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26 avril 2007

Vierge de Coulandon

Coulandon_vierge_aVers l’an 1000, l’évêque de Clermont, Etienne II, demande à son orfèvre Aleaume de réaliser une statue de Vierge à l’Enfant, destinée à recevoir des reliques, dont l’âme de bois est recouverte d’or et de pierres précieuses.
Cette majesté servit de modèle à une importante production destinée à présenter aux fidèles une image intemporelle de la Mère de Dieu et du Sauveur. La Vierge est assise sur un trône, la tête droite, et de face. Elle est vêtue d’une longue tunique et d’un manteau à larges manches. Le voile sur la tête laisse voir ses cheveux au niveau du front. Les drapés des statues les plus anciennes offrent des plis concentriques mais deviennent plus plat en avançant dans le temps. La Vierge tient l’enfant assis sur ses genoux, il bénit de la main droite et tient le Nouveau Testament de la main gauche.
La Vierge en Majesté de Coulandon est une ronde-bosse en bois marouflé (recouvert de tissu) polychrome de 77 cm de hauteur. Elle provient de l’église paroissiale de Coulandon, a été sauvée du bûcher révolutionnaire et conservée par la famille Aumaître qui l’offrit à l’abbé Joseph Clément avant 1910 ; elle fait partie du dépôt d’art sacré de l’évêché de Moulins.
La statue fut présentée en décembre 1904 à l’exposition internationale mariale de Rome pour l’étude de la permanence et de l’imitation des types à travers les âges.
La Vierge est assise sur son trône et présente l'enfant couronné sans le tenir. Elle est vêtue d’une tunique et d’une cape aux plis peu marqués, caractéristiques des représentations du XIIIème siècle ; elle est coiffée d’un voile qui épouse son crâne et laisse à peine voir ses cheveux châtains coiffés d’une raie médiane. Son visage est éclairée par ses immenses yeux bleus, son air serein a perdu la sévérité des Vierges des XIème et IXIème.

http://www.ville-souvigny.com/SouvignyII/Souvigny/Tourisme/Musee/Vierges.html
http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Coulandon&DOM=Tous&REL_SPECIFIC=1

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S
Bonjour, je ne sais pas vers qui va partir ce mail, mais il me faut apporter quelques remarques, au moins sur la Vierge de Coulandon.<br /> Je suis restauratrice de sculptures, et la Vierge de Coulandon m’a été confiée pour son étude et sa restauration. La photo de l’article n’est pas très parlante, puisque j’avais temporairement rendu cette Vierge pour son exposition, dans un état dit « à mi-restauration ».<br /> A a décharge de l’auteur€, je n’ai pas encore rédigé mon rapport d’intervention, mais sait-on de toute façon qu’une œuvre restaurée est une œuvre documentée ?<br /> <br /> Quoi qu’il en soit, il faut être vraiment prudent quand on décrit une sculpture ancienne dans son état du XXIe siècle.<br /> Pour ce qui est de cette Vierge, nous avons choisi, en accord avec le conservateur Antoine Paillet (musée de Souvigny et Conservateur délégué des Antiquités/ Objets d’Art de l’Allier), de ne pas remettre au jour son état original trop dégradé, mais un état postérieur, ancien mais indatable. Avant restauration, la polychromie originale était couverte d’au moins 5 repeints. On peut penser que son état en 1904 correspondait à celui avant restauration. C'est-à-dire une statue très empâtée, avec une peinture grossière à fleurs barbouillées, effectivement sur un marouflage. Le visage était devenu noir par mauvais vieillissement d’un vernis. Les mains actuellement visibles sont des réparations (XXe siècle ?)<br /> Il y a néanmoins des informations sur la polychromie originale. Ainsi que sur le mode de représentation. Je veux dire que les plis étaient bel et bien creusés, assez géométriquement, sur l’avant des jambes. Ces creux se sont remplis de poussière et le repeint a été posé dessus dans dépoussiérage préalable. Ainsi aujourd’hui, même après élimination de trois repeints, on a ces formes plus lisses. La distribution des vêtements aussi est modifiée : à l’origine, un bandeau en relief courait d’une épaule à l’autre horizontalement, ce qui n’a rien à voir avec le voile peint aujourd’hui. <br /> Je ne peux rien dire sur les carnations originales … et donc on ne sait rien de l’expression originelle de cette Vierge, vraisemblablement beaucoup plus figée, moins modulée.<br /> En revanche, j’ai relevé plusieurs indices laissant penser que la Vierge, du moins pour ses vêtements, était couverte de feuilles d’argent (aussi précieux que l’or car plus difficile à extraire, si je ne m’abuse), argenture rehaussée de motifs géométriques et de glacis colorés. Rien à voir avec ce qui est révélé aujourd’hui.<br /> <br /> Pour info., la Vierge de Coulandon devrait être ré-exposée à Souvigny pour l’exposition sur les Saints en Bourbonnais à partir du 28 juin 2008. Sa restauration est terminée, et on peut la voir aujourd’hui, parée de son … deuxième repeint.
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