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lieux sacrés
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27 avril 2011

Chartres, le puits des Saints-Forts



Chartres_crypte_1A l’origine du sanctuaire, l’enceinte sacrée primitive se dota d’un puits. Il est purificateur et harmonisateur, et joue son rôle de régulateur par la mise à la terre des énergies cosmiques et telluriques. Le puits est associé au dolmen et à la déesse mère, représentée par Bélisama, déesse des eaux qui donna son nom à la Beauce. Les eaux miraculeuses, lunaires, activées par les courants telluriques et cosmiques du lieu, solaires, attirèrent les foules.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De grandes similitudes avec le Puy-en-velay :


Le_Puy_2a« Ces blocs datent du Ier siècle et ornaient le premier temple qui enserrait le dolmen. C'est là aussi que se trouve le puits. Il est aujourd'hui condamné, mais eut autrefois la renommée d'une eau miraculeuse, ainsi qu'en fait foi l'inscription située sur le mur au dessus des blocs sculptés: "Fons ope divina languentibus est medicina subveniens gratis ubi deficit ars Ypocratis", " par œuvre divine, cette fontaine est une médecine qui subvient gratuitement aux malades là où l'art d'Hippocrate fait défaut". »

 

 

 

Le_Puy_1aAu Puy, la grande déesse est représentée par Isis et son voile : « Au dessus du tympan, une frise de "S", que l'on retrouve dans les fondations de la cathédrale au niveau des vestiges romains. Les "S" sont séparés les uns des autres par une barre verticale. Il ne reste plus qu'à lire: -ISISISIS-.»

 

 

 

Chartres_Puits_des_Saints_FortsLe puits fut creusé sans revêtement de maçonnerie dans le tuf très résistant formé par la couche supérieure du calcaire de Beauce et se termine au fond par une sorte de cuvette ovoïde creusée dans un lit de silex. Sa profondeur totale, mesurée à partir du niveau du sol de la crypte, est de 33 mètres 55, 37 mètres au-dessous du dallage du chœur. La voûte se tient à 37 mètres au-dessus de ce dallage… ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, l’appareil cosmo-tellurique est fonctionnel. Il fut tout d’abord foré sur plan carré de 1 mètre 20, comme le faisaient les celtes, puis fut repris par les romains en rond.

 

C'est au cours des XI ème et XII ème siècles que les malades affluèrent en ce lieu pour s'y guérir du Mal des Ardents. Dans le « Cartulaire de Saint-Père », rédigé en 1080, il est dit que le puits était, depuis l'année 858, l'objet d'un pèlerinage très fréquenté et qu'il s'y opérait beaucoup de miracles. Dans « Le livre des miracles de Notre-Dame de Chartres » de Jehan Le Marchant, écrit entre 1252 et 1262 d’après un ouvrage latin antérieur, un de ces miracles est raconté : « pendant qu’on faisait la procession dans la crypte, un enfant de chœur tomba dans ce puits et il fut impossible de retrouver son corps. Mais l’année suivante, lors de la même procession, on fut étonné de le revoir, vêtu de son aube, qui n’était point mouillée, et tenant son cierge à la main. Il déclara qu’au moment de sa chute, une belle dame, vêtue de blanc, l’avait reçu dans ses bras, l’avait soignée pendant toute l’année et l’avait ensuite remis à sa place. »

Il fut comblé en 1580, peut-être même dès le XIII ème siècle, et caché vers 1650 par le clergé peu favorable aux pratiques de l’ancienne religion, et fut retrouvé en 1901 par René Merlet. Dans les sanctuaires dédiés aux cultes des eaux se trouvaient fréquemment des images de divinités protectrices que l’on appelait les Mères, représentées assises avec un enfant sur les genoux. 

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27 avril 2011

Chartres, les cryptes



Il faut savoir que l’énergie de la Terre s’accumule dans les grottes souterraines. C’est pourquoi les grottes, comme les cryptes, jouant le rôle de caisses de résonnance magnétique, furent utilisées par les initiés qui transmutaient les forces de la nature.



La crypte dolménique



Chartres_crypte_5Monseigneur Pie, évêque de Poitiers et ancien vicaire de Chartres (1840), disait : « L’important à Chartres n’est pas ce qui est au-dessus, mais ce qu’il y a au-dessous ».
A l’origine du sanctuaire, l’enceinte sacrée primitive pré-celtique et la grotte. Il serait étonnant que nos ancêtres ne se soient pas servi de la puissance tellurique du lieu pour y implanter le premier « appareil » (voir la citation de Robert Graffin), donc ce que nous appelons un mégalithe. Nulle preuve tangible de son existence, si ce n’est plusieurs témoignages consignés dans des archives difficiles à consulter, ou issus d’auteurs plus ou moins « allumés », comme Pierre de la Crau.

 

 

 

 

 

 

 

Chartres_crypte_4aMaurice Erwin Guignard lui, dans la revue Atlantis en 1982, parle d’une ancienne crypte située dans les fondations de la cathédrale. Il raconte qu’il a pu y pénétrer en 1957, partant des sous-sols de l'ancien immeuble des Contributions Directes, et qu’il a vu 12 menhirs correspondant à un calendrier mégalithique solaire, formant une courbe elliptique de faible excentricité. Un de ses soi-disant ancêtres, l'architecte Jon Guygnard, put pénétrer lui aussi dans l'ancienne crypte où se trouvaient les menhirs. « Des runes corniques étaient gravées sur les faces tournées vers le centre de la crypte, accompagnées de figures géométriques ciselées avec finesse. »

 

 

 

 

 

Chartres_crypte_9Quoi qu’il en soit, il se pourrait qu’il y ait correspondance entre la grotte de la Vierge de la légende et un dolmen, représentant l’athanor, le lieu où toutes les transformations sont possibles. La grotte, ou la crypte, est un amplificateur des énergies du lieu. Et à Chartres, les énergies sont puissantes… 

 

 

 

 

J’ai vu moi-même en rêve un tunnel en pente douce partant du parvis de la cathédrale, bordé sur sa droite d’un lac souterrain, arrivant dans un espace très bas de plafond, où se trouvait une table dolménique entourée de menhirs disposés en arc de cercle. De cet endroit, d’une étonnante puissance énergétique, partaient des « tubes » reliant différents points géographiques et temporels. L’un d’eux menait sur le plateau de Guizeh, un autre dans la Crète Minoenne, un autre sur Sirius. Ce n’était qu’un rêve.

Ah ? Comment ça justement ? Non, vraiment, je ne vois pas du tout ce que vous voulez dire. Bref. Comme sa sœur Vellave, la cathédrale du Puy, Chartes a probablement eu son dolmen. Comme au Puy, autre sanctuaire marial, il devait être placé près de l’eau sacrée, le puits des Saints-Forts.


Chartres_plan_crypte_Fulbert_2Les fouilles entreprises par René Merlet ont permis de reconnaitre la place occupée jadis dans la crypte de Chartres par le sanctuaire de Notre-Dame-Sous-Terre, désigné depuis le XVI ème siècle sous le nom de grotte druidique. Ce sanctuaire, si l'on s'en rapporte au témoignage des écrivains du XVII ème siècle, devait former dans le mur latéral de la crypte un renfoncement, une sorte de niche où l'on accédait par un escalier de quelques marches. C'est sous la voussure de cette grotte, d'après les anciennes gravures et les descriptions de témoins oculaires, que se trouvaient le puits et la statue de la Vierge. Quand on détruisit le puits des Saints-Forts vers1650, on maçonna en même temps la grotte que d'anciennes gravures gardent en souvenir.


Les cryptes chrétiennes



Chartres_planL’église basse, que l’on appelle actuellement la crypte, construite sur les vestiges des constructions antérieures. De forme semi-circulaire, elle se compose de deux galeries parallèles reliées par un déambulatoire, l’espace central, remblayé, est encore inexploré. Elle est en fait composée de deux cryptes concentriques :

 

 

 

 

 

 

Chartres_crypte_10La première, la crypte ou caveau de Saint-Lubin, date du IX ème siècle. C’est une partie de l’église carolingienne de Gislebertus, dans laquelle se trouve une partie d’un ancien mur gallo-romain, peut-être les restes de la muraille d’enceinte du sanctuaire primitif. Elle est située sous le chœur de la cathédrale actuelle, juste sous le maitre-autel. C’est ici que le trésor de la cathédrale fut mis à l’abri en période de troubles, et lors de l’incendie de 1194. Ce n’est qu’en 1857, date de réaffectation de la crypte au culte, que ce lieu prit le nom de Saint-Lubin.

 

 

 

 

 

 

Chartres_crypte_8Adossé au mur antique, une colonne s’élance. Faite de matériaux de récupération d’anciens bâtiments, probablement de l’ancien temple gallo-romain, elle est posée sur une dalle calcaire, mise à jour lors des fouilles de René Merlet.

Chartres_crypte_7

 

 

 

 

 

 

 

Chartres_crypte_6Le sol était préparé pour recevoir un dallage, qui fut certainement récupéré lors de la construction de l’église carolingienne. Face à cette colonne, on se sent tout petit. L’ambiance est au recueillement, voir plus… Le pilier vibre de toute son énergie. La crypte Saint-Lubin représente à mes yeux l’endroit le plus spécial de Chartres, avec le labyrinthe et la vierge du pilier.

 

 

 

 

 

 

Chartres_crypte_3La deuxième, appelée crypte Saint-Fulbert, date du XI ème siècle. Elle enveloppe Saint- Lubin, fait le tour de la cathédrale. La visite, qui ne se fait qu’avec un guide, commence par la chapelle Saint-Martin, qui servait de soubassement au croisillon sud de la cathédrale romane. Y sont conservées 6 statues-colonnes originales du portail Royal, datant du XII ème siècle, retirées entre 1971 et 1975 à cause de leur état de dégradation et remplacées par des copies. Nous avons l’original de l’ange au cadran solaire.

 

 

 

 

 

 

Chartres_crypte_2bLa chapelle Saint-Clément, simple renforcement de consolidation de la construction, a conservé sa décoration peinte du XII ème siècle. Sont représentés, de droite à gauche, le pape saint Clément, saint Nicolas évêque de Myre, saint Jacques le Majeur (reconnaissable aux coquilles sur son manteau) et saint Pierre. Puis saint Martin, suivi par un roi "Karolus", peut-être Charles Martel, agenouillé, qui assiste à une messe célébrée par saint Gilles. Au-dessus, garnissant le haut de l’arc en plein cintre, une représentation stylisée de la cathédrale de Fulbert.

 

 

Chartres_crypte_22Dans la galerie, une stèle funéraire gallo-romaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chartres_crypte_12Côté nord se trouve le puits des Saints-Forts, puis la chapelle de Notre-Dame-de-sous-Terre. Ce n’est qu’en 1975 que l’on rétablit l’architecture de cette partie de la crypte dans son état primitif, en supprimant le cloisonnement de la galerie et en le remplaçant par une grille de bois.

 

 

 

 

 

Chartres_crypte_20Le plafond amenant à la chapelle est peint d’étoiles, et la main de Dieu sortant de nuées fait un signe de bénédiction, comme au portail Royal de la cathédrale au-dessus de la tête de la Vierge.

 

 

 

 

Chartres_13Derrière la grille se trouve la statue de la vierge noire, reproduction récente posée devant une tapisserie tissée aux Gobelins en 1975 qui peut laisser rêveur. Personnellement  elle me fait vomir, mais des goûts et des couleurs…

 

 

 

 

 

 

 

 

Chartres_crypte_15Dans une niche du mur, un fragment du voile de la Vierge. Cette partie de la crypte est le centre du plus ancien sanctuaire de Chartres.

 

 

 

 

 

 

Je vous propose une visite de la partie de la crypte non ouverte au public, un reportage fait par la web télé de Chartres :  


http://www.youtube.com/watch?v=cavscxuDNOE&feature=player_embedded

http://www.youtube.com/watch?v=lV9aLUpFsNY

http://www.youtube.com/watch?v=y2tZUVynIpM&NR=1

http://www.youtube.com/watch?v=UQ14maqbFXM

 


Le guide, malgré quelques phrases assassines qui m’ont plutôt fait marrer qu’autre chose, nous présente la partie des fouilles faites par René Merlet, avec la découverte d’escaliers remontant dans  l’ancien chœur de la cathédrale carolingienne. Bien sur, il ne faut pas tenir compte des « calculs complètement alambiqués, dont souvent d’ailleurs pour certains malheureusement de gens issus du milieu ésotérique… ». Alambiqués ? Je prends. Cela nous ramène à notre athanor. Cette partie, je n’ai pas osé aller la découvrir, quand nous nous sommes fait enfermer intentionnellement dans la crypte entre deux visites afin de pouvoir profiter du lieu tranquillement. Je ne devais pas être prête à ce moment là. 

9 octobre 2010

La cathédrale Saint-Lazare d'Autun, historique

Autun_6aSur le site se trouvait l'ancienne Bibracte, capitale des Éduens, l'une des villes les plus importantes de la Gaule, qui comportait à l’époque un sénat des Druides et une école druidique où l'on venait de très loin. Puis Augustodunum fut bâtie sous le règne de l'empereur Auguste par les Romains comme sœur et émule de Rome.
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Autun_8Ils construisirent une enceinte de 6km de long, un théâtre et un amphithéâtre pouvant contenir jusqu'à 20 000 personnes. La ville devint la capitale gallo-romaine des Éduens en remplacement de Bibracte : au premier siècle, le temple dit de Janus fut élevé. Il semblerait que ce soit un fanum de tradition gauloise, bâti  avec la technique romaine.
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Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_85Puis Autun devint rapidement un évêché. Une première domus ecclesiae fut élevée au cours du III ème siècle, qui devint abbatiale, partie d’un futur groupe épiscopal. Au X ème siècle, à Vézelay, les reliques de sainte Madeleine, provenant de la Sainte Baume, attirèrent nombre de pèlerins.










Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_58La foire commerciale de Vézelay fit de l’ombre au marché d’Autun. Gérard, l’évêque d’Autun, négocia alors avec celui de Marseille en 965 pour faire venir le corps de Lazare, qui pourrait faire concurrence. Après bien des tractations, le corps arriva en 972. Il fut exposé à la dévotion des fidèles dans la cathédrale saint Nazaire. Mais…
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Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_41Au temps de saint Augustin, à Aix en Provence, siégeait un évêque qui s’appelait Lazare. Il administrait sagement son diocèse. Devant se rendre à un synode à Jérusalem, il en profita pour visiter les lieux saints et aller se recueillir sur la tombe de son saint patron, l’ami de Jésus. De retour en Gaule, il rapporta le culte de ce saint, culte qui se répandit alors dans toute la Gaule Narbonnaise. Les évêques de la région furent contrariés par ce succès, par la notoriété qu’acquit ainsi l’évêque d’Aix…







Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_46Jaloux, ils le contraignirent à démissionner. Lazare obtempéra et se retira à l’Abbaye Saint-Victor de Marseille, fondée par Cassien. Il y mourut le 31 août 441. On l’ensevelit dans la crypte du monastère et l’on grava sur sa tombe une épitaphe. Au temps de Charlemagne on redécouvrit, dans l’Abbaye Saint-Victor de Marseille, le tombeau de Lazare. La confusion se fit instantanément. On ne consulta pas les archives… Comme quoi, les histoires de gros sous s’arrangent depuis longtemps pour nous faire avaler des couleuvres.











Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_10Quoi qu’il en soit, la ville devint un lieu de pèlerinage important. Étienne de Bagé, évêque de la ville et ancien moine de Cluny, décida de construire une nouvelle église, sur le modèle de l'église clunisienne de Paray-le-Monial : commencée vers 1120, consacrée par le pape Innocent II le 28 décembre 1132, elle fut terminée en 1146. Les reliques de Lazare y furent transférées le 20 octobre 1148, et elle prit alors le nom du saint. Elle devint cathédrale en 1195 en remplacement de Saint-Nazaire, toujours inachevée.











Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_21Au XIII ème siècle, les arcs-boutants furent mis en place pour soutenir la voûte en berceau brisé de la nef qui remplaçait la voûte d’origine, en bois. En 1469, la flèche de 80 mètres de haut fut construite par le cardinal Rolin (fils du chancelier Nicolas Rolin qui construisit les Hospices de Beaune) en remplacement du clocher roman détruit par la foudre. La partie supérieure du chevet et les chapelles du bas-côté droit datent du XV ème siècle. Les chapelles du bas-côté gauche furent édifiées au XVI ème siècle.
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Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_7 Sous l’impulsion des chanoines, qui trouvaient leur cathédrale de “mauvais goût et inesthétique”, disparurent en 1766 le tombeau de saint Lazare avec sa superbe sculpture romane, le tympan du portail du transept, le jubé du XV ème siècle avec une grande partie de ses sculptures, les stalles médiévales, la plupart des pierres tombales et des peintures murales.








Autun_9Tout l'espace du chœur fut détruit, y compris la mosaïque du XII ème siècle, remplacée par un pavé neuf. Le fameux tympan du Jugement Dernier de Gislebert fut recouvert de plâtre. Sûr, c’était bien plus joli, n’est-il pas ?  Cette dernière bêtise (pour ne pas être grossière) lui valut d'être préservé du vandalisme de la période révolutionnaire. Il fut redécouvert et dégagé en 1837.  La tête du Christ, ayant été sectionnée au cours du  plâtrage et conservée au musée Rolin, ne fut remise en place qu'en 1948.












Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_4En 1858, les deux tours du portail principal furent achevées sur le modèle de Paray-le-Monial, à l'occasion de travaux de restauration contrôlés par Viollet-le-Duc qui fit refaire la voûte, consolider la flèche et retirer les marbres des autels qui étaient autrefois accolés aux piliers de la nef.
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Autun_11http://architecture.relig.free.fr/autun.htm
http://abbaye-veniere.fr/2b-lazare.php
http://www.art-roman.net/autun/autun.htm

























Autun_10http://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Saint-Lazare_d%27Autun
http://www.terres-romanes.lu/autun_interieur.htm
http://www.cityzeum.com/cathedrale-saint-lazare-dautun

Pour voir la carte, cliquer ici.

29 septembre 2010

La saint Michel

saint_Michel_6Le 29 septembre c'est la Saint-Michel d’automne. Et oui, il existe aussi une Saint-Michel de printemps, le 8 mai, mois de Marie, en commémoration de son apparition sur le Mont Gargan en Italie le 8 mai 492. Nous nous trouvons au début du signe de la Balance, qui vient juste après celui de la Vierge.

 

 

 

 

 

saint_Michel_1C’est la période de Alban Elfed pour la tradition druidique, l’équinoxe d’automne, période où la durée du jour et de la nuit est égale. Dans d’autres traditions, on le trouve également sous les noms de : Mabon, Maponos, Fête du Chêne (en Gaule), Harvest home, Festival de Dionysos (tradition hellénique), Cornucopia (Corne d'abondance), la fête d'Avalon, Roch Hachana (tradition rabbinique), Saint-Michel (tradition chrétienne). Mabon en gallois veut dire « Grand Fils ». La déesse est enceinte.

 

 

 

 

 

 

 

"Selon la mythologie, Mabon disparaît (ou est enlevé) trois jours après sa naissance. La Lumière divine se trouve ainsi voilée de mystère; elle va se cacher dans l'utérus de la Terre, personnifiée ici comme sa mère, la Grande Protectrice et gardienne de l’Annwvyn, l’Autre-monde. Pour qu'il puisse renaître à nouveau, Mabon vit au sein de sa Mère, dans l'Autre-monde. C'est un endroit de défis, de renouveau et de régénération; un lieu où la vie nouvelle est en gestation. Tout comme la Lumière est attirée vers la terre pour y accumuler force et sagesse afin de devenir une nouvelle graine de Connaissance, Mabon est retourné dans le ventre de sa Mère. Alors que l'hiver commence, la terre protège les graines fragiles et, pendant tout l'hiver, ces graines seront gardées en son Sein pour qu'elles puissent renaître."

saint_Michel_2Roch Hachana est dépeint dans la tradition hébraïque comme le jour de l'intronisation de Dieu, le "jour mémorial" et surtout, le "jour du jugement" pour l’humanité. L'inventaire de tous les actes des individus au cours de l'année précédente est établi. Cette période, qui commençait l'année dans l'usage babylonien, est considérée comme particulièrement propice au repentir, alors même que l’humanité est en instance de jugement devant Dieu.

 

 

 

 

 

 

 

saint_Michel_3On se dirige vers l’hiver, vers l’intériorisation, la réflexion, la synthèse, le juste milieu. Il est temps d’entrer en nous-mêmes pour évaluer la portée de nos actes, de nos paroles, de nos émotions et de nos pensées pour ensuite les rectifier et en tirer les leçons correspondantes. Arriver à la maitrise. Serait-ce le VITRIOL : "Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem" soit "Visite l'intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée", ou bien "Visita Interiorem Terrae Rectificando Invenies Operae Lapidem" soit "Descends dans les entrailles de la terre, en distillant tu trouveras la pierre de l'œuvre", ce qui, en réfléchissant bien, veut dire à peu près la même chose. Même si l'on rajoute les deux lettres perdues UM de VITRIOLUM : Veram Medicinam, pour vraie médecine.

 

 

 

 

 

saint_Michel_4Dans le Tarot Hermétique, le Fou (qui porte le nombre zéro) est représenté en mouvement, le bâton à la main, le regard en lui-même. Il cherche son Chemin. Il cherche la voie de l'interieur de la Terre. L'Ermite ou le Sage (qui porte le nombre 9) a trouvé son chemin, la force cachée en lui-même provenant de l'Eternité ou du Zéro. C'est dans l'équilibre parfait, solidement appuyé sur la terre, que l'initié va capter les courants vitaux d'énergie et les utiliser pour pratiquer la vraie médecine.

 

 

 

 

 

 

 

saint_Michel_5C’est donc le jour où l’on fête Michel l’archange, mais aussi Gabriel, Raphaël, René, Gaïa et Rhéa. Je trouve ça étonnant : les principes sacrés masculins, féminins, mais aussi le nouvel homme, le deux fois né, l’initié.

Pour moi, il représente un archétype. Mais qu’est-ce qu’un archétype ?

Dans le dico, c’est tout d’abord :

- un modèle original ou idéal d'après lequel sont bâtis un ouvrage, une œuvre.

- en terme de monnayage, c’est l’étalon primitif et général des poids et mesures, sur lequel on étalonne les autres.

 

 

 

saint_Michel_7- en philosophie, c’est un modèle général représentatif d'un sujet. C’est un concept appartenant à la psychologie analytique élaborée par Carl Gustav Jung qui le définit comme une « image primordiale » renfermant un thème universel, commun à toutes les cultures humaines mais figuré sous des formes symboliques diverses, et structurant la psyché inconsciente.
Du grec ancien arkhêtupon signifiant « modèle primitif », entré dans les langues modernes par l'intermédiaire du latin « archetypum », soit « grandes images », les archétypes apparaissent dans les mythes, mais aussi dans les rêves ; ils y forment des catégories symboliques structurant les cultures et mentalités, et orientant le sujet vers son évolution intérieure, nommée individuation dans la psychologie de Jung. Pour ce dernier, les archétypes sont caractérisés fondamentalement par le fait qu'ils unissent un symbole avec une émotion, ce faisant, ils sont des « potentiels d'énergie psychique » constitutifs de toute activité humaine et orientant la libido. Les archétypes sont ainsi, dans l’espace mental, des dépôts permanents d’expériences continuellement répétées au cours des générations.

 

 

saint_Michel_8L’origine de saint Michel est donc très ancienne. On le retrouve par exemple dans la Perse ancienne combattant Ahriman, prince des ténèbres, ou par l’intermédiaire d’Apollon, de Mithra, de Belen/Lug/ Kernunos, même Baldr, Henoch, Hermès, Thôt et avant eux Gargan. Ce sont des avatars solaires.

Dans la Bible qui lui a donné son nom actuel, il est le prince des archanges. Michaël est une interrogation qui signifie « Qui est comme Dieu ?», étymologiquement ‘Mi Kha’El’ : El « dieu » et Mi, Kha « qui est semblable ». On pourrait même faire des anagrammes : avec saint Michel, on obtient alchimiste sans N (haine) et machiniste sans L (aile). Son culte en occident est apparu après son apparition au Mont Gargan au V ème siècle.

 

 

 

saint_Michel_12C'est lui qui pèse les âmes lors du Jugement dernier et qui emmène les âmes des élus au Paradis. Il est psychostase et psychopompe. Il est l’envoyé, le messager porteur de la voix de Dieu. En ce sens, il est aussi le Metraton. Il est invoqué pour faire entrer dans les sphères célestes les âmes des « trépassés ». La balance représente la première étape qui consiste à évaluer la portée de nos actes, de nos paroles, de nos émotions et de nos pensées. Jeter un regard rétrospectif sur les évènements vécus au cours de l'année pour les évaluer et en tirer les leçons correspondantes.

 

 

 

 

 

 

saint_Michel_9Il est le chef suprême des forces du ciel, des armées célestes, archistrategos porteur de l’épée. Dans l'apocalypse, où il révéla à Jean l’avenir, il est dit : "et il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon et ses anges combattirent, mais ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut pas trouvée dans le ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui". Il est donc invoqué pour obtenir une protection contre les démons.
Le diable est souvent symbolisé par un dragon. Dans ses représentations, Michel ne tue pas le dragon, il le maîtrise, il le contrôle. Le diable ou le dragon, c’est peut être aussi Michel dans sa partie de l’ombre, un autre lui-même. Le dragon n’est-il pas le gardien d’un trésor ? Michel nous montre la voie de la transfiguration, mourir à cet état de vieil homme et renaître à l'homme nouveau. Il ne faut pas se déconnecter du monde, mais s’occuper de son corps afin d’y introduire l’esprit.

 

 

saint_Michel_10Mais le dragon peut aussi représenter les énergies telluriques, maitrisées par l’archange, les forces vitales de la Terre-Mère dont l’être est animé. Le point de jonction avec les énergies cosmiques n’est pas loin. Les sanctuaires dédiés à Michel sont toujours situés en hauteur, se rapprochant du ciel, sur des points énergétiques très puissants.
Deuxième étape : l’action, la guerre sainte intérieure contre les énergies de la matière et leur maitrise afin de pouvoir accéder à la dimension spirituelle. Enlever le mal qui est en nous, généré par notre dualité.

 

 

 

 

 

 

saint_Michel_11Il porte l’étendard céleste (représentant l'élévation de la conscience), comme Jeanne d’Arc le fut à son tour du Bauséant. Les deux personnages sont intimement liés. Jeanne (fêtée le deuxième dimanche de mai : non pas une date fixe, mais fonction de la mécanique cosmique) peut paraître comme son double féminin, tous deux gardiens de la France, adolescents, portant armure et épée. Jeanne entendit les voix de Michel, de Marguerite et de Catherine.
On dit de Marguerite, sainte sauroctone, qu'elle fut avalée par un dragon et qu'elle en transperça le ventre pour en sortir. Elle est représentée les pieds sur la bête.
Catherine… dont le tombeau est vénéré dans un monastère du Sinaï, situé au pied du mont Moïse ou le prophète recueillit les Tables de la Loi, Ce monastère fut construit par l'empereur Justinien au VI ème siècle, sur l'emplacement supposé du Buisson ardent. Il fut d'abord dédié à la Vierge.

 

 

 

saint_Michel_13Donc. Traçons une ligne entre le monastère Sainte-Catherine et le premier sanctuaire occidental dédié à Michel, au Mont Gargan dans les Pouilles. Vous y êtes ? On continue la ligne droite. On arrive à… la Sacra di San Michele dans la vallée de Suse, le deuxième sanctuaire le plus important d’Italie. On continue… Saint-Michel de Maurienne. Puis on tombe sur le mont Saint-Michel au Péril de la Mer en Normandie. On traverse la Manche pour se trouver à l’emplacement exact de Saint Michael Mount, à la pointe de la Cornouailles, pour finalement aboutir sur le rocher Skellig Michael au large de la côte du Comté de Kerry en Irlande du Sud. Incroyable. Mais vrai. Et ne me dites pas que c’est une coïncidence, je ne vous croirai pas.

 

 

 

 

saint_Michel_14Concússum est mare et contrémuit terra, ubi Archángelus Míchaël descéndit de cælo.
La mer fut ébranlée, la terre trembla, quand l’Archange Michel descendit du ciel.

Nous avons vu que Michel peut être réuni avec Jeanne, mais une autre vierge lui est le plus souvent associée : la Virgo Pariturae, celle qui doit enfanter, la vierge noire de dessous terre, celle que l'on visite à l'intérieur, qui peut aider à rectifier et à trouver sa propre pierre par sa médecine vraie. C'est la Papesse (qui porte dans le Tarot le nombre 2, le principe divin féminin) symbolise la voie passive, l'activité mentale plutôt que physique.

 

 

 

saint_Michel_15Quelque soit le sanctuaire, l’un ne va pas sans l’autre. C’est l’équilibre parfait du haut et du bas. Fourvière… la basilique dédiée à Marie. Qui se trouve tout en haut de l’église ? Michel. Le Mont Saint-Michel : qui se trouve dans sa plus profonde crypte ? La vierge noire. Compostelle… Nous partons de la cathédrale Notre-Dame, et sa célèbre vierge noire. Nous arrivons en bord de mer, où nous ramassons une coquille. N’oublions pas le retour. Ce n’est qu’après avoir monté les escaliers du Mont Saint-Michel d’Aiguilhe que le pèlerinage sera complet…. Mais c’est une autre histoire.

10 septembre 2010

L'église Saint-Philibert de Dijon

Dijon_Saint_Philibert_3Construite en annexe de Saint-Bénigne au XIème siècle sur l'emplacement d'une petite basilique mérovingienne, et ne fut érigée en paroisse qu'au XIème siècle. Remaniée au XIIème, entièrement couverte de voûtes d'arêtes, Saint-Philibert est le seul édifice roman de Dijon.














Dijon_Saint_Philibert_5La tour de style gothique flamboyant fut élevée au XVème siècle sur la croisée du transept.


























Dijon_Saint_Philibert_10A son sommet, une magnifique flèche octogonale de pierre aux arêtes festonnées de crochets fut élevée en 1513. La croyance populaire veut que le Diable ait érigé celui-ci en une seule nuit. Actuellement, on peut observer que le clocher présente une légère inclinaison.















Dijon_Saint_Philibert_6Le porche fut remanié aux XVIème et XVIIIème siècles. Les chapelles latérales furent édifiées dans la seconde moitié du XVIIIè siècle.

















Dijon_Saint_Philibert_4Désaffectée à la Révolution, l'église servit, entre autres, de dépôt militaire avant de subir une vraie mutilation : la destruction de son abside et de ses deux absidioles pour créer la rue des Vieilles-Étuves. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle servit d'entrepôt à sel. Celui-ci s'incrusta lentement dans le sol, sans toutefois provoquer immédiatement de dégâts. Dans les années 1970, des travaux d'aménagement intérieurs furent effectués afin de rendre l'église aux fidèles.






Dijon_Saint_Philibert_8Malheureusement, la mise en marche du chauffage par le sol condamne l'édifice : le sel remonte dans les piliers et ronge la pierre. Devenue instable et dangereuse, Saint-Philibert fut fermée au public en 1979.
Depuis 1980, toute une série de mesures utilisant les méthodes les plus modernes ont été prises  pour permettre d’enrayer la dégradation de l’église. Depuis 2002, elle est rouverte exceptionnellement pour les journées du Patrimoine.

Voir la carte ici.

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24 septembre 2010

Le prieuré de Saint-Thibault, historique


 

Saint_Thibault_en_Auxois_8La tradition rapporte que  des religieux de l’abbaye de Saint-Rigaud-en-Mâconnais fondirent, au début du XI ème siècle, un établissement dédié à Notre Dame dans le village appelé Fontaines. Grâce à une donation en 1190 du seigneur de la contrée, Guy de Thil, sire de Saint-Beury, ils purent développer ce petit prieuré et bâtirent une nouvelle église.  Le prieuré reçut, aux environs de 1240, des reliques de saint Thibault de Provins. Des miracles rendirent le lieu célèbre, et le village prit le nom du saint en 1249.

 




Saint_Thibault_en_Auxois_6Les legs se succédèrent  : en 1257, Elisabeth de Charny, dame de Thil, Hugues de Quincy, vicomte de Tonnerre, en 1298, le duc de Bourgogne Robert II, puis en 1323, la duchesse Agnès de France, fille de saint Louis et femme du duc Robert. Saint-Thibault devint l’un des plus célèbres pèlerinages de France,  favorisé par le duc de Bourgogne, qui lance une nouvelle campagne de construction. L’édifice fut terminé vers 1320, puis l’on entreprit la reconstruction des bâtiments du monastère.

 


Saint_Thibault_en_Auxois_40Vers 1340, l’abbaye mère, d'obédience érémitique, criblée de dettes, ne peut plus en assurer l’entretien. En 1359, les Anglais brûlent le village et son église paroissiale. Saint-Thibault devint alors la seule église du culte, et le prieur devint simple curé. Au milieu du XVI ème siècle, le prieuré passa sous le régime de la commande : la décadence n’est plus loin.

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Saint_Thibault_en_Auxois_21Des réparations furent quand même faites en 1682. Puis un orage détruisit la charpente et les vitraux du chœur en 1701. En 1712, le clocher s’effondra, entrainant de graves dommages au reste du bâtiment.

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Saint_Thibault_en_Auxois_25aGrâce à une loterie organisée par les habitants du village, qui rapporta 10 000 livres en 1723, la restauration fut entreprise. Puis en 1728, un incendie ravagea le prieuré et déduisit la charpente en cendres.

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Saint_Thibault_en_Auxois_26Un devis des travaux fut présenté en 1748 à l'intendant de Bourgogne qui l'accepta en 1749 :  le chœur fut consolidé et charpenté, les anciennes fondations des murs de la nef sont reprises, le clocher est remonté et terminé par une flèche de petites planches de bois.

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Saint_Thibault_en_Auxois_23La nouvelle église fut consacrée en 1753. De nouveau en mauvais état, le prieuré fut remarqué par Prosper Mérimée. Il fit l'objet d'une restauration en 1844 par Eugène Viollet-le-Duc.

Voir la carte ici.

 

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http://www.cestenfrance.net/art/Saint_Thibault_%28C%C3%B4te_d%27Or%29

http://www.theobaldus.org/content/notes-et-reflexions-sur-la-vie-de-saint-thibaud

http://fr.wikipedia.org/wiki/Prieur%C3%A9_de_Saint-Thibault

20 septembre 2010

La cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône, historique

Chalon_sur_Sa_ne_7Le site fut occupé dès l’âge du Bronze (trace d’un habitat sur pilotis), puis au VII ème siècle avant notre ère, la tribu gauloise des Eduens s’y installa. Les romains se servirent de la situation idéale de l’endroit, au carrefour d’une voie navigable et de routes, pour y fonder Cabilonnum. Jules César choisit la ville pour y implanter un important poste d’approvisionnement pour ses légions. Saint Marcel, fuyant les persécutions de Lyon avec saint Valérien, remonta la Saône jusqu’à Chalon. Il y fut martyrisé en 177. Sa tombe devint un endroit de pèlerinage important, la ville fut dotée d’une première enceinte.




Chalon_sur_Sa_ne_1aC’est aussi en ce lieu, suivant certains historiens, que l’empereur Constantin en octobre 312 eut la vision d’un signe céleste, juste avant une bataille décisive. La trace des camps de Constantin a d’ailleurs été retrouvée à Lux, à l’entrée de la ville. Ce signe flamboyant dans les nues représentait, d’après les chrétiens, le monogramme du Christ, accompagné des mots « in hoc signo vinces ».











Chalon_sur_Sa_ne_2aUne explication que propose le planétarium de Munich : à cette époque, dans le ciel, les planètes Mars, Saturne, Jupiter et Vénus formaient une conjonction extrêmement rare : elles étaient parfaitement alignées. Les constellations du Capricorne et de l’Aigle dessinaient un P en arrière-plan, soit la lettre R dans l’alphabet grec… Ce qui est certain, c’est que Constantin se convertit sur son lit de mort en 337, et qu’à l’époque de sa visite à Chalon, il vénérait un autre dieu : Apollon, ou Mercure.










Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_7Hors, les fondations de la cathédrale de Chalon reposent sur un ancien temple païen. Il fut retrouvé une statue votive de Mercure dans le sanctuaire de la cathédrale en 1776,  et un autel dédié au dieu Mars en 1850. Quoi qu’il en soit, le christianisme s’implanta durablement et au V ème siècle, des évêques furent placés à la tête de la cité : Chalon devint ville épiscopale en 449. En 542, l’ancienne église placée sous le patronage de saint Étienne fut placée sous le patronage de saint Vincent.












Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_14Un mérovingien, petit-fils de Clovis, choisit Chalon comme capitale de son royaume : Gontran, Roi de Burgondie, établit en 561 son palais face au “domaine” épiscopal. En 580, l’évêque saint Agricole fit agrandir la première église sur l’ancien rempart gallo-romain, qui, après avoir été détruite par les sarrasins, fut reconstruite par Charlemagne qui y convoqua un grand concile en 813, qui imposa à tous les moines la règle de saint Benoît, après celui de 647, où paraissent saint Ouen, saint Médard et saint Éloi, qui imposa à la Gaule les conclusions du concile de Nicée. A la fin du IX ème siècle, un chapitre d'une vingtaine de chanoines assistait l'évêque.



Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_8Entre 1090 et 1150, une cathédrale romane fut construite en trois étapes, dans le style roman, avec une forte influence provenant de l’abbaye de Cluny. Il en subsiste les chapelles à absidioles nord et sud, le rez-de-chaussée du chœur, les croisillons du transept, les piliers et les arcades de la grande nef, et les deux bas-côtés.








Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_4Puis des éléments gothiques furent rajoutés entre le XIII ème et le XVI ème siècle : l'abside et le chœur, la croisée du transept, de la chapelle du chevet et la salle capitulaire en 1230. Après 1310, les murs  les voûtes de la nef.










Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_34En 1562, pendant les guerres de religion, les huguenots endommagèrent et pillèrent l’église. Entre 1624 et 1789, les évêques supprimèrent le jubé et les aménagements gothiques, le grand portail fut installé. De nouveau, la cathédrale souffrit d’importants dommages pendant la révolution française : le diocèse et le chapitre furent supprimés, le chœur démoli et ses pierres vendues.




Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_23Les clochers furent démolis, le cloître morcelé et vendu, le culte de la déesse de la raison prit place dans la cathédrale, qui servit peu après d'entrepôt à fourrage et d'atelier. La restauration des dégâts, en particulier ceux subis par la façade et le toit, ainsi que les nombreuses réparations que nécessitait l’intérieur, furent effectuées au cours du XIX ème siècle. En 1853, l’église fut attachée au diocèse d’Autun et devint une cathédrale.






Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_13Les habitants ont gardé quand même un goût très sur, eux qui pensent aux pauvres pèlerins sur la route des énergies positives.

Voir la carte ici.
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15 février 2011

Saint-Denis, la crypte

basilique_Saint_Denis_crypte_plan_2Vert : mausolée du IVème siècle
Orange clair : période mérovingienne (Vème-VIIème siècles)
Noir : période carolingienne (VIIIème siècle)
Orange : chapelle d’Hilduin (XIème remaniée XIIIème siècle)
Blanc : période gothique (XIIème-XIIIème siècle)
Rouge : période moderne













basilique_Saint_Denis__tape_1Au XIX ème siècle, la crypte fut nettoyée, restaurée et aménagée. La crypte archéologique abrite les vestiges des basiliques primitives et les premières tombes de la nécropole.




basilique_Saint_Denis__tape_2Les fouilles menées ont permis de mieux connaître les basiliques qui se sont succédées sur la tombe de Denis.




basilique_Saint_Denis__tape_3Toutes s’implantaient selon l’orientation définie par le premier édifice.





Crypte mérovingienne et carolingienne


basilique_Saint_Denis_crypte_20De la construction du IVème siècle subsistent de puissantes fondations constituées de blocs gallo-romains.








basilique_Saint_Denis_crypte_14L’église primitive est sans doute agrandie par sainte Geneviève dès la fin du Vème siècle. La nef est prolongée vers l’ouest et augmentée de deux bas-côté, d’un vestibule et d’une abside. Des embellissements intérieurs sont entrepris durant le règne de Dagobert Ier.
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basilique_Saint_Denis_crypte_21L’abbé Fulrad fait édifier une nouvelle basilique en 775. De sa crypte annulaire ne subsiste que le mur extérieur percé de petites fenêtres. Certaines conservent des traces de polychromie imitant le marbre. L'élévation intérieure correspond dans la partie basse à une crypte-martyrium. Depuis 1972, un massif de tuiles restitue les corridors courbes de cette crypte. 













Chapelle de la Vierge


basilique_Saint_Denis_crypte_12En 832, l'abbé Hilduin édifie une crypte dédiée à la Vierge, à saint Jean-Baptiste, aux apôtres et à plusieurs saints.


























basilique_Saint_Denis_crypte_10On n'identifie plus aucun vestige de cette construction si ce n'est l'orientation déviante de cette partie de l'édifice. La chapelle centrale, voûtée en berceau cintré, a quant à elle conservé ses chapiteaux d'origine, qui sont de style roman.
















basilique_Saint_Denis_crypte_19La crypte est reconstruite au XIIème siècle sous la forme de trois nefs parallèles dont les parois intérieures sont ornées d'arcatures retombant sur les chapiteaux historiés. C'est chapiteaux sont les rares témoignages de la sculpture romane en Île-de-France. Six tombeaux en marbre noir de Tournai sont déposés dans la chapelle et le dernier, toujours vide, attend Charles X.















Crypte de Suger


basilique_Saint_Denis_crypte_15Elle comporte un déambulatoire dont les chapiteaux ont été restaurés par Viollet-le-Duc.












basilique_Saint_Denis_crypte_17La crypte n'est pas enterrée (ce qui explique la forte surélévation du chœur) et elle est éclairée par de grandes baies cintrées. Les voûtes d'arêtes retombent sur de grosses piles cylindriques ornées de chapiteaux à feuillages et palmettes. Sept chapelles rayonnantes établies pour supporter l'étage supérieur s'ouvrent sur le déambulatoire.
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Chapiteaux romans

basilique_Saint_Denis_crypte_11La partie supérieure du chapiteau, appelée tailloir, est ornée de palmettes plates. La partie inférieure, appelée corbeille, est sculptée d'une scène historiée. Les sujets des corbeilles sont divers, scènes de l'Ancien Testament, de la vie du Christ.

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basilique_Saint_Denis_crypte_6L’un des chapiteaux représente une scène de la vie de saint Benoit durant sa visite à l'ermite Romanus descendu au fond d'un puits pendant trois ans.

18 octobre 2010

L’église Saint-Pierre et Saint-Paul

Eguisheim_1Les archives font mention d’une église paroissiale dès 1128, construite sur une ancienne fondation carolingienne et propriété du couvent de Marmoutier.
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Eguisheim_2Puis une autre église fut édifiée dans le deuxième quart du XIII ème siècle. Il n’en subsiste plus que la base du clocher-tour. Cette tour à quatre étages comporte des fenêtres ogivales géminées, et sa charpente, du XVI ème siècle, soutient 4 cloches dont la plus importante provient de l'Abbaye de Marbach.
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Eguisheim_13Une partie de l’ancienne église s’écroula le 22 juillet 1787 pendant un office. Elle fut donc entièrement démolie en 1807, et reconstruite immédiatement. La nouvelle église, sans aucun style, fut consacrée en 1809.
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Le portail

Eguisheim_9La base du clocher forme un narthex qui abrite l'entrée de l’ancienne église, un portail  d’une hauteur de 6 mètres composé de 4 colonnettes à chapiteaux  et d’un tympan à voussures moulurées richement sculpté conservant des traces de polychromie.















Eguisheim_8Les sculptures sont de style roman (entre 1230 et 1240), tandis que les lignes architecturales du tympan et de l’archivolte ont la forme de l’arc brisé gothique. 













Eguisheim_5Le tympan en grès au décor en haut relief présente un Christ bénissant, entouré des apôtres Pierre et Paul.


















Eguisheim_6Sur le linteau est sculpté la parabole des vierges sages et des vierges folles qui chacune de leur côté frappent à la porte du paradis : les premières sont accueillies par le Christ, alors que pour les autres, la porte reste fermée.



La Vierge Ouvrante

Eguisheim_16Le portail  abrite une sculpture haute de 119 cm en bois polychrome dite "Vierge Ouvrante", datant de l’an 1300.  Elle représente la vierge Marie assise tenant l’enfant dans son bras gauche Ces statues assez répandues furent proscrites de l’art religieux par le concile de Trente (1549-1563), aussi sont elles devenues très rares : en Alsace, on ne compte plus que celle d’Eguisheim et celle de Kayersberg.














Eguisheim_18La Vierge portait probablement dans la main droite un lys ou un sceptre disparu. L’enfant devait faire de la main droite enlevée un geste de bénédiction. Il tenait dans sa main gauche un globe. La tête de la Vierge est couverte d’un voile au-dessus duquel se trouve un bois arrondi, destiné à maintenir une couronne, laquelle a également disparu.

Les deux vantaux de la partie centrale de la statue ressemblent aux volets d’un retable et sont ornés sur leur face intérieure d’une peinture représentant un ange tourné vers l’intérieur, debout, et portant un grand cierge.  La partie centrale présente une gloire surmontée d'une hostie, probablement destinée à encadrer un ostensoir, un calice ou une relique. Ces peintures dateraient du XVII ème siècle.








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9 octobre 2010

La cathédrale Saint-Lazare d’Autun, les chapiteaux de la nef et du chœur

Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_94Les érudits s’accordent à dire que la grande majorité des chapiteaux historiés est l’œuvre de Gislebertus. La partie des piliers qui donne sur la nef centrale n'est pas sculptée, et la plupart des chapiteaux qui donnent sur les collatéraux sont végétaux. L'essentiel des scènes historiées sont donc en vis-à-vis entre les piliers. Beaucoup de chapiteaux du chœur sont des copies dont les originaux sont exposés dans la salle capitulaire.






Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_98Corps de saint Vincent martyrisé, protégé par des aigles.













Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_100Chute de Simon le Magicien, encadré par Pierre et Paul   













Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_99Envol de Simon le Magicien













Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_102La musique, le quatrième ton













Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_101Le lavement des pieds   













Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_104Samson combattant le lion   













Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_106Samson renversant le temple













Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_105Arche de Noé    













Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_88Daniel dans la fosse aux lions. Avez-vous remarqué le tourbillon de son vêtement ?   


















Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_72aTentations du Christ
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Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_71aSaint Pierre visité par un ange dans sa prison   

















Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_91Le sacrifice d'Isaac    













Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_69aNativité

















Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_89Apparition du Christ à Marie-Madeleine













D’autres chapiteaux montrent des êtres fantastiques, d’autres des scènes symboliques

Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_79aUn centaure armé d'un arc (un sagittaire) combat une sorte de dragon ailé sur lequel est juché un petit homme.














Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_67aLe verseau ?

















Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_87Deux personnages couronnés tiennent dans leurs mains le fruit de la connaissance













Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_90Le combat de coqs

















Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_92Un homme-singe se nettoie de l’intérieur afin de devenir un homme pur ?

















Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_96La parole

15 septembre 2010

Notre-Dame, historique

Dijon_Notre_Dame_10Au IX ème siècle existait déjà une chapelle, située hors les murs du castrum, dédiée à la Vierge. Elle est alors dépendance de la paroisse Saint-Jacques de Trimolois (ancien village au sud de Dijon, mentionné dès 801). 















Dijon_Notre_Dame_14Appelée « Sancta-Maria de Foro », Notre-Dame du Marché ou de l'Apport, elle est située dans le quartier du marché de la ville, comme son nom l’indique. Reconstruite en 1150 en style roman, elle est mentionnée en 1156 dans une bulle du pape Adrien IV qui l’accorde à l’abbaye Saint-Étienne de Dijon.









Dijon_Notre_Dame_de_Bon_Espoir_3A cette époque, la statue de Notre-Dame de l’Apport est déjà déposée dans la chapelle. Elle devint église paroissiale en 1178 et dès 1183 elle joua un rôle particulier : le maire nouvellement élu vient y prêter serment, les chartes sont déposées dans la tour nord, le clocher abrite le guetteur de la ville qui signale, en frappant sur les cloches, l'ouverture et la fermeture des portes de la cité, l'arrivée d'ennemis, les incendies.
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Dijon_Notre_Dame_1Vers 1220 fut décidée la construction d’une nouvelle église gothique, de pur style bourguignon, financée par la commune et les paroissiens. Commencée en 1230, elle fut achevée en 1250, et consacrée le 8 mai 1334 par Hugues, évêque de Thabarie, en présence de l'abbé de Saint-Étienne. L'espace exigu encore disponible dans un quartier populaire alors en pleine expansion, nécessita de véritables prouesses de construction.
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Dijon_Notre_Dame_44Faute de pouvoir déployer les arcs boutants, il fallut en diminuer la portée et trouver des solutions : arcs-boutants en porte-à-faux, mur de façade décollé de la paroi et faisant office d'arc-boutant, voûtes quadripartites et sexpartites reportant la charge de la toiture sur des piliers et non sur les murs... Les deux tours qui devaient surmonter la façade occidentale ne furent cependant pas construites.







Dijon_Notre_Dame_33Petit intermède : en 1240, un usurier fut tué en prenant l’une des gargouilles de la façade sur la tête alors qu'il allait se marier.

















Dijon_Notre_Dame_30La gargouille représentait… un usurier. Il n’y a pas de hasard. Suite à ce bête accident, les confrères obtinrent que toutes les gargouilles de la façade soient déposées. Elles ne furent remplacées qu’en 1880.
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Dijon_Notre_Dame_de_Bon_Espoir_4Lors du siège et du bombardement de Dijon par les Suisses, en 1513, la statue de la Vierge fut portée en procession : deux jours plus tard, les Suisses acceptèrent de discuter et levèrent le siège. Chance. La statue prit alors le titre de Notre-Dame d’Espoir. Le pouvoir de la prière…















Dijon_Notre_Dame_5Pendant la révolution, en 1794, le décor sculpté des portails fut totalement détruit, l'intérieur fut ravagé. La statue de la Vierge fut endommagée et enlevée de l'église. L'édifice, déclaré bien national, servit de dépôt de marchandises. En 1799, le culte constitutionnel partagea l'utilisation de l'église avec les Théophilanthropes. Puis en 1803, un curé concordaire fut nommé, et la Vierge, conservée par une pieuse femme dijonnaise, reprit sa place.












Dijon_Notre_Dame_29En 1865, une campagne de restauration fut entreprise. La flèche et le deuxième étage de la tour de croisée furent remplacés par la tour-lanterne actuelle. La façade fut modifiée : des éléments sculptés furent déposés et remplacés par des copies à l'identique.
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Dijon_Notre_Dame_13http://architecture.relig.free.fr/dijon_dame.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame_de_Dijon
http://www.notre-dame-dijon.net/
http://dijoon.free.fr/visite/eglise-nodame.htm
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9 octobre 2010

La cathédrale Saint-Lazare d'Autun, l’intérieur

 

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Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_57Le bâtiment ne fut pas conçu comme les églises de pèlerinage : il n’y a pas de déambulatoire, les collatéraux s'achèvent sur les chapelles latérales gothiques.
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Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_47La tribune d'orgue au niveau du portail central est d'un gothique assez tardif, très chargé.
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Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_54L’escalier montant dans le clocher date de la même époque.


















Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_50La nef possédant sept travées est précédée d'un narthex.



























Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_51Elle est voûtée en berceau brisé, les collatéraux étant voûtés d'arêtes.
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Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_52L’élévation se fait sur trois niveaux, avec des pilastres cannelés, un triforium aveugle et une frise de rosaces qui décore la base.
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Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_74Les chapiteaux historiés ornent les colonnes de la nef centrale. 
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Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_48Le chœur, composé de deux travées et éclairé par deux niveaux de fenêtres, fut refait au XV ème siècle en style gothique. Les vitraux datent des XIX ème et XX ème siècles.
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Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_55La croisée des transepts est couverte par une coupole sur trompes.












Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_59Peu avant l'entrée de l’escalier montant à la salle capitulaire, dans le transept nord, se trouvent les statues funéraires de Pierre Jeannin et d'Anne Guéniot qui sauvèrent de nombreuses vies lors du massacre de la Saint-Barthélemy.
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La salle capitulaire

 

Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_66Occupant l’étage d’un bâtiment construit en 1520 dans le prolongement du bras sud  du transept, l’ancienne bibliothèque surmontait la grande sacristie, la chambre des archives et la chambre du trésor. Les manuscrits du chapitre y ont été conservés jusqu’au XIX ème siècle, moment de leur transfert au séminaire. Ils sont maintenant à la bibliothèque municipale.







Autun_Cath_drale_Saint_Lazare_63On accède à cette salle du XVI ème siècle par un escalier à vis. Elle rassemble aujourd'hui 23 chapiteaux et deux corbeaux, réalisés pour la plupart par Gislebertus et extraits lors de la rénovation des piliers soutenant le clocher.

15 septembre 2010

La chouette de Dijon

Dijon_Notre_Dame_15À l'angle d'un contrefort d'une chapelle du XV ème siècle est sculptée une chouette. Elle est très usée, et a même été vandalisée en 2001. Restaurée, tant les passants, suivant la tradition, la touchent de la main gauche afin de réaliser leurs vœux. Elle est la confirmation païenne que l’endroit prête aux miracles, qu’ils soient dus à la vierge noire ou à la chouette.





















Dijon_Notre_Dame_18Et si l’on regarde un peu plus loin… un petit dragon nous apporte lui aussi toute la valeur de son symbolisme.












Dijon_Notre_Dame_16La chouette… Oiseau nocturne en relation avec la lune, elle ne peut supporter la lumière du soleil et s'oppose ainsi à l'aigle qui la reçoit les yeux ouverts. Guénon a noté que l'on pouvait voir là le symbole de la connaissance rationnelle (perception de la lumière par reflet : lunaire) s'opposant à la connaissance intuitive (perception directe de la lumière : solaire). C'est peut-être pour ça qu'elle est traditionnellement un attribut des devins : elle symbolise leur don de clairvoyance, mais à travers les signes qu'ils interprètent. (Chevalier-Gheerbrant)











Dijon_Notre_Dame_17La chouette représente la connaissance et la conscience demeurant dans la nuit. C'est également un symbole de vigilance nous accompagnant dans l'exploration de nos ténèbres. Dans ce sens, on comprend qu'elle puisse jouer un rôle identique dans la symbolique de la mort. (Thibaud)

Oiseau de nuit que la lumière du jour aveugle, elle est très souvent opposée à l'aigle qui peut regarder le soleil en face. Elle symbolise la sagesse, car elle peut voir dans l'obscurité ce que les autres ne peuvent percevoir. Elle devient ainsi la représentation de la connaissance et de la raison. (Bonvin)

Elle symbolise la connaissance, la vigilance et l'espérance dans l'Autre Monde. Elle représente la lumière de la conscience druidique. La chouette fait partie des anciens du Monde, pleins de sagesse et d'expérience dans le conte apocryphe gallois du même nom. On devrait donc la ranger parmi les animaux primordiaux. (L’arbre celtique)

Alors si le cœur vous en dit, allez vite rue de la Chouette. J’ai bien dit si le cœur…

14 septembre 2010

La cathédrale Saint-Bénigne de Dijon, historique

Dijon_Saint_B_nigne_19Saint Polycarpe de Smyrne, disciple de saint Jean, envoya saint Bénigne (Benignus : le bien bon) en Gaule au IIème siècle, avec saint Andoche, saint Pothin, saint Irénée, saint Andéol et saint Thyrse. Il fut reçu à Autun par saint Faust, père de saint Symphorien, et par sa sœur sainte Léonille de Langres (Ca fait beaucoup de saints tout ça. Ca manque un peu de nos jours…). Il évangélisa d’abord cette cité puis vint à Dijon où il subit le martyre vers l'an 179. Conservée au musée archéologique, une statuette de la fin du XVème siècle le représente portant les instruments de son martyre.











Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_31L’évêque de Langres, saint Grégoire, acceptant finalement les rumeurs de guérisons miraculeuses, autorisa le culte pratiqué sur l'emplacement de son tombeau, dans la nécropole gallo-romaine, en dehors et à l'ouest du castrum. Il fit dégager le sarcophage et aménager, vers 511, une petite chapelle voûtée, pour l’héberger. Il entreprit ensuite la construction d’une basilique, consacrée en 535.







Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_32La pierre où Bénigne avait eu les pieds scellés avec du plomb fut percée de petits creux. Les malades y versaient du vin ou de la bière dont ils se lavaient ensuite les yeux. Les guérisons furent innombrables et le culte du saint, déjà officiel, prit de l’extension. Les pèlerins affluèrent et le sanctuaire, devenu trop petit, il fut décidé la construction d’un oratoire plus à l’est.
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André Vauchez décrit le contexte de développement du culte de Bénigne :
« Grégoire de Tours raconte qu’en Gaule, au début du VIe siècle, l’évêque de Langres fit ouvrir un beau sarcophage antique où reposaient les restes d’un personnage inconnu envers lequel la population de Dijon manifestait une grande vénération. Le prélat décida qu’il s’agissait des reliques de saint Bénigne, martyr d’origine grecque dont on ne savait pas grand chose mais dont une Vie, rédigée quelques années plus tard, souligna opportunément qu’il avait joué un rôle important dans l’évangélisation de la Bourgogne. En dernière analyse, on a l’impression que ces « inventions » de reliques, qui furent fréquentes tout au long du Moyen Âge, ont souvent correspondu à des tentatives de la hiérarchie ecclésiastique visant à reprendre en main la dévotion populaire et à l’orienter vers des figures orthodoxes, sinon toujours authentiques. »

Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_8En 870, l’évêque de Langres Isaac décida de transformer la basilique en abbatiale et imposa la règle bénédictine aux religieux. Les travaux furent terminés en 877. En 989, l’évêque de Langres, Brunon de Roucy, fit appel à Cluny pour réformer l’abbaye et plaça à sa tête Guillaume de Volpiano, l'un des esprits les plus éclairés de son temps.







Dijon_Saint_B_nigne_2Le nouvel abbé lança les travaux de la troisième abbatiale dont la première pierre fut posée en 1001. Il fit en fait construire trois sanctuaires : une église souterraine, abri du tombeau de saint Bénigne, une église au niveau du sol pour le culte et une rotonde de trois étages au chevet des deux églises.























Dijon_Saint_B_nigne_18Ces trois constructions, terminées en 1026, couvraient une longueur de 100 m et une largeur de 25 m. L’étage inférieur de la rotonde est le seul vestige actuel de cet ensemble.












Dijon_Saint_B_nigne_20Cette abbatiale, une des plus vastes de la chrétienté, fut considérée alors comme l'un des plus beaux monuments de l'époque, sur la route de Langes à Compostelle.










Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_12En 1137, un terrible incendie ravagea Dijon et l'abbatiale subit des dégâts considérables. L'abbé Pierre de Genève décida de la reconstruire presque entièrement : seule la rotonde ayant été épargnée par les flammes, elle s'inséra dans un nouveau bâtiment de pur style roman.
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Dijon_Saint_B_nigne_Dortoir_1Mais le 14 février 1271, le haut clocher s'effondra en entraînant dans sa chute la majeure partie de l'abbatiale. La rotonde fut une nouvelle fois miraculeusement sauvegardée. L'abbé Hugues d'Arc lança en 1281 le chantier de l'actuelle église, en style gothique. Sa construction dura plus d'un siècle. Saint-Bénigne dominait alors un immense enclos abbatial. De cet ensemble, seuls subsistent un cellier voûté d'arêtes et le splendide dortoir à trois nefs voûtées de puissantes ogives.






Dijon_Saint_B_nigne_8Le monastère prospéra jusqu'à son passage sous le régime de la commende, au début du XVI ème siècle. Les bénédictins de l'ordre de Saint Maur relevèrent le monastère au XVII ème siècle. La Révolution vida l'église de ses richesses, même si elle en épargne les murs.









Dijon_Saint_B_nigne_29En 1792, l'évêque Volfius consacra l'abbatiale comme cathédrale, mais malgré cela, en 1794, on martela les statues et le tympan du portail roman qui fut remplacé sous l'Empire par celui de l'ancienne église Saint-Étienne. Les des deux étages supérieurs de la rotonde furent détruits et le sous-sol comblé. Tout au long du XIX ème, les bâtiments monastiques disparurent pour laisser place à de nouvelles constructions. En 1874, la cathédrale fut dotée d'une flèche de 93 mètres par l'architecte Charles Suisse.












Dijon_Saint_B_nigne_15http://dijoon.free.fr/pagespeciale.htm
Ouvrage édité par la paroisse Saint-Bénigne.
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13 septembre 2010

La cathédrale Saint-Bénigne de Dijon, la crypte

Dijon_Saint_B_nigne_6Au départ se trouvait l’ancien martyrium, une chapelle, l’église basse et la rotonde.


















Dijon_Saint_B_nigne_CrypteOn arrive dans la crypte par un escalier débouchant dans l’une des absidioles en cul-de-four de l’église inférieure.
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Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_5Dans le chœur de l’église basse, un hémicycle de 6 colonnes servant de déambulatoire abrite les restes du tombeau de saint Bénigne.











Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_4La base du sarcophage repose au fond d’une fosse rectangulaire encadrée de 4 colonnes rondes supportant une voûte en plein cintre.
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Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_7L’énergie qui émane de ce lieu est incroyablement forte. Est-ce dû à celui qui se trouvait dans ce tombeau, ou à l’emplacement choisi, ou bien encore à l’égrégore formé par les pèlerins depuis de si nombreuses années ? Sûrement à un peu des trois.














Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_planCe qui se passe dans la partie suivante n’est pas mal non plus : l’étage inférieur de l’ancienne rotonde. Les rotondes étaient destinées à protéger le corps d’un illustre personnage, et reprenaient l’architecture de monuments plus anciens, comme les Martyria (crypte où reposent les corps des saints) ou encore le Dôme du Rocher ou le Saint-Sépulcre (tombeau du Christ) fait au IV ème siècle à Jérusalem.




















Dijon_Saint_B_nigne_5Dès lors, nous sommes en lien direct avec un symbolisme subtil. La rotonde (17 m de diamètre et flanquée de deux tours au nord et au sud), construite entre 1001 et 1003 par Guillaume Volpiano, était formée de trois niveaux, respectivement dédiés à Jean-Baptiste, à la Vierge puis à la Trinité.









Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_21Elle était divisée en 3 cercles concentriques par des colonnes : 8 colonnes délimitaient le cercle ou réduit central, 16 le premier déambulatoire voûté d'un berceau, 24 le second déambulatoire couvert de voûtes d'arêtes.
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Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_25Le réduit ou lanternon ou opaïon central, dans les deux étages inférieurs, était à ciel ouvert et s'appelait le Trou Saint Bénigne. La partie supérieure était recouverte d'une coupole percée par une lunette centrale.










Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_22Deux des chapiteaux sculptés d’époque préromane représentent des orants (comme dans la crypte de l’église de Cruas). Tous n’ont pas été finis, peut-être par manque de temps, afin d’accélérer la construction des étages supérieurs.
Je sais pas vous, mais pour moi, il y a bien plus qu'un simple orant. Je trouve à ce chapiteau des airs de vulve...














Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_23Si l’ensemble avait été réalisé, les orants, répartis sur les deux rangs de colonnes se trouveraient au nombre de 24, évoquant les vieillards de l’apocalypse. On peut imaginer l’effet produit par ces 48 mains s’élevant en direction de l’ouverture du lanternon, passant par l’intermédiaire de la Vierge puis de la Trinité avant de rejoindre le ciel…








Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_3D’autres chapiteaux carolingiens présentent des entrelacs, des palmettes, des scènes animées.
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Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_11Les autres chapiteaux, romans, présentent eux aussi bien des mystères.
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Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_24Vers l’est s’ouvre un passage voûté d'arêtes qui pourrait être un vestige des constructions carolingiennes. Il mène à l’ancienne chapelle funéraire du VI ème siècle, située à l’origine au niveau du sol mais qui fut au fil du temps enterrée par les remblais.









Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_1Abri du sépulcre de saint Bénigne
et de tombeaux nombreux naguère rangés autour.












Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_20Ici Dijon et la chrétienté
ont vénéré dévotement
les reliques du prêtre martyr et celles de :
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Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_14saint Jacques, évêque de Toul
saint Eustache, 1er abbé du monastère
sainte Paschasie, vierge dijonnaise.










Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_15Ici les hommages populaires
ont entouré pieusement
les tombes des
saints époux Hilaire et Quiète
la vierge Floride









Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_26les saints abbés Tranquille et Bertillon
les pontifes Isaac, Argrimus, Garnier 1er
évêque de Langres
une sainte portant le nom de Radegonde
la vénérable Alette, mère de saint Bernard.









Dijon_Saint_B_nigne_Crypte_27Sur ce sol imprégné de la vertu des cendres
si longtemps gardées,
foulé mille ans et plus par les masses croyantes
le chrétien s'émeut, s'agenouille et prie.
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9 août 2010

L'église Saint-Hippolyte de Combertault

Combertault_1L'église Saint-Hippolyte de Combertault fut construite au XI ème siècle.
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Combertault_3Elle est accolée à une ancienne maison devenue la mairie du village.
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Combertault_2Elle semble avoir été remaniée, deux parties étant très distinctes : le chevet semble bien plus ancien.
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Combertault_7Dans la cour, une ancienne photo montrant l'état dans lequel elle se trouvait il y a peu de temps.

Lors de ma visite, l'église était fermée, la mairie aussi. Je n'ai donc pour l'instant aucune information quand à son histoire.










Combertault_6Une dalle posée au mur sur laquelle sont représentés une épée et un bouclier. Une ancienne pierre tombale ?

Peu d'informations donc, mais un vrai coup de cœur. C'est pourquoi j'ai choisi de vous la présenter quand même.
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10 septembre 2010

L’église Saint-Michel de Dijon

Dijon_Saint_Michel_1Le lieu semble utilisé depuis le Ier siècle, où une modeste chapelle funéraire prit place. Au VIème siècle, un nouveau cimetière fut construit à l’est de l’église par l'abbaye de Saint-Étienne, tout près de l'enceinte de la ville romaine, le castrum divionense.















Dijon_Saint_Michel_15La première mention de cette église se trouve dans les archives de l'abbaye de Saint-Étienne de l’année 889.
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Dijon_Saint_Michel_16Plus tard, au XIème siècle, à l'initiative de l'abbé de Saint-Étienne, Garnier de Mailly, une nouvelle église vit le jour. Parce qu'incluse dans le cimetière, elle fut dédiée à Saint Michel, l’archange passeur d’âmes, et prit le titre de basilique.
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Dijon_Saint_Michel_12De style roman, elle fut consacrée en 1020 par l'évêque de Langres, Lambert. Elle mesurait déjà 58,44 m de long par 9,74 de large, et Garnier de Mailly y fut inhumé à sa mort en 1051.
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Dijon_Saint_Michel_3A la fin du XVème siècle, la basilique, devenue trop petite et menaçant ruine, la population dijonnaise demanda sa reconstruction. L’abbé de Saint-Étienne, Antoine Chambellan, et les paroissiens décidèrent, par souscription, d’entamer les travaux le 17 juillet 1497. Le 6 août 1499, le maire Jean Aignault accorda toutes les autorisations.














Dijon_Saint_Michel_4Les travaux commencèrent sous la conduite d'un maître d'œuvre local nommé Louis Gilbert. Henry Chambellan, père de l’abbé, général des monnaies et maître des comptes en Bourgogne, centralisa les souscriptions. Comme il contribua également au financement de l'église, ses armes furent sculptées au-dessus des portes latérales.














Dijon_Saint_Michel_19Le chœur, pourvu d’un déambulatoire, fut commencé en style gothique, puis pour cause de guerre et par manque d’argent, ils furent interrompus et reprirent à la Renaissance.











Dijon_Saint_Michel_2On l'élargit en l'allongeant du côté du chœur en conservant son ouverture du côté ouest. Les familles riches de la paroisse firent construire à leur frais des chapelles. Rapidement achevée, l'église fut consacrée le 29 juillet 1529 par Philibert de Beaujeu, évêque de Tonnerre.









Dijon_Saint_Michel_6Les deux tours furent achevées au XVIIème siècle. Les 4 étages aux fenêtres ornées de colonnes des tours se terminent par une balustrade surmontée d’une lanterne coiffée d’une boule de bronze.















Dijon_Saint_Michel_10La révolution la vandalisa et la majeure partie des œuvres fut détruite. L’abbé Deschamps, curé de Saint-Michel durant la Restauration, reconstruisit les parties endommagées.
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Dijon_Saint_Michel_5Sur la façade se superposent les trois ordres classiques. Le porche, en forte saillie, s’ouvre par 3 portails. Sous la frise se détachent les bustes de Baruch, David, et Moïse et des prophètes Daniel, Isaïe et Ezéchiel. Le portail de droite, de 1537, est le plus ancien des trois.
Le jugement dernier du tympan réalisé en 1551 est dû à Nicolas de la Cour, inspiré des traditions florentines.














Dijon_Saint_Michel_9La structure architecturale de la voussure centrale est percée d’un jour zénithal qui communique avec une lanterne par un puits cylindrique.











Dijon_Saint_Michel_7La statue de saint Michel adossée au trumeau, est une œuvre du XVIème siècle qui remplaça celle détruite à la révolution. Elle repose sur une console dont les sculptures s’inspirent de coutumes païennes et de textes sacrés : David, Lucrèce, Léda et le cygne, Hercule, Apollon, Vénus, Judith, Salomon, Jean-Baptiste, et le Christ apparaissant à Marie-Madeleine y sont représentés. Finalement, tous peuvent se rapprocher de saint Michel ou de son archétype. Manque la mythologie égyptienne…



















Dijon_Saint_Michel_13De la mise au tombeau de l’ancienne église Saint-Jean ne reste que 5 personnages en pierre, grandeur nature : Marie, Jean, Marie-Madeleine, Marthe et Marie de Béthanie.









Dijon_Saint_Michel_18L'orgue fut construit en 1699 par le facteur Emiland LORIN pour la Sainte Chapelle de Dijon et comprenait 34 jeux sur 4 claviers et pédaliers. Il fut restauré de nombreuses fois.












Dijon_Saint_Michel_20Et point de saint Michel sans sa parèdre...


















http://www.saint-michel-dijon.com/eglise-saint-michel/historique/

Voir la carte ici.

24 septembre 2010

Le prieuré de Saint-Thibault, l'extérieur

 

Saint_Thibault_en_Auxois_9Le portail nord fut construit vers 1260. Autrefois abrité sous un porche dont on voit les colonnettes qui supportaient les arcs de chaque côté, il possède un tympan ouvragé consacré au couronnement de la Vierge.  Des vierges sages et folles séparées par un ange sur les voussures. 
 


 


 


 


 


 

Saint_Thibault_en_Auxois_10Le linteau présente la Dormition et l’Assomption.



 


 


 


 


 


 

Saint_Thibault_en_Auxois_11Sous le linteau, le trumeau présente saint Thibault, revêtu des habits de prêtre.



 


 


 


 


 


 


 


 


 

Saint_Thibault_en_Auxois_20Les deux panneaux de l’ébrasement formant les pieds droits du portail ont à leur soubassement deux arcatures tréflées, dont les angles inférieurs laissent apparaître de petites têtes coiffées parfois à la mode du XIII ème siècle.  



 


 


 


 

Saint_Thibault_en_Auxois_18aLes statues du portail ont été interprétées comme étant la représentation de donateurs comme le duc Robert et son fils Hugues V, sa femme Agnès et l’évêque d’Autun Hugues d’Arcy.
 

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Saint_Thibault_en_Auxois_17aMais il semblerait que ce soient des personnages de l’ancien testament habillés à la mode du règne de saint Louis : Aaron, David, Salomon et la reine de Saba.

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Saint_Thibault_en_Auxois_12La chapelle Saint-Gilles, du XIII ème siècle, offre un chevet à pans coupés épaulés par de hauts contreforts. Les pinacles et les gargouilles sont des ajouts de la restauration du XIX ème siècle. Chaque travée est éclairée par une baie élancée à deux lancettes tréflées ajourées d’un ou de trois oculus trifoliés.
 


 


 


 


 


 

Saint_Thibault_en_Auxois_14La chapelle jouxte le chœur de la fin du XIII ème et du début du XIV ème siècle, dont il ne subsiste que le chevet à 5 pans et la travée de droite. Chaque travée est composée d’un soubassement puis d’un mur et en retrait sur ce dernier une vaste baie à 4 lancettes surmontée d’un oculus et d’une rose à 6 redents. Des contreforts minces montent jusqu’à la naissance du toit, où quelques gargouilles d’époque pointent leur museau.

 



 


 


 


 


 

Saint_Thibault_en_Auxois_24A droite de la façade ouest, une croix très abimée de 1396 s’élevait jadis sur le cimetière.

 



 


 


 


 


 


 

 

Tiré du livre "Saint-Thibault-en-Auxois" d'Albert Colcombet.
 

20 septembre 2010

Le palais épiscopal de Chalon-sur-Saône

Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_9L'existence d'un évêché est attestée près de la muraille dès le V ème siècle. Il englobait d'ailleurs une partie de celle-ci dès le IX ème siècle. L'évêque, seigneur de la moitié de la ville au moyen-âge, joua un rôle majeur jusqu'en 1789. Le plus illustre d'entre eux est Pontus de Tyard, poète membre de la Pléiade et humaniste qui prôna la tolérance lors de la crise religieuse au XVI ème siècle. L'évêché actuel fut entièrement reconstruit aux XVII ème et XVIII ème siècles, dans un souci d'affirmation du pouvoir épiscopal.





Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_10Il se compose de trois bâtiments, d'abord organisés autour de trois cours, le premier étant installé sur la muraille elle-même, relié à une des tours d'enceinte où l'on trouvait, fin XVIII ème, les archives. L’entrée était magnifiée par un portail en pierre de taille, caractéristique du règne de Louis XIV, en hémicycle surmonté de vases de pierre. Jusqu'en 1864, un bâtiment "passerelle" permettait à l'évêque de rejoindre la cathédrale sans passer par la rue.

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20 septembre 2010

La cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône, les chapiteaux

Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_37Les chapiteaux ne sont pas tous romans. Ils sont sous le symbole d'un arbre à deux branches, schématisé en forme de Y. Le symbole des deux voies, masculine et féminine, chaude et froide, yin et yang, la dualité. Mais... celui qui peut les maitriser... Maitrise l'arbre de Vie, la connaissance.
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Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_24Caïn et Abel et L'arbre de Vie, coté nord de la nef.













Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_19Chapiteau d'Alexandre : un épisode de la légende d'Alexandre le Grand, tenant deux lances, qui explora le ciel porté par des griffons. Le chapiteau est sans doute un réemploi de l'église du XI ème siècle.














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Deux aigles, symboles solaires, posent leurs serres sur le lièvre, symbole lunaire illustrant la prolifération des œuvres de la Terre Mère, de la Vie, de leur régénération.

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Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_31L'arbre de Vie de la connaissance, l'aigle à deux têtes parlant au roi et à la reine...
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Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_33L’arbre de Vie, au-dessus des têtes de deux personnages. De leur bouche sortent des rameaux, donnant des fruits.















20 septembre 2010

La cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône, description

Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_1La façade fut refaite en 1827, première en France  à adopter le style néo-classique. Elle remplace celle qui fut malheureusement détruite et qui comportait un clocher roman.
















Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_5Le transept comporte une petite porte gothique, surmontée d’un tympan.


















Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_2Un jardin entoure le chevet et longe l'absidiole nord romane, puis contourne l'absidiole gothique majeure.
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Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_Plan_0L'édifice mesure près de 63 m de long à l'intérieur et la voûte principale s'élève à un peu plus de 24 m de haut. Il comprend trois nefs, dont une nef centrale, un transept saillant, un chœur et un sanctuaire. Il possède une longueur intérieure de 62,9 mètres et une largeur de 21,4.























Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_17A l’entrée principale, deux bénitiers en pierre monolithe : sur l’un décor de têtes de béliers, sur l’autre décor de têtes de lion.
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Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_15La nef se compose de piliers flamboyants (pilastres cannelés, colonnes engagées et bases moulurées), assis sur des piliers romans datant de la seconde moitié du XII ème siècle. La greffe du gothique sur des bases romanes est bien visible.























Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_18Sur les arcs brisés, assis sur les piliers romans, d'inspiration clunisienne, ont été montés des faisceaux de colonnettes jusqu'à la voûte, de croisée d'ogives. Cette structure encadre deux étages de galeries. Au premier étage le triforium qui présente une balustrade pleine dans la nef et une ferronnerie tardive dans le chœur, et des colonnettes sans chapiteaux s'épanouissent en arcatures trilobées ou à chapiteaux à feuillage.






Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_35La nef s'achève, après sept travées, par une curiosité architecturale : une grande rose intérieure. Gothique, elle est percée au dessus de l'arc roman, qui sépare la nef centrale du transept. Il s'agit d'un vestige du temps où la nef, encore romane, couverte d'un plafond plat, était plus basse que le transept. Cet arc franchi, on arrive dans la croisée du transept, puis au chœur, qui est surmonté de deux marches. Comme la croisée du transept, il possède des piliers et des arcs romans, plus raffinés.



















Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_26Pour accéder au sanctuaire, il faut franchir trois marches. Il est entièrement gothique, l'abside semi-circulaire a été remplacée par cette abside à cinq pans. Les trois fenêtres du rez-de-chaussée sont encadrées de deux colonnettes.











Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_32Les voûtes de certaines chapelles sont en gothique flamboyant, ainsi qu'un dais de pierre qui abritait le tombeau d'un évêque mort en 1480. Des grilles de pierre ou claustras ferment les chapelles du bas-côté sud, particularité du chalonnais.










Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_25Des éléments de peinture ancienne sont encore visibles, d'anciennes fresques du XV ème siècle ont été récemment restaurées ou dégagées : sur la voûte de l'absidiole nord un Christ pantocrator entouré des 4 symboles des évangélistes, une dormition et le couronnement de la Vierge.









Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_22Un triptyque de 1608 représente un Christ en croix avec des anges recueillant le sang des plaies, entre saint Anatole (ermite de Salins) et saint Loup, évêque de Chalon (vers l'an 800).











Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_36Une tapisserie, placée en 1965, provenant de Bruxelles, et datant de 1510, vient agrémenter le sanctuaire.  En haut à gauche, Melchisédech, roi de Salem, offre à Abraham le sacrifice du pain et du vin. En bas à gauche, la manne tombe du ciel à la prière de Moïse, bâton levé vers la nuée : nourriture mystérieuse qui ne dure qu’une journée. En bas à droite, la Pâque juive : les hébreux debout, le bâton à la main, mangent l’agneau pascal et les herbes amères, nourriture de ceux qui sont en marche. En haut à droite, la Cène.





Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_21La voûte de la nef est ogivale, alors que les voûtes des bas-côtés sont des voûtes d'arêtes encore romanes, soutenues par des berceaux brisés.
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Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_28Le transept est couvert de berceaux brisés.













Chalon_sur_Sa_ne_Saint_Vincent_6http://www.chalon.fr/site/Accueil-1360.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Saint-Vincent_de_Chalon-sur-Sa%C3%B4ne











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6 septembre 2010

L’église Notre-Dame de Talant, description

Talant_planL'église paroissiale de Talant, située sur le point culminant de la ville dans la cour de l’ancien château et dominant le lac Kir, fut donc construite en 1208 à l'initiative du Duc de Bourgogne Eudes III. De forme basilicale, dédiée à la Vierge Marie, elle est orientée est/ouest.
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Talant_18Au cours des siècles, elle a fait l’objet d’aménagements et d’adjonctions. Terminée au XIVème siècle, elle fut consacrée le 2 juillet 1430 par Charles de Poitiers, archevêque de Langres, ainsi que le porte une inscription gravée sur l’un des piliers de la nef principale.









Talant_10Elle fut d'abord conçue plus courte, d'au moins deux travées. Les avantages d’Eudes III, attirant de plus en plus de population, elle fut donc agrandie. Un clocher fut ajouté, la contrebutée de la nef principale fut réalisée par l'appui de bas-côtés qui se révélèrent trop peu élevés.
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Talant_14Sous les poussées de la voûte et du clocher, les murs gouttereaux de la partie orientale s'inclinèrent vers l'extérieur. Pour éviter la chute, des arcs-boutants extérieurs furent construits au XVème siècle, puis refaits au XIXème.
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Talant_12Jadis coiffé d'un petit toit carré à quatre pans, le XIXème siècle attribue au clocher la flèche que nous connaissons aujourd'hui.

























Talant_7Vers 1865, c'est au tour de l'entrée de l'église d'être modifiée. Le porche de bois qui l'abritait de la pluie et des intempéries est retiré. Une grande campagne de travaux menée de 1973 à 1975 par la Conservation régionale des Monuments Historiques a assuré la consolidation de l'ensemble de l'église. Des colonnes menaçant de s'effondrer ont également été consolidées.








Talant_11La grande fenêtre Renaissance, percée vers 1535, a été rouverte.
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2 septembre 2010

La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Maguelone, l’intérieur

Maguelone plan 2a

 

La nef

Maguelone_56aLa nef unique, bâtie par Jean de Montlaur dans la seconde moitié du XIIème siècle, est caractéristique des grands vaisseaux romans languedociens : ampleur des proportions (largeur 10 m, hauteur 19 m 50), épaisseur considérable des murs (entre 2 m et 2 m 50), éclairage mesuré et sobriété extrême du décor sculpté. Cette austérité est compensée par la qualité de la maçonnerie. Bâtis en calcaire coquiller, d’une patine ocre, les murs de la nef sont divisés en trois travées par des demi-colonnes engagées qui montent d’un trait jusqu’aux arcs doubleaux de la voûte. De simples chapiteaux à feuille d’acanthe et une large corniche classique sont les seuls ornements.

La nef demeure relativement sombre : pas d’ouverture au nord, l’éclairage étant réservé à la partie noble, c'est-à-dire la tribune, pourvue de 3 fenêtres au sud et 2 baies superposées à l’ouest.






Maguelone_36Un ensemble de bas-reliefs et d'épitaphes, retrouvés par Fabrice Fabrège lorsqu'il rénovait le dallage de la cathédrale, est fixé sur le mur de la 2ème travée.  Ils proviennent du cloître, du cimetière ou ont été apportés comme éléments décoratifs, notamment pour les pièces de l'époque antique.
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La tribune 

Maguelone_40Construite probablement en deux étapes dans la seconde moitié du Xlle siècle pour réciter l’office, et sans doute aussi pour fuir le froid et l’humidité, les chanoines y placèrent leurs stalles.
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Maguelone_39On y accède par un escalier droit à pente douce et larges marches, entièrement pris dans l’épaisseur du mur nord de la nef (il permettait aux chanoines, comtes de Maguelone, d'accéder à cheval jusqu'à la tribune). A son sommet, deux portes donnaient l’une sur la tribune, l’autre sur le cloître supérieur aujourd’hui détruit. Contrairement à la nef, la tribune des chanoines est éclairée par cinq fenêtres décorées. Deux petites chapelles hautes prises dans les murs de la nef s'ouvrent de chaque côté de la tribune.












Maguelone_43L’autel était à l’époque dédié à saint Nicolas. Fabrèges le remplaça par la pierre tombale de l’évêque jean de Montlaur, mort en 1190, retrouvée en 1912. Il s’agit du couvercle de son sarcophage dont les 4 côtés sont gravés d’une longue épitaphe en vers latins, faisant allusion aux écoles créées par le prélat.










IN HOC VASE JOANNIS  w A
LUX SEMPER CLARESCAT PERENNIS
QUI SPIRITUS SANTI DONIS
PAUPERES INTRODUXIT IN SCOLIS
ET CUJUS NOBIS EFUSUS EST SANGUIS
ILLIUS PURGET CRIMINA CARNIS

BERTRANDUS VOCATUR ILLE
QUI SIBI ELEGIT DE MILLE
HIC EUMDEPOSUIT
SICUTI AD PRESENS POTUIT
IN PRIMA HEBDOMADA QUADRAGESIME
ANNO INCARNACIONIS DOMINICE
SICUTI SUCEPTUS EST IN SILICE
QUI POSITUS EST IN CAPITE
IN DIE PENULTIMO POSTREMO IN MERCURIO
AB HOC MIGRAVIT SECULO FINITO NONDUM FEBRUARIO

Maguelone_41b"Dans ce tombeau repose le corps de Jean. Que l’Alpha et l’Omega, lumière éternelle, resplendisse toujours pour lui, qui dans les écoles ouvrit les pauvres aux dons de l’esprit, et que celui dont le sang fût versé pour nous lave ses fautes charnelles.









Maguelone_41aCelui qu’il avait choisi entre mille s’appelle Bertrand. Ce fut lui qui l’ensevelit, comme il put encore le faire, dans la première semaine du Carême de l’an de l’incarnation du Seigneur (1191). Ainsi qu’il est écrit sur la pierre qui est posée sur sa tête, il quitta ce siècle un mercredi, avant dernier jour de février"







Maguelone_47Vers l’ouest, au niveau du sol, une large fente sous un arc de décharge. Véritable mâchicoulis intérieur, il permettait, outre le tir plongeant, de manœuvrer une herse qui doublait le portail.












Le transept

Maguelone_54aCommencé avec l’abside au début du XIIème siècle par l’évêque Galtier et achevé par son successeur Godefroy, il comporte une vaste travée rectangulaire voûtée d’un berceau brisé, flanqué de deux chapelles plus basses formant les croisillons, composées d'une grande voûte sur croisée d'ogives.









Maguelone_48Au nord, la chapelle du Saint-Sépulcre : son mausolée de type gothique date du XIVème siècle, et fut construit pour le cardinal de Canillac, ancien prévôt de Maguelone.
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Maguelone_49Le tombeau, très dégradé, abrite un sarcophage wisigoth (VIème siècle) en marbre gris sculpté. Trouvé au siècle dernier et baptisé « tombeau de la belle Maguelonne », héroïne d’un roman légendaire, il est orné de souples rinceaux où se mêlent les feuilles d’acanthe et de vigne.









Maguelone_55Au sud, la chapelle Sainte-Marie : elle communiquait à l'origine avec le cimetière attenant par la "porte des morts", percée dans l’angle sud ouest. C’est au pied de l’autel roman en marbre noir que repose Frédéric Fabrèges. Des sarcophages y sont aujourd'hui entreposés. 















Maguelone_44Le sol est tapissé de tombes, pour la plupart anonymes. Les quatre gisants d'évêques en marbre blanc sont remarquables. Du nord au sud on trouve successivement :

























Maguelone_50Antoine de Subjet, évêque de Montpellier (1573-1596), représenté en bas-relief, vêtu de la chape, mains croisées et longue barbe.

















Maguelone_51Izarn Barrière (1488-1498), célèbre pour avoir réorganisé l'université. Son effigie, traitée en haut-relief, se détache dans une niche d'architecture Renaissance.
















Maguelone_53Jean de Bonald (1472-1487), lettré et humaniste, il légua sa bibliothèque au chapitre. Une élégante plate-tombe de style gothique simplement gravée dans le marbre blanc, d'un dessin très pur.
















Maguelone_54Guitard de Ratte (1596·1602) le dernier évêque enseveli dans la cathédrale. Son effigie est lourde, d'un réalisme appuyé (vêtements, crosse, coussins).

















L'abside

Maguelone_35Édifiée au début du XIIème siècle, elle est caractéristique du style roman primitif. Polygonale, elle est éclairée par 3 fenêtres avec des colonnettes, et le tour de l'abside est décoré par une couronne de petits arcs surmontée par un cordon de dents d'engrenage (similaire aux "bandes lombardes"). Elle est décorée d'une arcature à hauteur des fenêtres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maguelone_33Une banquette de pierre (banc presbytéral, héritage de la tradition paléochrétienne) fait le tour de l'abside : au dessus, on  distingue la trace triangulaire du trône épiscopal.  Rétabli par Fabrèges, le maître autel n’est pas antérieur au XVIIème siècle. Par un privilège réservé aux basiliques romaines, il était jadis orné des flabella, éventails en plume de paon, symbole d’appartenance au Saint-Siège et de la vigilance apostolique.















La chapelle Saint-Augustin 

Maguelone_58Seul témoin de la première cathédrale romane édifiée par l’évêque Arnaud au XIème siècle, elle communique avec la nef par un grand arc en plein cintre formé de trois voussures épaisses. Sur le piédroit de droite, on peut lire, en caractères romains, l’épitaphe d’Anibert, évêque d’Avignon mort à Maguelone au début du XIIème siècle. Cette chapelle, qui pouvait constituer le croisillon sud de la cathédrale d’Arnaud, est voûtée en berceau. A l’étage se trouvait jadis la chapelle Saint-Michel, aujourd’hui ruinée.











Maguelone_59Elle abrite un autel en marbre blanc aux armes de l’évêque Jean de Bonald, mort en 1487, dont la tombe se situe dans le transept. Au dessus, une dalle inscrite : l’épitaphe reconstituée d’Arnaud. « Ci-gît Arnaud, père et bâtisseur de cette église durant les trente années de son épiscopat. Il mourut à Villeneuve au retour d’un pèlerinage à Jérusalem. Transporté ici, il fut d’abord déposé au bas de l’escalier, devant la porte du cloître. L’évêque Godefroy, instruit par une vision, le fit transférer plus dignement ici ».   

15 septembre 2010

Notre-Dame, l’extérieur

Dijon_Notre_Dame_7La construction est sobre. Le chevet simple, soutenu par des contreforts, est percé d'oculi entre les fenêtres basses et hautes.
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Dijon_Notre_Dame_1La croisée des transepts est surmontée d’une tour-lanterne du XIX ème siècle, ajourée sur chaque face de deux grandes baies, encadrée de quatre tourelles d'escalier et surmontée d'une flèche d'ardoise à quatre pans.
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Dijon_Notre_Dame_22La façade occidentale, par contre, se distingue du reste du bâtiment. De registre plat, elle compte trois étages : le premier comporte trois grandes arcades, formant l'entrée d'un porche.
















Dijon_Notre_Dame_31Au-dessus, deux galeries d'arcatures superposées, reposant chacune sur dix-sept colonnettes couronnées d'un chapiteau, et soulignées par trois bandeaux ornés de 51 gargouilles alternant avec des métopes à décors végétaux.















Dijon_Notre_Dame_33On se rappelle l’intermède des gargouilles, déposées au XIII ème, remplacées en 1880. Puis vient une galerie de circulation caractéristique de l'architecture gothique bourguignonne.











Dijon_Notre_Dame_3Quelques sculptures authentiques restent sur les faces latérales.
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Dijon_Notre_Dame_40D'autres sont conservées au musée archéologique, comme la tête de Moïse
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Dijon_Notre_Dame_39ou celle d'un prophète,
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Dijon_Notre_Dame_36ou comme ces quelques sommiers d'arcatures du XIII ème siècle.
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Dijon_Notre_Dame_23Les voûtes du porche sont soutenues par deux rangs de piliers.
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Dijon_Notre_Dame_34Entre les voussures apparaît un acrobate, les jambes levées au ciel. Début du retournement. Pour cela, ne faut-il pas comprendre la double nature de l’homme ?











Dijon_Notre_Dame_35aC’est ce que semble nous indiquer la sculpture suivante, où semblent se montrer des jumeaux. L’un des personnages rit, et l’autre fait la gueule. L’un a des frisettes en forme de corne, les cheveux de l’autre encadrent bien son visage.
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Dijon_Notre_Dame_25Ce porche précède les trois portails de l'église, dont les voussures, le tympan et les ébrasements étaient ornés de statues et de sculptures, détruites en janvier 1974.











Dijon_Notre_Dame_19Deux tours carrées devaient initialement s’élever au dessus de la façade, qui ne furent jamais réalisées : il n’en existe que les amorces.
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Dijon_Notre_Dame_9Pour les passionnés, un livre entier (Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle) sur sa construction ici.

15 septembre 2010

Notre-Dame de Dijon, l’intérieur

Dijon_Notre_Dame_43Les dimensions sont modestes : 46,70 mètres de longueur, 17,20 de largeur et 18,50 de hauteur. Orientée est/ouest, son plan est en forme de croix latine. La nef, couverte de voûtes sexpartites, est encadrée de collatéraux aux voûtes quadripartites.























Dijon_Notre_Dame_44Le chevet dispose d'une élévation sur quatre niveaux, la nef en a trois seulement : six grandes arcades, soutenues par des colonnes cylindriques, puis un triforium dont la couverture de dalles constitue une galerie de circulation devant les fenêtres hautes.









Dijon_Notre_Dame_59Le chœur possède une abside à cinq pans et quatre étages : un soubassement orné d'arcades tréflées aveugles, puis un niveau de fenêtres en lancettes, puis un triforium, percé au XVII ème siècle de sept grands oculi, et un dernier niveau de fenêtres hautes.
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Dijon_Notre_Dame_48Les pignons du transept présentent un soubassement plein, puis cinq fenêtres en lancettes, au-dessus desquelles s'ouvre une rose.
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Dijon_Notre_Dame_58La croisée forme maintenant une lanterne carrée, ajourée de huit grandes fenêtres.

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Dijon_Notre_Dame_46L'église Notre-Dame fut dotée dès le XIII ème siècle de vitraux. Il n'en reste que cinq, dans les lancettes du bras nord du transept.








Dijon_Notre_Dame_50Réalisés vers 1235, les deux premiers représentent des scènes de la vie de saint Pierre, et les trois suivants, de saint André.










Dijon_Notre_Dame_45En 1874, le peintre verrier parisien Édouard Didron réalisa de nouveaux vitraux inspirés des cinq d'origine, dont les deux roses des pignons nord et sud des bras du transept, mesurant 6 m de diamètre.












Dijon_Notre_Dame_51La fresque du calvaire, datant du dernier tiers du XV ème siècle, est attribuée sans certitude, à un peintre de l'entourage de Rogier Van der Weyden. A l'origine, une sculpture polychrome amovible du Christ en croix ornait son centre et une porte, probablement peinte, fermait sans doute le passage de droite.
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Dijon_Notre_Dame_54Au revers du trumeau du portail central est sculptée une tête de "diable", percée aux commissures des lèvres de deux trous, qui servaient de gâche aux anciens verrous des deux vantaux de la porte. Devons nous enchainer notre partie animale avant de pénétrer dans le sanctuaire ?
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Dijon_Notre_Dame_57aUn premier orgue existait sur la tribune dès le XVI ème siècle. Jean-Philippe Rameau (1683-1764) joua sur cet instrument de 1709 à 1713. En 1874, la restauration de la tribune nécessita le démontage de l'orgue. Un nouvel instrument fut construit en 1893 et inauguré en 1895. Sa partie mécanique et sonore, réalisée par le facteur dijonnais d'origine belge Jean-Baptiste Ghys, est installée dans un buffet néogothique.







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