Le château Saint-Georges
Historique
Le château Saint-Georges (Castelo de São Jorge en portugais) fut construit au sommet de la colline la plus élevée de Lisbonne, difficile d’accès.
La vue magnifique sur le Tage et son estuaire permettant une bonne surveillance, les flancs escarpés du nord et de l’ouest, faisaient de cette citadelle un site stratégique de premier ordre.
La présence des hommes sur la colline remonte loin dans le temps : des traces du VIIe siècle avant notre ère, durant l’Age du Fer, furent mises à jour. Les Phéniciens, les Grecs et les Carthaginois s’y succédèrent. Les troupes romaines du consul Decimus Junius Brutus Callaicus s’y installèrent en 139 avant notre ère, puis les Wisigoths sous le commandement d'Euric au Ve siècle.
La forteresse fut agrandie par les Maures au XIe siècle, et des murailles protégeant l’Alcáçova (le Ksar, ou Alcazar, centre du pouvoir politique et militaire, avec le palais du gouverneur et les maisons des notables) furent érigées.
En 1147, Alphonse Ier de Portugal fit le siège du château pendant près de trois mois. Selon la légende, le chevalier Martim Moniz, voyant les portes se refermer, se sacrifia en s’allongeant en travers de l’entrée, afin que ses compagnons puissent entrer. Les Maures capitulèrent et le château fut placé par les chrétiens sous la protection de saint Georges de Lydda, patron des chevaliers.
Durant le XIIIe siècle, le château à son apogée devint palais royal. Les anciens bâtiments de l’époque islamique furent aménagés et agrandis pour accueillir le roi et sa cour, le palais de l’évêque et les archives.
Son rôle prit fin au XVIe siècle avec l’installation de la famille royale en 1498 dans le nouveau palais de la Rive, situé au bord du Tage. Il fut alors utilisé en tant que caserne et prison. Après le séisme de 1755, de nouveaux bâtiments, comme le quartier-général, furent construits.
Mais au XIXe siècle le château se dégrada. Il fut même interdit à la visite. Il fut classé monument historique en 1910 et en 1940 puis en 1990 d’importants travaux de restauration permirent de le redécouvrir et lui rendirent son aspect médiéval. Les fouilles archéologiques confirmèrent l’ancienneté du site.
Description
1 Donjon
2 Tour d’Ulysse, dite du Trésor ou des Archives
3 Tour de Saint-Laurent
4 Tour de la Citerne
5 Site archéologique
6 Palais royal
Les portes de la citadelle s’ouvrent sur l’ancienne place d’armes où la statue d’Alphonse Ier est à l’honneur au milieu des pins.
La vue sur la ville est époustouflante.
On longe les murailles et l’ancien palais royal en passant par ce que les lisboètes appellent le jardin romantique, puis on arrive au château.
Le château aux murs crénelés a conservé 11 de ses 18 tours, parmi lesquelles le donjon, utilisé comme poste de commandement, la tour d’Ulysse, du Trésor ou des Archives, la tour du Palais, la tour de la Citerne et la tour Saint-Laurent en contrebas.
Des escaliers permettent aux visiteurs d’emprunter le chemin de garde qui suit les murailles.
Il relie entre elles les différentes tours.
La tour du Palais, ainsi nommée en raison de sa proximité avec l’ancien palais auquel elle était probablement reliée.
La tour de la Citerne, possédant un réservoir qui recueille l’eau de pluie.
Le donjon, pièce maitresse du château. L’étendard royal y était hissé. Le premier observatoire géodésique de Lisbonne y fut installé au XVIIIe siècle.
Le rempart nord qui mène au site archéologique passe par la porte Moniz. Le site montre les restes du quartier administratif et résidentiel maure du XIIe siècle, le palais des comtes de Saint-Jacques, résidence de l’évêque de Lisbonne bâti entre le XIIe et le XVe siècle, puis remanié au XVIIIe siècle, et les vestiges d’un habitat du VIIe siècle avant notre ère, village fortifié utilisé jusqu’au IIIe siècle.





