Notre-Dame de Vernouillet
C'est
au musée des amis du vieux Bourbon de Bourbon l'Archambault que se
trouve la statue de l'ancien prieuré de Vernouillet. Elle fait l'objet
d'un pelerinage le 8 Septembre, fête de la nativité, à l'intention des
futurs mariés et des couples stériles. Cette vierge en majesté est
restée dans le monastère bénédictin de Vernouillet jusqu'à la
révolution. Alors cachée dans le tronc d'un chêne, trop étroit pour la
contenir, l'enfant fut raboté.
Le prieuré est une propriété privée maintenant, et les visiteurs sont les mal-venus.
«
L’ensemble du prieuré fut vendu 5300 livres, le 26 mars 1791, par le
district de Cérilly. L’ancienne chapelle a été transformée en
habitation particulière qui, dans un petit réduit, a conservé la
vieille statue de la Vierge. Cette chapelle était composée du
sanctuaire (8mx6, hors d’œuvre) couvert par des voûtes d’arêtes dont
les nervures retombent sur des consoles du commencement du XIVe s. Les
parements de cette partie de l’édifice sont en grès et offrent un moyen
appareil très régulier ; de la nef, qui mesure 13 mètres de longueur,
et qui a été reconstruite plus tard et complètement bouleversée par les
dispositions nouvelles de l’habitation. Un campanile surmontait le
pignon du chœur. Sous le carrelage on a trouvé des cercueils de pierre
en forme d’auge, avec leurs couvercles à pans. » (Abbé Joseph CLEMENT,
Inventaire archéologique et bibliographique des communes du département
de l’Allier. Canton de Bourbon l’Archambault
« La Vierge est représentée assise sur un siège sans dossier et muni d’arcatures trilobées sur les côtés ; elle a la tête couverte d’une cape et porte une robe à larges anches pendantes ; sur ses genoux est assis l’Enfant bénissant ; une niche à reliques est creusée dans le dos de la statue ; les vêtements sont ornés de peintures du XIIIe siècle formant des bandes remplies d’un jeu de losanges à fleurettes roses bordées d’ocre sur un fond bistré semé de croisettes noires. » (M. GENERMONT et P. PRADEL, Les Églises de France.)
«
Cette curieuse figure de la Vierge, qui paraît remonter au XIIIe
siècle, est sculptée en bois plein de chêne. La madone est assise sur
un siège droit, sans dossier, mais dont les côtés sont élégamment ornés
d’arcades trilobées et ajourées. La Vierge est vêtue d’une cape qui
recouvre sa tête et dont les manches longues et pendantes forment de
nombreux petits plis qui lui donnent un cachet byzantin. Le capuchon
d’où s’échappent les cheveux ondulés rappelle la vieille coiffure de
cette région. Dans la partie dorsale de la statue on a creusé un
compartiment – sorte de custode de reliques – qui était autrefois fermé
par une porte scellée de trois pentures dont deux ont disparu. La
Vierge repose sur un coussin et tient sur ses genoux l’Enfant Jésus
bénissant le monde à la manière latine. Toute la statue, sculptée dans
le même bois, est peinte, la robe et la chape en rouge, l’Enfant Jésus
en vert, la chaise en blanc avec ornements rouges et verts. » (Abbé
Joseph CLEMENT, Inventaire archéologique et bibliographique des
communes du département de l’Allier.)
Réputée
pour être la protectrice des amoureux, elle donnait lieu à un
pélerinage en septembre au cours duquel les jeunes filles cherchant un
mari lui offraient un ruban de couleur moyennant quoi leur voeu était
éxaucé dans l'année. Il fallait mettre un ruban autour du cou de la
statue et emporter un morceau de ceux qui s’y trouvent déjà. Les jeunes
filles alors disaient :
"Boun vierge des nouyés,
Parente à nout'Javot
Bayez m'dont un houmme
Qu'au siesse fait comme veudra
Tordu, bossu mais pourvu qu'en siesse un."