L'église abbatiale
Elle a été construite de 1127 à 1150 selon un plan cruciforme et des proportions, qui lui valent d'être considérée comme une église-type de l'architecture cistercienne.
Elle mesure 66 mètres de long, le transept mesurant 19 mètres. La nef, de 8 m de large, est flanquée de deux bas-côtés. 
Les arcades sont en voûte brisée reposant sur des colonnes aux chapiteaux à décor lancéolé, avec un faible relief, respectant ainsi la règle cistercienne.![]()
Le chœur, de forme carrée, est plus bas que la nef. Le pavage est fait de céramiques, qui recouvraient auparavant l'ensemble du sol de l'édifice.
Malgré les interdits répétés du chapitre général, les bienfaiteurs obtiennent d'être enterrés dans ce choeur : il s'agit du chevalier Mello d'Epoisses et son épouse.
Au Moyen Âge, et jusqu’en 1745, la façade était précédée d'un porche dont on voit encore les corbeaux. Le portail cintré est surmonté d'une rangée de quatre petites baies cintrées, elles-mêmes dominées par un ensemble de trois baies. La fenêtre centrale, plus grande, est garnie de colonnettes. 
Donc sept fenêtres (nombre symbolique) diffusent la lumière au couchant.
Le chevet plat, peu élevé, est amplement dominé par le pignon de la croisée. Celui-ci, comme le chevet lui-même est largement ajouré par des baies cintrées.
À l'intérieur, on peut admirer une Vierge à l'enfant datant du XIIème siècle. Cette statue fut longtemps exposée aux intempéries dans le cimetière de Touillon (commune voisine de l'abbaye). 
La Vierge porte l'enfant Jésus sur son bras gauche, il entoure le cou de sa mère de son bras droit et tient sur sa poitrine une colombe aux ailes déployées avec sa main gauche. Protectrice de l'abbaye, la main droite aujourd’hui mutilée tenait autrefois un sceptre. On remarque quelques traces de polychromie dans les plis de son manteau.(bleu)
Nul autre mobilier n'est visible, les stalles originales ayant été abîmées par l'humidité, obligeant à un relèvement du sol de près d'un mètre à la fin du XVIIIème siècle.
Une Dame, nous devons retrouver son parèdre, saint Michel. Et oui, il est bien là, au nord de l'abbaye, sur son socle, en hauteur... Il foule aux pieds le dragon.
