Le prieuré de Saint-Martin de Salles-Arbuissonas
Le prieuré de Saint-Martin de Salles fut fondé par les moines de Cluny vers 950. Une première église est terminée en 1100 dont il reste l'abside et le cloître. La bâtiments conventuels datent de 1150 et furent agrandis en 1250. Après 35O ans de présence des moines bénédictins, ce sont les bénédictines qui s'y installent en 1301. Au début du XVème siècle, elles font bâtir la salle capitulaire et la porte qui donne sur le cloître. En 1647, les dames bénédictines devenues riches cherchent à s'affranchir de la règle clunisienne.
Au
fil des siècles, les jeunes femmes qui devenaient "bénédictines de
Salles" y venaient parce qu'elles ne trouvaient pas le mari digne de
joindre ses armes aux leurs, ou que, plus simplement, elles
recherchaient une ambiance calme auprès de dames de leur condition,
tout en évitant les rigueurs d'une clôture trop sévère. En 1777, elles
passent de l'obédience de Cluny à celle, beaucoup plus tolérante, de
l'Archevêque de Lyon : elles élaborent elles-mêmes de nouveaux statuts
qui augmentent le nombre de quartiers de noblesse exigés à l'entrée et
obligent les dames à construire leur propre maison dans une enceinte
réservée. Les voeux disparaissent et sont remplacés par une Profession
qui n'est qu'une cérémonie assujettissant à un règlement très souple;
en particulier, les chanoinesses-comtesses ont la possibilité de sortir
à volonté pendant le jour et d'avoir des servantes.
La révolution
balaie cette conception fastueuse de la vie monastique. Les maisons des
chanoinesses sont vendues comme biens nationaux, trois côtés du cloître
sont abattus, la sacristie et l'église sont pillées.
Le cloître
Il est très beau même s’il n’en reste qu’un quart puisque seule la face du levant qui longe la salle capitulaire est encore debout.
Les colonnes alternent d’un gros pilier à deux colonnettes accouplées. Les chapiteaux au sommet des piliers, ornés de feuillages, sont tous différents et supportent dix petites arcades avec l'alternance d'une colonne simple et de deux colonnes accouplées, qui donnent au tout une élégance remarquable.
La salle capitulaire du XVème siècle
De style gothique, elle marque la prospérité du XVème siècle. Un gros pilier central supporte la voûte. Les quatre grandes travées sont couronnées par une clef de voûte portant un des quatre symboles : le lion pour Saint marc, l'aigle pour Saint Jean, le taureau pour Saint Luc et l'homme ailé pour Saint Mathieu.
L'ange peint sur une des nervures représente un ange peint qui porte l'écu au Lion noir. Au centre de cette salle se trouve un gros pilier qui s’épanouit en une foule de nervures qui supportent la voûte.
Ces nervures divisent la salle en cinq travées. Les quatres plus importantes se couronnent par une clef de voûte qui porte un des quatres animaux symboliques des évangélistes alors que la cinquième porte un ange peint. Trois retombées de voûtes s’amortissent sur des culs-de-lampe ornés d’un même feuillage. La salle est éclairée par cinq fenêtres dont l’une est devenue une porte.
Les dames du XVème siècle avaient orné la salle capitulaire de belles peintures, mais celles du XVIIIème siècle les recouvrirent de chaux. Au milieu du XIXème siècle, M. l’abbé Laurent a fait gratter les murs et a ainsi fait réapparaitre saint Odilon et saint Hugues abbés de cluny.
Le parloir
De
puissantes voûtes gothiques surprennent par les deux clés totalement
décentrées. Un curieux personnage y est figuré, nous montrant de son
doigt... son anus !
http://www.salles-arbuissonnas.mairies69.net/
http://notes.romanes.free.fr/images/rhone/salles/photos.htm