Le cloître
L'absence de trace de reprise dans la maçonnerie montre qu'il a été construit en même temps que l'église Notre-Dame. Il forme un rectangle de 27m sur 24. Ses quatre galeries, de 4,30m de large, s'ordonnent autour d'une cour centrale qui abrite une citerne receuillant les eaux de pluie collectées pour l'alimentation de la communauté grâce à l'impluvium que forment les dalles des toitures disposées en imbrication.
Les murs des galeries en façade sur la cour sont doublés par de grands arcs bandés entre des piliers massifs. Ce sont en fait des arcs segmentaires inspirés des cryptoportiques (portiques souterrains) du forum romain d'Arles, qui confortent la structure de l'édifice tout en dégageant au maximum les arcatures afin d'améliorer l'éclairage du promenoir.
Chacune des galeries est voûtée en berceau est divisée en tois travées par des doubleaux qui s'amortissent sur des consoles sculptées. Elles s'ouvrent vers la cour par quatre arcatures sur les longs côtés et par trois seulement sur les autres faces. (symbolique du 4 et du 3, et donc du 7).

La galerie Nord est la plus ancienne. Elle est apparentée au cloître de Saint-Trophime d'Arles.
On retrouve parmi les sculptures salamandre, tarasque, et autres dragons et chimères. Toujours un homme présenté comme étant avalé par le monstre, alors qu'il est en renaissance. Il sort de la bête transformé.
Des acrobates commencent leur retournement, les pieds s'élevant au ciel. Les décors de la galerie Nord ont été restaurées au XIXème siècle par l'architecte Henri Révoil.
Dans cette galerie sont placées des tombes, dont l'enfeu de style flamboyant de l'abbé Jean Hugolen (+1430), et des dalles funéraires.
La galerie orientale (Est) s'ouvre par l'enfeu des comtes de Provence. Des tombes ont été creusées dans le rocher : celle de Raymond Béranger IV (+1181) qui avait accordé le privilège de recevoir le premier esturgeon pêché dans le Rhône... Les moines ont du y transferer aussi les restes de leurs premiers bienfaiteurs, les comtes d'Arles du XIème siècle.
C'est dans cette galerie que l'on retrouve les chapiteaux romans intacts. Un acqueduc gothique traversait la galerie dans sa partie Sud. Il alimentait le logis de l'abbé construit au XIVème siècle entre la tour et l'église.
La salle capitulaire s'ouvre vers le milieu de la galerie. A moitié rupestre, elle était éclairée par un oculus percé au Sud.
La galerie méridionnale (Sud) est de structure romane, mais a été sculptée plus tard, au XIVème siècle. On retrouve ici les ânes, les dromadaires, des singes et des aigles.
Nous avons aussi des scènes plus réalistes, comme le combat de chevaliers ou la Pentecôte, ou bien le couronnement de la vierge. Les chapiteaux à décor floral sont du XIXème siècle.
La porte du réfectoire s'ouvre dans cette galerie. Elle est flanquée de deux statues d'époque romane. Comme le chapitre, le réfectoire est en partie aménagé dans le rocher, que complètent les murs. Il communiquait avec le dortoir par un escalier en vis. En 1941, sa voûte s'éffondra. Il fut réaménagé en salle d'exposition, et nous ne pouvons plus l'admirer dans sa simplicité.
La galerie occidentale (Ouest) a été profondément transformée en 1717-1718 lors de l'érection du monastère mauriste. Les colonettes ont été remplacées par des piliers qui ont réduit les ouvertures et défiguré la façade.
Mais l'ordonnance intérieure a été conservée. Sont évoqués les éléments (Mistral, Lune, Soleil, Feu) et la renaissance à l'état d'initié par la Tarasque "dévorant "un homme ou bien Jonas et la baleine, et un taureau nous rappelle que ce lieu fut peut-être, avant qu'il soit christianisé, dédié à Mithra. 
Un acrobate est présenté officiellement comme "le retour à l'animalité" alors que c'est l'inverse...
Et nous retrouvons notre Marie-Madeleine...





