La chapelle Sainte-Croix
Située à peu de distance du monastère, la chapelle Sainte-Croix, bâtie en 1019, se dresse au coeur du cimetiere rupestre, dont les tombes orientées envahissent tout l'espace disponible, jusqu'aux marches de l'escalier d'accès.
C'est un édifice remarquable par son plan rayonnant en forme de quatre-feuilles, à l'image de la croix dont il était le centre de dévotion. Le pardon de Montmajour, institué vers 1030 dans la première crypte de la basilique Notre-Dame, y a été transféré vers la fin du XIIème siècle, en dehors de la clôture, afin de faciliter l'accueil des pélerins.
Les bénédictins de Montmajour mirent deux siècles entiers pour assainir l'endroit. Au cours de ce travail, ils découvrirent les ossements de ceux qui les avaient précédés sur la butte sacrée. Les tombes qui entourent l'abbaye sont creusées dans la roche bleue, avec un coussinet de pierre pour soutenir la nuque du défunt. Les plus petites ne sont pas, comme on l'a cru, des tombes d'enfants, mais des réceptacles où l'on recueillait, pêle-mêle, les restes épars des morts les plus anciens.
Deux de ces tombes, sous le portique de la chapelle, symboliseraient l'une la mort, l'autre la nature. Creusé lui aussi dans le roc, une sorte de siège vous sera désigné comme le confessional de saint Trophime, c'est-à-dire la cellule de cet ermite qui, dit-on, se serait réfugié à Montmajour au temps de la persécution.
Eglise reliquaire dédiée à la crucifiction, cette chapelle inscrivait de fait dans le paysage une image du Saint Sépulcre, le tombeau du Christ à Jérusalem. Elle était également l'église funéraire de la partie du cimetière réservée aux laïcs. L'édifice a ainsi été pourvu d'une lanterne des morts, ou fanal. (Voir ici) La nuit, une lampe brûlait au centre du monument, et, conformément à l'usage admis dans les premiers siècles du moyen âge, ces trois fenêtres projetaient la lueur de la lampe dehors. Pendant l'office des morts, un frère sonnait la cloche suspendue dans le clocher au moyen d'une corde passant par un œil, réservé, à cet effet, au centre de la coupole.
Précédées à l'Ouest par un vestibule formant narthex, les 4 absides semi-circulaires voûtées en cul de four s'articulent sur une travée voûtée en arc de cloître. 
Le plus extrème dépouillement caractérise ce volume intérieur enveloppé de pénombre. L'essentiel de la décoration vient se loger dans la corniche, dont les modillons et métopes sont ornés de motifs végétaux. Les 4 absidioles s'ordonnent autour du massif carré qui domine la croisée et dont chaque pan est terminé par un fronton triangulaire bordé par une corniche, elle même soulignée par une file de denticules décorées de motifs végétaux ou géométriques.

