11 juin 2008

Le cloître

Abbaye_de_Valmagne__55_aLe nouveau cloître, construit au XIVème siècle sur l'emplacement de l'ancien, conserve quelques parties romanes :
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Abbaye_de_Valmagne__94_a-l'armarium (c'était la bibliothèque des moines. Il nous parait petit, mais au XIIème siècle, les livres étaient rares. Il est couronné d'un arc en plein cintre à dents de scie)








Abbaye_de_Valmagne__93_a- la sacristie : la porte est aussi surmontée d'un arc en plein cintre en dents de scie. Voûtée d'un berceau en plein cintre, elle servait souvent de chapelle à l'abbé.
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Abbaye_de_Valmagne__82_a- la salle capitulaire : sans aucun pilier intérieur, la salle est ornée d'une voûte d'arête surbaissée d'une seule portée.
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Abbaye_de_Valmagne__79_aLes vases du cardinal de Bonzi sont placés entre les baies.
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Abbaye_de_Valmagne__101_a- le parloir, le sciiptorium et le chauffoir : ces deux dernières pièces n'existent plus depuis les transformations du cadinal de Bonzi.
- la salle des frères convers : restaurée au XIXème siècle, de vaste dimension, elle possède une cheminée renaissance, rapportée du château de Cavillargues, qui fut vendu pour restaurer Valmagne à la fin du XIXème siècle.














Abbaye_de_Valmagne__71_aLes retombées d'ogives du cloître gothique sont-elles ainsi accrochées sur de vieux murs romans. Les arcades sont surmontées d'un oculus, tantôt circulaire, carré ou triangulaire.












Abbaye_de_Valmagne__91_aBordant l'église, la galerie nord, galerie de la lecture, où s'effectuait la cérémonie du lavement de pieds. Au fond de la galerie se trouve un autel dédié à la vierge, et contre le mur de l'église, un enfeu : probablement celui d'un abbé.
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Abbaye_de_Valmagne__eLes ouvertures sont séparées par des groupes de colonnettes à chapiteaux, décorés de feuillage. Certaines sont en marbre, récupérées dans les fouilles de la fondation qui, on s'en souvient, ont été faite sur l'emplacement d'une villa romaine. On y retrouve de nombreux fragments sculptés en réemploi, provenant du jubé.
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Le lavabo

Abbaye_de_Valmagne__61_aIl se trouve devant le réfectoire, afin que les moines puissent se purifier les mains avant d'aller manger. Son eau provient de la source de Diane, déjà découverte par les romains. C'est cette source, passant sous l'église, qui alimente tous les bassins de l'abbaye, avant d'aller se perdre dans l'étang de Thau.
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Abbaye_de_Valmagne__66_aL'eau, sortant de la gueule de "griffouls", se déverse dans un bassin octogonal.
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Abbaye_de_Valmagne__47_aLa clôture octogonale est composée des éléments du premier cloître :
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Abbaye_de_Valmagne__70_ades colonnettes jumelées coiffées par 8 nervures fermées au centre par une clef pendante.



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Le clocher

Abbaye_de_Valmagne__5_aCe clocher mur de pure tradition toulousaine comporte 3 ouvertures. Les trois cloches se prénomment  Louise, Suzanne et Marie.













Abbaye_de_Valmagne__62_aLe croisillon sud est flanqué de deux tours fortifiées, l'une ronde, l'autre polygonale.

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08 juin 2008

Elne, historique

Elne__6_aOn trouve des traces de la présence de l’homme sur le site dès la fin de l’Âge de Bronze.
Les auteurs antiques connaissent Elne sous le nom ibère d'Illiberis, latinisation d'un nom d'origine qui ressemblait probablement à Illimberes signifiant en langue celtique "collines au milieu des limons", ou bien "la ville neuve" en ibère.







ElneDès le VIIIème siècle, à l'époque préromaine, Illiberis fut déjà une cité prestigieuse. Devenue capitale du Roussillon, bâtie sur un oppidum, Elne surveillait le passage entre Languedoc et Catalogne. Plusieurs auteurs ont pensé que le site d'Elne pourrait être celui de Pyrène (ou Pyréné), important comptoir grec mentionné par Hérodote au Vème siècle avant notre ère.
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Elne__78_aAu IVème siècle, la ville prend le nom de Castrum Helenae, peut-être en l'honneur d'Hélène, mère de Constantin le Grand et grand-mère de l'empereur Constant, qui y sera assassiné en 350.
Au Vème siècle, l'empire romain se désagrège sous les assauts des invasions germaniques. A partir de 413, le territoire est sous la domination des wisigoths. La cité devient le siège d'un évêché vers 568. Les arabes, après leur conquête de la péninsule ibérique, traversent les Pyrénées et occupent le Roussillon en 719. Ils s’y maintiendront jusqu'en 770 environ.



elne_eglise_1835_aEn 1060, la cathédrale est construite sur l’emplacement d’anciens édifices religieux. Sa construction dura tout le long du Xème siècle. Dédiée aux saintes Eulalie et Julie, elle est consacrée en 1069.
En 1150, les habitants reçurent l'autorisation de fortifier leur ville, qui fut assiégée et prise quatre fois dans son histoire : par Philippe le Hardi en 1285, puis par Pierre d'Aragon en 1344, par Louis XI en 1474, et par les troupes de Louis XIII en 1641.
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Elne__6_bA partir du XIVème siècle, son activité économique déclina au profit de Perpignan. Le 30 juin 1602, la résidence épiscopale fut transférée d'Elne à Perpignan ainsi que les reliques de sainte Eulalie et sainte Julie, patronnes de la cité. Le 7 novembre 1659, le Traité des Pyrénées scelle définitivement l'annexion du Roussillon à la France.
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http://www.ville-elne.com/?r=culture_tourisme&sr=a_visiter&l=fr
http://notes.romanes.free.fr/images/catalan66/elne/texte.htm
http://histoireduroussillon.free.fr/Thematiques/Batiments/Histoire/CathedraleElne.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Sainte-Eulalie-et-Sainte-Julie_d%27Elne
http://fr.wikipedia.org/wiki/Clo%C3%AEtre_d%27Elne
http://architecture.relig.free.fr/elne.htm
http://jeantosti.com/villages/elne.htm
http://www.lyc-lurcat-perpignan.ac-montpellier.fr/presenta/region/elne.htm
http://www.ciao.fr/Elne_Pyrenees_Orientales__Avis_985537

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La cathédrale Sainte-Julie-et-Sainte-Eulalie

Elne__0_aLa première trace de l'église d'Elne date de 571. La cathédrale fut reconstruite au IXème siècle, suite à son délabrement. De ce bâtiment ne subsiste qu'un bénitier creusé à l'intérieur de profondes canelures (l'extérieur est enserré dans une feuille d'acanthe). Au XIème siècle les techniques de construction évoluèrent. La cathédrale, après 200 ans d'existence, dû être à nouveau rebâtie. C'est là l'origine de l'édifice que l'on connaît aujourd'hui.
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Elne__1_aL'austère façade confère à l'édifice un aspect de forteresse. Le portail central est entouré de pans de murs dénués de tout ornement. Au-dessus du portail, on trouve une petite baie cintrée, encadrée par un décor de bandes lombardes.
S'élèvent ensuite deux tours, liées par une courtine crénelée. La façade était initialement symétrique, le deuxième clocher étant identique à son voisin. Mais il fut détruit au fil des années et reconstruit en brique, plus simplement.






Elne__8_aLe clocher sud, en pierre, comprend quatre étages au-dessus de la courtine; à chaque étage et sur chaque face, on trouve quatre baies cintrées. Le clocher est couronné par des créneaux. Le clocher nord, en briques rouges, est moins massif et moins haut que le clocher sud. Le premier étage en pierre et briques est sans ornement. Le deuxième étage est percé sur chaque face de deux baies cintrées. On n'en trouve qu'une plus large, au niveau supérieur. Là aussi, l'ensemble est surmonté d'une terrasse crénelée.











Elne__115_aL'intérieur de la cathédrale réserve une surprise avec l'emploi de technique directement inspirée de l'antiquité : les piliers sont légèrement penchés vers l'avant et la corniche de la nef monte en s'éloignant par dessus les grands arcades. Tout ceci fut fait dans le but d'améliorer la perspective.
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Elne_plan_3Le plan de l'église est basilical, à trois nefs : la principale et les deux bas-côtés sans transept qui se terminent par une abside et deux absidioles voûtées en cul de four.
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Elne__114_aLe choeur, à deux niveaux, comportait une crypte qui fut comblée lors de la mise en place du baldaquin en 1724 et dont subsiste, à l'extérieur, une absidiole. Une voûte en berceau de la fin du XIIème siècle, ronforcée par des arcs doubleaux, a remplacé la couverture en bois d'origine. Le doublement des piliers a été nécessaire.
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Elne__113_aLe bas-côté sud a été transformé par l'adjonction, à différentes époques, (fin XIIIème, XVème siècle) de chapelles dans lesquelles l'évolution de l'art de la voûte gothique est visible. Certains chapiteaux des demi-colonnes datent du XIème siècle.















Elne__150_aDans le jardin des absides, on peut voir la base d'un chevet gothique du XIVème siècle, inachevé faute d'argent.
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Elne__135_aL'autel majeur se trouvait dans l'abside, légèrement en avant de la cathèdre de l'évêque. Cette table de marbre rectangulaire d'un seul tenant, bordée d'une moulure de perles et d'oves découpée de lobes, d'une largeur d'1,20 m et d'une longueur de 2,50m, était garnie d'un revêtement d'argent. Elle est de nouveau utilisée depuis la réparation de la table d'autel en 1965.





Elne__138_aTraduction de l'inscription gravée sur la table : "L'autel d'argent qui, depuis le XIème siècle, Gaufred étant comte du Roussillon, surmontait cette table sacrée, était bas, étroit, et d'un travail grossier. Il avait souffert des injures des ans et des fréquents larcins....
Comme bien d'autres tables d'autel du Roussillon, elle ressort des ateliers narbonnais qui travaillaient sur des marbres tirés des édifices antiques de la ville. Elle repose sur un cippe romain.




Elne__149_aAu chevet de l'église, un mur à massifs saillants est ce qui reste d'un chevet gothique entrepris au XIVème siècle.












Elne__148_aDeux puissants arcs-boutants contrebutent l'abside dont le système décoratif, très simple, ne manque pas de beauté dans sa sévérité même. Des pilastres supportent une arcature où se logent trois fenêtres. A hauteur d'imposte, on trouve une corniche à billettes.
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Elne__133_aLe bénitier est tout ce qu'il nous reste de la première église construite au XIème siècle.

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Le cloître

Elne__23_aLe cloître d'Elne est un des rares grands cloîtres roussillonnais conservé presque intact. Commencé à l'apogée de l'art roman, et continué au long de la période gothique, il rassemble, sous une unité architecturale romane, une grande diversité de sculptures.



 

Elne__7_aBâti en marbre blanc veiné de bleu de Cérêt, il forme un quadrilatère irrégulier, adossé au côté nord de la cathédrale, desservant les salles capitulaires et la chapelle Saint-Laurent.






Elne__40_aLa construction du cloître s'est faite en plusieurs étapes : la galerie sud a été réalisée à la fin du XIIème siècle, la galerie est au début du XIIIème siècle, la galerie nord à la fin de ce même siècle et la galerie ouest au début du XIVème siècle.








 

2008_Pyr_n_es_053aLe cloître comptait autrefois un étage, sans doute du XIVème siècle, mais il fut détruit en 1827.



Elne__87_aChaque galerie compte cinq piliers quadrangulaires et huit colonnes géminées réunies par des arcs en plein cintre. L'espace central est occupé par un jardin qui n'était sans doute pas accessible à l'époque médiévale, la margelle des galeries n'étant interrompue par aucune porte.

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Elne__72_aA chaque angle du cloître, subsistent les statues des quatre évangélistes sur lesquelles on trouve des traces de couleur.


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Tout autour du cloître des pierres tombales, épitaphes ou tombeaux décorés de feuilles de vigne ou de motifs orientaux.


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Elne__75_aDes lions, des griffons, des paons, des serpents, des sirènes, des chevaliers...


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Elne__13_aLe lion est la force incarnée dans la matière, de nature double : éveillé ou endormi... symbole de résurrection ou de réalisation solaire. Il peut, non libéré de cette matière, représenter l'égo empêchant l'avancement de l'initié.

Le griffon, au corps de lion et aux ailes d'aigle, est le symbole des deux aspects de la force solaire, matérielle et spirituelle. Il relie le haut et le bas.






 

Elne__68_aLe paon est le symbole du rayonnement solaire et de l'immortalité. Par la multitude de ses "yeux", et les couleurs de ses plumes, c'est la manifestation d'un principe de totalité, de plénitude solaire. Souvent représenté par paire, les deux s'abreuvant au calice, il représente la dualité harmonisée et l'initié libéré des désirs et du pouvoir de l'égo.



Elne__98_aLe serpent nous montre les points d'entrée et de sortie des énergies cosmo-telluriques. Il nous est représenté ici avec plusieurs "nœuds", indication de plusieurs croisements de réseaux, ou ailé, nous montrant l'entrée des énergies cosmiques.






Elne__100_aLa sirène est ici bifide, et multiple. Elle nous montre le nombre de courants d'eau souterrains.

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Elne__16_aLe chevalier initié par ses voisins, l'un portant son bouclier, l'autre mettant la main sur son coeur.


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Elne__76_aUne clef de voûte nous montre même un pélican (symbole bien connu des alchimistes) nourrissant ses enfants, au nombre de 3 (corps-âme-esprit) qu'un serpent vient "enseigner"...








Elne__88_aDes karoubims (chérubins), leurs ailes déployées, accueillant bras ouverts ceux qui savent, alors que la tradition en fait les gardiens de l'arbre de vie après que Dieu ait chassé Adam et Eve du jardin d'Eden.









 

Elne__97_aDe partout, les signes des énergies, montant à travers les piliers, de façon dextrogyre ou sinistrogyre,


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Elne__96_ala svastika, les énergies doubles du caducée, les spirales et les fleurs alchimiques.


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Galerie sud, fin du XIIème siècle

Elne__62_aLa galerie sud, passage entre les salles capitulaires et la sacristie, c'est l'aile la plus ancienne. Les sculptures ont été réalisées après celles de Saint-Michel de Cuxa et de Serrabone, ce qui permet de voir leur similitude d'un bâtiment à l'autre.
Ces sculptures se rattachent donc aux dernières manifestations de l'activité des ateliers romans roussillonnais. Elles se caractérisent par des thèmes symboliques : végétaux (palmettes, acanthes) et animaux (lions, griffons, bouquetins, sirènes). On trouve quelques scènes historiées. Le travail des détails est précis, le rendu sec et nerveux, les volumes harmonieux.



Elne__63_aScène du quo vadis, tirée de la vie de saint Pierre : l'apôtre est à genoux devant le christ bénissant.








Elne__65_aElne__102_aLa création de l'homme : dieu modèle Adam dans la glaise, et tire Ève de sa côte, puis le péché originel.
La voûte sur croisée d'ogives a remplacé la couverture primitive de bois. A la retombée des arêtes de la voûte, des bas-reliefs représentent la passion du christ et la résurrection. Tout au long de la galerie, pierres tombales et épitaphes d'évêques et de chanoines.





Elne__45_aLa porte gothique d'entrée de la cathédrale est en marbre blanc et rouge, avec des pentures en fer forgé de tradition romane.










Galerie ouest, début du XIIIème siècle

Elne__74_aLes piliers et les chapiteaux s'inspirent de ceux de la galerie sud. Quelques chapiteaux à thème végétal adoptent un vocabulaire gothique. Sur le mur intérieur, quelques pierres tombales, sarcophages de l'école d'Aquitaine des VIème et VIIème siècles. Les voûtes sont sur croisées d'ogives retombant côté mur sur des culs-de-lampe du XIIIème siècle.









Galerie nord, milieu du XIIIème siècle

Elne__9_aElle voit apparaître des œuvres inspirées de l'art gothique de l'Ile-de-France (fin XIIIème). Elle permet d'atteindre la chapelle St Laurent.
Des chapiteaux sont encore clairement inspirés de l'époque romane, d'autres sont nouveaux, avec une large place aux thèmes végétaux.






Galerie est, début du XIVème siècle

Elne__30_aEntreprise vers 1315-1325, cette galerie poursuit l'architecture de la claire-voie romane. Alors que la voûte et les sculptures montrent une parfaite maîtrise de la technologie romane. Une place prépondérante est donnée aux compositions historiées.






Elne__77_aScènes illustrant la vie du Christ : annonciation et visitation, naissance de Jésus, annonce faite aux bergers, les rois mages chez Hérode.







Elne__82_aLes mages suivant l'étoile, l'adoration, le songe, le massacre des innocents.
L'enfance du christ : fuite en Egypte, circoncision, Jésus au temple avec les docteurs de la loi, dormition de la vierge, rencontre du christ avec Marie-Madeleine.






Elne__55_aAux angles intérieurs de chacune des galeries, les quatre évangélistes surmontant leur symbole.

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Elne_taureauPlusieurs représentations du taureau laissent à penser que Mithra n'est pas loin.

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Chapelle Saint-Laurent


Elne__54_aLes anciens bâtiments claustraux sont occupés par des salles d'histoire et d'archéologie abritant une collection d'objets d'art d'Elne,





 

Elne_madone_adont le plus notable est une armoire liturgique de la fin du XIVème siècle décorée d'une Vierge allaitante, qui est de retour depuis peu à Elne.





Elne__142_aUne vierge noire occupait la place. Est-ce l'une des statues que l'on trouve dans le musée, dans la chapelle Saint-Laurent, la vierge de Tres Portales, ou la vierge du portail de Perpignan ?


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Elne__143_aIl est dit que cette statue ressemblerait fort à celle de Pézenas, Notre-Dame de Bethléem, rejetée à la mer et rapportée par un marin, ou bien apportée de Rhodes par par un commandeur de Saint-Jean de Jérusalem.


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Elne__119_aMais alors, où se trouve Saint Michel ? Sur le retable gothique, dans la cathédrale...

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07 juin 2008

Notre-Dame de Confession, l'antique Vierge noire de Marseille

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_87Le vocable de Notre-Dame de Confession est connu à partir du XIIème siècle. La statue, d’une hauteur de 98 centimètres, fait partie de la renommée de l'abbaye, et se situe dans la crypte. Quant à son histoire, elle est ancienne. On affirmait autrefois qu'elle avait été rapportée par Lazare, et sculptée par saint Luc dans un bois de fenouil. En réalité, elle serait du XIIIème siècle, et en bois de noyer très sombre. Son autre surnom de Feunou serait issu, non pas de fenouil, mais du feu nouveau. La Vierge, couronnée et voilée, trône en majesté, tenant, de la main gauche, l’enfant Jésus sur ses genoux.

Il semble attesté qu'à la Chandeleur, le 2 février, la Vierge était et est habillée de vert, et que les fidèles appelés à la procession reçoivent des cierges bénis de couleur verte. François Marchetti signale cette pratique dans son livre "Explications des usages et coutumes marseillais", paru en 1683.
Pendant la Révolution, cette statue a pu être sauvée mais le trésor, constitué de vêtements et bijoux, est dispersé en 1794. La statue est vendue aux enchères et adjugée à M. Laforêt, officier municipal ; elle est ensuite exposée dans différentes églises.
Le 19 mai 1804, veille de Pentecôte, l'église supérieure est rendue au culte et devient paroissiale. Le lendemain, 20 mai, on rapporte la Vierge Noire de l'église de Saint-Jérôme (aujourd'hui Saint-Charles), à Saint-Victor. Le 2 février 1822, la Vierge Noire est descendue dans sa chapelle souterraine enfin restaurée.

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_2Actuellement, l'office se célèbre dans les catacombes et la tradition est de toucher la robe verte de la statue avec des cierges verts et de ne les allumer qu'ensuite. On y vend des patisseries dont la fabrication est gardée secrète de père en fils. Elles portent le nom de navettes et affectent très exactement la forme de la barque d'Isis, ou, pour les marseillais, la barque qui, selon la légende, aurait amené aux Saintes-Maries-de-la-Mer Marie Salomé, Marie Jacobé et Marie Madeleine accompagnées de Sarah. Cette fête, typiquement marseillaise, très populaire, a rassemblé au début du XIXème siècle entre 60 000 et 80 000 personnes.












Abbaye_Saint_Victor_Marseille_5La Vierge noire de Marseille ouvre, symboliquement, le Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, dont elle fournit la première planche.
"Notre Dame de Confession, célèbre Vierge noire des cryptes saint Victor, à Marseille, nous offre un beau spécimen de statuaire ancienne, souple, large et grasse. Cette figure, pleine de noblesse, tient un sceptre de la main droite et a le front ceint d'une couronne à triple fleuron", commente brièvement Fulcanelli. Les Vierges noires figurent, dit-il, "dans la symbolique hermétique, la terre primitive, celle que l'artiste doit choisir pour sujet de son grand ouvrage. C'est la matière première, à l'état de minerai, telle qu'elle sort des gîtes métallifères, profondément enfouie sous la masse rocheuse. Dans le cérémonial prescrit pour les processions de Vierges noires, on ne brûlait que des cierges de couleur verte."







Abbaye_Saint_Victor_Marseille_70"Une jeune fille de l'antique Massilia, nommée Marthe, simple petite ouvrière, et depuis longtemps orpheline, avait voué à la Vierge noire des Cryptes un culte particulier. Elle lui offrait toutes les fleurs qu'elle allait cueillir sur les coteaux, - thym, sauge, lavande, romarin, - et ne manquait jamais, quelque temps qu'il fît, d'assister à la messe quotidienne.
La veille de la Chandeleur, fête de la Purification, Marthe fut éveillée, au milieu de la nuit, par une voix secrète qui l'invitait à se rendre au cloître pour y entendre l'office matinal. Craignant d'avoir dormi plus qu'à l'ordinaire, elle se vêtit en hâte, sortit, et comme la neige, étendant son manteau sur le sol, réfléchissait une certaine clarté, crut l'aube prochaine.
Elle atteignit vite le seuil du monastère, dont la porte se trouvait ouverte. Là, rencontrant un clerc, elle le pria de bien vouloir dire une messe en son nom; mais, dépourvue d'argent, elle fit glisser de son doigt un modeste anneau d'or - sa seule fortune -, et le plaça, en guise d'offrande, sous un chandelier d'autel.
Aussitôt la messe commencée, quelle ne fut pas la surprise de la jeune fille en voyant la cire blanche des cierges devenir verte, d'un vert céleste, inconnu, vert diaphane et plus éclatant que les plus belles émeraudes ou les plus rares malachites ! Elle n'en pouvait croire ni détacher ses yeux...
Quand l'Ite missa est vint enfin l'arracher à l'extase du prodige, quand elle retrouva au dehors le sens des réalités familières, elle s'aperçut que la nuit n'était point achevée: la première heure du jour sonnait seulement au beffroi de Saint-Victor.

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_6Ne sachant que penser de l'aventure, elle regagna sa demeure, mais revint de bon matin à l'abbaye; il y avait déjà, dans le saint lieu, un grand concours de peuple. Anxieuse et troublée, elle s'informa; on lui apprit qu'aucune messe n'avait été dite depuis la veille.
Marthe, au risque de passer pour visionnaire, raconta alors par le menu le miracle auquel elle venait d'assister quelques heures plus tôt et les fidèles, en foule, la suivirent jusqu'à la grotte. L'orpheline avait dit vrai; la bague se trouvait encore au même endroit, sous le chandelier, et les cierges brillaient toujours sur l'autel, de leur incomparable éclat vert."










Abbaye_Saint_Victor_Marseille_88Citant l'abbé Laurin, et sa Notice sur l'antique abbaye saint Victor de Marseille (1915, nombreuses rééditions), et Hippolyte Matabon et sa Légende des cierges verts (1889), il précise, s'agissant de la légende:
"Cette légende contient, derrière le voile allégorique, la description du travail que doit effectuer l'alchimiste pour extraire, du minéral grossier, l'esprit vivant et lumineux, le feu secret qu'il renferme, sous forme de cristal translucide, vert, fusible comme de la cire, et que les sages nomment leur vitriol."












Abbaye_Saint_Victor_Marseille_72Dans le numéro 26 de la revue Liber Mirabilis (2002-2003) Myriam Philibert revient elle aussi sur la signification symbolique, hermétique et alchimique de la verdeur des cierges de "Marseille la mystérieuse": "Il faut se rappeler qu'il s'agit de naissance, sur le plan végétal donc de printemps. En matière d'alchimie, deux interprétations sont possibles: les trois couleurs de l'OEuvre, le noir qui devient vert, le blanc et le rouge. Mais on peut aussi envisager les trois principes: soufre (rouge ou jaune), mercure (blanc), sel (vert)."












Notre-Dame de la Sagesse, la nouvelle Vierge noire

Abbaye_Saint_Victor_Marseille_107Cette Vierge en majesté de 1m20, installée à l'entrée de la chapelle du Saint-Sacrement, a été réalisée en bois de châtaigner d'après une Vierge catalane du XIème siècle appartenant à un collectionneur de l'Aude. L'artiste a redonné l'austérité des Vierges romanes, qui n'ont pas l'attitude d'une mère : l'enfant reste dans son giron, ses mains ne le touchent pas. La Vierge est assise sur un trône, mains ouvertes. L'enfant se tient sur son genou gauche, côté du coeur, de la force vitale. De sa main droite, il bénit.

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04 juin 2008

Saint-Michel de Cuxa, historique

Pyr_n_es_Saint_Michel_de_Cuxa_2L'abbaye Saint Michel de Cuxa est située au-dessus de la vallée de Prades, avec au nord le massif de Madrès et les Corbières, et au sud le Canigou. Son histoire commence ailleurs : au monastère de Saint André d'Eixalada, situé dans une gorge de la Têt, où quelques clercs et laïcs s'étaient installés en 840 à l'emplacement de sources chaudes déjà connues dans l'antiquité.



Pyr_n_es_Saint_Michel_de_CuxaEn 878, la Têt en crue inonde et détruit le monastère, à l'époque dirigée par l'archiprêtre Protais. Sous sa conduite, les 35 survivants s'installèrent alors près du village de Codalet, au lieu-dit Cuxa, où une église consacrée à saint Germain, propriété de Protais lui-même, les attendait.
Le monastère se développa rapidement grâce à la protection des comtes de Cerdagne-Conflent. Cuxa se distingua par une politique d'ouverture au monde, originale pour l'époque en région catalane. Ce fut Garin, moine venu de Cluny et abbé de Cuxa, qui poursuivit cette ouverture. Il entretint des relations avec Gerbert d'Aurillac, futur pape Sylvestre II, avec le doge de Venise, Pierre Orseolo, qui fut plus tard canonisé,  avec le futur saint Romuald et le futur saint Marin.



Saint_Michel_de_Cuxa__20_aEn 1008, c'est le petit-fils du comte Sunifred, Oliba, qui fut élu abbé de Ripoll et de Cuxa. Il sera aussi évêque de Vic en 1017. Il va profondément transformer l'abbaye en construisant devant l'église les deux chapelles superposées de la Crèche et de la Trinité, qui communiquent avec Saint-Michel par des galeries. Il augmenta aussi le sanctuaire de trois absides, voûte les bas-côtés de la nef, construit les clochers.



scriptoriumLes périodes suivantes du Moyen Âge sont moins fastes pour Cuxa, et même s'il devient un grand monastère seigneurial, il conserva peu d'importance dans le monde ecclésiastique et les bâtiments de l'abbaye ne furent pas renouvelés. Après l'époque des commendataires (dont Jules de Médicis, futur pape Clément VII) et le passage définitif au royaume de France en 1659 avec les conséquences des guerres, la révolution fit son œuvre, et l'abbaye fut mise à sac. Le toit de l'église s'effondra en 1835 et le clocher nord en 1839.




Saint_Michel_de_Cuxa__17_aEn 1913, un sculpteur américain, George Grey Barnard, se rend à Cuxa et achète des chapiteaux du cloître (32 colonnes et chapiteaux ). Ces achats sont à l'origine de la reconstitution du cloître au Cloisters Museum de New-York, et de la présence de la fontaine à Philadelphie.


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Saint_Michel_de_Cuxa__91_aEn 1919, Ferdinand Trullès acquit l'abbaye pour y reloger les Cisterciens de Fontfroide qui avaient quitté la France à l'époque des lois sur les congrégations.

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Les Cisterciens s'installent, et seront remplacés en 1965 par les Bénédictins de Montserrat. Depuis les années 1920, l'abbaye fait l'objet de campagnes de restauration par le service des Monuments Historiques.

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Saint_Michel_de_Cuxa__21_aEn 1952, sous les constructions de l'habitation du sacristain majeur, les ruines de l'église de la Trinité sont mises au jour. En 1954, Pablo Casals,  réfugié en France sous la dictature franquiste, inaugure le festival de Prades dans l'église encore dépourvue de toit. Elle sera couverte en 1957.






http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_Saint-Michel_de_Cuxa
http://notes.romanes.free.fr/images/catalan66/cuxa/texte.htm
http://www.cuxa.org/cuxa.html
http://histoireduroussillon.free.fr/Thematiques/Batiments/Histoire/AbbayeStMichelDeCuxa.php

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L'église Saint-Michel

Saint_Michel_de_Cuxa__40_aIl y eut 4 églises connues à Cuxa : la première, consacrée à Germain, antérieure à 878, fut construite par Protais. Sur la présence d'un ancien lieu de culte, aucun document. La deuxième, consacrée à Michel, est déjà mentionnée en 938. C'était un oratoire bâti devant l'ancienne église. Le comte Sunifred fut à l'origine de la construction de la troisième, consacrée le 30 juillet 953. La quatrième, nouveau temple de Saint Michel, toujours à l'initiative de Sunifred, fut consacrée le 30 septembre 974. Il s'agit de l'église actuelle, dont l'abside centrale correspond à l'ancien emplacement de l'oratoire Saint Michel.
















Saint_Michel_de_Cuxa_plan_3_copieL'abside centrale est légèrement déviée par rapport à l'axe de la basilique, probablement pour coïncider avec sa dédicace.

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Saint_Michel_de_Cuxa__42_aMesurant 30,60 par 9,40 m, la nef est l'un des très rares spécimens de préroman en France, caractérisé par l'arc en fer à cheval dit "wisigothique". Elle s'appuie sur des collatéraux voûtés en demi-berceau, dont elle est séparée par des arcades cintrées. Le côté sud est éclairé par quatre fenêtres hautes, alors que le côté nord n'est pas éclairé.
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Saint_Michel_de_Cuxa__44_aLe transept est bas et très saillant. Les croisillons, voûtés en berceau, comportent de grandes arcades outrepassées. L'abside, rectangulaire et fragmentée en cellules, est typique du préroman.
Les deux travées du chœur ont été voûtées d'ogives au XIVème siècle suite à un incendie. Elles sont éclairées par quatre baies. Deux longues chapelles rectangulaires, terminées en cul de four, entourent le chevet au nord et au sud. Elles s'ouvrent par des arcs outrepassés. A l'est, derrière le chœur, un couloir voûté en berceau sur arcs doubleaux relient les deux chapelles, formant une sorte de déambulatoire à angles droits.










Saint_Michel_de_Cuxa__53_aDans chaque bras du transept s'ouvraient deux absidioles précédées d'un arc outrepassé. Dans le bras nord, il en reste seulement une, la seconde fut détruite par l'effondrement du clocher nord. Dans celle qui reste est vénérée une vierge romane du XIIIème siècle.
Une tribune semblable à celle de Serrabonne avait été ajouté en 1040. Détruite au XIVème siècle, on peut en voir de beaux restes dans le cloître, encadrant une porte ouverte au XVIème siècle.
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Saint_Michel_de_Cuxa__51_aEn 1969 fut retrouvé sur un balcon d'une maison particulière de Vinça la table d'autel majeur, consacré en 974. Il s'agit d'une ancienne plaque de marbre blanc provenant des ruines du capitolium romain de Narbonne.









Saint_Michel_de_Cuxa__48_aDans le bras nord, une vierge romane du XIIIème siècle. Elle a tous les attributs d'une vierge noire, la parèdre de Saint Michel...
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St_Michel_de_Cuixa_g_obiologie_1L'étude géobiologique de Saint-Michel montre que ce lieu de culte n'est pas du au hasard : les réseaux sont nombreux, se croisent sous l'autel, présence de réseaux sacrés et de cheminées cosmo-telluriques. Vous trouverez l'étude complète sur le site de Yann Lipnick.
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La crypte

Saint_Michel_de_Cuxa__112_aOliba fut sans doute celui qui construisit la crypte au XIème siècle. On y trouve une salle dont les trois nefs sont parallèles à la façade de l'église. Elles sont séparées par des arcs romans situés à des niveaux différents.
















Saint_Michel_de_Cuxa__111_aCette salle est reliée à deux couloirs aux voûtes brutes de décoffrage. Ces couloirs occupent l'emplacement des anciennes chapelles de Saint Gabriel et Saint Raphaël.











Saint_Michel_de_Cuxa_003bAu milieu, reliée par une porte à linteau, la chapelle de Notre-Dame de la crèche. Elle est munie d'une voûte annulaire tournant autour d'un pilier central de 7 mètres de circonférence.
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Saint_Michel_de_Cuxa_aLa voûte, impressionnante, a été réalisée d'un seul trait. On voit aujourd'hui les traces du coffrage utilisée pour la confectionner. Les murs de la chapelle sont épais de deux mètres. Son abside est orientée à l'est. Pas de décoration, mais l'ensemble est captivant.









Saint_Michel_de_CuxaLa crypte elle-même est précédée d'un vaste passage destiné aux pèlerins. Celui-ci est constitué de trois vaisseaux de quatre travées, voûtés en berceau cintré, dont les pans descendent jusqu'au sol. On peut observer les mêmes traces de coffrage que dans la crypte.



Saint_Michel_de_Cuxa__9_aC'est la grotte de la vierge noire, celle du pilier central dégageant une puissante énergie tellurique. Elle est la parèdre de Michel, comme toujours l'un ne va pas sans l'autre.
St_Michel_de_Cuixa_vierge_noire


















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