture fut conservée, la symétrie axiale imposa le placement de l’autel dans l’exèdre sud, face à l’entrée, et non à l’est selon l’usage chrétien. La consécration de l’édifice le sauva du vandalisme et des destructions délibérées qui ruinèrent la plupart des monuments de la Rome antique pendant le bas Moyen Âge. Mais ceci n'empêcha pas le pape Urbain VIII Barberini de faire fondre les bronzes qui décoraient l’intérieur ou couvraient le portique pour réaliser de 1624 à 1635 le baldaquin de Saint Pierre dans la nouvelle basilique Saint-Pierre. Les responsables de ce pillage furent raillés par cet épigramme «Quod non fecerunt Barbari, fecerunt Barberini » (Ce que les Barbares n’ont pas fait, les Barberini l’ont fait). À la fin du pontificat d’Urbain VIII, Le Bernin ajouta deux clochetons aux extrémités du fronton du Panthéon, que les Romains surnommèrent « les oreilles d’âne du Bernin ». Ils furent éliminés en 1882, ce qui rétablit l’aspect originel du fronton.





Panth_on_21Depuis la Renaissance, le Panthéon est utilisé comme tombeau: parmi les personnalités qui reposent dans les exèdres transformées en chapelles se trouve Raphaël (1487-1520), selon ses dernières volontés.Son corps fut placé dans un sarcophage antique, sur lequel on peut lire l’inscription du poète Pietro Bembo (1470-1547) : « Ci-gît Raphaël, à sa vue la nature craignit d’être vaincue ; aujourd’hui qu’il est mort elle craint de mourir. ».






Panth_on_3L’obélisque de la piazza della rotonda se dresse depuis 1578 devant le Panthéon, sur une fontaine. C'est un petit monolithe de granit rouge fut taillé à Assouan, et fait 6 mètres de haut. Ses hiéroglyphes indiquent qu'il fut érigé par Ramsès II à Héliopolis vers 1300 avant notre ère.

Transporté à Rome probablement sous Domitien en même temps que l'obélisque dit actuellement de Dogali, il semble avoir fait partie des propylées du temple d'Isis et Sérapis sur le Champ de Mars.
Panth_on_2










Panth_on_10http://fr.wikipedia.org/wiki/Panth%C3%A9on_de_Rome
http://www.clioetcalliope.com/oeuvres/archi/pantheon/pantheon.html

30 octobre 2008

Le temple de César

Forum_Romanum_33Après l'assassinat de Jules César, le 15 mars -44, sont corps fut transporté vers le Forum. C'est près de la Regia, qui était sa résidence officielle en tant que Pontifex maximus, qu'il fut incinéré 5 jours plus tard. Une colonne commémorative fut érigée, puis Auguste commença la construction d'un temple pour son père adoptif que le sénat avait divinisé, introduisant ainsi à Rome pour la première fois la coutume orientale de la divinisation après la mort. Le temple de César (Aedes Divus Iulius ou Templum Divi Iuli) fut consacré par Octave le 18 août de l'année -29.

Forum_Romanum_CesarDans le temple, auquel on accédait par deux escaliers, était conservée la statue de César avec la tête couronnée d'une étoile pour rappeler la comète qui, étant apparue après la mort du dictateur, en avait annoncé la divinisation. Suétone relate que "pendant les premiers jeux que son héritier Auguste donna pour lui après son apothéose, une comète, qui se levait vers la onzième heure, brilla durant sept jours de suite, et l'on crut que c'était l'âme de César reçue dans le ciel. C'est pour cette raison qu'il est représenté avec une étoile au-dessus de la tête." 

Forum_Romanum_Cesar_2L'autel circulaire placé au centre du podium devrait indiquer le lieu exact où eut lieu l'incinération. Ce temple fut souvent démoli et restauré. Il ne reste plus que quelques pierres et l'autel circulaire, sur lequel, encore de nos jours, des fleurs sont déposées régulièrement.

http://www.mediterranees.net/histoire_romaine/empereurs_1siecle/auguste/divinjules.html
http://www.romaviva.com/Fori-Imperiali/temple_de_cesar.htm
http://www.italie1.com/temple-divin-jules-rome-6287.html

30 octobre 2008

Le Lacus Curtius

Forum_Romanum_30Le "Lacus Curtius" reste un endroit bien mystérieux. Dans l'espace central du forum, il est constitué d'une zone pavée comprenant un cercle dans lequel on trouve les restes d'un ancien autel. Une frise à proximité représente un cavalier Sabin.
Les romains avaient pour habitude d'aller y jeter une pièce de monnaie afin d'obtenir des dieux de garder en bonne santé l'empereur...










Cet endroit donnera lieu à la création de plusieurs personnages mythiques capables d'expliquer l'origine de ce nom :

forum_Romanum_Lacus_1- Mettius Curtius, qui prendra part à la guerre entre Romulus et le Sabin Titus Tatius, affrontera, selon une tradition, le Romain Hostus Hostilius qu'il tuera avant de chasser les troupes romaines du Capitole.
Il se moquera des Romains, qui avaient enlevés peu de temps auparavant les Sabines, en évoquant leur lâcheté à l'égard des hommes. Mettius s'enfuira lors d'une offensive conduite par Romulus. Son cheval s'emballera et cavalier tombera dans l'étang qui portera son nom. Mettius parviendra à se dégager tandis que ses hommes perdront la bataille dans la vallée qui devait devenir le Forum romain.

- Selon une légende qui remonte à 362 avant Jésus-Christ, le jeune Marcus Curtius se lancera tout armé avec son cheval dans un gouffre énorme qui venait de s'ouvrir au milieu du Forum. Il répondait ainsi à la demande des devins qui prétendaient que les dieux des Enfers, à qui les Romains avaient négligé de sacrifier, réclamaient l'immolation du citoyen le plus valeureux, l'abîme ne se refermerant que lorsque Rome y aurait jeté ce qu'elle avait de plus précieux. Le gouffre, dit-on, se ferma aussitôt.

- Gaius Curtius Chilo, consul légendaire qui vivra en 445 avant Jésus-Christ, consacrera le nom du site lorsqu'il sera touché par la foudre.

http://www.insecula.com/contact/A009745.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Curtius_(h%C3%A9ros)

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