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lieux sacrés

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31 août 2007

La chapelle Saint-Pierre

Montmajour_ermitage_26aAutrement appelée ermitage, on y accède par une porte du XIVème siècle percée dans le mur d'enceinte et gardée par un saint Pierre tenant une clef.

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Montmajour_ermitage_007a"La petite église souterraine de Montmajour fut l'asile de saint Trophime et de saint Césaire. Ces quarante-cinq marches que l'on descend, des héros, des saints, des princes les ont descendues ; Charlemagne les descendit aussi avec ses douze pairs, quand il vint s'agenouiller dans ce sanctuaire dont les murs ont tant d'éloquence. Cette caverne naturelle, avec sa nef de trois ou quatre arceaux uniformes, son long corridor étroit et sombre, qui se termine par une grotte allongée, est une des plus belles pages de l'histoire du christianisme." (D'après « Revue de l'Agenais » paru en 1875)



Montmajour_ermitage_009aOn y pénètre par un vestibule voûté en berceau constituant une sorte de narthex. Deux niches plein cintre sont taillées dans le roc.
L'église comprend deux nefs. Celle du nord est creusée dans le roc. La seconde nef est voûtée en plein cintre et comprend une nef proprement dite, une travée de choeur et une abside. Au sud, de grandes arcades retombent sur des colonnes à chapiteaux. Ces colonnes sont toutes des remplois (romains). Au nord, les arcatures retombent sur des piliers carrés.










Montmajour_ermitage_010aLes chapiteaux ont en commun des rosaces, des corbeilles végétales, des astragales au ruban de dents-de-loup, qui évoquent le cloître de Saint-Philibert de Tournus. Ce qui place la construction entre 1030 et 1050.
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Montmajour_ermitage_008aUn étroit passage conduit à une sorte de grotte naturelle où la tradition médiévale voyait les cellules des premiers moines.

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9 août 2007

L'église Saint-Laurent d'Outarville

Outarville_1Outarville est une commune de 750 habitants. Située en pleine Beauce à 20 km à l'Ouest de Pithiviers, elle est limitrophe de l'Eure et Loir. L'église Saint-Laurent a été refaite au XVIIème et restaurée au XIXème siècle. Inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, elle possède un avant-porche du XIXème, qui abrite un portail roman en plein cintre, sa cloche date de 1656.













Outarville_11Elle est la troisième d'Outarville. La première fut construite au XIIème siècle. Le cimetière y était accolé, au sud, où se situe aujourd'hui la place du marché. La deuxième église fut bâtie vers 1400 par Jean II Le Vannier. Elle fut brûlée en 1567 au cours des guerres de religion. La troisième, celle d'aujourd'hui donc, fut rebâtie par Galéas de Frétard, seigneur d'Outarville.
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Outarville_2Si l'on fait le tour de l'église, on découvre en effet divers éléments qui correspondent à différentes époques : le porche témoigne des travaux les plus récents et évoque le début du XIXème siècle. Par contre le portail qu'il abrite est du XIIIème. Six colonnes soutiennent des chapiteaux.
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Outarville_4Le mur Nord est le plus ancien. Le pignon Est présente un triplet, la fenêtre du milieu surmonte un petit contrefort. Le mur Sud porte la trace d'une arche. Le clocher est une solide tour carrée. Ce genre de tour se voit dans toute la Beauce exposée au grand vent. En 1937, les anciennes tuiles plates composant la couverture, ont été remplacées par des ardoises. En 1968, l'ancien crépi de couleur rose fut décapé. Les pierres ont été alors rejointoyées, ce qui restitua à l'édifice son caractère premier. De même, le cadran émaillé blanc de la pendule, au pignon Ouest fut remplacé par un simple cercle en métal doré.










Outarville_6Le XVIIIème siècle nous a laissé deux statues de bois : St Laurent et St Jean Baptiste. Le XIXème siècle a vu construire la tribune et ouvrir une fenêtre dans le mur sud au niveau de cette tribune. Au XXème siècle, le chœur a été réaménagé vers 1930. En 1963, la grille de ce chœur a été réutilisée pour constituer une porte fermant le dessous du clocher. L'autel adossé au mur Est, ainsi que le rétable ont été enlevés.
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Outarville_7Un autel "face au peuple" fut installé sur une estrade de bois qui recouvre des marches de pierre. cette église fut construite sur une ancienne ligne sacrée templière. On remarque en clé de voûte une croix significative. Elle est remarquable quand à la progression des énergies. On peut sentir les traces d'un ancien mégalithe, probablement situé sous la partie Sud de l'édifice.
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http://beauce45-catholique-orleans.cef.fr/Html/eglises/outarville.htm

8 août 2007

La pierre Godon, à Tillay-le-Peneux (Eure-et-Loir)

La_pierre_Godon__13Tillay-le-Peneux est une commune du canton d'Orgères-en-Beauce. Mentionné sous le nom de Tilietum-Pagani, Tilletum en 1198, Teillay-le-Pesneux en 1629. Le nom provient du tilleul, arbre présent sur le territoire de la commune depuis fort longtemps.
Près du lieu-dit de Soignoles se trouve le dolmen dit de la pierre Godon. Des fouilles y furent réalisées par Guy Richard, du service régional de l'Archéologie d'Orléans. Elles amenèrent son classement au titre des monuments historiques en 1979.

Lors des fouilles, une cinquantaine d'individus furent retrouvés (30 adultes et de 12 enfants). Selon une datation au carbone 14, ils furent enterrés entre -3400 et -3000 avant J.-C.







La_pierre_Godon__7Sur le plan architectural, 5 pierres en calcaire ou en meulière, verticales à l'origine délimitaient l'espace où étaient déposés les morts. Une petite dalle en couverture en meulière de 2,3 m sur 2,2m recouvrait et déterminait ainsi la chambre funéraire.










La_pierre_Godon__9Outre les restes humains, dents et fragments osseux, le sédiments de la chambre refermait quelques petits objets en silex taillé ou en os et de rares fragments de poterie. Un mobilier qui permet de préciser deux périodes d'utilisation du sépulcre. La première à la fin du Néolithique moyen s'est achevée par l'effondrement partiel de la dalle de couverture sur le sol de la chambre funéraire. Cet événement qui était peut-être naturel fut sur d'autres sites fouillés provoqué par les derniers utilisateurs du sépulcre.
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La_pierre_Godon__6Pendant la seconde période d'utilisation, au Néolithique final, d'autres morts sont déposés dans le fond de la chambre après avoir été introduits verticalement. Une analyse pollinique du sédiment contenu dans un crâne donne quelques informations sur l'environnement du mégalithe à l'époque des inhumation notamment l'existence de champs de blé assez éloigné mais révélateur d'une activité agricole ainsi que la présence de tilleuls qui perdurera jusqu'à l'époque moderne comme en témoigne le nom de la commune.

Ce monument fut sauvé in extremis de la destruction en 1975.

http://www.intensite.net/articles.php?lng=fr&pg=3342

8 août 2007

Le dolmen de la Pierre Luteau à Ruan (Loiret)

Dolmen_de_la_Pierre_Luteau_6Ruan, dont le nom signifie "Rue" en bas latin, s'est appelé  "Ruata" en 870. Il y fut découvert une ancienne villa gallo-romaine. Ce village possède une église du XIIème siècle, Saint-Félix.










Dolmen_de_la_Pierre_Luteau_5Mais son passé remonte à bien plus loin puisque l'on retrouve un dolmen, la Pierre Luteau, niché au milieu des champs, au lieu-dit "le Montant". Il est propriété de la commune et a été inscrit aux monuments historiques en 1992.










Dolmen_de_la_Pierre_Luteau_4Il a bien souffert, mais reste un témoin assez rare de l'époque néolithique dans la Beauce orléanaise.

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Dolmen_de_la_Pierre_Luteau_2De nombreuses légendes s'y rattachent, colportées par la tradition populaire, et les gens du coin parlent de lui comme d'un monument "druidique"...
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7 août 2007

La Pierre-clouée d'Andonville

Dolmen_de_la_pierre_clou_e_1Andonville est une commune française, située dans le département du Loiret (45). Son église, bâtie au XIVème siècle, sous le vocable de Saint-Pierre et de Saint-Loup, était à l'origine une chapelle castrale. Elle était comprise dans l'enceinte fortifiée. Une sorte de crypte ou caveau, dans les souterrains, contient les tombes des seigneurs du lieu. On retrouve encore des restes de fondations du château, détruit au XIXème siècle, et de l'enceinte. L'ancien pélerinage de Saint-Loup est encore fréquenté. Proche du village, on retrouve les sources de la Juine, de Fontaine et de Saint-Jacques.




Dolmen_de_la_pierre_clou_e__18Un peu plus loin, route d'Annemont, à 600 mètres au sud du bourg, se dresse la Pierre-clouée, ou Clouet, dite aussi Pierre Koraïre. C'est un dolmen daté du néolithique, classé monument historique depuis 1992. Il a plus de 6 000 ans.
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Dolmen_de_la_pierre_clou_e__12Au beau milieu des champs de blé, il était, selon la légende, le lieu de rendez-vous des chefs gaulois du coin.
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Dolmen_de_la_pierre_clou_e__3Formé de plusieurs blocs de grès, il présente sur l'un de ses côtés, des rainures de polissoir. Sa dalle de couverture fut brisée en trois morceaux.

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Dolmen_de_la_pierre_clou_e__10Sur l'une des dalles de support, plusieurs cupules ont été creusées. La plus profonde en haut, puis une série d'autres plus petites communiquant entre-elles. En bas de la dalle Est, on peut voir un trou. A quel rituel cette pierre servit-elle ?
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5 août 2007

L'église de Salt-en-Donzy

Salt_en_Donzy_1Entre Forez, Lyonnais et Roannais, les Montagnes du Matin sont situées dans un cadre de vallons et collines, du point culminant des Monts du Lyonnais au fleuve Loire.











Salt_en_Donzy_35Salt-en-Donzy, niché dans ces montagnes, possède un antique et riche passé. L'homme y a laissé des traces de tous les temps : de l'époque gallo-romaine où une activité se développe autour des thermes à l'époque médiévale avec le site de Donzy, l'église de style roman, le prieuré …
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Salt_en_Donzy_34Mais aussi bien avant, comme en témoigne la découverte du site préhistorique de la vallée de la Charpassonne. Salt, dont le nom signifie "qui jaillit", allusion à la source d'eau chaude du Gour-Chaud, a été une ville importante au croisement de deux chaussées romaines.
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Salt_en_Donzy_38L'église fut, à sa fondation, l'église du prieuré bénédictiin dont le bâtiment doté d'une tour subsiste à quelques pas de là, au bord de la route. Ce bâtiment dont les fondations sont gallo-romaines, fut donné en 1018 dans un état de vétusté à l'abbaye de Savigny pour devenir prieuré en même temps qu'une église proche sous le vocable de Saint Julien. Les donateurs étaient deux seigneurs de Donzy, Girlin et Jarenton, dont le chateau nous offre encore des ruines imposantes à deux km d'ici.





Salt_en_Donzy_33Des fouilles récentes ont restitué les fondations de cette église primitive de 1018. Elle possédait trois absidioles au chevet visibles sur le côté nord de l'église actuelle. Son sous-sol comportait de nombreuses sépultures du haut moyen-âge avec leur rites funéraires (ablation des pieds, réduction de squelette). Des fragments d'os gravés et une monnaie burgonde les accompagnait, ainsi que des poteries.













Salt_en_Donzy_13Cette église pré-romane fut démolie au début du XIIème siècle, et ses matériaux réintégrés dans la nouvelle construction, à l'usage des moines et de la paroisse qui se développait autour du prieuré.










Salt_en_Donzy_24L'église actuelle, de 1140, est romane, d'influence méridionnale, dans un ensemble austère.
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Salt_en_Donzy_22Les croisillons du transept sont décorés d'arcatures dont l'une, dotée d'un fût de colonne ayant probablement supporté un autel, se terminait par une absidiole peinte. Coupole en blocage sur trompes rudimentaires et piliers carrés supportaient le clocher.
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Salt_en_Donzy_14Le choeur présente des ouvertures en plein cintre : la petite fenêtre de gauche donne la dimension primitive, les autres ouvertures ayant été élargies plus tard.
A la croisée du transept, le clocher repose sur quatre énormes piliers de granit. Chaque pilier comporte 3 redans afin de donner plus de légèreté à l'ensemble. Deux de ces piliers sont couronnés de chapiteaux très simples : ce sont les seules sculptures de l'édifice.
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Salt_en_Donzy_29Côté méridionnal, dans le bras droit du transept, le mur plein est soutenu par deux arcades en plein cintre. Entre les deux, un fragment de colonne, vestige du temple romain sur les ruines duquel fut élevé le prieuré de Salt.







Salt_en_Donzy_11L'église souffrit pendant les guerres de religion. En 1570, elle fut incendiée et la charpente de la nef fut détruite. L'église fut alors réduite à son seul transept. Des travaux de restauration furent entrepris après 1614. La restauration de 1977 permit de rétablir l'église dans sa disposition primitive et fit tomber les enduits. On redécouvrit alors les arcatures du croisillon sud, la porte du clocher, la porte du croisillon nord, dite "porte des moines".






Salt_en_Donzy_16Dans l'abside, une cavité formant "dépositorium" fut dégagée et forma le tabernacle actuel. Le dépositorium était à l'origine un tabernacle inviolable, solidement fermé, où l'on plaçait les saintes espèces lors des périodes troublées.










Salt_en_Donzy_4Le bénitier, à l'entrée, témoigne aussi de l'église de 1018. Dans le bras droit du transept, sur le sol, une énigmatique étoile est tracée...
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1 août 2007

L'abbaye de Noirlac, historique

Noirlac_pr_histoireBien avant l'apparition des cisterciens, bien avant même la venue des romains, la région a vu s'installer l’homme d’Heidelberg (apparenté à la famille des homo erectus). Les nombreuses prospections dans le lit du Cher ont donné lieu à la découverte d’industries très anciennes, dont il nous reste des outils, taillés dans les galets.


Noirlac_cherBien avant encore, au début du Jurassique, la région est recouverte d’une mer chaude peu profonde en bordure du Massif Central. Une importante sédimentation génère des dépôts, qualifiés d’Hettangien selon la détermination d’Eugène Rénevier. Mais je m'égare. (http://drevant.free.fr/index.php?lng=fr)



noirlac_053aL'Abbaye de Noirlac était appelée l'Abbaye de Maison Dieu (Momus dei). Elle est située au nord de Saint-Amand Montrond, sur la rive droite du Cher dans la commune de Bruère-Allichamps : centre géométrique de la France selon les calculs du géographe français Adolphe-Laurent Joanne. Il y fut retrouvé une borne remontant au règne d'Alexandre Sévère (180-235). C'est la seule borne connue qui atteste d'un trivium (carrefour de trois routes). Elle avait été creusée en sarcophage.






noirlac_075aMaison-Dieu ? Le site eut cette dénomination jusqu'en 1276. Il faudrait y voir une de ces nombreuses maisons-Dieu, modestes fondations charitables à l'intention des pauvres voyageurs, ou bien d'un petit ermitage, témoin du spiritualisme de ce temps. Nombre de communautés cisterciennes reçurent l'hospitalité d'ermites, quand ils ne furent pas appelés pour reprendre les ermitages.







Noirlac_036aC'est donc en 1136, dans ce site sauvage et inculte, au fond d'une vallée marécageuse, conformément à la tradition, que 12 moines issus de Clairvaux s'installèrent. Ils étaient sous la conduite de leur abbé, Robert de Châtillon, proche parent de Bernard de Clairvaux : "Plante là où coulent les eaux, c'est là qu'abonde la grâce" a dit Saint Bernard... qui fut lui même obligé d'intervenir en 1149 auprès du roi afin que la petite communauté dénuée de tout puisse survivre. Une donation eut lieu l'année suivante. Elle marqua la fondation matérielle de l'abbaye. Le seigneur du lieu, Ebbe V de Charenton, leur assura les moyens de survivre et accorda aux moines, qui vivaient jusqu'alors de cueillette et d'aumône, en 1150 leur première charte d'établissement. Il abandonnait tout droits seigneuriaux en cet endroit, pour bâtir une abbaye en l'honneur de Notre-Dame.

Noirlac_048L'abbaye est un lieu triplement clos (tiens ? triple enceinte ?) : la première clôture est assurée par la topographie même, le bord de la rivière d'un côté, le versant de la colline de l'autre, en avant et en arrière des bois touffus aux sentiers à peine tracés. La seconde clôture renferme ce que l'on appelle la basse-cour. C'est là que sont reçus les visiteurs et que sont regroupés les bâtiments utilitaires. Elle fut d'abord de pieux et d'épines, avant de devenir mur en pierre. A l'orient de la cour  s'élèvent les bâtiments conventuels, dont le quadrilatère forme la troisième enceinte.




Noirlac_007aA la fin du XIIème siècle apparaissent les premiers revenus indirects : dîme, rentes en argent, produits seigneuriaux. L'abbaye s'enrichit progressivement pour atteindre son apogée vers 1250. Les grandes donations cessèrent à la fin du XIIIème siècle. C'est à cette période que Maison-Dieu devint Noirlac (première mention en 1322). La tradition rapporte que c'est à cette époque que le fils d'un seigneur se noya dans le Cher non loin de l'abbaye, au cours d'une chasse et que l'abbaye prit ce nom à cause de cet incident. Mais on peut remarquer que la carrière de pierre portait déjà le nom de Noirlac en 1261...



noirlac_054aEn 1423, les moines reçurent l'autorisation de fortifier l'abbaye, après l'épisode de l'occupation des lieux par les soudards du capitaine anglais Robert Knolles entre 1359 et 1360. Ils élevèrent un donjon, dont l'accès était défendu par un pont-levis placé sur un fossé plein d'eau qui courait tout le long de la façade de l'église.














Noirlac_044A la fin du XVème siècle l'abbaye traverse une crise morale profonde. Puis vint le système de la commende qui n'arrangea rien à l'affaire. Au XVIIème siècle, il restait 4 moines en les murs...
En 1650, les bâtiments sont gravement endommagés dans les combats opposants partisans du Prince de Condé et troupes royales.
En 1724, des travaux de reconstruction sont entrepris. Terminés en 1730, après l'obligation de vendre les bois, ils transforment complètement l’aile des moines qui ressemble maintenant à une façade classique de château. Les restes de fortifications sont rasés, le bief des pêcheries comblé.


Noirlac_052aA la révolution, l'abbaye est prête à être vendue comme maison de campagne au titre des biens nationnaux. Elle fut rachetée par Amable-Jean Desjobert, homme de loi parisien. En 1822, la demeure est rachetée par des manufacturiers, Merlin de Failly et Hull. Il transformèrent les bâtiments en fabrique de porcelaine, alors que l'aile sud était réservée au directeur, l'ancien dortoir aux ouvriers. Dans l'église, les fours de séchage et l'atelier à émail dans le choeur...




Noirlac_050aEn 1894, l'abbé Jules Pailler, curé de Saint Amand rachète le tout. Pour installer son orphelinat, il entreprend une première remise en état.




Noirlac_091aPuis en 1909, après son acquisition par le département du Cher, Noirlac sert de colonie de vacances aux premiers petits chanteurs à la croix de bois.








Noirlac_093aEn 1950, restauration sous la conduite des architectes Ranjard et Lebouteux qui prendra fin en 1980.

1 août 2007

L'église abbatiale


noirlac_054aAprès avoir franchi l'arcade, reste du long passage voûté qui formait l'entrée de la clôture, nous nous trouvons devant l'église abbatiale. Le portail d'entrée, sur la façade occidentale, était au XIIIème siècle précédé d'un porche de 4 travées voûtées.
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Noirlac_042aL'église reprend le plan en croix cistercien, composé de deux travées à chevet plat, ouvert sur la croisée du transept dont chaque croisillon porte, à l'Est, deux chapelles.











noirlac_058aLa nef comprend 8 travées voûtées d'ogives et se compose d'un vaisseau central accosté de deux bas-côtés. Les dimensions de l'église contribuent à l'harmonie de l'ensemble du monastère :
Longueur totale de 59 m, largeur 17, longueur du transept 28 m et largeur 8 m, choeur réduit à 10 m par 8. Les voûtes du transept s'élèvent à 17 m sous clé.
A noter que la largeur de la nef principale passe de 8 m entre les piles proches du transept à 7,35 m à l'entrée de l'église, ce qui forme un trapèze et non un rectangle, comme à Bourges.




noirlac_065aL'ensemble fut bâti en trois campagnes : 1150-1160, qui vit s'élever le sanctuaire, le transept, et les deux premières travées. Puis entre 1170 et 1190, le mur Sud de la nef, qui borde la galerie nord du cloître, puis enfin, dans la première moitié du XIIIème siècle, l'achèvement de la nef, la façade d'entrée et le porche.
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noirlac_060aL'église comporte deux niveaux d'élévation : de petites fenêtres se nichent sous les voûtes, au-dessus de grandes arcades brisées. Celles-ci retombent sur des piles rectangulaires. Le fût des colonnes se rétrécit dans sa partie haute, au niveau des culots, qui soutiennent la retombée des ogives.    
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noirlac_070aLe bras nord du transept est éclairé par trois fenêtres brisées et une rose polylobée. A son extrêmité, on trouve la porte des morts qui donnait sur l'ancien cimetière, situé derrière le chevet près d'une chapelle dédiée à Marie-Madeleine, disparue au XVIIIème siècle.

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1 août 2007

Le cloître

noirlac_075aLe cloître dessert par ses galeries toutes les parties essentielles de l'abbaye : la salle capitulaire, la sacristie, la salle des moines, le réfectoire.
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Noirlac_033aSes galeries s'ouvrent sur un jardin dont le puits est décentré. On  peut imaginer qu'un premier cloître, carré, existait avant la reconsrtuction de l'actuel. Ses voûtes d'arêtes sont encore visibles dans les galeries nord et sud. La reconstruction commença par les galeries nord, contre l'église, puis ouest, contre le cellier. Les colonnettes permettent d'attribuer ces galeries à la période 1270-1280.
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Noirlac_018aLa galerie sud a été très remaniée, et on lui assigne une datation autour de 1300.

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Noirlac_037aLa partie orientale quand à elle date de la première moitié du XIVème siècle : voûtée d'ogives sur plan carré, elle présente de larges arcades formé d'une quadruple arcature et d'un tympan évidé d'une rose accostée de deux triangles curvilignes, aux profils treflés et polylobés. On remarquera la dernière arcature, dont  le tympan forme une rose à 5 pétales, contrairement aux trois autres qui ont une ouverture en trèfle. Que se passe-t-il là ?






Noirlac_024aDans le décor de feuillage ((feuilles de vigne et cistelle) qui orne les chapiteaux, face à la salle capitulaire, deux têtes d'homme et de femme. Celà est inattendu dans une abbaye cistercienne, et un message est surement caché.
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Noirlac_022aUn peu plus loin, une tête regarde de l'autre côté de la galerie, où nous trouvons un echo (oiseau?) entouré de feuillages. La bouche est ouverte en forme de O. Il me semble qu'un réseau sacré passe à cet endroit.

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Noirlac_026aC'est dans cette galerie qu'en 1893, des fouilles ont permis de retrouver la tombe du fondateur, l'abbé Robert de Châtillon, qui mourut vers 1163. Le corps était revêtu d'une robe de bure marron, coiffé d'un capuchon, chaussé d'une paire de sandales. Une étole violette et or entourait le cou. A côté, une crosse en bois.








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1 août 2007

La salle capitulaire

noirlac_079aC'est la pièce la plus soignée et la plus remarquable. Elle date du XIIIe siècle. C'est le lieu de réunion de la communauté où l'abbé exerçait son magistère et où il rappelait les chapitres de la règle.










noirlac_081aD'ailleurs, les frères convers avaient droit au chapitre, mais n'avaient pas droit à la "voix". "Ne pas avoir voix au chapitre" a été souvent déformé par "ne pas avoir droit au chapitre"...











noirlac_085aL'espace rectangulaire de 12,64 m sur 8,48 m est organisé en deux nefs formant six travées carrées voûtées sur croisée d'ogives, dont les retombées sont supportées au milieu par deux piles taillées en facettes multiples et surmontées de chapiteaux ornés de feuilles d'eau, larges et plates. La salle ouvre sur le cloître par une arcade centrale flanquée de deux arcades géminées sur bahut.

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