La chapelle Sainte-Agnès de Saint-Paulet-de-Caisson
Le territoire de Saint-Paulet-de-Caisson fut habité dès l’époque néolithique. Les objets découverts sont exposés au musée de Pont-Saint-Esprit. La région fut ensuite peuplée par les Ligures et leur civilisation des oppida, puis au milieu du IVe siècle avant notre ère par les celtes Volces Arécomiques, et enfin par les envahisseurs romains. Le nom de la commune se compose de deux éléments : le premier, se rapportant au patronat de saint Paul, le deuxième probablement dérivé du propriétaire d’un domaine gallo-romain se nommant Cassius. En 756 la basse vallée de la Cèze est indiquée en tant que Valus Caxoniensis.
La chapelle Sainte-Agnès porte les traces d’un très ancien lieu de culte. Effectivement, elle est située sur une butte à côté d’un cimetière disparu, sur le trajet d’une ancienne route (devenue le GR4), et un puits celtique fut découvert sous la nef, en entrant à gauche. L’emplacement correspond à l’endroit où se situaient les baptistères, sur une ligne d’eau souterraine. De plus, le culte processionnel anciennement attaché à Sainte-Agnès tend à confirmer cette ancienneté.
L’édifice chrétien primitif, typique du premier roman provençal, de plan rectangulaire, fut agrémenté d’une abside pentagonale à trois baies au XIIe siècle. 
La porte d’entrée, surmontée d’une unique fenêtre, s’ouvre sur la façade Ouest, très sobre. 
Deux autres portes, l’une dans le mur gouttereau sud (donnant sur l’ancien cimetière, transformé en esplanade), l’autre au nord, sont murées. 
Les contreforts très fins, au niveau de l’arc du chœur, n’ont pas empêché l’affaissement de la voûte.
Le lanternon, petit clocher rectangulaire à quatre baies coiffé d’un toit conique, est appelé par les habitants de la région la lanterne des morts. Ce n’est pas une vraie lanterne telle que celle de Culhat ou de Glendalough, car il ne fut probablement rajouté qu’au XVIIe siècle. Mais la présence de la chapelle près de l’ancien cimetière pourrait laisser supposer une fonction similaire. Sa légère inclinaison est la conséquence de l’affaissement de la voûte.
La chapelle était fermée lors de ma visite. Les photos de l’intérieur sont prises sur l’historique posé près de l’entrée, ce qui explique leur mauvaise qualité. Elles montrent quand même la nef à deux travées, soutenue par des pilastres évidés en V, l’arc triomphal qui, malgré sa déformation, est un arc en plein cintre, et l’abside formée de cinq arcatures à double voussure. On devine la présence d’un banc en pierre autour de la base de l’abside, typique du premier art roman, influencé par l’art lombard.
Les chapiteaux des pilastres, ou ceux qui servent de cul-de-lampe aux retombées des arcs, sont sculptés de têtes archaïques (masque humains isolés ou par deux) qui évoquent l’art gaulois.
Que de sérénité en ce lieu, ce que les vignes alentours, classées en Côtes du Rhône, ne démentiront pas. 
http://www.ville-saintpauletdecaisson.fr/chapelle/chapelle.html