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lieux sacrés
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20 août 2009

La cathédrale Saint-Maurice de Vienne, l'intérieur

Saint_Maurice_Vienne_37La construction du bâtiment actuel fut entreprise en 1130 dans le style roman.
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Saint_Maurice_Vienne_49De cette époque datent les parties les plus anciennes, à savoir la partie de la nef comprise entre la 5ème et la 11ème travée : arcades jusqu'au niveau du triforium, bas-côtés, les 59 chapiteaux et quelques éléments en remploi dans la construction gothique...









Saint_Maurice_Vienne_56dans la nef de gauche au-dessus d'une porte un bas-relief représentant les Rois Mages devant Hérode et dans la nef de droite un bas-relief représentant l'Adoration des Mages...














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dans le porche nord, trois statues monumentales du milieu du XIIème siècle représentent trois apôtres témoignant des échanges artistiques entre Vienne et Autun à cette période).















Saint_Maurice_Vienne_34L'édification se poursuit au XIIIème siècle : le style devient alors gothique, comme en témoigne le chœur (dont l'abside est réédifiée sur le soubassement de l'abside de la construction romane),










Saint_Maurice_Vienne_45le triforium, les fenêtres hautes et les voûtes de la nef centrale, les quatre travées occidentales avec les clés de voûte ornées des armoiries des familles ou des chanoines bienfaiteurs,
















Saint_Maurice_Vienne_57les chapelles latérales ouvertes sur les bas-côtés et quelques restes de monuments sculptés qui proviennent peut-être du jubé. Des chapelles qui s'ouvraient sur le cloître ne subsistent plus que la chapelle fondée en 1495 par Claude de Virieu.










Saint_Maurice_Vienne_47Saint_Maurice_Vienne_48














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5 août 2009

Abbaye Saint-André-le-Bas, historique

Vienne_Saint_Andr__le_Bas_2Les origines de l'abbaye Saint-André-le-Bas remontent au milieu du VIème siècle. Elles mettent au premier plan un notable viennois,  le duc Ansemond, qui a déjà fait des donations en faveur de l'église Saint-Pierre. Il demanda qu'un nouveau monastère consacré à saint André soit élevé auprès de sa sépulture. De cette époque ne reste que peu de vestiges, quelques parties intérieures du mur nord de l'église.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_1Ce nouveau lieu de culte fut construit dans un quartier urbanisé depuis les temps romains, ce qui explique que l'on trouve dans le sous-sol des vestiges de murs de l'époque antique sur lesquels on a bâti le monastère.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_14Mentionnée au VIIème siècle comme monastère de femmes, l'abbaye fut délaissée aux VIIIème et IXème siècles jusqu'au jour où Boson, roi de Bourgogne et de Provence, qui avait fait de Vienne sa capitale, restaura la vie religieuse, créant à Saint-André un chapitre de chanoines. L'église devint la chapelle du palais.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_3Au Xème siècle, les souverains du royaume de Bourgogne continuèrent à honorer et protéger leur église palatiale qui reçut un second patron, saint Maxime. Le roi Conrad prit l'initiative d'y recréer un monastère sous la règle de saint Benoît. Selon la tradition, Conrad aurait été inhumé dans l'église.








Vienne_Saint_Andr__le_Bas_24Au cours des XIème et XIIème siècles, acquisitions et donations ne cessèrent d'accroître le domaine. L'église fut agrandie et surélevée. Puis commença un chantier qui transforma l'abbaye : le clocher fut élevé, le cloître reconstruit, l'église agrandie et voûtée.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_59C'est de cette époque que date l'ornementation sculptée, particulièrement dans l'église, où maître Guillaume, fils de Martin, a laissé sur une inscription la date de ses réalisations : 1132. Son atelier et celui de Saint-Maurice sont en contact, s'influençant mutuellement. Les modèles bourguignons ne leur sont pas étrangers.








Vienne_Saint_Andr__le_Bas_11Au XIIIème siècle l'abbé obtient du pape le droit de porter la mitre. Le quartier dans laquelle elle est implantée, appelé la Grande Paroisse, joue un rôle particulier dans la ville, en particulier à cause de la population juive qui y est nombreuse (elle apparaît à ce titre fréquemment dans les archives de l'abbaye).








Vienne_Saint_Andr__le_Bas_5Au delà du XIIIème siècle, l'histoire de l'abbaye n'offrit plus guère d'évènements majeurs. Dans ses locaux se tinrent parfois les réunions des consuls. A partir du XVIème siècle, le nombre de religieux diminua. Son existence fut remise en cause dès le début du XVIIIème siècle, et finalement, elle fut supprimée en 1772.








Vienne_Saint_Andr__le_Bas_29Suite à la vente de l'abbaye à la révolution et à des transformations effectuées au XIXème siècle, les arcades du cloître furent murées. Des locaux privatifs et publics, comme la chambre de commerce, occupaient l'espace des galeries.

22 juillet 2009

Le jardin de Cybèle

Vienne_le_jardin_de_Cyb_le_5Les vestiges encore visible aujourd'hui appartiennent à trois ensembles gallo-romains construits entre entre 14 et 37 : le forum, une salle d'assemblée et un quartier d'habitations.
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Vienne_le_jardin_de_Cyb_le_7Les deux arcades en élévation constituaient l'angle sud/est du forum. Au nord de cette placette, l'arcade ouverte est un passage monumental vers le forum. L'autre arcade, fermée par un soubassement, était complétée par d'autres arcades qui fermaient l'est du forum. Selon la dernière hypothèse retenue concernant l'organisation du forum, elle devait border la basilique.







Vienne_le_jardin_de_Cyb_le_11La frise qui court au-dessus de la petite arcade est décorée d'une suite de touffes végétales variées, rythmée par une tête de Jupiter-Ammon reconnaissable à ses cornes. Cette représentation est associée au culte impérial. Les deux arcades sont bâties en calcaire fin importé du midi de la France.









Vienne_le_jardin_de_Cyb_le_8D'autres bas-reliefs présentent des têtes datant du Ier siècle, ainsi qu'une figure du moyen-âge.
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Vienne_le_jardin_de_Cyb_le_3Au centre, un bâtiment en gradins, d'une capacité de 800 personnes, s'inscrit entre le grand mur nord, surmonté d'une corniche en escalier, et un mur sud dont on ne voit que les bases.
Dans la partie sud, entre deux ruelles et un escalier, un quartier d'habitations avec boutiques se partageait en deux maisons, l'une ouvrant sur la voie basse, l'autre sur la terrasse supérieure à l'est.
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Vienne_le_jardin_de_Cyb_le_2Vienne_le_jardin_de_Cyb_le_1Au haut moyen-âge, un château à enceinte polygonale, le palais des Canaux (ainsi appelé à cause des substructions qui firent penser à des arrivées d'aqueducs gallo-romains, alimentant des thermes) a remployé les deux arcades et le grand mur. Au moyen-âge, l'aumône Saint-Paul, un établissement charitable et hospitalier, puis l'Hôtel-Dieu s'y accolèrent. le palais devint la maison des consuls de 1562 à 1771.



Vienne_le_jardin_de_Cyb_le_6Les démolitions de 1938 mirent à jour des vestiges. En 1940 fut découverte sur le site une sculpture, fragment de bas-relief, montrant deux jeunes hommes et une femme voilée. Les objets représentés, dont un bonnet phrygien, rattachent cette scène à la déesse orientale Cybèle, qui a donné son nom au jardin.

http://www.culture.gouv.fr/culture/arcnat/vienne/fr/index.html

11 juillet 2007

La pierre branlante des Salles

Les_Salles_Pierre_branlante_5Il faut arriver au hameau de Gouttemoire, sur la commune des Salles dans la Loire, où un très vieil arbre offre son ombre, avant d'emprunter le chemin forestier qui grimpe dans les bois noirs.

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Les_Salles_Pierre_branlante_7C'est une ballade merveilleuse. Tout est mousse, champignons, racines, fleurs et roches. Ombre et lumière.
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Les_Salles_Pierre_branlante_10En arrivant, la première pierre visible, celle que l'on nomme la pierre branlante des Salles, ressemble à une tête facétieuse.

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Les_Salles_Pierre_branlante_3A l'arrière, elle est striée d'une croix. Érosion naturelle ou due à la main de l'homme ?
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Les_Salles_Pierre_branlante_15Le site présente un ensemble de rochers, appelé chaos, très érodés. Ils portent une multitude de cupules et de bassins.
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Les_Salles_Pierre_branlante_16Non, décidément, ce n'est pas très naturel... sauf que là encore, une activité de carriers a laissé ses traces.
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Les_Salles_Pierre_branlante_20Comme le site de la pierre Ginich ou celui de l'autel de la Baronnie, cet endroit doit être activé. N'étant pas très connu, il a besoin d'un peu d'huile dans ses rouages.
Encore une fois, il faudrait nettoyer, enlever la mousse des bassins, éclaircir les abords. Certes, l'ambiance reste très romantique.
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Les_Salles_Pierre_branlante_14Parmi les blocs de granite autour de la pierre branlante, il en est un portant une grosse cupule située dans l'axe d'une faille du rocher. Très impressionnant.
























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11 juillet 2007

Le trilithe de Beauvoir (Loire)

Saint_Julien_La_V_tre_Beauvoir_2En arrivant, nous sommes accueillis par une pierre à bassin surmontée d'une croix. Ou comment s'approprier le savoir des anciens cultes.... En fait, c'est un siège, qui devait servir à des fins thérapeutiques.
















Saint_Julien_La_V_tre_Beauvoir_4Le trilithe de Beauvoir, ou dolmen de Beauvoir, est en piteux état.
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Saint_Julien_La_V_tre_Beauvoir_6Il n'est pas entretenu, et le pauvre ne peut donner que ce qu'il a.

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Saint_Julien_La_V_tre_Beauvoir_1En fait, j'ai été plus attirée par les blocs de granite se trouvant dans le pré à vaches à côté !











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10 juillet 2009

La pierre Ginich

Pierre_Ginich_1Près du lieu-dit Les Cros d'Arconsat, aux pieds du Montoncel ( la plus haute montagne du Bourbonnais, culminant à 1299 m de hauteur dont le sommet forme un plateau circulaire d'une régularité presque géométrique de 80 m de rayon, avec au centre une pierre appelée "pierre des seigneurs", délimitant les trois départements de l'Allier, de la Loire et du Puy-de-Dôme), se trouve la pierre Ginich.



Pierre_Ginich_7Son nom provient du patois auvergnat et veut dire "Pierre aux milieu des Genets".
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Pierre_Ginich_13Elle fut redécouverte dans la fin des années 70 par le peintre vichyssois Pierre Frobert, suite à un rêve qu'il fit. Atteint d'une leucémie en phase terminale, il eut une rémission complète après avoir passé une nuit dans le bassin situé sur la pierre principale.

Il parla à l'époque du tombeau d'un géant dans l'axe de la pierre, mais personne ne le trouva jamais. La légende commença à se répandre.





Pierre_Ginich_28Avant d'arriver, il faut suivre non pas le chemin balisé, mais une ligne directe qui passe par la croisée des chemins. C'est là que se trouve le gardien.
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Pierre_Ginich_6C'est sur le chemin balisé que l'on trouve des tas de pierres, posées là comme sur le site de la roche de Merlin : "On sait que les voyageurs de l'antiquité faisaient ce geste en l'honneur de Mercure, le dieu de la route, et pour marquer le chemin par ces tas accumulés; c'est la bible qui nous le dit, en parlant de celui qui jette une pierre sur "le tas de Mercure" : Sicut qui mittit lapidem in acervum Mercurii (livre des proverbes)."
J.P.Roux voit un exemple de l'âme collective: "Toute accumulation d'objets modestes doués d'âme renforce la potentialité de chacun d'eux et finit par créer une nouvelle âme extrêmement puissante. On constitue cette force en amassant des pierres en certains lieux choisis et, là encore l'âme collective et sacrée est inséparable de l'âme sacrée du sol sur lequel on l'a dressé..."

Pierre_Ginich_5Ce que l'on nomme la pierre Ginich est en fait une masse de blocs de granite gris empilés sur 4 niveaux, orientée nord/sud.
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Pierre_Ginich_9Certains de ces blocs sont en équilibre, comme les pierres branlantes de la région.

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Pierre_Ginich_23D'autres sont calés par des pierres plus petites. Sauf que... ces pierres de calage sont d'un granite différent, plus rose, dont le gisement le plus proche ne se trouve qu'à 20km du site.
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Pierre_Ginich_27Le site a besoin d'un coup de pouce pour s'ouvrir.













Pierre_Ginich_11Une pierre en contrebas sert d'interrupteur. Mais celui qui arrive avec un cœur pur ne sera pas déçu. C'est un endroit de guérison, comme l'autel de la Baronnie.
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Pierre_Ginich_14Les cupules et bassins, même avec les feuilles en décomposition, présentent une eau non putréfiée.
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Pierre_Ginich_15Il y a une progression, un chemin des cupules, qui nous amène à une montée en conscience. Ces cupules sont surtout situées sur les blocs au sommet de la pierre Ginich, et sont souvent séparées par des failles.










Pierre_Ginich_10Les pierres ont des fonctions différentes, ce qui explique peut-être leurs formes animales, comme pour aller chercher la puissance et les qualités de chaque bête. Nous trouvons la tortue, le loup, le poisson, le serpent, la grenouille.
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Pierre_Ginich_26D'après Pierre Frobert, d'autres formes apparaissent, ainsi que des signes, comme des croix ou des figures humaines. Mais la mousse et le défilement des ans les ont rendus difficile à discerner.
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Pierre_Ginich_19Pour lui, Ginich représente un zodiaque : sont représentés l'étoile polaire et les constellations de l'époque de sa mise en service.
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Pierre_Ginich_17aJe vous présente les deux endroits qui m'ont le plus marquée...



























Pierre_Ginich_25Laissez-vous aller !

30 septembre 2008

Osiris

Le_Louvre_Egypte_Osiris_277Osiris est le nom grec d'un dieu de la mythologie égyptienne. La traduction de ce nom présente des difficultés et plusieurs hypothèses sont proposées. Ainsi « Ousir », ou « Iousiris », selon une ancienne graphie, a été traduit par « Siège de l'Œil » (du soleil ?), « L'œil puissant », « Celui qui fait son trône » (par allusion à son siège), « Le siège de la puissante » (par référence à la couronne), « Celui qu'elle a remis en fonction » (se rapportant à sa résurrection et à sa nouvelle puissance créatrice, grâce à la magie d'Isis).




















Le_Louvre_Egypte_276Son nom égyptien est Ousir ou Asir ; on l'appelait aussi Ounen-Néfer (« L'éternellement beau »), Khenty-Imentyou (« Celui qui est à la tête des Occidentaux », c'est-à-dire des défunts) ou encore Ousir Kem-Our (Le Grand Noir).







Le_Louvre_Egypte_284Il fait partie de la grande Ennéade d'Iounou (Héliopolis). C'est le dieu des morts et le garant de la survie du défunt dans le monde souterrain. Son symbole est le pilier Djed, ses attributs sont la barbe postiche, la crosse Héka, le flagellum Nékhekh et la couronne Atef.

Dans les textes des pyramides, le roi défunt est identifié à Osiris. Au Moyen Empire, l'immortalité n'est plus le privilège du souverain : chaque défunt pouvait accéder à la vie éternelle, devenant lui-même pareil à Osiris.











Le_Louvre_Egypte_251À Abydos, où devait être conservé un reliquaire-fétiche censé renfermer la tête du dieu, la sépulture du roi Djer, pharaon de la Ire dynastie, fut assimilée au tombeau d'Osiris. Séthi Ier y fit construire un cénotaphe qui reprenait l'architecture de ce tombeau et l'accola au temple dédicatoire qu'il construisit sur la route de pèlerinage de la ville sainte. Abydos était la porte reliant le monde souterrain au monde des vivants et le lieu de la « Grande Procession » annuelle.










Le_Louvre_Egypte_Osiris_2_336On a pu identifier d'autres sépultures d'Osiris dont celle de Gizeh, récemment découverte, celle de Philaé, sur une île voisine du grand temple d'Isis, celles de Dendérah et de Karnak. D'autres encore sont attestées par les historiens antiques comme Hérodote, qui en a visité une à Saïs.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Osiris

30 septembre 2008

Isis

 

Le_Louvre_Egypte_Isis_328«Je suis la Nature, mère des choses, maîtresse de tous les éléments, origine et principe des siècles, divinité suprême, reine des Mânes, première entre les habitants du ciel, type uniforme des dieux et des déesses. C’est moi dont la volonté gouverne les voûtes lumineuses du ciel, les souffles salubres de l’océan, le silence lugubre des enfers.














Le_Louvre_Egypte_330aPuissance unique, je suis par l’univers entier adorée sous plusieurs formes, avec des cérémonies diverses, avec mille noms différents.


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Le_Louvre_Egypte_336Les phrygiens, premiers nés sur terre, m’appellent la déesse-mère de Pessinonte ; les Athéniens autochtones me nomment Minerve la Cécropienne ; chez les habitants de l’île de Chypre, je suis Vénus de Paphos ; chez les Crétois armés de l’arc, je suis Diane Dictynna ; chez les Siciliens qui parlent trois langues, Proserpine la Strygienne ; chez les habitants d’Eleusis, l’antique Cérès. Les uns m’appellent Junon, d’autres Bellone;ceux-ci Hécate, ceux-là la déesse Ramonte. Mais ceux qui, les premiers, sont éclairés par les rayons du soleil naissant, les peuples d’Ethiopie, de l’Asie et les Egyptiens, puissants par leur antique savoir, ceux-là me rendent mon véritable culte et m’appellent de mon vrai nom : la reine Isis.»

Apulée «Metamorphoses XI»

1 juillet 2009

Isis

Le_Louvre_Egypte_Isis_328«Je suis la Nature, mère des choses, maîtresse de tous les éléments, origine et principe des siècles, divinité suprême, reine des Mânes, première entre les habitants du ciel, type uniforme des dieux et des déesses. C’est moi dont la volonté gouverne les voûtes lumineuses du ciel, les souffles salubres de l’océan, le silence lugubre des enfers.














Le_Louvre_Egypte_330aPuissance unique, je suis par l’univers entier adorée sous plusieurs formes, avec des cérémonies diverses, avec mille noms différents.


Le_Louvre_Egypte_334













Le_Louvre_Egypte_336Les phrygiens, premiers nés sur terre, m’appellent la déesse-mère de Pessinonte ; les Athéniens autochtones me nomment Minerve la Cécropienne ; chez les habitants de l’île de Chypre, je suis Vénus de Paphos ; chez les Crétois armés de l’arc, je suis Diane Dictynna ; chez les Siciliens qui parlent trois langues, Proserpine la Strygienne ; chez les habitants d’Eleusis, l’antique Cérès. Les uns m’appellent Junon, d’autres Bellone;ceux-ci Hécate, ceux-là la déesse Ramonte. Mais ceux qui, les premiers, sont éclairés par les rayons du soleil naissant, les peuples d’Ethiopie, de l’Asie et les Egyptiens, puissants par leur antique savoir, ceux-là me rendent mon véritable culte et m’appellent de mon vrai nom : la reine Isis.»

Apulée «Metamorphoses XI»

30 septembre 2008

Amon-Rê

Le_Louvre_Egypte_255C'est le dieu le plus important de la mythologie égyptienne. Malgré son nom, sa véritable forme est celle d'Amon. Il prend les titres d'Amon-Rê lorsqu'il est dans toute sa gloire. Son lieu de culte principal est dans la ville antique d'Ouaset, ou Louxor (Thèbes) mais surtout à Karnak, le temple le plus riche du pays. Son nom dépassa vite la ville et le pays l'adora.
Amon le caché apparaît comme un dieu souverain. Certaines légendes racontent que par sa semence, il fertilisa le cosmos. Il avait la peau bleue car sa chair était constituée de lapis-lazuli, pierre magique par excellence. Sous la VIe dynastie, il fut associé à Rê, dieu solaire d'Héliopolis.

Il est Imen achâ renou, (Amon aux noms multiples). Les attributs d'Amon sont : Le disque (Image du soleil), les cornes et le fléau, mais il est surtout représenté ou avec une tête de bélier, ou sous forme humaine, portant des cornes de bélier. Il est l'époux de Mout et le père du Dieu Khonsou avec lesquels il forme une triade.

http://www.louvre.fr/llv/commun/home.jsp

30 septembre 2008

Osiris 2

Le_Louvre_Egypte_279Cette statue de bois enduit représente le célèbre dieu Osiris, souverain du monde des morts, assassiné par son frère Seth et ressuscité par sa sœur et épouse Isis. Elle est faite de bois stuqué, encore partiellement doré, et d'éléments rapportés en métal cuivreux, comme les détails de la couronne ou les sceptres. Les yeux, quant à eux, sont incrustés d'albâtre et de verre. Le dieu est représenté selon son iconographie habituelle, debout, le corps enserré dans un linceul, les bras croisés sur la poitrine, tenant le flagellum et le sceptre héqa. Il porte une barbe tressée et recourbée ainsi que la couronne atef, constituée d'une mitre, de deux plumes d'autruche, de deux cornes de bélier et de deux uræus.

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Le_Louvre_Egypte_283Fils de Geb, le dieu-Terre et de Nout, la déesse-Ciel, Osiris épousa sa sœur, Isis, et succéda à son père sur le trône d'Égypte. Une légende tardive, racontée par le Grec Plutarque, relate le meurtre du dieu par son frère, Seth, jaloux de son rayonnement. Les textes égyptiens se contentaient d'allusions pour des lecteurs supposés connaître les faits.














Le_Louvre_Egypte_282Au cours d'un banquet, Seth, après avoir fait fabriquer un coffre richement décoré aux mesures de son frère, promit de l'offrir à celui des convives qui en s'y couchant le remplirait parfaitement. Quand Osiris s'y allongea, les complices de Seth refermèrent et scellèrent le coffre avant de le jeter dans le Nil. Isis, après une longue quête, retrouva le cercueil de son époux. Malheureusement, Seth découvrit le cadavre et le découpa en morceaux qu'il dispersa à travers l'Égypte. Isis aidée de Nephthys reconstitua le corps et, avec Anubis, elles fabriquèrent la première momie. Isis utilisa ensuite sa magie pour concevoir de son époux défunt Horus, leur fils. Ainsi ressuscité et pourvu d'un héritier, Osiris put devenir le souverain des morts.










Le_Louvre_Egypte_284Dieu à la personnalité complexe, lié à la crue du Nil, à la lune et à la royauté, Osiris doit sa grande popularité à son rôle funéraire. Probablement à l'origine dieu de la fertilité et de la végétation, l'extension de son culte dès l'Ancien Empire lui permet d'assimiler des divinités souterraines et d'acquérir un caractère funéraire. Son mythe promet une vie après la mort à chaque individu ayant bénéficié des rites appropriés. Chaque défunt devient un Osiris et accède à l'au-delà, alors que les croyances plus anciennes n'accordaient qu'un devenir vague et collectif lié au roi mort.

http://www.louvre.fr/llv/commun/home.jsp

19 mai 2011

Valcabrère, église Saint-Just et Saint-Pasteur, l'extérieur

 

 

Valcabr_re_2Avant d'entrer dans le sanctuaire, nous passons sous un portail moderne composé d'un arc en plein cintre et de colonnettes gothiques surmontées de deux paires de chapiteaux superposées et entouré de deux pierres en remploi.










Valcabr_re_35A droite une inscription funéraire du Ier siècle.
Valcabr_re_3A gauche un chrisme roman.






Valcabr_re_4Puis, traversant une partie du cimetière, l'église nous attend.











Valcabr_re_34La façade nord n'offre d'autre décor que des fragments antiques remployés, par exemple à droite du portail, une sculpture présentant un personnage avec un agneau.
















Valcabr_re_33Puis un fragment comportant les bustes de sept personnages drapés tournés vers celui du milieu.












Valcabr_re_30Sur la droite, au-delà du contrefort, a subsisté un enfeu gothique.

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Le portail

Valcabr_re_5La façade présente un portail roman rajouté à la fin du XIIème siècle en saillie entre deux contreforts, dernière œuvre romane de la basilique. L'archivolte retombe sur des piédroits ornés de statues-colonnes polychromes dressées sur des animaux accroupis : trois jeunes gens imberbes tenant un livre et une femme couronnée portant une croix.














Valcabr_re_8Bien que le sculpteur de Valcabrère les ait représentés comme des jeunes gens, il faut reconnaître les deux martyrs espagnols. L'un et l'autre sont habillés comme des prêtres. Les chapiteaux qui les surmontent racontent leur martyre.















Valcabr_re_11Celui de droite montre l'arrestation et le supplice de l'un d'entre eux. Celui de gauche les représente décapités recevant leur tête dans leurs mains.
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Valcabr_re_7L'église de Valcabrère possédant une relique de la Vraie Croix, on peut reconnaître sainte Hélène dans le personnage féminin de droite. Le troisième jeune homme est facile à identifier grâce au chapiteau de la lapidation et à l'acte de consécration de 1200: c'est le diacre saint Etienne.
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Valcabr_re_10Le chapiteau surmontant sainte Hélène représente une femme s'apprêtant à monter le cheval que lui présente un serviteur barbu armé d'un bâton portant un tonnelet. Derrière eux apparaît un ange dans les feuillages. Il semble encourager les deux voyageurs. L'un et l'autre portent une panetière en sautoir.








Valcabr_re_6Le tympan tétramorphe, entouré d'un bandeau orné de billettes en damier et reposant sur un linteau nu, est assez inhabituel. Le Christ en majesté dans une mandorle, dont la tête s'orne d'un nimbe cruciforme, est encadré par deux anges thuriféraires (brandissant leur encensoir) et par les symboles des évangélistes.









Le chevet

Valcabr_re_21Le chevet de la basilique, fait de blocs de marbre, est composé d'une abside et de deux absidioles enfermées dans un massif rectangulaire formant trois absides accolées séparées par des contreforts, reliées entre elles par des petites voûtes en arc de cloître évoquant des trompes et utilisant un maximum de grandes pierres antiques.














Valcabr_re_23L'une d'elles représente soit-disant un masque de théâtre antique. Je ne sais pas pourquoi, il m'inspire plus une déesse primordiale.











Valcabr_re_15Au-dessus du niveau des fenêtres, le réduit central est couvert d'une voûte en berceau et les autres, de trompes en cul-de-four. Plus haut, la voûte qui couvre l'abside centrale est enfermée dans un mur polygonal et couverte d'une toiture à pans coupés.















Valcabr_re_17Le clocher carré prolonge le mouvement ascendant des toitures et couronne l'ensemble. Le bandeau sur lequel prennent naissance les voûtes des réduits est orné de cartouches carolingiens. Plus haut, le mur se termine par une corniche décorée de demi-disques.















Valcabr_re_19Selon Emmanuel Garland, "l'ordonnancement des volumes, l'articulation subtile, le jeu des tuiles et de la pierre blanche, le recours aux arcades et aux voûtes extérieures confèrent une saveur antiquisante au chevet de l'église de Saint-Just ". Le chevet, vu son architecture, ne peut être antérieur au XIIème siècle.
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Plan du sanctuaire

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Violet : murs modernes de séparation de propriétés englobant les vestiges de construction médiévale, peut-être le cloître.
Bleu moyen : murs modernes symbolisant de manière incomplète le tracé du cloître du XIIIème siècle.
Bleu foncé : enclos funéraire d'époque romaine tardive
Bleu ciel : chapelle funéraire, transformation de l'enclos initial par adjonction d'un chevet plat.
Vert foncé : Monument préroman indéterminé : église ou baptistère du haut- moyen-äge.
Vert clair : Annexe préromane.
Jaune : basilique romane des XIème et XIIème siècles.
Jaune clair : enfeu du XIVème siècle.

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Ce n'est pas une chèvre qui vint m'attendre, mais une vachette impétueuse, inquiète de me voir tourner autour de son coin tranquille...

19 mai 2011

Valcabrère, église Saint-Just-et-Saint-Pasteur, historique

 

Valcabr_re_1Arrivant près de Saint-Bertrand de Comminges, on remarque tout d'abord la cathédrale. Mais si l'on fait attention, la discrète petite église romane de Saint-Just-et-Saint-Pasteur vaut à elle seule un détour dans ces contrées. Elle fut bâtie aux XIe et XIIe siècles. Les étapes de sa construction ont fait, en l'absence de documents écrits, l'objet de maintes discussions. La découverte faite par le curé de Valcabrère, en 1885, du parchemin de consécration du maître-autel par l'évêque Raymond-Arnaud de Labarthe, livra la seule date indiscutable de l'histoire de l’église : octobre 1200. Il indique que la basilique fut dédiée aux saints Just, Pasteur, Étienne et à sainte Hélène.









Valcabr_re_parchemin_1"Écoute Israël : le Seigneur ton Dieu est un. Tu ne prendras pas en vain le nom de ton Dieu. Observe le jour du shabat. Honore ton père et ta mère. Tu ne tueras pas. Tu ne commettras point d'adultère. Tu ne voleras pas. Tu ne feras point de faux témoignage. Tu ne désireras pas le bien de ton prochain. Tu ne désireras point sa femme. Commencement du saint évangile selon Matthieu. Livre de la généalogie de Jésus-Christ fils d'Abraham. Commencement du saint évangile selon Marc. Voici que j'envoie mon ange. Commencement du saint évangile selon Luc. Il y eut aux jours du roi Hérode un prêtre du nom de Zacharie. Commencement du saint évangile selon Jean. Au commencement était le Verbe et le Verbe était Dieu. L'an de l'incarnation 1200, Philippe étant roi des français, au mois d'octobre, ce maître autel a été consacré en l'honneur de saint Étienne premier martyr et des saints martyrs Just et Pasteur, par le seigneur R. évêque de Comminges."

Valcabr_re_aCitée pour la première fois dans le Livre des Miracles de saint Bertrand du notaire Vital en 1179, on apprend dans le premier récit que saint Bertrand se rendit un dimanche célébrer une messe solennelle dans la basilica Sancti Justi, puis dans le dixième récit que l'évêque descendit de la montagne et vint se reposer "in domibus constitutis juxta ecclesiam Sancti Justi".












Valcabr_re_27Quoi qu'il en soit, elle fut construite sur un très ancien lieu de culte datant de l'époque romaine. De nombreux témoignages de son ancienneté se retrouvent dans les pierres antiques de remploi utilisées pour sa construction, et les sarcophages de son cimetière, certains datant du IVe siècle. L'hypothèse la plus probable de sa fonction serait celle d'une église funéraire, associant lieu de culte et nécropole de la cité romaine de Lugdunum Convenarum, schéma classique d'une tradition païenne, puis paléochrétienne.





Valcabr_re_25Les dernières fouilles de 1983 ont entraîné la découverte, dans l'absidiole nord, de neuf sépultures, dont deux antérieures au XIe siècle, parce qu'engagées sous les fondations de cette absidiole. Ainsi se trouve confirmée l'implantation de l'église Saint-Just dans une nécropole pré-existante.









Valcabr_re_26Des fouilles plus anciennes, datant de 1943 et 1950, permirent de dégager les substructions d'un cloître, et des murs d'époque préromane se continuant sous l'édifice, et en 1988  deux murs perpendiculaires à l'église liés à un mur d'orientation est-ouest : il pourrait s'agir de l'une des extrémités du transept d'une église de plan en croix latine.








Valcabr_re_28De petite dimension, cette église pourrait avoir remplacé les deux chapelles funéraires où l'évêque de Comminges déposa les reliques des saints Just et Pasteur (deux jeunes chrétiens martyrisés en  304, originaires de l'antique Complutum devenue aujourd'hui Alacala de Henares, à l'est de Madrid ) qu'il ramena de Narbonne en 789.
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Valcabr_re_31http://pedagogie.ac-toulouse.fr/histgeo/monog/stbertr/valca.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Basilique_Saint-Just_de_Valcabr%C3%A8re
http://www.cathedrale-saint-bertrand.org/basilique-saint-just.html

12 mai 2009

Le Tarot de Marseille en rapport avec l'abbaye de Saint-Victor

Tarot_Camoin_La_Roue_de_FortuneD’après les révélations de Philippe Camoin, c’est le moine Cassien qui en 400 après J.C., contribua à introduire en Europe la connaissance du Tarot. Ces affirmations qui chamboulent toutes les idées préconçues sont basées sur des faits précis.
Tarot_Camoin_L_amoureux















Tarot_Camoin_Le_ChariotPhilippe Camoin vient de révéler à l’ensemble de la communauté des experts en histoire du Tarot la date du plus ancien jeu de Tarot de Marseille fabriqué à Marseille : le jeu de François Chosson de 1672. Ce fait d’importance majeure remet en question l’Histoire du Tarot telle qu’elle était perçue par les historiens.
Au quatorzième siècle, à Marseille, à l’Abbaye de Saint-Victor, il était interdit aux moines de se livrer au jeu de cartes dans son enclos en raison de l’engouement frénétique des moines et des nobles pour le jeu de cartes. En 1369, une ordonnance royale a interdit le jeu de cartes dans l’ensemble de la France. Les résultats furent diamétralement opposés.










Tarot_Camoin_Le_MondeLes Maîtres Cartiers marseillais devaient eux aussi exister à la même époque, même s’ils ne furent autorisés officiellement par le roi qu’en 1638. Ils sont en effet mentionnés en lors d’une pétition des maître cartiers de Lyon. Ceux-ci reprochent en effet aux maîtres cartiers marseillais de contrefaire des jeux de cartes en utilisant leurs noms et enseignes.














Tarot_Camoin_Le_BateleurIl y aurait donc eu à Marseille et ses environs une tradition initiatique authentique qui aurait puisé une partie de ses sources en Egypte, mais qui était pleinement adaptée et intégrée à la civilisation occidentale antérieure à la nôtre. Elle était reflétée et naturellement véhiculée dans les pratiques culturelles de l’époque à travers le Tarot de Marseille : medium et canal parfait d’une Tradition Initiatique uniforme et unique en Europe.

12 mai 2009

La crypte de Saint-Victor

Marseille_023aL'accès à la crypte s'effectue par un escalier situé au fond de la nef sous les orgues. On pénètre directement dans la salle de la chapelle Saint-Mauront qui sert, avec les autres salles de la crypte, de soubassement à la partie ouest de l'église supérieure.
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Plan des cryptes

 

Abbaye_Saint_Victor_plan_cryptes1 - Ancienne sacristie
2 - Chapelle Saint-Isarn
3 - Chapelle Saint-Mauront
4 - Chapelle Saint-Blaise
5 -Chapelle Saint-Hermès et Saint-Adrien
6 - Chapelle Saint-Lazare
7 - Notre-Dame de Confession
8 - Chapelle Saint-André
9 - Tour Isarn


















Chapelle Saint-Mauront

Dans cette chapelle sont exposés des sarcophages :

 

Abbaye_Saint_Victor_Les_4_dormants_Marseille_110- Les quatre des sept dormants : il s'agit d'un fragment du coin gauche d'un sarcophage en marbre de Carrare datant de la fin du IVème siècle. Il représente une procession de cinq apôtres. L'ouvrage complet devait représenter au centre le Christ sur une montagne donnant la loi à saint Pierre, entouré des douze apôtres. Les personnages évoluent sous un décor rythmé de créneaux et de portes fortifiées. Selon Jean-Baptiste Grosson, ce bas relief a été probablement tiré d'un cimetière pour orner le tombeau que les moines de Saint-Victor disaient être celui des sept dormants.




Abbaye_Saint_Victor_Sarcophage_de_saint_Maurice__Marseille_105- Sarcophage de saint Maurice : la grande face de ce sarcophage (L = 2,22 x l = 0,68 x h = 0,57), dit de saint Maurice, datant de la fin du IVème siècle, est découpée en sept arcades ornées de coquilles et portées par des colonnes torses avec des chapiteaux dérivés du corinthien. Au centre, est figuré le Christ imberbe, assis sur un trône au pied duquel se trouve une brebis qui lève la tête vers lui, image du défunt appelé au paradis. De part et d'autre du Christ, se trouvent les douze apôtres groupés deux par deux : ils sont assis et portent un rouleau ou un livre.

- Sarcophage des compagnons de saint Maurice : ce sarcophage (L = 2,10 x l = 0,55) en marbre de Carrare date de la fin du IVème siècle. La grande face est divisée en cinq compartiments avec, au centre, le Christ enseignant à deux apôtres Pierre et Paul, d’où la deuxième appellation de ce sarcophage « le Christ docteur ». À droite, sont figurées l'arrestation du Christ, puis sa comparution devant Ponce Pilate à qui on apporte une aiguière pour qu'il se lave les mains. À gauche, le Christ apparaît à l'apôtre Paul représenté barbu et le front dégarni. Puis est représentée la lapidation de Paul à Lystra.

Chapelle d'Isarn

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_101Dans cette chapelle se trouve, en contrebas de l'escalier d'accès, la pierre tombale de l'abbé Isarn.
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Abbaye_Saint_Victor_Marseille_68Sur la paroi est de la chapelle sont exposés, chacun dans une niche ; le sarcophage de sainte Eusébie, celui des compagnons de sainte Ursule et pratiquement en face de la pierre tombale d'Isarn, l'épitaphe d'Hugues de Glazinis. Enfin sur une voûte, un fragment de fresque représente des moines bâtisseurs.

 





 

Abbaye_Saint_Victor_Pierre_tombale_d_Isarn_Marseille_59- Pierre tombale d'Isarn : cette plaque a été taillée dans le fond d'une cuve de sarcophage dont elle garde la forme. L'abbé Isarn est représenté gisant sur cette longue dalle terminée par deux demi-cercles, mais dont le centre est rectangulaire et plus large que ceux-ci. Le corps n'apparaît que dans les deux demi-cercles : la tête et le bâton pastoral dans l'un, les pieds dans l'autre. La plaque rectangulaire porte une inscription tracée sur huit lignes. De même, sur chaque circonférence, une inscription plus petite est gravée, ainsi que sur la barre du T du bâton pastoral. Ces inscriptions sont datées de la fin du XIe siècle et ont donc été réalisées peu de temps après la mort d'Isarn survenue en 1047. Une traduction a été donnée par le père Paul Amargier et reproduite dans l'ouvrage de Charles Seinturier.

Abbaye_Saint_Victor_Pierre_tombale_d_Isarn_Marseille_59a« De notre illustre père Isarn ce sont là les restes sacrés, les membres rendus glorieux par tant de mérites.
Son âme, elle, est heureusement parvenue aux cieux. De mœurs exceptionnelles et d'esprit pacifique, il était accompli en toutes formes de vertu. Homme de Dieu, il était pour tous et en tout joyeux.
Ce qu’il enseigna il le mit en pratique, abbé bon et bienheureux. De ses disciples aussi il fit des hommes bons.
Telle fut sa règle de vie et contraint de passer le seuil de l’existence c’est avec courage qu’il la quitta. Il régit, fidèle, deux fois dix plus sept (27) ans, le doux troupeau du Seigneur à lui confié, qu’il abandonna le huit des calendes d’octobre (24 septembre) pour entrer dans le lumineux royaume.
Autour de la tête : Sois attentif, je t’en prie, toi qui lis, à ce qu’a fait de moi, misérable défunt, la loi née de la faute du premier homme.
Aux pieds: Et gémissant, du fond du cœur, dis et répète : Dieu, aie pitié de lui. Amen. »

Abbaye_Saint_Victor_Sarcophage_de_sainte_Eus_bie_Marseille_90- Sarcophage de sainte Eusébie : au centre du sarcophage (L = 2,05 x l = 0,62 x h = 0,54), datant du début du IVème siècle, est figuré un médaillon avec un portrait encadré par deux panneaux de strigiles. Sous le médaillon est représenté Jonas avec, à sa gauche, le gros poisson qui l'a avalé et rejeté. À droite, Moïse reçoit les tables de la loi. À gauche, Moïse frappe de son bâton un rocher pour en faire jaillir une source.







Abbaye_Saint_Victor_Sarcophage_des_compagnes_de_sainte_Ursule_Marseille_91- Sarcophage des compagnes de sainte Ursule : ce sarcophage (L = 1,92 x l = 0,65 x h = 0,43) date de la première moitié du Vème siècle. La face antérieure est divisée par sept arcades reposant sur des colonnes. Au centre, le Christ, couronné par la main de Dieu, est debout sur une montagne d'où s'écoulent quatre rivières. Il est encadré par Saint Pierre portant une croix et par Saint Paul avec de chaque coté cinq apôtres. Sur la frise du couvercle sont figurés, à gauche, deux cerfs s'abreuvant encadrés par deux arbres : la scène représente le paradis. Au centre, deux anges portent un cadre au dessus duquel sont représentés deux dauphins encadrant un chrisme. À droite, sont figurés le miracle des noces de Cana et celui de la grappe de la terre promise.

 

Abbaye_Saint_Victor__pitaphe_d_Hugues_de_Glazinis_Marseille_62- Épitaphe d'Hugues de Glazinis : cette plaque funéraire date du milieu du XIIIème siècle. Elle est actuellement amputée de son coin inférieur droit. En bas à gauche, est représenté le portail de l'abbaye surmonté du clocher flanqué de deux tours. Au centre, se trouve une croix de Malte et à droite, un prêtre revêtu des ornements sacerdotaux. "Hugues, sacriste, que couvre cette humble pierre, se réjouit avec les saints du ciel et en compagnie de Michel. Fleur et gloire de tous les moines imitateurs des saints, il mérita d'être enseveli dans ce temple qu'il a relevé quasi de fond en comble. Son corps fut déposé le huitième jour de novembre."

 



Abbaye_Saint_Victor_Marseille_64- Un reste de peinture murale du XIIIème siècle figure sur un arc-doubleau de la chapelle d'Isarn. Sur ce fragment de fresque à fonds rouges, cernes noir et tuniques bleu turquoise, on reconnaît une scène de chantier de construction. Les gestes des ouvriers sont attentionnés. L'un manie un outil de tailleur de pierre. Derrière lui, un autre ouvrier coiffé d’une cagoule, s'avance courbé sous une charge de moellons. Devant, un troisième ouvrier manie une pelle tandis qu'un quatrième avance avec un outil de couvreur. L'artiste a représenté les corps de métier qui travaillent au XIIIème siècle à l’achèvement de l’église supérieure.

 

 

Chapelle Saint-André

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_60À partir de la chapelle d'Isarn, en se dirigeant vers le nord, on accède à la chapelle Saint-André qui est englobée dans les fondations de la tour d'Isarn.











Abbaye_Saint_Victor_Marseille_95Une ouverture à l'est permet d'apercevoir des fouilles et quelques sarcophages en place.

















Abbaye_Saint_Victor_Marseille_61L'actuelle chapelle Saint-André se situe approximativement à l'entrée du site d'exploitation de la carrière dominant la rive sud du lacydon occupée par un cimetière antique. Au Vème siècle, cette partie du site a commencé d'accueillir des sépultures. Après une première organisation de l'espace sous forme d'un enclos funéraire (area), une nouvelle réalisation architecturale prend place, qui correspond, par sa logique, à l'installation du sanctuaire paléochrétien au sud.












Abbaye_Saint_Victor_Marseille_73Appuyé sur chacun des rebords de l'échancrure de la carrière, un mur est construit. Dans sa partie médiane est créé un passage en forme de couloir avec une porte monumentale, afin d'aménager un cheminement obligé vers le sanctuaire proprement dit. Deux portes latérales renvoient le visiteur vers cet accès principal.
Aux environs de l'an mil, ce passage fut voûté et protégé par une toiture. Au XIIème siècle, son importance symbolique ne fut pas ignorée : la construction de la tour d'Isarn enveloppa l'entrée originelle tout en constituant pour elle une sorte d'écrin. Au XIIIème siècle, le passage devint une chapelle lorsque la construction d'un mur au nord ferma l'accès primitif. Paradoxalement, la chapelle Saint-André occupe maintenant une position marginale à l'une des extrémités des cryptes.

 



 

Ancienne sacristie

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_97À l'ouest de la chapelle Saint-André se trouve une salle découverte en 1857, appelée ancienne sacristie. Dans cette salle, sont exposés différents vestiges, notamment : l'épitaphe de Fortunatus et Volusianus, le sarcophage du Christ trônant, le sarcophage des brebis et des cerfs, un fragment du sarcophage de l'Anastasis, un couvercle de sarcophage à acrotères et une épitaphe antique païenne.







Abbaye_Saint_Victor_Marseille_103En entrant dans cette salle, on aperçoit, à droite, la base ouest de la tour d’Isarn, réalisée en pierres de taille bien appareillées issues du cap Couronne. La puissance de cette maçonnerie contraste avec la rusticité des constructions antérieures et autorise à attribuer l’édification de la tour d’Isarn à une période jouissant de tout autres moyens techniques et financiers, soit le début du XIIème siècle.







Abbaye_Saint_Victor__pitaphe_de_Volusianus_et_Fortunatus__Sarcophage_du_Christ_tr_nant_Marseille_100- Épitaphe de Fortunatus et Volusianus

 

- Sarcophage du Christ trônant : ce sarcophage (L = 2,07 x h = 0,44) en pierre de Cassis date du milieu du Vème siècle. Il ne subsiste que des fragments qui ont permis une reconstitution grâce à des anciens dessins conservés. Au centre, le Christ est représenté dans un médaillon porté par deux génies ailés ; il est assis et porte un livre ouvert. Aux deux extrémités, saint Paul à gauche et saint Pierre à droite portant la croix, sont tournés vers le Christ et l'acclament.


Abbaye_Saint_Victor_Sarcophage_des_brebis_et_des_cerfs_Marseille_99- Sarcophage des brebis et des cerfs : ce sarcophage en pierre de Cassis de 2 mètres de longueur date du Vème siècle. Il a pu être reconstitué grâce aux dessins anciens de Louis Antoine de Ruffi et de Joseph Marchand. Les scènes représentées sur la cuve du sarcophage sont : au centre, l'agneau divin debout sur une montagne d'où s'écoule les fleuves du paradis, à gauche et à droite respectivement les miracles de Canna et de la multiplication des pains. Le couvercle est orné de deux groupes de trois brebis se dirigeant vers le centre où est figuré le chrisme avec un ρ latinisé et les lettres Α (Alpha majuscule) et ω (oméga minuscule).

 

Le martyrium

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_92Le martyrium est élevé au dessus de deux tombes jumelles datant de la fin du IVème siècle, creusées dans le rocher. Ces tombes de direction nord-sud sont fermées par de lourdes dalles en pierre de Cassis et renfermaient le corps de deux hommes. L'interprétation traditionnelle, depuis les fouilles effectuées en 1963 par Fernand Benoît, consiste à considérer ces corps comme ceux de martyrs d'où le nom de martyrium.
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Abbaye_Saint_Victor_Marseille_89Sur ces tombes, une petite basilique est construite dès l'époque paléochrétienne dont la structure reste perceptible malgré les remaniements effectués au Moyen Âge.

 







 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_96Cette basilique comprend une nef centrale de faible largeur (3,17 m), voûtée en berceau et des bas-côtés avec des arcs doubleaux retombant sur des piles carrées en pierre du cap Couronne. Le collatéral droit, à l'ouest, a été fortement modifié au Moyen Âge.









Abbaye_Saint_Victor_Marseille_87Contre le pilier gauche, à l'entrée de la nef, est placée la statue de la Vierge noire ou Notre-Dame de la Confession (voir ici le développement) tandis que le sarcophage de saint Cassien est placé au centre.
















Abbaye_Saint_Victor_Sarcophage_de_Jean_Cassien_Marseille_71- Sarcophage de Jean Cassien: ce sarcophage (L = 1,40 x l = 0,48 x h = 0,45) en pierre de Saint-Béat était destiné à un enfant et date de la première moitié du Vème siècle. Il est compartimenté en cinq niches séparées par des pilastres. À gauche, les parents présentent l'enfant mort. Au centre, un jeune homme est représenté les deux bras levés en signe de prières. Les trois autres compartiments sont occupés par des saints.













Abbaye_Saint_Victor_Tombe_de_sainte_Chrisante_et_sainte_Darie_Marseille_69- Tombe de sainte Chrisante et sainte Darie : ce sarcophage de 2,14 mètres de longueur en marbre de Carrare date de la fin du IVème siècle. La grande face du sarcophage est divisée en sept compartiments avec, au centre, une croix dressée sur une montagne d'où naissent les fleuves du paradis dans lesquelles s'abreuvent deux cerfs. Dans les trois compartiments de gauche sont figurés trois scènes de la vie de saint Paul représenté acclamant le Christ, arrêté par un soldat et martyrisé. À droite, des scènes de la vie de saint Pierre représenté acclamant le Christ, le reniant et son arrestation. Des arbres déterminent les compartiments, leurs feuillages formant les arcades. Deux troncs montrent un serpent enroulé, un escargot gravit le troisième et les branchages sont occupés par des nids d'oiseaux.

 

Chapelle Saint-Lazare

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_74L'entrée de cette chapelle est encadrée par deux piliers : à gauche, un pilier actuellement non visible, car protégé par un coffrage de bois et, à droite, une colonne ronde taillée dans le rocher, dont le chapiteau figure une tête.















Abbaye_Saint_Victor_Marseille_85La figure du chapiteau serait celle de Lazare, évêque d'Aix-en-Provence, venu à Marseille. Seule la tête, dont les traits dénotent d'un net archaïsme, est représentée avec une crosse tenue par une main.

 






 

Abbaye_Saint_Victor_Sarcophage_des_saints_Innocents_Marseille_84Le sarcophage (L = 1,30 x l = 0,36 x h = 0,33) est dit « des saints Innocents ». Il est en marbre blanc, daterait du IIème siècle et aurait été découvert en 1628. En réalité, ce décor païen montre une face antérieure divisée en quatre groupes : à gauche deux amours forgent un grand bouclier rond, ensuite trois amours forgent une jambière, puis deux amours tiennent un disque reposant sur la tête d'un sphinx et figurant Romulus et Remus allaités par une louve, et enfin trois amours forgent les armes du dieu Mars. Sur chacun des petits côtés est représenté un griffon.

 



Abbaye_Saint_Victor_Marseille_16Les piliers cachés sont très symboliques. L'un d'eux présente Moïse et le serpent d'airain, et l'arbre de vie. Les forces telluriques et cosmiques.
















Atrium et chapelle Saint-Blaise

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_75L'Atrium, également appelé plan carré, comportait neuf colonnes, provenant d'édifices païens, dont trois étaient de marbre et les autres de granit. Le préfet Charles-François Delacroix, sous prétexte de procéder à des travaux de consolidation, fit ôter vers 1803 ces piliers antiques pour les remplacer par des colonnes d'un style mal défini.














Abbaye_Saint_Victor_Marseille_80Les trois faces, sud, est et ouest de l'Atrium étaient ornées de colonnes monolithes, de granit, sauf la colonne de l’ouest, en marbre, dont deux seulement furent remplacées par des colonnes en pierre ;
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Abbaye_Saint_Victor_Marseille_41la colonne de l'ouest n’a pas été remplacée et aux deux colonnes des angles sud-est et sud-ouest, ont été substitués des piliers adossés au mur méridional qui forme le fond de l'atrium.
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Abbaye_Saint_Victor_Marseille_79Les quatre colonnes de la face nord de l'atrium furent remplacées par des fûts à tambours cylindriques trop épais. Les colonnes originales furent utilisées pour orner des jardins et des carrefours.

 

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12 mai 2009

L'église supérieure de Saint-Victor

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_1L'église comprend deux parties bien distinctes : d'une part la nef et d'autre part le transept et le chœur. L'entrée se situe dans la tour d’Isarn.

 

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Le porche d’entrée

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_28La porte d'entrée est située à l'est dans la tour d'Isarn. Ce porche est très sobre.

 

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Abbaye_Saint_Victor_Marseille_17La voûte très bombée repose sur deux puissants arcs d'ogive de section rectangulaire, sans clef de voûte, qui retombent sur des piliers à arêtes vives insérés dans les angles.
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Abbaye_Saint_Victor_Sarcophage___strigiles_et_croix_au_centre_Marseille_30À l'intérieur du porche, se trouve un sarcophage en marbre de Carrare datant de la fin du IVème ou du début du Vème siècle. Ce sarcophage a été découvert au cours de fouilles effectuées dans le sous-sol de cette pièce. L'ornementation est simplifiée au maximum avec, au centre, une croix latine placée dans un compartiment rectangulaire encadré par deux grands panneaux de strigiles.









La nef

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_50La nef avec ses quatre travées et ses bas-côtés est de style gothique. Ils remontent à l'abbatiat d’Hugues de Glavinis mort en 1250.
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Abbaye_Saint_Victor_Marseille_44Des voûtes d’ogives étaient initialement prévues partout, mais pour la nef l'architecte préféra adopter des berceaux brisés, laissant inutilisées les colonnettes qui devaient recevoir la retombée des ogives.

 

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Abbaye_Saint_Victor_Marseille_40La nef évoque ainsi l'époque romane. Au XVIIème siècle un éclairage direct de la nef est réalisé en perçant les voûtes de fenêtres.
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Abbaye_Saint_Victor_Marseille_46Au fond de la nef, placé sur une tribune, se trouve l’orgue construit en 1840 par A. Zieger. Sous cet orgue se trouve l'accès à la crypte.











Abbaye_Saint_Victor_Marseille_45Le transept nord est percé d'un oculus et celui du sud d'un arc plein cintre. Dans chaque bras, des niches grillagées abritent une collection de reliquaires.
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Travée gauche

 

Marseille_200aAu fond de la travée gauche, près de l'orgue, se situe l'entrée de la chapelle du Saint-Sacrement. Dans cette chapelle se trouve une table d'autel en marbre blanc (L = 1,78 x l = 1,12) qui date de la seconde moitié du Vème siècle, réinstallé en 1968 sur un socle moderne. La face supérieure est creusée en cuvette et le rebord supérieur est décoré de rinceaux de vigne, sculptés en faible relief. La tranche est ornée de bas-reliefs sur chacune des quatre faces, des colonnettes marquent les angles.
Abbaye_Saint_Victor_Marseille_31Sur la face antérieure, à partir d'un palmier à chaque extrémité, deux files de 6 colombes se dirigent vers le chrisme central inscrit dans une couronne de laurier et accosté des lettres alpha et omega. Sur la face postérieure, deux files de 6 brebis font procession vers l'agneau, qui est debout sur la montagne d'où s'écoulent les 4 fleuves du paradis. Sur les deux faces latérales, le même motif est répété, mais en plus, d'un cratère médian s'échappent deux rinceaux de vigne dont les grappes sont becquetées par des colombes. Les angles sont percés de trous, peut-être destinés à recevoir les voiles cachant les reliques  Une inscription votive grecque, "Cal... pour lui-même et pour toute sa maison", est gravée sur le listel inférieur de la face principale, de part et d'autre du chrisme. Les dimensions de l'autel laissent à penser qu'il aurait pu être celui de la partie centrale de la crypte paléochrétienne.

 

Travée droite

 

Abbaye_Saint_Victor_Le_sacrifice_d_Abraham_Marseille_42Dans la travée suivante, juste en face du porche d'entrée, est exposé un très beau sarcophage en travertin de couleur jaunâtre. Le couvercle est en bâtière dont une pente représente une toiture. Sur la face longitudinale sont représentés le sacrifice d'Abraham et la guérison de l'aveugle. Ce sarcophage (L = 1,93 x l = 0,70 x h = 0,58), exhumé en 1970 à l’occasion de travaux de consolidation et de reprise en sous œuvre d’un pilier de la nef, a fait l’objet d’études archéologiques très approfondies.
Les restes de vêtements et le squelette ont été étudiés par une équipe de chercheurs et techniciens du laboratoire de conservation, restauration et recherches archéologiques du CNRS à Draguignan. La personne inhumée est une femme âgée d'une vingtaine d'années, d'une taille de 1,57 m. Son type anthropologique n'a pu être déterminé. Cette jeune adulte présentait des séquelles de poliomyélite antérieure aiguë au niveau de la jambe droite. Les vêtements en soie comportaient notamment une tunique décorée de bandes tissées et d'un galon rehaussé de fils d'or. Sur la tête de la personne était placée une couronne de végétaux, symbole de victoire et de vie éternelle. Cette personne devait occuper un rang social élevé comme le suggèrent la richesse des sculptures du sarcophage, le vêtement de soie, une croix d'or posée sur le front et l'emploi de l'encens, ingrédient onéreux à l'époque.

 

Marseille_180aLes sculptures sur un grand côté de la cuve se répartissent en trois groupes :
À gauche, représentation d'Abraham qui va sacrifier son fils Isaac : il brandit de la main droite un couteau tandis que, de la gauche, il maintient son fils accroupi. La main de Dieu apparaît dans le ciel pour retenir son geste tandis qu'un bélier tire un pan du manteau d'Abraham pour manifester sa présence. Dieu demande ainsi de remplacer les sacrifices humains par des offrandes d’animaux.
Au centre, le Christ barbu est sur une montagne d'où s’écoulent les quatre fleuves. De la main gauche, il donne un rouleau à Pierre et lève la droite au dessus de Paul qui l'acclame. Deux palmiers encadrent la figure du Christ.
À droite, deux personnages encadrent le Christ qui guérit un aveugle en lui touchant les yeux de l'index. Le Christ est imberbe et porte une longue chevelure se répartissant de part et d’autre du visage. La scène de la guérison de l’aveugle évoque la symbolique du Christ lumière du monde.

 

Le chœur

 

Abbaye_Saint_Victor_112La partie orientale, côté rue Saint-Victor, qui comprend le transept et le chœur fut reconstruite par le pape Urbain V. L'abside à cinq pans est flanquée de quatre énormes contreforts crénelés. Elle formait une saillie sur l'enceinte du monastère et constituait une véritable forteresse avec des murs allant jusqu'à 3,25 mètres d'épaisseur. Le pied des murs est fortement taluté.
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Abbaye_Saint_Victor_Marseille_49Le tabernacle et le maître autel, consacrés en 1966, sont des œuvres de Jean Bernard et des compagnons du Devoir. Le maître autel est en pierre et en bronze. On trouve sur la frise des paroles de saint Paul : en grec « un seul seigneur Jésus Christ ».
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12 mai 2009

Le cloître de Saint-Victor

 

 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_37Abbaye_Saint_Victor_Marseille_34Détruit pendant la période révolutionnaire, il n'en reste que les traces d'ancrage des voûtes de la galerie nord contre une aile de bâtiments abbatiaux appuyés au collatéral méridional de l'abbatiale.

 


 


 

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_36Dans l'angle que ces bâtiments formaient avec le transept de l'église, on voit encore les vestiges de l'ancienne salle capitulaire.

 

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Abbaye_Saint_Victor_Marseille_32Sur ce transept prenait naissance l'enceinte qui, à partir de la fin du XIVème siècle, défendit les bâtiments monastiques : les consoles bûchées des mâchicoulis sont encore visibles au sommet du tronçon du mur restant.

 

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Abbaye_Saint_Victor_Marseille_26Il reste des traces d'engravure de la charpente du logis de l'abbé sur l'élévation de la face nord de la tour d'Isarn.

 

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3 avril 2009

La voie sacrée de Marceille

Notre_Dame_de_Marceille_4La voie sacrée romaine, qui amène à l’église, fut reconstruite pour les pèlerins.  A 40 mètres sur la gauche, se dresse une fontaine. Les anciens connaissaient ce lieu sous le nom de "Fontaine de Marsilla", réputée pour soigner les yeux.


















Notre_Dame_de_Marceille_5L'eau s'écoule au goutte à goutte toute l'année, même en période de grande sécheresse ou par temps de grandes pluies. Elle porte une inscription latine : « Mille Mali Species Virgo Levavit Aqua », « La Vierge a soulagé, par l’eau, mille sortes de maux »… Le puits de l’église allait-il chercher la même eau ?
?

3 avril 2009

Notre-Dame de Marceille

Notre_Dame_de_Marceille_3Le lieu dit de "Marceille" est un lieu sacré depuis fort longtemps. La première mention d’une chapelle dédiée à la Vierge apparaît en 1137, mais c’est en 1214 que le vocable Sainte-Marie de Marceille est attesté pour la première fois.








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Le début de la construction de l’église actuelle remonte au XIVème siècle, sur l’emplacement d’une chapelle romane. Une partie des murs de celle-ci fut conservée. Notre-Dame de Marceille fut la propriété jusqu’au début du XIIIème siècle des bénédictins de Saint-Hilaire, puis de l’archevêque de Narbonne à partir de 1260 jusqu’à la révolution. Dès 1380, elle fut une église de pèlerinage reconnue. En 1659, un séminaire de lazaristes fut installé autour de l’église et des bâtiments furent construits au sud. En 1674, la direction spirituelle en est confiée aux Pères Doctrinaires qui la transformèrent.




Notre_Dame_de_Marceille_1L’église, de style gothique méridional, construite en pierre de taille, offre l’aspect d’un vaste parallélogramme. D’énormes contreforts s’élèvent au dessus des toitures et donnent à l’ensemble une architecture grandiose. Le clocher octogonal, percé de 4 fenêtres ogivales, est surmonté d’une flèche. Il renferme 4 cloches dont la plus ancienne date de 1667.

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Notre_Dame_de_Marceille_7Le porche du XVème siècle est un abri de 20m², voûté sur croisée d’ogives. Au sol, un banc de pierre sur les deux côtés. Le portail, divisé en deux vantaux par un trumeau portant statue, a conservé sa boiserie et sa ferronnerie d’époque gothique. A mi-hauteur, une console supporte une statue de Notre-Dame du XVème siècle en pierre polychrome. Mutilée à la révolution, elle fut (mal) restaurée. Le bras de l’enfant et sa main droite étaient tournés vers le ciel, et de la main gauche, il portait un globe terrestre et non pas un joli petit oiseau…







Notre_Dame_de_Marceille_9La nef unique, de style méridional, mesure 29 mètres sur 17, et 11 de hauteur. Elle peut contenir 2 000 personnes. Étonnant pour une église perdue au milieu des champs. Cette nef fut transformée par les Doctrinaires, qui l’adaptèrent aux goûts du XVIIème siècle (1674). Huit colonnettes sans moulures ni chapiteaux découpent la nef en 4 travées. C’est en 1783 que l’église sera voûtée, le dernier arceau remontant à 1810. J’ai reniflé, au milieu, une crypte, voire un ancien mégalithe, ou du moins sa trace.

Le chœur se compose d’une abside en forme de pentagone régulier.







Notre_Dame_de_Marceille_10Sur la gauche, la chapelle de la Vierge Noire où est exposée la statue miraculeuse. Cet endroit serait l’emplacement de l’ancien chœur roman. La vierge, de facture du XIème ou XIIème siècle, haute de 55 cm, trône dans une cavité qu’encadre un riche retable en bois doré. La tête de l’enfant semble avoir été réalisée plus tard. Une légende, conforme aux critères des vierges noires, nous en raconte l’histoire :

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Notre_Dame_de_Marceille_8« A une époque bien lointaine qui se perd dans la nuit des temps, un laboureur qui cultivait son champ sur le coteau de Marcellan voit ses bœufs arrêtés soudain par un obstacle invisible. Il a beau les presser, les exciter, ils demeurent immobiles et résistent à l’aiguillon. Le laboureur, d’abord stupéfait, se sent bientôt envahir par une impression indéfinissable : il se prosterne en invoquant le secours du Ciel. Poussé par une inspiration subite, il creuse la terre pour découvrir l’obstacle qui arrête ses bœufs.
Tout à coup une madone de bois, à la figure brune, au sourire céleste, se présente à ses regards étonnés. Il prend avec respect la statue de Notre-Dame et la porte dans sa maison où elle est accueillie avec bonheur par toute la famille. Mais hélas ! Le lendemain la madone a disparu ! ! !
Le laboureur revient à son champ, et il retrouve l’image vénérée dans le lieu où la veille, il avait eu le bonheur de la découvrir. Vainement il l’emporte une deuxième et une troisième fois : la statue miraculeuse disparaît toujours pour regagner la Colline de Prédilection
»




Notre_Dame_de_Marceille_19La madone a aussi la propriété d’arrêter le feu, ce qu’elle fit en 1685 en sauvant la ville de Limoux d’un incendie. La statue fut profanée en octobre 2007 et fut décapitée. La tête fut retrouvée, et Notre-Dame est en restauration à l'heure actuelle.

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Notre_Dame_de_Marceille_14Dans la chapelle Sainte-Croix, les ex-voto sont exposés, dont un bloc de pierre tombé de la voûte sans blesser un seul des ouvriers qui se tenaient en dessous.

Au sol, une plaque de fonte : c’est l’emplacement de l’ancien puits qui portait l’inscription latine « Ce puits est une source dont les eaux produisent la santé. Le malade qui, avec foi, boit de cette eau est guéri. »
Il fut enlevé en 1843. Ça gêne, les anciens puits guérisseurs celtes, pas vrai ?







Notre_Dame_de_Marceille_12 Notre_Dame_de_Marceille_15Comme la Dame ne va pas sans son parèdre, une chapelle est dédiée à Saint-Michel, bien entendu. Avant, le dragon terrassé tenait dans ses griffes une baguette en bois qui courrait sur le mur. Quelle pouvait en être la signification ? Sûrement un truc à pas savoir, puisqu’elle a été enlevée elle aussi.









Notre_Dame_de_Marceille_13aNotre-Dame de Marceille est citée en premier lieu comme une étape initiatique importante par Fulcanelli dans son célèbre ouvrage "Les Demeures Philosophales". De nombreuses personnes, attachées aux mystères de la région, voient en cette église un lieu gardien de trésor. Il n’y a pas de fumée sans feu. Pour ceux que ça intéresse, voir les liens suivants :

http://www.rennes-le-chateau-archive.com/index.htm?id=ndm_saint_antoine.htm
http://www.societe-perillos.com/som_ndm.html

Et pour voir la carte, c'est ici.

5 août 2009

Abbaye Saint-André-le-Bas, les collections lapidaires

Vienne_Saint_Andr__le_Bas_43L'ensemble le plus important est constitué par une série d'épitaphes chrétiennes en latin dont la plus ancienne est celle d'une viennoise, Foedula, datant du Vème siècle.











Vienne_Saint_Andr__le_Bas_33Les inscriptions médiévales forment un second ensemble, généralement des monuments funéraires, dont une en langue hébraïque, de Samuel, fils de Rabbi Justus, datant du Xème siècle.
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Vienne_Saint_Andr__le_Bas_35Dans l'angle sud-est du cloître sont regroupés des éléments de mobilier en pierre provenant des anciennes églises de Vienne : fragments de chancel et autels en marbre. L'autel en marbre blanc provient de l'église Saint-Pierre et date de la première moitié du XIème siècle. Il fut taillé dans un bloc unique. Trois colonnettes octogonales surmontées de chapiteaux cubiques portent la table de forme semi-circulaire. La cuvette centrale est délimitée par des moulures et entourée de 6 lobes.







Vienne_Saint_Andr__le_Bas_31Des sarcophages ont été placés dans la galerie est. Certains datent du IIème siècle, d'autres du IVème, d'autres du VIIIème siècle. L'un d'eux fut réutilisé pour la sépulture d'un des chanoines de la cathédrale. Le panneau central est décoré d'un chrisme inscrit dans une couronne.
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30 septembre 2008

Saint Antoine

Galamus_saint_antoine_le_grand_gaAntoine, né vers 251 en Haute Egypte, avait dix-huit ans lorsque moururent ses parents, chrétiens à la fortune considérable, qui lui laissaient le soin d'élever sa petite sœur. Observant et pratiquant, il fut un jour vivement frappé par cette invitation de Jésus : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel : viens et suis-moi ! » (Mat, XIX 21). Il obéit, mais fit toutefois une réserve des ressources nécessaires à sa sœur. Bientôt il fut impressionné par une autre parole du Sauveur : « Ne vous mettez pas en peine du lendemain. » (Mat, VI 34).










Galamus_saint_antoine_le_grand_aaIl se débarrassa de sa réserve, confia sa sœur à une communauté de vierges, et se retira dans une solitude voisine de Qéman, entre Memphis et Arsinoé ; conduit par un vieil ascète, Antoine partagea son temps entre la prière et le travail. Cette demi-retraite ne lui suffit pas longtemps ; quand sa réputation lui amena trop des visiteurs, il se réfugia dans un des anciens tombeaux égyptiens de la montagne où, de temps à autre, un ami lui apportait des provisions. Là commencèrent ses tribulations : le démon lui livrait de furieuses attaques. Un matin l'ami charitable le trouva étendu inanimé sur le sol ; il le rapporta au village où, le croyant mort, on prépara ses funérailles. Antoine reprit ses sens et demanda à être ramené immédiatement dans sa grotte.









Galamus_saint_antoine_le_grand__jaLes assauts du démon continuèrent. Antoine chercha une retraite encore plus profonde, au delà du Nil. Vingt ans, il vécut enfermé dans un château ruiné, toujours aux prises avec Satan.
Sollicité par les visiteurs qui venaient lui demander ou des miracles ou une règle de vie, il établit en 305 des ermitages où ses disciples, attentifs à ses discours et s'inspirant de ses exemples, pratiquaient un héroïque détachement.













Galamus_saint_antoine_le_grand__laEn 311, Antoine entendit dire que la persécution de Maximin ensanglantait l'Egypte ; il descendit à Alexandrie pour encourager les martyrs et partager leurs souffrances. Il s'attendait à être mis à mort, mais il ne fut pas inquiété. L'année suivante, il reprit le chemin de sa solitude ; animé d'une sainte émulation, il s’y imposa des jeûnes et des veilles plus austères. Il s'enfonça dans le désert de la Haute Egypte pour fixer sa résidence au mont Qualzoum, appelé plus tard Mont Saint Antoine, où il s'installa près d'une source, au milieu d'une palmeraie. Il cultivait lui-même un petit jardin pour aider à sa subsistance.

Galamus_saint_antoine_le_grand__kaLes disciples restés près du Nil construisirent le monastère de Pispir où Antoine les venait visiter à intervalles réguliers. Dans ses dernières années, il permit à deux de ses disciples, Macaire et Amathas, de rester près de lui. De 312 jusqu'à sa mort, Antoine demeura dans son ermitage où il y recevait des visiteurs animés de dispositions fort diverses : les uns lui demandant des miracles ou des enseignements, les autres cherchaient à l'embarrasser, comme ces philosophes grecs ou ces ariens qu'il réduisit au silence. Athanase, son futur biographe, y vint à plusieurs reprises ; l'empereur Constantin lui écrivit pour se recommander à ses prières.










Galamus_saint_antoine_le_grand__iaVers 340, se place la rencontre d'Antoine et de l'ermite Paul dans les circonstances qu'a décrites saint Jérôme, dans la vie du second. Antoine ambitionnait d'imiter plus parfait que lui ; il apprit en songe qu'un anachorète, riche en mérites, vivait depuis longtemps dans une partie du désert qu'il croyait inhabitée. Sans tarder, il se mit à la recherche du saint homme, parvint non sans peine jusqu'à sa cellule, mais la trouva fermée. Paul qui l'avait pressenti, ne veut voir aucun être humain. Enfin, Paul céda aux instances réitérées d'Antoine, et les deux ermites tombèrent dans les bras l'un de l'autre, se saluant mutuellement par leur nom, s'entretenant des choses de Dieu, pendant qu'un corbeau apportait leur nourriture, un pain entier ce jour-là. ( http://www.eglise-armenienne.com/Hagiologie/Saints_universels/Antoine.htm )

Voici leur conversation telle que nous la rapporte le Synaxaire :

Galamus_saint_antoine_le_grand__eaAlors Paul demanda:" " Le monde subsiste-t-il ? " - " Oui. " - " L'injustice existe-t-elle encore sur la terre ? " - " Oui. " - " Les magistrats gouvernent-ils avec l'erreur de Satan dans l'esprit, en tyrannisant les faibles ? "
L'autre répondit: " Il en est ainsi. "
Paul prophétisa ensuite le développement du monachisme, et les divers troubles qui toucheraient l'Eglise. Le corbeau vint leur apporter un pain entier, pour la première fois depuis quatre-vingts ans. Peu après cette visite, Antoine vit l'âme de Paul monter au ciel dans la joie des anges. Il trouva le corps de Paul, l'enveloppa du manteau offert par l'empereur Constantin à saint Athanase, et, aidé par deux lions, il l'ensevelit en ce lieu, où se trouve depuis le IVe siècle le monastère Saint-Paul. Antoine offrit la tunique de Paul, en feuilles de palmier, à Athanase, qui la portait lors des grandes fêtes.

Galamus_saint_antoine_le_grand__daSur la fin de sa vie, Antoine descendit une seconde fois à Alexandrie où il convertit nombre d'hérétiques et d'infidèles. Peu après son retour, il annonça à ses deux disciples sa mort prochaine, leur fit promettre de ne révéler à personne le secret de sa tombe, légua à saint Athanase son manteau de peau et celui sur lequel il dormait. Il expira doucement en 356, un 17 janvier selon la tradition.

Les religieux ayant adopté le mode de vie solitaire de saint Antoine sont appelés anachorètes, s'opposant aux cénobites qui choisissent la vie en communautés monastiques.

La vie de saint Antoine et ses tentations ont inspiré de nombreux artistes, notamment Jérôme Bosch, Pieter Bruegel, Dali, Max Ernst, Matthias Grünewald, Diego Vélasquez. Gustave Flaubert lui a également consacré un récit (La Tentation de saint Antoine).

( explication des détails de la tentation de saint Antoine de Bruegel )


Galamus_saint_antoine_le_grand__baDe nombreuses représentations du saint nous le montrent accompagné d'un cochon portant une clochette. Selon Émile Mâle, qui signale que cette tradition date de la fin du XIVème siècle, le cochon n'a rien à voir avec la vie du saint mais avec un ordre religieux fondé en Dauphiné en 1095 (les Antonins) : les porcs n'avaient pas le droit d'errer librement dans les rues, à l'exception de ceux des Antonins, reconnaissables à leur clochette.







Galamus_saint_antoine_le_grand__caFlaubert écrivit trois versions de ce long poème cosmique où l'anachorète de la Thébaïde dialogue avec des apparitions successives. Antoine, évoquant les souvenirs trop vivaces de son passé, connaît à nouveau les tentations démoniaques : des visions de luxe, les séductions du pouvoir ou de la volupté le sollicitent ; plus troublante encore est l'apparition de son disciple, Hilarion, qui lui présente « tous les dieux, tous les rites, toutes les prières, tous les oracles », soulignant les contradictions des Écritures. Et quand, sous le nom de Sciences, le démon dévoile à Antoine les secrets de l'univers, l'anachorète aspire un moment à se fondre dans la matière dont il aperçoit l'extraordinaire foisonnement.









Extrait de "La Tentation de Saint Antoine" de Gustave Flaubert :

Galamus_saint_antoine_le_grand__fa- ISIS : "Ô Neith, commencement des choses ! Ammon, seigneur de l'éternité, Ptha, démiurge, Thoth son intelligence, dieux de l'Amenthi, triades particulières des Nomes, éperviers dans l'azur, sphinx au bord des temples, ibis debout entre les cornes des boeufs, planètes, constellations, rivages, murmures du vent, reflets de la lumière, apprenez-moi où se trouve Osiris !
Je l'ai cherché par tous les canaux et tous les lacs, -plus loin encore, jusqu'à Byblos la phénicienne. Anubis, les oreilles droites, bondissait autour de moi, jappant, et fouillant de son museau les touffes des tamarins. Merci, bon Cynocéphale, merci !
Elle donne au singe, amicalement, deux ou trois petites claques sur la tête.
Le hideux Typhon au poil roux l'avait tué, mis en pièces ! Nous avons retrouvé tous ses membres. Mais je n'ai pas celui qui me rendait féconde !"
Elle pousse des lamentations aiguës.
- ANTOINE est pris de fureur. Il lui jette des cailloux, en l'injuriant : "Impudique ! va-t'en, va-t'en !"
- HILARION : "Respecte-la ! C'était la religion de tes aïeux ! tu as porté ses amulettes dans ton berceau."

( http://pagesperso-orange.fr/jb.guinot/pages/antoine1.html )

16 février 2010

Eglise Notre-Dame d'Avenas

Extrait des "Archives historiques et statistiques du département du Rhône", Publié 1825 par J.M.Barret, copie de l'exemplaire de l'Université de Harvard par Google-books :

Avenas_120a"Avenas est situé à une lieue de Beaujeu : la route de Lyon à Autun passait, du temps des romains, par Avenas. Quelques traces de cette route subsistent encore près de Saint-Jean-d'Ardière. Au haut de la montagne, il existe des ruines d'un ancien monastère dont l'origine remontait au berceau du christianisme. La tradition rapporte que, dans la suite, les moines de Cluny ayant introduit la réforme dans l'ordre de Saint Benoit, plusieurs monastères l'adoptèrent, entre autres celui d'Avenas. On remarque dans l'église qui est sous le vocable de l'assomption de Notre-Dame, et qui dépendait du diocèse de Mâcon, l'épitaphe suivante : Hic jacet dominus Joannes Minet P. curatus hujus ecclesioe, qui obiit anno Domini MCCXCII (1292).

Avenas_123aSévert, dans son histoire, prétend que Louis , traversant nos provinces gouvernées alors par Balmundus, environ l'an 824, résolut de raser entièrement le château de Ganelon, bâti sur le sommet de la montagne de Torvéon, dans la paroisse de Chenelette, et que Charlemagne avait déjà fait détruire en partie.
Ce fut, suivant le même auteur, pour rendre grâces à Dieu de la victoire remporté sur Ganelon, que l'empereur fit bâtir l'église d'Avenas, dont il confia le service à des religieux de l'ordre de Saint-Benoit qui résidaient alors dans le même territoire, près de Foux ou Fouteau d'Avenas. Le bas-relief était destiné à conserver la mémoire de cet évenement dont Sévert place la date au 12 de juillet.
Le cardinal de Tournon, au nom du roi, vendit, par acte du 21 novembre 1537, à Guillaume Barjot, écuyer, la prévôté et justice de Varennes et de la terre d'Avenas.
"




Avenas_006aLe village, habité par les Avenaudis, est donc situé sur une ancienne voie romaine allant de Lyon a Autun, non loin de la forêt voisine du col du Fût d’Avenas (760 m). Cette voie est connue sous le nom de Chemin Ferré ou Chemin des Romains. On sait par les Romains que la région était habitée à l'époque de l'invasion de la Gaule mais il n'existe que tres peu de vestiges de ce passé.

 

Avenas_117aLe village fut marqué par les légendes, dont celle de la " Source des Fées ", aux vertus curatives pour guérir le paludisme. La source existe toujours, sous un hangar situé au-dessus de l'église. Elle vibre encore de nos jours.








Avenas_011aAu début du Moyen-Age, entre 880 et 910, des moines cisterciens fondèrent un monastère et construisirent une église de style roman entre 1088 et 1150. Le village se nommait alors Avenacum.


Avenas_012aUne légende parle des origines de la construction de l'église : "Il fut décidé de reconstruire une église sur les ruines de l'ancien monastère du Pélage, détruit par les barbares. Le chantier commença, mais tous les matins, les outils des ouvriers se retrouvaient dispersés... Le maitre d'ouvrage, pensant que Dieu ne voulait pas de cet emplacement, eut une idée : il lancerait son marteau, et là où il retomberait, sera le futur chantier. Il retomba à 1200 mètres, dans un buisson d'aubépine, près de la fontaine sacrée d'Avenas..."






Avenas_108aL'aubépine est plante sacrée des druides, près de laquelle plusieurs vierges noires ont été trouvées. Cette plante est aussi appelée l'arbre aux fées... L'église n'est-elle pas dédiée à Notre-Dame, représentant l'ancienne Déesse-Mère ? Et le marteau n'est-il pas attribut de Thor ? Le monachisme bénédictin transporte bien l'ancien savoir des druides.
A l'avènement du Christianisme, nombreux furent les pèlerins participant à l'Assomption le 15 août. Réminiscence du culte à l'ancienne déesse...




Avenas_022aL'église, modeste par sa taille, a suscité plusieurs hypothèses pour son origine, entre l'époque carolingienne et l'intervention protectrice du roi Louis VII qui contrôle le Mâconnais. Le remarquable autel sculpté et classé, avec son Christ en majesté entouré des douze apôtres et la représentation de la fondation de l'église par le roi Louis, en fait une des merveilles de l'art roman clunisien finissant du XIIème siècle.




Avenas_037aL'église a été restaurée au 20ème siècle : la tourelle à 8 faces et la sacristie datent de cette époque.

L'intérieur, très simple, a une nef de 15 par 5,50 mètres environ, couverte en charpente, avec transept saillant, coupole sur trompes à la croisée et abside en cul-de-four décorée de pilastres.

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Avenas_020Les fonds baptismaux, simple cuve en pierre, ont un couvercle en bois sur lequel est inserré une croix que l'on peut comparer avec la croix templière du "gratte-cul de Chartres", servant de maitre-étalon à l'édifice.

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30 septembre 2010

Saint Patrick

Saint Patrick et la christianisation de l'Irlande
par Jean Guiffan, chargé d’enseignement à l’université de Nantes

Saint_Patrick__11_aUne très ancienne tradition irlandaise fait de saint Patrick, de son nom chrétien de naissance Maewyn Succat, l'évangélisateur de l'Irlande dans le second tiers du Vème siècle.
Amplifiées avec le temps, de nombreuses légendes courent autour de ce saint patron mais, faute de repères historiques précis, il est difficile à son sujet d'extraire la réalité du merveilleux.
Saint_Patrick__7_aLes documents anciens attribués à Saint Patrick ou à ses disciples, deux écrits latins : la Confession et la Lettre aux soldats de Coroticus, sont sujets à caution et les récits de ses premiers biographes, Muirchu et Tirechan, ne sont pas très fiables : rédigés au VIIème siècle, lors du conflit entre Rome et les chrétientés celtiques, ils épousent manifestement les thèses de la cause romaine. C'est donc avec une extrême prudence que Jean Guiffan, auteur d'une Histoire de l'Irlande, a tenté de retracer la vie de saint Patrick.










La vie et la mission de saint Patrick

Saint_Patrick__4_a"Issu d'une famille bretonne romanisée et christianisée (son père était décurion et diacre), Patrick serait né vers 385-390 près de Dumbarton, au nord de l'Angleterre actuelle. Il aurait été enlevé à seize ans par des pirates scots, c'est-à-dire à cette époque irlandais, et emmené en Ulster, dans le comté d'Antrim, devenant pendant six ans l'esclave d'un druide. Saint_Patrick__3_aObéissant à une vision divine, il se serait évadé, réussissant à rejoindre sa famille en Grande-Bretagne. Là, si l'on en croit la Confession, il aurait eu une autre vision dans laquelle les Irlandais l'imploraient pour qu'il revienne parmi eux.

Saint_Patrick__8_aPatrick va acquérir en Gaule la formation religieuse qui lui manque. Selon certaines sources, il aurait rendu visite à saint Martin de Tours, ce qui n'est chronologiquement pas possible. Une autre tradition tardive qui le fait séjourner à Lérins, fondation monastique du sud de la Gaule, semble également dépourvue de tout fondement. En revanche, il est possible qu'il se soit fixé à Auxerre, comme l'affirme "La vie de Saint Patrick de Muirchu", et même qu'il ait été consacré des mains de saint Germain avant d'être envoyé en Irlande par le pape Célestin.

Saint_Patrick__9_aD'après les Annales d'Ulster, Patrick serait arrivé dans l'île en 432, débarquant à Saul, près de Downpatrick. Selon la tradition, c'est lui qui aurait converti l'île païenne au christianisme en défiant les druides dans des joutes singulières comme l'épreuve du feu et en expliquant le mystère de la Sainte Trinité par la feuille trilobée du trèfle qui deviendra, avec la harpe celtique, le symbole de l'Irlande. S'adressant de préférence aux rois et à leur famille pour convertir ensuite plus facilement le reste de la population, il aurait été pendant une trentaine d'années, avec quelques disciples, l'infatigable propagateur de l'Évangile en Irlande, baptisant des milliers de personnes, fondant de nombreuses églises et l'évêché d'Armagh.
Saint_Patrick_aSi des incertitudes planent sur la date exacte de sa mort, sans doute vers 461, (la légende parle du 17 mars, jour de sa fête actuelle) il n'en demeure pas moins qu'à la fin du Vème siècle, l'Irlande païenne était bien entièrement christianisée. On pense que la plupart des druides devinrent moines, adoptant la religion chrétienne. Il est enterré aux côtés de sainte Brigitte et de saint Columcille, tous deux également patrons de l'Irlande."














La tradition face à l'histoire

Saint_Patrick__1_a"Sans vouloir offenser la tradition irlandaise ni diminuer les mérites de saint Patrick, il est difficile de croire qu'il ait trouvé en 432 l'Irlande vierge de toute influence chrétienne alors que l'île voisine, la Grande-Bretagne, avait été touchée par la nouvelle religion au moins deux siècles plus tôt. Il est probable que le message chrétien avait en fait déjà été introduit dans l'île par des missionnaires venus de Grande-Bretagne, d'Aquitaine, d'Espagne ou même d'Orient dès la fin du IVe siècle ou les débuts du Ve siècle.

La chronique de Prosper d'Aquitaine, source généralement digne de confiance, nous apprend d'ailleurs qu'en 431 le pape Célestin avait envoyé en Irlande un certain Palladius comme évêque pour les Irlandais "croyant dans le Christ", in Christum credentes. Cela implique l'existence de communautés chrétiennes en Irlande avant l'arrivée de saint Patrick et souligne la volonté de Rome de les faire entrer dans l'obédience pontificale. On ne sait malheureusement rien de plus sur la mission de ce Palladius mais, comme le montre la création de l'évêché d'Armagh vers 445, c'est bien une Église épiscopale de type continental que Rome a cherché à implanter en Irlande.

Saint_Patrick__6_aOr c'est sous la forme du monachisme que le christianisme va se développer dans l'île aux VIème et VIIème siècles. Sans remettre en cause l'organisation diocésaine existante, l'Irlande se couvre alors de nombreux monastères indépendants les uns des autres qui deviennent les véritables centres de la vie religieuse. Leurs saints fondateurs ne se réfèrent jamais à Palladius ou à Patrick dont on semble même oublier le nom. Isolée de la papauté romaine par les invasions barbares, l'Irlande, comme les autres pays celtiques, va être pendant près de deux siècles le grand refuge du christianisme occidental face à un continent retombé en partie dans le paganisme, mais un foyer original que Rome ne tardera pas à reprendre en main."


http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/saint_patrick_et_la_christianisation_de_l_irlande.asp

30 septembre 2008

Les Tuatha De Danann, Dagda, Aengus et Ogmius

L'histoire commence avec la partie mythique, celles des invasions successives de l'île par différents peuples :
-Première invasion : Partholon , création de l’être humain.
-Deuxième invasion : Nemed , la spiritualité , la tradition et la religion.
-Troisième invasion : Fir Bolg , les guerriers.
-Quatrième invasion : les Tuatha Dé Dannan , les dieux et le druidisme.
-Cinquième invasion : les Milésiens, ou celtes, époque actuelle.

Hill_of_Tara_Thuata_de_Dannan_cernunnosDans l'histoire mythique, telle qu'elle nous est rapportée par le Lebor Gabála Érenn (Livres des conquêtes de l'Irlande), les Tuatha, les dieux, ont débarqué et pris possession de l'île, après avoir battu les Fir Bolg lors de la Cath Maighe Tuireadh (Seconde bataille de Mag Tured). Selon les sources littéraires médiévales, la société divine est structurée de la même manière que la société humaine, et l'organisation des Tuatha Dé Danann est hiérarchisée en trois classes fonctionnelles :

-la fonction sacerdotale dont le rôle recouvre le Sacré est assurée par le Dagda
-la fonction guerrière qui se charge notamment de la souveraineté, représentée par Ogme le dieu-guerrier et Nuada le dieu-roi
-la fonction artisanale qui doit produire pour l'ensemble de la communauté, figurée par Goibniu, Credne et Luchta

Hill_of_Tara_Thuata_de_Dannan_dagdaLe Dagda est le dieu-druide par excellence (et par conséquent le dieu des druides), il a en charge le sacré, la science, les contrats. Il règne sur le temps, l'éternité et sur les éléments, ainsi que sur le Sidh (l'Autre Monde celtique) mais lui-même habite le Brug na Boinne, ou "hôtel de la Boyne" que Oengus, son fils, va lui ravir. Sous prétexte d'en avoir la jouissance pendant une nuit et un jour, le Dagda prête sa résidence, mais la durée symbolise l'éternité et Oengus la garde définitivement. Cette résidence, qui n'est autre qu'un Sidh, est assimilée au site mégalithique de Newgrange, au nord de Dublin. Oengus est appelé le "maître du sidh de Brug-Na-Boyne".




ogmios1Il forme un binôme avec son frère Ogme (l'Ogmios des Gaulois), le dieu de la magie guerrière, dont il est le complément. De par sa fonction, c’est un druide parfait, il est omniscient et omnipotent, c’est aussi un guerrier puissant. Il a un côté paternel et nourricier. On le décrit parfois comme un géant hideux et un ogre paillard. Ses accouplements avec les déesses sont nombreux. On lui connaît plusieurs talismans, dont le chaudron d'abondance (symbole de prospérité), la massue qui tue et ressuscite (symbole de sa puissance) et la roue (symbole cosmique).





Hill_of_Tara_Thuata_de_Dannan_dagda_7aOengus (ou Aengus, ou Mac Oc) est le fils naturel du Dagda et de Boand (nom de la rivière Boyne). Dans l’organisation des Tuatha Dé Danann, c’est un dieu qui participe aux trois fonctions (sacerdotale, guerrière et artisanale). Il est comparable à Apollon de la mythologie grecque.






aran_aDun Aengus, une forteresse en demi-cercle qui se trouve au bord d'un falaise sur Inishmore, une des îles d'Aran, qui signifie "Forteresse d' Oengus", fut l'une de mes plus belles rencontres. Le lien avec les sites de Newgrange et de Tara s'est donc fait après plusieurs années...

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16 mars 2010

Le trône du couronnement de l’abbaye de Westminster et la Lia Fail

Hill_of_Tara_Thuata_de_Dannan_cernunnosC’est par l’intermédiaire de ce trône que j’ai retrouvé les Tuatha De Danann, le peuple de la déesse Dana, qui arrivèrent en des temps reculés en Irlande (époque néolithique, fin de la glaciation de Würm).




Westminster_Abbaye_chaudronIls apportèrent avec eux 4 talismans : la pierre de Fail, ou pierre du Destin (celle qui va nous intéresser), la lance de Lugh, l’épée de Nuadha et le chaudron de Daghda (symboles des 4 éléments). 








Hill_of_Tara_11aDonc, cette pierre magique qui « chantait »  lorsque le roi légitime s’asseyait dessus fut déposée à Tara,  qui devint capitale de l’Irlande celtique. Elle fut fissurée par l’épée de Cuchulain lui-même lorsqu’elle refusa son prétendant au trône (la légende arthurienne n’est pas loin). Elle accordait à l’élu pouvoir, protection, jeunesse, et un long règne.














Hill_of_Tara_26Selon une autre légende, cette pierre aurait été la pierre qui servit d’oreiller au Patriarche Jacob lors de l’épisode du rêve de l’échelle à Béth-El. David s’en serait servi comme socle pour l’arche d’alliance. Après la destruction du temple, elle aurait été emportée par le roi Gathelus de Syrie en Égypte puis emmenée en Espagne vers – 700 avant notre ère, puis aurait été emportée en Irlande par un descendant de Gathelus, pour être déposée sur la colline sacrée de Tara. Gathelus fut le premier roi d’Irlande choisi par la pierre.





Westminster_Abbaye_Pierre_du_destin_1Les deux légendes se croisent par la ressemblance des noms des Tuatha de Danann et l’une des 12 tribus d’Israël, celle de Dan. Par ce biais, les traditions païennes et le message chrétien se confondent. Les anciens chefs de guerres sont convertis en monarques chrétiens respectés.
Elle aurait été ensuite emportée en Écosse lors du règne de Fergus Mc Ere d’Ulster vers le début du VIème siècle avec l’aval de son frère Murtagh Mc Ere, roi de Tara de 512 à 533. Puis, transportée de nouveau en 843 par le fondateur du royaume d’Ecosse, Kenneth Mac Alpin, roi des Pictes et des Scots, dans le futur monastère de Scone dans le Pertshire.
Westminster_Abbaye_Pierre_du_destin_2









Westminster_Abbaye_52Et voilà notre roi Édouard Ier qui, après sa victoire contre les écossais en 1296, se dit que cette pierre ferait bien son affaire. Non seulement il deviendrait par son intermédiaire le souverain légitime de l’Angleterre, assurerait sa domination sur Écosse, mais en plus, il serait relié aux souverains mythiques celtes et aux rois de l’ancien testament. Et cerise sur le gâteau, peut-être aurait-il, lui aussi, un long règne sous sa protection. Bon plan. Il ramena donc la Lia Fail à Londres, et la fit enchâsser en 1301 sous le trône du couronnement de Westminster. Depuis, la pierre servit au couronnement de tous les souverains d’Angleterre.










Mais….

Westminster_Abbaye_48Une autre légende raconte que les moines de Scone auraient caché la pierre originale dans la rivière Tay, la remplaçant par une copie de taille et une forme similaires. Ce qui expliquerait pourquoi la pierre d’Edouard est si géologiquement proche du grès que l’on trouve dans la région de Scone. La pierre, en fait, n’est qu’un bloc oblong simple de grès rouge, mesurant 65 cm de longueur par 40 cm de largeur et 27 cm de profondeur. Une trace de ciseau marque son sommet plat. Si la véritable pierre fut cachée, elle ne fut jamais retrouvée. Les templiers ont prétendu la détenir…
Continuons avec la pierre ramenée en Angleterre. Édouard III, en 1328, dans le traité de Northampton, s’engagea à la restituer, chose qu’il ne fit jamais.

Mais…

Westminster_Abbaye_51Le jour de Noël 1950 un groupe d’étudiants patriotes menés par Ian Hamilton décida de s’approprier la pierre de l’abbaye de Westminster. Elle fut transmise à un politicien important de Glasgow qui s’arrangea pour qu’elle soit mise en lieu sûr. Au début du mois d’avril de l’année suivante, les Écossais, estimant que le gouvernement plierait face à l’opinion publique en n’osant pas la réclamer, la placèrent symboliquement sur l’autel de l’abbaye d’Arbroath le 11 avril 1951. Lorsque la police londonienne en fut informée, la pierre fut rapidement et discrètement rapportée à Westminster, dégradant un peu plus les relations entre les deux pays. Était-ce la bonne ? Les écossais sont au moins aussi malins que les irlandais… Et c’est sans compter sur Duncan Mac Leod, qui, dans un épisode de la série Highlander, la déroba lui-même.







Westminster_Abbaye_pLe 2 juin 1953, la reine Élisabeth II fut la dernière monarque à être couronnée sur le trône où se trouve la Pierre de la Destinée. A cette occasion, la couronne fut sertie de 12 pierres précieuses, telles qu’elles étaient placées sur le pectoral que portait le grand prêtre du temple de Jérusalem., chacune représentant l’une des 12 tribus d’Israël….

En 1996, le gouvernement britannique décida de rétrocéder la pierre de Scone à l’Écosse. Le 15 novembre, après une cérémonie de transmission, elle fut placée au château d’Édimbourg.Toutefois, elle continuera à être temporairement envoyée à Westminster pour les cérémonies de couronnement.

Quoi qu’il en soit, elle reste un puissant symbole de l'indépendance écossaise.

Merci http://911truth-sherbrooke.org/2009/05/10/lenigme-prophetique-de-la-pierre-du-destin/ ....

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