21 novembre 2007
La chartreuse de Sainte-Croix, historique
Sainte-Croix-en-Jarez, au confluent de deux ruisseaux, fut une position fortifiée dès la protohistoire, comme l’ont révélé de récents sondages selon la technique de "l’éperon barré" : un fossé profond isolant une petite fortification dans la pointe de l’éperon.
Fondation de la chartreuse
Le monastère fut fondé en 1277 par Béatrix de la Tour du Pin, veuve de Guillaume de Roussillon, tué dans d'étranges circonstances pendant les croisades. Cette pieuse femme, logeant en son château de Châteauneuf, refusant le remariage auquel sa famille la vouait, préféra, selon la tradition, se retier avec ses 8 enfants dans un monastère. L'un de ses oncles, Bernard de la Tour, ayant été le 13ème Général de l'Ordre des Chartreux (1253-1258), c'est à eux qu'elle en confia la construction. Ce monastère, elle en avait eu la vision en songe. Un rêve miraculeux, à cette époque, quelle opportunité ! Elle dit elle -même dans la lettre qu'elle ne connaissait pas l'endroit où la "sainte-Croix" la guida...
Lettre de Béatrix
"A religieux et dévôt personnage, notre frère en
Notre-Seigneur-Jésus-Christ, Jean, Prieur de Val-Vert près de Paris,
monastère de l’ordre des Chartreux. Béatrix de la Tour, épouse de feu
noble chevalier Guillhaume de Roussillon, seigneur d’Annonay, servante
de Jésus-Christ et de la glorieuse Vierge : salut.
Apprenez la grande joie que nous avons éprouvée, quand, à notre
arrivée, nous avons vu vos premières lettres. Nous vous avions, en
effet, longuement fait connaître comment, dans une vision, le Seigneur
nous avait inspiré de vous fonder une maison, selon la volonté de notre
Dieu Jésus-Christ et de sa glorieuse mère. Nous n’ignorions point,
néanmoins, qu’après la mort du seigneur Guillhaume, notre époux, nous
nous étions trouvée dans les mille occupations de ce monde ; nos plus
grandes sollicitudes venaient de nos amis terrestres, qui nous
poussaient à des secondes noces. Nous en étions très fâchée et
chagrine, car, dans nos premières années, nous avions résolu en Dieu et
Marie, sa glorieuse mère, de ne jamais accepter d’autre époux que celui
que Jésus nous avait donné.
Alors, dans ces peines et grandes tribulations, nous avons prié le
Seigneur qu’il daigne nous délivrer de ces tourments, et aussi nous
arriva-t-il qu’une certaine nuit, pendant notre sommeil, une magnifique
croix d’argent toute éclatante de blancheur nous apparut, autour d’elle
de belles et brillantes étoiles, dont l’une, plus brillante encore,
paraissait plus près de la croix. Une autre nuit, pendant que, plongée
dans le même chagrin, nous demandions à la mère de Notre Seigneur
Jésus-Christ une consolation à notre grande douleur ; le Dieu Vérité et
sa glorieuse Mère entendirent nos voeux et nous eûmes encore la même
vision, de telle sorte que la croix et les étoiles étaient si près de
nous qu’elles paraissaient vouloir nous toucher, et elles se dirigèrent
vers l’endroit où devait être fondé notre monastère. De grand matin
nous nous levâmes, nous nous rendîmes à l’église et là, après avoir
satisfait aux devoirs de notre dévotion, nous fîmes dire la messe de la
sainte et vraie Croix ; et, après la messe, nous mandâmes notre écuyer
et lui dîmes de faire préparer notre cheval de voyage et le sien, ainsi
que d’autres chevaux de services, pour une course que nous avions à
faire.
Nous partons, et la rapidité de notre marche nous fait devancer les
autres ; alors apparaissent marchant devant nous, la croix et les
étoiles que nous avions déjà vues, jusqu’au moment où, arrivée vers
l’endroit où devait être élevée notre maison, elles s’arrêtèrent.
Jamais nous n’étions venue là, nous n’avions non plus fait connaître à
personne notre projet de fonder un monastère. A notre arrivée dans ce
lieu, celui qui en était propriétaire, nous aborde et nous dit : «
Dame, qu’êtes-vous venue faire ici ? J’ai rêvé que vous désiriez
acheter cette propriété ».
A ces paroles nous connûmes que telle était la volonté de Notre
seigneur Jésus-Christ et de sa Mère bénite, et nous fîmes acheter ce
terrain par deux hommes prudents et sages. Ces fonds étaient exempts de
tout usage et servi, mais le susdit possesseur nous devait anciennement
hommage. Comme ce jour était jour de pénitence, c’était le vendredi,
nous prîmes là notre réfection. Or, il nous arriva par hasard un maître
tailleur de pierres au service du duc de Savoie ; nous lui demandâmes
le but de son voyage, il nous répondit : « Madame, je me suis présenté
devant vous parce que j’ai pensé que vous vouliez fonder une maison de
l’ordre des Chartreux ». Ce langage me détermina à faire prix avec lui
pour la construction des bâtiments, et, quoique nous n’eussions que peu
d’argent, nous lui donnâmes une somme fixée. Nous avions des enfants et
d’autres charges, mais, pourtant, avec l’aide de Dieu, le produit de
nos revenus a suffi pour faire face, et aussi rendons grâce à Dieu de
toute notre âme, de ce qu’il nous a donné de vouloir, d’entreprendre et
d’achever cette oeuvre de Dieu, en effet, qui a tout opéré, et conduit
à bonne fin ; car c’est lui qui est le commencement et la fin de tout.
Qu’il nous conduise à une fin heureuse. Ainsi soit-il".
En réalité, elle donna aux Chartreux une place forte qu'elle possèdait sur le site actuel du village, à la condition de pouvoir y finir ses jours. Il faut noter qu'à l'époque, la présence d'une femme dans l'enceinte d'un monastère d'hommes n'était jamais admise... Et pourtant, elle avait même droit d'assister aux offices, d'une petite loge fut construite pour elle dans l'église. Elle y fut même enterrée en 1306. Des fouilles archéologiques en 1896 ont permis de retrouver sa tombe dans le chœur de l'église primitive, qui à cause de son mauvais état sert aujourd'hui d'annexe à la sacristie.
L'église primitive du monastère fut construite non loin de la forteresse, chose rare pour l'époque puisque les chartreux vivaient en communauté, mais comme des ermites, sans s'adresser la parole, le plus loin possible des agglomérations. Le nom de la forteresse primitive est inconnu, il semble probable que celui de Sainte-Croix fut choisi par la suite par les moines chartreux qui vénéraient la Sainte-Croix comme symbole de la Chrétienté, leur devise était d'ailleurs « Stat Crux dum volvitur orbis », « Le monde tourne, la Croix demeure ».
Béatrix commanda une statue de Sainte Anne, représentée avec un livre fermé, portant la vierge elle même portant l'enfant. La statue est conservée à Châteauneuf, et Anne, selon la tradition, a le visage de Béatrix...
Plein de mystères donc dans la fondation de cette chartreuse, que l'on retrouve au fil du net en relation avec les Bogomiles, Rennes-le-Château, les Templiers, Gargantua, le langage des oiseaux, la sainte ampoule, les exorcismes, la voie du sang et le chemin des initiés. Sa proximité avec la "chapelle des fous" de Jurieu et par delà le site mégalithique des "roches de Merlin" y est surement pour quelque chose. Les Chartreux restèrent en ces murs du 24 février 1280, date de la signature de la charte de fondation du monastère, jusqu’en 1792 où le dernier prieur, Dom J.B. Livinhac, ferme les porte de cette “maison” vendue aux enchères comme bien national en 1794. Elle fut divisée et vendue en 44 lots aux familles des environs qui s'établirent à l'intérieur de celui-ci. Le monastère devint donc un village sous le nom de Sainte-Croix-en-Pavezin, avant de prendre son nom définitif de Sainte-Croix-en-Jarez. C'est le seul village de France se tenant à l'intérieur d'un monastère...
Les habitants actuels, la mairie, l'école, l'accueil des touristes et des commerces occupent certains ermitages et des locaux communs, tels que l'ancienne boulangerie et l'hostellerie. Ce village est ainsi un exemple très particulier de la transformation d'un ensemble religieux en un ensemble laïc.
http://www.forez-info.com/encyclopedie/balade/balade_en_pilat_dans_la_vallee_du_couzon_137.html
http://saintecroix42.free.fr/index.htm
http://www.france-secret.com/stcroixenjarez_art.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sainte-Croix-en-Jarez
La Chartreuse de Sainte-Croix
La Chartreuse de Sainte-Croix étant bâtie sur un éperon rocheux, les
jardins ont été aménagés à une hauteur intermédiaire entre le niveau
extérieur où coulent deux ruisseaux, le Couzon et le Boissieu, et celui
de l'intérieur du monastère.
Chaque ermitage comportait un petit jardin
dans lequel le père chartreux pouvait exercer une activité manuelle en
cultivant des plantes potagères ou médicinales. On y accède en longeant
le cimetière et en passant sur un petit pont de pierre surnommé « la
planche à cul ».
La façade fortifiée est du XVIème siècle. Des tours d’angles, de hautes
murailles enferment l’ensemble des constructions et une frise de
meurtrières ayant la forme de la Croix des Chartreux orne encore la
façade principale avec son entrée encadrée de deux grosses tours
défensives. Elle est restée presque aveugle jusqu'à la révolution, les
seules ouvertures étant les meurtrières.
L'entrée principale, de style renaissance, a subi un remodelage vers la
fin du XVIIème siècle. Elle est ornée de l'insigne de l'ordre (une
croix surmontée de sept étoiles dominant le globe) et des armoiries de
la Chartreuse de Ste Croix, « d’Azur à la croix dentelée d’argent
cantonnée au 1er et 4ème d’une fleur de lys d’or et au 2ème et au 2ème
et 3ème d’une étoile d’or. »
L’église paroissiale a été installée par les Chartreux dans ce qui
était la salle du chapitre et le réfectoire à la suite d’un incendie au
XVIIIème siècle qui avait endommagé l’église primitive datant du
XIIIème siècle.
L’église est remarquable aussi pour les stalles gothiques du XVème siècle en bois sculpté et ses miséricordes ou «
drôleries », des visages représentant les péchés et les démons. Enfin
dans une chapelle latérale, une chasse-reliquaire contient les os de
Sainte-Félicie.
Une ruelle (ou le corridor) relie encore l'ancienne "cour des Frères" à
la 2ème cour, celle "des Pères". Dans "la cour des Frères", on
remarquera un calvaire de grande taille. De chaque côté de la croix en
acier se dressent deux lances dont une porte fichée sur sa pointe
l’éponge évoquée dans la Passion.
La cour des Pères était entourée du cloître qui donnait accès à
quatorze ermitages pratiquement tous semblables. En 1840 ce cloître fut
démoli pour faciliter le passage des charrettes. C'est aussi à cette
époque que la loge de Béatrix fut détruite pour construire le clocher
actuel, l'ancien menaçant de s'effondrer. Les voûtes en pierre de
l'église primitive furent démontées et remplacées par une charpente en
bois.
10 mai 2006
Les roches de Merlin, l'arrivée
On sait que les voyageurs de l'antiquité faisaient ce geste en l'honneur de Mercure, le dieu de la route, et pour marquer le chemin par ces tas accumulés; c'est la bible qui nous le dit, en parlant de celui qui jette une pierre sur "le tas de Mercure" : Sicut qui mittit lapidem in acervum Mercurii (livre des proverbes).
J.P.Roux voit un exemple de l'âme collective:
"Toute accumulation d'objets modestes doués d'âme renforce la potentialité de chacun d'eux et finit par créer une nouvelle âme extrêmement puissante. On constitue cette force en amassant des pierres en certains lieux choisis et, là encore l'âme collective et sacrée est inséparable de l'âme sacrée du sol sur lequel on l'a dressé..."
La pierre qui chante
A la tombée de la nuit ou au lever du soleil, un certain jour de l'année,se coucher sur la pierre du diable, dans le chaos des roches de Merlin.
Prononcer son nom en fermant les yeux...
"" Le disciple répéta plusieurs fois cet exercice, jusqu'à ce qu'il sente son corps vibrer. Alors lui sembla que la nature toute entière vibrait avec lui, un vertige le saisit tant il se sentait en harmonie avec l'univers qui l'entourait...Une douce quiétude envahit tout son corps, un flot de notes musicales et colorées parcourut son esprit...Il était bien sur cette pierre, jamais il ne cs'était senti aussi bien. Son angoisse avait totalement disparu et tout comme son maitre il se sentait totalement transfiguré, littéralement ressourcé par une énergie inconnue qui émanait, il n'en doutait pas, de la pierre...""
On remarque la tête, avec les yeux, le nez et la bouche...
""L'axe qui passe par les yeux désigne le sommet d'une colline, de l'autre côté de la vallée du Couzon. Il y a une roche à cupules en ce lieu. L'axe qui passe par l'oeil gauche et le bout du nez pointe au delà de la côte du Ban et désigne la colline de la Tétrette, il y a aussi une roche à cupules à cet endroit. Mais cet axe est surtout la fameuse ligne solsticiale. Au delà de Tétretteil y a la croix de paraqueue, autre site mégalithique et enfin la roche boutière. Quand au troisième axe, qui passe par l'oeil droit et la bouche, il désigne le château de Bélize, dans le Pilat.
Mais au delà de ce premier secret il y en a un autre : prenons les angles que forment chacun de ces axes par rapport à l'axe général de la pierre et calculons pour chaque angle un angle plus aigü égal au premier multiplié par 0,618, le nombre d'or. Celà nous donne trois nouveaux axes, encore plus secrets que les premiers qui pointent vers tois autres collines, où nous trouvons d'autres pierres à cupules: au dessus du village de Farnay, au dessus du hameau du Ban et à la Croix du sud qui domine la chartreuse de sainte Croix.
"Au centre de la croix est figuré un coeur dans une étoile: celà signifie que si tu t'allonges sur la pierre qui chante pour recevoir son enseignement, comme elle tu regarderas les étoiles, mais au delà de l'infini des astres, c'est ton propre coeur que tu découvriras."
La pierre qui chante, entourée de ses consoeurs à cupules, reste aussi une énigme pour qui ne sait percevoir les réseaux cosmo-telluriques dont elle est vecteur. Ce site, bien plus anciens que nos ancêtres les Gaulois, est l'un des principaux sites mégalithiques de la région. Il faut savoir que l'ancien chemin y menant, qui partait de la chartreuse de Sainte-Croix, était balisé de pierres en amandes, et que l'on devait bien sûr faire l'ascension à pied, histoire de se mettre déjà en résonnance avec la vouivre...et le sacré.
chapelle de Jurieu
On retrouve la première trace de Jurieu dans un vieil écrit datant de 1225, mais sous une orthographe différente: "Giureu". Le surnom couramment employé pour la chapelle romane est celui de "chapelle des fous".
La légende de la pierre qui chante prétend que quiconque s'y endort dessus, se réveille soit avec la connaissance universelle, soit en ayant définitivement perdu la raison. Une autre légende toujours transmise par la mémoire collective nous précise que Jurieu aurait été construite sur un antique tumulus.
La pierre qui chante délivre une connaissance qui n'admet ni les curieux ni les mégalomanes.
Elle écarte ceux qu'elle ne juge pas dignes, et peut même, selon leur degré de perversion, les tuer ou les rendre fous, d'où la présence en contrebas de la chapelle au hameau de Jurieu: il y a en cet endroit une énergie qui guérit les personnes qui n'ont pas supporté le choc...
http://regardsdupilat.free.fr/CLOCHER.html














