Les Vierges de Beaumont
Beaumont, chose rarissime, possède plusieurs statues de vierges en majesté, toutes appelées Notre-Dame de la Rivière et toutes conservées dans l’ancienne abbatiale Saint-Pierre.
L’originale, qui a probablement servi de modèles aux autres, aurait pu se trouver dans la petite église en contrebas du bourg, près de la rivière Artière, là où il se pourrait que le premier monastère ait été construit. C’est une vierge en majesté du XIIe siècle, assise sur une cathèdre, typique des vierges noires auvergnates.
Malheureusement la statue est très abimée et l’enfant a disparu. Comme elle ressemble pratiquement trait pour trait à Notre-Dame de Saulzet-le-Froid et à celle de Colamine-sous-Vodable, et même à celle de Taxat-Senat, on peut imaginer l’enfant tenant un livre de la main droite et bénissant de l’autre.
La Vierge porte des traces de sa polychromie d’origine. Elle mesure environ 70 cm de haut et porte une robe couverte d’un pallium (vêtement à capuche et à longues manches) à plis verticaux réguliers avec des bandeaux à mi-manche.
Suivant les règles précises de réalisation de ses sœurs, elle se tient droite dans une pose aristocratique. Elle possède des mains démesurées, son visage aux yeux légèrement en amande ne reflète aucun sentiment. Le regard est froid, droit et lointain, comme s’il fixait un point au loin. Toutes ces caractéristiques ne sont pas dues au hasard et chacune possède une explication symbolique.
La deuxième Vierge date du XIVe siècle. Dérobée le 23 avril 2008, elle fut retrouvée après sa mise en vente en Belgique.
Elle fut restaurée au Louvre et exposée au ministère de la Culture en 2013 avant de retrouver sa place à Beaumont. La polychromie d’origine montre un certain respect des règles.
Ses mains sont disproportionnées et au vu du reste de la statue, ce n’est pas une erreur mais bel et bien voulu. Le visage de la Vierge est admirable et l’enfant est représenté avec un visage d’adulte.
Cette statue annonce quand même le style Renaissance. Cette fois, l’enfant tient un globe dans la main droite, ce qui laisserait présager que la statue du XIIe siècle n’ait finalement pas servi de modèle.
La troisième date du XVe siècle. Si la Vierge est encore assise et tient l’enfant sur ses genoux, cette fois-ci la symbolique des attitudes, des couleurs et des proportions n’est plus respectée.


