01 décembre 2014

La légende de Spérie


La légende

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Spérie, fille de Sérénus, duc de Saint-Céré, et de dame Blanche, son épouse, naquit en l’an 740. Très pieuse, elle se voua à Dieu dès son plus jeune âge. Elle devint une magnifique jeune fille, très convoitée par les fils des seigneurs voisins. Ses parents moururent et ce fut son frère, Clarus, qui s’occupa d’elle.
Leur cousin, Hélidius, qui ne pensait qu’à accroitre son domaine de Sousceyrac en faisant la guerre à tout ce qui entravait ses projets, s’attaqua à Clarus. Le frérot connut des jours meilleurs, et pour éviter une guerre coûteuse, accepta la proposition de ses pairs de donner en épousailles sa sœur à son cousin.


Spérie, donc, apprit la bonne nouvelle de son futur mariage. Mais elle ne l’entendit pas de cette oreille, elle qui avait déjà fait vœu de chasteté. Elle se retira dans ses appartements, se vêtit d’habits de paysanne, et ainsi travestie, s’enfuit du château en compagnie d’une fidèle servante. Elle traversa la Bave, marcha environ deux lieues et alla se réfugier dans la forêt de Largentié, près d’Ayrac. À côté d’une source d’eau claire elle trouva un vieux chêne creux et s’installa à l’intérieur de son tronc. C’est ici qu’elle passa plusieurs mois, cachée aux yeux de tous, avec pour seule compagnie les animaux de la forêt. Sa servante lui apportait de temps en temps et dans le plus grand secret quelque nourriture.


L’Ennemi, l’adversaire, vint alors la tenter, lui susurrant que la virginité n’était pas la meilleure voie pour le salut de l’âme puisque Dieu avait ordonné aux hommes de se multiplier, qu’elle faisait preuve d’égoïsme et que par sa faute son frère et son cousin allaient entrer en guerre impliquant de nombreuses vies humaines sacrifiées. Spérie renvoya le tentateur et reprit ses prières.
Son frère Clarus la chercha longtemps, persuadé qu’elle avait un amoureux secret. Il ne la trouva pas, et se demanda si elle n’avait pas mis fin à ses jours par peur du mariage. Un peu plus tard, cette fois-ci accompagné de son cousin avec lequel il s’était arrangé, il reprit les recherches.


Alors que leur troupe passait non loin du chêne de Spérie, un des hommes voulut se désaltérer à l’eau du ruisseau qu’il remonta un peu afin d’en trouver la source. Il vit alors Spérie en prière dans son arbre, s’en revint vite raconter l’histoire à son maitre. D’autres disent que ce fut son lévrier qui la retrouva. Quoi qu’il en soit, Clarus et Hélidius arrivèrent jusqu’à la cachette.
Spérie sortit de son chêne et Clarus lui demanda de les suivre afin qu’ils puissent une bonne fois pour toutes sceller l’union des deux familles. La jeune fille refusa, disant qu’elle était déjà unie à son Seigneur jésus Christ. Humilié, Hélidius lui dit : « où tu seras mon épouse, ou tu ne le seras d’aucun. »


Devant le nouveau refus de Spérie, Hélidius la saisit par les cheveux, et dans un accès de rage, la décapita avec son épée. Alors la sainte prit sa tête dans ses mains et marcha jusqu’à une fontaine où elle la lava, puis elle mourut. Les habitants alentours, devinant qu’elle était bienheureuse et martyre, la déposèrent dans un sarcophage muni d’un trou rectangulaire afin de pouvoir toucher son corps béni, et construisirent une chapelle pour le protéger ainsi que la fontaine qui devint miraculeuse. Un pèlerinage fut organisé, et une foule nombreuse vint se recueillir devant le corps.



L’étymologie

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Le prénom du père, Sérénus, provient directement du latin serenus, qui veut dire sec, limpide en parlant du temps, mais aussi serein, calme, tranquille ou bien pur, brillant, clair. Le prénom Blanche est issu du germanique blank, qui veut dire clair, brillant, éclatant. La mère est appelée parfois Blandine. Clarus, le fils de Sérénus, est directement issu du latin clarus, clair, qui a l’éclat du jour, de la lumière. Le cousin, baron de Castelnau pour les uns, sire de Sousceyrac pour les autres, prend suivant les versions différents prénoms : Élidius, Ellidius, Hellidius ou Hélidius, qui font penser au dieu grec du soleil, Hélios. Ca fait déjà beaucoup de lumière, non ?  Quand au prénom Spérie, il est issu du latin sperare, l’espoir.

Poussons un peu plus loin. Du latin serenus est issu l’adjectif serenator, qui rend le ciel serein, épithète (épiclèse) de Jupiter chez les romains. Cet adjectif est apparenté à seirios qui a donné Sirius, l’étoile de la canicule, dans la constellation du Grand Chien, l’étoile la plus brillante du ciel. La colline sacrée où a été édifié le premier oppidum porte donc le nom du roi des dieux. Jupiter eut un fils aussi brillant que lui, Apollon, le dieu de la lumière, des Arts et de la divination, qui parfois conduit le char d’Hélios, le soleil. La sœur jumelle d’Apollon, Diane, est une vierge farouche qui demanda à son père de garder sa virginité en raison de son aversion pour le mariage. Tout ça me rappelle quelque chose…

Nous avons donc une colline sacrée où se tenait probablement un culte à un dieu lumineux, qu’il soit appelé Gargan, Lug, Belenos ou Cernunnos, Jupiter ou Apollon, remplacés chez les chrétiens par saint Michel. Ici, la colline fut dédiée tardivement à saint Laurent, pas à saint Michel. Mais… Laurent est issu du latin laurentius, celui qui porte le laurier. L’arbre sacré d’Apollon, c’est le… laurier, porté ensuite en couronne sur la tête de ceux qui s’attirent gloire et victoire. Dans la chrétienté, le symbole va devenir la représentation de la victoire de la nouvelle religion sur le paganisme de nos ancêtres.  

Nous allons retrouver dans la légende des éléments issus des anciennes traditions celtes : le chêne, arbre sacré des druides dans lequel la sainte trouve refuge, la source sacrée souvent reliée à une déesse-mère et au culte des eaux, et le nom de la forêt de Largentié. L’argent et les noms de lieux reliés à son étymologie sont souvent des endroits où se trouvaient les collèges de druidesses.


Le symbolisme

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Les saints chrétiens portant leur tête après leur mort sont appelés des céphalophores, du grec képhalê, la tête, et phorein, le verbe porter. En général, l’hagiographie suit un même schéma, toujours très symbolique : le saint traverse de l’eau, grimpe une côte, rejoint un lieu choisi par lui pour sa future sépulture. Il lave alors sa tête dans l’eau d’une fontaine ou d’une source, la pose sur une pierre qui restera marquée par son sang.

La tête symbolise au départ l’esprit agissant, l’activité, la volonté, la force vitale. On retrouvera cette idée dans toutes les traditions, le symbole est totalement universel. Mais la tête est surtout le siège du mental. La perdre signifiera l’abandon des barrières mentales qui empêchent l’avancée sur la voie de l’initiation. La porter au niveau du cœur va montrer que c’est cette voie qui faut suivre, en maitrisant le mental et laissant l’ego en arrière.

Au final, la légende de Spérie nous propose une initiation. L’initiation et les mystères initiatiques ont de tout temps été perpétrés en secret, au sein des grottes, des cryptes, des souterrains, durant la nuit. Le « myste », celui qui va être initié aux mystères, va mourir au monde profane et devenir un homme nouveau. Il retrouvera alors au matin la lumière du jour. C’est l’équivalent des anciens rites de passage, où il fallait passer à travers une pierre percée ou un tunnel, un arbre creux, comme un nouveau-né passe par la vulve de sa mère pour sa naissance.

Spérie va laisser derrière elle ses habits de princesse pour revêtir les habits plus humbles d’une servante, elle va se dépouiller des biens terrestres, pour ne pas s’en encombrer, mais cela peut représenter aussi le fait de vider son esprit de toutes ses émotions afin d’accéder plus facilement à la connaissance. Le fait qu’elle traverse la Bave, la rivière, nous indique qu’elle possède une certaine maitrise des énergies. C’est une première étape. Ensuite, elle se réfugie dans un ermitage, le creux de l’arbre s’apparentant ici à la grotte. Là, elle maitrise les énergies telluriques. Elle se retrouve seule, en réclusion initiatique. La  tentation va venir, sous la forme du malin. Elle va réussir son initiation, il ne manquera plus que sa transformation finale. Elle va l’obtenir en purifiant son mental, représenté par la tête. Elle la perdra donc, la posera au niveau de son cœur en la portant, montrant par là même qu’elle est sortie de la voie du mental pour prendre justement celle du cœur. Le mental ne sera plus son maitre mais la servira pour l’aider à sa transformation et à la maitrise des énergies. La sainte va alors suivre les courants telluriques, marchant en portant sa tête, jusqu’au lieu choisi pour sa dernière demeure, le lieu sacré par excellence. Elle va laver sa tête dans l’eau d’une source, la source représentant un commencement, une naissance. La sainte va pouvoir naitre à une nouvelle vie, à un niveau supérieur. Elle aura pour ça subi les épreuves initiatiques, purifié son mental et maitrisé sa transformation.

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21 novembre 2014

Carlat

 

Carlat_0Le plateau de roches basaltiques de Carlat, appelé le rocher, est habité depuis le Néolithique. Il est issu d'une coulée de lave ayant rempli le fond d'une vallée. L'érosion l'ayant dégagé, ses falaises font aujourd'hui plus de 20 mètres de hauteur.

 

 

 

 

 

 

Carlat_2On y accède par un escalier taillé dans une faille, appelé l'escalier de la Reine, en hommage à la reine Margot qui résida à Carlat en 1585.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Carlat_7Un deuxième escalier taillé côté nord part de la forêt et accède au plateau. Là se tient un très vieux hêtre que l'on aperçoit de très loin.

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Le château



Carlat_3Il existe des traces d'un oppidum gaulois puis d'un antique castrum, certainement celui que prit en 508 Thierry Ier, fils de Clovis. Cela lui permit de contrôler entièrement l'Auvergne. Au VIIIe siècle, Pépin le Bref s'en servit d'appui dans le conflit qui l'opposait au duc d'Aquitaine.

 

 

 

 

 

Carlat_plan_1En 839, Carlat (Castrum quod vulgo Cartilatum dicitur) fut assiegé par Louis le Pieux, fils de Charlemagne. Carlat (Carlacum), chef-lieu d'un comté jusqu'au XIIe siècle, devint le centre de la vicomté du Carlazès, possession indivise entre les comtes du Rodez et les comtes de Barcelone.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Carlat_8C'est à cette époque que Raymond Beranger III de Barcelone, époux de Douce de Carlat, mit en place une commanderie templière dans l’enceinte de la forteresse qui devint la plus importante commanderie de l’ordre en Auvergne.

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Carlat_5Durant la guerre de Cent Ans, le château servit de base aux bandes armées à la solde des anglais pour les pillages de l'Auvergne. En 1455, il est la propriété de Jacques d'Armagnac, comte de Nemours, que le roi Louis XI voulut arrêter. Le siège de la place forte par les troupes royales dura 18 mois, et Jacques ne se rendit qu’après quelques promesses faites et non tenues : il fut exécuté pour conspiration.

 

 

 

 

 

Carlat_21aA nouveau occupé pendant les guerres de Religion, le château à la double enceinte et aux tours puissantes (les murailles avaient 4m d’épaisseur) apparaissant comme une menace pour le roi de France, fut rasé sous l'ordre d'Henri VI.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Carlat_plan_2Il fallut 6 mois et plus d'une soixantaine d'hommes pour le détruire et emmener les pierres afin d'éviter toute reconstruction. A cette époque, il est mentionné deux puits sur le plateau, un petit dans l'église, l'autre un peu plus loin, ainsi qu'un petit lac et une fontaine qui ne tarrissait jamais.

 

 

 

 

 

Carlat_6En 1643, Louis XIII donna la vicomté à Honoré II Grimaldi afin de le remercier pour son alliance et le dédommager de la perte de ses seigneuries en Espagne. Le Carladès devint donc propriété des princes de Monaco jusqu'à la Révolution : en 1791, le rocher fut saisi et tout ce qui s'y trouvait fut  vendu comme bien national. La société de la Haute-Auvergne le racheta puis le rétrocéda à la famille Grimaldi en 1914.

 

 

 

 

 

Carlat_Bruni_2La commune de Carlat est depuis peu jumelée avec celle de Bruni en Italie. Cela ne me fait même pas sourire, et pourtant je suis bon public. Ils ont osé... pauvre France.

 

 

 

L’église Saint-Avit de Carlat

 

Carlat_9En 1455, Jacques d'Armagnac mit en place un accord avec le commandeur de l'Ordre de l'Hôpital pour construire la deuxième église de Carlat, en contrebas du plateau. Elle ne fut pourtant construite qu’en 1503, grâce aux dons que firent à l'ordre Anne de Beaujeu (fille de Louis XI, vicomtesse de Carlat) et son époux Pierre de Bourbon, nouveaux propriétaires du rocher. Les travaux durèrent jusqu’en 1522.

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Carlat_12Elle fut dédiée à saint Avit, soldat gallo-romain enrôlé dans l’armée des wisigoths d'Alaric. Fait prisonnier lors de la bataille de Vouillé par Clovis, il fut emmené à paris où il est dit que Clotilde le convertit au christianisme. 12 ans après, il eut une vision, et retourna près de chez lui, sur le mont Dauriac, où il s’installa en ermite dans une grotte. Après avoir détruit le temple des idoles du village le plus proche, il éleva une chapelle à Notre-Dame.

 

 

 

 

Carlat_13L’église Saint-Avit fut restaurée en 1649 : les voûtes furent remplacées. Elle fut restaurée une deuxième fois au XIXe siècle, une sacristie fut rajoutée.

 

 

 

 

 



Carlat_23Près de l’église, dans l’ancien cimetière, se trouve un oratoire du XVIe siècle. Sous son toit en lauzes soutenu par 4 piliers d’andésite, un autel et un calvaire sculpté.

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http://carlat.fr.pagesperso-orange.fr/histoire%20complete.htm

 



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17 novembre 2014

Notre-Dame de Grâce (chapelle du Bourniou) et la source Saint-Géraud


Extrait du roman « Le chemin de la Dame », se passant entre Aurillac et Rocamadour au XIIe siècle :


Roumegoux 1«Théodore continua sa route, le pas plus pesant, remonta le ruisseau d’Angles jusqu’au château d’Hugon de Roumégoux. Il passa devant la petite église, perchée sur un monticule au centre du village, et continua en direction de Saint-Saury.

 

 

 

 

 

 

Roum_goux_saint_Geraud_4Bien des années plus tôt cette route avait été empruntée par plusieurs moines d’Aurillac rapportant chez eux la dépouille du comte Géraud, fondateur de leur abbaye. Le comte avait eu la mauvaise idée d’aller rejoindre le Seigneur loin de chez lui, le vendredi 13 octobre 909. Il avait été l’un des premiers hommes canonisés sans avoir subi le martyr ou être entré dans les ordres. Il était parvenu au titre de saint par la vox populi, la voix du peuple, ce qui était bien plus important aux yeux de Théo que toutes les décisions papales.

 



 

 

 

 

 

 

 

 

Roumegoux_chapelle_du_Bourgniou_6Frère Clément avait parlé de l’un de ses miracles: les moines d’Aurillac, fourbus et assoiffés, avaient posé par terre le corps de Géraud afin de trouver une source pour se désaltérer et se reposer un peu. Ils revinrent sans avoir trouvé la moindre goutte d’eau. C’est alors qu’à côté de la dépouille jaillit une source. Ils en burent et furent instantanément reposés. Les habitants alentours, comprenant que cette fontaine à l’eau vertueuse était sanctifiée, bâtirent alors un oratoire qu’ils dédièrent à la Vierge. Depuis, l’endroit attirait les pèlerins.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Roumegoux_chapelle_du_Bourgniou_2Théodore avait compris ce que laissait entrevoir cette légende du miracle. Les anciennes pratiques païennes, probablement émanées d’un culte à une déesse des eaux, s’étaient christianisées. Les temps changeaient, la nouvelle religion devenait toute puissante. Il se désaltéra à la source, que l’on nommait maintenant la source Saint-Géraud, et repris son chemin. »

 

 

 

 

Roumegoux_chapelle_du_Bourgniou_4Laissons Théodore à ses aventures. Une autre légende se rapportant à l’endroit parle d’une mule de l’expédition des moines d’Aurillac qui aurait, avec son sabot, laissé son empreinte sur la pierre du bassin ou l’eau sortait. La source miraculeuse de Saint-Géraud existe toujours.

 

 

 

 

 

Roumegoux_chapelle_du_Bourgniou_7Elle est gardée par un troupeau de vaches rouges du Cantal, les Salers, que des historiens, se basant sur les peintures égyptiennes ainsi que sur celles des grottes du Tassili, font venir en Auvergne par l’Egypte, l’Afrique du Nord, Gibraltar et l’Espagne, avant de monter jusqu’aux Highlands écossais.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Roumegoux_chapelle_du_Bourgniou_5Ces vaches là aussi sont sacrées, n’en déplaise aux vaches Brahmanes, issue des zébus élevés depuis plusieurs milliers d'années en Inde. Non mais. La source fut restaurée et elle est maintenant protégée par une petite construction datant de 1902.


 

 

 

 

Roumegoux_chapelle_du_Bourgniou_1La chapelle du Bourniou donc, appelée aujourd’hui Notre-Dame de Grâce, fut tout d’abord un petit oratoire situé sur une route de pèlerinage. Tombé en ruine, il fut remplacé par une chapelle, appelée la chapelle de la Dame, à la fin du XVIIe siècle. L’évêque de Saint-Flour demanda au pape Grégoire XVI d’accorder des indulgences à la chapelle.

 

 

 

 

Roumegoux_chapelle_du_Bourgniou_3C’est comme ça que le second ou troisième dimanche de septembre, il est accordé une indulgence plénière à celui qui vient rendre visite à Notre-Dame de Grâce. Rachetée par un habitant de la commune pendant la Révolution, elle fut rendue au culte en 1807. Elle fut restaurée entre 1833 et 1836 avant d’être agrandie en raison du succès croissant du pèlerinage et grâce aux dons des paroissiens.


 

 

 

 

 

 

Roumegoux_chapelle_du_Bourgniou_8aLa tradition rapporte que la chapelle protégeait une antique statue de la Vierge. Cette statue aurait été découverte dans une ruche par des bergers qui avaient soulevé le toit pour en prendre le miel. L’ayant rapportée chez eux à Madelbos, petit hameau situé à environ 500 m de là, la statue retourna à la ruche, et cela, plusieurs fois de suite, jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’elle voulait rester à cet endroit précis.


 

 

 

 

 

 

 

Roumegoux_chapelle_du_Bourgniou_11aIntéressons-nous maintenant à l’étymologie. Bourniou, en occitan, désigne ce que l’on appelle une ruche-tronc. C’est ce qu’utilisaient les apiculteurs au temps de nos ancêtres : un tronc de châtaignier évidé sur lequel on posait une pierre plate, la lauze.  Bourniou provient du gaulois « borna »qui veut dire trou ou cavité naturelle, mais aussi caverne et abreuvoir ou fontaine, qui a donné le latin « bornellus », la source, le trou d’eau.

Une antique statue, une source miraculeuse, un tronc d’arbre, un chemin de pèlerinage, des bénédictins, des légendes entourant le tout…  ça sent la Vierge Noire, vous ne trouvez pas ?

 

http://www.saintlaurentenchataigneraie.com/pages/Les_pelerinages_paroissiaux-7854957.html

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16 novembre 2014

L’église Notre-Dame de Gorses

 

Gorses_6Le village de Gorses existe depuis très longtemps. Son nom provient du gaulois « gortia » qui veut dire « haie, enclos ». Il est posé sur une ancienne voie romaine, le reliant à Latronquière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gorses_3Le village et son église sont cités dans la charte apocryphe de la fondation de l’abbaye de Figeac par Pépin le Bref en 755 puis dans un cartulaire de l’abbaye de Conques. En 1156, l’église, dédiée à Notre-Dame, fait donc partie des possessions de l’abbaye de Figeac.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gorses_5A la fin du XIIe siècle, elle aurait été donnée à la commanderie templière fondée à Latronquière, mais certains historiens attribuent à la commanderie une origine hospitalière directe.

 

 

 

 

 

 

 

 

Gorses_2Si les templiers étaient bien parmi nous, comme tous les biens leur appartenant l’église de Gorses aurait été donnée aux chevaliers hospitaliers de Saint-Jean.

 

 

 

 

 

 

Gorses_4Quoi qu’il en soit, en 1250 l’église Notre-Dame était dépendante du commandeur de l’ordre des Hospitaliers de Latronquière, lui-même relevant du Grand Prieuré de Saint-Gilles du Gard.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gorses_1L’église Notre-Dame de Gorses date du XIIe siècle et même si elle a été remaniée au cours des ans elle possède encore de jolis chapiteaux. Il se dégage de l’endroit une certaine harmonie, et la gentillesse de la personne qui m’a ouvert l’église n’y est pas pour rien je pense. L’église a été restaurée avec goût, et l’on s’y sent bien.

 

 

 

 

Gorses_7Au-dessus de l’ouverture menant à la chapelle nord, dans une niche, se trouve la statue de Notre-Dame de Verdale. C’est celle qui fut sauvée de l’incendie de la chapelle en 1793 par un habitant de Peyrusse.

 

 

 

 

 

Gorses_ND_0aIl est dit qu’il passa par une fenêtre au péril de sa vie, qu’il prit la statue et qu’il l’emmena dans un bois situé entre les hameaux de Malpuech et Fontbonne. Là, il la posa au creux d’un châtaignier où elle resta pendant le temps de la Révolution. Elle fut transportée en 1800 dans l’église de Gorses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gorses_ND_1aaC’est une Vierge à l’Enfant en bois de hêtre polychromé, d’environ 80 cm de haut. La statue, assez abimée, est datée de la fin du XIVe siècle, peut-être début du XVe. La Vierge debout tient l’Enfant dans ses bras. L’expression de son visage est douce, attendrie. Il ne s’agit pas, bien sûr, de l’antique statue qui devait se trouver à Verdale avant la destruction du sanctuaire, et m’est avis que l’ancienne, hautaine et fière, devait se tenir assise sur une cathèdre, l’enfant dans son giron.

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Notre-Dame de l'Assomption de lacam d'Ourcet



Lacam_d_Ourcet_1Lacam d’Ourcet est un petit village récent, devenu paroisse lors de son détachement de celle de Lentillac en 1815. Sa particularité tient à son église, construite en partie avec les pierres de la chapelle de Verdale, en ruine après la Révolution.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lacam_d_Ourcet_2Elle fut dédiée à Notre-Dame de l'Assomption en 1859. Ce fut pour dédommager Verdale que les habitants de Lacam d’Ourcet et leurs curés reconstruisirent le sanctuaire à partir de 1847.

 

 

 

 

 

Lacam_d_Ourcet_3On peut voir sur le fronton du portail des pierres de récupération sous un arc surbaissé : le visage du Christ, un cœur enflammé surmonté d'une croix, entourés de deux animaux en méplat. La date de 1315 sculptée à la clé de l'arc n'est pas contemporaine de ce décor.

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Notre-Dame de Verdale




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Extrait du roman « Le chemin de la Dame », se passant au XIIe siècle entre Aurillac et Rocamadour :

Notre_Dame_de_Verdale_1Là, blottie au creux d’un rocher granitique surplombant la gorge profonde où grondait le Tolerme, entourée de châtaigniers, de chênes, de fougères et de bruyères, se tenait la petite chapelle Notre-Dame de Verdale. Bien longtemps avant sa construction, et même bien longtemps avant l’apparition du christianisme, se tenait ici le culte d’une déesse-mère, symbole de fécondité, maitresse de la création. En ce lieu, les forces naturelles du ciel et de la terre se rejoignaient. L’homme les avait canalisées, avait fait qu’elles s’expriment pleinement afin qu’il puisse s’en servir pour la guérison de son corps, de son âme et de son esprit. Théodore reconnaissait au fond de lui-même la présence de cette énergie féminine. Ici, l’ancienne déesse avait laissé son empreinte sous forme de légendes que les gens du coin se racontaient à la veillée :

 



-    Il y a bien longtemps, une jeune fille très pieuse venant de la vallée voulut se retirer du monde afin de prier le Seigneur. Elle passa devant le moulin d’Aubié, grimpa sur le chemin, trouva une grotte et s’y installa. Las, une vilaine épidémie de peste survint. La jeune fille, tout à son amour pour Dieu, passa tout son temps à soigner les pestiférés. Elle ne fut jamais atteinte de cette vilaine maladie, ce qui tenait du miracle. Après sa mort, en reconnaissance, les habitants des alentours, suivis bientôt par quelques pèlerins ayant eu vent de l’histoire, élevèrent une première chapelle à sa mémoire, raconta le vieux Pierrot le meunier.
-    Ah oui ? rétorqua Anselme, le tamelier* de Lentillac, qui ne supportait plus le meunier depuis une certaine affaire de farine de blé vendue pour de l’épeautre. Cette histoire ne tient pas debout, la peste n’est pas venue chez nous. »
-    Justement, lui rétorqua Pierrot qui voulait toujours avoir raison, c’est grâce aux prières de la petite !
-    Mais pas du tout, répliqua Anselme. Les enfants, écoutez donc l’histoire vraie: la jeune fille n’était pas pieuse, enfin, pas tant que ça. C’était juste une petite bergère, comme il y en a tant dans notre contrée. Un jour qu’elle gardait son troupeau sur les flancs escarpés de la vallée, elle vit une belle dame qui lui dit s’appeler Marie, mère de Dieu. La dame lui demanda de construire ici une chapelle pour elle. La jeune fille alla raconter l’histoire à son père qui ne la crut pas et la traita de folle. Une chapelle, en ce lieu, jamais personne ne voudrait y conduire ses bœufs pour transporter les pierres, ils seraient écornés ! Il lui opposa donc un refus catégorique. Le lendemain, allant porter du foin aux bêtes, il eut la surprise de voir ses bœufs écornés… Le brave homme comprit à ce moment là que sa fille disait la vérité. Il alla trouver les gens d’église et leur fit part de l’histoire. On commença bientôt la construction, mais en un endroit qu’avait choisi les religieux. C’était plus pratique pour le transport des pierres, donc moins onéreux pour eux, même si les voisins et les amis des voisins venant de tout le pays prêtaient main forte. Ces moinillons, ils sont toujours près de leurs sous, pas vrai ? Mais chaque matin on trouvait le mur monté la veille par terre. Un des tailleurs de pierre eut alors une inspiration et lança son marteau en l’air. Il demanda à ce que son bras soit guidé par la sainte Vierge et que là où le marteau retomberait, il poserait la première pierre. Surprise… Il atterrit exactement là où la bergère eut cette apparition. Voilà la vraie histoire !
-    Moui, possible, maugréa le meunier. En tout cas, ce qui est sur, c’est que la statue de la Vierge et de l’Enfant fut trouvée miraculeusement dans un tronc de chêne juste à côté de la chapelle. Voilà un miracle qui ne peut qu’être vrai !
-    Hum, hum… toussota Peire*.

Celui-là, personne ne savait vraiment d’où il venait. Les villageois avaient entendu dire qu’il était auvergnat, qu’il avait parcouru les routes comme troubadour. Lui-même racontait qu’il avait écrit bon nombre de poèmes, qu’il avait été reçu à la cour des plus grands, que le seigneur Ebles de Saignes le tenait en haute estime et qu’il était ami avec Uc de Saint-Circ d’Alzon, fils du seigneur de Thégra, petite bourgade située près de Rocamadour. Bien sur, personne ne le croyait. Il était bizarre, certes, mais que viendrait faire un si beau personnage au fin fond de leur campagne, hein ? Et tout le monde savait bien que personne ne pouvait faire confiance à un auvergnat, tous des menteurs. Au moins autant que les bourguignons. Même les gascons ou les barcelonais n’étaient pas aussi fourbes. Peire se mit donc à toussoter :
      -    Savez-vous que cette statue ne pouvait pas être trouvée ailleurs que dans un chêne, l’arbre sacré de vos ancêtres, leur dit-il, et que le marteau de ce brave tailleur de pierre pourrait fort bien être celui de Sucellos, l’ancien dieu gaulois de la Vie, qui avait comme compagne Nantosuelte, déesse le la fécondité. Ne voyez-vous pas surgir derrière ces contes pour enfants l’origine païenne de vos croyances ? Connaissez-vous Héphaïstos le grec, marié à la belle Aphrodite, et Thor le nordique, époux de Sif aux cheveux d’or, tout deux aussi porteurs d’un marteau ?
-    Gare à tes fesses, Peire, gronda Anselme, encore heureux que frère Gauderic soit sourd comme un pot, tu pourrais bien finir tes jours plus vite que prévu si notre évêque avait vent de tes élucubrations.
 
Ainsi s’en allait-il à la veillée dans les chaumières des uns et des autres.

Théodore entra dans le sanctuaire. Comme à Escalmels, il sentit l’énergie de la Dame l’envelopper, tout en détectant dans cette douceur un peu plus d’autorité. Il posa son bagage, se mit en prière. Une fois terminé son hommage, il sortit un bout de pain et le reste du fromage que lui avait donné le frère cellérier. Il mangea, s’allongea, et ne mit qu’une seconde avant de s’endormir, bercé par les vagues d’énergie de la Terre Mère. Il faut dire que le garçon avait cette fâcheuse tendance qui consiste à dormir n’importe où très facilement, pourvu qu’il soit en harmonie avec l’endroit. C’est comme cela, disait-il, que je peux dialoguer avec les anges. Ce fut peut-être un séraphin qui le réveilla d’un coup d’aile, ou bien un rayon de soleil passant par le vitrail sud qui vint lécher son visage. Quoi qu’il en soit, il se remit debout, un sourire béat sur les lèvres, et reprit sa route. Il passa à Lentillac, arriva au confluent du Tolerme et de la Bave. Il suivit la vallée de cette nouvelle rivière et bientôt il aperçut les tours du château de Saint-Laurent, dominant le village de Saint-Céré.

1 - Tamelier ou talmelier: ancien nom des boulangers. Provient du francique tarewamelo, la farine de froment.
2 - Peire d’Auvergne ou d’Alvernhe : troubadour auvergnat né vers 1130 et mort vers 1190. Fils de bourgeois, très instruit, il était connu dans les cours de Provence, de Castille et fréquenta souvent la cour de Raimond Béranger IV, comte de Barcelone. Dante écrira de lui qu’il était l’un des plus illustres représentants de la langue d’Oc.

Notre_Dame_de_Verdale_5Les premières traces de la chapelle datent de 1020, inscription que les anciens du village ont vue sur une pierre. L’histoire de cet endroit au culte ancestral se poursuivit après le XIIe siècle. Les légendes s’adaptèrent, mais la symbolique resta la même.

 

 

 

 

 

 

Verdale_1aAu XIVe siècle, la chapelle fut donnée, ainsi que l’église de Gorses dont elle dépendait, à l’ancienne commanderie templière devenue hospitalière de Latronquière. La chapelle, détruite par les protestants, fut rebâtie en 1615 et le pape Urbain VII accorda une indulgence plénière aux pèlerins de Verdale en 1636.

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Les révolutionnaires de Figeac la brûlèrent en 1793, mais la statue de la Dame fut sauvée par un habitant de Peyrusse qui la cacha au creux d’un châtaignier avant qu’elle n’aille trouver refuge dans l’église de Gorses en 1800.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre_Dame_de_Verdale_8Puis les curés de Lacam d’Ourcet reconstruisirent et agrandirent la chapelle à partir de 1847, eux qui avaient pris dans les ruines de Verdale les pierres de construction pour leur nouvelle église.  

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Notre_Dame_de_Verdale_9De nombreux critères liés à Verdale font penser au culte d’une vierge noire, comme la présence d’eau, d’une grotte, d’un ordre monastique, d’un chemin de pèlerinage, la présence d’un arbre/cachette, d’un bœuf, de miracles impliquant la notion de voyage, d’ouverture de conscience.

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Notre_Dame_de_Verdale_6C’est pour cela que je pense qu’il y avait là une vierge noire avant la statue que l’on peut voir aujourd’hui à Gorses qui n’en est malheureusement pas une.



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http://verdale.free.fr/



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28 octobre 2014

L’église Saint-Nicolas de Nonette

Historique



Nonette_0_Le village de Nonette se trouve perché sur une butte volcanique, un ancien dyke, sur lequel des vestiges gallo-romains ont été découvert, prouvant l’histoire très ancienne du lieu. La butte surplombe l’Allier qui coule en contrebas.

 

 

 

 

 

Nonette_3Au IXe siècle, Nonette fut le siège d’une puissante vicairie, son église primitive, dédiée à saint Sixte, étant située sur les bords de l’Allier. Au XIe siècle, l'église Saint-Nicolas, située à l’intérieur d’une des enceintes du château, fut donnée par le seigneur de Nonette, le comtour, à la Chaise-Dieu. Elle devint le siège d'un prieuré bénédictin.

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_plan_2aLes seigneurs de Nonette ne furent pas des plus sages. L’histoire nous parle d’un certain Astorg de Brezons, dit le « Taureau rouge », qui donna ses terres d’Indiciat (devenu Saint-Flour) à l’église en réparation de ses nombreux méfaits. Son suzerain, Amblard XII de Nonette, dit le « Mal Hiverné », refusa cette donation et chercha à s'emparer des terres d'Astorg. Après une guerre sans merci, excommunié par Bégon, l’évêque d’Auvergne, pris de remords à son tour, il confirma la donation aux moines de Sauxillanges, partit pour Rome en 998 où il fut absous de tous ses crimes par le pape, même le viol d’une religieuse à qui le village doit, selon la légende, son nom.

 

 

 

Nonette_26A la fin du XIIe siècle, le vicomte Armand de Polignac s’empare du château, s’en sert de base pour ses brigandages. Il attaqua même l'évêque du Puy. Louis VII, pour le punir, s'empara de plusieurs de ses possessions auvergnates, parmi lesquelles Nonette. Le village s’agrandit jusqu’au XIIIe siècle autour de la forteresse dont les remparts englobaient une partie des habitations et l’église dédiée à saint Nicolas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_0Au XIVe siècle, la forteresse appartient à Jean, duc de Berry, qui fit reconstruire le château. Il y entretenait des oiseaux, des chiens et des animaux exotiques. La forteresse fut détruite par Richelieu en 1658 et l’on peut encore apercevoir quelques ruines autour d’une croix. Nonette, qui possédait un hôpital, deux chirurgiens et deux notaires, perdit peu à peu de son importance pour devenir au XIXe siècle un petit village.

 

 

 

 

Nonette_4Le clocher peigne qui surmontait l’église fut détruit en 1793 lors de la révolution. Il fut remplacé en 1894. C’est pendant les travaux de fondation que furent retrouvés des fragments de la statue du « Beau Dieu » que l’on retrouve dans l’église. La statue fut réalisée en marbre de Nonette, un calcaire gris et jaune prenant l'aspect du marbre une fois poli. Il en existait une carrière au pied de la butte jusqu'au XIXe siècle : 20 hommes étaient encore employés en 1883.

 

 

 

 

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Description


L’extérieur

Nonette_6Le porche sud, du XVe siècle, est protégé par une avancée que l’on appelle en Auvergne une ganivelle. Elle est de style flamboyant mais reste d'une ligne très pure.

 

 

 

 

 

 

Nonette_5Un modillon sur la façade sud porte une barbe solaire, représentante de la connaissance symbolique.

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_28Le porche ouest est roman, du XIIe siècle. Il est entouré de simple colonnes, comparables à celles de l'église de Mailhat, provenant d’un ancien sanctuaire païen.

 

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_8Les chapiteaux sont malheureusement très endommagés. L’archivolte par contre conserve encore de belles sculptures. Et ce n’est pas comme expliqué le monde d’ici bas (surmontant les bêtes du chaos), le peuple de Dieu avec le paysan, le soldat et le prêtre d’un côté, la luxure et l’avarice, péchés du monde de l’autre côté.

 

 

 

 

Nonette_10Côté gauche, lunaire et féminin, nous avons au départ une bête représentant l’animalité dont il nous faut se débarrasser, puis un acrobate qui montre le retournement de l’initié.

 

 

 

 

 



Nonette_10aS’en suit un personnage portant livre ouvert, il s’instruit par les écritures avant d’atteindre la sainteté, représentée plus haut par un homme auréolé portant livre fermé. La connaissance devient à ce stade plus personnelle. Mais la sainteté n’est pas encore le but. Plus haut, une fleur/esprit ouverte, épanouie, la transformation s’opère.

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_10bVient un lièvre, animal terrestre et lunaire à la fois, symbole de la prolifération de la vie de la Terre-Mère. Tout en haut l’aigle, gardien de l’entrée du temple. J’aurai bien vu son pendant, un autre aigle, tous deux buvant au calice. Mais le temps et la folie des hommes nous privent de ce message.

 

 

 

 

Nonette_10cCôté droit, masculin et solaire, l’archivolte s’appuie aussi sur une bête, puis nous avons un orant. Il ne prie pas, il repousse de ses mains ceux qui ne sont pas prêts à recevoir ce que l’église peut amener. Plus haut, un moine à capuchon tient dans sa main le Graal.

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_9Juste au-dessus, deux poissons se regardant. Il semblerait bien que ce soient des saumons. Le saumon est le symbole celte de la connaissance et de la sagesse, celui qui relie le monde lunaire invisible au monde solaire sensible, celui qui remonte à la source.

 

 

 

 

 

Nonette_11Le tympan du portail présente trois figures sculptées. Sur la gauche, côté lunaire, l'agneau crucifère qui se dirige vers le personnage central, l’ange, ou l’homme ailé, celui qui, grâce à ses ailes, peut monter vers le cosmique. Sur la droite, côté solaire, une sirène. Sa chevelure est bien solaire, sa queue de poisson la relie aux eaux du ciel, elle est bien là pour la transformation de l’homme.  

 




L’intérieur

Nonette_plan


L’église suit le plan classique à nef unique et chevet plat. Les chapelles latérales furent rajoutées au cours du XVe siècle.

 

Nonette_17Celle se trouvant en face de la ganivelle est appelée chapelle des rois. Le nom provient d’un retable en pierre représentant la crèche, brisé pendant la Révolution par des agents du district d'Issoire et retrouvé en 1976.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_16En face, posé sur un socle en hauteur, la statue dite du « Beau Dieu ». C’est un buste en marbre de Nonette, attribué au sculpteur valenciennois André Beauneveu, qui travailla à Nonette pour le duc de Berry en 1387. Il s’agit d’un Christ réssuscité dont l’évidement du dos laisse suggérer qu’il fut conçu comme un simple buste.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_13Les chapiteaux sont très parlants. Nous retrouvons, comme à Mailhat, une tortue, chose rare. La tortue, de part son grand âge et sa sagesse, est un animal possesseur de connaissance. Elle enterre ses petits (pensées) dans le sable afin que le soleil les fasse naitre. Elle fait aussi partie des  symboles lunaires, puisque liée à l’eau, et telluriques, puisque liée à la terre. Dans ce cas, elle représente la grande déesse. Elle peut être attachée au retour à l’état primordial, à l’androgynat, représentant le mâle et la femelle en même temps. Elle est aussi le symbole de l’immortalité et de la fertilité, de la divination, située au commencement de l’œuvre de spiritualisation. Les alchimistes la considéraient comme un résumé du grand œuvre. Mais elle est aussi la représentation de l’univers, du dôme céleste porté par les quatre piliers que sont ses pattes. Elle est dans ce sens cosmophore, porteuse du monde.

 

 

Nonette_14A Mailhat, la tortue se trouvait dans le bec d’une chouette, animal symbolisant la connaissance et la sagesse. Ici, elle est dans la gueule de serpents, animaux liés à la terre et aux courants telluriques, mais aussi représentants de la sagesse primordiale. Eux-mêmes sont tenus dans la gueule dentée de deux chiens aux oreilles bien dressées. Le chien est toujours représenté dans l’art roman associé à la terre (le serpent), à l’eau (la tortue) et à la lune. Animal lunaire lui-même, il est psychopompe. Comme Anubis, il accompagne les âmes des morts. Il est notre compagnon de route, notre guide, celui qui mord quand nous perdons la maitrise de nous-mêmes.

 

 

 

 

Nonette_18Au milieu de la nef nous trouvons un chapiteau avec des sirènes mâle et femelle (les deux polarités), indiquant le croisement de deux cours d’eau dans le sous-sol de l’église à leur niveau. En-dessous, un taureau, animal entièrement tellurique, tire la langue. Il se pourrait que le croisement des cours d’eau se fasse aussi avec un troisième courant, tellurique celui-là.

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Nonette_19Lui faisant face, des chimères font office de livre ouvert. Leur corps est serpentiforme, représentant les énergies telluriques. Elles sont ailées, pour les énergies cosmiques. Une aile, reliée au corps de serpent, est tournée vers la terre, l’autre, reliée aux pattes, regarde vers le ciel. Le visage est encore bestial, signe qu’il faudra maitriser ces énergies naturelles afin d’accéder à la connaissance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_19bDans la bouche, une seule et grosse dent : attention, dent j’ai. Les pattes s’accrochent à la terre, représentée par l’astragale (moulure en forme d’anneau), la tête touche l’astragale du haut du chapiteau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_20Nous retrouvons dans le chœur les têtes d’hommes et de femmes sortant des feuillages. Ils regardent tour à tour la direction des solstices. De la bouche de l’un d’eux sortent des rinceaux, symbole de la puissance du verbe créateur, parole de vie, transmission de la connaissance.

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Nonette_22Un taureau, animal tellurique et attribut de Luc, la lumière, regarde au solstice d’été. Remarquons que les feuilles s’ouvrent au fur et à mesure de la progression vers le centre du sanctuaire, pour arriver aux feuilles de chêne, portant le gland : l’arbre sacré des bosquets de Zeus, représentant de la classe des druides, parle de la maitrise.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_24C’est dans le chœur de l’église Saint-Nicolas de Nonette que se trouve une Vierge de majesté de type roman auvergnat. Elle porte le nom de Notre-Dame de Nonette.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_25De facture assez frustre, elle est recouverte d’une épaisse couche de peinture. Cette statue possède tous les attributs d’une Vierge Noire, et pourtant la dédicace de l’église n’est pas la sienne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_27Il serait intéressant de rechercher l’inclinaison de l’église afin de vérifier si elle est bien calée le jour de la saint Nicolas…



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nonette_12

Nonette_23

http://www.heritage-de-france.fr/agenda/Monument/EgliseNonette.htm

http://jean.dif.free.fr/Chatover/Nonette/Nonette.html

L'Armorial de Guillaume Revel



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23 juin 2014

Les brochs

Broch_1Il aura fallu un retour aux Orcades en cette année 2015 pour que je donne une définition de ces brochs que l’on ne trouve qu’au nord de l’Écosse et dans les archipels des Shetland et des Orcades. Nous connaissons aujourd’hui l’emplacement de plus de 700 d’entre eux dont plus de 120 dans les Orcades, sans parler de ceux qui n’ont pas encore été découverts.

 

 

 

 

 

 

 

 

Broch_2Ils ont été construits et utilisés durant une période comprise entre 600 avant notre ère jusqu’à la fin du IIIe siècle. Il semblerait qu’ils furent construits par les descendants du peuple des mégalithes, puis utilisés par les Pictes, puis par les vikings.

 

 

 

 

 

 

Broch_4Le broch, dont le nom provient du vieux norrois borg, qui veut dire fortification, ou de l’ancien gaélique écossais burgh, de même sens, est une construction circulaire en pierre sèche entourée d’une double voire triple enceinte.

 

 

 

 

 

 

Broch_10Les plus petits mesuraient 5m de haut, les plus grands pouvaient atteindre les 15 m. Le toit était formé d’une structure en bois recouverte de chaume. Parfois le broch était entouré de petites habitations, formant un village à l’extérieur.

 

 

 

 

 

 

Broch_7L’édifice était doté de murs à double parois entre lesquelles se trouvaient des galeries superposées, reliées par des escaliers en pierre. Certaines étaient trop petites pour qu’un être humain puisse passer.

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Broch_5Les brochs étaient accessibles par une seule porte assez large, orientée le plus souvent vers l’est, suivie d’un long couloir de la largeur des murs.

 

 

 

 

 

 

Broch_8L’intérieur comportait une pièce principale centrale avec un foyer et une citerne, le périmètre étant constitué de cellules plus petites séparées par des cloisons en dalles de pierres fines. Des galeries en bois formaient les étages supérieurs. Ici, une vue d’artiste représentant l’intérieur d’un broch.

 

 

 

 

 

 

Broch_3Les brochs étaient construits à proximité de terres arables ou de bords de mer, non loin d’une source d’eau (certains possèdent des puits ou des sources naturelles en leur centre). Beaucoup possédaient une chambre souterraine, accessible par un escalier en pierre.

A quoi servaient ces constructions, véritable exploit d’ingénierie et d’architecture ?

 

 

 

 

 

 

 

Broch_6Certains pensent qu’elles sont des fortifications militaires, d’autres les ancêtres des châteaux féodaux, d’autres encore la marque d’une puissance de l’élite dirigeante, soulignant le statut social la richesse, le pouvoir du propriétaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Broch_11Le souci, c’est que ces beaux messieurs archéologues pensent en hommes du XXIe siècle, pour qui ces critères sont effectivement importants. Nos constructeurs de brochs avaient, à mon avis, une toute autre vision du monde, et la fonction de ces bâtiments restera mystérieuse encore longtemps. A moins que ?

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07 juin 2014

Le bénitier de Grézieu-la-Varenne

 

Gr_zieu_acqueduc_1Arrêtons-nous à Grézieu le temps d’une petite visite à l’église Saint-Roch. Le village fut construit sur le tracé de l’ancienne route d’Aquitaine, la Via Agrippa, reliant Lyon à Saintes. Sur ses terres fut bâti l'aqueduc romain de l'Yzeron. Une première église existait en 913, bâtie par le comte Guillaume le Pieux, qui fonda l’abbaye de Cluny en 909. L'évêque Austerius consacra cette église à Marie Mère de Dieu.


 

 

 

Gr_zieu_la_Varenne_0Le village de Grézieu, dernière étape de l’ancien pèlerinage de saint Bonnet est mentionné en 927, en tant que Villa Grasiaco. Le village devint propriété des chanoines du chapitre de Saint Just et Saint Irénée qui le firent entourer d’une muraille épaisse. Une église romane remplaça l’ancien édifice au XIIe siècle. Une ecclesia de Graysiaco est mentionnée au XIIIe siècle dans le cartulaire de Savigny. Au XVe siècle l’église prit le nom de Saint-Roch.

 

 

 

Gr_zieu_la_Varenne_1Le bâtiment actuel fut construit dans les années 1870 par l'architecte lyonnais François Merlin sur l’emplacement de l’antique édifice qui fut rasé. Cerise sur le gâteau, l’église n’est même plus orientée est/ouest.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gr_zieu_la_Varenne_6Pourtant, cette église contient une chose rare, une cuve baptismale devenue bénitier, datant du XIe siècle. D’une hauteur de 36 cm et d’un diamètre de 47, elle est posée sur une colonne en marbre blanc du XIXe. La tradition dit que Guillaume le Pieux lui-même en fit don à la paroisse.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gr_zieu_la_Varenne_3La vasque, dont le bord supérieur est délimité par une torsade, est sculptée en bas-relief et en méplat. La base présente une frise de losanges. Le décor, d’un style archaïque et rustique, est typique de la période préromane. Tout d’abord, il faut se souvenir que l’eau est source de vie, moyen de purification et centre de régénération. La fonction de la vasque sera alors de renforcer les propriétés de l’eau, qu’elle soit bénitier ou cuve baptismale. Cela se fera par la forme, par l’emplacement et par l’intention qu’y posera l’officiant.

 

 La symbolique des sculptures de la vasque est profonde. On peut la lire au premier degré, et parler, comme le plus souvent lu sur le sujet, de l’homme nu au milieu des animaux comme étant Adam au jardin d’Eden avant la faute, et d’une scène de chasse, évocation de l'homme pécheur.

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Gr_zieu_la_Varenne_4Pour une lecture plus subtile, il faudra compter avec les 7 arcades, 3 à droite (activité) de l’homme et 4 à gauche (connaissance). Le nombre 7 est la somme du 3 (masculin, principe créateur, domaine de l’expérience, exprimant une forme d’achèvement, lien) et du 4 (féminin, principe de l’incarnation, domaine de la matière, mais aussi révélant les principes fondamentaux de l’éveil de la conscience). Le 7 est symbole de perfection, de plénitude, de transformation après un cycle accompli. Il manifeste le principe de la maitrise acquise par l’expérience.

 

 

 

 

Gr_zieu_la_Varenne_palmier_1A la gauche de l’homme nu (la nudité est utilisée pour indiquer la pureté des origines) se tient à côté de la représentation d’un palmier, lui aussi symbole de la connaissance. L’arbre en général est symbole d’éternité, mais aussi d’enseignement par l’esprit. Il fait la jonction entre la terre et le ciel, entre les énergies telluriques qu’il transforme et équilibre, et les énergies solaires et cosmiques qu’il capte par l’intermédiaire de ses feuilles. Il est entouré au dessus de sa tête, d’une fleur solaire à 9 pétales : elle contient le monde dans son unité (le cœur) et dans sa manifestation (les pétales), pour rejoindre l’harmonie cosmique. Les mains sont tournées vers le bas, pour capter les forces telluriques peut-être, comme ses jambes qui ressemblent à deux troncs d’arbre bien ancrés dans le sol. Mais il se pourrait aussi…

 

 

 

 

Gr_zieu_la_Varenne_9aSa main gauche, celle de la connaissance, reçoit les informations de deux poissons, l’un tourné vers le bas l’autre vers le haut. Il peut s’agir de saumons, animaux de la science sacrée, symbole de la connaissance et de la sagesse chez les Celtes (le saumon relie le monde lunaire invisible au monde solaire, il remonte à la source) mais aussi du premier signe des chrétiens et de l’ère qui s’y rattache.

 

 

 

kundalini_1cA la droite de l’homme, peut-être la représentation stylisée d’un serpent, symbole de la connaissance, mais aussi de la force tellurique. Il se pourrait que ce soit là, comme dans l’église d’Avenas, la représentation de ce que l’on appelle la kundalini, l’énergie lovée dans la base de la colonne vertébrale et représentée comme un serpent enroulé sur un axe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gr_zieu_la_Varenne_15a

La main droite est tournée vers deux animaux se faisant face, je pencherai pour un sanglier tête en bas et un chien tourné vers le haut. L’un monte, l’autre descend. Le sanglier est représentatif de l’ancienne religion, celle des druides, dont il en était la représentation. Quand au chien, il est, dans l’art roman, le symbole de la maitrise, gardien des enfers et psychopompe. Il sera la représentation de la nouvelle religion. De chaque côté de l’homme, une stylisation de papillon, et une aile. Le papillon, dans la tradition grecque, représente l’âme. Dans l’art roman, il sera symbole de transformation.

 

 



Gr_zieu_la_Varenne_6a4 arcades plus loin sur la gauche, on trouve une représentation d’une scène de chasse. La chasse peut représenter la mise à mort de ce que l’on veut éliminer comme l’ignorance, la peur, l’ancienne religion etc. mais aussi la traque, la recherche, la quête spirituelle. Le cavalier en général, dans l’iconographie romane, représente le triomphe, la puissance, celui qui maitrise la cavale ou cabale. Le fait qu’il maitrise ce cheval, animal noble, montre qu’il est au service d’un but supérieur. Sa monture possède une queue qui se termine par des fleurs, la première, ébauchée, se poursuit par une deuxième à 5 pétales qui contiennent chacun 3 parties. Le chasseur est accompagné de 5 chiens, et poursuit un cerf. Il semblerait que le serpent soit représenté au-dessus de sa tête, la gueule ouverte, comme s’il lui confiait quelque chose. Le cavalier sonne du cor, que l’on peut assimiler à une corne. La corne indique souvent la présence de la grande Déesse, la Magna Mater.

Gr_zieu_la_Varenne_gundestrup_1aLe cerf, symbole de régénération de part ses bois qui repoussent chaque année, de renaissance, mais aussi de fécondité, de force et de vie, peut être la représentation de l’ancienne religion, en la personne du dieu Cernunnos. On a vu tout à l’heure le sanglier, représentant de la classe sacerdotale des druides et du pouvoir spirituel, il me semble que nous avons là l’ours, emblème de la classe royale et du pouvoir temporel. Nous retrouvons cette symbolique sur le chaudron de Gundestrup.  

 

 

Cette cuve baptismale est comme ce chaudron, représentant l’attribut du dieu-druide celte Dagda, instrument de résurrection dans lequel les morts sont plongés avant qu’ils n’en ressortent vivants. La symbolique sera la même. Les images gravées nous montrent un rituel d’initiation. L’eau baptismale va permettre à l’impétrant de se purifier, lui qui mourra à l’ancien comportement pour entrer dans une nouvelle vie.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A9zieu-la-Varenne

http://paroissestalexandre-lyon.cef.fr/patrimoine_grezieu1_sf.htm



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22 mai 2014

Saint-Martin-de-Cornas

 

Saint_Martin_de_Cornas_13aSur le territoire des gaulois Ségusiaves, proche de l’antique ville de Givors (Gier Bord, au bord du Gier), se tient le hameau de Saint-Martin-de-Cornas.

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Cornas_planIl est situé sur une petite hauteur dominant la vallée du Gier. Vous comme moi savons que là où saint Martin sévit, une ancienne pierre levée disparaît.

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Cornas_1L’endroit était donc connu depuis longtemps : de grands domaines gallo-romains entouraient la ville de Givors. Il semblerait que Saint-Martin fut à l’époque un gite d’étape sur la Voie Narbonnaise sur la partie qui reliait Vienne à Lyon. Dans le cartulaire de Savigny, en l’an 901, on trouve déjà une « ecclesia Sancti Martini de Cornaco ».

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Cornas_2Saint Martin, on connaît. Reste Cornaco. Intéressons-nous à l’étymologie. En pré-indo européen, « corn » signifie la pierre, le rocher, en pré-latin « cor » c’est escarpement, hauteur. Associé à Martin, on peut parier qu’il existait un mégalithe posé sur cet endroit élevé. Mais ce n’est qu’une supposition.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Cornas_13aLe hameau prit le nom de Saint-Lazare jusqu’au XVe siècle. Un pèlerinage dédié au saint, patron de la vallée du Gier, s’y déroulait chaque année. Lazare porte, comme Martin, une symbolique bien particulière. Il est lié à la résurrection des morts, à la régénération, à la couleur verte pour l’espérance (comme Osiris il était représenté le visage teint en vert).

 

 

 

Saint_Martin_de_Cornas_6La commune fut rattachée à la ville de Givors dans les années 60. La chapelle abandonnée en 1970 menaçait ruine et faillit être vendue. C’est une association, avec le concours de bénévoles, qui la restaura.

 

 

 

 

 

Saint_Martin_de_Cornas_5

La chapelle fut profondément transformée durant les siècles. L’oculus de la façade ouest est un témoin de ses origines romanes. La toiture, rehaussée au-dessus des ouvertures, montre les restaurations du XIXe siècle.

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Le clocher, auparavant en forme de campanile, prit sa forme actuelle lors de restaurations successives. La cloche, datée de 1610, a retrouvé sa fonction d’appel.

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Le cimetière jouxtant la petite église rurale au nord fut entouré d’un mur au XVIIe siècle.

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La tradition veut qu'un souterrain relie la chapelle de Saint-Martin au château de Bassecour, situé plus bas dans la vallée.  

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Dans un village voisin, à l'angle d'une maison, peut-être un vestige d'une ancienne sculpture de l'église, ainsi paut-être que d'une partie de bénitier... ou autre contenant de liquide sacré.

 

 

 

http://www.saint-martin-de-cornas.com/

http://m.lyon-france.com/Que-faire/Culture-loisirs/Sites-monuments-historiques/Patrimoine-religieux/Eglise-Saint-Martin-de-Cornas



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