Le prieuré de Pommiers, description
On arrive à Pommiers en passant devant l’ancien pont de la Valla, édifié au XV ème siècle au dessus de l’Aix. Il est composé de trois arches gothiques renforcées d’épais éperons. C’est sur ce pont, dit-on, que le prieur de Pommiers, seigneur ecclésiastique qui avait droit de justice, remettait les condamnés au comte du Forez.
Puis l’ancien chemin du pavé, appelé ainsi en souvenir des romains, nous amène à la porte du Pavé, datant du XIII ème siècle. 
Cette porte fortifiée comportait un système défensif composé de deux tours portières et d’un pont-levis, précédés d’une rampe d’accès bordée de murs et plus bas, une barbacane. C’était à l’époque la seule entrée du monastère.
Sur son tympan, une plaque garde le souvenir de l'édit royal de Charles VII en faveur de l'Université de Caen :
« En l’an de grâce MCCCCLII et de son règne le XXXI ème, le roi Charles VII confirme à Pommiers en Forest les privilèges, libertés et franchises de l’université de Caen, le XXXI ème jour d’octobre ».
Le chemin passe alors devant l’ancienne église paroissiale Saint-Julien. Datant du XI ème siècle, elle fut convertie en habitation en 1821.
Les propriétaires, agrandissant leur demeure, firent disparaître le portail ouest et amputèrent l’abside. Très simple, elle était composée d’une nef à trois travées et d’une abside semi-circulaire. 
Devant le parvis, l’ancien puits fait face à l’église prieurale. C’est à cet endroit que devait se trouver l’ancien lieu de culte, datant à mon avis d’avant l’arrivée des romains.
Sur la façade d’une habitation, Adam et Eve en simple appareil nous contemplent.
Nous arrivons alors à l’endroit où se tenait la porte desservant l’enclos monastique. Il comportait à l’est l’église bénédictine et le cloître, dont seule deux galeries furent construites.
A droite de l’église se trouve la façade souvent remaniée du prieuré primitif.
Entre l'église et le monastère, le cloître est formé d'arceaux à plein cintre supportés par des piliers carrés. Il entoure de trois côtés une petite cour qui comporte en son centre une margelle d'une seule pierre surmontée d'un toit. Sous les arceaux du cloître ouvraient la cuisine, le réfectoire, la salle capitulaire. 
Au sud, l’hôtel particulier du prieur commendataire, datant du premier tiers du XVI ème siècle, le pressoir et le cuvage. La façade de l'hôtel est due au prieur Jean de Bourbon. Elle comporte trois arcatures surmontées de trois belles fenêtres à meneaux qui éclairent une galerie au premier étage.
Dans la tour octogonale se tenaient les assises du juge-châtelain qui rendait la justice au nom du prieur. Son entrée est surmontée d'une armoirie très abimée dans un tympan très orné. A l’ouest, les écuries et au nord, les étables et la basse-cour. Ces dépendances sont aujourd’hui des habitations.
La cour débouche sur un porche du XV ème siècle sans ornement.


