Notre-Dame de Mailhat
Autrefois, l’église de Mailhat possédait deux vierges en majesté, Notre-Dame de Mailhat et Notre-Dame des Varennes, du XIIIe siècle, volée en 1974.
La statue de Notre-Dame de Mailhat fait partie des vierges noires. En bois marouflé, polychrome, elle date du XIIe siècle. Les moines, au XIVe siècle, la posaient dans la chapelle funéraire dédiée à la Vierge. Elle fut restaurée en 1994, et fait l'objet d'une procession dans le village chaque 15 août.
Afin de la préserver, la statue originale, gardée par les familles du village en secret, fut copiée. C’est cette copie, bénie en 2004 par le Père Ayel, responsable de la Commission de l'Art Sacré et représentant l'archevêque de Clermont, qui est présentée dans l’église. 
La vierge noire de Dijon
Une statue existait déjà dans le premier sanctuaire, Notre-Dame de l'Apport. On se souvient de l’emplacement de la chapelle, au milieu du quartier populaire où se trouvait le marché, centre économique de Dijon. Au XIII ème siècle, elle fut transférée dans la nouvelle église gothique, dans une chapelle du transept.
Elle devint Notre-Dame de l'Espoir après l’épisode de Régnier Pot, prisonnier des Turcs au cours de la bataille de Nicopolis en 1396 : confronté à un lion dans un cirque, il aurait terrassé la bête après avoir invoqué Notre Dame de l'Apport. Dans le dernier tiers du XIV ème et au début du XV ème siècle, les ducs de Valois lui firent régulièrement des offrandes en cire et en argent. Le nom de Notre-Dame de Bon Espoir s’installa après la levée du siège de la ville par les Suisses en 1513.
En février 1794, sous la Terreur, des révolutionnaires envahirent l'église et renversèrent la statue de la Vierge. L'enfant disparut alors. Un Dijonnais se l'appropria. Peu après, une sacristine de l'église, Marthe Lamy, lui racheta la statue et la mit à l'abri chez elle. En septembre 1803, Pierre-Bernard Ranfer de Bretenières, maire de Dijon, vint en procession chez Marthe Lamy la chercher pour la replacer dans l'église.
Le nom de Notre-Dame de Bon Espoir fut confirmé en 1832 et 1854, quand Dijon fut préservée des épidémies de choléra, puis de la guerre de 1870, et enfin lors de la libération en 1944, quand les allemands abandonnèrent la ville sans y faire de dégâts.
Les nombreux ex-voto ornant les murs des bras du transept témoignèrent de la dévotion à la Notre Dame. Elle est invoquée pour les biens de la terre, les épidémies, la sécheresse, pour des grâces particulières et des vœux, la libération des prisonniers, la paix.
Bien que recouvrant les caractéristiques du XI ème siècle, la statue de la Vierge n’est mentionnée pour la première fois qu’en 1387, dans le testament de Jean le Barbon. Il s’agit d’une Vierge assise du type « Sedes Sapientiae », en bois, comparable aux Vierges auvergnates.
Elle représentait à l'origine la Vierge assise sur une cathèdre (disparue), couronnée, tenant sur ses genoux l'enfant également couronné. La polychromie romane lui offrait une tunique blanche, un bliaud vert foncé et un voile blanc couvrant la tête et retombant sur les épaules. Son visage était peint d'une couleur claire. Je parie que ses mains étaient démesurément longues et que l’enfant portait une tunique rouge. Ce n’est qu’au XVI ème siècle que le visage de la statue fut peint en noir.
En 1945, une restauration retira cette couche de peinture, révélant la polychromie d'origine, mais une légère teinte noire fut appliquée sur le visage seul, pour ne pas rompre avec la tradition. En 1963, elle fut définitivement enlevée. Elle n’en reste pas moins l’une des représentations les plus émouvantes de ce que l’on appelle les vierges noires, n’en déplaise à certains.
Émouvante aussi puisqu’elle est la seule vierge noire sexuée. En effet, avec ses seins lourds et son ventre rebondi, c’est une véritable vierge mère, une mère nourricière, la Mater symbole de fécondité.
Notre-Dame la Noire de Lantenay
Sur la commune de Lantenay, en Côte d'Or dominant le bourg, se trouve, dans une
propriété privée, la chapelle Notre-Dame la noire. Datant du XIIème
siècle, elle fut construite par Agnès de France, fille de saint Louis, à
côté d'une source sacrée.
Il y a encore
quelques années, trônait en son sein une vierge noire de toute beauté,
d'une hauteur de 70 cm, de style "byzantin".
Elle était le but d'un
pèlerinage très fréquenté, et répondait à sa sœur, Notre-Dame
d'Étang, de l'autre côté de la vallée. La légende dit qu'elle fut
donnée par un croisé, donc d'origine orientale.
Cette vierge
se trouve aujourd'hui à Dijon, au musée des Arts Sacrés. Oubliée, mais
en bonne compagnie, puisqu'une autre de ses soeurs, Notre-Dame de Vievy,
se trouve à ses côtés.
La vierge noire de Beaune
Est-ce Mathilde, sœur du pape Callixte II et femme du
duc capétien Hugues II, qui, par l'intermédiaire de son père mort en
Orient, fit don d'une vierge noire à l'église en construction ? Cette
statue reliquaire en bois fruitier est une réplique de Notre-Dame du
Port de Clermont, d'autant plus précieuse que l'originale a disparu.
La nouvelle église fut tout naturellement dédiée à la Vierge et devint Notre-Dame de Beaune. La statue fut vénérée : on la promenait en ville lors des épidémies de peste.. L'endroit fit partie des étapes sur le chemin de Compostelle, et les templiers venaient lui rendre hommage.
Le physique à l'orientale de cette vierge noire détonne
avec celui, plus occidental, de son fils. Ce n'est pas, comme ses sœurs
auvergnate, une vierge aux grandes mains, mais elle possède tous les
attributs, en commençant par les couleurs de sa robe.
Vierge à l'enfant, titre inconnu
Au Louvre, à côté de Notre-Dame de Baroille, se tient cette merveilleuse vierge. Elle fut acquise par le musée en 1894.
En bois de noyer, datant du deuxième quart du XIIème siècle, elle porte des restes de sa polychromie d'origine.
Cette vierge est une statue reliquaire, comportant une cavité destinée à abriter des reliques.
Impossible, malgré mes efforts, de savoir d'où elle provient.... Si l'un d'entre vous peut éclairer ma lanterne ?
Notre-Dame de Baroille
Au Louvre, dans l'aile du pavillon Richelieu, se tient une très belle vierge en majesté, qui ressemble fort à nos vierges noires, Notre-Dame de Baroille. Le petit hameau de Baroille se trouve dans le département de la Loire, sur la commune de Saint-Georges-de-Baroille, aux confins nord de la plaine du Forez. Dans la chapelle du XIIème, se tenait cette Vierge, pour laquelle de nombreux pèlerins se sont mis sur les routes chaque année, le 8 septembre. En 1952, faute de participants, la statue fut vendue au musée du Louvre.
Cette statue de 53 cm de haut obtenue à partir d'un moule, est faite d'un alliage à base de plomb et posée sur un support de bois.
Plusieurs autres statuettes furent obtenues à partir du même modèle dont la plus célèbre, Notre-Dame de la Victoire, est conservée à Thuir.
D'autres, comme celle de Châteauneuf-les-Bains, dans le Puy-de-Dôme, ou celle de Barcelone, en Espagne, ont aussi la même origine.
Notre-Dame de Confession, l'antique Vierge noire de Marseille
Le
vocable de Notre-Dame de Confession est connu à partir du XIIème
siècle. La statue, d’une hauteur de 98 centimètres, fait partie de la
renommée de l'abbaye, et se situe dans la crypte. Quant à son histoire,
elle est ancienne. On affirmait autrefois qu'elle avait été rapportée
par Lazare, et sculptée par saint Luc dans un bois de fenouil. En
réalité, elle serait du XIIIème siècle, et en bois de noyer très
sombre. Son autre surnom de Feunou serait issu, non pas de fenouil,
mais du feu nouveau. La Vierge, couronnée et voilée, trône en majesté,
tenant, de la main gauche, l’enfant Jésus sur ses genoux.
Il semble attesté qu'à la Chandeleur, le 2 février, la Vierge était et
est habillée de vert, et que les fidèles appelés à la procession
reçoivent des cierges bénis de couleur verte. François Marchetti
signale cette pratique dans son livre "Explications des usages et
coutumes marseillais", paru en 1683.
Pendant la Révolution, cette statue a pu être sauvée mais le trésor,
constitué de vêtements et bijoux, est dispersé en 1794. La statue est
vendue aux enchères et adjugée à M. Laforêt, officier municipal ; elle
est ensuite exposée dans différentes églises.
Le 19 mai 1804, veille de Pentecôte, l'église supérieure est rendue au
culte et devient paroissiale. Le lendemain, 20 mai, on rapporte la
Vierge Noire de l'église de Saint-Jérôme (aujourd'hui Saint-Charles), à
Saint-Victor. Le 2 février 1822, la Vierge Noire est descendue dans sa
chapelle souterraine enfin restaurée.
Actuellement,
l'office se célèbre dans les catacombes et la tradition est de toucher
la robe verte de la statue avec des cierges verts et de ne les allumer
qu'ensuite. On y vend des patisseries dont la fabrication est gardée
secrète de père en fils. Elles portent le nom de navettes et affectent
très exactement la forme de la barque d'Isis, ou, pour les marseillais,
la barque qui, selon la légende, aurait amené aux
Saintes-Maries-de-la-Mer Marie Salomé, Marie Jacobé et Marie Madeleine
accompagnées de Sarah. Cette fête, typiquement marseillaise, très
populaire, a rassemblé au début du XIXème siècle entre 60 000 et 80 000
personnes.
La
Vierge noire de Marseille ouvre, symboliquement, le Mystère des
Cathédrales de Fulcanelli, dont elle fournit la première planche.
"Notre Dame de Confession, célèbre Vierge noire des cryptes saint
Victor, à Marseille, nous offre un beau spécimen de statuaire ancienne,
souple, large et grasse. Cette figure, pleine de noblesse, tient un
sceptre de la main droite et a le front ceint d'une couronne à triple
fleuron", commente brièvement Fulcanelli. Les Vierges noires figurent,
dit-il, "dans la symbolique hermétique, la terre primitive, celle que
l'artiste doit choisir pour sujet de son grand ouvrage. C'est la
matière première, à l'état de minerai, telle qu'elle sort des gîtes
métallifères, profondément enfouie sous la masse rocheuse. Dans le
cérémonial prescrit pour les processions de Vierges noires, on ne
brûlait que des cierges de couleur verte."
"Une
jeune fille de l'antique Massilia, nommée Marthe, simple petite
ouvrière, et depuis longtemps orpheline, avait voué à la Vierge noire
des Cryptes un culte particulier. Elle lui offrait toutes les fleurs
qu'elle allait cueillir sur les coteaux, - thym, sauge, lavande,
romarin, - et ne manquait jamais, quelque temps qu'il fît, d'assister à
la messe quotidienne.
La veille de la Chandeleur, fête de la Purification, Marthe fut
éveillée, au milieu de la nuit, par une voix secrète qui l'invitait à
se rendre au cloître pour y entendre l'office matinal. Craignant
d'avoir dormi plus qu'à l'ordinaire, elle se vêtit en hâte, sortit, et
comme la neige, étendant son manteau sur le sol, réfléchissait une
certaine clarté, crut l'aube prochaine.
Elle atteignit vite le seuil du monastère, dont la porte se trouvait
ouverte. Là, rencontrant un clerc, elle le pria de bien vouloir dire
une messe en son nom; mais, dépourvue d'argent, elle fit glisser de son
doigt un modeste anneau d'or - sa seule fortune -, et le plaça, en
guise d'offrande, sous un chandelier d'autel.
Aussitôt la messe commencée, quelle ne fut pas la surprise de la jeune
fille en voyant la cire blanche des cierges devenir verte, d'un vert
céleste, inconnu, vert diaphane et plus éclatant que les plus belles
émeraudes ou les plus rares malachites ! Elle n'en pouvait croire ni
détacher ses yeux...
Quand l'Ite missa est vint enfin l'arracher à l'extase du prodige,
quand elle retrouva au dehors le sens des réalités familières, elle
s'aperçut que la nuit n'était point achevée: la première heure du jour
sonnait seulement au beffroi de Saint-Victor.
Ne
sachant que penser de l'aventure, elle regagna sa demeure, mais revint
de bon matin à l'abbaye; il y avait déjà, dans le saint lieu, un grand
concours de peuple. Anxieuse et troublée, elle s'informa; on lui apprit
qu'aucune messe n'avait été dite depuis la veille.
Marthe, au risque de passer pour visionnaire, raconta alors par le menu
le miracle auquel elle venait d'assister quelques heures plus tôt et
les fidèles, en foule, la suivirent jusqu'à la grotte. L'orpheline
avait dit vrai; la bague se trouvait encore au même endroit, sous le
chandelier, et les cierges brillaient toujours sur l'autel, de leur
incomparable éclat vert."
Citant
l'abbé Laurin, et sa Notice sur l'antique abbaye saint Victor de
Marseille (1915, nombreuses rééditions), et Hippolyte Matabon et sa
Légende des cierges verts (1889), il précise, s'agissant de la légende:
"Cette légende contient, derrière le voile allégorique, la description
du travail que doit effectuer l'alchimiste pour extraire, du minéral
grossier, l'esprit vivant et lumineux, le feu secret qu'il renferme,
sous forme de cristal translucide, vert, fusible comme de la cire, et
que les sages nomment leur vitriol."
Dans
le numéro 26 de la revue Liber Mirabilis (2002-2003) Myriam Philibert
revient elle aussi sur la signification symbolique, hermétique et
alchimique de la verdeur des cierges de "Marseille la mystérieuse": "Il
faut se rappeler qu'il s'agit de naissance, sur le plan végétal donc de
printemps. En matière d'alchimie, deux interprétations sont possibles:
les trois couleurs de l'OEuvre, le noir qui devient vert, le blanc et
le rouge. Mais on peut aussi envisager les trois principes: soufre
(rouge ou jaune), mercure (blanc), sel (vert)."
Notre-Dame de la Sagesse, la nouvelle Vierge noire
Cette
Vierge en majesté de 1m20, installée à l'entrée de la chapelle du
Saint-Sacrement, a été réalisée en bois de châtaigner d'après une
Vierge catalane du XIème siècle appartenant à un collectionneur de
l'Aude. L'artiste a redonné l'austérité des Vierges romanes, qui n'ont
pas l'attitude d'une mère : l'enfant reste dans son giron, ses mains ne
le touchent pas. La Vierge est assise sur un trône, mains ouvertes.
L'enfant se tient sur son genou gauche, côté du coeur, de la force
vitale. De sa main droite, il bénit.
L'énergie de la Dame
Etonnant quand même. Cela a commencé dès les
années 50, tout doucement. Depuis quelques mois, le phénomène
s'intensifie gravement : les vierges noires sont volées, disparaissent
des musées et atterrissent dans les réserves, sont déplacées, partent
en restauration. Même Fourvière n'échappe pas à la règle : la vierge
dorée au dessus du sanctuaire a été enlevée par une grue hier, et la
vierge romane en dessous est en restauration depuis un bon moment.
Une intention particulière ? L'énergie de la Dame doit-elle être mise en sourdine, et si oui, par qui et pourquoi ?
Laisser
la place aux énergies de Michel afin qu'il puisse bosser tranquille, qu'elle puisse revenir une fois le boulot fait avec une intention nouvelle
destinée aux humains de l'ère du Verseau ?
Ou bien un bâillon pour qu'elle ne puisse plus parler à ses enfants ?
L'imbécilité à l'état brut et l'appât du gain, ou l'intelligence, malhonnête ou pas ?
Ou ma propension à la parano, je n'exclus pas non plus...
Notre-Dame de Marceille
Dans l'église de Notre-Dame de Marceille, près de Limoux, sur
la gauche, la chapelle de la Vierge Noire où est exposée la statue
miraculeuse. Cet endroit serait l’emplacement de l’ancien chœur roman.
La vierge, de facture du XIème ou XIIème siècle, haute de 55 cm, trône
dans une cavité qu’encadre un riche retable en bois doré. La tête de
l’enfant semble avoir été réalisée plus tard. Une légende, conforme aux
critères des vierges noires, nous en raconte l’histoire :
« A
une époque bien lointaine qui se perd dans la nuit des temps, un
laboureur qui cultivait son champ sur le coteau de Marcellan voit ses
bœufs arrêtés soudain par un obstacle invisible. Il a beau les presser,
les exciter, ils demeurent immobiles et résistent à l’aiguillon. Le
laboureur, d’abord stupéfait, se sent bientôt envahir par une
impression indéfinissable : il se prosterne en invoquant le secours du
Ciel. Poussé par une inspiration subite, il creuse la terre pour
découvrir l’obstacle qui arrête ses bœufs.
Tout à coup une madone de
bois, à la figure brune, au sourire céleste, se présente à ses regards
étonnés. Il prend avec respect la statue de Notre-Dame et la porte dans
sa maison où elle est accueillie avec bonheur par toute la famille.
Mais hélas ! Le lendemain la madone a disparu ! ! !
Le laboureur
revient à son champ, et il retrouve l’image vénérée dans le lieu où la
veille, il avait eu le bonheur de la découvrir. Vainement il l’emporte
une deuxième et une troisième fois : la statue miraculeuse disparaît
toujours pour regagner la Colline de Prédilection »
La
madone a aussi la propriété d’arrêter le feu, ce qu’elle fit en 1685 en
sauvant la ville de Limoux d’un incendie. La madone a aussi la
propriété d’arrêter le feu, ce qu’elle fit en 1685 en sauvant la ville
de Limoux d’un incendie.
La vierge de Dublin
Cette vierge,datant probablement du XIIème siècle, se trouve dans le national museum de Dublin. Sa provenance n'est pas indiquée, et à ma connaissance, il n'y en avait pas en Irlande. 















