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lieux sacrés
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8 avril 2012

Notre-Dame du Pont

 

 

saint_floret_vueOn arrive à Saint-Floret en remontant la Couze Pavin depuis Issoire. Le bourg et son château du XIIIe siècle, situés dans la vallée qu’empruntaient les pèlerins de Compostelle, font déjà partie d’une belle histoire.

 

 

 

 

 

Saint_Floret_le_pont_de_la_P_de_1Mais passez le pont médiéval de la Pède, et vous comprendrez que cet endroit mérite vraiment le détour. A commencer par une vierge romane polychrome du XIIIe siècle, ayant toutes les caractéristiques d’une vierge noire, qui se tient dans le petit oratoire : c’est Notre-Dame du Pont.



 

 

 

 

 

 

Saint_Floret_le_pont_de_la_P_de_2Elle est proche de la grotte dont la légende raconte que la source avait le pouvoir de guérir les maladies des enfants dont les linges, jetés en l’air, restaient collés sur la voûte. Un autre miracle eut lieu durant la dernière guerre : la vierge aux grandes mains protégea le pont des bombardements de l’aviation allemande en 1944. La seule bombe qui n’explosa pas fut celle qui tomba sous l’arche unique du pont de la Pède.



 

 

 

 

 

Saint_Floret_le_pont_de_la_P_de_3La vierge en majesté, assez rustique, possède un visage austère, mais empli de bonté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Floret_le_pont_de_la_P_de_7L’enfant, plus riant, bénit de sa main droite, et tient le livre fermé de la gauche.



 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Floret_le_pont_de_la_P_de_5Elle n’est pas dans une crypte, bien qu’étant située aux pieds de la butte féodale du Chastel, mais elle rayonne quand même de toute sa puissance. Peut-être est-ce dû à sa position au milieu du verrou rocheux formé par les deux éperons qui dominent la rivière... Elle fait partie des vierges noires travaillant sur l’eau, comme sa voisine de Vassivière.
Saint_Floret_le_pont_de_la_P_de_4

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19 octobre 2011

La basilique Notre-Dame-du-Port, l’intérieur



Notre_Dame_du_Port_Clermont_plan_3La basilique possède un plan en croix latine de type basilical à 6 travées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_du_Port_Clermont_33Le narthex, partie la plus ancienne de l’église, possède des voûtes basses. Il est  surmonté au premier étage par une tribune.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_du_Port_Clermont_chapiteaux_17Il est refermé par deux gros piliers surmontés de chapiteaux "en pile de livres". D’un côté l’ancien testament, de l’autre les évangiles. Les livres sont fermés, nous signalant que nous devons partir à la découverte de leur enseignement. Il nous faudra nous ouvrir afin de nous transformer.

 

 

 

 

 

Notre_Dame_du_Port_Clermont_chapiteaux_8Le chapiteau de l’assomption de la Vierge nous accueillera dans le chœur, là où l’ange tient le livre ouvert.

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_du_Port_Clermont_23La nef de 5 travées voûtées en berceau cintré, est flanquée de bas-côtés voutés d’arêtes, surmontés de tribunes en quart de cercle.
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Notre_Dame_du_Port_Clermont_35Les deux piliers du temple, Yakin et Boaz, les colonnes solaires et lunaires, sont présents, marquant la limite entre le sacré et le profane. Leur utilité n’est que symbolique, et leurs chapiteaux feuillus représentent les deux arbres d’Eden, celui de la connaissance et celui de la vie.

 

 

 

 

Notre_Dame_du_Port_Clermont_29La croisée du transept à massif barlong est couverte d'une coupole sur trompes.

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_du_Port_Clermont_37Chaque bras, composé de deux travées voûtées en berceau, est terminé par une absidiole voûtée en cul-de-four.

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_du_Port_Clermont_26Le chœur est surélevé, entouré d’un déambulatoire à 8 colonnes sur lequel s'ouvrent quatre chapelles rayonnantes. Les chapiteaux feront partie d’un post à part entière.

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_du_Port_Clermont_36L'élévation se fait sur deux niveaux: les arcades cintrées ayant des piles ornées de colonnes engagées sont surmontées de tribunes s'ouvrant par de fines colonnettes.
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4 avril 2012

Les sources de Bard



Pour plus de compréhension, aller lire le reportage sur la provenance géologique des sources.

Boudes_vin_aBoudes est un charmant petit village, pour plusieurs raisons : son vin rouge classé parmi les 5 crus Côte d’Auvergne qui se conserve très bien, ses cheminées des fées dans la vallée des Saints et le hameau de Bard près duquel se trouvent plusieurs sources.
Boudes_chemin_es_des_f_es_1

 

 

 

 

 

 

 

 

Boudes_source_de_Bard_5La première est appelée source du Chaudron. En 1882, le propriétaire, Michel Augier, creusa dans sa parcelle de vigne à l’endroit où sortait l’eau. A un peu plus d’un mètre, il trouva une vasque en grès calcifié profonde d’environ 80 cm, posée sur un fond rocheux fissuré.

 

 

 

 


Boudes_2a

 

De petits travaux d’aménagement furent entrepris, pendant lesquels furent mis à jour les vestiges d’une construction en bois et 67 pièces de monnaie, frappées entre le début du Ier siècle avant notre ère et le IIIe siècle. L’une d’elles le fut à l’effigie de l’empereur Domitien, en 87.

 

 

 

 

 

Boudes_source_de_Bard_11En 1903, son fils demanda une autorisation pour vendre l’eau en bouteilles (eau des impératrices romaines), accordée en 1912, deux semaines après son décès. Le projet fut abandonné à cause de la guerre de 14. L’eau à 15° est très chargée en chlorure de sodium (qui permet à la faune et la flore halophile de se développer), en fer (qui donne la teinte rouge) en gaz carbonique (qui donne l’aspect bouillonnant) et en carbonates (qui forment le travertin).

 

 

 

 

 

Boudes_source_de_Bard_6Un peu plus loin, la source des Mottes, adossée au flanc de la colline, possède un débit plus faible.
Boudes_source_de_Bard_7

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Boudes_source_de_Bard_1Remontons le temps. Nous savons par les archéologues que l’endroit était un lieu gallo-romain du culte des eaux. Les restes de la construction de bois laissent envisager que la source était protégée. L’étymologie de Bard peut provenir du gaulois « bardos » (en irlandais bárd, en gallois bardd, en breton barzh) qui donna barde, ou du germanique « bard », le géant. En arrivant, j’ai repéré tout d’abord quelques arbres laissant passer un courant tellurique important.

 

 

 

Boudes_source_de_Bard_3Un peu plus haut dans le bois, des rochers m’ont semblés être le départ d’une ancienne procession, passant par la source et se rendant un peu plus loin.
Boudes_source_de_Bard_2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Boudes_source_de_Bard_8Effectivement, une sorte de tertre se dresse devant le griffon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Boudes_source_de_Bard_9En grimpant, il m’a semblé voir quelques druidesses venues m’accueillir, debout sur la pointe du rocher…

Boudes_source_de_Bard_10

 

 

 

 

 

 

 

 

Boudes_source_de_Bard__12La présence de fleurs des alchimistes a confirmé ma vision. C’est un lieu très chargé, très féminin, probablement dédié au départ à la Déesse-Mère. Il vibre d’une façon incroyable.

 

 

 

 

 

http://nimda6394.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=63046_2
http://martine.bruhat.pagesperso-orange.fr/boudepag/bard.htm

3 avril 2012

La source de la Tête-de-Lion



Pour plus de compréhension, aller lire le reportage sur la provenance géologique des sources.

Saint_Floret_la_source_de_la_T_te_de_Lion_4Sur la commune de Saint-Floret se trouve la source de la Tête-de-Lion, autrement appelée de la Tour Rambaud (nom de la tour médiévale en ruine dominant le site) ou du Casoar.

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Floret_la_source_de_la_T_te_de_Lion_3Cette source se trouve le long de la Couze Pavin, qui traverse Saint-Floret en aval. Une fois traversé le pont, le sentier monte jusqu’au griffon principal en traversant le bois.
Saint_Floret_la_source_de_la_T_te_de_Lion_2

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Floret_la_source_de_la_T_te_de_Lion_5En montant, on rencontre plusieurs sources de moindre importance, qui rendent parfois le sentier un peu boueux. L'aspect luisant de l'eau en surface n'est pas dû à des pollutions de mazout, mais à la présence d'un film d'oxydes ferriques déposé en surface par des bactéries ferroxydantes planctoniques. L'irisation est liée aux oxydes de fer. La présence de ces bactéries favorise et accélère la précipitation des hydroxydes ferriques qui donnent la couleur rouge.

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Floret_la_source_de_la_T_te_de_Lion_9L’eau sort du griffon chargée de gaz carbonique qui la rend pétillante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Floret_Agrion_elegantElle contient aussi du calcium, de l’arsenic, et surtout du sel, qui va permettre la prolifération de plantes halophiles (de halos, le sel, et philo, amour), comme le carex à épis distants ou la présence de la libellule agrion élégant.
Saint_Floret_carex

 

 

 

 

Saint_Floret_la_source_de_la_T_te_de_Lion_7La source est fortement chargée en carbonates (calcaire) qui vont se déposer un peu plus loin et former le travertin en forme d’animal fabuleux qui fait sa renommée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Floret_la_source_de_la_T_te_de_Lion_8Pour cela, l'eau suit un petit ru qui l'amène en haut de la falaise.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Floret_la_source_de_la_T_te_de_Lion_11Ce n’est pas la tête de lion qui est spectaculaire, mais la présence d’un gardien, ce qui fait que le site accueille ou repousse le visiteur suivant son degré de conscience.
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http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=63342_6
http://saintfloret.free.fr/Source.htm#Ancre2
http://www.eauvergnat.fr/source-tete-de-lion
http://www.lac-chambon-guide.com/index.php?fh=487

2 avril 2012

Le Vernet-Sainte-Marguerite



Pour plus de compréhension, aller lire le reportage sur la provenance géologique des sources.


Le_Vernet_fanum_2Situé à 4 km de Saint-Nectaire, le site du Vernet-Sainte-Marguerite fut occupé depuis longtemps par les hommes. On y retrouve des vestiges datant du néolithique, comme la table mégalithique dite « l’autel des druides » de Suc, ou les restes d’un fanum, sanctuaire rural gallo-romain sur le plateau de Rajat.

 

 

 

Le_Vernet_fanumC’était un temple carré de 4,40 mètres de côté, accompagné d’une construction rectangulaire de 4 sur 3 mètres, le tout entouré d’un péribole en pierres basaltiques (enceinte sacrée autour des temples anciens).

 

 

 

Le_Vernet_Sainte_Marguerite_2cLes objets retrouvés datent du Ier siècle avant notre ère jusqu’au IVe siècle. Plusieurs divinités y étaient adorées : une statuette en bronze d’Harpocrate et une déesse-mère avec deux nourrissons, une Vénus font partie du trésor retrouvé,

 

 

 

 

Le_Vernet_Tabletteainsi qu’une tablette en bronze avec une inscription non déchiffrée à ce jour.


 

 

 

 

 

Le_Vernet_Harpocrate_3"Harpocrate dans la mythologie égyptienne désigne Horus, fils d'Isis et d'Osiris. Ce nom n'est qu'une forme hellénisée des mots égyptiens « Har-pokhrat », qui signifient « Horus l'enfant ». Il devient, dans la mythologie grecque, le dieu du soleil levant et du silence mystique. Dans les images proprement gréco-romaines, le dieu porte sur le front une fleur de lotus.

 

 

 

 

 

 

 

Le_Vernet_Harpocrate_2aIl est généralement nu ; parfois il a des ailes derrière le dos. Un carquois rappelle ses attributions de divinité solaire identifiée avec Apollon. Par suite du rapport que sa destinée présente avec celle du Dionysos des Mystères, il a le front ceint d'une couronne de lierre ; sa main gauche tient une corne d'abondance, symbole de la fécondité de la nature."


Difficile de ne pas voir dans l’association Déesse-Mère-Vénus et Horus-Apollon le signe d’un haut-lieu.



 

 

 

 

Le_Vernet_Sainte_Marguerite_3Plus tard, au moyen-âge, Le Vernet-Sainte-Marguerite devint un fief dépendant du duché de Saint-Nectaire, ayant sa foire annuelle à partir du XVIe siècle. Au XVIIe siècle, la source Sainte-Marguerite était déjà renommée.


 

 

 

 

Saint_Maurice__s_Allier_Sainte_Marguerite_17La légende raconte qu’un cultivateur ayant trouvé une statue de la sainte en travaillant la terre, aurait creusé plus profondément et découvert la source. Il est dit qu’elle guérit beaucoup de paralytiques. La statue a disparu... Remplacée par une Vierge.
Le_Vernet_Sainte_Marguerite_5

 

 

 

 

 

 

 

Le_Vernet_Sainte_Marguerite_6En fait les eaux sortent naturellement à l’air libre. Le nom de Marguerite ne serait pas lié à la sainte, mais dériverait de deux termes celtiques, « Mar/Marg », hauteur et « Ritum/Ritos», gué, ce qui a donné « Margaritum », le gué de la hauteur.


 

 

 

 

 

 

 

Le_Vernet_Sainte_Marguerite_4Certains auteurs voient en ce lieu une ancienne station thermale à vocation religieuse et guérisseuse, où les mères conduisaient leurs enfants pour les problèmes intestinaux et digestifs.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le_Vernet_Sainte_Marguerite_8La chapelle au toit de lauzes fut construite en 1686 par le curé Croslier et fut dédiée à sainte Marguerite. Un pèlerinage y fut institué.



 

 

 

 

 

 

 

Le_Vernet_Sainte_Marguerite_7C’est une eau froide, claire, riche en gaz carbonique et peu minéralisée. Elle contient de l’hydroxyde de lithium, ou lithine, qui se présente habituellement sous la forme d'un cristal blanc hygroscopique (qui a tendance à absorber l'humidité de l'air). Il est soluble dans l'eau et est utilisé dans la synthèse de polymères.
 Le_Vernet_Sainte_Marguerite_17

 

 

 

 

 

 

Le_Vernet_Sainte_Marguerite_9L’endroit se présente comme une source guérisseuse banale. Mais en fait… elle ne l’est pas. Du tout. Elle est bien plus que ça.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le_Vernet_Sainte_Marguerite_10Il suffit de se positionner dans un endroit bien précis, d’entrer en harmonie avec le lieu, et la petite source révèle toute ses qualités.
Le_Vernet_Sainte_Marguerite_11

 

 

 

 

 

 

 



Frédéric Surmely, « Les sources minérales oubliées du Massif Central » aux éditions de la Montmarie
Jean-Robert Maréchal, "Les saints qui guérissent en auvergne",  aux éditions Ouest-France
http://jean.dif.free.fr/Chatover/Extra/Boudal.html
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/galia_0016-4119_1963_num_21_2_2389

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1 septembre 2011

Le couvent des dominicains de Bolzano



Historique



blason_dominicainL’Ordre des Prêcheurs (Ordo Prædicatorum) plus connu sous le nom d'Ordre dominicain, est né en France sous l'impulsion de Dominique de Guzmán en 1215. Il appartient à la catégorie des ordres mendiants (dominicains, franciscains, carmélites et augustiniens).

 

 

 

 

 

Bolzano_Dominicains_planSuivant la règle de saint Augustin, les dominicains n’ont pas de vocation monastique (pas de clôture), c’est la raison pour laquelle on parle de couvent et non de monastère. Les Ordres mendiants apparurent avec la croissance des villes où ils s’installèrent. Ils ont donc dû adapter leurs bâtiments aux zones urbaines.

 

 

Bolzano_Dominicains_14Le couvent des dominicains de Bolzano, premier exemple de véritable architecture gothique du Tyrol du Sud, fut construit vers 1270 (durant la même période s’installèrent aussi à Bolzano les franciscains et l’Ordre teutonique).  A cette époque, il se trouvait à l'extérieur du noyau urbain, entouré par  les rivières Talvera et Isarco. Il comprenait un vaste terrain pour la culture de plantes, perdu lors des années 30, quand la ville (et le gouvernement fasciste) décida de le transformer en un nouveau quartier.

 

 

 

 

 

 

Bolzano_Dominicains_Plan_actuelAu XIVe siècle, le couvent se développa, et devint un important centre culturel. Trois cloîtres et plusieurs chapelles furent construits.

 

 

 

 

 

 

Bolzano_Dominicains_11Le couvent fut supprimé par Joseph II en 1785 et fut gravement endommagé par les bombardements de la seconde guerre mondiale.

Bolzano_Dominicains_13

 

 

 

 

 

 

 

 

Bolzano_Dominicains_12Il fut restauré et rouvert en 1960.

 Bolzano_Dominicain_1944

 

 

 

 

 

 

 L’église


Bolzano_Dominicains_2La première église date de 1270.
Bolzano_Dominicains_plan_XIIe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bolzano_Dominicains_4Au début du XIVe siècle, elle fut reconstruite et agrandie. Elle comprenait alors une seule salle avec un plafond en bois, le chœur étant couvert de voûtes d'ogive.
Bolzano_Dominicains_Plan_XIVe

 

 

 

 

 

 

 

 

Bolzano_Dominicains_10Entre 1458 et 1468 la nef de l'église fut refaite en voûtes gothiques reposant sur des piliers octogonaux.

Le chœur fut reconstruit dans le style baroque en 1700.

 

 

 

 

 

Bolzano_Dominicains_7L'église avec la chapelle Saint-Jean et le cloître avec la chapelle Sainte-Catherine possèdent des fresques d’une rare richesse. 

Bolzano_Dominicains_8

 

 

 

 

 

 

 

 

Bolzano_Dominicains_9Ce fut l’école de Padoue et Giotto pour la première moitié du XIVe siècle, l’école de Vérone à la fin du XIVe, l’école locale dite de Bolzano (combinant les styles italiens et allemands) et Friedrich Pacher au XVe.
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La chapelle Saint-Jean

 

Bolzano_Dominicains_Chapelle_Saint_Jean_1La chapelle Saint-Jean, située à l'arrière de l'église entre le chœur et la sacristie, fut commandée par les familles de Rossi et  Botsch, banquiers florentins.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bolzano_Dominicains_Chapelle_Saint_Jean_2Elle est considérée comme "le joyau" de la peinture de Giotto dans le Tyrol du Sud. Les fresques ont été exécutées entre 1330 et 1370. Cette partie de l'église était strictement réservé aux moines.
Bolzano_Dominicains_Chapelle_Saint_Jean_3

 

 

 

 

 

 

Le cloître

 

Bolzano_Dominicains_Clo_tre_1Le cloître du couvent, le seul qui nous reste des trois fut mentionné pour la première fois en 1308. Au départ, le toit était plat, en bois, soutenu par des poutres.Les murs étaient déjà couverts de fresques.

Bolzano_Dominicains_Clo_tre_3

 

 

 

 

Bolzano_Dominicains_Clo_tre_2Il fut reconstruit en 1495 par Hans Hueber, qui lui donna des voûtes en pierre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bolzano_Dominicains_Clo_tre_10Les fresques furent recouvertes de nouvelles peintures.

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Bolzano_Dominicains_maquetteDurant la deuxième guerre mondiale, trois de ses chapelles furent détruites. Il fut restauré et rouvert au public au XXe siècle.

 

 

 

 

 

 

Bolzano_Dominicains_Clo_tre_12Les quelques vestiges de fresques ayant survécu au bombardement font preuve de la richesse du trésor perdu. Les murs restaurés sont maintenant blanchis à la chaux.
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Bolzano_Dominicains_Clo_tre_14Il reste quand même une fresque datant de la fin du XVe siècle, attribué à Friedrich Pacher qui travailla dans le cloître en 1496 : de style gothique tardif avec des influences Renaissance, elle représente un "Hortus conclusus", c'est à dire un jardin entouré de murs, plein de symboles mariaux et d’animaux symboliques comme la licorne, le phénix et le pélican.


 

 

 

La chapelle Sainte- Catherine

 

Bolzano_Dominicains_Clo_tre_4La chapelle Sainte- Catherine, construite entre 1335 et 1340, s'ouvre sur le cloître et présente elle aussi des fresques de l’école de Giotto.

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Bolzano_Dominicains_Clo_tre_6Elle sert aujourd’hui de chapelle pour les mariages.

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La salle capitulaire

 

Bolzano_Dominicains_Clo_tre_8La salle capitulaire fut quand à elle construite entre 1340 et 1345. On y voit clairement le passage du style roman au gothique.

Bolzano_Dominicains_Clo_tre_9

 

 

 

 

 

 

Bolzano_Dominicains_Clo_tre_16http://www.bolzano.net/chiesa-domenicani.htm
http://www.bolzano.net/convento-domenicani.htm
http://it.wikipedia.org/wiki/Chiesa_dei_Domenicani
Bolzano_Dominicains_Clo_tre_15

1 avril 2012

La Font de Bleix



Les_Martres_de_Veyre_Font_de_Bleix_4Au sud des Martres-de-Veyre et du Grand Saladis, plusieurs sources gazeuses sortent à mi-falaise. L’une d’entre elles, la Font de Bleix, est située près de l’ancien site de Lot où furent retrouvés les vestiges d’un habitat du néolithique moyen (entre 4 500 et 3 500 avant notre ère), un atelier de céramique et une nécropole gallo-romaine.
Les_Martres_de_Veyre_Font_de_Bleix_8

 

 

 

 

 

 

 

Les_Martres_de_Veyre_Font_de_Bleix_5La source utilise une diaclase de la petite falaise de calcaire dolomitique recouverte par la terrasse alluviale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les_Martres_de_Veyre_Font_de_Bleix_7Le tapis de mousses pétrifiées par les eaux en provenance de la terrasse alluviale est transformé en plaques de travertin.
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Les_Martres_de_Veyre_Font_de_Bleix_9Le débit est constant mais faible. L'eau est très désaltérante, reposante. L’ambiance du lieu est propice au recueillement.

Les_Martres_de_Veyre_Font_de_Bleix_6

 

 

 

 

 

 

Les_Martres_de_Veyre_Font_de_Bleix_1l’Allier, proche, chante son histoire.
Les_Martres_de_Veyre_Font_de_Bleix_2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.sites-et-patrimoines.fr/frame_patrimoine.htm

1 avril 2012

Les sources du Saladis

Pour plus de compréhension, aller lire le reportage sur la provenance géologique des sources.


Les_Martres_de_Veyre_1

C’est sur les bords de l’Allier, près des Martres-de-Veyre, que s’installèrent il y a 13 000 ans des magdaléniens. Les gaulois prirent la suite, les gallo-romains après eux. Le village portait alors le nom d’Amnoilium et produisait une céramique de grande qualité.

 

 

 

Les_Martres_de_Veyre_2Puis apparut le village médiéval de Saint-Martial, que remplaça l’actuel Martres-de-Veyre. Il nous reste de ces temps lointains les vestiges d’un dolmen route du Cendre, quelques outils en pierre et en fer, quelques bijoux et outils en bronze,

 

 

 

 

 

 

Les_Martres_de_Veyre_3des offrandes liées au culte des eaux comme cet homme en bois, des sépultures.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les_Martres_de_Veyre_Grand_Saladis_1La commune est riche en sources minérales (on en compte plus de trente sur deux kilomètres). Elles sont issues de la grande faille qu’emprunte aussi le cours de l’Allier, et ont une composition à peu près voisine. Celles qui nous intéressent sont au nombre de trois : les Saladis, la Font de Bleix et la source du Tambour.

 

 

 

 

 

 


Le Grand Saladis


Les_Martres_de_Veyre_Grand_Saladis_2L’eau du Grand Saladis fut considérée comme thérapeutique depuis très longtemps. Il se dit dans la région que la source était utilisée par les romains pour soigner leurs chevaux, qu’ils faisaient entrer entièrement dans l’eau.

 

 

 

 

 

Les_Martres_de_Veyre_Grand_Saladis_3Au XIXe siècle, le docteur Roux, alors propriétaire de la source, voulut l’exploiter. Afin d’obtenir plus de débit, il fit carrément usage d’explosifs… Cela ne fit pas accroitre le débit, mais agrandit le bassin, qui fait actuellement plus de 5 mètres de profondeur.

 

 

 

 

 

Les_Martres_de_Veyre_Grand_Saladis_7L’eau est gazeuse, radioactive, riche en fer, en sel et en carbonates. Le dépôt de carbonates forme le travertin bien visible autour de la source, et la teneur élevée en sel permet le développement d’une flore halophile (de halos, le sel, et philo, amour).

 

 

 

 

Les_Martres_de_Veyre_Grand_Saladis_6Les habitants alentours considèrent les eaux comme soignant les dermatoses (gale, gourme, pelade et eczéma) et les affections rhumatismales. Celle du Grand Saladis est réservée à la baignade, elle ne se boit pas.

 

 

 

 



Le Petit Saladis



Les_Martres_de_VeyrePetit_Saladis_1A l’égal de son grand frère, la source possède la même composition. Elle se présente sous la forme d’une résurgence canalisée, et son eau est potable.

Les_Martres_de_VeyrePetit_Saladis_2

 

 

 

 



Les_Martres_de_Veyre_Grand_Saladis_5L’endroit parait au premier abord comme thérapeutique uniquement. Mais quelque-chose dans l’air m’a soufflé à l’oreille qu’il n’en était rien. Les romains qui n'utilisaient la source que pour leurs chevaux sont passés à côté du principal. Si l’on sait se connecter, l’histoire sacrée du site apparaît. Les premiers habitants du lieu n’y soignaient pas que le corps.

 

 

 

 

http://www.mairie-lesmartresdeveyre.fr/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sources_des_Saladis
http://www.cen-auvergne.fr/IMG/pdf/Courrier_Nature_article_Sources_salees_d_Auvergne.pdf
http://www.sites-et-patrimoines.fr/frame_accueil.htm

31 mars 2012

Les sources minérales du Puy-de-Dôme

 

sources_aSur une fontaine de Bourbon-Lancy est gravée cette phrase : « In vino veritas sed in aqua sapienta », la vérité est dans le vin mais la sagesse est dans l’eau. Alors nous pourrons « vinum aqua miscere », mettre de l’eau dans notre bon vin, pour retrouver la sagesse et la vérité.

 

 

 

 

 

 

 

 

Source_sch_ma_2Il existe deux sortes de sources, celles qui sont issues des eaux de pluie et celles qui sont issues des eaux des profondeurs. Pour les premières, l’eau va s’infiltrer à quelques mètres ou centaines de mètres seulement, pour ressortir au bout de quelques années. Elles sont appelées résurgences.

 

 

 

 

 

 

 

source_4Les deuxièmes sont appelées sources thermales ou thermo-minérales. L’eau, qui reste sous terre d’environ 30 ans à quelques dizaines de milliers d’années, part en profondeur suivant les failles telluriques, au-delà parfois de 4 000 mètres. En se rapprochant du magma, elle se réchauffe et se charge en gaz (gaz carbonique, azote, hydrogène, hélium, argon, néon…), en sels minéraux (fer, sel, bicarbonate, soufre, calcium, magnésium, arsenic…), en éléments radioactifs (radon, uranium).

 

 

 

 

 

 

Les_Martres_de_Veyre_Grand_Saladis_1Puis l'eau remonte vers la surface, toujours suivant les failles, en se refroidissant petit à petit. De ce fait, les eaux thermales sont bactériologiquement pures, et dépourvues de nitrates et autres pesticides qui empoisonnent les eaux de surface. Elles gardent un débit constant, indépendant des saisons et des phénomènes climatiques. Il peut arriver que les eaux d’en bas se mélangent aux eaux de surface. C’est alors que le débit pourra subir des variations.

 

 

 

 

 

source_bLe gaz, dissout dans l’eau, va s’en séparer à l’émergence de la source, appelée griffon, provoquant des bulles. C’est le principe des bulles du Champagne.

 

 

 

 

 

 

 

 

source_3Lorsque l’eau arrive en surface, son oxygénation entraine la précipitation des substances dissoutes, ce qui entraine la couleur parfois spéciale des dépôts autour des sources, les travertins, comme à Saint-Floret.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

source_6Parfois, l’eau s’accumule dans des réservoirs, proche du magma. Le gaz carbonique n’est pas assez concentré pour faire remonter l’eau des profondeurs. Il faut alors attendre que l’eau se transforme en vapeur et que le gaz s’accumule pour atteindre la pression suffisante.

Les_Martres_de_Veyre_4C’est cette brutale détente du gaz qui peut provoquer un geyser, comme au Vernet-Sainte-Marguerite. La pression finit par se relâcher, et le geyser s’arrête.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

source_5La réglementation européenne aujourd’hui vise à éliminer les composants soi-disant nocifs des eaux minérales, c'est-à-dire qu’il faudra, dans peu de temps, filtrer l’arsenic, le fluor, le bore, le manganèse, et surtout la radioactivité. Tout ce qui fait la particularité de nos sources, et surtout, leur pouvoir thérapeutique…Il faudra, pour se soigner, passer par les médicaments chimiques. No comment, je serais désagréable.

 

 

 

 

 

 

 

source_7De toute façon, l’eau thermale n’est vraiment efficace qu’à sa sortie de terre, n’en déplaise aux embouteilleurs. Vive la bouteille en verre remplie à la sortie du griffon. Plus difficile après ça d’acheter en grande surface les bouteilles des sources rachetées les unes après les autres par deux sociétés, Nestlé et Danone (Perrier, Volvic, Badoit...)

 

 

 

 

Source_1Les hommes du néolithique connaissaient déjà les vertus curatives de ces sources. J’imagine que leurs chamanes avaient déjà compris que leur action se situait, pour quelques-unes d’entre-elles, au-delà du physique. Celles-là furent le témoin de rituels initiatiques, qui se transformèrent au cours des siècles en vénération, puis après la venue du christianisme, en dévotion… Et certaines furent oubliées. Heureusement.

 

 

 

 

 

 

Vous pourrez retrouver les reportages sur les sources suivantes dans le blog :

- Les sources de Bard à Boudes

- La source de la tête de lion à Saint-Floret

- La source Sainte-Marguerite à Vernet-Sainte-Marguerite

- La source de Coudes

- Les sources de Saint-Maurice-ès-Allier

- Le Saladis et la font de Bleix des Martre-de-Veyre

 

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5 octobre 2011

La Vierge noire de Mailhat



Mailhat_Notre_Dame_4Autrefois, l’église possédait deux vierges en majesté, Notre-Dame de Mailhat et Notre-Dame des Varennes, du XIIIe siècle, volée en 1974.



 

 

 

 

 

 

 

Mailhat_Notre_Dame_1La statue de Notre-Dame de Mailhat fait partie des vierges noires. En bois marouflé, polychrome, elle date du XIIe siècle. Les moines, au XIVe siècle, la posaient dans la chapelle funéraire dédiée à la Vierge. Elle fut restaurée en 1994, et fait l'objet d'une procession dans le village chaque 15 août.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mailhat_Notre_Dame_3Afin de la préserver, la statue originale, gardée dans un lieu secret, fut copiée. C’est cette copie, bénie en 2004 par le  Père Ayel, responsable de la Commission de l'Art Sacré et représentant l'archevêque de Clermont, qui est présentée dans l’église.

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5 octobre 2011

Mailhat, l’intérieur



68884025bL’église mesure 29 mètres de longueur. Elle possède une nef unique, voûtée en berceau brisé, un chœur à plan tréflé, un narthex. Elle subit quelques aménagements au XIVe siècle : l'abside, de forme polygonale, caractérisée par trois chapelles-niches incorporées dans l'épaisseur du mur, fut surélevée de plusieurs mètres pour recevoir une pièce fortifiée.



 

 

 

 

 

 

 

Mailhat_30La nef comporte trois travées soutenues par des doubleaux reposant sur des colonnes engagées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mailhat_33Sur la gauche, on peut voir des fonts baptismaux rustiques, accompagnés d’une petite cuve, servant pour les offrandes de sel.



 

 

 

 

 

 

 

Mailhat_42La première travée possède des colonnes trapues, aux chapiteaux ornés de feuillages, délimitant le narthex. Une tribune, construite ultérieurement, repose sur leurs tailloirs.
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Mailhat_chapiteaux_2Les chapiteaux des colonnes supérieures représentent des têtes sortant de feuillages : représentation du côté lunaire et solaire. Les personnages sont tournés vers les solstices d’hiver et d’été.
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Mailhat_37La deuxième travée possède deux chapelles qui ont été ouvertes postérieurement : celle du nord au XIVe siècle dédiée à la Vierge, servait de sépulture pour les moines. Celle du sud, plus tardive, où étaient inhumés les défunts de la famille noble de Mailhat.


 

 

 

 

Mailhat_35Le portail sud est situé sur la troisième travée. Un large escalier fut aménagé afin de permettre l’accès au dallage de l’église, plus bas que le niveau actuel du sol.


 

 

 

 

 

 

 

Mailhat_32L’avant-chœur ou transept est surmonté d’une coupole elliptique sur trompes, qui supporte le clocher. Contre le mur nord, un escalier conduit à un autre escalier à vis logé en partie dans l’épaisseur du mur, qui donne accès au clocher. Cet aménagement date de 1902 et remplace la petite tour détruite.

 

 

 

 

 

Mailhat_43Le chœur est la partie la plus intéressante de l’église. Les pans coupés de l’abside renferment un sanctuaire tréflé sur plan circulaire avec 3 vastes niches absidiales sous arc brisé reposant sur 3 colonnes. Elles sont logées dans l’épaisseur du mur, construction qui devait présenter de notables difficultés.



 

 

 

 

Les chapiteaux



Mailhat_chapiteaux_8L’église de Mailhat fait partie des églises enseignantes. Il n’est alors pas étonnant d’y retrouver la chouette, symbole de sagesse, l’oiseau lunaire par excellence. Cette chouette, les pattes bien posées sur le sol, la matière, porte à son bec une tortue.


 

 

 

 

Mailhat_chapiteaux_10La tortue, de part son grand âge et sa sagesse, est un animal possesseur de connaissance. Elle enterre ses petits (pensées) dans le sable afin que le soleil les fasse naitre. En Chine, elle fait partie des 4 animaux célestes avec le dragon, le tigre et le phénix. Elle fait aussi partie des  symboles lunaires, puisque liée à l’eau, et telluriques, puisque liée à la terre. Dans ce cas, elle représente la grande déesse. Elle peut être attachée au retour à l’état primordial, à l’androgynat, représentant le mâle et la femelle en même temps. Elle est aussi le symbole de l’immortalité et de la fertilité, de la divination, située au commencement de l’œuvre de spiritualisation. Les alchimistes la considéraient comme un résumé du grand œuvre. Mais elle est aussi la représentation de l’univers, du dôme céleste porté par les quatre piliers que sont ses pattes. Elle est dans ce sens cosmophore, porteuse du monde.

La tortue sort-elle du bec de la chouette, ou entre-t-elle en elle ?


 

Mailhat_chapiteaux_9Nous retrouvons deux phénix, animaux solaires symbole d’immortalité, de résurrection et de transformation, buvant à une coupe. Transforment-ils le contenu de la coupe en breuvage d’immortalité ? Ou la coupe, le Graal, symbole de la renaissance cyclique, permet-il aux deux oiseaux de renaitre de leurs cendres ?


 

 

 

 

Mailhat_chapiteaux_12Là des aigles, représentation tétramorphique de saint Jean (la voie ésotérique). Les aigles se trouvent souvent comme gardien de l’entrée de la partie haute du sanctuaire. Ils montrent le chemin, eux qui peuvent regarder le soleil.


 

 

 

 

Mailhat_chapiteaux_13Nous arrivons au chœur du sanctuaire. Sur la droite, en face de la chouette, le pilier des commodités. En effet, deux hommes sont représentés en train de déféquer. C’est une chose fort peu commune dans un sanctuaire chrétien, n’est-il pas ? Regardons bien. Sur la gauche, un chapiteau de feuillages laisse échapper des fruits. Nous approchons de l’épanouissement.

 

 

 

 

Mailhat_chapiteaux_14aLe premier homme en fait commence à se débarrasser de sa matière lourde. Puis vient l’indication de la présence de l’eau, celle qui transforme. Le deuxième homme a l’air plus serein, il est bien sur la voie. Le dernier chapiteau montre un homme ailé et non pas un ange. C’est celui qui a su se débarrasser de sa lourdeur, qui peut maintenant grâce à ses ailes aller vers le cosmique. Il a fait son retournement : ses pieds et ses mains sont tournés vers le ciel.

 

 

 

 

Mailhat_chapiteaux_17Sur la gauche du chœur, la représentation d’une sirène bifide. Ses cheveux sont tournés vers le sol, elle porte une ceinture. Le chapiteau suivant montre les fruits sortant des feuillages, mais ils sont ceinturés par la même corde que nous avons trouvée à l’entrée sud : c’est l’appartenance à l’ordre.

 

 

 

 

 

Mailhat_chapiteaux_19En face, une autre sirène, totalement solaire cette fois, les cheveux rayonnants. Elle est accompagnée de tiges portant des fruits ressemblant étrangement à des vulves. Nous y sommes, c’est la renaissance.

7 mars 2012

La roche des fées de Meaux-la-Montagne

 

Meaux_1aVoici un lieu qui aura marqué mon enfance. Originaire de Grandris où mes grands-parents habitaient une petite maison sur la place de la mairie, j'ai passé beaucoup de temps à courir dans les bois, à ramasser des cageots entiers de roses des prés et de chanterelles,

 

 

 

meaux_2aà me tacher les doigts avec des mûres et autres myrtilles, à remplir la gandole de gros escargots de Bourgogne, à pêcher des écrevisses et à attraper des grenouilles dans l'Azergues,

 

 

 

meaux_3aà tailler des branches de noisetier pour en sortir des flèches d'indien que je lestais de fil de fer, à faire exprès de passer en vélo le plus vite possible dans les flaques bordant la route qui menait au calvaire.

 

 

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Hélas, cette époque est bel et bien révolue.

 

 

 

Meaux_la_Montagne_La_roche_des_f_es_8J'ai quand même retrouvé la roche des fées. Cet endroit était empli de mystère. Après avoir bu un canon chez monsieur Salut, propriétaire du café de Meaux (dont l'éthymologie se rapporterait à la tribu celte des  Meldes), nous y entrions respectueusement, avant de grimper partout sur les rochers, passé le moment de recueillement.

 

 

 

 

 

 

 

Meaux_la_Montagne_La_roche_des_f_es_1Une légende raconte que Meaux fut autrefois protégé par les fées, qui se retrouvaient au point culminant dominant le hameau, à 860 m de hauteur. Est-ce que la Madone les a remplacées ?

 

 

 

 

 

Meaux_la_Montagne_La_roche_des_f_es_5Je ne pense pas. Elles ont bien là, prêtes à murmurer aux oreilles des enfants, ou de ceux qui ont su garder en eux cette part d'enfance qui nous fait tellement défaut arrivés à l'âge adulte. Maman me racontait que les fées avaient laissé sur la pierre la trace de leurs pieds... Je la crois encore.

 

 

 

 

 

Meaux_la_Montagne_La_roche_des_f_es_2Et les bois alentours, dont les jeunes pousses de sapin sont destinées à orner nos maisons en période de Noël, participent à la magie de Meaux.

 

 

 

 

 

 

Meaux_la_Montagne_La_roche_des_f_es_7Cette photo ne fut pas prise consciemment, j'ai appuyé par mégarde sur le bouton. Finalement, je trouve que cela ferait une belle peinture contemporaine...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Meaux_la_Montagne_La_roche_des_f_es_12A bientôt donc petites fées, que tous les humains puissent un jour vous remercier pour tant de beauté.

 

 

 

 

 

 

 

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5 octobre 2011

Mailhat, historique



Mailhat_portailLe village de Mailhat, au pied des monts du Livradois, renferme en son sein un lieu particulier, ce n’est pas une illusion. Nos ancêtres gaulois ne s’y trompèrent pas, qui construisirent ici, à Maxliacum, le premier temple. Les gallo-romains le reprirent. Il nous en reste des colonnes de marbre bleu, deux encadrant le porche de l’église actuelle, quatre dans le chœur.

 

 

 

 

Mailhat_2L’église primitive de Mailhat, dédiée à saint Jean-Baptiste, est déjà mentionnée dans le cartulaire de Brioude datant de février 857. Au XIe siècle, vers 1070, la charte du cartulaire de Sauxillanges mentionne une donation à l’abbaye, faite par le seigneur Robert de Banciac ou de Bansat et par Pierre Bejetiz, copropriétaires de la terre et de l’église. Les moines clunisiens de Sauxillanges y fondèrent un prieuré-cure bénédictin et rebâtirent l’église à la fin du XIIe siècle en style roman du Velay, influencé par l’école languedocienne.

 

 

 

 

 

Mailhat_31La dédicace à Notre-Dame date du XIVe siècle, lorsque les moines construisirent la chapelle nord qui devait servir à leurs sépultures. Jean-Baptiste devint le second patron de l'église. La fête patronale passa du 29 août (décollation de saint Jean Baptiste) au 15 août (assomption de la Vierge Marie).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mailhat_25Dans les années 1575-1577, les huguenots d'Issoire, attirés par les richesses présumées du prieuré de Mailhat, vinrent le piller et livrèrent un combat contre les moines, soutenus par les soldats des seigneurs locaux. L’église resta paroissiale jusqu’en 1782, Lamontgie prenant sa suite.

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Mailhat_32Au XIXe siècle, Mailhat perdit toute importance et son église fut laissée à l’abandon. Depuis, l’association des amis de l'église de Mailhat créée en octobre 1991, qui a pour but la promotion historique, culturelle et spirituelle de l'église, fait un boulot formidable.


 

 

 

 

http://www.mailhat.fr/
http://www.sitesclunisiens.org/article.php?sid=142
http://www.terres-romanes-auvergne.com/mailhat-lamontgie.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mailhat
http://www.fondation-patrimoine.org/fr/auvergne-3/tous-les-projets-206/detail-eglise-notre-dame-de-mailhat-a-lamontgie-3399

7 mars 2012

Le musée des Beaux-arts au palais Saint-Pierre de Lyon II

 


Mésopotamie


Palais_Saint_Pierre_mus_e_20Cachets mésopotamiens, entre le début du IIe millénaire avant notre ère et le Ve siècle avant notre ère. Ce sont souvent des scènes de dévotion, des griffons affrontés surmontés du disque solaire, d’étoiles, de déesses comme Ishtar et de démons mâles et femelles ailés.

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Palais_Saint_Pierre_mus_e_21Le porteur d’outre date du début du Ve siècle avant notre ère. Il vient de Persépolis, du palais de Darius Ier (521-486) ou de Xerxès Ier (485-465). Ce personnage, porteur d'une outre emplie de bière ou de vin, participait jadis à une procession de serviteurs sculptée sur les murs de l'escalier monumental. Il est coiffé du bonnet de feutre traditionnel (bachlyk).

 

 

 

 

 

 

 

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Une tablette gravée de la fameuse écriture cunéiforme.

 

 

 

 

 


Chypre et Grèce


Nous passons à Chype, avec des vases en céramique et des figurines en terre cuite datant de l’âge du bronze (1850-1750 avant notre ère)  à l’époque archaïque (950-600 avant notre ère).

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Rhytons (vase en terre cuite ou en métal qui se représente sous la forme d'une corne, comportant une ouverture de fond par laquelle le liquide s'écoule et dont l'extrémité se termine par une tête animale ou humaine. Il était utilisé pour boire mais aussi pour certaines cérémonies et rituels religieux comme lors des libations) en forme de taureau, 1400-1250 avant notre ère.

 

Palais_Saint_Pierre_mus_e_24Cruche-tonneau et coupes, 850 avant notre ère.

 

 

 

 

 

 


Palais_Saint_Pierre_mus_e_25Statuette masculine portant un pot.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_mus_e_26Gourdes, 1850 avant notre ère.

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_mus_e_28Voici des stèles puniques, datant du IIIe siècle avant notre ère. L’une d’elles présente un décor de poisson et signe de Tanit

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Palais_Saint_Pierre_mus_e_29Palmyre, IIe et IIIe siècles : des bas-reliefs présentant Némésis, Allat et le dédicant, puis les dieux Bêl, Ba’alsâmin, Yarhibôl et Aglibôl.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Grèce


Palais_Saint_Pierre_mus_e_49L’art grec, avec  une hydrie (vase fermé muni de trois anses, deux latérales permettant son transport, et une à l'arrière permettant de verser, utilisée pour recueillir et transporter l'eau) représentant Héraklès et Cerbère, Athènes vers 530 avant notre ère.

 

 

 

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_mus_e_50Amphore représentant le départ d’un cortège en présence d’Apollon et d’Hermès, IVe siècle avant notre ère.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_mus_e_51Stamnos (vase grec destiné à mélanger le vin. Il a un col court, une panse haute et des anses horizontales sur le côté), 425 avant notre ère.

 

 

 

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_mus_e_52Les terres cuites grecques, avec la représentation d’une sirène.

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Palais_Saint_Pierre_mus_e_54Lécythes (vases à parfum funéraires) à décor de palmette, et le départ d’Artémis accompagnée d’Apollon, 500 avant notre ère.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Lécythe représentant une déesse portant une phiale (coupe rituelle servant aux libations) et un sceptre devant un autel, 470 avant notre ère.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_mus_e_56Mercure, bronzes datant des IIe et IIIe siècles.

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_mus_e_57Venus, bronzes des IIe et IIIe siècles.

 

 

 

 


Art gallo-romain



Palais_Saint_Pierre_mus_e_59L’art romain est peu représenté (le plus intéressant se trouve au musée gallo-romain. Urne funéraire, cruche et patère en albâtre du Ier siècle, trouvés à Montpellier.

 

 

 

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_mus_e_59_aL’art celtique nous présente ce magnifique sanglier.

19 septembre 2011

le sanctuaire néolithique des Gorges de l'Auzon



Chanonat_Chaos_de_Flore_0Comme les villages voisins de la commune de Saint-Genès-Champanelle, Chanonat (Canonacus ou Cannonagus en latin) possède une histoire très ancienne. La petite rivière qui traverse le village, l'Auzon, a vu bien des hommes la traverser.

 

 

 

 

 

Chanonat_Chaos_de_Flore_1Certainement dès le paléolithique, avant la civilisation qui grava les galets de Glozel,  avant la venue des Arvernes, dont le nom signifierait « ceux qui sont supérieurs ». L'endroit devait être plus qu'intéressant puisqu'il était traversé par une ancienne voie gallo-romaine permettant de rejoindre Clermont à  Saint-Nectaire via Chanonat et la montagne de la Serre, puisqu’au  Au moyen-âge de nombreux châteaux s'y élevèrent, puisque les Templiers y installèrent une commanderie. Chanonat fût aussi une étape sur le chemin de  Saint-Jacques de Compostelle.

 

 

Chanonat_MilanLa montagne de Serre est à 2 km, site d'observation de la LPO (ligue pour la protection des oiseaux), est un point de repère pour les oiseaux migrateurs. Ce sont 250 000 à 400 000 oiseaux qui survolent annuellement le site. Les ornithologues ont recensé plus de 175 espèces. Parmi les plus assidus, le milan.

 

 

 

 

 

 

 

Chanonat_Chaos_de_Flore_2L'endroit qui nous intéresse fut utilisé depuis bien longtemps. Il s'agit du chaos de Flore, un chaos granitique posé au milieu des bois, sur une colline. Avant d'y arriver, il faut passer un vieux pont de pierre.

 

 

 

 

 

 

 

 

Chanonat_Chaos_de_Flore_3Puis se présenter au gardien.
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Chanonat_Chaos_de_Flore_7C'est un vénérable qui propose, dans le trou de son tronc, de faire une offrande avant de pénétrer dans l’enceinte sacrée. 

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Chanonat_Chaos_de_Flore_9Ce chaos granitique fut aménagé à des fins cultuelles et thérapeutiques. Un dolmen en ouvre l’entrée physique.
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Chanonat_Chaos_de_Flore_12Plus loin, les pierres sont disposées en arc de cercle. Près du gros rocher, un endroit d’où l’on peut ressentir les énergies du lieu, si elles sont activées correctement.
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Chanonat_Chaos_de_Flore_17La pierre principale parait gravée d’une main gigantesque. A son sommet, un siège. Difficile d’accès, mais impressionnant.
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Chanonat_Chaos_de_Flore_14Un passage… A vous de trouver vers quoi ou qui il mène.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chanonat_Chaos_de_Flore_15Plusieurs lignes énergétiques se croisent ici, ce que nous montrent les arbres qui s’en éloignent parfois.

 

 

 

 

 

 

Chanonat_Chaos_de_Flore_11Il semblerait, d’après ce que j’ai pu voir et ressentir, qu’un clan de l’ours soit passé dans le coin.

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10 mars 2012

L’abbaye Saint-Pierre de Lyon


Palais_Saint_Pierre_1En 1829, dans "l'Histoire de Lyon, depuis sa fondation jusqu'à nos jours", Pierre Clerjon parle d'un premier oratoire, une petite recluserie, construite à l'emplacement de l’actuel palais Saint-Pierre à la fin du IIIe siècle. Il fut bâti par un certain Albert ou Aldebert, gouverneur de Lugdunum sous le règne de Septime Sévère, nouvellement converti au christianisme.

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_16Il y consacra à Dieu ses deux filles, Radegonde et Aldegonde, qui fondèrent le premier monastère, le « Monasterium sancti Petri puellarum ». Il fut détruit au Ve siècle lors des invasions barbares, puis reconstruit au VIe sous l'impulsion de Godegisel, roi Burgonde. La règle bénédictine fut adoptée au VIIe siècle, et saint Ennemond donna l'impulsion à l'abbaye en lui prodiguant des largesses.


 

 

 

 

 

 

saint_ennemond_2Ennemond est né à Lyon aux environs de l'an 620, dans une famille gallo-romaine, sous le règne de Clovis II. Son père était préfet des Gaules. Il devint évêque de Lyon en 645. Il évangélisa la région de Saint-Chamond dont l'église renferme encore une de ses reliques. Victime d'un complot en 657 à Châlon, son corps fut ramené à Lyon dans l'église Saint-Nizier.  Il a donné son nom par dérivation linguistique à Saint-Chamond dans la Loire. On raconte que c'est Ennemond qui, le premier, imagina d'appeler les fidèles à l'office en faisant sonner les cloches des églises. De même, au moment où sa dépouille fut ramenée à Lyon, toutes les églises se seraient mises à sonner sur son passage.

 




Palais_Saint_Pierre_5Quelques textes retrouvés nous parlent d'une première restauration faite par l'évêque Leidrade vers l'an 800 après les invasions sarrasines. De l’église carolingienne nous reste certaines parties du parement extérieur du mur nord de la nef.

 

 

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_8A cette époque, l’abbaye prit le nom de Saint-Pierre-les-Nonnains et devint le plus riche établissement religieux de la ville, relevant directement du Vatican. Une autre restauration complète fut faite en 1173 à l'initiative de l'abbesse Rolinde.

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_de_Lyon_plan_4L’église romane Saint-Pierre, conventuelle, date de cette époque. L’église Saint-Saturnin, paroissiale, fut construite juste à côté d'elle : ses revenus seront perçus par les moniales.


 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_17Quelques parties romanes de l’église Saint-Pierre nous sont parvenues : le clocher-porche et les murs nord et sud de la nef.
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Palais_Saint_Pierre_18La voûte du porche en plein cintre est entourée de deux archivoltes reposant sur deux colonnes à chapiteaux et sur deux pilastres carrés. Voûte et archivoltes sont formées de pierres claires et sombres alternées.

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_20Les chapiteaux externes présentent des fleurs à cinq pétales, les chapiteaux des colonnes internes s’ornent de têtes humaines et animales : des lions, solaires, et des figures rondes, lunaires. Peut-être aussi des rongeurs, pattes posées sur une bordure.
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Palais_Saint_Pierre_6La grande niche, qui semble avoir servi d'entrée à la tribune au XVIIe siècle correspond à l'une des fenêtres qui éclairaient autrefois la nef.

 

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_11Les deux chapelles situées de part et d'autre de l'entrée du chœur forment les bras du transept. L'une était dédiée à sainte Marguerite, l'autre à saint Benoit, fondateur de l'ordre auquel appartiennent les religieuses.
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Palais_Saint_Pierre_14Celle là servit d'oratoire à l'abbesse, et sur l'autel, chaque matin, étaient exposées les reliques de saint Ennemond. Les autres chapelles seront ajoutées ultérieurement et transformées au XIXe siècle en bas-côtés.

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Palais_Saint_Pierre_de_Lyon_planbSur le plan scénographique de Lyon de 1550, on remarque dans le cloitre un puits et un arbre. Ces deux symboles, comme nous le verrons à Saint-Jean, sont issus des anciennes pratiques druidiques, et se rapportent aux énergies telluriques et cosmiques.


 

 

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_10C'est au XVIIe siècle qu’Anne de Chaulnes décida la reconstruction de l’abbaye. Elle fit appel à François Royers de la Valfrenière pour mener à bien ce projet. L'édifice se présentait comme un imposant palais de style romain, s'étirant sur tout un long côté de la place des Terreaux.


 

 

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_de_Lyon_plan_10A partir de ce moment, l'église étant devenue paroissiale, les religieuses assistèrent à l'office depuis une vaste tribune recouvrant une grande partie de la nef. En 1679 fut construit le grand escalier du nouveau couvent, directement relié à la tribune par un passage qui fut retrouvé et restauré en 1997.
En 1744, l'architecte Antoine Derégando transféra la tribune à l'autre extrémité de l'église, dans le chœur qu'il agrandit de 3 travées vers l'est. Il refit la voûte, construisit un nouveau clocher, élargit les fenêtres et vint plaquer sur les anciens murs le décor d'arcs et de pilastres.


 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_de_Lyon_plan_7Pendant la révolution, Saint-Saturnin fut détruite et Saint-Pierre devint fabrique de salpêtre avant d'être rendue au culte en 1803. Des travaux exécutés en 1822 supprimèrent la tribune et créèrent l'actuel décor du chœur. En 1907, au moment de la séparation de l'église et de l'état, Saint-Pierre fut désaffectée.

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_de_Lyon_plan_5La ville de Lyon l'attribua au musée des Beaux-arts, et le 10 juin 1934, Edouard Herriot inaugura la première présentation de la collection de sculptures.



 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_de_Lyon_plan_8Il est de notoriété publique à Lyon que l’abbaye eut une période sentant le soufre. Elle recevait les filles issues de la haute noblesse : pour être admises, elles devaient fournir la preuve d'au moins quatre générations de noblesse paternelle. Dotée richement en terres et autres revenus, l’abbaye, à partir du XVIe siècle vit ses mœurs changer. La discipline se relâcha, les moniales vivaient souvent dans des maisons privées alentours, où elles menaient grand train.

 

 

 

 

 

 

Palais_Saint_Pierre_de_Lyon_LouisLors d’une visite royale à Lyon en 1503, Louis XII et la reine Anne de Bretagne reçurent des plaintes de Monseigneur d’Amboise, archevêque de Lyon. Les moniales (particulièrement Françoise d’Albon et Alice de Theizé) accusées de débauche, furent alors sommées de reprendre une vie de clôture dans l’abbaye et de respecter la règle de Saint Benoît. Refusant cette réforme, les moniales, soutenues par leurs puissantes familles, se rebellèrent et firent appel au pape pour défendre leurs droits.

 

 

 

 

 

 

chien_noir_Malgré cela, en 1516 fut décidé de les expulser de l’abbaye, ce dont se chargea l’archevêque François II de Rohan. De nouvelles filles arrivèrent, certes moins nobles, mais plus obéissantes. C’est alors que survint un épisode mal connu : l’abbaye fut le théatre de phénomènes inquiétants, poltergeists et autres possessions. Il se disait que le fantôme d’Alice de Theizé, qui était morte d'une maladie honteuse, était revenu pour se venger, et que le diable l’accompagnait sous la forme d’un chien noir aux yeux verts. Un exorcisme fut pratiqué en 1527 par l’aumônier du roi, Adrien de Montalembert, sur la religieuse Antoinette de Grôlée. Mais Alice, affublée du titre de "fille charmante, mais peu canonique", continua ses apparitions jusqu’aux guerres de religion, lorsque les protestants du baron des Adrets vinrent détruire les bâtiments en 1562.

 

 

 

 

 

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A Clocher-porche
B Chapelles
C Tribune
D Passage du grand escalier à la tribune
E Chœur
F Clocher

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http://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_des_beaux-arts_de_Lyon
http://www.mba-lyon.fr/mba/
http://www.france-secret.com/lyon_art5.htm


23 janvier 2012

Le musée gallo-romain de Lyon



Les cordonniers sont les plus mal chaussés ? Il me restait quand même le fleuron de notre patrimoine lyonnais à vous faire découvrir, à savoir le musée gallo-romain. Installé dans des bâtiments jouxtant l'amphithéâtre et l'odéon, sur la colline de Fourvière, il possède de nombreux trésors.

Lyon_mus_e_2De ses grandes baies vitrées, nous découvrons le site de Lugdunum, la ville romaine qui a supplanté Condate.
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Lyon_mus_e_plan_1Nos ancêtres les gaulois ne s'y étaient pas trompés, eux qui avaient déjà choisi le confluent comme lieu d'habitation, Fourvière et la Croix-Rousse comme sites sacrés. La colline de Lug servait de lieu de réunion pour les banquets organisés dans les grands sanctuaires fédéraux.

 

 

 

 

Lyon_mus_e_9Mais bien avant eux, c'est du côté de Vaise (actuellement le IXe arrondissement), que les ancêtres des gaulois, les hommes du néolithique, avaient élu domicile. Lyon fut de tout temps un site exceptionnel, à nous d'aller le découvrir avec la visite de ce musée. Je vous présente quelques-uns des moments forts. Je privilégie ce qui a trait, de près ou de loin, au sacré.

 

 

 

 

Lyon_mus_e_7Nous commençons par une œuvre du IIIe siècle, une cuve en pierre d'un sarcophage monumental d'époque romaine, dit du triomphe de Bacchus, découvert vers 1800 sur la colline de Saint-Just, lors des travaux de reconstruction de l'église Saint-Irénée.  Il est en marbre de Carrare. La face du sarcophage représente un épisode de la mythologie bacchiaque, « le triomphe de Bacchus » aux Indes, exploit qu’il réalisa dans sa jeunesse. A gauche, Bacchus sur un char trainé par deux panthères. Ariane l'accompagne. A droite, Hercule est soutenu par un satyre.

Lyon_mus_e_6Sur une paroi latérale, Pan tient un lagobolon et une flûte tandis qu'une bacchante joue du tambourin. Au pieds de Pan se trouve une ciste qui laisse échapper un serpent.

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme toutes les villes romaines, Lugdunum était placée sous la protection de divinités : le génie de la colonie et sa Tutella. Ils sont ici représentés sur un vase en terre cuite décoré de médaillons, datant du IIe siècle.

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Selon le rite romain, le prêtre qui sacrifie doit se couvrir la tête avec sa toge. Il tient à la main l'encens et va en déposer quelques grains sur le foyer de l'autel.

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_11La fontaine de Claude, ornée d'une tête de cyclope, fut dédiée à Jupiter au Ier siècle. Taillée dans un calcaire tendre de la vallée du Rhône, elle fut découverte en 1967 au débouché du tunnel de Fourvière.

 

 

 

 

 

 

 

 

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L’arrière de cette chapelle votive est orné de l’image du dieu Sol. Ou peut-être à un dieu guérisseur lié à la fontaine de Claude.

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_12La Table claudienne reproduit dans le bronze un discours que l’empereur Claude, né à Lyon, prononça en l’an 48 devant le Sénat de Rome. Les notables des Trois Gaules réclamant des droits égaux à ceux des citoyens romains, Claude intervint en leur faveur devant l’aristocratie romaine jalouse de ses privilèges. La Table fut découverte en 1528, sur les pentes de la colline de la Croix-Rousse.

 

 

 

 

Lyon_mus_e_13Le mausolée des Acceptii (IIIe siècle) fut érigé rive gauche du Rhône, le long de l’ancienne voie d’Italie où se trouvait l’une des nécropoles de Lugdunum. Il comportait un socle (podium) constituant la chambre funéraire supportant une colonnade à fronton. Le sarcophage dionysiaque et une épitaphe en proviennent.

 

 

 

 

Lyon_mus_e_14Les scènes figurées sont ordonnées autour de quatre masques. De chaque côté, deux mufles de lions en saillie et deux masques de gorgones ailées, vraisemblablement pour protéger le tombeau.  Il représente les noces de Dionysios (Bacchus) et d’Ariane. Hercule et un Silène assistent à la cérémonie qui symbolise la félicité qui attend les initiés.

 

 

 

 

Lyon_mus_e_15Le calendrier de Coligny est une grande table de bronze du IIe siècle, trouvée à Coligny (Ain) dont les inscriptions constituent un calendrier en langue gauloise. C'est un document capital pour la connaissance de l’Antiquité celtique, qui nous renseigne sur la conception que les Celtes avaient du temps et sur leurs connaissances en astronomie. C'est aussi un document linguistique qui contribue à la connaissance du vocabulaire de la langue gauloise.

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_16L'objet se présente sous la forme d’une table aux dimensions de 1,50 m sur 0,90 m, les fragments assemblés couvrant les deux tiers de la surface totale. Les lettres et chiffres sont gravés en caractères romains, mais la langue est gauloise. C’est un calendrier luni-solaire qui présente 5 années de 12 mois de 29 ou 30 jours. La journée gauloise se compose d’une nuit suivie d’un jour, cette durée se nomme « latis ». Le changement de date intervient au coucher du soleil. Les mois sont divisés en deux quinzaines et à chaque jour correspond un trou, où l’on place une goupille pour indiquer la date. L’ajout de deux mois supplémentaires est nécessaire pour le faire coïncider avec le calendrier solaire, à la fin d’une période de 30 ans, période qui correspond à un « siècle » celtique. La fête de Samain située approximativement le 1er novembre marque le début de l’année liturgique celtique. La répugnance des druides à consigner leur savoir par écrit indique un contexte gallo-romain, et l’on retient la fin du IIe siècle pour la date de fabrication du calendrier. Sa complexité dénote de bonnes connaissances astronomiques, ainsi qu’une lente élaboration.

 

Lyon_mus_e_17Le dieu de Coligny est associé au calendrier de bronze dont les fragments étaient mélangés à ceux de la statue. Il représente la victoire annuelle des forces de la vie sur celles de la mort.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_18Maquette de la colline de Fourvière et son temple capitolin : abritant la triade religieuse essentielle de la religion romaine traditionnelle, le temple capitolin est en théorie un des éléments essentiels de toute fondation urbaine.

 

 

 

Lyon_mus_e_19Au début de notre ère, les écrits de Vitruve sur l’urbanisme, se référant à une vieille tradition, celle de la science des haruspices, conseillent de placer les sanctuaires de Jupiter, Junon et Minerve au lieu le plus élevé, d’où l’on peut découvrir le plus de murailles. Cette recommandation est respectée à Lugdunum : le temple est à l'emplacement de l'actuelle basilique de Fourvière.

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_20La vue en coupe montre la disposition du temple et de ses portiques. Au sous-sol, les galeries souterraines sont éclairées par des soupiraux.  Après son abandon au IVe siècle, le temple servit de carrière de pierre. En 1168, une chapelle fut construite par Olivier de Chavannes, chanoine de Saint-Jean, sur les ruines du forum romain. La petite chapelle fut dédiée tout d'abord à saint Thomas puis à la Vierge.

 

 

Lyon_mus_e_21Sucellos, latinisé en Sucellus, est une divinité de la mythologie celtique gauloise. Le nom du dieu proviendrait signifierait « bon frappeur » ou « tape dur ». Le théonyme est composé du préfixe su- qui signifie « bon, bien » et de cellos qui désigne le marteau (ou frappeur).

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Lyon_mus_e_22"Sucellus, dieu au maillet et au chaudron, protecteur de la fécondité, il fait jaillir les sources sylvestres en frappant le sol de sa masse. Il a été assimilé à Sylvain ou à Vulcain. On le représente sous la forme d'un vieillard ou d'un homme d'âge mûr, vêtu à la gauloise d'une tunique à capuche, de braies et de bottes, et portant un maillet et parfois un chaudron, souvent accompagné d'un chien. Il est souvent accompagné de la déesse Nantosvelta. Contrairement aux autres dieux gaulois, qui ont leur équivalent en Irlande et au pays de Galles, on ne le trouve qu'en Gaule. "


Lyon_mus_e_23Il est assimilé au Dagda celte, le dieu-druide par excellence (et par conséquent le dieu des druides) qui a en charge le sacré, la science, les contrats. Il règne sur le temps, l'éternité et sur les éléments, ainsi que sur le Sidh (l'Autre Monde celtique). C’est le dieu de la transfiguration (son maillet tue d'un côté, et ressuscite de l'autre) qui marque le passage de la vie purement terrestre à la vie spirituelle.

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_24Sucellos est une divinité champêtre, un dieu pastoral, protecteur des récoltes et des troupeaux. Sucellos est un dieu "dispensateur d'aliments". Il est le détenteur de la prospérité, symbolisée par cet autre attribut qu’est le chaudron, dans sa main droite. C’est un dieu de la nature nourricière, des forêts et des plantations. Sucellos est aussi considéré comme le dieu de la bière. Sa parèdre est Nantosuelte, qui est une représentation de la fécondité.

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_26On peut supposer que le trifrons ou tricéphale, d’origine celtique, représente trois états différents de l’être, comme le sommeil, le rêve et la veille, ou comme le passage à travers les trois mondes de la cosmologie celtique (ciel, air et terre). La triplicité peut aussi représenter le passé, le présent et l’avenir.

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_27Les Matrones ou Matres (mères  en latin) sont des divinités de la fertilité et de la fécondité, objet d'un culte chez les Celtes romanisés et les Germains au contact de l'Empire romain. Il est attesté par l'existence de plus d'un millier de pierres votives ou d'autels qui leur sont dédiés, datant du Ier au Ve siècles, et situés sur le Rhin inférieur, en Gaule, dans le nord de l'Italie et en Angleterre.
Les matrones peuvent être représentées seules, par deux ou, le plus souvent, par trois. Il est alors possible d'y voir une représentation de la fille, de la mère et de la grand-mère (qui se distinguent non seulement par leur apparence physique mais aussi par le fait que les vierges portent les cheveux dénoués). Les matrones portent des cornes d'abondance, des corbeilles de fruits ou de céréales. Elles tiennent ou allaitent parfois un enfant.

 

 

 

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Elles sont donc non seulement dispensatrices de la fertilité du sol, mais aussi protectrices du mariage et de la maternité. Les matrones ont été rapprochées de plusieurs groupes de divinités féminines de la mythologie nordique : nornes, valkyries et surtout dises. Ici, les Matres sont assises dans une coquille. Celle du centre tient un enfant emmailloté, les deux autres une patère et une corne d’abondance. Une tête de griffon les domine.  

 

 

 

 

Lyon_mus_e_29Suivant une convention de l’art antique, l’artiste nous montre sur un même registre, un peu comme sur une bande dessinée, trois moments d’un même événement : le sacrifice de trois animaux, appelé suovetaurile, car il associait un porc (sus), un bélier (ovis) et un taureau (taurus). A gauche, les animaux sont conduits vers l’autel central, tandis qu’à droite, des personnages s’en vont, transportant des quartiers de viande (bloc réemployé jadis en linteau dans l’église de Beaujeu.

 

 

Ce gobelet, fabriqué à Lugdunum dans la seconde moitié du Ier siècle, représente des dieux gaulois et leurs attributs :

Lyon_mus_e_33un arbre avec une touffe de gui,un sanglier (le druide),

 

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_32un homme tenant une bourse entouré d’une tortue et d’un corbeau (Lug),un aigle perché 

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_31un serpent enroulé autour d’un arbre,un chien

 

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_30et enfin un homme étendu sur un lit, portant un torque et une corne d’abondance. Derrière lui, un cerf, ce qui laisse présager qu’il s’agit de Cernunnos.

 

 

 

 

 

 

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Le syncrétisme gallo-romain fait que Mercure est amalgamé aux dieux celtiques majeurs ou aux divinités topiques en fonction des peuples gaulois ou des lieux : il est cependant toujours dénommé et représenté de la même façon.

 

 

 

 

 

 

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Ainsi, en Gaule romaine, ce n'était pas tout à fait au Mercure de Rome qu'on vouait un culte (sauf lors de cérémonies officielles romaines, célébrées par des colons expatriés) mais à des Mercure gaulois. Ce Lugus Mercurius assimile alors la plupart des aspects du dieu celtique Lug.

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_37On trouve en Gaule des inscriptions dédiées à Mercurius Artaios, c'est-à-dire "ours", cet animal étant le symbole de la royauté sacrée, et également à Mercurius Moccus, c'est-à-dire "porc", le sanglier étant un des symboles de la classe sacerdotale celtique, les druides.

 

 

 

 

 

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Ses attributs sont les sandales ailées, le pétase, la harpe, le caducée et parfois la bourse. Ses animaux le coq, le bouc, le serpent, l'aigle et le cerf. Mercure est le fils de Jupiter et de la nymphe Maïa (que l’on voit sur cette stèle), fille d'Atlas.
Mercure a souvent été christianisé sous le nom de Saint-Michel.
on trouve en Gaule des inscriptions dédiées à Mercurius Artaios, c'est-à-dire "ours", cet animal étant le symbole de la royauté sacrée ; et également à Mercurius Moccus, c'est-à-dire "porc", le sanglier étant un des symboles de la classe sacerdotale celtique, les druides.

 

Lyon_mus_e_38Cette statue de bronze fut découverte en 1859 dans le lit du Rhône, entre les ponts Wilson et la Guillotère.  Le dieu représenté fut identifié à Neptune.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_39Nous allons trouver maintenant les représentations de dieux typiquement romains comme la Fortune,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_41Jupiter,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_40Apollon, et Tutela, protectrice des cités, coiffée de la couronne tourelée figurant le mur d’enceinte.
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Lyon_mus_e_43Ces petits autels en pierre sont placés dans les sanctuaires domestiques, les laraires. Ils occupent une petite salle spéciale ou plus modestement l’angle d’une pièce. Les laraires sont consacrés aux divinités protectrices de la famille et de la maison, et aux ancêtres. Chaque famille honore ses propres divinités, souvent figurées par  une statuette en bronze.

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_44On connaît environ 60 objets de ce type trouvés la plupart en France sur le territoire des Celtes. Il s’agit de volume creux en bronze à 12 faces égales (dodécaèdres). Chaque face est percée d’une ouverture circulaire.  Les archéologues ne savent toujours pas à quoi ces objets servaient. Certains ont été déposés dans des tombes : ils seraient en relation avec l’astronomie, évoquant la sphère de l’univers, ses 12 faces les signes du zodiaque et les mois de l’année, les 30 arêtes les jours du mois.

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_45Ces statuettes étaient placées dans les sanctuaires des maisons, même les plus modestes. Elles accompagnaient aussi fréquemment le défunt dans sa tombe.

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_46Ce sont pour la plupart des statuettes féminines. Les Gaulois romanisés vénéraient encore la déesse-mère, qui symbolisait la fécondité, la maternité et l’amour.

 

 

 

 

Lyon_mus_e_47Ces figurines d’argile blanche étaient fabriquées en série à l’aide de moules, les ateliers étaient situés dans l’Allier.

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_48Cette sculpture (IIe siècle) devait mesurer plus de 3 mètres de haut. Elle devait être placée au centre du grand temple du sommet de Fourvière. Jupiter est reconnaissable à sa chevelure abondante et sa couronne végétale ornée au centre par un aigle aux ailes déployées. Elle fut faite d’après un modèle grec du IVe siècle avant notre ère.

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_50Cette tête de Cybèle en marbre blanc fut retrouvée en 1967 vers l’odéon. La brisure du nez date de l’antiquité. La déesse, dont la chevelure était peinte en rouge, était coiffée du calathos qui caractérise les divinités matronales méditerranéennes.  

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_51Le dieu Zeus-Sarapis, du IIe siècle,  est identifié grâce aux 5 mèches qui tombent en frange sur son front. A l’époque romaine, ce type de représentation est fréquent en Egypte et en Syrie. Sarapis transcrit l’égyptien Osiris-Apis, dieu de l’au-delà. Son culte est associé à celui d’Isis.

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_52Janus est représenté avec deux visages, l'un tourné vers le passé et l'autre tourné vers le futur.  Ovide dit que Janus a un double visage parce qu'il exerce son pouvoir sur le ciel, sur la mer comme sur la terre ; il est aussi ancien que le monde ; tout s'ouvre ou se ferme à sa volonté. Lui seul gouverne la vaste étendue de l'univers. Il préside aux portes du ciel, et les garde de concert avec les Heures. Il observe en même temps l'orient et l'occident.
Janus préside aux commencements et aux passages. Dieu de premier rang dans la hiérarchie romaine (diuum deus), il a le privilège d'être invoqué avant toutes les autres divinités. En tant que dieu introducteur il est avec Portunus un « dieu des portes » qui préside à l'ouverture de l’année et à la saison de la guerre (les portes de son temple étaient fermées quand Rome était en paix, ce qui n’arriva que 5 fois). Le mois de janvier (januarius), auquel le roi Numa donna son nom, lui était consacré.

 

 

Lyon_mus_e_53Mithra au visage jeune et souriant, est coiffé du bonnet phrygien. Il se tourne vers le pommier et semble cueillir un fruit. Ce marbre blanc est daté du Iie siècle et fut découvert dans la presqu’ile, sur la rive gauche de la Saône.

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_54Femme ailée symbolisant la victoire, statuette en bronze découverte près de Givors.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_55Ce relief biface présente un personnage imberbe couronné de feuillages et portant une grappe de raisin. L’automne personnifié ou bien un dieu d’abondance. Sur l’autre face, le visage est identifié à une tête de Gorgone.

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_5757 Ce sarcophage à strigiles est en marbre blanc. Il date du IIIe siècle. Il était conservé jadis quai de Serin, à Lyon. Caractéristique de la production romaine, le strigile désigne, en archéologie, une cannelure à tracé sinueux. Sa forme en S évoque celle de l'instrument qui servait aux athlètes pour se nettoyer le corps après les exercices sportifs de la palestre.

 

 

Lyon_mus_e_58Les strigiles ont été utilisés comme motif décoratif sur les sarcophages romains  dans la seconde moitié du IIe siècle. Le groupe des sarcophages aquitains qui sont décorés de ces ornements et dont on observe la multiplication autour de Toulouse aux VIe et VIIe siècles, représente la dernière manifestation de l'art antique en Occident.

 

 

 

 

Lyon_mus_e_59Cet autre sarcophage à strigiles fut incorporé aux murs de la maison Gadagne au pied de Fourvière. Il porte un emblème militaire impérial.

 

 

 

 

Lyon_mus_e_60Le trésor de Vaise  est un ensemble d’objets précieux du IIIe siècle, trouvés en 1992 dans les vestiges d’une villa gallo-romaine : deux fosses voisines dans un angle de pièce contenaient chacune un dépôt d’objets précieux.

 

 

 

 

Lyon_mus_e_67Les statuettes  sont toutes en argent et pour la plupart de thème religieux. Ce lot proviendrait soit d’un temple, soit d’une chapelle privée de la villa fouillée. Trois statuettes sont entières et remarquables par la qualité de leur facture, en tôle d’argent martelée, rehaussée d’une dorure sur le liséré des vêtements, les diadèmes et les fruits : un Apollon Hélios, nu, tenant un petit globe, une Fortuna, une Abondance. Les autres statuettes sont fragmentaires.

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_62Les bijoux sont également remarquables, notamment un collier alternant des perles cylindriques en émeraude et des maillons en torsade d’or (dit nœud d’Héraclès). Par leur facture, ces bijoux sont classés comme des productions gallo-romaines du IIIe siècle. Une recherche sur l’origine des émeraudes du collier a abouti à un diagnostic inattendu. Après examen de leurs inclusions, les émeraudes de Vaise se sont révélées extraites d’un petit gisement de Pannonie, (actuelle Hongrie), exploité à l’époque romaine et épuisé depuis.

 

 

 



Les mosaïques



Lyon_mus_e_mosa_ques_1Mosaïque du combat d’Eros et de Pan, trouvée en 1670 montée du Gourguillon. Elle date de la première moitié du IIIe siècle. Eros sort victorieux de ce combat et symbolise la supériorité du sentiment amoureux sur la force bestiale.

 

 

 

Lyon_mus_e_mosa_ques_6Bacchus-Dionysos l’indien, dieu du vin, est connu pour avoir fait un grand voyage jusqu’en Inde, pays qu’il conquit. Il est représenté avec un cortège triomphal, accompagné d’animaux exotiques comme la panthère.

 

 

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_mosa_ques_2Tout autour de la mosaïque on voyait les 4 saisons dont deux sont conservées : l’hiver et le printemps. Datant du IIIe siècle, elle fut découverte en 1911 à Fourvière.

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_mosa_ques_3Mosaïque du cirque : plusieurs moments de la course de chars sont figurés. Elle fut découverte en 1806 rue Jarente.

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_mosa_ques_4Cette mosaïque couvrait le sol d’une grande pièce de réception d’une maison de Vienne, au IIe siècle. Le tableau principal représente Hercule ivre, tenant sa massue de travers et soutenu par deux personnages qui appartiennent au cortège de Bacchus. Bacchus est souvent représenté.

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L'exposition temporaire


Lyon_mus_e_4En ce moment, le musée abrite une exposition temporaire, présentée du 4 octobre 2011 au 22 avril 2012 : "Médecine et santé à l’époque romaine". Franchement, je suis restée bluffée. Carrément incroyable ! Les instruments, la pharmacopée, les spécialisations étudiées (comme la chirurgie, la gynécologie, l'ophtalmologie par exemple) nous montrent bien que déjà, à l'époque, Hyppocrate n'avait pas grand chose à envier à certains de nos médecins contemporains...

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_0aNon seulement ils faisaient appel à la chirurgie, à la médecine traditionnelle, mais aussi à des médecines douces. Il faut savoir mieux regarder, et ce qu'ils appellent par exemple des "amulettes" sont en réalité des pierres gravées particulières (comme le jaspe)  faisant partie de la lithothérapie.
Le caractère paradoxal de la civilisation romaine, à la fois proche et très éloignée de la nôtre, ressort particulièrement lorsqu’on s’intéresse à la médecine. Évoquer Rome et son empire, c’est faire revivre un monde où l’espérance de vie est limitée, la mortalité infantile élevée, où une banale infection peut être mortelle, où enfin religion et magie viennent souvent au secours de la science.

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_5Mais c’est aussi une civilisation qui connaît les traités de médecine hérités des Grecs, où les praticiens nombreux, surtout en milieu urbain, sont souvent spécialisés et disposent d’instruments perfectionnés. Ils savent réduire les fractures, soigner les plaies et même opérer la cataracte. Un monde comparable au nôtre par le souci de l’hygiène du corps, de la salubrité des villes ou de la qualité de l’eau.

 

 

 

 

 

 

Lyon_mus_e_expo1Cette exposition de 600 m2 présente les pratiques des hommes et des femmes médecins de l’Antiquité, les maladies et les remèdes ainsi que le recours à la religion et la magie. Un rassemblement inédit de pièces de collections (près de 400), pour certaines exceptionnelles, provenant de prestigieuses collections européennes.

Les photos sont interdites dans la section des expositions temporaires, mais nous pouvons avoir un aperçu de l'expo ici.

 

 

 

 

 

 

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Le relief d’Esculape et Hygie aux serpents, sculpté en 144, prêté par le Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines du musée du Louvre, m'a fortement impressionnée. Ne voit-on pas l'eau, sortie de la gueule des serpents, purifier le plat de nourriture tenue par Esculape et Hygie, le masculin et le féminin ?  La symbolique est énorme.


5 janvier 2012

L’Épiphanie


L’Épiphanie

 


rois_mages_adoration_1Le 6 janvier est célébrée la visite des rois mages, venus rendre hommage au nouveau messie. Cette fête chrétienne est appelée l’Épiphanie ou Théophanie.

 

 

 

 

 

 

rois_mages_70aL’Épiphanie est un mot d’origine grecque signifiant manifestation ou apparition, de la racine epi (ce qui est au-dessus, au-delà, ce qui transcende), et du verbe faïno (se manifester, apparaître, être évident). Il fut utilisé bien avant le christianisme, les Épiphanes étant des divinités apparaissant aux hommes.
Il se pourrait qu’une autre étymologie apporte une dimension supplémentaire à l’histoire : en effet, Phanès, dans la théogonie orphique, est le dieu créateur, issu de l’œuf cosmique primordial. Engendré par l’Éther et le Chaos, il est à la fois mâle et femelle. A l’origine de l’univers et du temps, il est représenté entouré des 12 signes du Zodiaque. Mithra pourrait s’identifier à lui, et par là même, le Christ : nous connaissons les symboles communs aux deux représentations divines.

 

 

 

 

rois_mages_73aL’Épiphanie se situe 12 jours après la nativité dans la tradition chrétienne actuelle. Mais il faut savoir qu’avant le IVe siècle, donc avant que la date « officielle » de la naissance de Jésus aux environs du solstice d’hiver, le 6 janvier était la fête unique de la manifestation de Dieu sur terre. Cette fête comprenait l’incarnation, la nativité, l’adoration des mages, le baptême du Christ, les noces de Cana, le changement de l'eau en vin et la multiplication des pains (ou Phagiphanie). L’église byzantine a gardé cette tradition. Dans la tradition de l’église primitive, le Christ est donc manifesté le 6 janvier. Les églises arménienne et éthiopienne continuent de célébrer ce jour comme étant celui de la nativité. L’église Orthodoxe célèbre en ce jour le baptême de Jésus, qui se fit 30 ans après sa naissance. Un rite particulier ce jour là : un prêtre lance une croix dans l’eau, gloire au premier plongeur qui la repêchera. C’est le jour de la bénédiction des eaux, signe de renaissance.

 

 

rois_mages_71aLe cycle de 12 jours entre Noël et l’Épiphanie est très symbolique. Commencé au moment où la nuit est la plus profonde, elle laisse entrevoir la venue de la nouvelle lumière par les jours qui se rallongent. C’est d’ailleurs en cette période chez les grecs qu’étaient honorés les 12 dieux épiphanes, habitants de l’Olympe : Zeus, Héra, Poséidon, Déméter et Hestia, enfants de Cronos, Aphrodite, dont l’origine reste incertaine, et Héphaïstos, Athéna, Apollon, Artémis, Arès et Hermès, enfants de Zeus. Hadès, lui, habitait aux Enfers.)

 

Ces 12 jours peuvent aussi symboliser le décalage des 12 mois lunaires de l’année auxquels il faut ajouter 12 jours pour obtenir les 12 mois solaires. La tradition paysanne regarde le temps qu’il fait chaque jour de cette période, afin de prédire le temps qu’il fera chaque mois de la nouvelle année. Les dictons populaires ont gardé en mémoire l’ancien culte agraire de leurs ancêtres :

« Regarde comment sont menées depuis Noël douze journées, car suivant ces douze jours, les douze mois auront leur cours. »
« À la fête des Rois, le jour croît du pas d'une oie. »
« Pluie aux Rois, blé jusqu'au toit, et dans les tonneaux, vin à flot. »
« Si le soir du jour des Rois, beaucoup d'étoiles tu vois, auras sécheresse en été, et beaucoup d'œufs au poulailler. ».
rois_mages_60aSi nous remontons un peu plus loin, nous retrouvons le 23 décembre la fête de la résurrection d’Osiris, avec l’érection du pilier Djed, dont il est la représentation magique. Il était la représentation de 4 piliers en enfilade servant à la détermination des solstices et des équinoxes à Héliopolis, symbole de la stabilité des saisons.

 

 

 

 

 

 

 

 

Epi 1a

Nous avons en cette période de la nativité, dans le ciel étoilé, la présence de la constellation de la Vierge, dans laquelle brille le Bouvier (appelée Bouvier : gardien de bœufs, ou Berger par les anciens sumériens). Le signe voisin est celui du Lion, représentant la tribu de Juda, dont Jésus est issu par son père. Dans le Cancer brille la constellation des Anes (appelée par les grecs Phatnè, qui veut dire la crèche). Bien. Nous voilà avec Marie, Joseph, le bœuf et l’âne, la crèche, les bergers.

 

 

 

 

 

 


Les rois mages


rois_mages_17aNous arrivons à la fin de cette période, avec la venue des mages. Extraits de l'Évangile de Matthieu (II, 1-2 & 10-11), bible de Jérusalem :

 

 

 

1 Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem en disant :
2 "Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage."

10 À la vue de l'astre ils se réjouirent d'une très grande joie.
11 Entrant alors dans le logis, ils virent l'enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage ; puis, ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présents de l'or, de l'encens et de la myrrhe.

rois_mages_11aJe préfère quand à moi la traduction de Chouraqui :

 

 

 



1 Quand Iéshoua' naît à Béit Lèhèm en Iehouda, dans les jours du roi Hèrôdès, voici, des mages du levant arrivent à Ieroushalaîm et disent :
2 "Où est-il, le nouveau-né, le roi des Iehoudîm ? Oui, nous avons vu son étoile au levant, et nous venons nous prosterner devant lui".

10 Ils voient l'étoile et se réjouissent d'une très grande joie.
11 Ils viennent dans la maison et voient le petit enfant avec Miriâm, sa mère. Ils s'inclinent et se prosternent devant lui. Puis ils ouvrent leurs trésors. Ils lui offrent des présents d'or, d'oliban et de myrrhe.

rois_mages_75aLes mages n’apparaissent que dans Matthieu, Luc quand à lui ne parle que des bergers. Ces mages viennent du levant, de l’orient. Le mot mage est originaire de la Perse ancienne (magus), où il désigne au départ, selon Hérodote, les membres d'une tribu mède, une ethnie ou plus exactement une caste, à qui l'ensemble de la tradition grecque attribue le monopole sacerdotal. La racine mag signifie science, sagesse. A la fin du VIe siècle avant notre ère, Darius Ier vainquit le mage Gaumata qui s’était proclamé roi de Perse. Au Ve siècle, les mages devinrent les prêtres officiels de la Perse, participant au pouvoir politique. Ils pratiquaient un culte solaire, se basant sur d’anciennes pratiques chamaniques, l’astronomie, l’astrologie et la divination.

 

 

rois_mages_50aIls furent par la suite, ayant adopté les mythes venus de Bactriane à l’est, considérés comme des pratiquants du zoroastrisme, réforme du mazdéisme, puis, prenant une connotation péjorative, comme des occultistes pratiquant la « magie » à l’époque hellénistique. Ils portaient déjà un bonnet, ancêtre du bonnet phrygien bien connu, porté par les peuples indo-iraniens et leur divinité, Mithra. A cette époque, les mages devinrent prêtres sacrificateurs. Ils adoraient Anahita l’immaculée (ou Nahid, devenue la planète Vénus) ancienne divinité associée à Ishtar ou à Sarasvati, et Mithra, qui devint son fils.

 

 

 

 

 

 

rois_mages_49aIl est intéressant de savoir que le zoroastrisme introduisit l’idée de la résurrection, associée à la venue du Saoshyant, le sauveur, le messie né d’une vierge. Plus tard, le Saoshyant devint l’envoyé d’Ahura Mazda, l’incarnation divine de Mithra dans un homme qui devra ramener l’âge d’Or. Il sera contré par l’envoyé d’Ahriman, un faux messie trompeur. L’islam shiite fit du Saoshyant le 13ème imam.

 

 

 

 

 

 

 

Nos mages présents à la nativité sont donc les descendants de ces mages persans. L’écrivain Tertullien leur donna le titre de roi au IIe siècle, par analogie avec le Psaume 72 :

9 Devant lui se prosterneront les habitants du désert, et ses ennemis mordront la poussière.
10 Les rois de Tharsis et des îles paieront des tributs; les rois de Saba et de Méroé offriront des présents.
11 Tous les rois se prosterneront devant lui; toutes les nations le serviront.

Le seul personnage connu ayant vraiment eu le titre de roi et de prêtre fut Melchisédech, roi de Salem.

rois_mages_76aLes liturgies syrienne et arménienne font mention de douze mages, mais leur nombre fut estimé à trois par le théologien Origène au IIIe siècle, afin qu’il corresponde aux trois présents que furent l’or, la myrrhe et l’encens. Ces trois présents sont habituellement considérés comme représentant les trois aspects du Christ, fils de Dieu (or), prêtre (encens) et homme (myrrhe) ou les trois pouvoirs, royal, sacerdotal et spirituel, qui sont, depuis le XIVe siècle, représentés sous forme de trois couronnes sur la tiare papale. L’or symbolise la royauté, la lumière solaire. L’encens, ou oliban, issu d’une plante sacrée, est utilisé pour élever la prière vers le ciel, pour purifier. Il symbolise donc la fonction sacerdotale. La myrrhe, qui servait à embaumer les morts, rappelle la condition mortelle des hommes et le cycle de la vie.

rois_mages_6aLeurs noms apparurent au VIème siècle, dans un manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale de France à Paris, le « Excerpta Latina Barbari » : Bithisarea, Melichior et Gathaspa. L’ « Évangile arménien de l'Enfance », écrit apocryphe datant à peu près de la même époque, leur donne les noms de Balthazar, Melkon et Gaspard, respectivement rois d’Arabie, de Perse et d’Inde. A la fin du XIIIe siècle, Jacques de Voragine dans sa "La Légende dorée", les nomme en trois langues différentes : Appellius, Amérius et Damascus en latin, Galgalat, Malgalat et Sarathin en hébreu, Caspar, Balthasar et Melchior en grec :

« Le premier des Mages s’appelait Melchior, c’était un vieillard à cheveux blancs, à la longue barbe. Il offrit l’or au Seigneur comme à son roi, l’or signifiant la Royauté du Christ. Le second, nommé Gaspard, jeune, sans barbe, rouge de couleur, offrit à Jésus, dans l’encens, l’hommage à sa Divinité. Le troisième, au visage noir, portant toute sa barbe, s’appelait Balthazar ; la myrrhe qui était entre ses mains rappelait que le Fils devait mourir ».


roi_mages_2aAu XVIIIe siècle, Catherine Emmerich, dans l’une de ses visions, les nomme Théokéno, Mensor et Saïr. Je conseille d’ailleurs, bien que ce soit un peu fastidieux, la lecture de cette vision. Il faudra savoir lire entre les lignes, faire abstraction du voile religieux, et laisser parler son intuition. La symbolique de la vision est époustouflante. Ici.
Paul Sédir, dans « l’enfance du Christ » publié en 1926, s’appuyant sur un récit de Bède le vénérable, moine anglais du VIIe siècle, « Expositio in Matthaei Evangelium », les nomme Melchior, de la race de Sem, roi d'Arabie (Asie), Gaspar, de la race de Cham, roi de Saba ou d'Ethiopie (Afrique), et Balthazar, de la race de Japhet, roi de Tharsis (Tartessos en Espagne ?) (Europe). Les trois branches de l'arbre noachique sont ainsi représentées.

rois_mages_13aL’étymologie des noms peut apporter une dimension supplémentaire à la symbolique.
Melchior, qui s’apparente à Melchisédech (le roi de justice, de racine Melek), est le roi de lumière.
Balthazar aurait comme racine Bal, ou Bel, Sharra et Outsour, issu de l’akkadien, serait le protecteur du maitre, ou de la vie. Les seigneurs des Baux-de-Provence se disent ses descendants, et ont adopté comme devise « Au hasard Balthazar ».

 

 

rois_mages_15aPour Gaspard, deux possibilités : issu de l’hébreu ghaz, trésor, et bar, administrer, il serait le gardien du trésor. Du latin gaspardus, issu lui-même du sanskrit gathaspa, il serait celui qui voit, le voyant. D’après les « Actes de Thomas », apocryphe du IIIe siècle, Thomas aurait visité le roi indo-parthe des scythes, installé au Cachemire, Gondopharès Ier ou Goudnaphar. En arménien, son nom s’écrit Gathaspar. Cela confirmerait l’hypothèse d’un Gaspard roi de l’Inde.

 

 

 

 

rois_mages_4aLa plus ancienne représentation connue des rois mages se trouve dans la catacombe Sainte Priscille de Rome. C’est une peinture murale datant du IIIe siècle. Trois silhouettes de couleurs différentes semblent se précipiter.

 

 

 

 

 

rois_mages_9aUne sculpture du IIIe siècle conservée au musée paléochrétien du Vatican les montre devant la Vierge.

 

 

rois_mages_18aPlusieurs sarcophages du IVe siècle les représentent, ainsi que la célèbre mosaïque de l'église Saint-Apollinaire de Ravenne, datant du VIe siècle.

 

 

 

 

 

rois_mages_3aLes mages, blancs de peau, sont représentés en costume perse, toujours de différentes couleurs, bonnet phrygien, pantalon et chemise serrée par une ceinture. Les offrandes sont faites sur de simples plats, dans l’attitude de révérence des vaincus face au vainqueur. Marie est toujours représentée assise avec l’enfant sur les genoux.

rois_mages_77aL'Eglise byzantine introduit l’image du premier mage portant un genou à terre (symbole de l’initié) et d’un ange montrant une étoile. A partir du XIe siècle, les mages porteront le costume royal, longue robe et couronne. Au XIIe siècle, ils sont montrés représentant les 3 âges de la vie : l’adolescence avec Gaspard jeune et imberbe, Balthazar l’homme mûr portant la barbe, et Melchior, le vieillard chauve à barbe blanche. A partir du XIIIe siècle, le premier mage est représenté s'agenouillant, le deuxième se retournant pour montrer l'étoile au troisième. Ce n’est qu’au XIVe siècle que les bergers apparaissent.

 

 

 

Les rois mages après leur visite s’en retournèrent chez eux. Nous possédons un ancien témoignage, celui de Marco Polo, qui raconte dans son « Livre des merveilles du monde » avoir visité leur tombeau en Perse, dans la ville de Saba (ou Saveh, l'un des plus importants observatoires astronomiques d'Asie) :

"En Perse est la ville de Saba, de laquelle les trois rois mages sont partis [...] et dans cette ville ils sont enterrés, dans trois grands et beaux monuments. Et parmi ceux-là existe un bâtiment carré, magnifiquement conservé. Les corps sont toujours entiers, avec leurs cheveux et leurs barbes".

rois_mages_79aMarco Polo parle d’une légende qu’il recueillit sur place : les mages, ayant donné leurs présents à un prophète nouvellement né en Palestine, reçurent à leur tour un cadeau, un coffre à ne pas ouvrir. Curieux, ils passèrent outre l’interdiction et n’y trouvèrent squ’une pierre. Déçus, ils la jetèrent au fond d’un puits. Il en surgit alors une grande flamme qui ne devait jamais s’éteindre, et dont ils prélevèrent une partie qu’ils ramenèrent à Saveh. Ils la placèrent dans un sanctuaire appelé le château des adorateurs du feu. La forteresse de Takht e Suleiman, au nord de L’Iran, où se trouve d’anciens temples dédiés à l’eau et au feu, pourrait correspondre à cet endroit.

 

 

rois_mages_14aLe feu cher aux initiés, celui qui donne le baptême de l’esprit, et la lumière, quelque soit sa forme, sont largement représentés dans la symbolique des rois mages. Nous retrouvons la brillance de l’étoile, Gaspard le gardien du trésor, Melchior le roi de la lumière portant l’or, symbole de la lumière solaire, le cycle solaire des 12 jours. Jean de Hildesheim, au XIVe siècle, raconte dans son « Historia Trium Regum » que le trépas de chacun des trois rois fut annoncé par une lumière aveuglante provenant d’un astre extraordinaire.

 

 

 

 

 

rois_mages_10aLeur sépulture fut retrouvée, raconte Jean de Hildesheim, par sainte Hélène en 330 (elle a du faire souvent appel à saint Antoine celle là, vu le nombre de choses qu’elle ramena d’orient…). Elle fit déposer leurs corps dans la basilique Sainte-Sophie de Constantinople. Ils furent offerts à la ville de Milan par le souverain byzantin Manuel Ier Comnène. L’évêque Eustorge les transporta donc à Milan. Frédéric Barberousse prit Milan, les reliques furent ramenées à Cologne en 1164. La cathédrale de Cologne fut construite à cet effet, qui possède toujours la chasse reliquaire contenant leurs ossements. La ville depuis lors possède trois couronnes dans ses armes.

 

rois_mages_12a« La châsse d'or exposée dans le chœur de la cathédrale contient les ossements de trois hommes, enveloppés dans une pièce de tissu. Le reliquaire fut ouvert une première fois en 1863 et révéla un ensemble d'ossements mélangés, qui permirent de reconstituer trois squelettes masculins. L'observation des sutures osseuses de leurs crânes trahissaient trois âges différents, conformément aux représentations traditionnelles des mages. Des examens plus approfondis furent menés au siècle suivant. En 1981, l'évêché de Cologne s'adressa à un spécialiste des tissus antiques, le professeur Daniel de Jonghe, du musée royal d'art et d'histoire de Bruxelles. On lui confia l'examen détaillé de la toile qui entourait les reliques. Cette analyse s'avéra fort instructive. L'étoffe est composée de fils de soie de Chine croisés avec des fils d'or. Elle est teinte avec de la pourpre, un colorant hautement précieux extrait de coquillages, et en l'occurrence cette pourpre provient de la région de Tyr. Par analogie avec un autre tissu rigoureusement identique trouvé à Palmyre dans un édifice occupé entre 103 et 272, on a pu conclure qu'elle fut confectionnée entre le Ier et le IIIe siècle de notre ère. Des lambeaux de vêtements trouvés sur les ossements furent également analysés. Ce sont des étoffes précieuses qui relèvent de trois fabrications différentes : deux sont en tissu damassé et un en taffetas. Toutes viennent du Proche-Orient et datent aussi de l'Antiquité tardive. Ces résultats sont cohérents avec ce que l'on sait de l'histoire de ces objets, s'il est exact qu'ils remontent à l'époque romaine. »


Les présents sont, quand à eux, conservés au monastère Saint-Paul du Mont Athos, dans un reliquaire en or du XVe siècle, et proviendraient de Constantinople où ils étaient déjà vénérés au IVe siècle.

rois_mages_80aRevenons à nos rois mages. La présence de symboles hermétiques est flagrante. Leurs nombre, la couleur de leurs manteaux, représentent les 3 phases du grand œuvre alchimique, l’œuvre au noir, au blanc puis au rouge, qui amènera à la transmutation du vil métal en or. L’étoile les guidant apparaît dans l’une des phases de l’œuvre sur la matière première. Elle est, dit-on, plus marquée dans la voie sèche de l’antimoine. Elle guide vers l’enfant roi, vers la fin de l’œuvre.

 

 

 

 

 

 

rois_mages_23aLa symbolique est présente bien sur dans la galette des rois (ronde et dorée comme le soleil, ronde et striée comme le zodiaque), celle que l’on fabrique le jour de l’Épiphanie. Dans l’une des phases de l’œuvre, la matière (la galette, dont le nom provient de galet, le caillou modelé par la puissance de l’eau, lui-même issu de la racine celte Gal, pierre) prend la forme d’un galet, plate et arrondie. Elle est marquée sur le dessus de lignes entrecroisées en forme de losanges. C'est ce qu'on appelle l’Étoile des Mages, le signe que l'œuvre est en bonne voie. Sa structure lamelleuse, appelée terre feuillée (représentée aussi par un livre fermé), ressemble à de la pâte feuilletée. Faire cuire une galette, c’est transformer sa structure en y faisant pénétrer le rayonnement du feu.

rois_mages_81aC’est ce qui permet les noces alchimiques du roi et de la reine, qui donneront naissance au petit roi (régulus), que les adeptes nommaient le Dauphin, le fils du soleil, embryon de la pierre philosophale que nous reconnaissons dans la fève (assonance de faba, la fève, avec phebos, le soleil). Elle prendra la forme d’un baigneur, d’un poisson. Fulcanelli, dans ses « Demeures philosophales », en parle longuement :

 

 

 

 

 

« Le petit baigneur est inclus à la façon d'un signet de livre. Et sur la croûte de la galette on dessine des fils entrecroisés – des rets ou filets. Par ce symbolisme plus moderne, nous prenons conscience que pour être roi, même ne serait-ce que durant une soirée, il faut être marqué : il est ainsi indispensable de recevoir un signe céleste qui s'inscrit dans le déroulement d'un fait cosmique».

rois_mages_82aLa fève, à cause de sa forme embryonnaire symbolisant le fœtus, était considérée chez les anciens égyptiens comme permettant la réincarnation. Ils enterraient leurs morts dans des champs de fèves.

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Il est dit que Pythagore mourut pour n’avoir pas voulu traverser un champ de fèves alors qu’il était poursuivi par ses ennemis. Il dit, dans ses « Discours Sacrés » :

« Elles servent de point d'appui et d'échelle pour les âmes pleines de vigueur, quand, des demeures de l'Hadès, elles remontent à la lumière».

Les grecs se servaient de fèves blanches et noires comme jetons de vote pour l'acquittement ou la condamnation d’une personne. Les romains reprirent cet usage afin de désigner le roi du banquet lors des Saturnales.

rois_mages_42Ces fêtes étaient célébrées aux alentours du solstice d’hiver en l’honneur de Janus, le dieu à deux têtes. Selon la légende, Saturne (souverain de l’âge d’or de l’humanité qui enseigna l’agriculture) les créa pour lui en remerciement de son hospitalité lors de son affrontement avec Jupiter, son propre fils. Janus signifie passage, la porte d’une maison se dit en latin janua. Il est le dieu qui préside à toute espèce de transition d'un état à un autre.

 

 

 

 

 

 

rois_mages_38aLors des Saturnales, l’égalité de tous les hommes était de mise. Maitres et esclaves échangeaient leurs vêtements et leurs attributions. Le roi élu lors du banquet avait l’autorité suprême et tout était permis. Les plus aisés se faisaient des cadeaux, comme des chandelles de cire, symbole de lumière. Le Moyen-âge reprit cette tradition avec la fameuse fête des fous, que l’on connaît de nos jours sous la forme du carnaval.

 

 

 

orion_aFulcanelli nous a dit que « pour être roi, même ne serait-ce que durant une soirée, il faut être marqué : il est ainsi indispensable de recevoir un signe céleste qui s'inscrit dans le déroulement d'un fait cosmique ». Durant la période du solstice d’hiver se trouve au milieu du ciel, près du signe du Taureau (symbole de l’ancienne religion, que l’on retrouve chez les égyptiens avec Apis, les iraniens avec Mithra, etc…) la constellation d’Orion. Trois étoiles forment son baudrier : Alnitak, Mintaka et Alnilam, appelés aussi les trois rois. Les rois qui ne retournent pas chez eux par le même chemin, ils continuent leur parcours dans le ciel, la mécanique céleste ne fait pas marche arrière.

 

 

 

 

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En cette période se situe aussi la Saint-Jean, la fête de l’évangéliste au solstice d’hiver. De l’autre côté du zodiaque, nous avons un autre Saint-Jean, fête du Baptiste au solstice d’été. Ces deux personnages sont en rapport étroit avec le Christ/Roi. Le Christ, l’Évangéliste et le Baptiste sont respectivement la représentation du Spiritus, de l’Animus et du Corpus.

 

 

 

 

 

 

 

rois_mages_37bLes deux Jean représentent Janus aux deux visages, celui qui permet la transformation : « il faut qu’il croisse et que je diminue ».

Comme Janus, dieu des transformations, ou comme Mercure, alchimique ou non, comme Orion cheminant sur la voie lactée vers les Pléiades et son destin, cette période du solstice nous amène donc à une renaissance. Par les trois degrés de la connaissance de l’être, le corpus, l’animus et le spiritus, par la renaissance du Christ en nous et l’abandon du vieil homme, nous devenons re-nés, un homme nouveau qui a terminé les étapes du grand œuvre. Nous passons de l’homme au saint puis au sage.

 

 

 

 

rois_mages_33aLa connaissance de nous-mêmes et de notre réalité par l’ouverture de notre conscience est le but de toute initiation, chrétienne comprise.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.esoterisme-exp.com/Section_dossier/Noel/Noel_esoterique.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rois_mages
http://www.lexilogos.com/epiphanie.htm
http://www.web-libre.org/dossiers/rois-mages,1632.html
http://www.matiere-esprit-science.com/pages/breves/epiphanie.htm
http://gdelaage.over-blog.com/article-7316448.html
http://www.boulangerie.net/forums/bnweb/fete/galette.php
http://bible.archeologie.free.fr/roismages.html

"Les mystères de l'évangile de Matthieu" d'Henri Blanquart

"L'alchimie" de Bernard Roger

"Les demeures philosophales" de Fulcanelli

12 septembre 2011

Aiguèze



Aigu_ze_cLe territoire d’Aiguèze fut probablement habité dès l’époque du paléolithique, plus précisément au Moustérien (entre -200 000 et -40 000 ans). Les témoins de cette époque préhistorique sont nombreux. Outre l’outillage lithique découvert, la commune contient un menhir et quatorze dolmens, et surtout deux grottes ornées de peintures rupestres.

 

 

 

 

Aigu_ze_bL’une d’elles, la grotte Chabot, deuxième grotte paléolithique découverte dans le monde après celle d'Altamira en Espagne, date du Solutréen (entre -22 000 et -17 000 ans).

 

 

 

 

 

Aigu_ze_aL’autre, la grotte aux points, possède une forme peu connue de l’art pariétal paléolithique des gorges de l'Ardèche. Vers -1 800, les habitants de la vallée se protégèrent des invasions en construisant un oppidum sur une avancée rocheuse, Castel-Viel. Il en subsiste les vestiges d'un mur d'enceinte.

 

 

 

 

Aigu_ze_10Le village d’Aiguèze lui-même est situé au sommet d’une paroi rocheuse, aux pieds de laquelle se trouvait un gué sur l’Ardèche.



 

 

 

 

 

Aigu_ze_1L’endroit ne manquait pas d’eau (situé sur une faille propice aux sources ou résurgences, d’où le nom d’Aiguèze, qui veut dire « eau dans le rocher »). Un castrum, comprenant de nombreux puits, était déjà présent à l’époque de Charles Martel, vers 732.

 

 

 

 

 

 

 

Aigu_ze_11La tour Sarrasine fut construite au XIe siècle par Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse. Puis les barons d’Aiguèze, vassaux des comtes de Toulouse, en rivalité avec les comtes-évêques de Viviers, renforcèrent la forteresse au XIIe siècle. Il ne nous en reste que deux autres tours, le reste ayant été détruit au XIVe siècle, lors de la Guerre de Cent Ans.
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Aigu_ze_3Dans la deuxième moitié du XVe siècle, un hôpital fortifié fut construit. Au XVIe siècle, l'église fut agrandie et de nombreux bâtiments furent relevés.

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Aigu_ze_15On peut le constater sur les façades des maisons, qui comportent souvent des voûtes romanes au rez-de-chaussée, et des fenêtres Renaissance à l’étage.
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Aigu_ze_9On peut accéder à l’ancien chemin de ronde par un passage creusé dans la roche. De là, on peut admirer la sortie des gorges de l’Ardèche.

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Aigu_ze_14Les témoignages du moyen-âge sont très présents, comme ce réservoir, ou ces pans de murs.

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L'église

 

Aigu_ze_Saint_Roch_1L’église paroissiale, dédiée à saint Roch, ne semble vraiment pas appartenir au moyen-âge, malgré ses fondations romanes. Le chœur date pourtant du XIIe siècle, la nef du XVIe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aigu_ze_6Apparemment située hors les murs, près du cimetière, l’église fut remaniée très souvent.

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Aigu_ze_Saint_Roch_2Le portail nord date de 1552, le portail ouest de 1815, la chapelle des fonts baptismaux de 1895, la flèche du clocher de 1910.
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Aigu_ze_Saint_Roch_4L’intérieur, entièrement peint au XIXe siècle de couleurs vives, dénote vraiment avec le reste du village. Les décors intérieurs furent restaurés en 1910 par Mgr Fuzet, archevêque de Rouen, primat de Normandie et originaire d’Aiguèze.

 

 

 

 

 

Aigu_ze_Saint_Roch_9Il fit exécuter les vitraux, où se retrouvent les visages de sa famille (sa mère la Vierge, son père saint Roch, lui-même saint Frédéric, son frère, sa sœur, ce serait le bonheur) et érigea  la flèche du clocher. Ces travaux faits un an après la béatification de Jeanne d’Arc, Il rajouta la statue de la bienheureuse et celle de ses voix, saint Michel, sainte Catherine et sainte Marguerite.
Aigu_ze_Saint_Roch_10

 

 

 

 

 

 

 

Non, je ne peux pas dire que je n’aime pas Pierre, m’enfin… Non, le village est gentil là, mais… C’est l’intervention de tous ces saints, c’est un p’tit peu…. Enfin, c’est… Ca va loin…



http://aiguezearchives.com/aigueze18.html
http://www.aiguezearchives.com/
http://www.patrimoine-ardeche.com/visites/aigueze_n.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Aigu%C3%A8ze

19 décembre 2011

La symbolique du centaure



Centaure_2aLe centaure (et son symbolisme dans l’art roman en particulier, où il est le plus souvent la représentation de Chiron le sage) est issu de la mythologie grecque.

Deux sortes de centaures nous sont connues, l’une issue de l’union d’Ixion et d’une nuée qu’avait créée Zeus pour remplacer sa femme Héra, convoitée par Ixion, et celle de Chiron, issu de Cronos et de l'Océanide Philyra.

 

 

 

 

 

Centaure_5aNous ne parlerons pas de la première, habitant la Thessalie et l’Arcadie. Ces centaures, voisins des Lapithes qui les vainquirent et les chassèrent de la région, représentent la force brute animale. Nous parlerons de la deuxième, du centaure (sans tort, 100 or) Chiron.
Chiron, dont l’étymologie ramène au grec ancien Kheiro, qui veut dire main (demi-frère des 10 Dactyles, les doigts, eux aussi issus de Cronos, qui enseignèrent, coiffés de couronnes de chêne, les mystères à Orphée ainsi que l'usage du fer) représente quand à lui la sagesse et la science. Educateur de nombreux héros, Zeus lui offrit l’immortalité pour services rendus.

 

 

 

 

centaure_3aIl doit son apparence d’homme-cheval au fait que son père Cronos, marié à Rhéa, voulut s’unir à Philira. Surpris par sa femme, il s’enfuit sous la forme d’un cheval. Philira donna alors naissance à Chiron. Il fut alors éduqué par Artémis et Apollon, qui lui enseignèrent la chasse, la médecine, la musique et la divination. Il connaissait l’art de guérir par les plantes et l’art de la chasse.

 

 

 

 

 

 

centaure_8aChiron eut de nombreux disciples. Parmi les plus nombreux, nous pouvons citer les Dioscures (les jumeaux Castor et Pollux, fils de Léda, que Zeus séduisit sous forme d'un cygne), Enée (fils d’Aphrodite et d’Anchise qui fut frappé par la foudre de Zeus et resta boiteux), Palamède (inventeur du jeu de l’oie), Héraclès (tuant les serpents enfant), Aristée et son fils Actéon (aimé d’Artémis), Asclépios (fils d’Apollon, grand médecin à l’origine du Caducée), Jason (dit le guérisseur, conquérant de la Toison d’Or, époux de la magicienne Médée), Ulysse, Patrocle et Achille, fils de Pélée, lui-même fils de la nymphe Endéis, fille de Chiron. Achille est donc l’arrière petit fils de Chiron.

 

 

 

 

 

centaure_9aTout cela est souvent en rapport avec l’oie et les serpents, la magie, les boiteux, la foudre… Et les Argonautes (souvent cités par les alchimistes), navigant sur l’Argo, le bateau qui parle, l’art goth, l’argot, l’art gothique interprétable par le langage des oiseaux, à la recherche de la toison d’Or, la pierre philosophale. Nous sommes bien là dans une quête spirituelle.

 

 

 

 

 

 

 

centaure_13aLa mort de Chiron est aussi très symbolique. Il fut atteint par l’une des flèches d’Héraclès, empoisonnée par le sang de l'Hydre de Lerne. Où ? Au genou. Ah ? Un boiteux. Un claudiquant. Celui qui marche au pas de l’oie. Comme saint Roch sur le chemin des étoiles, le saint patron des chirurgiens, comme Pythagore au genou d’or, les maitres du feu et de la forge, comme celui qui, à cloche-pied, envoie son palet sur la Marelle, l’ancienne Mérelle, la Mère de El, la lumière. Ils ont tous parcouru le chemin initiatique, se rapprochant de la pierre philosophale, de la connaissance ultime.

 

 

 

 

 

centaure_14aRevenons à Chiron. Le poison lui causant d’horribles souffrances, ne pouvant mourir, il demanda la permission d’offrir son immortalité à Prométhée, celui qui apporta la connaissance aux hommes.

Zeus fit alors de Chiron une constellation.

Le centaure portant l’arc devient la représentation du Sagittaire (qui signifie « archer »), neuvième signe du zodiaque, dernier signe de l'automne. Le centaure-sagittaire peut être représenté flèche en arrière, en avant, ou au-dessus (les 3 décans du signe du Sagittaire).



 

centaure_15La flèche devient le symbole de la destinée : en la lançant, le centaure manifeste sa volonté de choisir sa cible. La flèche vise dans le ciel la constellation du Capricorne derrière elle, le Scorpion devant elle, puis elle remonte sur le Serpentaire pour aller jusqu’au Serpent et à l’Aigle au-dessus.

A noter que le Serpentaire, qui divise le Serpent en deux, est représenté par un homme portant un serpent autour de lui et représenterait Asclépios, qui fut éduqué par Chiron.

 

 

 

Centaure_4aCes trois positions du Centaure-Sagittaire peuvent se rapporter aussi à la triple nature humaine, corps-âme-esprit : arrière-avant-dessus. La flèche, de nature ignée comme la foudre, finalement ne visera autre chose que le centaure lui-même, le centre de son être. (Sagitta dérive du verbe latin sagire qui signifie percevoir rapidement)

 

 

 

 

 

 

 

centaure_17Le centaure est parfois représenté sur les chapiteaux romans entouré de pommes de pin. Grasset d’Orcet dans son livre «Matériaux cryptographiques» nous explique que le centaure et la pomme de pin se lisent « centur leupin », vulgairement saint Turlupin, monogramme des compagnons bâtisseurs du moyen-âge. Saint Turlupin contient aussi les noms de quatre dieux gallo-gothiques, ou du cycle de Thor, à savoir: “Can”, le chien; “Tur”, le taureau; “Leu”, le loup, et “Pen”, l’orfraie.

 

 

 

 

 

 

centaure_18Amusant d’ailleurs de voir comment la religion du livre traite ces animaux : « Le Lévitique - 11 - 13 : Voici, parmi les oiseaux, ceux que vous tiendrez pour immondes; on n'en mangera pas, c'est chose immonde : le vautour-griffon, le gypaète, l'orfraie». Le loup est traité de méchant prédateur, le chien de vil animal et le taureau ne sert que pour les sacrifices.

 

 

 

 

Centaure_7Le centaure dans les chapiteaux romans est souvent représenté avec un adversaire vil ou dérisoire, comme un lapin (que l'on retrouve sur une poterie grecque)....

centaure_10a

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous retrouvons notre saint dans le troisième couplet d’Au clair de la Lune :

centaure_1Au clair de la lune,
L'aimable Lubin,
Frappa chez la Brune,
Qui répond soudain :
Qui frapp' de la sorte ?
Il dit à son tour :
Ouvrez votre porte,
Pour le dieu d'amour

A son tour, Lubin ? Qui frappe chez la Brune, pour l’Amour. La Brune, la Noire, la Dame de sous terre ? Lubin serait alors son parèdre, Michel ?

 

 

 

centaure_20aNous retrouvons aussi saint Lupin dans le nom du héros de Maurice Leblanc, Arsène Lupin. Le jars, ou mâle de l’oie, se prononce en grec arsenic cana. L’arsenic (ou sel des philosophes), indispensable au grand œuvre alchimique. Ou Ar (préfixe latin d’addition, de renforcement) Sène (saint) Lupin, le grand saint Lupin.

http://misraim3.free.fr/divers2/esoterisme_dans_les_contes.pdf

7 novembre 2011

Orcival, historique

 

Orcival_23Orcival, dans la vallée étroite du Sioulet, fut de tout temps un lieu sacré, reconnu de quelques ancêtres des Arvernes. Ils érigèrent là des pierres de fécondité à côté d’une source guérisseuse, placées sous la protection de la grande Déesse-Mère. Le pèlerinage trouve sans doute là son origine. Etymologiquement, Orcival proviendrait d’Ourche Val, la vallée de la source, ourche voulant dire source en auvergnat.

 

 

 

 

Orcival__tombeau_de_la_vierge_1Puis vint le christianisme. Selon une chronique provençale du XIIIe siècle, une relique de la Vierge aurait été apportée à Orcival en 378. Il est fait mention d’autres reliques en 878 provenant de Pont-l’Abbé. C’est sans doute pour les abriter qu’une première église fut construite sur la colline, au-dessus du village actuel, là où se trouve maintenant le lieu appelé le « Tombeau de la Vierge » et où se trouvait la source sacrée.  

 

 

 

 

 

 

 

orcival_plan01aCette église fut détruite par les Normands à la fin du IXe siècle. C’est à ce moment qu’intervient la légende du maitre d’œuvre et de son lancer de marteau, que l’on a vu plus haut. En raison de l’importance du pèlerinage, une nouvelle église fut construite sur les terres des comtes d’Auvergne, avec l’appui de l’évêque de Clermont.

 

 

 

 

 

 

 

Orcival_20L'existence du village et de cette nouvelle église n'est attestée que depuis 1166, avec la mention de la donation de l’église faite par le comte d'Auvergne, Guillaume VII, au monastère de la Chaise-Dieu. C’est vers 1170 que la Vierge en majesté fut réalisée. Le clocher, quand à lui, date vraisemblablement, d'après son style, de la fin du XIIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

Orcival_63Un chapitre de chanoines fut créé en 1243, qui compta jusqu’à 25 moines. Orcival se développa, accueillant les pèlerins et les revenus que cela impliquait. En 1333, Orcival fut rattaché au prieuré Saint-Robert de Montferrand.

 

 

 

 

 

Orcival_54En 1478, un tremblement de terre endommagea le clocher et au XVIe siècle, à la suite d’un incendie, la toiture en tuiles fut remplacée par des lauzes. Le pèlerinage marial connut un grand essor au XVIIe siècle. Le chapitre disparut à la Révolution, mais le pèlerinage reprit de plus belle au XIXe siècle. En 1840, l'église fut classée Monument Historique, et en 1894, elle fut élevée au rang de basilique par le pape Léon XIII.  

 

 

 

 

 

 

 

Orcival_11L’église d’Orcival est demeurée à peu près intacte depuis sa construction au XIIe siècle, sans subir d’altération. Elle constitue donc un témoignage important de l'architecture romane d’Auvergne. Elle compte parmi les cinq églises majeures d'Auvergne, aux côtés de Saint-Nectaire, Notre-Dame-du-Port de Clermont, Saint-Austremoine d’Issoire et Saint-Saturnin.

7 novembre 2010

La vierge noire d’Orcival

Orcival_Notre_Dame_1a

 

La statue, datant approximativement de 1170, est faite de bois de noyer recouvert dès l’origine de minces feuilles d’argent et de vermeil. Elle mesure 75 cm de haut. C’est l’une des rares statues romanes à posséder encore ce revêtement. Il fut refait par la ville de Clermont en 1631 à la suite d’un vœu. La dernière restauration date de 1960, date à laquelle elle a retrouvé la couleur d’origine de son visage. La main droite est du XVIIIe siècle, la gauche est encore plus tardive.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Orcival_Notre_Dame_10Des trous de fixation furent percés dans les têtes en 1894 pour poser des couronnes. La restauration permit de découvrir une logette dans le dos de la statue, rendue inaccessible par le placage de métal d'origine : la toute première intention a pu être d'en faire un reliquaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

Orcival_Notre_Dame_9Elle est aussi connue sous l’appellation de Notre-Dame des Fers, comme en témoignent les chaines des captifs libérés, posées en ex-voto sur le mur du transept sud de l’église.

Orcival_Notre_Dame_6

 

 

 

 

 

 

 


Orcival_Notre_Dame_3Notre-Dame fit d’autres miracles, comme ramener à la vie des enfants mort-nés, ce qui incombait auparavant à la source miraculeuse. Elle s’occupe aussi de la fécondité et de la grossesse, de la conception à la naissance. En cas d’accouchement difficile, les auvergnates priaient en ces termes : « Moun Diu, bouna Vierza d’Ourcivau, fasta bada la pourto que moun houme a tant baiza pa bada », je vous laisse le soin de la traduction… Et ne vous moquez pas, je suis auvergnate d’origine.

 

 

 

 

 

 

Orcival_Notre_Dame_11La vierge d’Orcival se trouvait dans la crypte jusqu’à une époque assez récente, en 1885, à l’emplacement du Saint-Sacrement, dans la niche centrale. C’est là que les pèlerins venaient la vénérer. Elle fut remontée dans le chœur et posée à un endroit où, le 15 août (fête de l'Assomption) à midi heure solaire, les rayons du soleil pénétrant dans l’église l’illuminent, seul moment de l’année où elle est entièrement éclairée. Mais elle ne retourne plus, comme la tradition le voudrait, dans les ténèbres de sa grotte, les mois d’hiver, quand, le signe de la Vierge se finissant, les énergies passent à saint Michel.

 

 

 

 

 

Orcival__tombeau_de_la_vierge_1Plusieurs légendes se rapportent à la statue. Une première raconte qu’elle fut faite de la main de saint Luc. Une autre qu’elle fut trouvée dans l’ancienne chapelle, l’église primitive qui se trouvait plus haut sur la colline, près d’une source sacrée, à l’endroit que l’on nomme le Tombeau de la Vierge. C’est de là que le maitre d’œuvre, voulant bâtir une nouvelle église, lança son marteau afin qu’il lui indique la meilleure place. Il atterrit là où se trouve le sanctuaire actuel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Orcival_sucellos_1Le marteau du maitre d’œuvre… Serait-ce celui de Sucellos, qui représente dans le monde celtique la puissance créatrice et ordonnatrice d’un lieu ?  Celui que l’on retrouve sur le pilier roman du chœur de l’église de Rozier-Côtes-d'Aurec

 

 

 

 

 

 

 

 

Orcival_Sucellos_2aSucellos, le dieu gaulois au maillet et au chaudron, protecteur de la fécondité (sa parèdre, Nantosuelta, est la déesse de la nature, de  la terre, du feu, de la fertilité, une vraie vierge noire en fait) qui fait jaillir les sources en frappant le sol de son maillet.

 

 

 

 

 

 

Orcival_DagdaIl est assimilé au Dagda celte, le dieu-druide par excellence (et par conséquent le dieu des druides) qui a en charge le sacré, la science, les contrats. Il règne sur le temps, l'éternité et sur les éléments, ainsi que sur le Sidh (l'Autre Monde celtique). C’est le dieu de la transfiguration (son maillet tue d'un côté, et ressuscite de l'autre) qui marque le passage de la vie purement terrestre à la vie spirituelle. Sucellos se retrouve à Dijon, ou à Gannat par exemple.

 

 

 

 

 

Orcival_Thor_Johannes_Gehrts_1Ou bien ce marteau est-il à rapprocher de Mjöllnir, le marteau de Thor, le dieu de la foudre et du tonnerre, symbole de la protection de l'univers face aux forces du chaos ? Ou est-il simplement la représentation de l’outil des maçons qui ne tarderont pas à devenir francs ? D’autres légendes similaires me reviennent à l’esprit, comme celle de la fontaine de Colombier.

 

 

 

 

 

 

 

Orcival__tombeau_de_la_vierge_3Le marteau partit donc du Tombeau de la Vierge, situé sur un petit promontoire où, en 1872, un édicule contenant une copie en pierre de la statue de la vierge noire fut construit. Juste à côté, une grande croix blanche fut érigée en 1945 par des prisonniers venus à Orcival remercier pour leur libération.

 

 

 

 

 

 

 

Orcival__tombeau_de_la_vierge_4Le chemin du pèlerinage actuel de l’Ascension se termine ici. La procession se déroule la nuit, conduite par l’évêque de Clermont.

 

 

 

 

 

 

Orcival_procession_2aLa statue de la Vierge et l’enfant, revêtus de leurs manteaux d’apparat et de leurs couronnes de pierreries, est mise sous un dais et portée par des hommes pieds-nus de la nouvelle église à l’ancienne, suivant un chemin de croix qui ne date que de 1917.

 

 

 

 

 

 

 

Orcival_plan_6Au siècle dernier, la procession se divisait : un groupe partait vers ce promontoire, le second vers la chapelle de la Fontaine de Notre-Dame située sur le versant opposé. C’est ce que l’on appelle le retour aux sources ?

 

 

 

 

 

 

 

Orcival_chapelle_2aCette chapelle, celle de la colline d’en face, contient elle aussi une source miraculeuse. Depuis que celle de la basilique ne coule plus, elle a pris la relève.

Orcival_chapelle_1a

 

 

 

 

 

 

 

 

Orcival_chapelle_3aLes eaux de la source sont reçues dans un bassin au rez-de-chaussée, alors qu’une vierge en majesté trône sur l’autel situé à l’étage.

Orcival_chapelle_8

 

 

 

 

 

Orcival_chapelle_5L’eau coule à l’extérieur, par un tuyau où l’on peut la récupérer sans avoir à entrer dans le sanctuaire.

7 novembre 2011

La vierge noire d’Orcival



Orcival_Notre_Dame_1a

 

La statue, datant approximativement de 1170, est faite de bois de noyer recouvert dès l’origine de minces feuilles d’argent et de vermeil. Elle mesure 75 cm de haut. C’est l’une des rares statues romanes à posséder encore ce revêtement. Il fut refait par la ville de Clermont en 1631 à la suite d’un vœu. La dernière restauration date de 1960, date à laquelle elle a retrouvé la couleur d’origine de son visage. La main droite est du XVIIIe siècle, la gauche est encore plus tardive.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Orcival_Notre_Dame_10Des trous de fixation furent percés dans les têtes en 1894 pour poser des couronnes. La restauration permit de découvrir une logette dans le dos de la statue, rendue inaccessible par le placage de métal d'origine : la toute première intention a pu être d'en faire un reliquaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

Orcival_Notre_Dame_9Elle est aussi connue sous l’appellation de Notre-Dame des Fers, comme en témoignent les chaines des captifs libérés, posées en ex-voto sur le mur du transept sud de l’église.

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Orcival_Notre_Dame_3Notre-Dame fit d’autres miracles, comme ramener à la vie des enfants mort-nés, ce qui incombait auparavant à la source miraculeuse. Elle s’occupe aussi de la fécondité et de la grossesse, de la conception à la naissance. En cas d’accouchement difficile, les auvergnates priaient en ces termes : « Moun Diu, bouna Vierza d’Ourcivau, fasta bada la pourto que moun houme a tant baiza pa bada », je vous laisse le soin de la traduction… Et ne vous moquez pas, je suis auvergnate d’origine.

 

 

 

 

 

 

Orcival_Notre_Dame_11La vierge d’Orcival se trouvait dans la crypte jusqu’à une époque assez récente, en 1885, à l’emplacement du Saint-Sacrement, dans la niche centrale. C’est là que les pèlerins venaient la vénérer. Elle fut remontée dans le chœur et posée à un endroit où, le 15 août (fête de l'Assomption) à midi heure solaire, les rayons du soleil pénétrant dans l’église l’illuminent, seul moment de l’année où elle est entièrement éclairée. Mais elle ne retourne plus, comme la tradition le voudrait, dans les ténèbres de sa grotte, les mois d’hiver, quand, le signe de la Vierge se finissant, les énergies passent à saint Michel.

 

 

 

 

 

Orcival__tombeau_de_la_vierge_1Plusieurs légendes se rapportent à la statue. Une première raconte qu’elle fut faite de la main de saint Luc. Une autre qu’elle fut trouvée dans l’ancienne chapelle, l’église primitive qui se trouvait plus haut sur la colline, près d’une source sacrée, à l’endroit que l’on nomme le Tombeau de la Vierge. C’est de là que le maitre d’œuvre, voulant bâtir une nouvelle église, lança son marteau afin qu’il lui indique la meilleure place. Il atterrit là où se trouve le sanctuaire actuel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Orcival_sucellos_1Le marteau du maitre d’œuvre… Serait-ce celui de Sucellos, qui représente dans le monde celtique la puissance créatrice et ordonnatrice d’un lieu ?  Celui que l’on retrouve sur le pilier roman du chœur de l’église de Rozier-Côtes-d'Aurec

 

 

 

 

 

 

 

 

Orcival_Sucellos_2aSucellos, le dieu gaulois au maillet et au chaudron, protecteur de la fécondité (sa parèdre, Nantosuelta, est la déesse de la nature, de  la terre, du feu, de la fertilité, une vraie vierge noire en fait) qui fait jaillir les sources en frappant le sol de son maillet.

 

 

 

 

 

 

Orcival_DagdaIl est assimilé au Dagda celte, le dieu-druide par excellence (et par conséquent le dieu des druides) qui a en charge le sacré, la science, les contrats. Il règne sur le temps, l'éternité et sur les éléments, ainsi que sur le Sidh (l'Autre Monde celtique). C’est le dieu de la transfiguration (son maillet tue d'un côté, et ressuscite de l'autre) qui marque le passage de la vie purement terrestre à la vie spirituelle. Sucellos se retrouve à Dijon, ou à Gannat par exemple.

 

 

 

 

 

Orcival_Thor_Johannes_Gehrts_1Ou bien ce marteau est-il à rapprocher de Mjöllnir, le marteau de Thor, le dieu de la foudre et du tonnerre, symbole de la protection de l'univers face aux forces du chaos ? Ou est-il simplement la représentation de l’outil des maçons qui ne tarderont pas à devenir francs ? D’autres légendes similaires me reviennent à l’esprit, comme celle de la fontaine de Colombier.

 

 

 

 

 

 

 

Orcival__tombeau_de_la_vierge_3Le marteau partit donc du Tombeau de la Vierge, situé sur un petit promontoire où, en 1872, un édicule contenant une copie en pierre de la statue de la vierge noire fut construit. Juste à côté, une grande croix blanche fut érigée en 1945 par des prisonniers venus à Orcival remercier pour leur libération.

 

 

 

 

 

 

 

Orcival__tombeau_de_la_vierge_4Le chemin du pèlerinage actuel de l’Ascension se termine ici. La procession se déroule la nuit, conduite par l’évêque de Clermont.

 

 

 

 

 

 

Orcival_procession_2aLa statue de la Vierge et l’enfant, revêtus de leurs manteaux d’apparat et de leurs couronnes de pierreries, est mise sous un dais et portée par des hommes pieds-nus de la nouvelle église à l’ancienne, suivant un chemin de croix qui ne date que de 1917.

 

 

 

 

 

 

 

Orcival_plan_6Au siècle dernier, la procession se divisait : un groupe partait vers ce promontoire, le second vers la chapelle de la Fontaine de Notre-Dame située sur le versant opposé. C’est ce que l’on appelle le retour aux sources ?

 

 

 

 

 

 

 

Orcival_chapelle_2aCette chapelle, celle de la colline d’en face, contient elle aussi une source miraculeuse. Depuis que celle de la basilique ne coule plus, elle a pris la relève.

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Orcival_chapelle_3aLes eaux de la source sont reçues dans un bassin au rez-de-chaussée, alors qu’une vierge en majesté trône sur l’autel situé à l’étage.

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Orcival_chapelle_5L’eau coule à l’extérieur, par un tuyau où l’on peut la récupérer sans avoir à entrer dans le sanctuaire.

28 octobre 2011

La cathédrale Notre-Dame de l’Assomption, l’extérieur



Commençons par la partie la plus ancienne de la cathédrale,



Le chevet



Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_8Il fut donc construit par l’architecte Jean Deschamps au milieu du XIIIe siècle. Curieusement, alors que la cathédrale est dédiée à la Vierge, il comprend 5 chapelles rayonnantes, les nombres impairs étant réservés aux saints.

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_10

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_17Les chapelles, couronnées de balustrades, sont séparées par de puissants contreforts soutenant les arcs-boutants du deuxième niveau.
Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_5

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_33C’est sur la terrasse surmontant le déambulatoire que l’on trouve gravées les épures de Jean Deschamps, dessins préparatoires destinés à préparer le travail des tailleurs de pierre.
Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_plan_4

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_epure_1Elles servaient à la confection de gabarits en bois donnant le profil et les dimensions des pierres à tailler. Les gabarits étaient ainsi directement utilisables sur le chantier par les appareilleurs et les maçons.

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_epure_2Ces épures ont servi notamment à la réalisation d’une fenêtre de la chapelle de Notre-Dame du Secours Perpétuel, du galbe du porche nord et d’une baie de la nef.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_18Le chevet était surmonté d’un arbre de Jessé en bronze (schématisation de l'arbre généalogique de Jésus à partir de Jessé, père du roi David, auquel peut s’ajouter les ancêtres spirituels, les prophètes) commandé vers 1505 par l’évêque Jacques d'Amboise. Il fut détruit pendant la révolution (Il ne reste de cette première œuvre que la statue incomplète de David), rétabli par Viollet-le-Duc pour exaucer un vœu formulé par les Auvergnats en 1874, puis restauré en 1999.

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_9On peut voir sur cet ensemble les rois Salomon, Josaphat, Ezechias et David, et en-dessous les trois prophètes Isaïe, Ézéchiel et Daniel. Au-dessus, une statue de la Vierge, Notre-Dame du Retour, à laquelle les clermontois vouaient une grande dévotion : pour l’invoquer, ils montaient les marches du clocher à genoux, une chandelle allumée à la main.


 

 

 

 

 

 

 

La façade nord



Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_plan_3C’est devant cette façade que se tenait le cœur de la ville au moyen-âge : on y trouvait une croix et un petit cimetière, désaffecté au XVe siècle, où se tenait un marché. On y affichait les ordonnances, on y recevait les hauts dignitaires. Le portail est donc resté pendant longtemps l’accès principal à la cathédrale.

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_2La façade, du XIIIe siècle, s’ordonne sur 3 niveaux : le portail, la rangée de baies éclairant le triforium et la rosace. Deux tours encadrent la composition. Celle de droite ne fut jamais achevée et fut démantelée pendant la révolution.

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_1La tour de gauche, la Bayette, fut dotée d’une horloge en 1407. Elle est surmontée d'une tourelle ornée d'une cloche. La cloche actuelle, qui date de 1606, sonnait les heures d'office pour les chanoines de la cathédrale.

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_6L’architecte Jean Deschamps fut enterré au pied du portail, abimé en 1793. Le trumeau était orné de la statue de Notre-Dame de Grâce, retrouvée dans la crypte de l'église Saint-Pierre-les-Minimes. Elle est remplacée par une Vierge sans grand intérêt.

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_7Le tympan, autrefois orné de belles statues, porte la devise révolutionnaire noire sur fond blanc qui reprend l’article 1er du décret de Robespierre instituant le culte de l’être suprême le 18 floréal de l’an II : « Le peuple français reconnaît l’être suprême et l’immortalité de l’âme ».


 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_4Au-dessus, une rosace de pierre est décorée de figurines représentant les sept arts libéraux : Géométrie, Astronomie, Arithmétique, Musique, Grammaire, Rhétorique, Dialectique. Elle est surmontée d’un pélican se perçant le flanc, représentant l'Alma Mater, l'Université. Au XIIIe siècle, religion, science et culture formaient un tout.
   

 

 

 

 

 

 

 

La façade sud



Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_12Datant de 1350, elle donnait autrefois sur les bâtiments de l’évêché. Les trois premières travées possèdent une terrasse de style méridional sur laquelle vient s'appuyer des arcs-boutants décorés avec des colonnettes et des gargouilles.

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_13Le transept, encadré par l'amorce de deux tours détruites durant la révolution, est non saillant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_20Le portail est très sobre. La partie supérieure de la façade est ornée d’une grande rose de style gothique rayonnant.

 

 

 

 

 

 

 

La façade ouest



Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_24L’ancienne façade romane d’Etienne II fut détruite en 1851 et remplacée en 1866 par une nouvelle façade en style néo-gothique, à laquelle on ajouta deux travées de la nef, sur des plans de Viollet-le-Duc.

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_28Elle fut terminée en 1884 par Anatole de Baudot et Eugène Millet. Le perron et l’escalier furent rajoutés en 1902.

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_31Le tympan sculpté représente le Jugement Dernier.

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_27Saint-Michel domine au sommet du pignon, tournant le dos à sa parèdre. 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_26

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_16Des saints et des évêques sont représentés dans les bases des tours.

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_15a

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_29Les deux tours, d’une hauteur de 108 mètres (tiens pourquoi 108 ?) sont constituées de trois étages et surmontées de flèches de plan octogonal.


http://cathedrale-catholique-clermont.cef.fr/

28 octobre 2011

La cathédrale Notre-Dame de l’Assomption, historique



Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_vueComme nous l’avons vu dans l’histoire de Clermont, la cathédrale se dresse au sommet de la butte volcanique appelée le Plateau Central, aux pieds du Puy de Dôme. Imaginez la puissance du lieu.

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_plan_1bcC’est à cet endroit, où l’on a retrouvé des murs romains, que fut construit le premier édifice chrétien, aux environs de 450. L’évêque Namatius (saint Namace) la dédia aux saints Vital et Agricol (de Rome), deux hommes martyrisés en 304 à Bologne et dont les reliques furent retrouvées par saint Ambroise en 393. Nous avons une description de l’église primitive faite par Grégoire de Tours au VIe siècle dans son « Historia Francorum », qui nous apprend que l’église, la plus ancienne construite intra muros, était de plan basilical, ornée de marbre, possédait une nef et deux collatéraux. « Elle a 150 pieds de long (43,5m), 60 de large (17,4m) et 50 de haut (14,5m), possède 42 fenêtres, 70 colonnes et 8 portes ».

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_plan_2aAbimée lors des affrontements entre Pépin le Bref et le duc d’Aquitaine en 761, elle est restaurée par l’évêque Adalbertus entre 764 et 768. Détruite lors des raids normands en 915, c’est l’évêque Etienne II, ancien abbé de Conques et frère du vicomte de Clermont, qui entreprit de la reconstruire en style roman.


 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_40Appelant Alleaume comme architecte, Il la dédia à la Vierge le 2 juin 946 : normal que 4 chapelles rayonnantes aient été prévues, les nombres pairs de chapelles étant réservés aux édifices dédiés au culte marial.


 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_crypte_3aDe cette époque date la crypte, devenue indispensable avec le développement du culte des martyrs. Redécouverte en 1885, les fouilles montrèrent qu’elle fut insérée dans les fondations existantes.


 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_VN_10De cette époque date aussi la statue primitive de la Vierge perdue à la révolution. Le bâtiment servit de modèle à de nombreuses églises auvergnates, dont Notre-Dame-du-Port.
 

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_plan_1En 1248, l’évêque Hugues de la Tour, inspiré par l’adage « la mienne est plus grosse que la tienne », décida de faire construire une très belle, très importante et très moderne église dans le style gothique du nord. Il fit appel à l’architecte champenois Jean Deschamps, puis à son fils Pierre.

 

 

 

 

louis_ix_jpgMalencontreusement décédé lors d’une croisade en compagnie de Louis IX, qui avait marié son fils Philippe III le Hardi avec Isabelle d'Aragon en 1262 dans sa cathédrale, Hugues ne vit jamais la fin du chantier. C’est son cousin, Guy de la Tour du Pin, qui prit la relève.


 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_11La nouvelle église fut construite en pierre de Volvic, pierre volcanique grise très résistante. Les travaux débutèrent donc en 1248 par la construction du nouveau chœur, puis suivirent le chevet, le transept éclairé de rosaces et la première travée de la nef. De 1325 à 1340, les tours des bras de transept furent élevées par un maître d'œuvre inconnu, dont la tour de la Bayette, qui doit son nom au guetteur que l'on postait à son sommet (bayer = regarder en vieux français).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_50De 1340 à 1355, Pierre Juglar de Cébazat, connu pour avoir travaillé à la Chaise-Dieu, acheva les trois travées de la nef, qui permirent de rejoindre les tours romanes de l'église d'Étienne II. La guerre de Cent Ans ralentit le chantier. Au XVe siècle, sous l'évêque Martin Gouge de Charpaigne, un atelier local s'occupa de la réalisation d'un jubé flamboyant.

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_32Entre 1444 et 1474, le clocher dit « du retour » fut placé au-dessus du chœur. Il fut abattu au cours du XVIIIe siècle. A la fin du XVe siècle, les murs furent ébranlés par un tremblement de terre. Entre 1507 et 1512, sous l'évêque Jacques d'Amboise, une haute toiture couverte de plomb fut élevée en remplacement du toit d'origine en tuiles. C’est lui qui fut le promoteur de l’arbre de Jessé, qui orne l’extrémité du chœur.

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_21Les révolutionnaires voulurent détruire la cathédrale. C’est le bénédictin Verdier-Latour qui empêcha le désastre, en les persuadant que l’édifice ferait un lieu de rassemblement populaire pratique. Malgré tout, trois des tours des transepts furent arasées, les statues des portails et les sculptures du tympan détruites ainsi que le jubé et l’autel. La tour de la Bayette fut épargnée car elle donnait l'heure…

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_22L’église Saint-Pierre n’eut pas cette chance : il en reste un linteau en bâtière, incorporé à une façade d’immeuble sur la place des Gras, face à la cathédrale. Il représente le lavement des pieds des apôtres par le Christ, le jeudi saint.

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_30La façade romane d'Étienne II fut abattue en 1851. Les plans de la nouvelle façade furent réalisés par Viollet-le-Duc qui ajouta deux travées et les flèches.

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_25Les derniers travaux furent réalisés par Eugène Millet puis Anatole de Baudot, élèves de Viollet-le-Duc, démissionnaire du projet. Ils démarrèrent en 1866 et se terminèrent en 1884. Au tout début du XXe siècle furent ajoutés les escaliers et le perron qui précèdent la façade occidentale.
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Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_aUne visite absolument incroyable de la cathédrale, avec de superbes photos d’endroits hors du commun, comme les combles ou les escaliers des tours : ici.
Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_b

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_l_Assomption_Clermont_59http://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Notre-Dame-de-l%27Assomption_de_Clermont
http://cathedrale-catholique-clermont.cef.fr/
http://www.archipicture.free.fr/france/auvergne/puy_dome/clermont_ferrand11.html
http://www.clermont-ferrand.fr/Patrimoine,270.html
http://www.philippe-gavet.com/07/04/02/
http://www.uquebec.ca/musique/orgues/france/clermontnda.html
http://www.urban-exploration.com/exploration-urbaine/index.php?ln=FR&r=cathedrale+clermont&exact=1
"La Cathédrale de Clermont" par Anne Courtillé

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