14 mai 2007

Eglise Saint-Pierre et Saint-Paul de Souvigny

Souvigny__2_C'est Aimard, ancêtre des Bourbons, qui, en 915 ou en 920, donna à l'abbaye de Cluny (elle même fondée en 910) quelques biens qu'il possédait à Souvigny ainsi qu'une église dédiée à Saint Pierre.










Souvigny__5_Le modèste monastère, établi vers 960, connaitra très rapidement un essor providentiel. Saint Mayeul et Saint Odilon, abbés clunisiens, y décédèrent successivement en 994 et 1049.
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Souvigny__24_Souvigny devint alors l'un des centres de pélerinage les plus fréquentés de l'occident chrétien. Jusqu'au milieu du XIIème siècle, alors que la puissance temporellle s'affirmait, le prieuré fut source d'un très grand rayonnement spirituel.
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Souvigny__22_Cette expansion est indissociable de l'ascension de la famille des Bourbons, fondateurs et protecteurs du monastère. Bien vite cependant, des frictions se manifestèrent  entre les deux pouvoirs, et c'est très certainement l'une des raisons qui conduisirent les sires de Bourbon, au début du XIIIème siècle, à délaisser leur résidence de Souvigny pour s'installer à Moulins.

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Souvigny__10_Le XVème siècle, avec les prieurs Eudes de la Ferrière qui réinstaura la rigueur monastique, et Geoffroy Chollet qui remit de l’ordre dans les finances et releva les bâtiments, le retour des Bourbons qui y établissent leur sépulture et comblent de leurs largesses le prieuré, relève Souvigny.









Souvigny__12_Souvigny, qui avait été la première capitale du Bourbonnais, en demeura l'une des principales villes jusqu'au XVIIIème siècle. A l’époque de la Révolution, Il ne reste que quinze moines. Les bâtiments conventuels sont vendus comme Biens Nationaux. L’église prieurale devient paroisse. En 1991, l’église retrouve sa vocation prieurale avec l’installation à Souvigny des frères de la congrégation Saint-Jean.

L'immense église de pélerinage pouvait accueillir dix à douze mille fidèles a été maintes fois remaniée au cours des siècles. Elle a gardé une nef en grande partie romane, comme son chevet.










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La colonne du zodiaque

Souvigny_001aLe musée de la colonne du zodiaque présente la pièce la plus singulière du patrimoine de l'abbaye, le fameux "calendrier" roman. Aussi connu sous le nom de pilier, d'octogone, ou de colonne du zodiaque, ce qui traduit bien la perplexité des spécialistes à son sujet, ce vestige est un fort pilier octogonal de 840kg, d'une hauteur de 1,80 m, qui est manifestement tronqué de la moitié.
Une face sur deux est sculptée : la première face de la colonne représente les travaux des mois, la seconde, les signes du zodiaque, la troisième et la quatrième, les peuples et les monstres les plus singuliers de l'Asie et de l'Afrique.
Entre ces faces à thèmes se développent des ornements abondants, grecques perlées, rinceaux, bandeaux d'entrelacs et palmettes, ce qui fait dater la colonne de la fin du XIIème siècle.

A quoi était destiné ce fabuleux pilier ? On a imaginé qu'il servait de socle d'une lanterne funéraire, de gnomon pour un cadran solaire...















souvigny22Voici d'abord les peuples les plus étranges de la terre ; une seule figure personnifie chacun d'eux. Trois de ces personnages fantastiques se suivent sur la colonne : le satyre, le sciapode, l’hyppopode. Le satyre a deux cornes sur le front et des pieds de chèvre. Le sciapode n'a qu'une jambe, mais cette jambe unique lui permet de courir avec une merveilleuse vitesse ; parfois, il s'étend sur le dos et se sert de son pied comme d'un parasol. À Souvigny, le sciapode est debout. L’hyppopode, que l'on rencontre dans les déserts de Scythie, est un homme qui à deux sabots de cheval. Au-dessus de l’hyppopode, la colonne nous montre un être singulier, que n'accompagne aucune inscription, une sorte de chien qui a des pieds humains. C'est, suivant toutes vraisemblances, un cynocéphale, un de ces êtres qui ressemblent plus à une bête qu'a un homme. Vient ensuite un Éthiopien qui offre cette bizarrerie d'avoir quatre yeux. Si nous consultons le Polyhistor de Solin, nous trouvons le texte qui explique cette singulière : "Les Ethiopiens, qui habitent au bord de la mer passent pour avoir quatre yeux".


souvigny23Après ce tableau, des peuples étranges, dont nous n'avons qu'une partie car la colonne de Souvigny est à moitié brisée, nous rencontrons, sur une autre face, les monstres qui vivent aux extrémités de la terre. L'artiste s'inspire, ici, des chapitres qu'Honorius d'Autun a consacrés aux merveilles de l'Inde, car tous les monstres, dont le nom est inscrit sur la colonne, se retrouvent dans ce chapitre. Voici la mantichore de Ctésias, ce monstre à face humaine qui court plus vite que l'oiseau ne vole et qui siffle comme le serpent. Voici le griffon, à la fois aigle et lion, qui garde les trésors. Voici la licorne, avec sa corne sur le front : fidèle à une vieille tradition de l'art oriental, le sculpteur a représenté cette corne rejetée en arrière. Voici le plus célèbre des animaux de l'Inde, l'éléphant ; et voici enfin la sirène, moitié femme et moitié poisson.






souvigny17Ainsi la colonne de Souvigny était à la fois un calendrier et un tableau des merveilles du monde. Jadis elle s'élevait peut-être au milieu du cloître, portant à son sommet le gnomon d'un cadran solaire. Le moine méditatif y voyait une image de l'espace et du temps. Ce double tableau zoologique et ethnographique devint un des thèmes des artistes clunisiens.

http://www.ville-souvigny.com/SouvignyII/Souvigny/Tourisme/Musee/Zodiaque.html
http://www.art-roman.net/souvigny/souvigny2.htm

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